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  • 18/05/2024
Avec Didier Testot, fondateur de la Bourse et la Vie TV.

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News
Transcription
00:00 (Générique)
00:05 Bonjour Didier.
00:06 Bonjour Jean-Marie.
00:07 Fondateur de la Bourse et la Vie TV, Didier sur Sud Radio, la radio de l'auto également.
00:12 Vous allez nous parler aujourd'hui d'une offensive chinoise dans l'automobile.
00:15 Les Chinois qui viennent pourtant de voir Joe Biden mettre un frein à leur expansion.
00:20 Cette semaine, oui, aux Etats-Unis, pour rappel en pleine campagne électorale.
00:24 Joe Biden a décidé d'augmenter les tarifs douaniers sur les véhicules électriques chinois,
00:28 les produits en acier, en aluminium, les cellules solaires.
00:31 On sait que les constructeurs chinois bénéficient chez eux de subventions gouvernementales,
00:35 même s'ils contestent cela.
00:36 Ils sont donc à la conquête du monde.
00:38 Aux Etats-Unis, ils sont pour l'instant inexistants ou presque.
00:40 On pourrait dire que cette décision de Joe Biden n'est plus politique qu'économique.
00:43 En Europe, une enquête a été ouverte l'année dernière sur ces subventions chinoises
00:47 aux véhicules électriques, sans conséquence à ce jour.
00:49 En Chine, pour donner un peu des idées, le fabricant de véhicules électriques BYD,
00:54 qui propose un modèle compact par exemple, avec 320 km à peu près d'autonomie,
00:58 une seule charge, c'est moins de 10 000 dollars.
01:00 Une version de sa berline haut de gamme, avec 550 km d'autonomie, c'est 25 000 dollars.
01:06 En Chine, pour comparer aux Etats-Unis, le modèle 3 Tesla, le fameux,
01:09 avec une autonomie à peu près similaire, coûte lui 43 000 dollars.
01:13 Donc cette décision de Joe Biden, ou celle à venir des Européens,
01:16 ne changera pas l'offensive en cours des Chinois.
01:18 Il y a encore aujourd'hui plus de 100 marques de véhicules électriques en Chine
01:21 et la production automobile chinoise dépasse la demande intérieure,
01:25 d'où cette offensive à l'export.
01:26 - Exactement, mais la question qu'on peut se poser, c'est est-ce que les Chinois
01:29 arrivent à avancer malgré ces obstacles comme aux Etats-Unis ?
01:33 - Clairement, les exportations chinoises de voitures ont presque quintuplé
01:36 au cours des trois dernières années.
01:37 C'est 5 millions de véhicules en 2023.
01:39 Alors il y a eu dans ces exportations de véhicules aussi,
01:41 certains à essence pour la Russie notamment, l'Allier,
01:45 mais des véhicules électriques envoyés en Asie du Sud-Est, en Europe et ailleurs.
01:48 La technique chinoise est assez simple.
01:50 Si c'est compliqué de le faire par les exportations,
01:52 alors on le fait sur place, dans des pays qui vous accueillent avec un tapis rouge.
01:56 Par exemple, BYD a ouvert de nouvelles usines au Brésil, en Hongrie, en Thaïlande par exemple.
02:01 Il envisage d'en ouvrir une au Mexique, c'est le Wall Street Journal qui le signale.
02:05 Et l'autre grand constructeur automobile chinois, Sherry Automobiles,
02:08 envisage de construire des voitures en Espagne avec un partenaire local,
02:11 les Browv Motors.
02:13 Le socialiste, le premier ministre espagnol Pedro Sánchez,
02:15 a signé en avril un accord avec ce constructeur chinois.
02:18 - Donc l'Europe semble moins rétive à cette offensive.
02:22 - Lors de la visite du dirigeant chinois Xi Jinping,
02:25 il y a quelques jours, le ministre français des Finances, Bruno Le Maire,
02:27 a déclaré que l'industrie automobile chinoise, y compris BYD,
02:30 était la bienvenue pour poursuivre des projets industriels en France.
02:33 Cette semaine, Stellantis, notamment les marques Peugeot, Citroën, Fiat ou Jeep,
02:37 a annoncé qu'ils commenceraient à vendre des voitures chinoises en Europe,
02:40 celles de LiP Motor, soit exportées de Chine ou fabriquées dans les usines de Stellantis.
02:46 Carlos Tavares, le directeur général de Stellantis,
02:48 a vu cela comme un moyen de s'adapter aux différents scénarios de marché.
02:52 Jacques Calvet, le PDG de PSA Peugeot Citroën,
02:55 dans les années 90, alertait les autorités sur l'invasion japonaise.
02:58 Personne aujourd'hui n'alerte sur l'invasion chinoise,
03:01 comme si elle était inéluctable.
03:02 Comme disait récemment Patrick Pouyanné, c'est donc un choix politique.
03:05 - Est-ce que la Chine a répondu à des nouvelles taxes qui arrivent ?
03:09 - Elle a annoncé des mesures résolues, dans des termes diplomatiques,
03:13 pour protéger ses intérêts.
03:14 La différence essentielle avec 2018,
03:17 lorsque Donald Trump avait instauré subitement des droits de douane de 300 milliards de dollars,
03:21 ça avait déclenché une guerre commerciale.
03:23 Cette fois, les Chinois sont prévenus à l'avance, en quelque sorte.
03:26 La Chine a le temps de riposter, avec ses propres actions ciblées,
03:30 avant que les tarifs douaniers n'entrent en vigueur.
03:32 Beaucoup de choses ont changé depuis cette crise commerciale de 2018.
03:35 Cette année-là, les constructeurs d'automobiles chinois
03:38 avaient à peu près construit 800 000 véhicules électriques.
03:40 L'an dernier, la production de véhicules électriques chinoises a été multipliée par 8.
03:44 La Chine a même dépassé le Japon,
03:46 comme premier exportateur automobile mondial,
03:49 alors que les véhicules électriques chinois provoquent des inquiétudes en Europe.
03:53 Et logique, il faut rappeler que la filière automobile en Europe représente 12 millions de salariés.
03:58 - Effectivement, sauf qu'ils sont de moins en moins nombreux.
04:00 Conséquence de cette bataille mondiale en route, Didier,
04:04 c'est le cuivre qui suscite toutes les convoitises.
04:07 - Il y a eu une offre publique d'achat,
04:09 une OPA record de près de 43 milliards de dollars,
04:12 du groupe BHP sur Anglo-Américaine.
04:14 Elle a été rejetée, mais elle a mis en lumière la demande intense de cuivre.
04:18 Anglo est coté à Londres,
04:20 produit des matières premières, des diamants, du nickel.
04:23 Et la société australienne BHP a clairement indiqué
04:26 qu'elle accordait une grande importance à ses actifs en cuivre.
04:29 Pour les spécialistes, la demande de cuivre devrait augmenter
04:32 à mesure que certaines mines ferment ou réduisent leur production.
04:34 Nous sommes même dans une deuxième guerre froide,
04:36 c'est ce qu'a déclaré au Wall Street Journal Brian Menel,
04:38 le PDG de TechMek, un Sud-Africain,
04:40 qui lui détient des participations dans le lithium, le cobalt,
04:43 ou le nickel, ou des terres rares.
04:45 Les Etats-Unis et la Chine investissent dans le monde
04:47 pour s'emparer de nouveaux actifs essentiels
04:49 à la transition énergétique en cours.
04:51 - Et vous parlez de la production de nickel,
04:53 c'est aussi l'aspect économique de la crise
04:56 qui se noue en ce moment en Nouvelle-Calédonie,
04:58 à l'autre bout de la planète.
04:59 Merci à vous Didier Testo,
05:01 on vous retrouve un prochain samedi sur Sud Radio.

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