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Témoignages dans l'Eure de huit agriculteurs engagés
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il y a 2 ans
Ils ont choisi de réduire les phytos
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J'ai toujours eu une gêne à utiliser les produits phytosanitaires, c'est quelque
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chose qui m'a toujours dérangé intellectuellement.
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Il ne faut pas continuer en mettant plus de chimie, il faut partir sur d'autres voies
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et d'autres recherches, et donc c'est comme ça que je suis parti sur des systèmes en
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réduction d'intrants.
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Être vraiment dans cette optique de traiter, traiter, traiter, ce n'est pas quelque chose
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qui me plaît dans le métier d'agriculteur, pour moi le métier d'agriculteur c'est plus
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observer la nature et faire en fonction de la nature.
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Quand je suis moi en train de traiter dans mes chambres, je me protège, j'ai un masque,
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j'ai ce qu'il faut pour me protéger sachant qu'effectivement tout pesticide est dangereux
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pour la santé.
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Et ce qui me perturbe énormément c'est de voir quelqu'un qui fait du jogging, qui passe
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sur la route, voir un cycliste qui lui n'est absolument pas protégé.
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On a très peu de connaissances finalement entre les interactions de tel ou tel insecte.
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Qu'est-ce qu'on fait en intervenant tout le temps, 7 à 8 fois sur des cultures ? On
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peut bousculer aussi des équilibres.
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Quand on faisait la liste un petit peu de toutes les tâches, de tous les traitements
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qu'on avait à faire, moi je me demandais comment j'allais y arriver.
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D'après moi, la voie c'est la mise en pratique de l'agriculture intégrée.
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L'un des principes de base c'est d'utiliser un nombre important de cultures sur l'exploitation,
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donc moi j'ai 7 à 8 cultures suivant les années.
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L'utilisation de variétés moins sensibles aux maladies.
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Si on veut éviter de mettre trop de pesticides, il faut faire des fausses miens régulièrement.
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Les grandes lignes de ma stratégie aujourd'hui c'est vraiment de remettre en place un assommement
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sur l'exploitation, de ne plus faire de blé sur blé, puisque avant c'était blé, colza,
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des traves.
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Aujourd'hui j'ai mis en place des cultures de printemps, de l'orge de printemps, de
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la lentille et l'année prochaine je remets aussi de la févrole de printemps.
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Tout doucement je suis commencé à aller voir les maladies sur mon blé et à trouver
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des indicateurs et à me dire, je suis peut-être limite par rapport à cet indicateur là, mais
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je ne vais pas traiter, je vais voir.
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On considère l'animal qui pâture et cette pâture là, quand on a une ferme avec des
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parcelles proches du corps de ferme, on peut les faire tourner avec les cultures.
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On repart à faire des cultures à partir de cette prairie de 4 ans, ce qui nous permet
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d'économiser et de l'engrais, puisqu'en fait il y a des matières organiques qui fournissent
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des nutriments pour les plantes qui suivent et en termes de désherbage aussi, on a beaucoup
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moins de mauvaises herbes dans les 2-3 premières années.
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Je me suis intéressé au désherbage mécanique que j'ai mis en place l'année dernière sur
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la culture du maïs avec l'acquisition d'une bineuse.
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Je ne fais jamais plus de 3 cultures d'hiver de suite, j'intègre forcément à un moment
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une culture de printemps, notamment pour et principalement pour rompre le cycle des maladies
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et des adventices.
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Pour ce qui est du blé par exemple, je sème l'intégralité en mélange variéto de manière
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à combler les petits défauts d'une variété pure.
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Depuis 3-4 ans maintenant, j'ai investi un automoteur qui par rapport à ce que j'avais
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avant, on peut travailler plus facilement le soir et la nuit.
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Je sème beaucoup plus tard pour éviter de se positionner sur des créneaux favorables
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à l'élevée d'adventices.
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Moi sur une vingtaine d'hectares, j'ai planté effectivement, c'est une parcelle qui est
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très concernée par des passages d'eau, j'ai planté des arbres en agroforesterie.
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On met moins d'azote et plus tard pour conserver un taux de protéines élevé et augmenter
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l'efficience de l'azote.
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J'ai redessiné mon parcellaire avec des parcelles sur des maximum de 12 hectares avec
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des séparations de bandes enhervées.
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On a des stocks de scarabes qui sont importantes dans ces bandes enhervées qui permet justement
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de manger les limaces en bordure des cultures, entre autres des sérales comme le blé qu'il
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y a ici.
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Même si c'est un système assez complexe à mettre en œuvre, même si ça oblige à
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repenser sa façon de travailler quotidiennement, les bénéfices sont quand même là.
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Après j'ai une grande diversité de cultures, donc économiquement ça permet de répartir
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les risques, ça permet aussi de répartir le travail au cours de l'année.
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Les rendements baissent, la charge phyto elle diminue considérablement puisque l'IFT
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a quand même baissé de moitié.
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L'exploitation dégage du revenu et une anecdote, ma comptable me dit « mais monsieur Pétillon
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vous avez dû perdre des factures, vous n'avez pas dû donner toutes les factures de phyto
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parce qu'il m'en manque ». Et je dis « non, non, tout est là ». Donc elle a été très
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surpris de voir une quantité de phyto ramenée à l'hectare qui était aussi faible sur
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l'exploitation par rapport à la clientèle du centre de gestion qui est la S27.
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Je suis beaucoup plus autonome aujourd'hui par rapport à ça, j'ai besoin d'un technicien
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pour m'accompagner dans le développement de l'agriculture intégrée, mais je n'ai
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plus besoin de mon technicien phyto qui me disait « il faut traiter ».
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Ce système me permet aussi de répondre partiellement à la demande de la société, à savoir utiliser
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beaucoup moins de pesticides.
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Le fait d'avoir moins à en faire, on peut les positionner de manière optimum, c'est-à-dire
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qu'on va les faire très tôt le matin ou très tard le soir.
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Moi ça fait deux ans que je n'ai pas utilisé du tout d'insecticide sur mes cultures.
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On déplace aussi notre niveau de tolérance par rapport à l'agriculture traditionnelle,
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c'est-à-dire que moi je suis prêt à accepter un petit peu de mauvaise herbe dans mes champs,
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je suis prêt à accepter un petit peu de perte de rendement, pour peu que ça reste
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économiquement rentable et que ce manque à gagner soit largement compensé par la
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chimie que je n'ai pas mis dans les champs.
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Sur l'exploitation, j'ai réussi à diminuer à peu près de 50% mon IFT et au niveau économique,
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les résultats montrent que je suis tout à fait dans la moyenne régionale.
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Mettre un coup de beige dans mon champ et de voir la vie du sol, de voir la structure
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qui est super agréable, pour moi c'est une grande satisfaction.
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On sait que c'est solide puisque ça fait plus de 10 ans que ça tient,
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il n'y a plus du tout d'insecticide qui soit utilisé sur la ferme depuis 9 ans.
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On respecte beaucoup plus le sol, les animaux, pour aussi les générations qui nous suivent.
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