- il y a 9 mois
Avec Isabelle Santiago, députée socialiste et rapporteuse de la commission d’enquête parlementaire sur les défaillances de la protection de l’enfant
Retrouvez Muriel Reus, tous les dimanches à 8h10 pour sa chronique "La force de l'engagement" sur Sud Radio.
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##LA_FORCE_DE_L_ENGAGEMENT-2025-05-11##
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00:01AGP, Association d'assurés, engagés et responsables, présente
00:04Sud Radio, le grand matin week-end, la force de l'engagement, Muriel Réus.
00:10Bonjour à toutes et à tous. Aujourd'hui, je reçois Isabelle Santiago, députée,
00:15rapporteuse de la commission d'enquête parlementaire sur les défaillances de la protection de l'enfance.
00:19Avant d'ouvrir cet échange, je vous propose, comme chaque dimanche, de prendre un instant pour poser les enjeux
00:24et nous engager contre l'abandon institutionnel des enfants.
00:27En matière de protection de l'enfance, l'abandon ne vient pas seulement des familles défaillantes,
00:32il vient aussi de l'État. Devant la maltraitance, l'abandon, la négligence grave ou l'impossibilité parentale,
00:38la décision de la République d'intervenir pour protéger est juste.
00:42Pourtant, cette promesse de protection n'est pas respectée.
00:45Des lois votées, non appliquées, des contrôles promis, jamais exercés,
00:49et une organisation qui fragilise toute cohérence nationale.
00:53Depuis 1983, ce sont les départements qui gèrent la protection de l'enfance.
00:56Résultat, sans un territoire, sans une politique, aucune garantie d'égalité.
01:02En France, près de 400 000 enfants sont aujourd'hui sous la responsabilité de la République.
01:06Chaque année, près de 10 milliards d'euros sont investis pour assurer leur mise à l'abri, leur protection.
01:11Pourtant, un enfant placé sur 5 est victime de violences dans ces lieux, censé les protéger.
01:16Cette faillite institutionnelle ne s'exprime pas seulement par des chiffres,
01:20elle se vit au quotidien dans les trajectoires brisées de milliers d'enfants.
01:24Dans les pouponnières, où des nourrissons censés être accueillis temporairement y restent des mois entiers,
01:30parfois des années, faute de solutions adaptées.
01:33La nuit, un seul adulte pour 30 bébés.
01:35Impossible dans ces conditions d'assurer des soins, une présence, une attention.
01:38L'enfance débute dans l'isolement, la carence affective et l'oubli.
01:43Dans les hôtels, où des adolescents sont relégués hors de toute structure éducative,
01:47exposés à tous les dangers.
01:48À la majorité, où 31 000 jeunes majeurs sortent chaque année du système,
01:53sans soutien réel au seuil de leur vie adulte.
01:56Et dans les structures d'accueil elles-mêmes, où la violence s'installe trop souvent.
02:00Parmi ces 400 000 enfants confiés à l'ASE,
02:021 sur 4 vit avec un handicap sans prix d'en charge adapté.
02:06Près de un tiers présente des toupes graves de santé mentale.
02:10Laisser l'enfance blessée sans protection coûte 38 milliards d'euros par an.
02:14Chaque élément de ce tableau est connu, chaque drame est documenté,
02:18chaque urgence a déjà été décrite.
02:20Protéger les enfants de la République n'est pas un acte de communication politique.
02:24C'est une obligation morale, non négociable.
02:27Alors, f'engager aujourd'hui, c'est refuser que la protection de l'enfant
02:30soit reléguée au rang des politiques secondaires ou des stratégies locales.
02:34C'est affirmer que la dignité d'un pays se mesure à la manière dont il protège ses enfants,
02:38pas la quantité de discours qu'il produit sur leur dos.
02:41Aujourd'hui, je reçois Isabelle Santiago, députée,
02:44rapporteuse de la commission d'enquête parlementaire sur les manquements de la protection de l'enfance,
02:49pour évoquer un rapport accablant près de 400 000 enfants concernés,
02:52des politiques publiques défaillantes, 92 recommandations pour changer radicalement la donne.
02:56Alors, merci Isabelle d'avoir accepté cette invitation.
02:58Merci surtout à vous de l'invitation.
02:59Alors, ça fait des années que des rapports, des professionnels, des enfants placés,
03:05des reportages, des livres tirent la sonnette d'alarme sur ces défaillances.
03:08Pourtant, la situation continue de se dégrader et continue d'être insupportable au grand nombre d'enfants.
03:13Vous êtes l'une des rares parlementaires qui porte ce sujet avec force et persévérance,
03:18sans céder, je dirais, à la tentation des rapports de forme.
03:22Qu'est-ce qui vous a, une première question un peu personnelle,
03:24qu'est-ce qui vous a poussé à tenir bon sur ce combat, sur ces enfants qu'on appelle encore aujourd'hui les oubliés de la République ?
03:30Tout simplement parce que ces enfants, je les connais et que je mets des visages, des histoires de vie,
03:36parce que j'ai eu la fonction, avant d'être parlementaire, de conseillère générale, on disait à l'époque,
03:41puis conseillère départementale.
03:43Et pendant près de plus de dix ans, j'ai eu l'honneur d'avoir cette fonction de vice-présidente chargée de la prévention et de la protection de l'enfance.
03:52J'ajouterais de la prévention spécialisée à l'époque.
03:55Et donc, je mets vraiment des histoires de vie.
03:59Et j'ai fait vraiment une promesse à titre personnel qui m'était tout à fait personnel quand je suis devenue députée.
04:06Je ne siège pas, d'ailleurs, sur la commission des affaires sociales, mais à l'Assemblée nationale.
04:11Mais je me suis fait une promesse, c'est de tout faire pour ces enfants et pour que ça aille mieux
04:15et qu'on puisse, à l'échelle nationale, prendre la mesure de l'enjeu.
04:20Et pour un pays comme la France, que c'était évidemment quelque chose qui devait arrêter d'être les oubliés de la République
04:26et qui devait être porté de manière vraiment avec un pilote dans l'avion, ce qu'on n'avait pas.
04:30Donc, c'est une histoire qui vient de loin.
04:35Et j'ai eu la chance d'y avoir beaucoup de fonctions, y compris au Conseil national de la protection de l'enfance.
04:41Enfin voilà, donc plein de choses qui me permettent, on va dire, d'avoir une expertise humble, mais forte.
04:48Et reconnue ?
04:49Oui, sur le sujet.
04:50Et surtout de bien connaître l'implication de l'ensemble du secteur qui est très, très large.
04:56Et donc, d'essayer de parler vrai.
04:57Ce rapport, il est essentiel.
04:59Il est particulièrement dense.
05:00Il est très documenté, sans filtre, sans atténuation politique.
05:03400 pages, 126 auditions, 92 recommandations.
05:07En fait, ce n'est pas une simple photographie, ce rapport.
05:09C'est une radiographie complète du système.
05:11Comment vous avez réussi à construire ce travail ?
05:14Puisqu'on l'a dit tout à l'heure, c'est un département.
05:17Donc, ça veut dire des centaines, peut-être même des milliers d'interlocuteurs.
05:20Comment vous avez réussi à construire ce travail, dépasser les discours officiels,
05:25souvent très éloignés de la réalité,
05:27et aller chercher ce que vivent réellement ces enfants sur le terrain ?
05:30C'est ce que je vous ai évoqué tout à l'heure.
05:32Je pense que l'avantage, c'est d'être parlementaire avec cet historique,
05:36d'avoir eu la fonction, la maîtrise parfaite du sujet.
05:40Et c'est vrai que je me suis d'abord, au début de cette première commission,
05:45ça pouvait surprendre d'ailleurs, ça pouvait même parfois être critiqué.
05:48J'accepte aussi les critiques, mais je voulais vraiment revenir sur l'historique.
05:53Parce que je savais que l'historique était une des clés de compréhension,
05:57qui dans aucun des rapports, jusqu'à présent, n'a été posée comme la clé de la problématique.
06:03Et idem sur le rôle des associations qui, depuis toujours, depuis plus d'un siècle,
06:09sont celles qui accompagnent les enfants au quotidien.
06:12Et donc, un président de département ou avant l'État,
06:15en fait, c'est une gestion déléguée, la protection de l'enfance.
06:18Et j'ai toujours voulu avoir ce point très précis de compréhension
06:24pour demain, une fois que le rapport serait sorti, grand public,
06:28cette compréhension qu'il y avait des acteurs
06:30qui, jusqu'à présent, n'étaient pas ciblés dans le sujet.
06:34Et je croyais qu'il était essentiel de bien comprendre qui fait quoi
06:38pour qu'on puisse avancer.
06:40Et puis, dernière chose, surtout, depuis une quinzaine d'années,
06:43les neurosciences nous ont beaucoup appris à l'échelle internationale.
06:46La France n'en a pas pris la mesure.
06:48Et je souhaitais, c'est pour ça que là aussi,
06:50il y a eu beaucoup d'auditions autour de la santé de l'enfant.
06:53Parce que, je le dis, ce n'est pas une question sociale, la protection de l'enfant.
06:56C'est une question de danger, d'un enjeu de santé publique.
07:00Alors, d'un côté, on a 10 milliards d'euros par an, presque.
07:04De l'autre côté, on a 397 000 enfants.
07:07Un enfant sur cinq est victime de violences dans les établissements.
07:11Certains enfants subissent jusqu'à 20 déplacements successifs.
07:1443% des enfants placés redoublent au moins une fois.
07:17Près d'un tiers présentent des troubles graves de santé mentale.
07:21Comment est-ce qu'on peut expliquer qu'avec de tels moyens,
07:25la protection de l'enfance pourrait se produire autant de fractures,
07:28autant d'échecs et autant de violences ?
07:30Justement, c'est ce qu'on a essayé de montrer dans le rapport.
07:34Tout d'abord, on peut peut-être préciser que c'est 10 milliards pour les départements.
07:37L'État ne participe qu'à 2 à 3% de cette somme.
07:41Donc déjà, ça vous donne la dimension de l'État qui n'est pas investie sur le sujet.
07:46Bien évidemment que quand vous parlez de la problématique du handicap,
07:50que vous venez d'aborder très rapidement,
07:52ce n'est pas un président de département qui a compétence en la matière.
07:55Si vous n'avez pas de lieu pour accompagner un enfant,
07:58si vous n'avez pas de prise en charge en santé publique,
08:01c'est-à-dire de prise en charge en pédopsychiatrie,
08:03en trouble du développement,
08:05il y a beaucoup d'enfants qui ont des troubles en protection de l'enfance,
08:08qui sont plutôt, on va dire, troubles du développement,
08:10troubles du comportement et autistiques.
08:13Donc quand ces enfants sont autistes,
08:15et qu'il n'y a pas de place en France pour les accueillir,
08:17et qu'ils viennent en protection de l'enfance,
08:19ce qui est dit par les juges dans le cadre du rapport,
08:21ce n'est pas la responsabilité du département.
08:23Parce que le département, lui, il accueille.
08:26Mais par contre, il n'a pas les moyens de mettre en place une politique publique
08:29qui est adossée à ce qu'a besoin l'enfant.
08:31Et la difficulté, c'est que l'État, à aucun moment,
08:34n'avait pris la mesure qu'il était concerné par ce que je viens de vous évoquer.
08:37Donc ce que j'ai voulu, moi, rappeler,
08:39c'est qu'il fallait un pilote dans l'avion.
08:41Ce pilote, c'est l'État.
08:43Donc ce n'est pas une recentralisation,
08:44c'est que l'État doit reprendre l'ensemble des politiques publiques
08:48sur lesquelles il est en charge.
08:50Et un enfant, je le dis toujours, il est confié au département,
08:53mais l'ensemble de sa structuration,
08:55la décision de justice, c'est l'État.
08:56Quand il va à l'école, c'est l'éducation nationale, c'est l'État.
08:59Quand il a un problème de handicap, c'est l'État.
09:02Et on pourrait faire la liste assez longue des responsabilités de l'État
09:05qui ne sont pas prises à la hauteur des besoins
09:08qui, dans ce cas-là, fonctionneraient beaucoup mieux.
09:11Et donc ça, l'État, avec ce rapport,
09:13vous pensez qu'il a pris la pleine mesure de ce que vous évoquez ?
09:16Alors je pense que oui.
09:18Maintenant, c'est à vérifier sur le cours moyen et long terme.
09:24Quand je dis le cours, c'est qu'on peut observer deux choses.
09:27Un, hier ou avant-hier, il y a une circulaire du ministre garde des Sceaux,
09:33Darmanin, qui est sortie et qui demande le contrôle de tous les établissements
09:37et qui donne des directives très précises à la justice et au préfet.
09:41Donc on peut dire que sur les questions de contrôle
09:43qui a été demandées depuis X temps, l'État...
09:46Il faut préciser que certains enfants ont été confiés à des établissements
09:49dont les directeurs ou les gérants, on va-t-on dire,
09:53avaient un casier judiciaire.
09:55Ça, c'est quand même absolument incroyable.
09:58Donc du coup, il y a des...
10:00Là, on voit que ça bouge.
10:01Donc il y a eu le garde des Sceaux qui fait la circulaire.
10:04Justement, sur la recherche de l'honorabilité des personnes,
10:08la ministre, il y avait des départements qui étaient pilotes
10:11au sens des expérimentations de quelques-uns.
10:14Mais là, ça va se généraliser à tout le monde.
10:16Donc on n'a pas de date précise,
10:18mais j'ai cru comprendre que c'était pour le début septembre.
10:21On a des actions qui sont en train de se mettre en place.
10:25Et la ministre, madame Vautrin,
10:28elle travaille sur le ratio des pouponnières
10:30que j'avais lancé comme un grand scandale en France
10:33avec un décret qui date de 50 ans, de 1974
10:36et qui n'avait rien bougé.
10:39Et personne, d'ailleurs, l'avait revendiqué
10:40jusqu'au moment où moi, je visite une pouponnière
10:43en disant, mais c'est juste impossible en France
10:46qu'on ait ça.
10:47Donc, urgence.
10:49108% d'autodoccupation des moyens.
10:51Un adulte pour 30 bébés la nuit,
10:53un pour 6 bébés le jour.
10:56Et en fait, ce que j'ai voulu dire,
11:00et je vous le redis ici,
11:01puisque j'ai l'occasion sur la radio,
11:03ce qui me choque, c'est que je suis obligé
11:06de lancer l'alerte nationale
11:08pour qu'à l'époque, Sarah et Larry,
11:10qui étaient secrétaires d'État,
11:11demandent du coup au Gepso de faire une enquête l'été.
11:15Donc, les 108%, c'est l'enquête du Gepso.
11:17Elle la demande d'ailleurs, en effet,
11:18de la secrétaire d'État.
11:20Et donc, ça, c'était très bien.
11:22Mais ça ne suffit pas, en fait.
11:23Ensuite, il faut, derrière,
11:25que ce décret soit modifié.
11:29Nous sommes à plus d'un an.
11:30On va être à plus d'un an.
11:32Et il s'est passé quoi, en fait ?
11:34Il s'est passé quoi, concrètement ?
11:36On ne peut pas, tout d'un coup,
11:38on peut travailler le décret.
11:40Oui, ça peut prendre du temps.
11:41Oui, mais ça ne peut pas prendre plus d'un an
11:43quand un enfant, lui, chaque jour,
11:46va manquer de ses besoins fondamentaux
11:47pour se développer.
11:48On parle de bébés.
11:50Quand les bébés que j'ai vus,
11:51qui avaient trois mois à l'époque,
11:53en mai dernier,
11:54il y a plus de...
11:55Oui, il y a un an, tout juste.
11:56Eh bien, ces bébés,
11:58ils ont un an.
11:59Et ça joue énormément dans leur développement
12:03avec des conséquences gravissimes.
12:06Il y a des enfants qui seront handicapés à vie.
12:08Donc, la responsabilité,
12:10ce n'est pas de perdre du temps, en fait.
12:11C'est de faire hyper rapidement
12:13des propositions d'urgence,
12:14puis ensuite des propositions législatives
12:17et réglementaires.
12:19Oui, mais on peut se dire la même chose
12:20sur la loi Taquet de 22
12:21qui avait formalement interdit
12:22le placement des enfants dans les hôtels.
12:23Et on voit bien qu'on a toujours
12:24des enfants dans les hôtels.
12:25Il y a en janvier 2024,
12:27l'I.I. 15 ans
12:28qui se suicident dans cette chambre d'hôtel.
12:30Donc, cette difficulté,
12:32elle est quand même très structurelle.
12:33C'est-à-dire qu'on se rend compte,
12:34on fait des constats,
12:35on fait des projets de loi,
12:37on publie des lois,
12:38et puis elles ne sont pas appliquées.
12:39Ah oui.
12:40D'ailleurs, elles ne sont même pas appliquées
12:41depuis 20 ans.
12:42Parce que du coup,
12:42ce que j'ai dit dans le rapport,
12:43c'est que je faisais très attention
12:45aux législatives,
12:46puisque déjà,
12:47les textes de 2007,
12:49de 2016 et de 2022,
12:51donc celui plus récent
12:52d'Adrien Taquet,
12:53mais depuis 2007,
12:54les textes sont très peu
12:55appliqués sur le terrain.
12:57Et ça veut dire très concrètement
12:58qu'un département
13:00peut vouloir faire
13:01un projet personnalisé pour l'enfant
13:03qui date de la loi de 2007.
13:05Mais comme je vous l'ai dit,
13:07ce sont les associations
13:08qui accompagnent
13:10les enfants au quotidien.
13:10Si le travail n'est pas fait
13:13dans le territoire
13:15par l'association X
13:16qui accompagne les enfants
13:19au quotidien
13:19et qui ne fait pas de projet,
13:20donc ce fameux PPE projet
13:22pour l'enfant,
13:23en fait, c'est une machine
13:24tentaculaire,
13:25la protection de l'enfance.
13:26C'est vraiment
13:27des ramifications énormes.
13:29Il y a une entité administrative
13:31qui est chef de file,
13:32mais les enfants sont
13:33à l'échelle de territoire
13:35de la France.
13:36C'est vraiment
13:37un énorme travail à faire
13:38et c'est ce que j'ai voulu pointer
13:39dans ce rapport.
13:40Et donc, c'est pour ça
13:41que je pense qu'il faut
13:42arrêter de penser
13:43la protection de l'enfance
13:44avec un côté juste
13:47d'une petite fenêtre
13:48de quelque chose
13:49en politique publique.
13:49Non, ça concerne
13:50un ensemble
13:51de politiques publiques.
13:52Vous avez parlé
13:53de cette circulaire
13:53que le ministre a lancée
13:55dans la semaine.
13:58Quelles sont
13:58les mesures phares
13:59pour vous
14:00qu'il est absolument
14:00indispensable
14:01de mettre en place
14:02le plus rapidement possible ?
14:03Alors, la première,
14:05c'est le taux et les normes
14:06pour les enfants
14:08puisque depuis plus d'un siècle,
14:09il n'y a pas
14:11de référence.
14:12C'est le seul secteur
14:13de France
14:13qui concerne les enfants
14:15et si vous allez en crèche,
14:16je pense que nos auditeurs
14:18peuvent être des parents
14:19qui ne connaissent pas
14:19la protection de l'enfance
14:20donc pour être très précise,
14:22vous allez en crèche
14:23déposer votre enfant,
14:24il y a un ratio
14:24adulte-enfant,
14:25vous allez dans une colonie,
14:28il y a un ratio,
14:28etc.
14:29Vous allez en protection
14:29de l'enfance,
14:30il n'y en a pas.
14:30Donc, les enfants
14:32qui sont à protéger,
14:34eux n'ont pas de ratio
14:35et concrètement,
14:36ça donne quoi ?
14:37Un enfant qui rentre
14:37de CP,
14:39il est en protection
14:40de l'enfance,
14:41il habite dans un foyer.
14:42Cet enfant a besoin
14:43d'un soutien
14:44pour relire
14:45ses premières lignes
14:46de lecture,
14:47etc.
14:48En fait, ça n'existe pas.
14:50Cet enfant n'a aucune aide.
14:51Pourquoi ?
14:52Parce que vous avez
14:52un adulte,
14:53peut-être pour un groupe
14:54de 12 enfants
14:55et dans les 12 enfants,
14:57il y a peut-être
14:57deux ou trois enfants
14:58qui sont porteurs
14:59de handicap,
15:00du trouble du comportement
15:01ou autiste
15:02et qui vont avoir
15:03des besoins particuliers
15:04qui vont accaparer
15:06le seul éducateur
15:07qui est là
15:07pour s'en occuper.
15:08Donc franchement,
15:09très concrètement,
15:10on voit bien
15:10que le système
15:11ne fonctionne pas
15:11et qu'il n'aide pas
15:12les enfants
15:13et qu'il ne répond pas
15:14à leurs besoins fondamentaux
15:15comme tout enfant
15:16devrait particulièrement
15:18en protection
15:19de l'enfance
15:19avoir deux fois plus
15:21de gens
15:22qui s'en occupent
15:23et qui travaillent
15:24autour d'eux
15:25pour que justement
15:26ce passage dans la vie
15:27très difficile pour eux
15:28soit un passage
15:29qui se passe
15:30dans les meilleures conditions
15:32possibles.
15:33Ce n'est pas le cas.
15:35Donc la priorité,
15:36c'est un décret
15:36sur les taux
15:37et les normes.
15:39Je sais que la ministérie
15:40travaille,
15:40je compte vraiment
15:42à ce que ce soit fait
15:43mais en même temps,
15:44quand vous faites
15:44taux et normes,
15:45ça veut dire que vous allez
15:45employer du personnel
15:46supplémentaire.
15:47Aujourd'hui,
15:48on a la plus grave crise
15:49du métier,
15:50de pénurie,
15:52de métiers d'attraction
15:53on va dire
15:53et d'attractivité
15:54des métiers
15:55du médico-social.
15:57Donc l'urgence absolue,
15:58c'est d'avoir les deux piliers.
15:59D'un côté,
16:00on revalorise ce métier
16:02et dans sa formation initiale
16:04et continue,
16:04on est meilleur
16:05parce qu'actuellement,
16:06on n'est pas bon
16:07sur la connaissance
16:08du développement
16:09de l'enfant du psychotrauma,
16:10etc.
16:10Donc du coup,
16:11il y a beaucoup de choses
16:11à faire autour
16:12de la formation initiale
16:13et continue.
16:14De l'autre,
16:15si vous voulez avoir
16:16des taux et des normes
16:17qui permettent
16:18de recruter du personnel,
16:19eh bien,
16:19il faut aussi être
16:21dans les...
16:23marcher sur les deux jambes.
16:24Voilà,
16:24donc c'est pour ça
16:25que je dis d'un côté,
16:26ça pour moi,
16:27c'est l'urgence absolue.
16:28Je vous remercie
16:29Isabelle Santiago
16:30pour ce partage.
16:31Le temps de l'enfance
16:32ne peut plus attendre.
16:33On est bien d'accord.
16:34On demande un pilote
16:34dans l'avion.
16:35C'est une urgence absolue.
16:37Et peut-être
16:38qu'il faut rappeler aussi
16:39que c'est à chacun d'entre nous,
16:40élus, décideurs, citoyens,
16:42de faire en sorte
16:42que ces enfants
16:43ne soient plus
16:43les oubliés de la République.
16:45On se retrouve dimanche prochain
16:46dans la force de l'engagement
16:48pour continuer à faire avancer
16:49ce qui doit changer.
16:50Merci beaucoup.
16:51Merci à vous.
16:51Merci.
16:58Avec AGP,
16:59association d'assurés engagés
17:01et responsables.
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