00:00...
00:10Bonjour.
00:11Pour ce 1er jour du Space,
00:13nous allons nous intéresser à la 3e race à l'étang de Française,
00:16celle qui a son concours national aujourd'hui.
00:19Elle a bien nommé la blonde d'Aquitaine.
00:22Pour cela, j'accueille sur le plateau de l'espace Web TV
00:25Lionel Giraudeau. Bonjour.
00:26Bonjour.
00:27Vous êtes directeur de France Blonde d'Aquitaine Sélection.
00:32Alors, comment va se passer le concours ?
00:34Combien il y a d'éleveurs qui sont venus de l'Ouest, du Sud-Ouest ?
00:37C'est un concours national. Combien d'animaux ?
00:40Voilà. Donc, c'est effectivement un concours
00:42qui rassemble des animaux à la fois du Grand Ouest,
00:46donc à peu près 75 originaires des régions Bretagne, Normandie,
00:49Pays de Loire, Batou-Charentes,
00:51et une délégation de 10 animaux
00:54qui nous viennent du berceau de la race, donc du Sud-Ouest.
00:57Donc, voilà. On l'a appelé Festival génétique
01:00parce qu'on a aussi une autre grande manifestation
01:03nationale annuelle qui s'appelle Concours national.
01:05Donc, même si, effectivement,
01:06on a des animaux de tout le pays en concours,
01:09on préfère réserver l'appellation Festival génétique
01:12puisqu'il n'y aura pas simplement que le concours.
01:14Il y aura aussi une présentation de nos lignées génétiques,
01:17quelle que soit d'insémination animale par Midatest
01:19ou de mode naturel par Blondes génétiques
01:21qui gèrent notre station raciale.
01:23Et on clôturera l'après-midi
01:25de cette race blonde aquitaine à l'honneur au space
01:27par une vente aux enchères
01:29de 5 jeunes femelles d'exception.
01:31Très bien.
01:32Donc, c'est une race qui progresse actuellement en France
01:35et notamment dans l'Ouest.
01:37L'effectif global français, on est à combien ?
01:40Donc, aujourd'hui, les chiffres de l'IPG
01:42donnent à quelques centaines près 600 000 femelles.
01:45D'accord. Inscrite au workbook ?
01:47Non. Là, c'est en population totale, bien sûr.
01:49Là-dedans, il y en a à peu près 150 000
01:51qui sont en contrôle de performance.
01:53Et 36 000 qui sont inscrites, qualifiées
01:55au livre généalogique de la race.
01:57Oui, d'accord.
01:58Et dans l'Ouest ?
01:59Alors, on sait que ça connaît une progression dans l'Ouest.
02:02De plus en plus d'éleveurs se mettent à la blonde aquitaine.
02:06Pourquoi ?
02:07Donc, une progression dans l'Ouest.
02:08Juste quelques chiffres pour resituer.
02:10Jusque dans les années 80,
02:11la race blonde aquitaine était une race régionale.
02:15Elle a commencé à s'aimer dans les terres de l'Ouest
02:19à partir des années 80.
02:20Et ça s'est surtout développé
02:21après l'instauration des quotas laitiers, après 84.
02:24Donc, la décennie 90,
02:26ça a été un petit peu l'explosion de la race blonde aquitaine,
02:29où on est passé de 280 000 femelles
02:32à la fin des années 80,
02:34à 480 000 dix années plus tard.
02:37Et le Grand Ouest, c'était 10 % de la population
02:40dans les années 2000, et c'est 40 % aujourd'hui
02:42de la population nationale.
02:43D'accord. Le Grand Ouest, vous dites Nord-Ouest.
02:47Oui. Chez nous, Grand Ouest, c'est une association d'éleveurs.
02:49Donc, c'est très précis.
02:50C'est quelques régions administratives.
02:52C'est Poitou-Charentes, Pays de Loire,
02:54Bretagne et Normandie.
02:55D'accord. OK.
02:57Et qu'est-ce qu'ils trouvent comme avantage
03:00à cette race plutôt qu'à d'autres ?
03:01Pourquoi ?
03:03Je crois que ce qui explique
03:05l'explosion de la race blonde aquitaine
03:07dans le Grand Ouest,
03:09c'est le fait qu'elle répond particulièrement
03:11aux attentes des systèmes naisseurs et graisseurs.
03:14La blonde aquitaine a des qualités d'élevage, bien sûr,
03:17facilité de naissance, facilité d'adaptation.
03:19Elle a d'extraordinaires qualités pour la production de viande.
03:23C'est sa faculté de croissance, un énorme potentiel de croissance.
03:27C'est un extraordinaire rendement.
03:29Et je dirais, les systèmes naisseurs et graisseurs de l'Ouest
03:33bénéficient de toute la plus-value qu'elle peut apporter,
03:37d'autant plus qu'il y a dans cette zone-là
03:39des filières organisées et une valorisation des carcasses
03:44qui est supérieure à ce qu'on peut rencontrer dans le berceau.
03:46D'accord.
03:47Ca veut dire que c'est souvent très lié à des systèmes maïs fourrage ?
03:50Oui, bien sûr.
03:51C'est lié à des systèmes céréales et particulièrement maïs fourrage ici.
03:55Et donc, c'est surtout la valorisation des femelles
04:00qui a expliqué le développement de la blonde aquitaine.
04:02Bien sûr, on est positionné sur le créneau du GB,
04:05mais la grande différence se fait sur la valorisation des femelles
04:08avec des poids carcasses très élevés,
04:09parce qu'on est un animal à grand format
04:12et qui est très bien valorisé.
04:14On le voit aujourd'hui avec les mercuriales de France Agrimaire.
04:17Il y a de 0,25 à 0,30 centimes d'euros par kilo carcasse
04:21entre les cotations France Agrimaire du Sud-Ouest, du berceau,
04:24et les cotations du Grand Ouest,
04:26où il y a effectivement sur les grands marchés type Cholet ou autres
04:29des cotations spécifiques pour la blonde aquitaine
04:31comme pour la partenaise.
04:32Oui, on sait que c'est souvent les cotations les plus hautes.
04:35Ce sont les cotations les plus hautes, bien sûr.
04:37D'accord. Ce phénomène de progression,
04:40c'est plutôt des gens qui étaient laitiers qui deviennent allaitants,
04:43ou éventuellement des nouveaux ateliers qui se créent.
04:47Comment on observe ça ?
04:49Oui, dans le temps, on a eu, je crois, diverses phases successives.
04:52Il y a bien sûr eu la reconversion
04:54d'un certain nombre de troupeaux laitiers en systèmes allaitants.
04:57Nous avons eu aussi, sur toute une période,
04:59et ça n'a pas profité qu'aux blondes aquitaines,
05:01c'est la substitution de troupeaux croissés,
05:03puisqu'il y a eu pendant très longtemps encore
05:05une survivance en France de troupeaux croisés en allaitant
05:08et qui, au fil du temps, se sont extrêmement érodés,
05:11et chacun s'orientant vers une race pure.
05:13Et il y a, mais je crois que c'est assez marginal,
05:15la création de quelques nouveaux troupeaux.
05:18Mais je dirais, l'installation en élevage
05:20reste quand même un grand défi.
05:21J'ai l'habitude de dire que l'élevage est presque une industrie lourde.
05:24Il faut mobiliser énormément de capitaux
05:25pour le cheptel, pour le bâtiment, pour le troupeau, bien sûr.
05:30Et donc, c'est réservé à une minorité,
05:32même si on en rencontre quelques-uns,
05:34et on essaie bien sûr de les accompagner.
05:36D'un point de vue technique, comment se place la race ?
05:39Quels sont les principaux objectifs de sélection ?
05:42Il y a des différences en termes de qualité d'élevage ?
05:45De qualité d'élevage.
05:46Aujourd'hui, sur les objectifs de sélection,
05:48je dirais qu'on a eu toute une période
05:50où on a mis en avant la progression
05:53sur les critères bouchés, les critères de production de viande.
05:56Donc ça passait par une amélioration de la croissance,
05:58de la conformation, du rendement carcasse.
06:01Et je dirais, là, l'objectif est atteint,
06:03même si, bien sûr, on va essayer de le maintenir.
06:06Mais je crois que son titre de Formule 1 des races à viande
06:11n'est pas usurpé.
06:12Et donc, on souhaite, aujourd'hui,
06:14l'objectif 1er de l'organisme de sélection,
06:16puisque c'est dans nos missions régaliennes,
06:19c'est de remettre l'accent sur les qualités d'élevage
06:21et faire en sorte qu'elle reste bien une race allaitante,
06:23même si, souvent, ce terme d'allaitant n'est pas très précis.
06:26Je dirais, là, il a toute la force de sa connotation.
06:30La productivité numérique, bien sûr,
06:33avec la fertilité et la régularité d'un levélage.
06:36La viabilité des veaux à la naissance
06:38sont des critères importants
06:41qu'on essaie de travailler aujourd'hui, bien sûr.
06:44D'accord.
06:45Qu'en est-il de la proportion d'insémination artificielle
06:48par rapport à la monte naturelle ?
06:50Quelles sont les stratégies adoptées
06:51par les éleveurs de blondes naquitaines ?
06:53Donc, aujourd'hui, c'est une femelle sur cinq
06:57qui est inséminée, donc dans la population totale.
06:5920 % de la population totale,
07:01un petit peu plus dans la base de sélection, 30 %.
07:03Ca fait encore, je dirais,
07:05parmi les races françaises à grands effectifs,
07:08celle qui a le pourcentage le plus élevé.
07:11Il ne faut pas se cacher qu'avec l'évolution
07:12des systèmes de production,
07:13on a eu une érosion importante de ce taux dans le temps
07:16puisqu'il y a 20 ans encore, on était au double.
07:18On était à 40 % des femelles inséminées.
07:20D'accord. Donc, on a perdu 20 points.
07:22Voilà. On a perdu 20 points, mais comme le troupeau a progressé,
07:24on n'a pas forcément perdu en valeur absolue,
07:26mais en taux de pénétration, on a perdu.
07:29C'est lié à l'évolution des systèmes de production
07:31avec des systèmes de plus en plus grands,
07:33de moins en moins de main-d'oeuvre,
07:35d'estabulations livres,
07:37des femelles qui ne rentrent pas tous les jours à l'étable.
07:39Donc... Mais on croit toujours
07:41à la convergence des outils d'amélioration génétique.
07:44C'est un travail qui doit concerner
07:46aussi bien l'IA que la Monte Naturelle.
07:49Et ça, on y veille particulièrement
07:50à France Blonde Aquitaine Sélection.
07:52Donc, pour l'IA, c'est notre entreprise de sélection,
07:54Midates, qui le construit.
07:56Et pour la Monte Naturelle,
07:58c'est notre filiale Blonde Génétique,
07:59qui a donc 2 stations raciales depuis l'année dernière.
08:03Donc une historique qui fonctionne depuis une vingtaine d'années
08:06sur le site de Casteljalou ou dans l'Haute-Garonne,
08:08en plein coeur du berceau de race.
08:09Et vu l'évolution des effectifs,
08:11nous avons ouvert l'année dernière une série décentralisée
08:14à côté de Partenay, dans les Deux-Sèvres.
08:16D'accord. Justement pour proposer plus de taureaux
08:19dans le nord-ouest.
08:20Pour proposer, un, plus de taureaux,
08:22et deux, que ce soit répondre à un besoin de proximité
08:25pour les systèmes, justement, naisseurs-angresseurs
08:27non inscrits de l'ouest de la France.
08:29Et ça fait combien de nouveaux taureaux chaque année ?
08:32Donc, on a 250 nouveaux taureaux à Monte Naturelle
08:35qui sont issus de nos stations tous les ans.
08:38Blonde Génétique recycle aussi d'anciens taureaux
08:42qu'elle essaie de replacer dans de nouvelles fermes.
08:44Ca fait partie de toutes ces missions
08:47qu'elle met aujourd'hui au service des éleveurs
08:49adhérents de France Blonde Aquitaine Sélection,
08:51ou non, d'ailleurs, puisqu'on essaie de placer nos animaux.
08:54C'est le but de la diffusion,
08:55de diffuser de la bonne génétique au-delà de nos seuls adhérents.
08:58D'accord. Qu'est-ce qu'il en est de la génomique en blonde ?
09:03La génomique en blonde, je dirais,
09:06on ne peut pas vivre hors de son temps,
09:07donc on y travaille.
09:10On est probablement partis un peu plus tard que d'autres
09:12parce que la taille, je dirais, de notre population
09:16et puis nos moyens financiers ne nous permettaient pas
09:19de se lancer peut-être aussitôt que d'autres
09:21dans ces investissements.
09:22Donc, concrètement, on est dans le programme multiracial
09:25national GEMBAL, qui donnera ses 1ers résultats en 2014,
09:29où on aura des index génomiques sur les critères d'effets directs
09:32actuellement évalués par Iboval,
09:34facilité de naissance, croissance, muscles, squelettes, ossevrages.
09:37Et nous avons, de concert avec l'Union Midiathèse,
09:39quelques programmes spécifiques ratio
09:42sur la qualité de la viande,
09:44sur la translocation, par exemple,
09:46qui est une anomalie chromosomique en blonde
09:48où on est en train d'essayer de mettre au point
09:50un test génomique pour remplacer l'ancien test tanguin
09:53qui existait, avec de grandes chances
09:55d'avoir les 1ers résultats en 2014 ou, au pire, en 2015.
10:00D'accord. Bon.
10:01Et qu'est-ce qu'il en est de l'export ?
10:03C'est une race qui plait à l'international ?
10:06Que sont les pays qui...
10:07Oui, la blonde aquitaine,
10:09même si elle est une race nationale aujourd'hui,
10:10elle est aussi une race internationale.
10:12Donc elle s'est exportée très vite depuis ses débuts,
10:15d'abord en Europe.
10:16Donc aujourd'hui, on peut dire qu'on est présent
10:18dans toutes les zones européennes,
10:19depuis l'Espagne et le Portugal au sud
10:22jusqu'en Scandinavie.
10:24Donc là, elle est surtout exploitée en race pure,
10:26avec des noyaux de race pure
10:27et quelques noyaux importants hors France
10:29qu'on peut rencontrer en Espagne, en Belgique,
10:31aux Pays-Bas ou au Royaume-Uni.
10:33Mais elle est aussi présente sur des continents plus lointains,
10:35donc Amérique du Nord, Amérique du Sud,
10:38Océanie, l'Afrique,
10:40un petit peu moins jusqu'à ce jour en Asie.
10:42Là, pour l'essentiel, elle est utilisée en croisement,
10:45même s'il y a ici ou là
10:46des noyaux de multiplicateur en race pure,
10:49en croisement, où elle donne d'excellents résultats
10:51dans les zones tropicales,
10:53en croisement sur Zébu-Nélor.
10:55Zébu, oui.
10:56Zébu, voilà. C'est là, je crois, où on a nos meilleurs résultats.
11:00Elle a hérité de ses origines
11:02un potentiel d'adaptation extraordinaire aux régions chaudes.
11:05Elle apporte sa finesse de peau,
11:08sa finesse de viande,
11:10en croisement sur Zébu,
11:11et c'est là où on valorise nos meilleurs résultats.
11:13D'accord. Très bien.
11:15On va vous retrouver tout à l'heure pour le championnat.
11:18Voilà, nous vous donnons rendez-vous pour ceux
11:19qui pourraient suivre sur cette grande après-midi blonde
11:24ici, dans le cadre de ce festival génétique du space,
11:26Race à l'honneur.
11:27Merci beaucoup, Lionel Girodo. A bientôt.
11:29Merci.
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