00:00Elle est attendue, espérée, annoncée comme le moteur du rebond. Et puis rien.
00:15Une fois encore, la consommation des ménages a fait défaut au premier trimestre.
00:20Croissance nulle, espoir déçu.
00:22Et pourtant, c'est elle qui doit relancer la magie.
00:25Mais les Français, eux, ne s'y trompent pas.
00:28Ils sentent venir un nouveau tour de vise fiscale en 2026 et commencent déjà à s'y préparer.
00:34Il faut dire qu'ils ont eu un avant-goût cette année.
00:36Introduction de la CDHR, la contribution différentielle sur les hauts revenus.
00:43Instauration de la taxe de solidarité sur les billets d'avion.
00:46La loi de finances a permis aux départements d'augmenter les frais de notaire de 4,5 à 5 % de la valeur d'un bien.
00:53Au 1er mai, 80 % des départements métropolitains avaient franchi le pas.
00:59Côté automobile, le malus écologique est alourdi et continuera de grimper jusqu'en 2027.
01:05Enfin, le taux de TVA réduit a été supprimé sur l'installation de chaudières à gaz.
01:09Il le sera cet été sur tous les abonnements d'électricité et de gaz pour passer à 20 %.
01:15Officiellement, rien n'est décidé pour 2026, mais plusieurs pistes sont d'ores et déjà évoquées.
01:23Pérennisation de la CHDR, suppression de l'abattement forfaitaire de 10 % sur les pensions retraite,
01:29réduction du crédit d'impôt sur l'emploi à domicile ou de la liste des services pour en bénéficier,
01:35réintroduction de la taxe d'habitation.
01:37La conséquence est double.
01:39D'une part, pour les publics concernés, une baisse directe de leur pouvoir d'achat,
01:43ce qui pèse mécaniquement sur leur consommation.
01:46D'autre part, pour tous les autres, la crainte d'être tôt ou tard dans le viseur de Bercy,
01:51compte tenu d'une dette publique hors de contrôle.
01:54Ce contexte pousse à se constituer une surépargne préventive,
01:57donc à réduire la voilure en matière de consommation.
02:01Un principe bien connu en économie sous le nom d'équivalence ricardienne.
02:05Le timing de ces dispositions survient en outre au pire des moments,
02:10c'est-à-dire dans un contexte économique déjà anxiogène,
02:13qui pousse naturellement les consommateurs à la prudence.
02:17La peur de perdre son emploi, la crainte de ne pas en trouver un autre,
02:21est à nouveau palpable dans les enquêtes d'opinion.
02:24Une inquiétude légitime à la vue de l'évolution du nombre d'inscrits à France Travail.
02:28La courbe du chômage remonte,
02:30et rien ne semble devoir entraver son ascension ces prochains mois,
02:33qui seront marqués par la multiplication des destructions de postes
02:37en liaison avec le nombre d'entreprises en difficulté,
02:40la réduction des embauches,
02:42conséquence de la prudence des entreprises face à l'incertitude,
02:46l'essoufflement entrepreneurial et les emplois liés,
02:50et pour finir, la hausse de la population active.
02:53Il faut aussi mentionner une transformation majeure.
02:56L'épargne change de visage.
02:59Elle devient plus patrimoniale et plus concentrée.
03:02Les supports liquides sont peu à peu délaissés
03:05au profit de placements de long terme.
03:07En témoigne, l'envolée des unités de compte
03:09signe clair que cette épargne se loge surtout chez les ménages les plus aisés,
03:13ceux qui privilégient la construction de patrimoine à la dépense immédiate.
03:18Autre frein à la reprise, côté offre,
03:20peu de nouveautés marquantes,
03:22peu de ruptures capables de susciter un véritable engouement.
03:25Alors, trimestre après trimestre,
03:28la consommation joue l'arlésienne.
03:30Elle est annoncée, attendue, espérée, mais toujours absente.
03:34Sous-titrage Société Radio-Canada
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