00:00 [Générique]
00:09 Les consommateurs tiennent les clés de la croissance française cette année.
00:13 Et c'est pourquoi la prévision de 1,4% par Bercy est mission impossible.
00:18 Plus modestement exercit, nous anticipons une progression du PIB de 0,5%.
00:24 Il faut partir de cette double hypothèse.
00:26 Le surplus de pouvoir d'achat consommable sera minime.
00:30 Son utilisation par les ménages sera prudente.
00:34 Pas de doute, à la faveur du refus de l'inflation,
00:36 les Français vont disposer de marges de manœuvre budgétaire supplémentaires.
00:41 Mais il ne faut pas les surestimer, car la décrue tant attendue de la hausse des prix
00:45 va se heurter à quatre séries d'obstacles.
00:48 Il y a d'abord la disparition progressive des effets de base liés au cours des matières premières,
00:52 du pétrole principalement.
00:54 Or ils sont la principale cause de la désinflation actuelle.
00:58 Les cours du Brent sont revenus à leur niveau du début 2023 et devraient s'y maintenir une partie de l'année.
01:04 Aux variations de change près, l'impact du baril sur l'inflation sera neutre au moins jusqu'à l'été prochain.
01:10 Ce à quoi s'ajoute la suppression partielle du bouclier tarifaire sur les prix de l'électricité en février,
01:17 ce qui devrait faire bondir de 10% environ la note pour les particuliers.
01:22 Également intégré dans l'équation, la flambée des tarifs du fret maritime
01:25 et effets collatéral du conflit entre Israël et le Hamas.
01:29 Le coût des matières premières et des produits importés s'en retrouvera augmenté.
01:35 Dernier élément, les récentes hausses des salaires vont continuer de se diffuser
01:39 dans les prix des services dont ces derniers sont très dépendants.
01:43 L'inflation va se modérer, mais à 3% environ en moyenne sur l'ensemble de l'année,
01:48 les ménages récupéreront peu de pouvoir d'achat par ce biais.
01:52 En face, leurs ressources financières vont progresser, mais il faut l'analyser à travers deux de ces composantes.
01:58 Premièrement, une convention comptable qui gonfle artificiellement le revenu des ménages producteurs d'un service destiné à eux-mêmes,
02:05 notamment lorsqu'ils sont propriétaires de leur logement, s'hébergeant eux-mêmes.
02:11 Il s'agit des loyers fictifs.
02:13 Ce flux n'a aucune réalité.
02:15 Or, il contribue très fortement à la croissance du revenu disponible depuis un an.
02:19 La seconde composante est liée au revenu d'intérêt issu de l'épargne.
02:24 Partant de très bas, avec les taux zéros, ils ont explosé.
02:27 Or, ces derniers ont d'abord vocation à être recapitalisés.
02:31 Les ménages ne les intègrent pas dans le périmètre de leur revenu consommable
02:36 car leur fonction est de protéger l'épargne de l'érosion inflationniste.
02:40 Il est donc plus pertinent de reconsidérer la hausse du pouvoir d'achat sur un périmètre étroit, excluant ces deux composantes.
02:48 Le diagnostic est alors plus sombre.
02:51 Les perspectives haussent aussi, ce qui a des implications directes sur la consommation.
02:56 Au mieux, elle s'élèvera d'environ 1% cette année après avoir été chancelante en 2023.
03:03 Prudent en matière de dépense courante, les Français resteront sur leur garde en matière d'investissement
03:09 en restant éloignés du marché du logement neuf ou en différant leurs gros travaux de rénovation.
03:14 Le haut niveau des taux d'intérêt est un handicap supplémentaire.
03:19 Pour les entreprises, il faudra donc composer avec un consommateur frileux,
03:23 sans possibilité d'aller chercher hors des frontières le dynamisme qui fait défaut à l'intérieur.
03:29 Excepté les États-Unis, en pleine renaissance industrielle, le reste du monde est en cale sèche.
03:35 Etouffée par un krach immobilier, la Chine est sur une mauvaise pente et cherche à aspirer la croissance des autres.
03:40 En Europe, l'Allemagne est affaiblie et contamine ses partenaires.
03:45 Avec un tel tableau, pas de doute, la contribution du commerce extérieur sera négative cette année.
03:50 Les volumes d'activités seront comprimés, les marges aussi, avec en toile de fond la relance de la bataille au part de marché.
03:58 Cela fait peser un très gros risque sur l'investissement des entreprises.
04:01 Cela fait peser un très gros risque sur les embauches.
04:04 Engagée, la remontée du taux de chômage se poursuivra tout au long de l'année.
04:09 2024 ne s'annonce pas sous les meilleurs auspices.
04:12 Ce qui rend illisoire les objectifs de réduction du déficit et de la dette publique
04:17 annoncés dans la loi de programmation des finances publiques.
04:20 Question d'habitude, c'est le cas depuis plus de 20 ans.
04:23 [Musique]
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