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  • il y a 3 mois

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00:00Il est midi passé de deux minutes et nous poursuivons Eliott de Valais-Vous, on est ensemble jusqu'à 13h en direct sur Europe 1, toujours avec Estelle Laffont, Sébastien Ligné, Éric Revelle, nous a rejoint dans le studio Didier Reckner, directeur de la tribune de l'art et on va parler des taxes.
00:18Didier Reckner, le taxeur fou en colère, en colère sur la nouvelle taxe concernant les œuvres d'art, vous allez nous en parler dans un instant, cher Didier Reckner, on retrouve un peu de sourire parce que je le dis aux auditeurs qui nous rejoignent à l'instant, c'est vrai qu'on a eu un témoignage absolument bouleversant de Margot qui est une femme de gendarme, c'était il y a quelques instants, j'invite les auditeurs d'Europe 1 à nous écouter aussi en replay, vous pouvez retrouver cette émission en replay
00:46et son témoignage, je sais que ce soir sur CNews, je remettrai son témoignage parce que, évidemment, ce qu'elle raconte, le quotidien d'une femme de gendarme qui a peur quand son mari quitte son domicile parce qu'elle sait à quel point c'est compliqué sur le terrain, ce témoignage-là était absolument bouleversant
01:04et je l'en remercie de t'avoir pris la parole en direct sur Europe 1 01 80 20 39 21 si vous souhaitez justement prendre la parole et réagir au thème d'actualité.
01:17Chaque dimanche, nous balayons l'actualité, l'actualité du week-end c'est évidemment le budget, la foire aux impôts, la foire aux taxes, l'Assemblée Nationale est toujours à la recherche d'un budget pour 2026,
01:28cette semaine était débattue, la partie recette, alors quand on dit recette c'est quoi ? C'est taxes, impôts, c'est-à-dire que l'État obèse est incapable de se dire,
01:37ayons le courage pour une fois de commencer par les dépenses parce qu'on a 3400 milliards de dettes sur le dos et qu'aujourd'hui on est obligé de penser impôts.
01:47Donc pour la première fois de l'histoire, on va inverser les choses, on va commencer d'abord par les dépenses et ensuite on ira sur les retraites, les recettes.
01:54Marc Toitier est avec nous, économiste bien sûr, mais je veux juste qu'on aille sur ces députés qui ont adopté bon nombre de mesures qui vont alourdir la fiscalité, c'est le sujet de Félix Paola.
02:06C'était une semaine de matraquage fiscal. Pendant l'examen du projet de loi de finances du budget 2026, des amendements adoptés par l'Assemblée Nationale vont encore alourdir la fiscalité des entreprises.
02:20Parmi ceux adoptés, une taxe de 26 milliards d'euros sur les multinationales proposée par la France Insoumise,
02:28un élargissement de l'impôt minimum de 15% sur les bénéfices des multinationales, un amendement également porté par LFI.
02:36L'augmentation de la surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises et l'instauration d'une taxe exceptionnelle sur les super dividendes ont également été adoptées.
02:46Une situation déplorée par les chefs d'entreprise.
02:49Le peuple des entrepreneurs, c'est une démocratie des entrepreneurs. Ils ne sont ni consultés, ni invités à s'exprimer et elles sont totalement ignorées.
03:00Et les taxes sur les grandes entreprises ont des conséquences sur les plus petites.
03:05Ce sont les PME qui en souffrent parce que les grandes entreprises, pour l'instant, sont dans un attentisme total.
03:11Donc ce que personne n'a l'air de comprendre, c'est que les grandes entreprises font travailler les PME, qui elles-mêmes font travailler des auto-entrepreneurs, des artisans.
03:20Donc le pays, en ce moment, est complètement déstabilisé.
03:24L'Assemblée a également adopté une mesure visant à taxer les holdings.
03:28Et la question qu'on se pose et qu'on pose aux auditeurs, les patrons se rebellent, petits, grands, moyens, entrepreneurs, tous ont le même slogan, foutez-nous la paix.
03:39Marc Toiti est avec nous, chère Marc, bonjour.
03:42Bonjour chère Elliot.
03:43Merci de réagir. Je vous présente mes excuses parce qu'on a décalé un tout petit peu votre passage, mais parce qu'on a eu un témoignage, je le répète, bouleversant, de Margot.
03:52Et on parlait de l'insécurité en France. L'insécurité, c'est aussi l'insécurité financière.
03:56Le régalien, c'est les dépenses publiques. Et souvent, on l'oublie.
03:59Marc Toiti, comment vous résumez la semaine qu'on vient de vivre ?
04:03Écoutez, c'est simplement une catastrophe. Il faut dire les choses.
04:06C'est-à-dire que là, on est la risée du monde.
04:08C'est-à-dire que tous les pays dans le monde s'emploient à baisser les impôts.
04:11Et nous, on est déjà numéro 1 du monde des impôts et des taxes.
04:14On veut encore les augmenter.
04:15Donc, ça devient presque risible. Enfin, on rit jaune, évidemment, mais c'est pour vous montrer l'état de délabrement de notre pays.
04:21Ce qu'on voit, ce spectacle dramatique à l'Assemblée nationale, c'est assez incroyable.
04:25Tous les jours, on nous rajoute un nouvel impôt.
04:26Bon, on a évité la taxe Zuckman, certes, mais là, on a encore inventé un nouvel impôt.
04:30Vous voyez, lorsque je disais, on va finir par taxer l'épargne.
04:33On me disait, mais non, ça, ça n'arrivera jamais.
04:35Ben voilà, c'est passé le 31 octobre.
04:37On dit, on va même taxer l'assurance-vie.
04:38C'est quand même assez incroyable. Le placement phare des Français va être taxé en partie.
04:45Donc, ça n'a aucun sens.
04:47Donc, tout ça pour dire qu'aujourd'hui, on a une situation où on se pose la mauvaise question,
04:51parce qu'on a un déficit, vous l'avez dit, et une dette dramatique.
04:54Mais pour réduire ce déficit ou cette dette, il ne faut pas augmenter les impôts, sinon ça aura l'effet inverse.
04:59Parce que quand vous augmentez les impôts, ça, c'est ce qu'on apprend en première année d'économie, si vous voulez.
05:03Donc, vous voyez, c'est le B à bas.
05:04Si vous augmentez les impôts, surtout en France, où on est déjà surtaxés,
05:08eh bien, évidemment, vous allez casser l'activité économique.
05:10Donc, vous allez réduire ce qu'on appelle l'assiette fiscale.
05:13Donc, on va ponctionner plus, mais sur un gâteau plus petit.
05:15Donc, à la fin, il y aura moins de recettes fiscales et plus de déficits.
05:19Donc, c'est incroyable que, comme des bons, on a aussi beaucoup de députés qui, parfois, ont du mal à lire et à parler.
05:25Mais néanmoins, on se rend bien compte qu'aujourd'hui, on est sur une situation qui devient extrêmement dangereuse.
05:30Parce que, qu'est-ce qui va se passer ?
05:31On le voit, on a déjà des sommets historiques de défaillance d'entreprise, de faillite d'entreprise.
05:36Ce ne sont pas les grands groupes qui ont faillite, évidemment.
05:38Ce sont les PME, les TPE.
05:40Et ça va encore s'aggraver.
05:42Mais que veut-on faire à notre pauvre France ?
05:44Ce n'est même pas notre douce France, c'est notre pauvre France.
05:46Mais justement, Marc Touatis, c'est très important, pardonnez-moi, et c'est l'élément clé.
05:50Et j'ai l'impression qu'à l'Assemblée nationale, ils ont tellement la tête dans le guidon.
05:55Certains ont tellement la trouille de se retrouver une nouvelle fois face aux Français avec des nouvelles élections,
06:02que c'est la foire aux taxes et la foire aux amendements.
06:05Ils ne se rendent même pas compte de ce qui est en train de se passer.
06:07Le signal que vous envoyez, l'économie, c'est aussi une question de signal.
06:11Donc, quand vous envoyez comme signal, il y a plus de taxes, il y a plus d'impôts,
06:15ça devient un problème.
06:17La boussole également, dites-moi si je me trompe, c'est qu'en économie, c'est un cercle vertueux.
06:23Il y a une sorte d'union indirecte, naturelle qui se fait entre la TPE, la PME ou la grande entreprise.
06:32Le grand entrepreneur, il a parfois des contrats avec les TPE et les PME.
06:38Donc, si vous commencez à faire la chasse aux grands entrepreneurs,
06:41à ce moment-là, vous pouvez mettre en difficulté le petit entrepreneur.
06:44Bien sûr, tout à fait.
06:46Et puis surtout, n'oubliez pas que derrière les entreprises, il y a aussi des salariés.
06:49Donc, il y a aussi l'ensemble des citoyens qui est concerné par ce drame fiscal.
06:55Donc, bien entendu, aujourd'hui, on le voit, les grands groupes, ils sont déjà à l'international.
06:59C'est-à-dire que 80% de leur profit, de leur chiffre d'affaires, c'est fait à l'international.
07:02Donc, la France, c'est un micro-marché, on va dire, pour les grands groupes.
07:05Après, évidemment, il reste nos TPE, nos PME.
07:07Mais même pour nos PME, elles espèrent un jour grandir, devenir une grande entreprise.
07:11Donc là, on leur dit, si jamais vous grandissez, on va vous taxer davantage.
07:14Donc, ça ne donne pas envie.
07:16Donc, qu'est-ce qui va se passer ? Deux choses.
07:17On va voir ce qu'on appelle un exode fiscal, qui a déjà commencé.
07:20Parce que quand on dit qu'on va taxer les très riches qui ne sont déjà plus en France depuis des années,
07:23ils ont mis leur patrimoine à l'étranger depuis des années.
07:25Et ça va évidemment s'aggraver.
07:27Mais également, nos entreprises, qui vont se dire, je vais créer mon activité.
07:32En Italie, au Portugal.
07:35Alors, ça, c'est le premier point.
07:36C'est ce qu'on appelle l'exode fiscal.
07:38Et après, il y a un deuxième point qui m'inquiète, c'est le consentement à l'impôt.
07:41C'est-à-dire que si vous continuez d'augmenter comme ça les impôts pour tout le monde,
07:44parce qu'on laisse croire que c'est les riches, mais ce n'est pas vrai.
07:46Tous les Français, malheureusement, vont avoir une augmentation des impôts en 2026,
07:51si on continue comme ça.
07:52Espérons qu'on n'y arrivera pas jusqu'au bout.
07:54Mais néanmoins, jusqu'à présent, tous les Français vont payer davantage.
07:58Et donc, à partir de là, comme malheureusement,
08:01on a des services publics qui sont de moins en moins bons,
08:03on va se dire, pourquoi payer autant d'impôts si on a un résultat dramatique ?
08:06Donc, il y a un risque de consentement à l'impôt.
08:08Et certains vont dire, moi, finalement, est-ce que j'ai encore envie de payer ces impôts ?
08:12Et donc, ça va.
08:12Moi, j'ai tous les jours des chefs d'entreprise qui m'écrivent en me disant,
08:15moi, je ferme ma boîte.
08:17Je ne peux plus continuer comme ça.
08:18Et donc, c'est ça.
08:19Et ce n'est pas encore une fois des grandes entreprises,
08:20ce sont des petites entreprises.
08:21Mais j'entends clairement.
08:23Et donc, c'est ça qui est très dangereux aujourd'hui.
08:24Bon, une dernière chose, parce qu'on a beaucoup parlé à l'Assemblée nationale,
08:29du Rassemblement national, chez les hauts responsables du RN.
08:33Voilà ce qu'on dit.
08:33Le dispositif de lutte contre la fraude fiscale des grandes multinationales
08:36n'est pas une taxe qui étouffe les chefs d'entreprise qui tentent de survivre.
08:40Les TPE, PME ou les grands groupes français doivent payer 25% d'impôts sur les sociétés.
08:46Pourquoi les GAFAM ne devraient pas faire de même,
08:49alors qu'elles font des bénéfices en France ?
08:51Est-ce que là, c'est irresponsable ou non ?
08:55Mais le problème, encore une fois, c'est que s'il y avait des GAFAM françaises,
08:59ça veut dire qu'on pourrait avoir, je dirais, une alternative.
09:02Mais il n'y a pas d'alternative.
09:03C'est-à-dire que si demain, il n'y a plus de GAFAM en France,
09:05comment on va travailler sur Internet ?
09:07Comment on va avoir tout ça ?
09:08Est-ce que je veux dire ?
09:08Donc, c'est qui va payer à la fin ?
09:10C'est toujours pareil, c'est le consommateur.
09:11Quand vous augmentez la taxe sur le lait, ce n'est pas la vache qui paye.
09:15Vous voyez ce que je veux dire ?
09:16Donc, c'est inévitable.
09:17Si vous augmentez les taxes sur les GAFAM, comme il n'y a pas de concurrence,
09:20parce qu'on n'a pas justement fait cette révolution industrielle et technologique,
09:25eh bien, ce sont les consommateurs qui vont payer finalement la taxe.
09:27J'entends.
09:28Donc, ça revient toujours au même problème.
09:29C'est que ça va augmenter la taxe pour les Français, pour l'ensemble des citoyens.
09:34Il nous reste deux petites minutes avant la pause.
09:35Marc Toiti, j'ai une dernière question pour vous.
09:38Et souvent, ce qui m'intéresse, ce qui est fascinant d'ailleurs,
09:41c'est de voir à quel point les économistes, cette semaine,
09:46ont quasiment tous eu peu ou prou le même discours,
09:49en se disant que ce qui se passe est complètement dingue à l'Assemblée nationale.
09:53Tous ou presque, parce qu'il y en a certains qui disent qu'il fallait encore augmenter les taxes.
09:55Ah oui, mais il n'y a pas beaucoup de Gabriel Zucman aujourd'hui.
09:59C'est Halloween.
10:00Oui, mais on les voit le plus malheureusement, mais bon, c'est pas grave.
10:03Alors, Marc Toiti, je vous mets à la tête de Bercy.
10:06Oui.
10:07Vous faites quoi ?
10:08Moi, j'ai déjà mon programme qui est pris depuis des années,
10:11ce que j'appelle la thérapie de choc bienveillante.
10:13Donc, moi, je fais l'inverse de ce qui est fait aujourd'hui.
10:15Je baisse les impôts.
10:16Je baisse effectivement la CAG, par exemple, pour tous les Français.
10:19Je baisse les impôts sur les entreprises,
10:21évidemment, pour relancer la croissance.
10:23Alors, vous parliez de cercle vertueux.
10:25C'est la confiance, la clé.
10:26Donc, si vous baissez les impôts, vous relancez la confiance.
10:29Donc, vous relancez la croissance.
10:30Et dans le même temps, c'est là ce qui ne passe pas.
10:32Il faut baisser les dépenses massivement,
10:35notamment les dépenses de fonctionnement.
10:37Donc, moins de 50 milliards d'euros, voire 100 milliards d'euros.
10:40Il faut le faire.
10:40On n'a pas le choix.
10:41Vous savez, ce qui a le plus augmenté ces dernières années dans les dépenses publiques,
10:44ce n'est pas les dépenses sociales, qui ont d'ailleurs beaucoup augmenté.
10:47Mais là aussi, il faudra faire peut-être le ménage et voir si c'est bien utilisé.
10:51Mais ce qui a le plus augmenté, ce sont les dépenses de fonctionnement.
10:53C'est-à-dire, c'est augmenté de quasiment 100 milliards d'euros.
10:5622% de hausse depuis 2021.
10:58Ça n'a pas de sens.
11:00Vous voyez, mes mesures, elles sont très simples.
11:03On baisse les impôts, on baisse les charges qui perdent sur les salaires,
11:05donc on augmente les salaires nets.
11:06Mais surtout, on baisse les dépenses publiques.
11:08Et là, il n'y a personne pour baiser les dépenses publiques.
11:10Personne en France ne le veut.
11:12Et c'est ça qui, aujourd'hui, m'inquiète.
11:13On l'a vu hier, le 31 octobre, sur la mesure qui a été proposée
11:16pour augmenter les taxes, et notamment sur l'épargne.
11:19Ce n'est pas ni LFI, ni le FN, ni l'URN qui ont dit ça, c'est le modem.
11:24C'est-à-dire qu'on a quand même des dirigeants qui seraient plutôt de centres droits,
11:29ou bref, et qui, eux aussi, veulent augmenter les impôts.
11:32Mais par contre, personne ne veut baisser les dépenses.
11:34Et c'est ça qui, aujourd'hui, pose problème.
11:36Alors qu'on a très bien compris qu'on doit baisser les dépenses,
11:39pour notamment de la haute fonction publique.
11:41Vous savez qu'aujourd'hui, on a ce qu'on appelle les ODAC,
11:44c'est-à-dire les organismes divers d'administration centrale.
11:48Il y en a 700 en France.
11:49À Fouera, c'est ça que vous dites, Marc Toiti ?
11:51Oui, ça coûte 150 milliards d'euros par an.
11:54C'est le 13e mois de Sébastien.
11:57Mais au moins quelques-uns.
11:58On peut économiser 50 milliards d'euros assez facilement.
12:02Et ces gains, on les répercute en baissant les impôts pour tous les Français.
12:05On continue d'en parler, justement, dans un instant.
12:08chère Marc Toiti, merci.
12:09Venez nous voir dans les studios d'Europe 1.
12:11Mais c'est toujours un plaisir de nous voir.
12:12Dès que je peux, là, je ne suis pas à Paris.
12:14C'est pour ça que dès que je suis là, je viens.
12:15Et bien, quand vous venez, vous êtes le bienvenu dans le studio d'Europe 1.
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