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  • il y a 1 an
Le vendredi, samedi et dimanche soir, Karine de Ménonville est à la tête de Week-End Soir: un rendez-vous pour décrypter et débattre, au cœur de l’actualité.

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Transcription
00:00Alors on va passer, on va quitter Limoges pour aller à Nîmes, très clairement.
00:04Nîmes, zone de non-droit.
00:06Ce sont encore les propos de représentants.
00:09Cette fois-ci, c'est une représentante du syndicat Alliance Police.
00:12Sans limite, les trafiquants en drogue se font la guerre.
00:15À Nîmes, il y a des fusillades qui s'enchaînent.
00:17L'ultra-violence s'exhibe même sur les réseaux avec une vidéo d'exécution.
00:21Un message menaçant demandant aux habitants de garder leurs enfants chez eux.
00:26Le maire a décidé de répondre en instaurant dès lundi un couvre-feu provisoire pour les moins de 16 ans.
00:31Le préfet renforce encore une fois les moyens policiers.
00:33On fait le point tout d'abord avec Mathilde Couvillier.
00:36La décision a été prise suite à une succession d'actes criminels liés au narcotrafic.
00:42À partir de lundi, la mairie mettra en place un couvre-feu dans les quartiers prioritaires de Nîmes
00:46de 21h à 6h pour les mineurs de moins de 16 ans non accompagnés.
00:51Une mesure qui ne fait pas l'unanimité.
00:52Tout à fait d'accord. À 21h, les mineurs doivent être chez eux ou les parents savoir où ils sont.
00:59En quoi ça réglerait les choses ? Non, ça ne va pas le régler.
01:04Effectivement, ça peut être une mesure qui peut sembler utile.
01:07À mon avis, elle ne sera pas forcément respectée.
01:09Le couvre-feu n'est qu'une solution de courte durée selon cette représentante de la police.
01:14Je n'ai toujours pas assez d'effectifs en judiciaire pour mener à bien toutes les infractions
01:19qui vont être amenées à mes collègues en judiciaire.
01:23Et du coup, ça ne va faire que reporter, repousser la problématique.
01:29Ces derniers jours, les faits divers se sont multipliés dans la zone.
01:32Ce mardi, un corps calciné a été retrouvé à quelques kilomètres de la ville.
01:36Et ce jeudi, une fusillade a éclaté sur l'une des places principales du quartier Pisevain.
01:40Une situation qui inquiète de plus en plus les Nîmois.
01:44Quand vous voyez des groupes, vous ne savez pas si c'est des gens bien, des gens mal.
01:48Vous savez, tout le monde a peur.
01:50Depuis jeudi, des messages menaçants laissés par les narcotrafiquants circulent sur les réseaux sociaux.
01:55Faites attention à vous. On va tuer même les petits de 5 ans.
01:59Gardez vos gosses chez vous en sécurité.
02:01Chaque personne qui croise nos hommes en noir sera criblée de balles.
02:04Comme Nîmes, plusieurs communes, notamment dans les Yvelines, le Rhône ou les Bouches-du-Rhône,
02:08ont instauré des couvre-feu pour les mineurs.
02:10Alexandre Touzé, j'ai envie de vous dire, quand on voit ce qui se passe à Nîmes, c'est de la sidération.
02:15Et en même temps, j'ai l'impression qu'on a la mémoire courte.
02:18En 2023, il y a un enfant de 10 ans, Fayed, qui avait pris une balle perdue dans ce même quartier à Pisevain et qui était mort.
02:24Là encore, on avait envoyé la CRS 8.
02:27Là encore, on avait dit on va changer les choses.
02:29On est deux ans plus tard et la situation s'est encore aggravée.
02:33Fusillade en tout genre.
02:36Un jeune homme qui est exécuté, tué par balle, partiellement brûlé.
02:39La vidéo est postée sur les réseaux sociaux.
02:41Ce message qui dit on va tuer même les petits de 5 ans, garder vos enfants chez eux.
02:46Oui, dans l'horreur, mais effectivement, elle était annoncée.
02:50Il y a un an, au Sénat, il y a deux sénateurs qui ont émis un rapport qui a donné lieu à une proposition de loi votée sur le narcotrafic.
02:58Et déjà, des magistrats marseillais avaient dit qu'ils se faisaient déborder par la situation.
03:03Et d'ailleurs, à l'époque, le ministre de la Justice les avait un peu grondés en disant que ce n'était pas bien de dire ça.
03:07Et pourtant, c'est le cas, non ?
03:37Le narcotrafic, qui a été un peu décimé par la précédente réforme et qui, aujourd'hui, n'assure pas une attractivité suffisante.
03:45Or, on sait que cette police judiciaire qui va frapper les hauts bonnets, il faut lui donner des moyens, il faut lui donner du temps.
03:54Et puis, l'autre, puisqu'on parlait de la prévention, l'autre morceau de l'omelette, si j'ose dire, c'est aujourd'hui, on voit qu'il y a un rajeunissement.
04:03Et notre prévention, elle n'est pas du tout adaptée à ce rajeunissement.
04:06Moi, ce que je vois dans les 101 collèges, c'est que dès la 6e, j'ai des gamins qui posent problème.
04:13J'ai certains gamins, il y a tous, qui viennent avec des armes blanches, etc.
04:17On voit que la bascule, c'est cycle 3, c'est-à-dire CM1, CM2, 6e.
04:22Et on n'a en fait aucun discours...
04:23Alors, CM1, CM2, 6e, pour vulgariser, c'est 9, 10, 11 ans.
04:28Ces passages, en gros, c'est le passage de l'école primaire au collège où, voilà, il y a 10-15 ans, on parlait des lycéens.
04:36Il y a 7-10 ans, on parlait des collégiens.
04:38Aujourd'hui...
04:38Et là, vous nous parlez de la fin de l'école primaire.
04:40On parle de la fin de l'école primaire.
04:42À Paris, il y a une trentaine de cas de détention d'armes blanches, déjà, par des CM2.
04:46Et on a tout un système de prévention qui n'est pas du tout adapté à ça.
04:49Moi, par exemple, je finance de la prévention spécialisée.
04:53Quand vous êtes dans le code de l'action sociale, la prévention spécialisée, c'est du 16-25 ans.
04:58C'est-à-dire que...
04:58C'est trop tard.
04:59On est presque...
05:00Oui, et les gamins ont presque commencé, pour certains, à s'assagir.
05:04Et donc, il faut qu'on ait ces deux bouts de l'omelette.
05:09La prévention des CM1, CM2.
05:12Et puis, s'attaquer au haut du spectre.
05:14Et on voit bien qu'on commence à réfléchir, on commence à avoir des actions.
05:17C'est les prisons où on isole les narcotrafiquants, pour arrêter qu'ils gèrent leur trafic, la prison.
05:24On a la réforme de la police judiciaire, qui a été un désastre.
05:29Il faut améliorer la coopération avec certains pays où les narcotrafiquants gèrent d'endroits ensoleillés.
05:36Il y a beaucoup, beaucoup d'actions.
05:39Justement, Alexandre Touzé, on va aller voir Jean-Michel Verne, qui nous attend,
05:42qui est journaliste, auteur des nouveaux mystères de Marseille.
05:45Bonsoir, Jean-Michel Verne.
05:46Quand on voit la situation ce soir à Nîmes,
05:51et donc le maire qui décide de prendre un couvre-feu pour les moins de 16 ans à partir de lundi,
05:56on se dit que c'est illusoire et quelque part qu'on a perdu totalement le pouvoir sur ce qui se passe dans cette ville.
06:06C'est vrai, c'est intéressant parce que c'est un maire qui parle.
06:10Et le narcotrafic, c'est un problème politique parce que c'est la démocratie qui est menacée aujourd'hui par des gens qui ont décidé de prendre le pouvoir sur un territoire par le trafic de drogue,
06:22par des actions violentes, par des menaces.
06:25Et attention quand on dit aux habitants « restez chez vous », là on est dans la construction d'un système mafieux qui est en train de prospérer.
06:35Alors c'est vrai, on a fait une loi sur le narcotrafic, on a fait une réforme de l'APJ qui soulève énormément de problèmes.
06:40Il faut savoir qu'il n'y a pas d'échange de renseignements, par exemple, entre le département des Bouches-Gérônes, celui du Gard, du Vaucluse et la Corse,
06:49alors qu'il y a des connexions entre tous ces gens-là.
06:51Et ça, c'est un problème.
06:53Quand vous parlez avec des policiers, ils vous disent qu'il faut faire la réforme de la réforme.
06:57C'est vrai qu'au départ, c'était une bonne idée, on voulait concentrer les moyens pour être plus efficaces.
07:02Sauf qu'on a, je dirais, coupé des têtes et surtout, on est très faible au niveau du renseignement.
07:11Donc là, on est face à une situation de guerre.
07:13Moi, je le dis, j'emploie ce terme à dessein.
07:16Et on voit aujourd'hui ce pauvre gamin dont on retrouve le cadavre dans la campagne nimoise.
07:24Il faut savoir qu'à Marseille, on vit ça depuis des années.
07:27C'est ce que j'allais vous dire finalement.
07:28On a l'impression que ce qui se passe à Nîmes, c'est exactement ce qui se passe à Marseille depuis très longtemps.
07:34Et quand le maire emploie le mot de narcoterrorisme, le maire de Nîmes, on est là-dedans.
07:39Qu'est-ce qu'on peut faire, alors qu'on se souvient aussi que le jeune Fayette, 10 ans, est déjà mort dans cette cité il y a deux ans ?
07:45Qu'est-ce qu'on peut faire aujourd'hui pour que la situation change ?
07:47Et pas qu'envoyer la CRS8 et que dans 15 jours, on revienne au point zéro ?
07:51Ce qu'il faut faire, c'est avoir une vision globale.
07:56C'est-à-dire qu'il faut remonter les clivières.
07:58C'est-à-dire qu'il faut comprendre comment les cartels colombiens, les cartels mexicains inondent de l'Europe de quantité astronomique de cocaïne, par exemple.
08:06Et ce qui fait baisser les prix et ce qui fait que tout le monde en consomme aujourd'hui sur le territoire français et en Europe.
08:12Il y a une vraie réflexion à mener, une coopération internationale à développer.
08:18Il y a beaucoup de choses à faire.
08:20On est très en retard.
08:21On a pris, je crois, conscience trop tard du problème.
08:25Certains policiers vous disent qu'on a passé le point de bascule, comme s'il était presque trop tard.
08:33Vous avez le sentiment aussi qu'il est trop tard ou qu'on peut encore faire quelque chose ?
08:39Écoutez, je pense qu'on peut encore faire quelque chose, mais il va falloir se dépêcher.
08:42Car vous voyez le cartel de Sinaloa qui s'installe dans le Var pour installer un laboratoire de méthamphétamine
08:48qui envoie de la drogue à l'autre bout du monde en Nouvelle-Zélande.
08:52Il faut vraiment se poser des questions.
08:54Et est-ce que nous, on est paramétrés pour lutter contre ça ?
08:57Alors, c'est vrai qu'on a de nouveaux textes.
09:00On a cette super prison qui va être créée, qui va essayer de couper des liens.
09:04Je pense que la DZMafia, ça va lui poser des problèmes.
09:07Mais si la DZMafia a des problèmes, il y a d'autres qui prendront la suite.
09:12Regardez ce qui s'est passé avec le démantèlement de la cité de la Castellane.
09:15On a Mohamed Jéa, Mimo, qui régnait en maître là-bas, qui est arrêté en Algérie.
09:21On fait une opération, on démantèle les plans de drogue.
09:23Et aujourd'hui, ils continuent à tourner, ces plans de drogue.
09:26C'est la réalité.
09:27C'est le mythe de Sisyphe.
09:31Et là, j'en appelle aussi...
09:34Ce que vous dites, c'est totalement désespérant.
09:36Ce que vous dites, c'est totalement désespérant.
09:37Je sais, mais c'est mon délustique.
09:40C'est réaliste, mais désespérant.
09:41Vous nous dites, en fait, il y en aura toujours un autre pour remplacer, pour reprendre la relève.
09:47Tout à fait.
09:47Je pense que c'est en amont qu'on n'a pas pris conscience du problème.
09:50Mais c'est vrai aussi que c'était dit.
09:52C'était pas facile de comprendre qu'entre 2020 et 2022,
09:56la consommation de cocaïne en Europe allait à augmenter de 30%.
10:00Comment on pouvait le prévoir ?
10:03Donc, c'est vrai.
10:05C'est vrai, un policier m'a dit, quelqu'un qui a de très hautes responsabilités,
10:11il m'a dit, c'est vrai, on n'a rien vu venir.
10:13– Merci Jean-Michel Verne, restez avec nous, Victor Hérault, vous vouliez réagir.
10:18– Oui, on parlait de cartels colombiens et mexicains,
10:20mais en l'occurrence, et ce monsieur évoque à juste titre,
10:23la DZ Mafia qui a pris le contrôle total de la drogue à Marseille
10:26et qui est en train de s'exporter dans d'autres villes méditerranéennes,
10:28dont Nîmes, et ce sont des gardes-gangues.
10:30DZ Mafia, DZ, c'est Zahir, c'est Algérie.
10:32Ce sont des gangs algériens, en réalité, c'est ça qu'il faut dire.
10:35Et autre remarque que je trouve absolument lunaire,
10:37personne ne le relève, mais le maire qui applique le couvre-feu pour les mineurs,
10:40mais il applique exactement les consignes du gang.
10:43C'est-à-dire que lorsque le gang dit ne sortez pas dans la rue,
10:44ne nous croisez pas, sinon on vous crible le rat de balle,
10:47le maire applique exactement la consigne pour protéger ses citoyens.
10:50– Pour protéger la population.
10:51– Mais c'est-à-dire qu'on ne va pas contre le gang, on applique ses consignes.
10:53Le gang est très content, il n'y aura personne dans les rues le soir.
10:55– Et puis il y a une chose que l'on ne réalise pas quand on parle de ces cartels,
10:59on parle des réseaux sociaux, justement les vidéos d'exécution
11:02de cartels mexicains et colombiens, ça sert de tuto.
11:05Comment fabriquer des bombes artisanales ?
11:07Vous avez des contenus vraiment qui vous retournent l'esprit.
11:10Et l'autre chose qu'il faut savoir, c'est qu'avant, un grand du quartier,
11:13il avait 20-25 ans.
11:14Aujourd'hui, sur certains territoires, dès 17 ans,
11:16vous pouvez être un grand du quartier, très dangereux.
11:18Et ces organisations ont une cartographie des commissariats
11:22qui fonctionnent bien, qui fonctionnent moins bien.
11:24Ont une cartographie des tribunaux où ça tape fort, où ça tape moins fort.
11:28Par exemple, en Ile-de-France, les jeunes, on leur donne l'information
11:31que par exemple à Pontoise et à Meaux, ça tape très fort,
11:34et qu'à Bobigny, c'est presque la cour de récré.
11:36Ce n'est pas moi qui le dis, c'est ce qui se dit sur le terrain.
11:39Donc, ils sont extrêmement en avance, ils se passent les informations
11:41et vous avez des mômes dès 12, 13, 14 ans
11:44qui imbibent cette information alors qu'ils ne sont pas prêts à gérer cela.
11:48Et il y a une impunité qui grandit, effectivement, sans oublier, bien entendu,
11:53certains de vos prédécesseurs, le clientélisme politique aussi,
11:57peu importe le parti, et la ghettoïsation, le manque de mixité sociale.
12:00Donc, on a un cocktail détonnant qui fait qu'aujourd'hui, moi je le dis,
12:03j'ai beau être éducateur, quand je prends la génération 16-25 ans,
12:06par rapport à la part qui bascule dans la délinquance,
12:08qui est quand même minoritaire, il faut toujours le rappeler,
12:10pour une grosse partie, c'est mort.
12:12Il faut le dire clairement, c'est mort.
12:14Jean-Michel Verne, vous êtes toujours en direct avec nous,
12:16vous êtes d'accord avec ces deux éléments, une jeunesse,
12:18une très grande jeunesse des acteurs,
12:20qui connaissent très bien le fonctionnement des commissariats et de la justice ?
12:25En fait, ce n'est pas eux qui connaissent très bien,
12:27ce sont les gens qui les actionnent et qui connaissent très bien.
12:30On fait le travail des mineurs, parce qu'on sait qu'on va les payer pas cher,
12:34que de toute façon, si ça tourne mal, ils se débrouilleront tout seuls,
12:38et c'est la méthode des sicarios.
12:42Mais vous savez, il y avait un parrain du milieu marseillais,
12:47il s'appelait François Albertigny, on est en 1899,
12:51et il a fait tuer un rival proxénète par un jeune de 16 ans.
12:55La méthode, elle est très ancienne, en fait.
13:00Et il y a une sorte de continuité dans le fonctionnement du milieu
13:05qui s'adapte à l'évolution de la société, à l'évolution de la mondialisation,
13:10et c'est sa force, et c'est notre faiblesse.
13:13– Merci Jean-Michel Verne d'avoir été en direct avec nous.
13:16– Alexandre Touzé, quand vous entendez Abel Boyer dire
13:19« pour une partie, c'est mort, il n'y a rien à faire ».
13:22– Je pense qu'il faut effectivement accélérer,
13:24je pense qu'on a eu du retard à l'allumage.
13:27C'est vrai que la question des mineurs est pour moi essentielle,
13:31parce qu'on a vraiment une ubérisation de l'économie de la drogue,
13:35c'est des grands patrons ultra-libéraux, en fait, les trafiquants.
13:39Ils prennent, ils délèguent le risque, énormément, à des plus jeunes,
13:46parce qu'il y a aussi l'irresponsabilité pénale,
13:48et ils ont bien compris les leaders du trafic qui avaient l'irresponsabilité pénale.
13:53Ils les prennent très jeunes, ils les jettent,
13:56pour quelques 50 euros, ils vont faire chauffe.
14:00Vraiment, il y a une ubérisation extrêmement terrible,
14:03un niveau d'inconscience de ces jeunes qui est extrêmement fort,
14:07je pense qu'ils se laissent…
14:08– D'inconscience ou d'indifférence ?
14:09– Non, par mimétisme, parce que les grands frères le font,
14:11parce que tout le monde le fait.
14:12– Mais ils sont influencés, c'est-à-dire qu'ils sont extrêmement influenciables.
14:14– Il y a une culture de quartier qui est extrêmement forte,
14:17il y a l'argent facile qui est extrêmement fort,
14:20et puis c'est vrai qu'on a un petit peu,
14:22je pense que collectivement,
14:25et l'éducation nationale aussi à sa part de responsabilité,
14:28je pense qu'on n'a pas su offrir un modèle républicain un peu fort,
14:32un peu édigeant.
14:33Je pense qu'on a laissé tomber une partie de la jeunesse en disant
14:35« Bon, ben, en fait, voilà, elle vient des quartiers,
14:39elle ne réussira pas, il ne faut pas être trop édigeant. »
14:42Et je trouve que cette société, elle a été un peu…
14:44Enfin, elle a été négligente, vu que ces jeunes,
14:47en ne posant pas la question de l'indigence,
14:49de la question du savoir, de la question de la discipline,
14:51mais dès l'école primaire.
14:52Moi, je suis stupéfait,
14:54j'avais l'Assemblée générale des maires de l'Essonne il y a trois semaines,
14:57tout le constat des maires,
14:59c'est-à-dire, dans l'école primaire,
15:01on commence à avoir des comportements totalement inadmissibles.
15:03Et face à cela, on n'a aucune réponse,
15:06on ne va pas chercher les parents,
15:08on ne va pas sanctionner de façon adaptée,
15:10il ne s'agit pas d'envoyer tous les CMA en prison,
15:12mais accepter la sanction pour qu'elle arrive le plus vite possible,
15:17pour qu'on n'ait pas à sanctionner gravement.
15:20Et en fait, ce qu'on encourage aujourd'hui,
15:22c'est des parcours délinquants,
15:23où la sanction, elle va arriver à la fin,
15:25elle va arriver à un taux maximum,
15:27mais trop tard, parce qu'elle arrivera après la tuerie,
15:30elle arrivera après des défaits extrêmement graves,
15:33et on ne sait pas où aujourd'hui,
15:35moi je pense que c'est vraiment l'école primaire,
15:37où il faut être très très attentif,
15:40si on veut, dans 10 ans, 15 ans,
15:42et je suis d'accord, ça prendra du temps,
15:44l'homme politique qui dit,
15:45je vais régler ça en 3 ans ou 5 ans,
15:46c'est un menteur,
15:47c'est un menteur,
15:49mais là, il faut s'y prendre,
15:50et dès l'école primaire,
15:51et l'éducation nationale, aujourd'hui,
15:53est un peu en mode smiley,
15:56par rapport à ce qui se passe.
15:57Merci, merci à vous d'être venu dans Weekend Soir.
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