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  • il y a 1 an
United Orthopedic est une entreprise taïwanaise devenue leader dans la conception et la fabrication de prothèses innovantes utilisées en remplacement de la hanche ou du genou incluant la chirurgie primaire, la révision ou la reconstruction.

United Orthopedic Europe, Middle East, Africa, comprenant le marché français, est l’une des sept filiales du groupe co-fondée en 2016 en partenariat avec François Bopp. Ancien procureur suisse, reconverti en entrepreneur averti, François Bopp est spécialisé dans le domaine orthopédique depuis maintenant 20 ans. Avec la volonté d’apporter des solutions toujours plus performantes et innovantes, il souligne l’importance de simplifier les processus réglementaires européens, afin de permettre de venir en aide aux patients de façon pérenne et efficace.

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Transcription
00:00Comment améliorer les soins orthopédiques en Europe ?
00:02C'est ce que nous allons voir aujourd'hui avec la société United Orthopédic depuis le Royal Monceau à Paris.
00:21François Bab, bonjour.
00:23Bonjour Alexia.
00:24François, vous êtes président de United Orthopédic.
00:26Qu'est-ce qui vous a conduit à créer cette filiale européenne en 2015 ?
00:31J'avais de l'expérience dans ce domaine,
00:33ayant eu la chance de participer au développement d'une entreprise aujourd'hui concurrente quelques années avant.
00:39J'étais ensuite le CEO d'une entreprise qui fabriquait des instruments pour l'orthopédie,
00:43à peu près pour toute l'industrie.
00:45Et quand j'ai décidé de partir, le patron, le fondateur de l'entreprise Jason Lin,
00:49qui a fondé l'entreprise il y a 32 ans, m'a appelé et m'a dit « bien m'aider en Europe, on n'arrive pas à décoller ».
00:55Et après quelques discussions, j'ai accepté.
00:59Et puis voilà, neuf ans après, on est là, la plus grosse filiale du groupe.
01:03Félicitations.
01:04Je pense la plus profitable aussi.
01:06Et voilà, ça se passe pas mal.
01:08Belle réussite déjà.
01:09Votre mission dans le domaine de l'orthopédie, ça serait quoi exactement ?
01:13Notre mission, comme toutes les entreprises du secteur, c'est de rendre la mobilité aux gens, si vous voulez.
01:19Et puis ça tombe assez bien parce que la population mondiale vieillit.
01:22Eh oui.
01:23D'une part, ça tout le monde le sait.
01:25Il y a un problème dans d'autres domaines, mais pas pour nous.
01:27La population est plus demandresse de mobilité également.
01:31Et nous avons des solutions assez spectaculaires, au fond, pour les gens qui ont de l'arthrose,
01:38pour retrouver une mobilité quasi normale.
01:42Alors, on parle beaucoup d'intelligence artificielle, de robotique.
01:46Comment est-ce que vous intégrez ces nouvelles technologies, justement, dans la fabrication de vos prothèses,
01:49voire même sur d'autres aspects ?
01:52Alors, la robotique, elle est depuis très longtemps dans la fabrication.
01:57Vous avez notamment des robots qui polissent les implants de genoux,
02:02qui sont des robots assez complexes.
02:04Et curieusement, c'est le même bras robotisé, c'est une marque allemande,
02:08qui équipe le robot qu'on a développé maintenant pour la chirurgie du genou.
02:13D'accord.
02:14Ah oui, donc pour la chirurgie et aussi de la même...
02:16Vous savez, aujourd'hui, tout le monde se parme de robotique.
02:18Mais si vous allez regarder une fabrication de voitures, il y a 20 ans...
02:20Oui, ça existe depuis longtemps.
02:22La voiture, elle avance dans la chaîne de production.
02:24Il n'y a presque personne.
02:25Il n'y a que des robots.
02:26On parle d'ousines noires, d'ailleurs, effectivement, au sombre,
02:29parce qu'il n'y a plus personne.
02:30Il n'y a plus beaucoup de gens.
02:31Il n'y a plus personne.
02:32Et donc, il est obligé d'être dans l'obscurité.
02:35Et en ce qui concerne l'IA, est-ce qu'il y a une innovation en particulier ?
02:39Alors, l'IA, on est en train maintenant de développer
02:41ou on est en train d'initialiser le développement d'une seconde version de ce robot,
02:47incluant justement cette fameuse intelligence artificielle.
02:50C'est un peu le mot magique aujourd'hui.
02:51Si vous parlez à un scientifique d'intelligence artificielle,
02:54il va finalement vous rironner.
02:56Heureusement, pour l'instant, l'artificiel n'est pas capable de développer ses propres concepts.
03:02Donc, il compile très vite des données.
03:05Et le secret pour avoir une IA qui fonctionne bien,
03:07c'est d'avoir beaucoup de données.
03:08C'est là que se trouve la clé du problème.
03:12Parce que si on parle d'opération de genoux ou de hanches,
03:16si on veut que l'IA aide le chirurgien, qui a quand même pas mal d'expérience,
03:19il lui faut des dizaines, des milliers, des centaines de milliers de données.
03:24Plus on en a, plus on est accurate, ça veut dire plus on est précis finalement.
03:28Il y a de grands patrons qui disent que l'IA va bientôt remplacer les médecins dans le diagnostic.
03:34Est-ce que vous pensez que c'est vrai, ça ?
03:37Je n'en sais rien.
03:38Ça ne me paraît pas évident.
03:40D'ailleurs, un exemple tout simple, j'ai entendu récemment une histoire,
03:43enfin, c'est vraiment du on-dit, mais d'une enfant qui avait une radiologie
03:50qui a été faite de son bras, qui a été analysée par l'intelligence artificielle.
03:56L'intelligence artificielle ne découvre rien de spécial.
03:58Après, elle a eu beaucoup de fractures, beaucoup de problèmes.
04:01Donc, le mauvais diagnostic, où est la responsabilité ?
04:04Est-ce que c'est la machine ?
04:06C'est facile, ça, c'est personne d'autre.
04:09Ou est-ce que c'est celui qui a laissé la machine faire ?
04:11Il y a des problèmes qui se posent.
04:12Moi, je pense que l'intelligence artificielle, bien sûr, elle existe.
04:15Il n'y a qu'à voir Tchad, GPT et ce genre de choses.
04:17C'est assez spectaculaire dans certains domaines.
04:19Mais dans notre domaine, il y a quand même une décision humaine finale qui doit être faite,
04:27tenant compte de tous les paramètres.
04:28Parce qu'il faut oublier que le patient, c'est quand même une personne qui a aussi sa psychologie.
04:31La psychologie, elle joue un rôle dans tout problème médical,
04:36ou dans la plupart des problèmes médicaux.
04:37Là, l'intelligence artificielle sera plus en difficulté, je pense.
04:41Alors, vous parliez tout à l'heure du vieillissement de la population.
04:44Pour vous, les principaux défis du marché orthopédique en Europe, ce sont lesquels ?
04:48Et est-ce que votre entreprise, qui est connue pour sa production intégrée,
04:53elle a quelque chose à y jouer par rapport à ça ?
04:55Le gros défi aujourd'hui, c'est les normes réglementaires.
04:59D'un côté, qui sont de plus en plus élevées, surtout en Europe et surtout en France.
05:04Parce que les normes européennes sont déjà complètement extravagantes, on peut dire,
05:07sans exagérer, par rapport à d'autres pays du monde, notamment les USA.
05:12Et puis la France en rajoute une couche encore.
05:14Donc ça, c'est l'une des difficultés principales.
05:16L'autre, c'est, disons, les coûts de la santé, qui sont élevés partout, ça, tout
05:22le monde le sait, et donc le risque de baisse des prix.
05:25D'accord.
05:26Donc si vous mettez tout ça ensemble, il y a une probabilité qui n'est pas complètement
05:30nulle, que notre domaine d'activité devienne générique.
05:34Et puis là, à la fin, tout le monde est perdant.
05:36Parce qu'il n'y aura plus de conseils, on livrera des produits.
05:39Et puis bon, le chirurgien sera toujours responsable.
05:42Mais je pense que le patient ne sera pas gagnant dans cette hypothèse-là.
05:47Un peu pessimiste, certes.
05:48Ce n'est pas mon...
05:49Ce n'est pas votre but, c'est la vision idéale, j'imagine.
05:51Oui, voilà, c'est ça.
05:52Je ne suis pas pessimiste en général, mais c'est une option qui existe.
05:55C'est une option qui peut exister.
05:56Oui, hélas.
05:57Et justement, est-ce que vous intégrez les retours des chirurgiens et des patients
06:00dans le processus de développement de vos nouveaux produits ?
06:02Ah non, non.
06:02Non.
06:03Je m'en fiche complètement.
06:04Non, bien sûr.
06:05Bien sûr, c'est la base de tout.
06:06Les patients, pas forcément, parce qu'on a peu le contact avec les patients.
06:10Nos clients sont les chirurgiens.
06:12Mais évidemment, tout retour de chirurgien...
06:15Inclus celui des patients aussi, puisque c'est celui qui...
06:16Oui, alors eux ont le retour des patients.
06:18Voilà, donc forcément.
06:19Mais nous, on le reçoit par l'intermédiaire du chirurgien.
06:21Et puis là, avec ça, on peut améliorer surtout l'instrumentation,
06:25parce que changer les prothèses, ce n'est pas simple,
06:28parce que ça implique tout un process réglementaire extrêmement long, extrêmement cher.
06:35Donc ça, on le fait vraiment en tout dernier sort.
06:39Ça n'a jamais été nécessaire pour l'instant.
06:41Les instruments, en revanche, les techniques opératoires,
06:44ça, on a beaucoup d'expérience à faire des petites ou des plus grandes améliorations
06:48pour le confort du chirurgien et à la fin pour le bien-être du patient.
06:52Et alors, justement, parlant du confort du chirurgien,
06:54est-ce que vous proposez des programmes de formation pour les chirurgiens,
06:56pour les familiariser justement à vos produits ?
06:58Oui, bien sûr.
06:59C'est même un petit peu ce qui, je ne veux pas dire, nous différencie des autres,
07:02parce que tout le monde le fait ou devrait le faire.
07:04Mais c'est vrai qu'en France, il y a un niveau déjà d'éducation des chirurgiens
07:10qui est excellent.
07:10Donc il n'y a pas besoin de leur expliquer très longtemps comment faire.
07:14En revanche, il y a beaucoup de pays dans lesquels on se développe maintenant,
07:17comme par exemple l'Irak ou l'Égypte ou des pays d'Afrique,
07:19où le niveau de connaissance des chirurgiens n'est pas le même qu'en France.
07:25Et donc, on leur propose de venir faire des entraînements, si on veut,
07:29de rester pour un fellowship, comme on dit, un mois, deux mois,
07:32ou une semaine ou deux semaines, ça dépend du niveau de départ,
07:35pour apprendre la chirurgie, pour certains carrément apprendre la chirurgie,
07:40et puis bien sûr aussi avec nos instruments, nos implants.
07:44Bien écoutez, en tout cas, je vous souhaite beaucoup de succès pour la suite,
07:47et qu'il n'y ait pas de générique, et que vous puissiez rester dans votre singularité
07:50et progresser avec tout ce que vous avez à offrir.
07:53Merci infiniment François Bob.
07:55Merci.
07:55Je vous remercie également, je vous dis à très bientôt pour une prochaine émission sur Forbes.fr.

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