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  • il y a 3 jours
Avec Céline Piques, porte-parole d'Osez le féminisme

Retrouvez Muriel Reus, tous les dimanches à 8h10 pour sa chronique "La force de l'engagement" sur Sud Radio.

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##LA_FORCE_DE_L_ENGAGEMENT-2026-01-25##

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Transcription
00:00Retrouvez la force de l'engagement avec AJP, épargne, retraite, assurance emprunteur, prévoyance, santé.
00:10Sud Radio, la force de l'engagement, 15h, 15h30, Muriel Rius.
00:15Bonjour à tous et à tous, merci d'être avec nous pour la force de l'engagement, l'émission qui donne la parole à celles et ceux qui font bouger la société.
00:22Ce matin, mon invitée est Céline Pic, autrice, militante féministe et porte-parole d'Oser le féminisme et membre du Haut Conseil à l'égalité depuis 2022.
00:32Elle a récemment co-signé une tribune publiée dans Le Monde intitulée « Mon corps, mon choix » à l'ère de l'intelligence artificielle.
00:40Mais avant d'ouvrir cette conversation avec Céline, comme chaque dimanche, mon édito.
00:44Aujourd'hui, engageons-nous contre les deepfakes.
00:47Et acter cela, ce n'est pas refuser le progrès technologique, c'est refuser qu'il se fasse contre les individus et massivement contre les femmes.
00:56Les deepfakes ne sont pas un phénomène homogène, ils peuvent prendre plusieurs formes.
01:00Toutes ne relèvent pas du même danger, mais toutes posent une question démocratique.
01:04Il y a d'abord les deepfakes dits ludiques ou artistiques, des visages remplacés dans des films, des voix imitées pour un musée.
01:10Et déjà, on constate des usages qui interrogent le droit à l'image.
01:14Il y a les deepfakes politiques, des vidéos truquées de responsables publics utilisés pour manipuler l'opinion, déstabiliser des élections, diffuser de la désinformation à grande échelle.
01:24Cela, vous les connaissez, vous les avez régulièrement vus.
01:27Et puis, il y a les deepfakes sexuels et pornographiques.
01:30Alors cela ne relève ni du jeu ni de la fiction.
01:33Il constitue aujourd'hui l'écrasante majorité des usages.
01:37Les chiffres sont sans ambiguïté.
01:38Plus de 270 000 vidéos deepfakes pornographiques circulent en ligne, plus de 4 milliards de vues et 90% des victimes sont des filles et des femmes.
01:48Ces images sont fabriquées à partir de photos bien réelles, souvent récupérées sur les réseaux sociaux,
01:53puis plaquées sur des corps sexualisés dans des mises en scène pornographiques, sans consentement, sans contrôle.
02:00Et elles donnent l'illusion parfaite du vrai.
02:02Ce phénomène touche de plus en plus des adolescentes, parfois très jeunes, dans des collèges, des lycées, au cœur même de l'espace scolaire,
02:10parfois même par des garçons du même âge.
02:13Alors, certaines jeunes filles peuvent dire « ce n'est pas grave, ce n'est pas mon corps ».
02:17Jusqu'au moment où elles voient les images, jusqu'au moment où elles comprennent que tout le monde peut y croire.
02:23Les deepfakes brouillent le réel, désorientent les victimes et volent jusqu'au droit de se dire victime.
02:28Cette violence a pris ces dernières semaines un visage très concret.
02:33Celui de Grock, l'intelligence artificielle développée par l'entreprise d'Elon Musk, intégrée au réseau social X.
02:3920 000 images générées en quelques jours, plus de la moitié représentées des personnes dénudées,
02:4580% étaient des femmes, encore une fois, et des filles.
02:48Les requêtes étaient explicites.
02:50« Mets-la en bikini, enlève-lui ses vêtements »
02:53ou des demandes de sexualisation et de mise en scène extrêmement dégradantes.
02:57Et là, voyez-vous, l'IA a obéi.
03:00Elle s'est exécutée.
03:02C'est le révélateur d'un système où la sexualisation des femmes est intégrée dès la conception des outils.
03:07Et si la Malaisie et l'Indonésie ont bloqué les accès,
03:11si l'Union Européenne menace de sanctions au titre du Digital Service Act,
03:15qualifiant ces contenus d'illégaux et dégoûtants,
03:17si d'autres pays ont déclenché des enquêtes,
03:20eh bien le problème, lui, reste intact.
03:22Car le mal est fait.
03:23Une image, une fois générée et diffusée, ne disparaît jamais vraiment.
03:27Alors, la question n'est plus de savoir si nous devons réguler.
03:31Elle est plutôt de savoir comment et à quel moment.
03:34Réguler après coup ne suffit plus.
03:35La responsabilité doit être posée en amont,
03:38dès la conception des outils,
03:39dans les choix techniques,
03:41dans les garde-fous,
03:42dans le modèle économique.
03:43Et puis, les defects s'inscrivent dans un contexte
03:46où, d'après le dernier rapport du Haut Conseil à l'égalité en France,
03:4917% de la population adulte âgée de 15 ans et plus,
03:53soit près de 10 millions de personnes,
03:55adhèrent à un sexisme hostile
03:57qui justifie la domination masculine
04:00et réduit les femmes à des objets sexuels.
04:03Alors, bien entendu,
04:03la technologie ne crée pas seule ce sexisme,
04:06mais elle choisit de l'ignorer,
04:07de le reproduire
04:08et de lui donner une puissance inédite.
04:15Alors, aujourd'hui, dans la force de l'engagement,
04:17je donne la parole à Céline Pic.
04:19Bonjour Céline.
04:20Bonjour.
04:21Vous êtes autrice,
04:21vous êtes militante féministe
04:23et vous venez de co-signer
04:25avec Alexandra Mariska Lopez
04:27une tribune dans Le Monde
04:28intitulée « Mon corps, mon choix »
04:30à l'ère de l'intelligence artificielle.
04:32Vous y établissez un lien très fort
04:34entre les combats historiques
04:36pour la libre disposition du corps des femmes
04:38et qui se jouent actuellement avec l'IA.
04:41Pourquoi dites-vous que les deepfakes
04:42sont une nouvelle bataille féministe majeure ?
04:45C'est une nouvelle bataille
04:46parce que c'est une nouvelle violence.
04:48Il faut voir que c'est une effraction profonde
04:51de l'intimité de la personne
04:53parce que ce n'est pas n'importe quelle représentation
04:55faite par ce deepfake.
04:57Quand vous êtes dénudé
04:59par une image deepfake,
05:02vous êtes mis dans une position d'objet sexuel.
05:05C'est une façon de vous humilier,
05:07de vous inférioriser
05:08et ce n'est pas un hasard
05:10si ce sont les femmes et les filles
05:11qui sont prises pour cibles.
05:12Alors je vais vous raconter une anecdote
05:14de quelqu'une de mon entourage,
05:18une femme qui publie comme ça un tweet.
05:21Le message ne plaît pas à un homme,
05:25apparemment assez misogyne.
05:27Il lui faut une seconde.
05:28Une seconde pour demander à Grock
05:30« Déshabille-la et recouvre-la
05:32d'un liquide blanc et visqueux ».
05:35Une seconde, il lui a fallu
05:36pour générer et diffuser cette image,
05:39ce qui est complètement illégal
05:40vis-à-vis de la loi.
05:42Et par contre, maintenant,
05:43depuis des semaines et des semaines,
05:45cette femme se bat
05:46pour essayer de faire retirer
05:48ces images qui se sont multipliées
05:51et elle reçoit des réponses
05:53parfois négatives.
05:54Donc elle doit scanner le web
05:55pour voir où sont ces photos,
05:57comment je vais faire pour les faire retirer,
05:58et elle n'arrive pas à les faire retirer.
06:01Et elle, c'est des heures et des heures
06:02et des heures à se batailler
06:04pour signaler des contenus
06:05qui sont illégaux,
06:07puisque depuis la loi SREN de 2024,
06:09il est interdit par la loi
06:11de générer et de diffuser
06:13des images sexualisées ou pornographiques,
06:16des deep fake porn,
06:17comme on les appelle,
06:18sans le consentement de la personne.
06:21Et donc, nous sommes dans un système
06:24où les plateformes proposent des services
06:26qui sont, à la base, illégaux.
06:29Alors, c'est très important ce que vous dites,
06:31parce qu'on entend parfois
06:32la majorité des citoyens qui disent
06:33« Oh, mais c'est un cas isolé,
06:35mais c'est simplement une dérive ».
06:36On voit bien que les chiffres
06:37ne disent pas du tout ça.
06:39En fait, c'est une industrialisation
06:40de ces pratiques,
06:41les 4 milliards de vues
06:42dont j'ai parlé tout à l'heure.
06:44À ce niveau de volume,
06:46ce n'est pas un problème d'utilisateur,
06:47on est bien d'accord,
06:48c'est un problème de système,
06:49de choix de système.
06:50C'est un problème de système
06:51et puis aussi un problème de business.
06:53C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
06:54il y a une multiplication d'applications
06:55qui propose, comme service principal,
06:59de pouvoir générer des deepfakeporn.
07:02Et alors que la diffusion de deepfakeporn
07:04est interdite par la loi,
07:05selon la loi SREM de 2024,
07:07qu'il y a aussi l'IA Act
07:08qui oblige les plateformes
07:10à mesurer les conséquences des services
07:13par rapport aux droits fondamentaux.
07:15On est dans l'illégalité,
07:16non seulement des utilisateurs,
07:17mais aussi des plateformes
07:18qui proposent ces services.
07:20Donc nous, nous demandons quelque chose,
07:21c'est qu'on peut, bien sûr,
07:23signaler un contenu illicite,
07:24un par un.
07:25Mais en fait, c'est aussi,
07:27c'est une revictimisation sans fin.
07:29C'est-à-dire que c'est sans fin.
07:30C'est qu'à un moment,
07:30il va falloir qu'on arrive
07:32à attaquer la source du problème.
07:33Et la source du problème,
07:35ce sont ces plateformes
07:36qui proposent
07:37et qui font de l'argent,
07:38qui font de l'argent
07:39sur quelque chose
07:40qui est absolument interdit par la loi.
07:42Et donc, c'est elles
07:43qui doivent être sanctionnées,
07:44responsabilisées,
07:45qu'on leur dise
07:46arrêter de fournir
07:47ce service de production
07:50de deepfakeporn
07:50alors que vous savez très bien
07:52que la diffusion
07:53de ces images pornographiques
07:55générées par l'IA
07:56sont absolument
07:58hors du cadre du droit.
07:59Mais alors, comment on fait ?
08:00Parce que comment fait-on ?
08:01Parce que, évidemment,
08:02on entend systématiquement
08:03il faut réguler,
08:04il faut trouver des solutions
08:05et on ne les trouve pas,
08:06ces solutions.
08:07Pourquoi est-ce qu'on ne les trouve pas ?
08:08Quelle est l'étape ultime maintenant ?
08:10Alors, ce qui est certain,
08:11c'est que ce n'est pas
08:12une question technologique.
08:15Ça, c'est clair.
08:17Puisque, devant la levée de boucliers
08:20suite à l'affaire de Grock
08:21qui a déshabillé des milliers
08:23et des milliers de femmes,
08:25Elon Musk, dans un cynisme
08:26le plus absolu,
08:27a proposé de rendre
08:29ce service payant.
08:30Donc, en fait,
08:30il sait très bien ce qu'il fait.
08:31Il sait différencier
08:32la génération d'une IA
08:34sans contenu pornographique
08:36ou sexuel ou avec.
08:37Donc, en fait, c'est vraiment...
08:39Il faut, aujourd'hui,
08:40sévir sur les plateformes
08:41et on a un certain nombre d'outils.
08:42On a le DSA,
08:43le Digital Service Act,
08:44qui pose la responsabilité
08:46des plateformes.
08:47Et il y a des possibilités
08:48de sanctions financières
08:49jusqu'à 6% du chiffre d'affaires,
08:51voire même de blocage.
08:52Cette menace de blocage,
08:54elle a fonctionné
08:55ou elle est en train de fonctionner.
08:57Par exemple,
08:57sur les sites pornographiques
08:59qui ne voulaient pas mettre
09:00un contrôle d'âge
09:00pour les mineurs.
09:01Et puis, à un moment,
09:02quand l'ARCOM a dit
09:03si vous ne les mettez pas en place,
09:04on va vous bloquer,
09:05finalement,
09:06un certain nombre de sites l'ont mis.
09:07Donc, à un moment,
09:08c'est le même rapport de force politique
09:10sur lequel il va falloir
09:12qu'on intervienne
09:12et qu'on dise à ces plateformes
09:14qui proposent ces services
09:15qui sont illicites,
09:16de dire soit vous vous arrêtez,
09:18soit, effectivement,
09:20nous serons en capacité
09:21d'appliquer le DSA
09:22et d'ordonner la fermeture
09:24de votre site
09:25qui propose, effectivement,
09:27de générer des contenus illégaux.
09:29Alors, de plus en plus
09:30de mineurs sont ciblés
09:32dans les collèges,
09:33les lycées,
09:34parfois même par des camarades
09:35du même âge
09:35qui s'inscrivent dans cette dynamique.
09:39Certaines adolescents
09:40peuvent prendre ça
09:42un tout petit peu,
09:43je ne vais pas dire à la légère,
09:43mais en se disant,
09:44bon, finalement,
09:45ce n'est pas si grave,
09:46c'est mon visage,
09:47mais c'est mon corps.
09:48Est-ce que,
09:50alors,
09:50le deepfake est une violence,
09:52mais aussi,
09:52cette façon de regarder
09:54comment son corps est utilisé,
09:57son visage est utilisé,
09:58n'est-ce pas aussi
09:59une nouvelle forme de violence ?
10:00On en parle
10:01juste après la pause.
10:02Sud Radio,
10:03la force de l'engagement,
10:0515h, 15h30,
10:07Muriel Reus.
10:08Nous sommes de retour
10:09dans la force de l'engagement,
10:10l'émission qui donne la parole
10:11à ceux et celles
10:12qui font bouger la société.
10:14Aujourd'hui,
10:15avec Céline Pic,
10:16autrice et militante féministe,
10:18nous nous engageons
10:19contre les deepfakes.
10:20Alors,
10:20un deepfake,
10:21ce n'est pas une photo
10:22truquée à la bavite,
10:23ce sont des images,
10:24des vidéos générées
10:25par intelligence artificielle
10:26à partir de vraies photos
10:27qui donnent
10:28l'illusion parfaite du réel.
10:30Les visages sont récupérés
10:31sur les réseaux sociaux,
10:32sont plaqués
10:33sur des corps sexualisés,
10:35dans des mises en scène
10:35pornographiques,
10:36surtout sans consentement.
10:38Dans certains témoignages,
10:39on voit que
10:40certaines adolescentes,
10:41on va dire certaines victimes,
10:43minimisent
10:44jusqu'au moment
10:45où elles se rendent compte
10:45de l'importance
10:47et de l'impact
10:48de ces images.
10:49Alors,
10:49cette façon de brouiller
10:50la frontière
10:51entre le vrai et le faux
10:52au point de désorienter
10:54les victimes
10:54sur ce qu'elles ont
10:56le droit de ressentir,
10:57est-ce que ça encore,
10:58c'est une forme
10:58de violence nouvelle,
10:59de revictimisation ?
11:01Oui,
11:01et puis c'est une forme
11:02de banalisation,
11:04en fait,
11:05de ces diffusions-là.
11:07et ça s'inscrit,
11:08je dirais,
11:09dans un continuum
11:09de cyberviolence.
11:11Il y a quelques années de ça,
11:12on parlait bien sûr
11:13de la diffusion
11:14sans consentement
11:14des nudes,
11:15c'est-à-dire que
11:16vraiment l'exemple typique,
11:17c'est une adolescente
11:18qui est en couple
11:18avec un adolescent
11:19et qui va partager
11:21un nudes
11:21dans un jeu érotique.
11:23Et puis,
11:24une fois que l'histoire
11:24se termine,
11:26le petit copain
11:26se venge,
11:28ou en tout cas
11:28veut commettre
11:29effectivement une violence
11:30plutôt,
11:31contre son ex,
11:32et donc décide
11:33de diffuser le nudes
11:34à l'intérieur
11:36des cours de récré.
11:36Et c'est extrêmement violent
11:38parce qu'en fait,
11:39c'est sans consentement
11:40et ça a pour viser
11:42de réduire l'autre,
11:45la jeune adolescente,
11:46à n'être qu'un objet sexuel.
11:48Et ce qui est intéressant,
11:49effectivement,
11:49là,
11:49ça procède de la même façon,
11:51une diffusion
11:52de contenus
11:53à caractère sexuel
11:54ou pornographique
11:54sans consentement,
11:55mais c'est pas
11:56n'importe quelle nudité
11:57qui est représentée là.
11:58La nudité
11:58qui est représentée
11:59par les images génératives,
12:01elle emprunte
12:02au code de la pornographie
12:03où les femmes
12:04sont présentées
12:04comme des objets
12:05passifs,
12:06soumises
12:07et vraiment
12:09qui ne sont pas
12:10actrices de leur vie
12:11mais vraiment réduites
12:13à être des objets sexuels.
12:15Et ça,
12:16vraiment,
12:17c'est une violence aussi
12:19parce que
12:20ça donne une image aussi
12:22de ce que peut être
12:23la sexualité
12:24et ce que peut être
12:25la nudité
12:25qui est particulièrement
12:27dégradante
12:27pour les femmes
12:28et les filles
12:29et donc
12:29c'est ça aussi
12:30qu'elles ressentent
12:31en fait,
12:31l'image dégradante,
12:33l'image est humiliante
12:34en fait
12:34et c'est bien la volonté
12:36de ceux qui génèrent
12:37ces images-là
12:37et donc la souffrance psychique
12:39même si elle est au départ
12:40minimisée,
12:41elle existe.
12:42On a vraiment des cas
12:43de harcèlement,
12:44harcèlement scolaire
12:45à partir de nudes
12:46ou de deep fake porn
12:47où les jeunes filles
12:49se sentent extrêmement mal
12:51de voir cette diffusion
12:52et de ne pas pouvoir
12:53arrêter la diffusion
12:54des images
12:55c'est-à-dire que
12:56c'est une sorte
12:56de victimisation
12:58sans fin
12:59puisqu'elles n'arrivent pas
13:00à faire retirer
13:02ces images
13:02des réseaux
13:03et qu'elles se sentent
13:04poursuivies presque à vie
13:05avec ces images
13:06qui sont ensuite
13:08partagées, repartagées,
13:09repartagées
13:10sans fin
13:11et sans limite.
13:12Alors on voit bien
13:13dans toutes les analyses
13:14sur les violences
13:15que évidemment
13:16tous les hommes
13:16ne sont pas
13:17des auteurs de violences
13:19mais tous les auteurs
13:19de violences
13:20sont des hommes.
13:21Est-ce que,
13:21c'est notamment vrai
13:22dans les violences sexuelles
13:24et dans les violences conjugales,
13:26est-ce que sur les defects
13:27c'est la même chose ?
13:28Est-ce que c'est vraiment
13:29encore un outil
13:30qui est utilisé par des hommes
13:31et par des jeunes hommes ?
13:32On voit dans les écoles
13:33pourquoi ces jeunes hommes
13:34si tôt
13:34utilisent eux-mêmes
13:37ce type de procédé ?
13:39On a une explication à ça ?
13:40Alors il faut quand même
13:41le noter
13:42c'est que les jeunes garçons
13:44ou même les garçons
13:45ou les hommes
13:46ne sont pas mis
13:47dans des vidéos pornographiques
13:48donc il faut bien voir
13:50qu'il y a une dimension
13:50profondément genrée.
13:52C'est aussi une façon
13:53de ramener les jeunes filles
13:55à leur place
13:56à leur place entre guillemets
13:57bien sûr
13:58à leur place d'inférieure
13:59et de réaffirmer
14:01une forme de suprématie masculine
14:02en disant
14:03moi j'ai le contrôle
14:04moi j'ai le pouvoir
14:05et je t'humilie
14:06en te réduisant
14:08à être un objet sexuel
14:09alors que moi
14:09en tant que garçon
14:11je suis dans la puissance
14:13je suis actif
14:14c'est vraiment
14:14le vieil archétype
14:16finalement sexiste
14:17de l'homme
14:18qui est actif
14:18dans sa sexualité
14:19et qui veut accéder
14:20au corps des femmes
14:21et la femme
14:22qui est objet sexuel
14:23qui est passive
14:24et c'est cette représentation
14:26et c'est ce rapport
14:28de pouvoir
14:29qui s'exprime
14:29dans les deep facts
14:30et je t'humilie
14:31en te sexualisant
14:33mais l'inverse
14:34n'est pas vrai
14:35effectivement
14:35donc c'est la réinstauration
14:37effectivement
14:37de ces inégalités
14:38femmes hommes
14:39et filles garçons
14:40et c'est la raison
14:43pour laquelle en fait
14:43ce sont les filles
14:44et les femmes
14:44qu'on dénude
14:46qui empruntent beaucoup
14:47à l'imaginaire pornographique
14:49que les jeunes
14:49consomment massivement
14:50et donc
14:52ça
14:52je dirais
14:56ça les conforme
14:57finalement
14:58à une image
14:59de la sexualité
15:00qui est profondément
15:02profondément
15:03misogyne en fait
15:04et donc
15:05ce sont des adolescents
15:06et des adolescentes
15:07qui ont leurs premiers
15:07rémois amoureux
15:08sentimentaux
15:09qui sont dans un moment
15:10où ils découvrent
15:12la sexualité
15:12ça devrait être
15:13quelque chose
15:13de joyeux
15:14ça devrait être
15:15quelque chose
15:15de l'ordre
15:15de la découverte
15:16du plaisir
15:18du désir
15:19et là
15:19arrive la violence
15:20de suite
15:21où on vous ramène
15:22à être un objet sexuel
15:23et donc
15:23on est là
15:24dans le registre
15:25de la violence
15:25et non pas
15:26de la sexualité
15:26alors vous êtes aussi
15:28co-rapportrice
15:30du rapport
15:32sur le sexisme
15:35et les masculinistes
15:37qui vient d'être rendu
15:38par le Haut Conseil
15:39à l'égalité
15:40on y parle beaucoup
15:42de sexisme
15:43bienveillant
15:44et de sexisme
15:45hostile
15:45les deepfakes
15:47on les met où ?
15:48là ?
15:48ou dans le masculinisme
15:49purement ?
15:50je pense que c'est une forme
15:52de violence
15:53donc je pense que
15:54ça appartient pleinement
15:57à ce qu'on appelle
15:57le sexisme hostile
15:58c'est-à-dire vraiment
15:59cette idée
16:00de légitimer
16:01des violences
16:02de les excuser
16:04de les banaliser
16:05et puis
16:06il y a l'organisation
16:09par les masculinistes
16:10de raides aussi
16:11de raides
16:11de cyberharcèlement
16:12et les deepfakes
16:14font partie
16:14de la panoplie
16:15aussi
16:15il y a eu récemment
16:18justement sur X
16:19une femme
16:20qui témoignait
16:20de violences
16:21dans l'industrie
16:22pornographique
16:23par exemple
16:23et qui a été ciblée
16:24et qui a été
16:26ciblée
16:27de la cible
16:28de deepfake porn
16:28massif
16:29par toute une communauté
16:31masculiniste
16:32et ça c'est extrêmement
16:32violent également
16:34donc les deux
16:35les deux
16:36j'ai envie de dire
16:36mais ce qui est certain
16:38c'est qu'au coeur
16:38de tout ça
16:39il y a effectivement
16:40la nécessité aujourd'hui
16:41de réguler le numérique
16:42et de comprendre
16:43que c'est une menace
16:44menace pour les femmes
16:45et les filles
16:46et ça entrave
16:47leur capacité
16:48à pouvoir
16:50évoluer
16:51dans ces espaces
16:51numériques
16:52en sécurité
16:53tout simplement
16:54c'est à dire
16:54qu'aujourd'hui
16:55effectivement
16:56ça occasionne
16:58le retrait
16:58d'un certain nombre
16:59de femmes et de filles
17:00des réseaux sociaux
17:00parce qu'elles ont peur
17:02elles ont peur
17:03de ce harcèlement sexiste
17:04de cette possibilité
17:05de deepfake porn
17:06et donc
17:06oui
17:07il faut construire
17:08aujourd'hui
17:08un espace numérique
17:09avec un rappel
17:11qui est très simple
17:12qui est la loi
17:13tout simplement
17:14il y a aussi
17:14j'ai l'impression
17:15que ces affaires
17:17révèlent des problèmes
17:18structurels
17:18on déploie des modèles
17:20d'IA génératifs
17:20sans véritable test
17:22de risque en amont
17:23enfin ce qu'on appelle
17:23des rate timing sérieux
17:25est-ce qu'on joue pas
17:26un peu avec le feu
17:27comment est-ce que
17:29on pourrait
17:30là aussi
17:32imposer
17:33plus de régulation
17:34au moment
17:35de la conception
17:36des outils
17:36il passe simplement
17:37au moment
17:37de l'utilisation
17:38de ces outils
17:39alors ça
17:40c'est absolument crucial
17:41c'est vraiment
17:41une très bonne question
17:42et là-dessus aussi
17:44il y a eu
17:45des travaux
17:46qui ont été faits
17:47en particulier
17:47je vais citer
17:48le règlement européen
17:49sur l'IA
17:50ce qu'on appelle
17:51l'IA Act
17:52voilà
17:52qui avait
17:53qui a demandé
17:55qui a encadré
17:56explicitement
17:56que les systèmes
17:58présentant des risques
17:58pour les droits fondamentaux
18:00obligent les fournisseurs
18:02à évaluer
18:03et à atténuer
18:03ces risques
18:04mais simplement
18:05le sexisme
18:06et la misogynie
18:07est aujourd'hui
18:07un angle mort
18:08vraiment
18:08de ces systèmes
18:09d'IA génératives
18:11et donc vraiment
18:12ce qu'on demande
18:13c'est pas plus compliqué
18:14que ça
18:15c'est qu'ils s'astreignent
18:16à intégrer
18:17la dimension sexiste
18:18dans ces garde-fous
18:20qui sont prévus
18:21par le règlement européen
18:22de l'IA Act
18:22pour qu'enfin
18:24effectivement
18:25l'espace numérique
18:26et la génération
18:27de l'IA
18:28puissent
18:29protéger
18:30les droits fondamentaux
18:31des femmes
18:32et des filles
18:32alors il y a un autre chiffre
18:33qui est très alertant
18:34dans le rapport
18:35du HEE
18:35sur le sexisme
18:37et la menace masculiniste
18:39c'est 17%
18:40de la population
18:41âgée de 15 ans
18:42et plus
18:42ça représente
18:43près de 10 millions
18:44de personnes
18:44à l'échelle nationale
18:45adhèrent aujourd'hui
18:47à un sexisme hostile
18:48on sait bien que ce sexisme hostile
18:51justifie une domination masculine
18:53est-ce que dans ce rapport
18:56il y a des recommandations précises
18:59pour contrebalancer
19:01cette industrialisation
19:03des violences
19:03et aussi ce business
19:05qui rapporte beaucoup
19:06alors effectivement
19:08c'est un business
19:09le masculinisme
19:09est un business
19:10il y a un certain nombre
19:12de formations
19:12par exemple
19:13à la masculinité
19:14qui est vraiment
19:16je dirais presque
19:17des modes d'emploi
19:18pour pratiquer l'emprise
19:22ou la coercition
19:24envers des femmes
19:25et des filles
19:25donc on a vraiment
19:26des business
19:27du masculinisme
19:28c'est ça que montre
19:28le rapport
19:29et oui
19:32je vais me répéter
19:33mais il y a deux
19:33il y a deux aspects
19:35en fait
19:36il y a un aspect
19:36d'éducation
19:37qui est essentiel
19:38et varse
19:39donc l'éducation
19:40à la vie sexuelle
19:41et affective
19:41on rappelle encore une fois
19:43qu'il y a une loi
19:44qui existe depuis 2001
19:45qui demande
19:46trois séances par an
19:48les recommandations
19:49du HE
19:50elles sont claires
19:51c'est qu'il faut
19:52que ces trois heures
19:52soient effectivement
19:54prévues dans le programme
19:55au même titre
19:56que des heures de maths
19:56ou des heures de français
19:57de façon obligatoire
19:59et que ça soit pas
20:00uniquement sur la base
20:02de la bonne volonté
20:03de professeurs
20:04ou d'associations
20:05vraiment que ça soit
20:06inclus dans le nombre
20:07d'heures financées
20:08par l'éducation nationale
20:09pour qu'elles aient lieu
20:10à tous les niveaux
20:11de la prévention aussi
20:13sur la radicalisation
20:15misogyne en ligne
20:16et puis
20:17comme je le disais
20:17tout à l'heure
20:18vraiment un vrai chantier
20:20sur la régulation
20:20du numérique
20:21qui est vraiment
20:21un aspect essentiel
20:24pour faire baisser
20:25le discours de haine
20:27et en fait
20:27on a l'impression
20:28que voilà
20:29l'espace numérique
20:30serait un espace
20:31de la liberté d'expression
20:32oui
20:32c'est un espace formidable
20:34de la liberté d'expression
20:35il se passe plein de choses
20:36mais la liberté d'expression
20:38a des limites
20:39et le discours de haine
20:41le discours de haine sexiste
20:43le discours d'apologie
20:44de la violence
20:45contre les femmes
20:46et bien ça dépasse
20:47les limites
20:48de la liberté d'expression
20:49et donc il faut
20:50rétablir ce cadre
20:51de respect
20:53tout simplement
20:54des limites
20:55à la liberté d'expression
20:56on ne peut pas
20:57tout dire
20:58il y a un certain nombre
20:59de choses
20:59comme l'apologie
21:00du viol
21:01par exemple
21:02par certains influenceurs
21:03masculinistes
21:04qui relèvent
21:05de l'illégalité
21:06et donc il faut éduquer
21:08les enfants
21:09les adolescents
21:10pour dire
21:11non
21:11effectivement
21:12c'est un discours de haine
21:14et leur faire comprendre
21:16qu'il y a des enjeux
21:17extrêmement importants
21:19pour promouvoir
21:20l'égalité femmes-hommes
21:21donc prévention
21:22formation d'un côté
21:23et puis de l'autre côté
21:25rappeler aux plateformes
21:26la loi
21:26parce que
21:27en fait
21:27non
21:28Elon Musk
21:28ne va pas régir le monde
21:31ça suffit
21:32ne peut pas imposer
21:33sa propre loi
21:35nous avons aujourd'hui
21:36un cadre français
21:37et européen
21:38qui doit être respecté
21:39et bien
21:40merci beaucoup
21:41Céline Pic
21:41pour cet éclairage
21:43très intéressant
21:44les defects
21:44s'inscrivent
21:45dans un continuum
21:46des violences
21:47il ne faut absolument
21:47pas l'oublier
21:48cela nous rappelle
21:50à quel point
21:51le combat
21:51pour l'égalité
21:53est loin
21:53très loin
21:54d'être terminé
21:55la force de l'engagement
21:56c'est chaque dimanche
21:58à 15h
21:58sur Sud Radio
21:59et en podcast
22:00sur sudradio.fr
22:01je vous souhaite
22:02une excellente
22:03fin de week-end
22:04je vous dis
22:04à dimanche prochain
22:05même heure
22:06même énergie
22:07pour une nouvelle rencontre
22:08avec celles et ceux
22:09qui font bouger
22:10la société
22:11et tout de suite
22:12John avec le meilleur
22:13de Sud Radio
22:13c'était la force
22:15de l'engagement
22:16avec AJP
22:18épargne
22:18retraite
22:19assurance emprunteur
22:20prévoyance
22:21santé
22:22AJP
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