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  • il y a 4 mois
Avec Rebecca Royer, avocate en droit de la famille et en droit pénal

Retrouvez Muriel Reus, tous les dimanches à 8h10 pour sa chronique "La force de l'engagement" sur Sud Radio.

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##LA_FORCE_DE_L_ENGAGEMENT-2025-09-21##

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Transcription
00:00Retrouvez la force de l'engagement avec AJP, épargne, retraite, assurance emprunteur, prévoyance, santé.
00:09Sud Radio, la force de l'engagement, 15h, 15h30, Muriel Reus.
00:15Bonjour à tous et à tous, bienvenue dans la force de l'engagement, l'émission qui donne la parole à celles et ceux qui font bouger la société.
00:23Aujourd'hui, je reçois Rebecca Royer, avocate du droit de la famille et de droit pénal, spécialiste des violences conjugales.
00:31Mais avant de lui donner la parole, arrêtons-nous un instant sur cette question décisive et pourtant toujours niée, celle de la parole des enfants.
00:38S'engager pour la parole des enfants, c'est s'engager pour la vérité la plus fragile, la plus déroutante, parfois la plus subversive et pourtant la plus essentielle.
00:47Les enfants parlent parfois par bribes, parfois en silence, parfois avec une précision qui glace.
00:54La vraie question est, que faisons-nous de cette parole ?
00:57Trop souvent, la société doute, minimise.
01:00Trop souvent, les magistrats soupçonnent la manipulation.
01:02Trop souvent, la justice exige des preuves impossibles.
01:06Et ce refus de croire en cette parole est une violence supplémentaire.
01:10Ce déni de la parole des victimes n'est pas nouveau.
01:12Les femmes victimes de violences l'ont vécu pendant des décennies.
01:14On leur disait, où sont vos preuves ?
01:17Aujourd'hui, on reproduit les mêmes mécanismes avec les enfants.
01:20Sans trace, sans témoin, leur parole est rejetée, suspectée, disqualifiée.
01:25Et à côté de ces enfants réduits au silence, il y a leur mère, qui refuse de se taire, d'abandonner, de trahir leurs enfants.
01:32Des mères qui se battent pour que leurs enfants soient entendus,
01:35qui entendent des recours, qui osent dénoncer, qui dérangent et qui, à leur tour, subissent la violence institutionnelle.
01:41On les accuse de manipuler, on les soupçonne d'aliénation parentale, on les poursuit pour non-présentation d'enfants.
01:47Certaines sont arrêtées, emprisonnées, traitées comme des criminels,
01:50alors qu'elles n'ont fait qu'agir par devoir, tentées de protéger leurs enfants.
01:54Alors la loi Santiago, votée en 2024, permet de retirer l'autorité parentale à un parent condamné pour violence.
02:00C'est une avancée certaine, nous sommes tous d'accord.
02:03Mais cette loi reste largement inappliquée, parce qu'elle ne vaut que si la procédure va jusqu'à la condamnation, et trop peu y arrive.
02:10D'où l'urgence d'une ordonnance de mise à l'abri immédiate pour protéger les enfants,
02:14dès les premiers signalements, sans attendre des années d'enquête.
02:17Car il faut rappeler l'évidence, les droits fondamentaux des enfants ne peuvent plus attendre.
02:21Ça fait 36 ans que l'on attend, 36 ans, que la Convention internationale des droits de l'enfant a fixé des obligations.
02:28Leur droit à l'identité, à la santé, à l'éducation, et surtout leur droit à la protection contre toute forme de violence.
02:35Alors pourquoi la justice transfère-t-elle la résidence chez les parents accusés ?
02:39Pourquoi accuse-t-on systématiquement les mères de manipulation ?
02:42Pourquoi contraindre ces mères à remettre leurs enfants à un agresseur présumé en attendant une enquête qui peut prendre des années ?
02:48Ces décisions, quand elles sont prises, transforment les institutions en complices de la violence.
02:52Et le coup du déni est immense, humain, social, économique et intime.
02:56Car ignorer la parole d'un enfant, c'est l'exposer à revivre la violence, c'est fabriquer des blessures d'adultes indélébiles.
03:03Alors me direz-vous, que faire ?
03:05Eh bien évidemment, former tous les adultes qui croisent la route d'un enfant.
03:08Affirmer que la présomption d'innocence n'autorise jamais à prendre le risque d'un nouveau drame.
03:12Et surtout, mettre en œuvre l'ordonnance de sûreté de l'enfant promise par le ministre de la Justice.
03:18S'engager pour la parole des enfants, c'est prendre des décisions politiques et des décisions de justice qui s'imposent avec courage.
03:24C'est accepter de remettre en cause la structure patriarcale de la famille.
03:28C'est admettre, admettre que la famille n'est pas une cellule de protection absolue.
03:33C'est respecter ces mères protectrices.
03:35Elles défendent leurs enfants.
03:36Elles défendent d'idées mêmes de justice.
03:39Sud Radio, la force de l'engagement.
03:41Muriel Reus.
03:43Sud Radio, parlons vrai.
03:45Aujourd'hui, dans la force de l'engagement, nous donnons la parole à celles qu'on appelle les mères protectrices par la voix de leurs avocates.
03:51Elles ont tenté de protéger leurs enfants après des révélations de violences sexuelles ou physiques.
03:55Elles ont porté plainte.
03:56Au lieu d'être soutenues, elles se sont souvent retrouvées sanctionnées.
03:59Certaines ont vu leurs enfants placés dans des foyers, d'autres ont perdu l'exercice conjoint de l'autorité parentale.
04:04Ces femmes dénoncent une violence institutionnelle, celle des décisions judiciaires, qui maintient le lien du parent avec le parent accusé, plutôt que la sécurité de l'enfant.
04:12À leur côté, des avocates qui alertent sur les failles du système.
04:16Aujourd'hui, Rebecca Royer avec nous.
04:18Rebecca, vous êtes avocate, vous exercez exclusivement en droit de la famille, des mineurs et en droit pénal.
04:24Vous accompagnez de très nombreuses mères confrontées à la justice lorsqu'elles veulent protéger leurs enfants.
04:30Alors, pour éclairer nos auditeurs, est-ce que vous pouvez juste, en quelques termes, expliquer les rôles respectifs du juge aux affaires familiales, du juge des enfants et du juge pénal ?
04:42Bonjour Muriel Réus. Oui, je suis avocate en droit de la famille, en droit pénal, comme vous l'avez dit.
04:48Et donc, dans ce type de matière, on est confronté à trois magistrats.
04:53Le juge aux affaires familiales, qui est le juge qui a trait au conflit entre les parents,
04:58qui s'occupe d'organiser, si vous voulez, l'exercice de l'autorité parentale entre les parents.
05:05Vous avez ensuite le juge des enfants, qui, lui, est saisi dès qu'il y a un élément de danger pour l'enfant,
05:14dans son développement, dans sa sécurité, dans son éducation.
05:20Tout élément de danger de l'enfant va se traiter devant le juge des enfants.
05:24Et ensuite, vous avez le juge pénal, qui est le magistrat,
05:28qui s'occupe de tout ce qui a trait aux délits et aux crimes,
05:33dans la cellule familiale ou ailleurs.
05:36Donc, le juge pénal a évidemment connaissance de tous les délits de violences intrafamiliaux.
05:43Alors, on voit, c'est complexe, dans ces affaires de violences familiales, intrafamiliales.
05:47Est-ce qu'on peut dire que cette répartition des rôles, en quelque sorte,
05:51rend le traitement des affaires de violences si complexe ?
05:54Alors, oui, ça complexifie la donne, parce qu'en fait, le traitement des enquêtes pénales
05:59ou d'une instruction pénale, avec un juge d'instruction, c'est long, c'est fastidieux,
06:05ça prend souvent beaucoup de temps.
06:06Et à côté de ça, vous avez la justice civile, et notamment le juge d'affaires familiales,
06:11qui, lui, va pouvoir être saisi à bref délai en très peu de temps.
06:15On va parfois demander à un juge d'affaires familiales de se positionner sur la résidence des enfants
06:19dans le délai d'un ou deux mois.
06:22Alors qu'on a, après une plainte, parfois six mois, un an, de traitement pour l'enquête pénale.
06:30Donc, on a une grosse différence entre ces deux magistrats,
06:34ce qui fait que vous avez, très souvent, un juge d'affaires familiales
06:37qui va rendre une décision en disant, écoutez, le père est présumé innocent,
06:42vous avez peut-être une enquête en cours, une instruction en cours,
06:44mais aujourd'hui, il n'y a aucune condamnation, je n'ai aucun élément
06:47pour prendre une décision qui irait à l'encontre d'un maintien du lien
06:53entre le père et l'enfant,
06:55ou qui irait dans une protection nécessaire de l'enfant
07:01au-delà d'un droit de vie et d'hébergement classique.
07:04Oui, mais alors, ça pose une vraie question.
07:06Ça veut dire qu'avant que l'enquête soit finalisée,
07:08finalement, il va y avoir une décision de justice,
07:10et cette décision de justice, peut-être, va faire que l'enfant
07:15n'est pas au centre des décisions.
07:17Tout à fait. Tous les magistrats sont censés, en tout cas,
07:20dès qu'il y a un enfant en jeu, prendre des décisions
07:23dans l'intérêt supérieur de l'enfant,
07:24mais en fait, on se rend compte, dans la vie de tous les jours,
07:27en pratique, que l'intérêt supérieur de l'enfant
07:29n'est absolument pas respecté.
07:31Alors, vous défendez ce qu'on appelle les mères protectrices,
07:33ces mères qui se retrouvent, en fait, en réalité,
07:36des mères des enfantées, c'est-à-dire qu'elles perdent
07:38la garde de leurs enfants, qui sont parfois placés,
07:41qui sont parfois remis à leur père.
07:44Comment on peut expliquer ce basculement ?
07:45Alors, vous l'expliquez, bien sûr, avec cette décision de justice
07:48qui intervient avant la fin de l'enquête,
07:49mais est-ce qu'il pourrait y avoir aussi une autre explication ?
07:52Alors, pour moi, l'explication, elle est double,
07:54il y en a peut-être plus, mais à mon sens,
07:57le juge aux affaires familiales, en fait,
08:00transfère la résidence de l'enfant au domicile du parent
08:04mis en cause dès qu'il y a de la non-représentation d'enfants
08:08qui est effectuée par la mère.
08:09Je m'explique en deux mots.
08:10En réalité, comment ça se passe ?
08:12L'enfant parle, dénonce des faits très graves de violence.
08:17La mère va déposer plainte au nom de l'enfant.
08:19Et là, comme je vous ai dit, l'enquête pénale s'ouvre
08:22et elle est parfois très longue.
08:24Et parfois, elle se solde par des classements sans suite
08:26parce qu'on n'a pas de preuves irréfutables, preuves matérielles.
08:30Pendant ce temps-là, pendant ce temps de l'enquête,
08:32il y a un juge aux affaires familiales qui va être saisi.
08:34Mais avant que le juge aux affaires familiales soit saisi,
08:37il y a parfois des deltas de 1, 2, 3 mois.
08:40Pendant ce temps-là, les mères ne vont plus remettre les enfants
08:43aux parents qui est mis en cause.
08:45Et pour cause ?
08:46Et pour cause, parce que l'enfant dénonce des faits d'une gravité extrême.
08:49Donc, on les comprend, toutes ces mères.
08:51Et c'est à ce moment-là qu'il y a une bascule du dossier.
08:54C'est à ce moment-là qu'il y a un point de rupture
09:00parce que finalement, le juge aux affaires familiales va considérer
09:04que la mère s'est mise en cause.
09:07Elle s'est mise dans le délit de non-représentation d'enfants.
09:10Et donc, c'est à ce moment-là que le juge aux affaires familiales
09:12va transférer les résidences,
09:14alors même qu'on est très souvent dans le cadre d'une enquête ou d'une instruction.
09:17– Rebecca Royer, donc la justice, si je comprends bien,
09:21protège aujourd'hui davantage le lien parental que l'enfant lui-même.
09:24Dans un instant, vous allez nous expliquer pourquoi tant de décisions
09:27contribuent de privilégier ce lien au détriment de la sécurité des enfants
09:31et comment la présomption d'innocence finit trop souvent par primer sur leur protection.
09:36A tout de suite sur Sud Radio.
09:37– Vous écoutez la force de l'engagement sur Sud Radio.
09:58Aujourd'hui, nous nous engageons pour croire les enfants avec Rebecca Royer,
10:02avocate au barreau de Paris, spécialisée en droit de la famille,
10:05des mineurs et en droit pénal.
10:07Rebecca, vous nous disiez que la justice protège encore trop souvent le lien parental.
10:12Pourquoi ce choix et qu'est-ce qu'il révèle du fonctionnement actuel
10:15de notre système judiciaire ?
10:18– Oui, le lien entre les deux parents est absolument sacré pour certains magistrats,
10:25mais je note que lorsque ce sont les maires qui dénoncent des faits incestueux
10:30et qu'on transfère la résidence aux parents qui est mis en cause,
10:36on prive pour le coup les mères de tout lien.
10:39Donc en fait, c'est souvent à sens unique.
10:41C'est-à-dire que là, à ce moment-là, les mères protectrices,
10:44elles sont privées de tous leurs droits sur leurs enfants.
10:47Elles sont souvent réduites à voir leurs enfants en lieu rencontre.
10:50Donc c'est des espaces où elles peuvent voir leurs enfants une heure, deux heures,
10:56toutes les deux semaines, avec des éducateurs autour d'elles,
10:59des sortes de visites médiatisées, même si ce n'est pas exactement le bon terme,
11:03parce que ça c'est un terme qui est réservé à la justice du juge pour enfants.
11:07Quoi qu'il en soit, le lien est absolument sacré,
11:11notamment pour le juge aux affaires familiales,
11:13qui en effet peine à faire primer le principe de précaution
11:18et l'intérêt supérieur de l'enfant
11:20sur le principe de présomption d'innocence du parent qui est mis en cause.
11:25Et ces enfants alors, comment ils vivent ces décisions ?
11:28Comment ils font pour venir chez un parent qu'ils accusent en réalité ?
11:31Finalement, ce qui est terrible, c'est que ces enfants ont courageusement réussi à parler,
11:37à dénoncer les violences qu'ils subissent.
11:39Et là, c'est une violence supplémentaire,
11:40parce que finalement, la justice, elle leur dit quoi ?
11:42Elle leur dit, on ne vous croit pas et on ne va pas vous protéger,
11:46puisqu'ils sont remis aux parents qu'ils ont mis en cause.
11:51Alors, vous accompagnez, entre autres, Sophie Abida,
11:53qui a créé le collectif des mères en colère.
11:56Mères en révolte.
11:57Mères en révolte, oui, c'est plus fort.
11:59Mouvement des mères en révolte.
12:00Et qui a perdu l'autorité parentale sur ses quatre enfants,
12:03en dépit de la condamnation du père pour violence.
12:06En quoi ce dossier est-il emblématique des dysfonctionnements
12:10que vous constatez dans ce type d'affaires ?
12:11C'est un dossier emblématique, parce que Sophie Abida,
12:14comme beaucoup d'autres, a alerté sur les dénonciations incestueuses
12:19que ses enfants ont faites.
12:21Elle n'a commis aucune violence.
12:24Elle n'a commis aucun fait qui peut lui être reproché
12:28à l'encontre de ses enfants.
12:29Elle n'a fait que porter la voix de ses enfants.
12:31Elle a simplement effectué de la non-représentation d'enfants
12:34pendant deux, trois mois seulement.
12:35Et à la suite de cela, la résidence a été transférée chez le père.
12:40Et depuis, c'est un véritable acharnement judiciaire qu'elle subit.
12:44Elle a quand même été placée en détention provisoire,
12:47à l'isolement.
12:48C'est absolument délirant.
12:50Et l'année dernière, en mai 2024,
12:53le père a été condamné pour des faits de violence
12:55durant six ans sur ses enfants.
12:57Des faits de violence physique et psychologique.
13:00Pour autant, la résidence continue d'être maintenue à son domicile.
13:04Il y a eu des faits de violence qui ont été depuis dénoncés
13:08par les enfants.
13:09Mais on ne les écoute pas.
13:11Les magistrats continuent de dire que
13:13ce sont les délires de la mère.
13:16Donc c'est absolument incroyable qu'on en soit là.
13:20Et je vais vous dire, ça va de mal en pis
13:22puisque cet été, il y a un voisin qui a dénoncé
13:24des violences qui seraient commises au domicile du père.
13:29Madame Abida ne connaît absolument pas ce voisin.
13:32Elle a juste eu vent des dénonciations de ce tiers.
13:36Et le parquet continue de dire que
13:38tout cela serait
13:40les craintes de la mère,
13:43mais des craintes personnelles
13:44qui ne sont absolument pas vérifiées,
13:46alors même que ce voisin a appelé les forces de l'ordre
13:48à plusieurs reprises.
13:50Et pire encore, on a appris que ce voisin
13:52subissait des pressions de la police.
13:55Ce voisin a témoigné en disant
13:58qu'il subissait des pressions du commissariat de Chartres
14:00qui lui avait demandé d'arrêter
14:03d'appeler les services de police
14:05parce que cette famille serait suivie
14:07et que finalement, il n'y avait aucune violence
14:09qui serait commise par le père
14:11et que c'était simplement des enfantillages
14:13entre enfants.
14:14C'est absolument faux.
14:15Ce voisin le sait.
14:17Et maintenant, il a peur de continuer
14:19à dénoncer ces violences.
14:20Sophie Abida, elle dit qu'elle est très légaliste
14:23et qu'elle a essayé d'utiliser tous les recours
14:25et que finalement, la médiatisation
14:29est devenue la seule issue.
14:30Tout à fait.
14:31Est-ce que c'est une arme utile, la médiatisation ?
14:35Qu'est-ce que vous en pensez ?
14:36Vous faire bouger les lignes.
14:37C'est une arme ou c'est un risque ?
14:39Je pense qu'il faut faire très attention
14:40à la médiatisation.
14:42Sophie Abida, malheureusement,
14:44elle n'a plus le choix.
14:45Elle est dos au mur.
14:46On a utilisé toutes les voies de recours juridiques.
14:49On a même essayé de dépayser son dossier
14:52parce qu'il y a des dysfonctionnements graves
14:54au sein du tribunal judiciaire de Chartres
14:56qui nous permettaient, à notre sens,
15:00de dépayser le dossier ailleurs.
15:01Dépayser, c'est-à-dire transférer dans un autre tribunal ?
15:03Un autre tribunal se charge de juger ce dossier
15:07puisque quand même, dans le cas de Sophie Abida,
15:09on est devant le juge des enfants,
15:10on est devant le juge des affaires familiales
15:12et il y a une instruction en cours
15:13mais qui n'avance absolument pas.
15:15Dans le cas de Sophie Abida,
15:16c'est absolument fondamental de médiatiser
15:18parce qu'elle n'a plus d'autre choix,
15:20qu'on lui a retiré cet été
15:21l'exercice conjoint de l'autorité parentale
15:23et que la juge des affaires familiales
15:24estime qu'elle ne doit plus voir ses enfants.
15:27Alors, encore une fois,
15:28que rien ne peut lui être reproché.
15:30C'est-à-dire qu'au contraire,
15:31il y a beaucoup d'éducateurs
15:32qui sont intervenus dans son dossier
15:34et qui considèrent que c'est une bonne mère,
15:36une mère aimante,
15:37qui n'ont rien à lui reprocher,
15:39si ce n'est la médiatisation.
15:41Donc, dans le cas de Sophie Abida,
15:42c'est absolument nécessaire
15:43mais on peut aussi constater
15:45que la médiatisation lui est reprochée
15:47depuis le début.
15:48Et c'est ça, si vous voulez,
15:51ce qui m'a l'air.
15:51Pour vous, ça en fait un point crucial ?
15:53Ou pas ?
15:53C'est absolument délirant
15:56que ça lui soit reproché
15:57parce qu'il y a quand même
15:58une liberté d'expression,
16:00d'autant plus en France,
16:01qui est...
16:02Et qu'aujourd'hui,
16:02le père est condamné,
16:03donc on ne peut pas parler
16:04de présence en chambre d'innocence.
16:04Il doit être respecté
16:05et aujourd'hui,
16:06c'est la seule chose
16:07qu'on lui reproche,
16:08c'est justement
16:09cette liberté d'expression-là.
16:10Donc non,
16:11je pense qu'il faut faire
16:12très attention
16:12avant de médiatiser son affaire.
16:15Il faut le faire
16:16en accord avec son avocat
16:18ou son avocate.
16:19Il faut le faire
16:19par des journalistes.
16:22Il faut que ce soit vraiment...
16:23Formé ?
16:23Oui.
16:23Qui ont l'habitude
16:24de traiter ce genre d'affaires ?
16:25Tout à fait.
16:26Il faut que ce soit encadré
16:27et il faut vraiment...
16:29Il ne faut pas se lancer
16:29dans la médiatisation
16:31sans connaître
16:33les conséquences
16:33que cela entoure.
16:34Alors,
16:35beaucoup de maires
16:35et parfois des pères
16:36nous écoutent
16:36en ce moment même.
16:37Quand on a préparé
16:38cette conversation,
16:39vous m'avez alerté
16:40sur les plaintes.
16:42Qu'est-ce qu'on peut dire
16:43sur les plaintes ?
16:45À quel moment
16:45il faut déposer plainte ?
16:46Pourquoi c'est si important
16:47que ces plaintes
16:48soient construites,
16:49étayées par des preuves ?
16:51Alors oui,
16:52malheureusement,
16:53c'est difficile
16:53d'avoir à dire ça
16:55en tant que pénaliste,
16:56mais c'est vrai
16:56que je conseille
16:58à tous les auditeurs
17:01de ne pas immédiatement
17:02déposer plainte
17:03dès que les enfants
17:04dénoncent des faits
17:05d'agressions sexuelles
17:07incestueuses.
17:08Parce que malheureusement,
17:09on se rend compte
17:09que dès qu'une plainte
17:10est déposée par la mère,
17:12elle va ensuite
17:13être prise à son encontre
17:16et il va y avoir
17:17une sorte d'inversion
17:18de culpabilité
17:19et on va dans quasiment,
17:22dans la totalité
17:23des dossiers
17:23que j'ai eu à traiter,
17:24on va accuser la mère
17:26de manipulation,
17:28d'aliénation parentale.
17:29Donc, pour moi,
17:30la précaution est la suivante,
17:31il faut déjà,
17:32de prime abord,
17:33immédiatement prendre attache
17:35avec un avocat
17:36ou une avocate
17:37aguerrie
17:37à ce type de procédure
17:39qui sait
17:40que ça peut être dangereux
17:41de déposer plainte
17:43immédiatement.
17:44Il faut parfois
17:45prendre le temps
17:46de se poser,
17:48de voir ce qu'on a
17:49dans le dossier,
17:50de voir quelles ont été
17:51les paroles des enfants,
17:52parce que dans certains dossiers
17:53où j'ai freiné
17:54le dépôt de plainte
17:55et où l'enfant
17:57a finalement parlé
17:58à l'école,
18:00auprès d'un psychologue
18:01ou à d'autres personnes,
18:03je me suis rendu compte
18:05que la procédure,
18:06elle pouvait être engagée
18:07par le biais,
18:08en fait,
18:09avec des informations
18:10préoccupantes,
18:10des signalements,
18:11on sait tout ça,
18:12que ça peut être engagé
18:13par d'autres biais
18:14que la mère
18:15ou que le parent protecteur,
18:17parce qu'il y a aussi
18:17des pères protecteurs,
18:18même s'ils sont
18:18beaucoup moins nombreux,
18:19mais il y en a.
18:20Et donc, à ce moment-là,
18:21ça permet d'éviter,
18:23finalement,
18:23qu'il y ait cette inversion
18:24de culpabilité
18:25ou, en tout cas,
18:26ça permet de se prémunir
18:27de certains écueils
18:29comme la manipulation
18:30ou les accusations
18:31de manipulation.
18:32Et que pensez-vous
18:33de l'annonce récente
18:33de l'ordonnance de sûreté
18:35de l'enfant,
18:36annoncée par le ministre
18:36de la Justice ?
18:38Une décision qui,
18:39en 48 heures,
18:40peut être déclenchée
18:40par le procureur
18:41pour éviter,
18:42justement,
18:42qu'un enfant
18:43soit renvoyé
18:44chez son agresseur présumé.
18:46Est-ce que c'est
18:46une réelle avancée décisive,
18:48ça ?
18:48Pour moi,
18:49elle est fondamentale,
18:50mais il faut voir
18:50comment elle va être
18:51mise en œuvre,
18:53parce que,
18:54comme vous l'avez dit
18:55en introduction,
18:56la loi Santiago
18:56est une avancée
18:58énorme et fondamentale
18:59également,
19:00mais elle est très peu
19:00mise en pratique.
19:02Donc,
19:02à voir comment
19:02cette ordonnance
19:03de sûreté de l'enfant
19:04va pouvoir être
19:04mise en pratique.
19:06Mais aujourd'hui,
19:06c'est ce qui nous manque.
19:07Vraiment,
19:08dans l'arsenal juridique,
19:10judiciaire,
19:11on a besoin
19:12de cette ordonnance
19:13de sûreté de l'enfant,
19:14parce qu'aujourd'hui,
19:15lorsqu'un enfant
19:16dénonce des faits
19:18d'agressions sexuelles
19:19incestueuses,
19:20on n'a aucun moyen
19:21pour le protéger
19:22immédiatement,
19:23si ce n'est
19:24la non-représentation
19:25d'enfants.
19:25Et on sait aujourd'hui
19:26que la non-représentation
19:27d'enfants aboutit
19:28à des décisions
19:30absolument délirantes
19:32et qui vont à l'encontre
19:33de l'intérêt supérieur
19:34de l'enfant.
19:35Eh bien,
19:35merci beaucoup,
19:36Rebecca Royer.
19:37Vraiment,
19:37on se demande
19:37pourquoi c'est si difficile
19:39encore de croire
19:40les enfants,
19:40alors même que l'on sait
19:41que plus de 160 000
19:42d'entre eux
19:43sont victimes de violences
19:44chaque année.
19:45Vraiment,
19:46qu'est-ce que ce déni
19:46dit de nous,
19:47de notre justice,
19:48de notre société ?
19:50Votre combat
19:51répèle une évidence,
19:52Rebecca,
19:53croire les enfants,
19:54ce n'est pas une option,
19:55c'est une obligation
19:56de justice,
19:57c'est aussi
19:57une exigence morale.
19:59La force de l'engagement,
20:01c'est chaque dimanche
20:02à 15h sur Sud Radio
20:03et en podcast
20:04sur sudradio.fr.
20:06Je vous retrouve
20:07dimanche prochain
20:08pour une nouvelle rencontre
20:09avec celles et ceux
20:10qui font bouger la société.
20:12Et tout de suite,
20:13je vous laisse
20:13en compagnie
20:14d'Anthony Martin Smith
20:15pour
20:16Faut que ça change.
20:17C'était la force
20:18de l'engagement
20:19avec AJP,
20:21épargne,
20:22retraite,
20:22assurance emprunteur,
20:24prévoyance,
20:24santé.
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