00:00Smart Ideas avec Catherine Pinon-Lebarz, bonjour.
00:08Bonjour.
00:09Vous êtes la directrice générale adjointe de la société Le Train.
00:12Vous voulez concurrencer la SNCF dans l'Ouest, c'est ça ?
00:16Alors, on veut surtout compléter l'offre ferroviaire en France qui est aujourd'hui insuffisante.
00:20On le voit, les trains sont saturés.
00:22Certains trajets qui sont nécessaires aujourd'hui n'existent pas aujourd'hui en train,
00:26comme faire un bord au Nantes en grande vitesse, un direct aujourd'hui, ça ne se fait pas.
00:30Vous passez par Paris et donc le train va lancer de nouvelles liaisons de grande vitesse inédites,
00:35en commençant par le Grand Ouest et donc compléter cette offre ferroviaire en France.
00:38On le sait aujourd'hui, le train est un mode de transport désirable, c'est un mode de transport décarboné.
00:44Les gens veulent voyager en train, il faut simplement leur offrir les options performantes
00:48qui vont leur permettre de délaisser leur voiture.
00:49Mais alors, vous serez quand même en concurrence frontale d'une certaine façon avec une offre SNCF,
00:54même si vous irez plus vite en ne repassant pas par Paris.
00:56Comment vous allez vous différencier ?
00:58Clairement, aujourd'hui, ce qu'on identifie dans les attentes des clients,
01:03c'est déjà bien sûr ce direct sans correspondance.
01:05Il est clé.
01:06Aujourd'hui, la rupture de charge qui est causée par le fait de changer de train en gare à Paris
01:11est un vrai facteur d'inconfort et de stress pour les voyageurs.
01:13Donc ce direct est très important.
01:15Et par ailleurs, aujourd'hui, on le voit dans l'éventail de services qui est proposé dans les trains aujourd'hui,
01:20on n'est pas encore suffisamment centré sur le client.
01:22Et donc le train a une vraie approche servicielle, très customer-centric.
01:27C'est ce qu'on trouve dans les airlines, pas forcément les low-costers,
01:30mais en tout cas dans tous les autres secteurs qui se sont déjà transformés.
01:35Et donc clairement, une approche très digitale, très centrée sur le client.
01:39On va personnaliser l'expérience client.
01:41On va apporter du support, de l'accompagnement et clairement du confort et de la performance.
01:45Alors en préparant l'émission, je vois que l'idée, elle est lancée en 2019.
01:50Donc on est six années plus tard.
01:51C'est compliqué de créer une nouvelle compagnie ferroviaire ?
01:55C'est très long.
01:56Alors si vous voulez, effectivement, 2019, c'était l'année qui a précédé l'ouverture officielle à la concurrence de la grande vitesse.
02:02Donc c'était déjà l'étude de comment est-ce qu'on allait pouvoir en fait proposer des solutions
02:06avec ce nouveau cadre de marché qui s'ouvrait.
02:08Et effectivement, à partir de là, il faut faire des études de marché,
02:12identifier quelles sont les bonnes liaisons à proposer aux clients
02:15pour pouvoir booster ce report modal vers le train.
02:18Et derrière, en fait, monter un opérateur ferroviaire,
02:20c'est une opération qui est extrêmement lourde industriellement, capitalistiquement.
02:25On va acheter des trains qui valent grosso modo le prix d'un avion
02:28avec une flotte d'une dizaine de trains pour pouvoir faire de la cadence
02:32et vraiment offrir la capacité qu'on veut offrir à nos clients.
02:35Et donc, je vais vous faire un aveu.
02:38J'étais à Angers ce week-end.
02:40Je voulais aller à Bordeaux, évidemment.
02:42On me proposait de repasser par Paris.
02:44En réalité, j'y suis allé en voiture.
02:45On était quatre dans la voiture, donc on était bons en autopartage.
02:49Mais c'est pour quand, les premières lignes ?
02:52Écoutez, la clé pour démarrer, c'est prendre livraison de nos trains à grande vitesse,
02:57qui sont des trains à grande vitesse qui sont construits par l'industriel espagnol Talgo,
03:00qui est en train d'homologuer ce modèle de train pour le marché français.
03:04L'homologation d'un train, ça prend du temps, c'est assez lourd.
03:07On affinera le calendrier.
03:08Mais globalement, aujourd'hui, on cible plutôt fin 2027, début 2028.
03:13Donc, ça vient vite malgré tout.
03:14Ça reste un petit peu loin, mais ça arrive vite.
03:17Avec donc le choix d'un fournisseur, d'un constructeur de TGV.
03:23Oui.
03:23Pourquoi celui-là ?
03:25Alors, clairement, on a fait un appel d'offre européen.
03:27On a consulté toutes les majors qui proposaient des trains à grande vitesse pour circuler en France.
03:31Clairement, cet avril, c'est le modèle proposé par le fournisseur Talgo,
03:35était le train qui correspondait le mieux à l'expérience voyageur que l'on souhaitait proposer.
03:40Et une différence majeure par rapport à aujourd'hui, ce sont des trains d'un seul niveau.
03:44Vous n'avez pas d'escalier.
03:46Vous devez soulever vos bagages, les emmener avec vous.
03:48Vous n'avez pas de marche dans le train.
03:50Donc, ma grand-mère, avec sa cam, une fois qu'elle est dans le train,
03:53elle va n'importe où sans se heurter à des difficultés.
03:56Donc, pour nous, en termes d'inclusivité et d'accessibilité, c'était clé.
03:59Ce sont des trains qui sont spacieux, qui sont extrêmement confortables,
04:03qui sont de dernière génération.
04:04Et c'était vraiment important.
04:06Et dernier mot, il nous reste une trentaine de secondes.
04:08C'est peut-être trop tôt pour répondre, mais les tarifs, ça va être un enjeu important
04:12de savoir à quel niveau vous vous positionnez ?
04:14Oui.
04:15L'enjeu clé pour les tarifs, c'est la lisibilité.
04:17Aujourd'hui, les consommateurs français ne savent pas combien leur billet de train va leur coûter.
04:21Ça va d'un facteur 1 à 10 en fonction de quand vous réservez, pour quel trajet,
04:24à quel moment de la semaine.
04:26Donc, vraiment, cette lisibilité des prix, comprendre pourquoi les prix varient,
04:31que ce soit des variations raisonnables, qu'on ait un prix de référence auquel se rattacher
04:35et que ce soit vraiment pour une bonne valeur de service pour le client.
04:39Clairement, ce prix doit être adapté à la qualité de service que vous fournissez à vos clients.
04:43Merci beaucoup et à bientôt sur Be Smart for Change.
04:45Voilà.
04:46Merci de votre fidélité.
04:47Je vais citer rapidement mon équipe, Alexis Mathieu, Marie Billa, Juliette Muglierina,
04:52qui programme, produisent l'émission, Angèle Jean-Girard, le réalisateur,
04:55et Paul Sanchez, l'ingénieur du son.
04:57Salut.
04:57Sous-titrage Société Radio-Canada
Commentaires