00:00Smart Impact, notre débat porte sur l'avenir du tourisme en montagne avec Thomas Parouty, bonjour, le fondateur de l'agence Mieux, Anne-Laure Danoutaké, bonjour,
00:16directrice Impact de Maeva, présentation de Maeva tient en quelques mots, filiale du groupe Pierre et Vacances, c'est ça ?
00:23En effet, alors Maeva c'était historiquement des résidences de vacances, depuis 2014 c'est une place de marché qui commercialise des locations de vacances,
00:31du camping, de la résidence de vacances et désormais on a également développé d'autres activités et à la montagne on est présent en tant que distributeur puisqu'on commercialise 12 000 locations de vacances,
00:42des grandes marques du tourisme et on a également notre propre réseau d'agence de location saisonnière puisqu'on gère aujourd'hui sur la montagne 2300 résidences secondaires,
00:52donc appartements, chalets de particuliers.
00:54Il n'y a pas de camping en montagne ?
00:56Non, aujourd'hui on n'a pas de camping franchisé en montagne mais on a également une franchise dans le camping chez Maeva, camping Maeva, on a 55 établissements affiliés à notre réseau.
01:05Allez, l'agence Mieux, mais alors vraiment en quelques mots Thomas Parouty.
01:08C'est une agence de communication depuis 16 ans au service des sujets RSE, des marques et des entreprises.
01:14Allez, je rentre dans le dur, le tourisme de montagne il a encore un avenir ?
01:18C'est une très bonne question parce qu'on voit bien qu'il y a un problème d'enneigement de plus en plus important, qu'aujourd'hui il y a un bilan carbone qui est élevé pour les skieurs,
01:30qui dépend avant tout des transports mais aussi du logement et c'est des sujets qu'on va essayer d'évoquer là maintenant.
01:38Mais c'est clair qu'aujourd'hui les stations de montagne sont un peu dans le déni et doivent se poser des questions sur qu'est-ce qui va se passer dans 5 ans.
01:47En l'occurrence il y a les JO, on en parlera peut-être aussi, mais dans 5 ans, dans 10 ans, voilà.
01:53Alors ça commence, ce virage, l'idée de sortir du 100% ski, de toute façon il n'y a pas d'autre option.
02:00Il faut absolument qu'elles diversifient leurs activités, 4% des investissements sont sur autre chose que le ski.
02:084% seulement ?
02:094%.
02:10On a un problème dans l'équation là.
02:11C'est pour ça que je dis qu'il y a du déni.
02:13Mais c'est vrai qu'il y a de plus en plus de ski de rando, de raquettes, de ski de fond ou d'autres activités.
02:19La montagne c'est extraordinaire.
02:21Enfin je ne sais pas, à chaque fois qu'on se retrouve au sommet d'une montagne et qu'on regarde autour.
02:25Moi j'étais au ski il y a quelques jours au Grand Bornand et en fait il y a une mer de nuages tout autour avec des pics qui sortent à droite à gauche.
02:34C'est extraordinaire et on est obligé d'être émerveillé.
02:37Donc cet émerveillement, qu'est-ce qu'on en fait, nous aussi, communiquant pour créer un nouvel imaginaire de la montagne.
02:44Alors justement, Anne-Laure Dano-Taquet, comment vous travaillez sur cette problématique dans un groupe comme Maéva ?
02:51C'est-à-dire continuer de proposer des expériences touristiques en montagne tout en tenant compte de cet avenir compliqué ou cette équation compliquée.
03:01Alors nous, moi ce que j'aime bien c'est aussi repartir des ordres de grandeur.
03:04Aujourd'hui on sait que 50 à 70% de l'empreinte carbone des vacances à la montagne c'est le transport.
03:11Et chez Maéva, on estime qu'aujourd'hui on fait partir 200 000 vacanciers chaque année en station et on estime que notre rôle c'est d'accompagner finalement les nouveaux usages autour des vacances.
03:22Et on a lancé il y a tout juste deux semaines l'offre TrainKill.
03:26TrainKill c'est un package qui vient agréger votre train, votre trajet en train, votre navette et votre hébergement.
03:35Alors ça peut paraître facile, c'est vrai qu'on le package, on va beaucoup sur l'aérien.
03:39En fait en réalité c'est un vrai défi technologique de réussir à mettre...
03:43Mais pourquoi c'est compliqué ?
03:44Eh bien parce que c'est énormément de flux de données à agréger et en fait aujourd'hui historiquement le ferroviaire n'est pas packagé.
03:52Et donc là c'était un vrai enjeu de pouvoir réussir à proposer ça.
03:56On sait qu'on a un plan d'avance de phase.
03:58Aujourd'hui la demande elle n'est pas forcément beaucoup là.
04:01Mais notre idée c'est vraiment de se dire on va proposer finalement un autre récit des vacances qui commence finalement dès le départ depuis Paris par exemple ou depuis Lyon je ne sais pas.
04:10Mais en fait commencez par jouer aux cartes avec vos enfants dans le train plutôt que faire 12 heures, 7 heures, 5 heures du bouchon.
04:18Soupe de peste contre les gens bouteillages.
04:20Voilà en arrivant en Valais.
04:22Mais donc l'idée c'est d'inciter à changer de comportement.
04:27Pourquoi ? Parce qu'aujourd'hui il y a majoritairement des touristes qui partent en montagne en voiture ?
04:33Principalement et on a quand même 30% de clientèle étrangère en France qui vient consommer la destination montagne et qui vient en avion.
04:41Donc le poids de l'avion est très important également.
04:44Mais effectivement pour la clientèle domestique la voiture c'est le recours numéro un.
04:48Parce qu'on a plein de bagages, parce qu'on a les filles, parce qu'on va avec les gosses et tout.
04:53Dit-il parce qu'il est parti en voiture au ski il y a peu de temps ?
04:56Non.
04:57Moi je vais Bourg-Saint-Maurice et après il y a Les Arts, Tignes, Val d'Isère.
05:02Donc c'est faisable malgré tous les bagages de partir évidemment en train.
05:05Et mes potes qui partent de Paris partent en voiture.
05:08Ça se fait bien.
05:09Mais aujourd'hui ce qui est compliqué c'est que finalement vous réservez par exemple aujourd'hui en juillet votre chalet pour partir avec vos amis.
05:16Mais les ouvertures de train n'interviennent qu'en novembre.
05:19Et avec ce qu'on en lance sur Trakin vous allez pouvoir réserver d'ores et déjà,
05:23avant même l'ouverture des calendriers sur la SNCF ou sur Ouigou, votre trajet en train et votre hébergement.
05:29Il y a aussi une question d'accessibilité de prix.
05:34On parle de tourisme bas carbone.
05:36C'est faire en sorte qu'il y ait des offres qui soient accessibles à tous Thomas Parouty.
05:39Le pourcentage de Français qui vont au ski c'est entre 5 et 7%.
05:44Donc c'est CSP++.
05:46Donc effectivement le train peut coûter plus cher.
05:50Ce n'est pas leur première priorité de se dire ça me coûte trop cher.
05:55Ils ne raisonnent pas par rapport à ça.
05:57Et c'est tellement simple d'aller au ski en train.
06:00La SNCF est présente partout dans les Alpes.
06:04Après il y a quelques navettes donc c'est quand même hyper facile.
06:07Je voudrais qu'on parle des Jeux Olympiques 2030 dans les Alpes.
06:12C'est une bonne nouvelle.
06:14Mais est-ce que ce n'est pas le vieux modèle qu'on est en train de continuer de vendre ?
06:20C'est peut-être pour ça que Fourcade a refusé d'y aller en disant que les conditions ne sont pas remplies.
06:25Il y a aujourd'hui une institution comme Résilence Montagne qui milite contre ces JO.
06:29Je rappelle que le domaine skiable, l'empreinte carbone du skieur,
06:35les remontées mécaniques, la neige artificielle, c'est que 2-3% du bilan carbone.
06:40Et c'est le transport qui pèse le plus.
06:42Les JO ont été signées.
06:44Économiquement, je ne sais pas comment ça va se passer.
06:47En tout cas, c'est une opportunité extraordinaire pour rénover le parc immobilier,
06:52pour changer l'accessibilité des stations.
06:55Il faut que ce soit une opportunité environnementale, sociale,
06:59pour transformer ce secteur d'activité qu'est le sport à la montagne.
07:04Justement, ce levier du parc immobilier,
07:07puisque le levier de transport, on a bien compris que vous aviez une offre,
07:10mais c'est vrai que les immeubles qui sont dans les stations,
07:14ils ont souvent été construits il y a longtemps et ce sont souvent des passoires thermiques.
07:17Sauf que ça coûte très cher de les rénover.
07:19Est-ce que vous avez un plan en la matière avec vos partenaires ?
07:23Est-ce que ça fait partie de vos préoccupations ?
07:25Ça fait vraiment partie de nos préoccupations.
07:28Pour vous dire, aujourd'hui, il y a deux choses.
07:30Il y a effectivement le fait que ces immeubles soient vieillissants,
07:32mais il y a aussi très simplement la réalité de ce qu'on appelle les lits froids.
07:37Alors, qu'est-ce qu'un lit froid ?
07:38C'est votre appartement de famille que vous occupez une semaine par an.
07:44Et puis, vu qu'il est un petit peu désuet, justement, vous y allez de moins en moins
07:48parce que finalement, vous allez louer ailleurs.
07:50Et donc, aujourd'hui, on a des stations sur lesquelles ça va représenter près de 60% des lits,
07:56ce qui est énorme.
07:58Donc, ils sont vides 90 ou 95% de l'année, c'est ça ?
08:01C'est ça, exactement.
08:02C'est ça dont on parle.
08:03Tout à fait.
08:04Et alors, nous, notre rôle chez Maéva, avec 23 agences réparties en station de montagne,
08:08c'est de proposer à ces propriétaires de louer leurs biens pour pouvoir accueillir des vacanciers
08:14et aussi, quelque part, leur permettre de générer un revenu qui pourra financer demain de la rénovation.
08:18Et nous, tout particulièrement sur ce sujet-là, c'est la force d'avoir un maillage territorial
08:25pour une plateforme de distribution.
08:27C'est de pouvoir être là en conseil vis-à-vis de nos partenaires propriétaires particuliers
08:32et de dire, voilà, votre chalet, il faudrait quand même changer les radiateurs.
08:36Ces radiateurs-là, ça consomme énormément.
08:39Nous, en fait, vu qu'on est présents en station,
08:41on va s'occuper de venir pouvoir accueillir l'électricien qui installera le radiateur.
08:47Ça, c'est un vrai service.
08:49Donc, ça, c'est les petites choses.
08:50Par exemple, chez nous, aussi, quand vous signez un mandat,
08:52vous avez systématiquement des mousseurs, des pommes de douche bas débit.
08:59En fait, la transition écologique, c'est souvent une affaire de petits détails
09:03qui font toute la différence in fine sur les factures.
09:05Mais ça, on se parle de petites choses.
09:07Nous, on travaille également sur le sujet de la rénovation.
09:09Et donc, on travaille depuis déjà 2020 avec un partenaire
09:12sur proposer une offre un peu clé en main pour ces propriétaires de résidences secondaires, de chalets.
09:18Vous êtes loin, vous êtes parisiens, lyonnais, je ne sais pas.
09:22Eh bien, nous, en fait, on va pouvoir gérer pour vous la rénovation.
09:27Et ça, c'est quand même une sacrée clé de sérénité pour un milieu.
09:32Évidemment, oui.
09:33Je voudrais qu'on parle du partage de l'eau, cette question-là, Thomas Parouty.
09:36Parce que même si les canons à neige, c'est pas ce qui pèse le plus dans le bilan carbone d'une station,
09:41il y a quand même un enjeu.
09:42C'est-à-dire que si on utilise l'eau pour faire de la neige artificielle,
09:47cette eau, elle ne va pas aller dans les campings qui sont en Valais ou chez les particuliers.
09:55C'est un enjeu majeur, ça ?
09:58Évidemment, parce qu'il y a des stations qui volent l'eau du voisin.
10:03Et donc, en fait, on détourne les courants.
10:05Et donc, du coup, après, ça fait des éboulements de gros rochers, comme on a vu il y a quelques jours.
10:10Et ça participe à la destruction de la biodiversité.
10:14Tout à l'heure, je disais 3% le bilan carbone du domaine skiable avec les remontées et l'eau.
10:21Mais derrière la neige artificielle, il y a un enjeu eau.
10:25Et on voit bien qu'aujourd'hui, la Clusaz a piqué de la flotte au Grand Bornand en allant pomper de l'eau.
10:33Et donc, ça veut dire que la rivière n'a plus le même cours que celle qu'elle avait depuis des milliers d'années.
10:37Dernier mot très vite, 30 secondes.
10:38Est-ce qu'il y a des stations qui communiquent sur leur virage environnemental ?
10:44Oui, il y en a quelques-unes.
10:45Serre-Chevalier est toujours à la pointe.
10:47A peu près 30 à 50% de l'électricité demain à Serre-Chevalier sera produite en autoproduction.
10:54Il y a des stations qui font des super trucs.
10:58À Sainte-Foy-Tarentaise, il y a des parcours ludiques pour les enfants.
11:01La Rosière fait des réduits si vous venez en voiture.
11:05Il y a plusieurs petites initiatives.
11:07Aujourd'hui, le monde de la montagne ne s'exprime pas d'une seule voie.
11:11Il y a beaucoup de dénis.
11:12Il y a beaucoup de progrès à faire sur ce sujet-là aussi.
11:15Merci beaucoup à tous les deux et à bientôt sur BeSmart4Change.
11:19On passe tout de suite à notre rubrique Start-up.
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