Passer au player
Passer au contenu principal
Rechercher
Se connecter
Regarder en plein écran
Like
Favori
Partager
Plus
Ajouter à la playlist
Signaler
P. Brousseau : « La crise accentue le déséquilibre du marché »
Terre-net
Suivre
il y a 2 ans
Cession-transmission des exploitations
Catégorie
🗞
News
Transcription
Afficher la transcription complète de la vidéo
00:00
Bonjour et bienvenue à tous. On va parler ensemble de transmission des exploitations
00:09
agricoles. J'ai face à moi Pierre Brousseau. Bonjour. Bonjour. Vous êtes directeur d'Alteur
00:14
Transaction qui est un cabinet immobilier centré sur les exploitations agricoles.
00:20
Est-ce que d'abord vous pouvez me préciser quelle est l'activité d'Alteur Transaction
00:26
précisément ? Oui. Alteur Transaction, c'est un cabinet immobilier spécialisé dans les
00:32
transactions d'exploitation agricole avec un domaine de spécialisation très particulier
00:36
puisqu'on ne s'occupe que de transmettre, de mettre en relation des vendeurs et des
00:40
acheteurs d'exploitation agricole. Comme une agence immobilière ? Voilà. Mais avec un
00:45
domaine d'activité très particulier. Vraiment spécialisé dans les exploitations agricoles.
00:50
Aujourd'hui, on a une dizaine de collaborateurs et on est spécialisé sur ce marché-là,
00:55
sur on va dire le grand quart nord-ouest français, donc la zone d'élevage française.
01:00
Alors l'agriculture en général et de nombreuses filières vivent des situations, une conjoncture
01:08
assez compliquée en ce moment. Est-ce que dans le domaine de la transmission, pour la
01:13
transmission des exploitations, ça pose quelques difficultés pour votre activité ? Alors
01:19
aujourd'hui, si on parle un peu du contexte de la transmission des transactions agricoles,
01:25
on a, c'est vrai aujourd'hui, en 2016, un déséquilibre du marché, mais un déséquilibre
01:30
on va dire démographique, c'est à dire qu'on a la pyramide des âges du monde agricole.
01:34
Aujourd'hui, il y a à peu près 70 000 exploitations laitières en France. Il y a un agriculteur
01:39
producteur laitier sur deux qui a plus de 50 ans. Donc on se retrouve avec aujourd'hui
01:44
beaucoup d'exploitations à vendre sur le marché. Et puis une conjoncture qui fait
01:48
qu'aujourd'hui, on a moins d'acquéreurs sur le marché qu'on pouvait en avoir il y
01:53
a un an et demi, deux ans. Parce que la conjoncture fait peur à ces acquéreurs ? Oui, il y a
01:58
un effet conjoncture aujourd'hui. Il ne faut pas le nier. On a aujourd'hui moins d'acquéreurs
02:03
et toujours autant d'exploitations, voire plus d'exploitations à vendre sur le marché.
02:07
Vous avez du mal aujourd'hui à trouver des acquéreurs pour les vendeurs que vous suivez
02:12
? Oui, dans un certain nombre de cas. C'est vrai qu'il y a des exploitations, si vous
02:16
voulez, qui continuent de toute façon à trouver preneurs. Un certain nombre d'autres
02:20
exploitations pour lesquelles on subit le fait qu'il y ait moins de repreneurs sur
02:24
le marché et des gens qui, compte tenu de la conjoncture, peuvent avoir envie de reporter
02:30
leur projet, non pas de le stopper complètement, mais de le reporter pour y voir un petit peu
02:35
plus clair tout simplement sur le marché et en particulier en lait. Est-ce que ça
02:40
allonge la durée de suivi des vendeurs d'exploitation ? Combien de temps vous mettez pour vendre
02:48
une exploitation ? Une exploitation agricole, par nature, c'est long à transmettre. Je
02:53
pense que les agriculteurs le savent bien. Il faut en moyenne minimum un an, je dirais,
02:58
de 12 à 18 mois pour vendre une exploitation agricole. C'est assez long. Ça impacte quand
03:06
même grandement la transaction de l'exploitation agricole parce que c'est long, justement,
03:11
ça ne se fait pas en quelques semaines. C'est lié à un ensemble de réglementations qui
03:16
font que c'est assez long. Et puis aussi au fait qu'un jeune qui s'installe, il a un parcours
03:20
à l'installation à faire et c'est un parcours qui est relativement long aussi. Vous vous
03:24
intervenez à la fin, parce qu'on parle souvent d'une durée d'environ cinq ans, de l'ordre
03:29
de cinq ans pour transmettre une exploitation et aussi pour s'installer. Il y a tout un
03:33
projet à monter. Vous vous intervenez à la fin de ce processus.
03:35
Alors si vous voulez, voilà ce qu'on dit classiquement, c'est qu'un agriculteur, il
03:38
faut qu'il commence à se poser des questions au moins cinq ans avant de transmettre son
03:41
exploitation agricole. Nous, aujourd'hui, les gens qui nous appellent et qui sont en
03:46
recherche d'exploitation agricole ont un projet plutôt de court terme, c'est à dire un projet
03:50
de s'installer dans l'année ou dans les deux années qui suivent. Donc les vendeurs qui
03:55
s'adressent à nous, la plupart du temps, ont déjà, je dirais, bien mûri le processus
03:59
de vente de leur exploitation et un projet de vente dans l'année ou dans les deux ans
04:03
qui viennent.
04:04
Vous m'expliquez en préparant cette émission, et c'est lié aussi à la conjoncture, la
04:10
taille des exploitations grossit rapidement. On le voit dans les campagnes. Ça pose des
04:19
difficultés pour vous, pour votre matière ?
04:20
Oui, tout à fait. C'est vrai qu'on voit aujourd'hui des exploitations qui arrivent sur le marché
04:28
de la transaction, dont les moyens de production augmentent de façon relativement importante.
04:32
Il y a 5-6 ans, on avait classiquement des exploitations laitières à reprendre qui
04:37
faisaient 300-400 millilitres de lait. Aujourd'hui, on a beaucoup, beaucoup d'exploitations à
04:41
reprendre qui dépassent largement ces volumes-là, qui font 600-700-800 millilitres de lait,
04:46
voire des fois plus. Et donc, qui dit moyens de production en rose, dit également capitaux
04:52
à engager pour la reprise, plus important. Tout à fait.
04:55
Et donc, en termes de financement, c'est le financement qui bloque pour les accueilleurs ?
05:00
Tout à fait. Alors, il y a la question du financement. Alors là, on parle un petit
05:03
peu de l'évaluation quand on parle de ça, c'est-à-dire qu'il faut trouver le juste
05:07
accord entre le vendeur et le repreneur qui, par nature, ne vont pas être naturellement
05:12
forcément d'accord. Et donc, là, on en vient à l'évaluation des exploitations agricoles,
05:18
réussir à se mettre d'accord entre la vision du vendeur qui a plutôt une vision d'évaluation
05:23
patrimoniale. Et puis, le repreneur, lui, qui va se dire d'accord, mais il faut aussi
05:28
que je puisse en vivre de cette exploitation-là. Moi, en vivre, faire vivre ma famille et qui
05:33
va plutôt avoir une vision de rentabilité, de valeur économique. Et ça va être aussi
05:38
la vision de son banquier de toute façon.
05:40
Est-ce que ça amène d'autres nouveaux financements, de nouveaux modes de financement pour les
05:45
acquéreurs qui n'ont pas les capitaux à engager pour reprendre des grosses structures ? On
05:52
voit des capitaux extérieurs arriver ?
05:54
Alors, capitaux extérieurs, il faut savoir de quoi on parle. On voit se développer.
05:59
En tout cas, nous, on a beaucoup aujourd'hui de gens qui nous appellent et qui sont intéressés
06:04
par les exploitations agricoles en qualité d'investisseurs et non pas en qualité de
06:08
futurs exploitants, si vous voulez.
06:09
D'accord, c'est un phénomène que vous constatez.
06:11
Oui, et c'est un phénomène qui se développe, qui est lié à plusieurs raisons. D'abord,
06:18
le fait que c'est une diversification patrimoniale aussi d'investir dans du foncier agricole
06:22
quand on voit aujourd'hui que les placements ne rapportent plus grand chose. Le foncier
06:26
agricole redevient intéressant en matière de rentabilité. C'est un placement également
06:29
qui peut s'avérer intéressant sur le long terme, puisque le foncier agricole n'a pas
06:34
beaucoup baissé depuis ces 20 dernières années et puis, à mon avis, ne baissera pas
06:37
beaucoup dans le futur. Et ces investisseurs-là nous permettent, nous, dans un certain nombre
06:43
de cas, de pouvoir débloquer des transactions où on a des repreneurs qui n'ont pas la capacité,
06:48
par exemple, à acheter l'ensemble de l'outil de production. Et donc, on a des investisseurs
06:53
qui viennent en fait investir pour partie sur le foncier agricole en s'engageant derrière
06:58
à louer le foncier la plupart du temps par bail à long terme aux jeunes.
07:02
Ceci dit, le foncier, c'est pas c'est loin de là. L'ensemble, la majorité des capitaux
07:07
à engager, ça ne règle pas tous les problèmes. En effet, trouver un investisseur qui va venir
07:11
mettre des capitaux dans le foncier parce que, en particulier quand on parle d'exploitation
07:14
et d'élevage, le foncier représente qu'une petite partie, je dirais, de la valorisation
07:18
globale de l'exploitation. Il y a des capitaux importants à mettre dans l'exploitation laitière,
07:24
en particulier dans l'outil de production, c'est-à-dire dans les bâtiments, dans le
07:27
matériel et dans le cheptel et dans les stocks. Et aujourd'hui, on a des investisseurs qui
07:31
s'intéressent essentiellement au foncier agricole et à ma connaissance, très, très
07:35
peu, je dirais, au moyen, enfin, à l'outil de production des exploitations laitières.
07:39
Pourquoi? Parce que le foncier reste une valeur sûre alors que le matériel, c'est de la
07:44
vache. Il y a une attractivité sur le foncier qu'on ne retrouve pas forcément sur l'outil
07:50
de production. Qu'est ce qu'il faudrait justement sur ces modes de financement? Il faudrait
07:53
trouver des solutions pour inciter davantage à des solutions de financement extérieur,
08:00
mais pour l'ensemble de l'exploitation. Alors moi, je n'ai pas de solution toute faite si
08:04
vous voulez là dessus. Par contre, moi, ce que je constate clairement, c'est qu'on a
08:08
des exploitations avec des moyens de production de plus en plus importants. On a des capitaux
08:12
à engager qui sont de plus en plus importants, que ça pose des problèmes dans la transmission
08:17
dans un certain nombre de cas, puisqu'on a un déphasage entre parfois entre. Et c'est
08:22
particulièrement vrai en 2016, quand même, entre la valorisation patrimoniale et la valorisation
08:26
économique. Je constate ce problème là et que, évidemment, il faut se poser la question
08:31
des modes de financement, de reprise d'exploitation agricole dont les capitaux augmentent de façon
08:36
très importante. Pour terminer, quel conseil vous donneriez aux vendeurs d'une part et
08:42
puis aux acheteurs dans ce contexte un petit peu particulier qui évolue? Alors, par rapport
08:48
aux vendeurs, moi, je pense qu'il y a un maître mot à donner comme conseil aux vendeurs,
08:53
c'est l'anticipation. C'est de se faire absolument bien entouré, de prendre conseil avant de
08:59
mettre son exploitation en vente. Ça se prépare bien en amont et puis de se faire accompagner
09:04
par des professionnels. Je pense que c'est très important de suivre les étapes. Il
09:08
y a un déroulé très précis de sélectionner son bon candidat, de savoir ce qu'on veut vendre,
09:14
ce qu'on veut louer, combien ne pas trop se tromper sur l'évaluation et puis après de
09:21
formaliser les accords par des écrits et puis de bien se faire accompagner jusqu'à la vente
09:25
définitive. Pour moi, c'est important du côté des repreneurs. Moi, ce que j'ai envie de leur
09:29
dire, c'est qu'il ne faut pas perdre espoir. C'est vrai qu'aujourd'hui, la conjoncture à
09:35
l'instant T, on est en septembre 2016, on est en plein dans la crise laitière. Il y a des
09:41
indicateurs qui sont sur le long terme. À court terme, évidemment, on n'a pas de visibilité.
09:45
Personne ne sait comment va évoluer la conjoncture laitière dans un an ou dans 18 mois. Sur le long
09:50
terme, les indicateurs sur le marché, il y a une demande mondiale en matière première agricole
09:55
qui va rester importante. De toute façon, tous les économistes s'accordent pour le dire. On a
09:59
ce contexte là également de taux historiquement bas quand même. C'est le moment d'acheter.
10:05
C'est le moment d'acheter. Aujourd'hui, les banques financent à 1,5% voire moins pour les bons
10:08
dossiers. Il faut savoir quand même qu'entre 4%, ce qu'on a connu il y a quelques années,
10:12
et 1,5% aujourd'hui, ça correspond à une unité égale à une capacité d'empreinte de 20% supérieure
10:20
quand même pour quelqu'un qui s'installe. Ce qui est quand même intéressant. Voilà ce qui est
10:23
quand même intéressant. Un dernier point, c'est qu'aujourd'hui, il y a beaucoup d'exploitation
10:28
sur le marché. Les acquéreurs se font un petit peu plus rares. Il y a un rapport de force
10:32
aujourd'hui qui est plutôt à l'avantage des acquéreurs. Il y a certainement, pour les gens
10:36
qui sont intéressés aujourd'hui, des opportunités sur le marché. Et pour les connaître, moi,
10:40
j'invite les gens qui ont des projets à nous appeler tout simplement. Pierre Brousseau,
10:43
merci beaucoup. Merci. Et je vous invite à retrouver d'autres informations sur la
10:47
transmission des exploitations agricoles sur Ternet.fr et WebAcquis.fr. Merci.
10:58
– Sous-titrage Société Radio-Canada
Écris le tout premier commentaire
Ajoute ton commentaire
Recommandations
6:21
|
À suivre
Pascal Donet: « Les cédants devront accepter une reprise à la valeur du marché »
Terre-net
il y a 2 ans
5:46
Pierre Maugein producteur laitier, s'est installé à 50 ans
Web-agri
il y a 1 semaine
7:18
De 70 à 120 vaches : le tout herbe prend de l'ampleur chez Gérard Grandin
Web-agri
il y a 5 semaines
6:09
Salon des ETARF – Innovations et temps forts du mercredi 10 décembre 🚜
Matériel Agricole
il y a 5 semaines
5:12
Salon des ETARF 2025 – Jour 1 : Un aperçu complet 🚜
Matériel Agricole
il y a 6 semaines
5:48
Coulisses du Salon des ETARF 2025 : à la veille de l’ouverture
Matériel Agricole
il y a 6 semaines
6:06
Thomas Pollet mise sur le vêlage 2 ans en Salers
Web-agri
il y a 6 semaines
0:50
Huit Français sur dix veulent limiter l’usage des phytos
La France Agricole
il y a 3 mois
6:52
L’histoire des « vacheries parisiennes »
La France Agricole
il y a 6 mois
2:17
« J’engraisse mes jeunes bovins avec des coproduits secs »
La France Agricole
il y a 1 an
3:12
Retour sur la météo de l'année 2025
Terre-net
il y a 4 semaines
28:24
Gérer une exploitation à l’heure du changement climatique
Terre-net
il y a 2 mois
31:08
Pour vendre sa récolte dans un contexte baissier, « pas de recette miracle » mais « une stratégie de commercialisation à suivre »
Terre-net
il y a 3 mois
3:54
La confédération paysanne manifeste contre l'accord UE-Mercosur
Terre-net
il y a 3 mois
32:57
Décarbonation du secteur grandes cultures : l'exemple d'Axéréal et l'initiative d'un agriculteur pour un engrais azoté local
Terre-net
il y a 3 mois
4:29
Florian Ballot, à Chaingy (Loiret) : « Transformer du colza et tournesol en huile : une aventure familiale »
Terre-net
il y a 4 mois
2:53
Manifestation de la FNSEA-JA d'Ile de France à Versailles le 26 septembre
Terre-net
il y a 4 mois
6:11
Christophe Buisset : « Je défends une Pac qui aide les agriculteurs face aux risques et non plus à l’hectare »
Terre-net
il y a 4 mois
4:03
Adrien Anthierens s'est lancé dans la plantation de paulownias
Terre-net
il y a 4 mois
15:54
Tout savoir sur Moisson-Live, la plateforme collaborative de suivi des récoltes
Terre-net
il y a 4 mois
4:20
Pour s’adapter aux à-coups climatiques, Martin Gosse de Gorre repense son exploitation
Terre-net
il y a 6 mois
6:44
Alexis, jeune agriculteur : « Ma 2e moisson, c’est tout l’inverse de ma 1ère »
Terre-net
il y a 6 mois
2:46
1er Decclic : les filières à la recherche de solutions alternatives contre les dicotylédones
Terre-net
il y a 6 mois
24:52
Quels sont les dix drivers qui influencent les prix du blé ?
Terre-net
il y a 7 mois
4:47
Romain Fayolle, engagé dans l'agriculture régénératrice
Terre-net
il y a 7 mois
Écris le tout premier commentaire