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  • il y a 2 ans
Production laitière biologique

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00:00...
00:06Bonjour et bienvenue à tous sur l'espace TV.
00:08On va parler ensemble de résilience des exploitations laitières
00:12et plus particulièrement les exploitations laitières biologiques.
00:16J'ai en ma compagnie Jérôme Pavi pour en parler. Bonjour.
00:19Bonjour.
00:20Vous êtes responsable du service fourrage et pastoralisme
00:23à l'Institut de l'élevage.
00:25Et accessoirement,
00:27vous étudiez les exploitations laitières biologiques
00:31depuis plus de 20 ans, maintenant.
00:33Oui, presque 25 ans.
00:35Alors, l'Institut de l'élevage, justement, a présenté...
00:39A organisé une conférence, pardon,
00:43pendant ce SPAS 2018
00:45sur la résilience des exploitations laitières biologiques.
00:49Juste un petit mot, peut-être de rappel.
00:51Est-ce qu'on peut expliquer aux éleveurs
00:53ce que c'est que la résilience ?
00:55Alors, le concept de résilience a d'abord été créé
00:58dans les sciences de la sociologie
01:01pour qualifier la capacité humaine à se remettre d'un choc.
01:06Et puis, progressivement, on en est arrivé à une transposition
01:09dans le modèle industriel et même agricole.
01:12Et donc, aujourd'hui, le terme de résilience
01:15appliqué à l'agriculture qualifie la capacité
01:17d'une exploitation agricole à revenir à son niveau d'équilibre
01:21après avoir subi un choc,
01:23une perte d'efficacité, une perte de revenus
01:25ou un choc climatique.
01:27Et donc, pour des exploitations laitières biologiques,
01:32par quels indicateurs, quels éléments, on peut la mesurer ?
01:37Alors, justement, c'est toute la difficulté.
01:39On comprend bien ce que c'est que la résilience.
01:41C'est ce niveau d'équilibre qui chute, puis qui se récupère.
01:44C'est ça qui qualifie, en fait, le phénomène de résilience.
01:47La difficulté, après, face à des exploitations,
01:50c'est de trouver les bons indicateurs pour la mesurer.
01:52Finalement, on retombe très souvent sur des indicateurs classiques
01:55de l'analyse technico-économique.
01:57Et ce qui nous intéresse, nous, derrière ce concept de résilience,
02:00c'est de trouver les leviers de la résilience,
02:03c'est-à-dire quand on a des exploitations
02:04ou des groupes d'exploitation qui sont identifiés comme résilientes,
02:07et bien de trouver les ressorts structurels
02:10ou de fonctionnement technique qui leur donnent cette capacité-là.
02:13Et bien sûr, quand on le sait,
02:15notre idée, c'est de transformer ça en conseil
02:18pour aider les futurs exploitants
02:20ou les autres exploitants biologiques qui viendraient à la production
02:23à adopter les bonnes stratégies
02:25pour assurer leur pérennité au mieux dans le futur.
02:28Et concrètement, on peut citer quelques indicateurs de suivi
02:32de la performance, de la résilience des exploitations ?
02:34Alors, en fait, on trie les exploitations
02:37sur des indicateurs technico-économiques classiques
02:39comme l'excédent brut d'exploitation sur le produit
02:42ou ramener une unité de main-d'oeuvre
02:44sur le revenu disponible par une unité de main-d'oeuvre
02:49par la valeur ajoutée nette également par unité de main-d'oeuvre,
02:52ce genre d'indicateurs.
02:54Et ensuite, ça nous permet de distinguer des exploitations
02:57selon leur profil.
02:59Aujourd'hui, le nombre d'exploitations bio augmente
03:04de manière même exponentielle,
03:08en élevage laitier également.
03:11Est-ce que ça pose un problème de résilience
03:14chez les nouveaux convertis biologiques,
03:20les nouvelles exploitations qui se convertissent en bio,
03:23dans la mesure où leur taille est peut-être beaucoup plus importante
03:26que les exploitations qui se sont converties
03:29il y a 10, 15, 20 ans ?
03:32Alors, on ne sait pas encore si ça pose un vrai problème de résilience.
03:35Ce que l'on sait et ce que l'on observe déjà,
03:37c'est qu'on a une perte d'efficacité technico-économique
03:40liée aux exploitations nouvelles qui arrivent,
03:44puisqu'elles arrivent issues d'un modèle conventionnel
03:46et elles ont grandi au cours du temps.
03:48Cette perte est plus importante que ce que vous constatiez auparavant ?
03:53En fait, c'est une érosion un peu constante
03:56sur une augmentation des charges opérationnelles
03:58et des charges de structure,
03:59et notamment aussi des charges de mécanisation,
04:01qui viennent un peu réduire cette performance technico-économique
04:04qui reste cependant très bonne pour les élevages laitiers.
04:07Mais en fait, le principal problème,
04:09c'est que les exploitations conventionnelles grandissent
04:12avec des parcellaires qui ne sont pas toujours adaptés au pâturage.
04:15Et lors du mécanisme de conversion,
04:17alors que l'un des leviers de l'efficacité technico-économique
04:20des exploitations biologiques, c'est la maximisation du pâturage,
04:25ces exploitations se retrouvent avec des parcellaires
04:27qui ne sont pas forcément adaptés à ça.
04:29Est-ce que... Je pousse ma question un peu à l'extrême.
04:32Est-ce qu'il y a une taille critique ?
04:33Est-ce qu'on constate une taille critique
04:35à partir de laquelle une exploitation en lait conventionnel,
04:39en production laitière conventionnelle,
04:41pour elle, ça va être compliqué de passer en bio ?
04:44Non. En fait, on voit aujourd'hui des exploitations de grande taille.
04:48On a dans nos réseaux des exploitations de plus de 200 hectares
04:51en polyculture et élevage avec des très grands quotas laitiers,
04:54parfois des références qui dépassent le million de litres de lait.
04:57C'est pas ces éléments-là qui sont déterminants
04:59sur la capacité ou pas à se convertir.
05:01C'est plutôt sur l'organisation spatiale de l'exploitation.
05:05Est-elle en capacité d'aller vers une stratégie
05:07de maximisation du pâturage ou pas ?
05:09A-t-elle le parcellaire adapté
05:10pour permettre l'accessibilité à ces troupeaux
05:13de valoriser l'herbe par le pâturage ?
05:15Et c'est plus là, en fait, qu'on observe aujourd'hui
05:18des difficultés dans ces nouvelles conversions
05:21avec des structures d'exploitation
05:23qui ne sont pas toujours favorables à ces pratiques.
05:25L'Institut de l'élevage a suivi, pendant ces dernières années,
05:28de 2012 à 2016, un peu plus de 200 exploitations.
05:33Est-ce que vous constatez des échecs de conversion ?
05:37A ma connaissance, je ne connais aucune exploitation biologique
05:42laitière qui soit revenue au conventionnel.
05:45Donc ça peut déjà être la forme d'un certain succès
05:50et d'une stratégie qui reste payante.
05:53Aujourd'hui, ce que l'on voit, c'est que le revenu disponible
05:55par unité de main-d'oeuvre est supérieur en agriculture biologique
05:58qu'en agriculture conventionnelle
06:00quand on est dans les mêmes systèmes de production.
06:03Et il y a, bien sûr, quand même une hétérogénité qui persiste.
06:07Tous ne sont pas dans les meilleures performances.
06:10Mais c'est vrai que le taux d'échec aujourd'hui est extrêmement limité.
06:13Et les performances moyennes sont au-dessus
06:15de ce que l'on observe en conventionnel.
06:18J'ai entendu, dans les allées du space,
06:21des éleveurs, des représentants d'éleveurs
06:25qui commencent à s'inquiéter de l'afflux de lait
06:28avec le nombre de conversions en production biologique
06:33qui pourrait avoir un impact à terme, à plus ou moins long terme,
06:36sur le prix.
06:38Aujourd'hui, la filière laitière biologique
06:40a une certaine stabilité de ce côté-là au niveau du prix du lait.
06:45Est-ce que les exploitations biologiques laitières
06:50pourraient être impactées, plus, moins que des conventionnelles,
06:54sur une volatilité accrue du prix du lait ?
06:57D'abord, il faut dire que le prix est un élément essentiel
07:02de la performance des systèmes biologiques.
07:04Le différentiel de prix entre lait biologique et lait conventionnel
07:08explique aussi cette différence de performance.
07:12Bien sûr, ça peut être une menace, une baisse de prix,
07:15un excédent de production par rapport à la consommation
07:17ou les capacités des entreprises à utiliser ce lait biologique
07:20pourraient être une menace sur l'évolution du prix.
07:23Il y a d'autres menaces du même type
07:24qui pourraient être les développements très forts
07:26qui sont constatés dans les pays voisins de la France,
07:29notamment en Allemagne, au Danemark
07:33et également en Autriche.
07:35Ce que l'on peut dire, c'est que compte tenu de l'érosion
07:39un peu tendancielle de la performance économique
07:42des exploitations biologiques,
07:44notamment à travers l'augmentation de certaines charges,
07:46si le prix baissait aujourd'hui,
07:48sans doute que les exploitations biologiques
07:49seraient en plus mauvaise posture qu'elles ne l'étaient il y a 5 ans.
07:53Et pourquoi ? Parce que le niveau de charge est plus élevé ?
07:57Oui, parce qu'en fait, on observe une augmentation tendancielle
08:02d'un certain nombre de postes de charge,
08:04notamment les charges opérationnelles
08:05sur certains postes, notamment de concentrés,
08:08charges vétérinaires aussi,
08:10mais aussi au niveau des charges de structure
08:11qui évoluent avec l'inflation
08:13et pour certaines qui sont aussi le résultat de stratégies d'équipement
08:16qui sont très coûteuses,
08:19même pour les exploitations biologiques.
08:21Jérôme Pavie, merci beaucoup pour cet éclairage.
08:25Retrouvez d'autres éléments sur la performance
08:27des exploitations laitières, biologiques ou conventionnelles
08:31sur webagri.fr.
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