00:00Générique
00:00Pendant la crise de la Covid, beaucoup de postulats ont été affirmés, comme des vérités.
00:14Cinq ans plus tard, cinq certitudes qui ont volé en éclats.
00:19C'est la fin des métropoles, retour à la campagne, à la nature.
00:23Il faut se souvenir, rue vide, commerce fermé, silence pesant, confinement dans des espaces étriqués.
00:28C'était sûr, les urbains fuiraient cet enfer pour de bon.
00:33Les entreprises suivantes déserteraient elles aussi des lieux.
00:37Alors certes, Paris-Entramuros a perdu des habitants.
00:4045 500 de moins entre 2021 et 2024 pour une population totale de 2,87 millions de personnes.
00:46Ce n'est pas neutre.
00:48Cette baisse s'inscrit toutefois dans un temps long, débuté bien avant la crise sanitaire.
00:52La première variable explicative, des prix des logements prohibitifs pour les familles qui cherchent plus d'espace.
00:57De son côté, l'île-de-France gagne globalement des habitants, signe d'un rééquilibrage plus qu'une désertion.
01:04Même constat pour Marseille.
01:06Toulouse, devenue la deuxième ville de France et de Bordeaux.
01:09La population baisse à Lyon, mais progresse dans la métropole lyonnaise à Ville-Lormade.
01:14Le grand départ n'a pas eu lieu.
01:16Deuxième idée forte, le développement du télétravail allait tuer les bureaux.
01:20C'est indéniable.
01:23La pratique du télétravail s'est développée avec la crise sanitaire.
01:26Mais le pic du mouvement est passé et le soufflet retombe.
01:30Cela concerne à peine plus du quart des emplois.
01:33Les bienfaits sur la productivité sont contestables.
01:35Surtout, les études montrent, sans contestation possible,
01:39que cela nuit à la créativité et à l'avancement des salariés.
01:42Le télétravail n'est pas une révolution, mais une adaptation.
01:47Et comme souvent plus pragmatique que spectaculaire.
01:50Troisième idiotie.
01:53L'État peut tout financer.
01:55La dette ne coûte rien.
01:57Avec les taux à zéro, certains pensaient qu'on pouvait s'endetter sans limite.
02:00Le fameux « quoi qu'il en coûte » semblait sans conséquence.
02:04Mais les taux sont remontés, vite et fort.
02:07Résultat, en 2025, la France dépensera 67 milliards d'euros,
02:10rien que pour payer les intérêts de sa dette.
02:13C'est plus que le budget de l'éducation nationale.
02:16Un chiffre en hausse qui pourrait atteindre 100 milliards
02:18si rien n'est fait d'ici 2028.
02:21L'argent facile n'était pas gratuit.
02:24Il était temporaire.
02:26Aujourd'hui, il pèse lourd.
02:28Et l'heure des comptes a sonné.
02:29Quatrième idée fausse, le monde d'après sera plus local.
02:33On promettait un retour au circuit court,
02:35une consommation plus raisonnée.
02:37Bilan.
02:37Le marché de la fast, voire de l'ultra fast fashion,
02:41caractérisé par des prix extrêmement bas,
02:43des nouvelles collections quasi quotidiennes,
02:46fabriquées et importées d'Asie,
02:47n'a cessé de croire.
02:48Le chinois Shane a concentré 12% de la hausse des dépenses de vie courantes en 2024,
02:53devançant son compatriote Taimou.
02:56La concurrence est distancée.
02:58Les chaînes de Hardiskoun,
03:00comme le néerlandais Action,
03:01ou le danois Normal,
03:02où l'on trouve un peu de tout,
03:04mais surtout très peu de bed in France,
03:07n'a cessé d'étendre son emprise sur le territoire.
03:10Dernière certitude qui a volé en éclats,
03:12s'en est fini du tourisme de masse
03:13et des destinations lointaines.
03:16Faux.
03:17Selon les statistiques de l'Association internationale du transport aérien,
03:20le trafic aérien mondial devrait en 2025,
03:23pour la première fois,
03:25dépasser la barre des 5 milliards de passagers,
03:27avec un total de 5,2 milliards.
03:30Soit une croissance de 6,7% par rapport à 2024.
03:34Les grandes certitudes de la crise ont malveillé.
03:37L'émotion et l'urgence ont dicté des récits séduisants,
03:39mais déconnectés des faits.
03:40La réalité a été plus nuancée,
03:43plus complexe.
03:44Comme souvent.
03:44Sous-titrage Société Radio-Canada
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