- il y a 1 an
Avec Yael Mellul, fondatrice de l'association "Femme et Libre" & Karine Dusfour, coréalisatrice du documentaire Netflix "De rockstar à tueur : le cas Cantat"
Retrouvez Muriel Reus, tous les dimanches à 8h10 pour sa chronique "La force de l'engagement" sur Sud Radio.
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##LA_FORCE_DE_L_ENGAGEMENT-2025-05-04##
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NewsTranscription
00:01AGP, Association d'assurés engagés et responsables, présente
00:04Sud Radio, le grand matin week-end, la force de l'engagement, Muriel Reus.
00:10Bonjour à toutes et à tous, ce matin, deux voix essentielles pour nommer l'indicible.
00:14Karine Dussfour, co-réalisatrice du documentaire Choc, diffusé sur Netflix,
00:19de rockstar à tueur, le cas Bertrand Cantat.
00:22Yaël Melul, ancienne avocate, présidente de l'association Femmes et Libres,
00:25qui s'est battue pour faire reconnaître les suicides forcés comme conséquence directe des violences psychologiques conjugales.
00:31Avant de leur donner la parole, commençons, comme chaque dimanche, par un engagement.
00:35Ce matin, je vous propose celui de la lutte contre les suicides forcés.
00:39En 2023, 1185 femmes sont mortes en France, de féminicides directs, mais aussi par violence, par emprise, par peur.
00:46Des morts qui dérangent parce qu'elles ne s'inscrivent pas dans des catégories habituelles.
00:50Des morts silencieuses, sans armes visibles, sans sang, que l'on enterre trop vite.
00:54Des morts que l'on présente comme des décisions individuelles,
00:57mais où la violence a creusé longtemps, patiemment, dans les plis de l'intime,
01:01et qui sont parfois l'ultime étape d'une destruction programmée.
01:05Ces mots-là portent un nom, suicide forcé.
01:07Ce ne sont pas des jets solitaires, ce sont des effrondements psychologiques patiemment orchestrés,
01:12des vies rongées par l'emprise, par une mécanique, un système,
01:16celui de l'isolement, de l'effacement progressif de la volonté de vivre,
01:19et qui conduisent les femmes épuisées à être réduites à néant dans l'intimité d'un couple.
01:24Depuis 2020, la loi française reconnaît que le harcèlement conjugal peut conduire au suicide.
01:29En janvier 2024, un amendement porté par Sandrine Jossot dans la loi d'Aurore Berger
01:33a ouvert la voie à une avancée majeure, la reconnaissance du contrôle coercitif dans le code pénal.
01:39Une étape, une prise de conscience essentielle majeure.
01:42Car jusqu'à présent, seules quelques condamnations pour harcèlement ayant conduit au suicide
01:46étaient prononcées chaque année.
01:48Neuf en 2023.
01:49Pas parce que les faits n'existent pas, mais parce que nous ne savons pas encore bien les voir,
01:54les qualifier, les documenter.
01:56Et si l'autopsie dit comment, elle ne dit jamais pourquoi.
01:58Elle ne dit pas si derrière ce geste, il y a eu une main invisible,
02:01une parole déstructrice, une peur quotidienne.
02:04Alors, s'engager pour lutter contre les suicides forcés,
02:07c'est poser une exigence.
02:08Celle d'une enquête rigoureuse, qui regarde au-delà du geste.
02:11Celle d'une justice formée, capable de nommer le contrôle coercitif
02:15et de désigner les responsabilités.
02:17Celle d'un changement culturel, qui s'assent enfin de demander à la victime
02:20pourquoi elle n'est pas partie, et commence à demander à l'auteur
02:23ce qu'il a mis en place pour qu'elle ne puisse pas partir.
02:26Enfin, pour que la justice puisse affirmer, ce suicide n'est pas un hasard,
02:29c'est une conséquence, une responsabilité.
02:32Chaque jour, en France, trois femmes meurent,
02:34sous les coups de leurs compagnons ou ex-compagnons,
02:36ou parce qu'un harcèlement invisible les a poussés à ne plus pouvoir vivre.
02:39C'est bien cela que nous devons regarder en face et transformer.
02:43Karine Dufour, bonjour.
02:44Bonjour.
02:45Vous êtes co-réalisatrice du documentaire de Rockstar à Tueur,
02:48le cas Bertrand Cantat, diffusé sur Netflix.
02:50Ce film a provoqué un électrochop, il dit l'indicible,
02:53comment la violence peut s'installer dans l'intimité
02:55sous couvert d'amour, de charisme et de notoriété.
02:58Et comment une société entière peut détourner le regard.
03:01Bonjour Yaël.
03:02Bonjour Muriel.
03:03Vous êtes ancienne avocate, présidente de l'association Family Libre.
03:05Vous êtes une des premières à avoir porté la notion de suicide
03:08forcée dans le débat public et avoir tenté de faire reconnaître juridiquement,
03:11notamment à travers deux plaintes,
03:13cette notion concernant la mort de Christina Radhi.
03:17Alors merci d'être avec nous ce matin.
03:19Karine, pourquoi ce documentaire aujourd'hui, 20 ans après les faits ?
03:23Qu'est-ce qui a motivé à remettre cette affaire sur la table
03:26alors qu'elle semblait appartenir à une mémoire déjà classée ?
03:30Nous voulions rendre hommage à la mémoire de deux femmes.
03:35Marie Trintignant et Christina Radhi, ensevelies sous un narratif d'un monde ancien,
03:40je pense, et dont c'était tout l'enjeu.
03:42C'était de raconter comment en 2003 et en 2010,
03:46ça avait été vu comme des accidents, des tragédies,
03:50et comment aujourd'hui on peut re-regarder différemment.
03:52Il ne s'agit pas de rejuger un homme, mais de regarder différemment
03:55et de remettre à l'honneur la mémoire de ces deux femmes mortes à 41 ans chacune
03:59et qui auraient dû être vivantes aujourd'hui.
04:01Donc on peut dire un besoin de vérité,
04:04un besoin de raconter ce qui s'était passé face à l'impunité
04:08et puis à la fascination pour les figures masculines quand même.
04:11Oui, une autre vérité, c'est-à-dire qu'il y a un rouleau compresseur du patriarcat
04:16qui a raconté que c'était un accident,
04:19que c'était la faute à pas de chance, que c'était une tragédie.
04:22La mort de Christina aussi, c'était une tragédie pour Bertrand Cantat.
04:27Aujourd'hui, on avance sur la connaissance fine des violences psychologiques,
04:32notamment du contrôle coercitif, de comment un homme s'approprie une femme,
04:36même s'il l'aimait, il se l'approprie.
04:39Et donc c'était regarder différemment ses relations intimes.
04:42Alors au lendemain de la mort de Christina,
04:44un radis, une enquête judiciaire a été ouverte.
04:46Elle a été refermée très vite.
04:49Bertrand Cantat, en liberté conditionnelle à l'époque, n'a pas été inquiété.
04:53Est-ce que, selon vous, c'est cette absence d'enquête au départ
04:56qui a empêché que la vérité soit dite
04:58et que justice soit réellement faite sur cette affaire-là ?
05:01Très clairement, là on est face à une faute,
05:07une faute première,
05:08parce qu'au moment du suicide de Christina Raddy,
05:11donc en janvier 2010,
05:13Bertrand Cantat est encore soumis à des obligations
05:15devant un juge d'application des peines,
05:17puisque sa libération conditionnelle se poursuivra jusqu'en
05:21juillet 2010, donc six mois après le suicide de Christina.
05:25On a affaire à un homme qui a été condamné
05:27pour le meurtre d'une femme, trois ans auparavant.
05:31On a affaire à un homme
05:32qui est présent
05:34au moment du suicide
05:37de sa femme dans leur maison familiale.
05:40Il dort d'ailleurs.
05:41Il dort, voilà, comme toujours.
05:42Et donc comment la justice, à ce moment-là,
05:47n'a pas déjà levé sa libération conditionnelle,
05:51parce que ça aurait été n'importe qui d'autre,
05:53n'importe qui d'autre,
05:54il aurait été en détention immédiatement,
05:57puisque une enquête de voisinage à minima,
06:01à minima,
06:02aurait permis de savoir
06:05que Christina Raddy était victime de violences conjugales,
06:09puisqu'on n'en est pas du tout à remettre en cause
06:11la thèse du suicide, c'est un suicide.
06:13Le sujet, c'est de savoir
06:14si cette femme était victime de violences conjugales.
06:18Et des investigations à minima
06:23auraient permis de conforter cette thèse.
06:25Et là, le 10 janvier 2010,
06:28la procédure, l'enquête,
06:30elle va durer 48 heures,
06:32et Bertrand Quentin va être entendue
06:35ni plus ni moins.
06:36Ça, ce sont les termes
06:37qui ont été utilisés par le parquet de Bordeaux
06:40au moment de la clôture de l'enquête.
06:42Ni plus ni moins.
06:44Alors vous, vous avez porté plainte deux fois
06:46concernant la mort de Christina.
06:47La première en 2014, la seconde en 2018.
06:50Pour violences,
06:51on y a entraîné la mort sans intention de la donner.
06:53À quel moment vous avez compris
06:55que ce suicide n'était pas un suicide,
06:57qu'il ne pouvait pas être qualifié du suicide ?
06:58Qu'est-ce qui vous a poussé à agir,
07:00à porter plainte ?
07:01Alors c'est très simple.
07:02Ce qui m'a poussé à déposer plainte,
07:04c'est écouter ce très long message
07:08laissé par Christina Raddy
07:09sur le répondeur de ses parents,
07:12six mois avant de se donner la mort.
07:14C'est un très long message de sept minutes.
07:16Sept minutes, c'est long.
07:18Dans ce long message,
07:19Christina, elle va expliquer
07:22très clairement, en réalité,
07:24qu'elle est victime
07:25à la fois de violences physiques,
07:27mais aussi de violences psychologiques.
07:29Elle dit, par exemple,
07:31que Bertrand est fou,
07:32elle dit qu'elle ne sait pas
07:34si elle s'en sortira saine et sauve.
07:36Elle dit que ce qu'elle vit
07:37est pire que ce que Marie Trintignant a vécu,
07:40donc ce qui laisse présager
07:42d'une fin similaire, en réalité.
07:46Donc pour moi,
07:47à l'écoute de ce message,
07:48on est très clairement
07:49face à une situation de suicide forcé,
07:53à savoir que Christina Raddy
07:54se serait suicidée
07:56parce qu'elle était victime
07:58de violences conjugales.
07:59Et d'emprise psychologique.
08:01Absolument, et d'emprise psychologique.
08:02Bien sûr, et elle le dit.
08:03Le contrôle coercitif.
08:04Et de contrôle, absolument.
08:05Elle le dit, d'ailleurs,
08:06dans son message.
08:07Elle dit qu'elle est terrorisée
08:08par Bertrand Quentin.
08:09Et qu'elle ne sait plus
08:09comment s'en sortir
08:10et que, finalement,
08:11c'est la seule issue.
08:12Alors, ce documentaire,
08:13en trois épisodes,
08:14de 40 minutes,
08:15si vous ne l'avez pas vu,
08:16moi, je vous invite vraiment
08:16à voir cette série documentaire
08:18qui est vraiment,
08:20extrêmement importante
08:21pour comprendre
08:22ce qui s'est passé
08:23dans cette affaire
08:23et pour comprendre
08:24ce qui se passe
08:24dans énormément d'affaires
08:26aujourd'hui encore.
08:28Alors, vous dressez sans détour
08:29le portrait d'un homme
08:29manipulateur, toxique et violent.
08:31Et puis, le titre
08:32de rockstar à tueur
08:33ne laisse aucun doute.
08:35Alors que, pendant des années,
08:36on a parlé de crimes passionnels,
08:38de drames amoureux,
08:39de disputes tragiques.
08:40Est-ce que ce titre,
08:41c'est une façon de réparer
08:42ce déni collectif ?
08:44Oui, c'est de redonner
08:45sens au mot.
08:47Il a tué Marie Trintignant.
08:49Il a été condamné pour ça,
08:50pour homicide volontaire
08:52et non pas involontaire.
08:53Donc, c'est des termes
08:57assez simples.
08:58Tueur.
08:59C'est la réalité.
09:00Ah oui, ça, c'est un impact
09:01incroyable.
09:02Et d'ailleurs,
09:03le vocabulaire
09:04qui a été utilisé
09:04pendant toutes ces années,
09:05qui évoque cette perte de contrôle,
09:07cette émotion forte,
09:08presque romanesque,
09:09en fait,
09:10évidemment,
09:11le mot féminicide
09:11n'existait pas
09:12à cette époque-là.
09:13À décharge,
09:13on peut dire ça.
09:15À décharge,
09:15on ne connaissait pas,
09:16évidemment,
09:17les processus de domination
09:18tels qu'on les décrit
09:19aujourd'hui.
09:20Mais aujourd'hui,
09:21est-ce que ça a été
09:22difficile de recueillir
09:24tous ces témoignages ?
09:25Parce qu'on comprend bien
09:25que cette Omerta,
09:26elle n'a pas disparu.
09:27Elle est encore là.
09:28Oui,
09:29elle est là
09:29encore aujourd'hui.
09:31On le voit bien
09:32avec Pascal Nègre
09:34ou le tourneur
09:35de Bertrand Conta.
09:37Ce qui est bien
09:38avec la série,
09:38c'est que ça permet
09:39au grand public
09:40de connaître
09:41ces mécanismes
09:42d'emprise
09:43et de contrôle coercitif.
09:45Les féministes
09:45de l'époque,
09:46Gisèle Halimi,
09:47Isabelle Alonso,
09:49l'avaient déjà dénoncé.
09:50Le mot féminicide,
09:51en 2003,
09:51il était aussi connu
09:52notamment en Amérique latine.
09:54Mais donc,
09:54la série,
09:55elle permet
09:56que le grand public
09:56soit aujourd'hui
09:57alerté
09:58sur ces violences
09:59psychologiques
10:00et qu'on puisse
10:01dire aujourd'hui,
10:02par exemple,
10:02les journalistes locaux
10:04à l'époque du suicide
10:04de Christina
10:05me disaient
10:06nous on n'a pas enquêté
10:07un suicide,
10:07on n'enquête pas.
10:08Aujourd'hui,
10:09je pense que grâce
10:09au travail de
10:10Yael Melul
10:11et d'autres
10:11et de cette série,
10:13un journaliste local
10:14ne pourrait plus se dire
10:15je n'enquête pas
10:15sur le suicide
10:16de Christina Radhi.
10:17Mais est-ce que des gens
10:17ont refusé de témoigner ?
10:18Oui, énormément,
10:20beaucoup.
10:21Moi, ça fait 15 ans
10:22que je fais des documentaires
10:23sur les violences
10:24sexistes et sexuelles,
10:24c'est l'enquête
10:25la plus difficile
10:26que j'ai faite.
10:27Je voudrais citer
10:28Zoé Debussière,
10:29Anne-Sophie Yann
10:30et Nicolas Larty
10:30qui sont les co-réalisateurs
10:31et co-réalisatrices
10:32de la série.
10:33Moi, je me suis concentrée
10:34sur Christina Radhi
10:35et Bordeaux,
10:37vraiment,
10:37c'est une omerta.
10:39Ce sont des mille feuilles
10:41de silence additionnés
10:43et une fois qu'on a menti
10:44ou qu'on s'est tue
10:45en 2003 ou en 2010,
10:47c'est très difficile,
10:49même des années après,
10:49de dire
10:50je me suis trompée,
10:52j'ai menti.
10:52C'est très difficile.
10:53Pourtant,
10:54on a quand même
10:54un des membres du groupe
10:55qui a accepté de dire
10:56qu'il est parti
10:57en ne disant pas
10:57qu'il partait réellement
10:58parce qu'il avait assisté
10:59à des violences.
11:00Mais enfin,
11:00on comprend bien
11:01que ce départ,
11:01il est aussi lié
11:02à cette affaire.
11:03Oui,
11:04mais les solidarités
11:06masculines,
11:08mais pas que,
11:09autour du groupe,
11:11des proches,
11:12de la maison de disques,
11:14de Bordeaux,
11:15de l'ancien avocat
11:17de Bertrand Cantat
11:18est aujourd'hui
11:18le maire de Bordeaux.
11:19Donc,
11:20les policiers,
11:21enfin,
11:21tout le monde...
11:22Mais comment on explique ça ?
11:23Comment on explique
11:23que cet homme qui...
11:25OK,
11:25ça a été un genre de trop de rock,
11:26mais enfin,
11:26ça n'a pas été...
11:27Enfin,
11:27je veux dire,
11:27OK,
11:28c'est quelqu'un qui a compté
11:29dans l'univers de la musique.
11:30Comment est-ce qu'on explique
11:31qu'il y ait autant
11:32autour de lui
11:33de protection
11:34alors que
11:35ce documentaire,
11:37par exemple,
11:37il est extrêmement révélateur ?
11:39Aujourd'hui,
11:39on sait documenter tout ça.
11:41Pourquoi encore
11:41cette omerta
11:42autour de cet homme ?
11:43Parce que c'est très difficile
11:44de dire
11:44je me suis trompée,
11:45j'ai menti.
11:46C'est comme ça
11:47que vous le percevez.
11:48Et vous,
11:48Yael ?
11:48Il y a ça,
11:50évidemment,
11:50mais il n'y a pas que ça.
11:51Moi,
11:51je sais,
11:52pour avoir approché
11:53certaines personnes
11:54qui refusent
11:55de témoigner publiquement,
11:57elles sont,
11:58elles aussi,
11:59terrorisées
12:00par Bertrand Cantat.
12:01Elles ont peur de lui ?
12:01Elles ont très peur de lui.
12:03C'est-à-dire,
12:03il faut bien comprendre
12:04qu'on a manifestement
12:05affaire
12:06à une personne
12:08qui,
12:09selon toute vraisemblance,
12:12déjà,
12:12c'est clairement
12:12un homme violent,
12:13mais il l'a tué.
12:14Voilà.
12:15Et qui exerce
12:16cette espèce d'emprise
12:17sur absolument
12:18tout son entourage
12:20qui les paralyse.
12:22Il y a encore,
12:23je crois que c'est
12:24la semaine dernière,
12:25Serge Tessoguet
12:25qui a fait un post
12:27sur Facebook
12:28et qui a dit
12:29je n'ai rien à dire.
12:30Voilà.
12:31Alors qu'on sait
12:32parfaitement bien
12:33que Serge Tessoguet
12:35c'est un témoin
12:37direct,
12:38direct
12:39des violences subies
12:40à la fois par
12:41Christina Raddy
12:42et par bien
12:43d'autres femmes.
12:44Donc,
12:45moi,
12:45je ne comprends pas
12:46pourquoi,
12:48par exemple,
12:49tous les membres
12:50de Noir à Désir
12:51à un moment donné
12:52n'aient pas cette
12:53volonté
12:55de se libérer
12:56la conscience
12:56en réalité.
12:57Voilà.
12:57Pour moi,
12:58c'est une affaire
12:58aujourd'hui
12:59de conscience.
13:00Est-ce que,
13:01moi,
13:01quand j'ai vu ce documentaire,
13:03je me suis dit,
13:03une de mes premières réactions,
13:04ça a été de dire
13:05mais il faut rouvrir
13:06une enquête.
13:07Est-ce que vous pensez,
13:08vous,
13:08Yael,
13:09qu'on pourrait
13:10rouvrir cette enquête
13:12sur le suicide
13:13de Christina Raddy ?
13:14Alors moi,
13:15déjà,
13:16ce qui m'interroge,
13:17mais déjà,
13:19ça me posait question
13:20depuis que le message
13:22de Christina Raddy
13:23a été rendu public
13:23en 2012,
13:25pourquoi le parquet
13:26de Bordeaux,
13:27qui a l'opportunité
13:29des poursuites,
13:29ne se saisit pas
13:30d'office ?
13:31Pourquoi ?
13:32Aujourd'hui,
13:33dans ce doc,
13:34dans ce documentaire
13:34Netflix,
13:35il y a un élément nouveau,
13:36sans conteste aucun.
13:37Il y en a deux,
13:38non ?
13:38Il y a le témoignage
13:39de la visiteur ?
13:41Absolument,
13:42et il y a le témoignage
13:44de l'infirmier.
13:45Un visage couvert,
13:46mais quand même.
13:47Mais c'est un témoignage,
13:48voilà,
13:48qui vient nous dire
13:50qu'il y a
13:51un dossier médico-légal
13:54attestant de violences
13:55extrêmement sévères,
13:57subies par Christina Raddy.
13:58On parle quand même
13:59décollement du cuir chevelu.
14:01Je veux dire,
14:02on a un niveau
14:03de violence
14:03d'une exceptionnelle gravité.
14:06Donc,
14:06normalement,
14:07le parquet
14:08devrait s'en saisir.
14:09Le parquet,
14:10qui,
14:10encore une fois,
14:11à l'opportunité
14:11des poursuites,
14:13devrait se saisir
14:14d'office.
14:16Alors,
14:16la question,
14:16c'est pourquoi
14:17ne le fait-il pas ?
14:18Ça voudrait dire
14:18que cet omertal
14:19va jusqu'au parquet ?
14:21Manifestement,
14:22force est de le constater.
14:23Je ne peux que constater
14:25que depuis,
14:25on va dire,
14:262012,
14:27au moment,
14:28encore une fois,
14:28parce que le message
14:29de Christina Raddy,
14:30c'était en soi
14:31déjà une preuve
14:33incontestable
14:35des violences
14:35subies par Christina.
14:36C'est comme une plainte
14:37posthume quelque part.
14:38C'était un appel au secours,
14:39très fort.
14:39Oui.
14:40Pourquoi,
14:41déjà à l'époque,
14:41le parquet
14:42ne s'est pas saisi d'office ?
14:43Il aura fallu
14:44qu'au moment
14:45du dépôt de ma plainte,
14:46j'aille au parquet de Bordeaux
14:47pour donner au parquet
14:50l'original
14:51du message
14:51laissé par Christina Raddy
14:53pour que ce message
14:54soit intégré
14:55dans le dossier pénal,
14:56ce qui n'était pas le cas
14:57jusqu'à présent.
14:58Dans ce documentaire aussi,
14:59on voit l'inversion
15:00de la culpabilité
15:00à l'égard de Marie Trintignant.
15:02C'est le frère,
15:03si je ne me trompe pas,
15:04de Bertrand Cantat
15:05qui dit
15:05des enfants différents
15:07ont deux pères différents,
15:09elles buvaient,
15:09elles se droguaient.
15:10Donc en fait,
15:11c'est Marie
15:12qui finalement
15:13l'a agressée
15:14et c'est Cantat
15:15qui est la victime.
15:16C'est invraisemblable.
15:17Mais c'est une mécanique
15:18qu'on connaît aujourd'hui bien.
15:20Elle est responsable,
15:21elle m'a fait péter les plombs,
15:22je voulais qu'elle se taise.
15:23Ça, aujourd'hui,
15:24ça permet justement
15:25de regarder différemment
15:27ces deux morts
15:28et c'est ça aussi
15:31qui participe
15:31de l'OMERTA.
15:33C'est-à-dire que
15:33si on pense
15:34que c'est la faute
15:35de la victime,
15:35on ne parle pas,
15:38on rentre chez soi
15:39tranquillement
15:40pour avoir
15:40la conscience tranquille.
15:42Bien, écoutez,
15:43merci toutes les deux.
15:44Merci toutes les deux
15:44pour être venus parler
15:46de cette affaire.
15:46Regardez vraiment
15:48ce documentaire.
15:49Il est salutaire,
15:50il est très important.
15:52Il met des mots
15:52sur ce qu'on préfère,
15:53terre,
15:54la memprise,
15:55la peur,
15:55la destruction psychique.
15:58Vraiment,
15:58il faut le regarder.
15:59Je vous remercie
16:00toutes et tous,
16:02vous qui nous écoutez
16:03chaque semaine
16:03et à dimanche prochain
16:04pour un nouvel échange
16:05et une même volonté,
16:06faire bouger les lignes.
16:07Sud Radio,
16:10le grand matin week-end,
16:12la force de l'engagement,
16:13Muriel Reus.
16:14Avec AGP,
16:15Association d'assurés engagés
16:17et responsables.
16:18Merci.
16:19Merci.
16:20Merci.
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