Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 7 mois
Avec Matthieu Hocque, Secrétaire général du think tank Le Millénaire & Nicolas Corato, Président fondateur du think tank Place de la République

🔴 Nous suivre sur les réseaux sociaux 🔴

▪️ Facebook : / https://www.facebook.com/SudRadioOfficiel .
▪️ Instagram : / https://www.instagram.com/sudradioofficiel/ .
▪️ Twitter : / https://twitter.com/SudRadio .
▪️ TikTok : https://www.tiktok.com/@sudradio?lang=fr

##LE_DEBAT_DE_LA_SEMAINE-2025-06-22##

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Vivons-nous les derniers jours de François Bayrou à Matignon ?
00:04C'est la question qu'on peut se poser lorsqu'on lit ces députés du groupe Ensemble pour la République,
00:10donc de la majorité présidentielle, dans les pages du Figaro, hier.
00:13Ils s'adressent au Rassemblement National, je cite,
00:16parfois j'ai envie d'aller les voir et de leur dire s'il vous plaît, lâchez-vous, censurez-le.
00:21Je cite un autre, Bayrou ne fout rien, il ne porte aucun combat, c'est pas possible.
00:26Pourquoi François Bayrou est-il à ce point démonétisé, lui, qui est maintenant,
00:31et c'est un exploit, le Premier ministre le plus impopulaire de toute l'histoire de la Ve République ?
00:3517% d'opinions favorables.
00:37On en débat avec nos deux invités, Nicolas Corato, bonjour.
00:40Bonjour.
00:41Président du think tank Place de la République et Mathieu Hoc, bonjour.
00:45Bonjour.
00:45Secrétaire général du think tank Le Millénaire, classé plutôt à droite.
00:48Normalement, vous soutenez plutôt ce bloc central qui sert de majorité à François Bayrou.
00:54Est-ce que, comme un certain nombre de ses alliés, maintenant, vous souhaitez sa censure ?
00:58Alors, je ne sais pas si je souhaite sa censure, mais en tout cas...
01:00Vous hésitez.
01:01Non, mais François Bayrou est véritablement dans une impasse, c'est-à-dire qu'il est dans une impasse.
01:05Il est à 17% d'opinions favorables auprès des Français,
01:11avec une activité gouvernementale qui a été quasiment faible, voire à néant,
01:16depuis qu'il est nommé Premier ministre.
01:18Il n'a fait que passer le budget avec ce fameux accord, avec le Parti Socialiste, accord de non-censure.
01:23À sa décharge, c'est tout ce qu'il pouvait faire avec cette absence de majorité.
01:26Exactement, et la situation était compliquée, et on sortait d'une situation où la censure avait coûté extrêmement cher,
01:31et politiquement, et aux contribuables français, plus de 100 millions d'euros quand même, faut-il le rappeler.
01:36Et ensuite, après, la question qui se pose maintenant, c'est que pour François Bayrou,
01:39les leviers pour pouvoir se relancer sont quasiment inexistants.
01:43C'est-à-dire que ce qu'il avait réussi à faire en février-mars dernier,
01:47c'est-à-dire faire voter un budget, aujourd'hui, il a la même chose à faire,
01:50mais d'une manière encore plus difficile, puisqu'il doit trouver 40 milliards d'euros
01:54de baisse de déficit public, a priori surtout des économies sur la dépense publique.
02:00Or, aujourd'hui, l'État français est l'État qui prélève le plus pour dépenser le plus,
02:0457% du PIB, et donc forcément, si on fait des économies quand on est Premier ministre
02:09sur le budget de l'État, on va forcément mécontenter une partie des Français,
02:14parce que de nombreux Français, aujourd'hui, vivent de l'argent public indirectement ou directement.
02:17Et donc, de fait, pour un Premier ministre qui est déjà impopulaire,
02:21faire passer ce type de budget-là, c'est encore plus compliqué.
02:24Et donc, effectivement, François Bayrou est dans une impasse très importante.
02:26Donc, si je suis Mathieu Huck, Nicolas Corato, c'est pas la faute de François Bayrou
02:30si on lui a confié ou s'il s'est porté volontaire pour une mission impossible.
02:33Je suis d'accord avec Mathieu.
02:35Je suis d'accord avec Mathieu. Je suis heureux que vous reconnaissiez ce matin
02:38que nommer un Premier ministre représentant d'un camp qui a perdu les élections législatives
02:45qui était une erreur. Et ce que vous dites est vrai de M. Bayrou
02:49comme cela était vrai de M. Barnier.
02:51Et vous dites très bien qu'effectivement, après tout, ça a peu de choses à voir
02:54avec la personnalité ou le style de M. Bayrou.
02:57M. Bayrou a son style et on connaît sa capacité à faire durer et à ne rien faire,
03:02mais d'une certaine manière encore, voudrait-il faire quelque chose qu'il ne le pourrait pas.
03:05Donc effectivement, cette impasse, elle n'est pas conjoncturelle.
03:09Elle n'est pas personnelle.
03:10Elle n'est pas personnelle. Elle est institutionnelle.
03:12Que le style de M. Bayrou pose des difficultés à l'opinion publique,
03:16que la manière dont il a géré l'affaire Bétarame, lui, lui soit reproché,
03:19ce sont des choses qu'on peut ajouter.
03:21Mais l'impasse, elle est d'abord institutionnelle.
03:24Et on voit bien que ça va être très intéressant.
03:26On va reprendre les vieux débats.
03:28Vous allez nous dire que la censure va coûter très cher aux Français.
03:31M. Hollande est déjà inquiet pour le chaos et le désordre qui vient.
03:34Mais on retombe bien et on risque de retomber un an en arrière,
03:38c'est-à-dire au moment où finalement on cherchait désespérément à l'Elysée
03:42un locataire de Matignon qui convenait au président de la République.
03:46Et donc, effectivement, l'histoire risque de recommencer avec cela quand même
03:50dans un sentiment où les Français ne savent plus vraiment qui gouverne.
03:54D'ailleurs, c'est très intéressant.
03:55Je crois que personne n'est capable de citer le nom d'un ministre en exercice,
03:59à part M. Retailleau, qui a effectivement vos faveurs.
04:02Mais on voit bien effectivement qu'il y a une forme d'indifférence des Français
04:06par rapport à leur gouvernement qui n'est pas sans rappeler certaines époques.
04:11Alors, indifférence des Français à l'égard de leur gouvernement, je veux bien.
04:14Mais comment on explique dans ce cas-là que François Bayrou parvienne
04:16à être encore moins populaire que le président de la République, Emmanuel Macron ?
04:20Parce qu'en fait, quand on regarde aujourd'hui les préoccupations des Français
04:23sur l'ensemble des sujets sur lesquels le Premier ministre est en responsabilité,
04:27et ce qui sont les préoccupations des Français, c'est-à-dire l'insécurité,
04:31première préoccupation des Français.
04:32Non, c'est le pouvoir d'achat.
04:33L'inflation.
04:33Non, non, c'est le pouvoir d'achat.
04:35Ipsos juin 2025, sécurité, évolution de la criminalité,
04:42inflation, pouvoir d'achat et ensuite santé.
04:45Donc c'est ça les trois.
04:46Nicolas Corato, Boud, Pestilator.
04:48Or, sur ces trois sujets-là, qui sont des sujets liés au gouvernement,
04:53c'est le gouvernement qui conduit les affaires de la nation,
04:55François Bayrou a des marges de maïeuvre qui sont excessivement réduites.
04:58Sur le monde de la santé, il doit faire face à une gronde des médecins
05:01qui est structurelle par rapport à l'organisation du système de santé
05:05et au déclin de la démographie médicale.
05:07Enfin, ce n'est pas la gronde des médecins qui est structurelle,
05:08c'est la gronde des Français qui en ont marre de ne pas avoir de médecin.
05:11Non, mais les deux.
05:12Mais en fait, quand il doit faire des réformes, il doit consulter,
05:15parce que c'est la méthode Bayrou,
05:16c'est de consulter les corps de la société, les corps constitués.
05:19Et donc, il doit faire face aux médecins, aux infirmiers, etc.
05:22Sur l'inflation, on peut reprendre les mêmes sujets, etc.
05:24Il n'a pas de marge de manœuvre.
05:26Or, le président de la République, lui,
05:27les marges de manœuvre sur lesquelles il a sont un peu plus larges.
05:30Donc, quel que soit le Premier ministre, pour vous,
05:32de toute façon, il n'aurait pas pu.
05:34Exactement.
05:34Et puis, en fait, le président de la République, lui,
05:36se réfugie sur le terrain diplomatique, et on le voit.
05:39Lorsque sa code de popularité était remontée,
05:42lorsqu'il y avait eu l'altercation entre Donald Trump et Vladimir Zelensky,
05:46à la faveur des sujets internationaux,
05:49lorsqu'il ne fait pas de bourde, le président de la République,
05:51récupère des points.
05:53Et c'est pour ça que vous avez un décalage, aujourd'hui,
05:54un découplage dans la code de confiance,
05:56d'opinion favorable, pardon,
05:58au sein de l'exécutif.
05:59J'ai dit que François Bayrou était encore moins populaire
06:01qu'Emmanuel Macron.
06:02Ça veut dire qu'Emmanuel Macron l'est quand même très, très, très peu lui-même.
06:06Nicolas Corato, parlons de la suite.
06:07Maintenant, vous êtes plutôt à gauche.
06:09Est-ce que vous souhaitez que vos camarades socialistes
06:11le censurent une bonne fois pour toutes ?
06:13Pourquoi pas ?
06:13Tiens, en cas d'échec définitif du fameux conclave
06:17sur la réforme des retraites.
06:18Oui, c'est possible.
06:19Je crois que la censure, elle doit être politique.
06:21Elle doit être, je veux dire,
06:24elle doit être documentée, justifiée politiquement.
06:26À partir du moment où elle est justifiée politiquement
06:28et que ça n'est pas simplement un artifice politicien,
06:31il faudra le faire.
06:32Mais, pardon de vous le dire,
06:33il est possible que ce Bayrou ne chute pas avec une censure.
06:37Parce qu'aujourd'hui, le meilleur ennemi de M. Bayrou,
06:40c'est son propre camp et c'est notamment les Républicains
06:42qui, depuis quelques jours, font alliance avec le Rassemblement National
06:45et M. Ciotti.
06:46Donc, ils se sont séparés d'avec M. Ciotti.
06:48Mais à l'Assemblée Nationale, ils ont voté les mêmes textes
06:50sur notamment la loi de simplification
06:53ou sur la politique énergétique de la France.
06:55Et donc, si vous voulez, la censure,
06:58elle viendra peut-être d'un autre camp que la gauche.
07:00Parce que, si LR se met dans une nouvelle majorité
07:03avec le Rassemblement National,
07:04comme on est en train de le voir aujourd'hui,
07:07se modéliser dans les bancs de l'Assemblée Nationale
07:09et de l'hémicycle,
07:10et bien, effectivement, M. Bayrou n'aura plus de majorité.
07:12Autre question, et c'est à vous que j'appose en priorité maintenant,
07:14parce que je vous ai entendu au début, mon cher Nicolas Corato,
07:17vous avez dit si seulement on avait nommé un Premier ministre du camp
07:20qui, d'après vous, a gagné les élections.
07:22Qu'est-ce que vous avez dit ?
07:23Vous auriez préféré un Premier ministre de gauche.
07:28Concrètement, la gauche n'a pas réussi à avoir de majorité à l'Assemblée Nationale.
07:32Concrètement, elle n'en a pas.
07:33Qu'est-ce que la gauche, qui est encore plus divisée qu'elle ne l'était il y a un an,
07:36est prête à proposer aux autres partis
07:38pour essayer de former une nouvelle majorité
07:39qui ferait tenir un gouvernement si Bayrou tombait ?
07:41Mais il faut arrêter de culpabiliser la gauche.
07:46Ce n'est pas la gauche qui a dissous l'Assemblée Nationale.
07:48Ce n'est pas la gauche qui a formé deux gouvernements avec des purs échecs.
07:51Je vous demande ce que la gauche est prête à proposer à l'Assemblée Nationale pour gouverner le pays.
07:55Aujourd'hui, je pense qu'il est toujours d'actualité de nommer un ou une Première Ministre de gauche
08:00et de lui laisser, comme on a laissé la chance à M. Barnier et à M. Bayrou,
08:04la chance de faire son travail gouvernemental.
08:06Mais qu'est-ce qui vous dit qu'il ou elle aura plus de chance que M. Bayrou ?
08:10Mais qu'est-ce qui vous dit que le successeur de M. Bayrou,
08:11qui sera choisi entre les LR et le Modem,
08:14aura plus de chance qu'un Premier Ministre de gauche ?
08:16Vous avez vu dans quel état elle est au Front Populaire ?
08:18On en arrive à se traiter de sa vie par anti-samis ?
08:20Mais vous avez vu dans quel état cette pseudo-majorité relative ?
08:22Mais il ne s'insulte pas.
08:22Mais pardon, mais qui va de Mme Le Pen à M. Bayrou ?
08:27Voilà, parce que la réalité, c'est que la major...
08:29Mais pardon, votre gouvernement ne tient que parce que Marine Le Pen est d'accord.
08:32Je précise que quand il dit votre gouvernement, il s'adresse à Mathieu Hock.
08:35Mathieu Hock, la réponse ?
08:36C'est de notre gouvernement, Nicolas.
08:39Mais non, le Parti Socialiste n'a pas censuré le gouvernement.
08:41Donc à partir du moment où le Parti Socialiste veut censurer également,
08:44la question se posera de la même façon qu'elle s'est posée pour le Rassemblement National.
08:47Quelle majorité peut gouverner ?
08:49Non, mais la réalité, c'est que la seule majorité qui aurait été viable,
08:52si on se met dans la logique des institutions,
08:54c'est une majorité Front Républicain.
08:56Et c'est ce qui a présidé...
08:57C'est-à-dire ?
08:58En fait, c'est ceux qui ont fait battre le Rassemblement National.
09:00Donc c'est une alliance entre les macronistes et la gauche.
09:03C'est ça qui aurait dû gouverner le pays.
09:07Alors pourquoi dans ce cas-là, vous avez proposé aux macronistes
09:10de faire alliance avec vous, les Républicains ?
09:12Ensuite, après, comme la gauche est irresponsable d'un point de vue politique
09:15et qu'elle a fait une alliance avec le nouveau Fonds Populaire
09:18pour s'assurer des postes, notamment dans les circonscriptions,
09:21en regardant les circonscriptions qui leur sont favorables,
09:23il n'était pas possible de faire une alliance entre les macronistes.
09:25En tout cas, c'est ce que les macronistes et les gens de gauche ont considéré.
09:28Et donc, de fait, la responsabilité ensuite d'une formation politique
09:32comme les Républicains, ça a été de participer au gouvernement
09:34pour éviter que la gauche arrive au pouvoir.
09:36Il semble que ce sujet soit terminé dans la mesure où on imagine mal
09:39aujourd'hui une alliance entre les socialistes et des insomines,
09:41du moins à l'échelle nationale.
09:42Aujourd'hui, ça parait improbable.
09:44Est-ce que vous, vous souhaiteriez une alliance qui irait de la droite
09:46au Parti Socialiste, Mathieu Hoc ?
09:47Parce qu'avec ça, vous avez les chiffres pour faire passer toutes les lois.
09:51Non, mais la question qui est à poser, c'est aux partis politiques.
09:55Est-ce que LR et est-ce que le Parti Socialiste sont prêts à aller
09:58dans ce type d'accord ?
09:59Le problème étant que chacune des deux formations politiques,
10:02que ce soit le Parti Socialiste ou les Républicains,
10:03prépare les élections municipales.
10:05Et ils ne sont d'accord sur rien, pardonnez-moi.
10:07Oui, mais bien sûr.
10:09Donc, il n'y a pas de majorité à l'Assemblée nationale.
10:11Ça, on ne le découvre pas.
10:12Et c'est la faute du Président de la République
10:13d'avoir mis une dissolution après avoir perdu les élections européennes.
10:17une troisième défaite consécutive après les élections,
10:21notamment législatives.
10:22Donc, le problème aujourd'hui qui est le suivant,
10:24c'est qu'il n'y a pas de majorité à l'Assemblée nationale.
10:26On peut chercher comme on veut.
10:27Cette Assemblée nationale ne donnera pas de majorité,
10:29ne produira pas de majorité gouvernementale.
10:30Donc, vous préférez garder François Bayrou le plus longtemps possible.
10:32Donc, a priori, pour l'instant, le socle commun est la seule option viable
10:35pour faire tenir le pays et pour éventuellement faire passer un budget.
10:39Eh bien, on en redébattra.
10:40On verra si François Bayrou est toujours Premier ministre la semaine prochaine.
10:42A priori, oui.
10:43Merci Nicolas Corato.
10:45Merci. Bonsoir.
10:45Président du Think Tank Place de la République,
10:48merci à vous Mathieu Hock, secrétaire général du Think Tank Le Millénaire.
Écris le tout premier commentaire
Ajoute ton commentaire

Recommandations