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Le lait bio va-t-il être victime de son succès et plonger aussi dans la crise ?
Terre-net
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il y a 2 ans
Marchés laitiers
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00:00
Bonjour et bienvenue sur webagri.fr. On va parler ensemble de la filière laitière biologique. J'ai
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en ma compagnie Christophe Baron. Bonjour. Bonjour. Vous êtes éleveur laitier d'abord
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et président de Biolait. Tout à fait. Je suis producteur dans le Morbihan et donc président
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de Biolait depuis 6 ans. Alors vous connaissez très bien la filière lait biologique. Est-ce
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que vous pouvez me faire un petit point sur la croissance de cette filière ? C'est des
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croissances importantes à faire paillir d'envie beaucoup d'économistes aujourd'hui. Pour vous
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donner un petit chiffre, l'an dernier, donc en 2015, croissance observée dans les réseaux
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spécialisés ou dans la grande distribution entre 15 et 17 % suivant les acteurs. Et cette année,
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on est sur des croissances encore supérieures depuis le début de l'année qui peuvent aller
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jusqu'à 25 % chez certains distributeurs. Et forcément, nous, on a le pendant côté
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transformateur qui sont nos clients à Biolait. Biolait collecte, vous m'avez dit, 175 millions
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de litres en 2016. Tout à fait. Dans 70 départements. Oui. L'ensemble de la collecte
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lait bio, ça représente quel volume ? L'ensemble de la collecte lait bio française, c'est 550
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millions de litres. Pour vous donner un petit ordre de grandeur par rapport à la collecte
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européenne, l'ensemble du lait bio, c'est 3 milliards de litres. Et à l'échelle de la planète,
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les États-Unis d'Amérique, c'est un milliard et demi. Donc, on est sur un marché Amérique du Nord
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et Europe qui est très demandeur. Et un marché, alors là, si on le compare à la filière laitière
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conventionnelle, en France, 550 millions sur 25 milliards de litres de lait, ça fait un peu plus
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de 2%. Donc, ça reste quand même un marché que certains qualifieraient de niche. Alors,
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on compte aujourd'hui autour de 2100, 2200 fermes laitières converties en production biologique.
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Est-ce que la crise amène davantage de conversion ? Est-ce que vous voyez plus de
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conversion avec les difficultés qu'on voit dans le secteur conventionnel ? Oui, c'est très net.
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Il y a eu un afflux de conversion important entre novembre 2015 et mai-juin 2016. Depuis...
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De quel ordre ? De quel ordre ? Pour vous donner les chiffres, sur cette période-là,
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je crois qu'il y a eu un peu plus de 600 conversions de fermes laitières. Donc,
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par rapport aux 2100, 2200 actuelles, vous voyez que ça fait une croissance conséquente. Et donc,
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c'est des volumes de lait qui vont arriver en l'espace de 2-3 mois sur l'année 2018. Donc,
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on est aujourd'hui sur un marché très déficitaire où on a besoin de lait. Et on organise donc
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l'arrivée de ces nouveaux volumes pour 2018. D'accord, ils n'arriveront que dans deux ans,
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à la fin de la conversion. Est-ce que cet afflux... Là, on parle de 600 depuis le début 2016,
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à peu près, enfin, de l'ordre de 600 conversions, qui... Donc, le lait sera classé biologique dans
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deux ans. Il y aura d'autres conversions d'ici là. Est-ce que cet afflux de lait bio,
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d'exploitation qui veulent se convertir, ne risque pas de déstabiliser un marché qui,
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aujourd'hui, est relativement stable ? On a un prix du lait biologique qui est assez élevé et qui
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fluctue assez peu par rapport aux conventionnels. Est-ce que ça ne risque pas de déstabiliser ces
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équilibres-là ? On essaie d'y veiller. Je dirais qu'on a plusieurs... D'abord,
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on a l'expérience de période précédente, qu'on a su gérer, et on a l'expérience de l'histoire où
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il y a eu une période, effectivement, au début des années 2000, où il y a eu des vraies
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difficultés pour valoriser le lait bio. Aujourd'hui, on est clairement dans des politiques contractuelles,
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tant entre les producteurs et le groupement, qu'entre le groupement et les clients. Donc,
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la perspective qu'on a aujourd'hui, c'est sur des contrats à 5 ans, 6 ans, 8 ans. On a des
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clients, aujourd'hui, qui veulent s'engager dans la durée avec nous pour s'assurer des volumes de
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façon durable. Parce qu'en fait, la filière bio, elle n'échappe pas à un développement par palier,
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et au gré des crises sanitaires ou des crises du prix du lait conventionnel, il y a des producteurs
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qui nous rejoignent, tout simplement, aussi comme un aboutissement d'une forme de production qui
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les intéresse et qu'ils ont envie de mener sur leur ferme. Donc, voilà, il y a des marchés. Il faut
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que la production précède la consommation, sinon la consommation ne se développe pas. Aujourd'hui,
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on a clairement des appels importants de la société qui veut consommer des produits bio.
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Et puis, on a une autre corde à notre arc que nous, on aime à préciser au niveau des producteurs,
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c'est notre capacité à gérer les volumes. Le fait qu'on ait la main là-dessus comme organisation
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de producteurs commercial, ça nous donne aussi la possibilité de réduire et de mettre moins de
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volume si besoin était pour passer quelques périodes où il pourrait y en avoir un excellent.
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Mais justement, Biolay a un fonctionnement bien particulier. Vous collectez du lait bio,
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vous n'avez pas d'usine, donc vous gérez la collecte, vous n'avez pas les outils de transformation,
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mais vous assurez la commercialisation de ce lait. Est-ce que ce modèle d'organisation
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de producteurs pourrait pas se transposer dans le conventionnel ? On connaît les difficultés
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aujourd'hui de la filière laitière conventionnelle à s'organiser autour des grands groupes maintenant,
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que ce soit la coopérative d'un côté et les privés de l'autre. Mais est-ce qu'il n'y a pas des idées
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à reprendre ? Il y a une organisation collective de producteurs qui semble assez efficace en tout cas
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chez Biolay. Probablement. En tout cas, notre modèle intéresse. C'est vrai qu'on est sollicité dans
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différents lieux pour faire part de notre expérience. Et pas plus tard que ce matin,
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je lisais l'interview d'un ancien ministre de l'agriculture qui regrettait que la contractualisation
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n'ait pas été plus loin dans le sens du poids des organisations de producteurs pour contractualiser
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avec leur laiterie. Et nous, c'est ce qu'on fait en fait, grandeur nature, depuis pas mal d'années.
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Et ça fonctionne plutôt pas mal. Et on arrive à inscrire des vrais partenariats, à la fois avec
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les transformateurs, mais aussi avec les distributeurs. Et moi, je pense qu'on a besoin de partenariats de ce type-là.
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C'est-à-dire que nous, on ne souhaite pas construire d'usine, ni développer de marques, à l'heure où je vous parle,
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mais on souhaite plutôt accompagner sur des projets et continuer à rendre un vrai service logistique à nos clients.
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Par contre, vous me disiez en préparant cette émission, la particularité de Biolay, c'est que chez Biolay,
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les producteurs sont propriétaires du tank et pour le coup, ils sont propriétaires aussi du lait qui est dedans,
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dans leur exploitation. Et vous me disiez, c'est ça qui fait la différence par rapport au conventionnel ?
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On est propriétaire du lait jusqu'à ce qu'on le livre qu'à usine. Et je pense que la capacité qui plus aide
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à une période où depuis un an, on n'est plus soumis à une politique de gestion des volumes en lait.
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Et donc, c'est à nous de prendre ça en charge. Réellement, je pense qu'on a besoin de ce pouvoir
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pour savoir ce qu'on met en marché et on est propriétaire de notre lait jusqu'à ce qu'on le livre à un client.
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Et c'est une réelle force par rapport au...
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Je pense que c'est une réelle force. C'est-à-dire que ça donne la capacité au producteur.
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Aujourd'hui, on recrée des fermes laitières. Je ne suis pas sûr que toutes les stratégies industrielles
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conduiraient à recréer des fermes laitières parce qu'on est plus dans des perspectives d'agrandissement.
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Et nous, on fait le pari que tous les territoires ont besoin de la production laitière.
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Et c'est un message qu'on passe. Et c'est en ce sens-là qu'on ouvre des collectes.
07:20
Et on a encore des... Récemment, on a ouvert une collecte dans l'Isère et dans les Hautes-Alpes.
07:25
Et là, on a aussi des projets d'ouverture de collecte dans des zones de montagne.
07:28
Et on ne veut pas qu'il y ait de territoire oublié. C'est la stratégie de Biolay.
07:31
Dans des zones de déprise ?
07:32
Tout à fait. Dans des zones de déprise ou des zones intermédiaires.
07:34
Quel conseil, pour terminer, vous donneriez à des éleveurs ?
07:39
Qui sont en difficulté et qui voient, dans la filière biologique,
07:42
peut-être une meilleure issue pour leur exploitation ?
07:47
Quel conseil vous auriez à leur donner ?
07:49
Je donnerais 2 types de conseils.
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Le premier, c'est d'avoir un mode d'exploitation,
07:54
un système d'exploitation qui est basé sur l'herbe,
07:57
même si il ne s'agit pas d'avoir du 100% herbe à tout prix.
08:01
Mais l'herbe doit être la composante essentielle de l'alimentation des animaux
08:05
parce que la vache, c'est un ruminant.
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C'est très bien transformer des protéines végétales
08:10
en protéines animales.
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Et ça nous permet d'avoir une réelle autonomie.
08:15
On se rend compte que beaucoup de fermes,
08:17
y compris en conventionnel aujourd'hui,
08:19
en étant basées sur des systèmes d'alimentation à base d'herbe,
08:22
gardent encore une possibilité de marge.
08:25
Le 2e aspect, c'est quand on entame une conversion,
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penser au financement de la conversion.
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Souvent, c'est une période où la production baisse.
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On n'a pas encore le prix du lait bio.
08:35
Les aides publiques arrivent,
08:37
mais de manière moins forte que prévue actuellement
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parce que les plafonds ont été dépassés,
08:42
et surtout de manière très décalée.
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Il faut avoir en tête un bon financement de sa conversion.
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Avec des charges plus élevées également ?
08:49
Les charges peuvent être plus élevées.
08:52
Quand on est dans des systèmes autonomes, on peut aussi les limiter.
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Christophe Baron, merci beaucoup.
08:57
Je vous invite à retrouver d'autres informations
08:59
sur la faillière laitière biologique et conventionnelle
09:02
sur webagri.fr.
09:07
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