00:00François Béroud qui joue avec le feu.
00:02Le plan qu'il a annoncé, qui est de la même eau que tous les plans qu'on annonce depuis le retournement de la rigueur en 1983,
00:11qui nous ont mené tranquillement là où nous en sommes, parce qu'ils ne peuvent pas nous mener ailleurs.
00:17Si ce plan qui consiste à dire qu'on va résoudre le problème de la dette, des finances publiques,
00:23de l'économie, de la société, en raquettant les retraités, en raquettant les malades, en raquettant les chômeurs.
00:35Bref, on va raqueter tout le monde, ceux qui travaillent, ceux qui ont travaillé, ceux qui ne travaillent pas.
00:40Pour vous, c'est du raquette, ces contributions supplémentaires ?
00:42Pour moi, ce qu'on demande aux retraités, c'est du raquette, c'est même une escroquerie.
00:46En plus, c'est un mensonge.
00:47On vous dit, il y a une année blanche, on ne va pas indexer pendant une année, mais ça n'existe pas.
00:51Parce que l'argent économisé, si l'année prochaine, vous mettez un indexé, vous perdez l'économie pour l'année suivante,
00:56il faut donc trouver de l'argent ailleurs.
00:58Donc, ce qui se passe en général quand on fait ça, c'est que pendant des années, voire des décennies, on n'indexe plus.
01:03C'est arrivé aux fonctionnaires, vous savez.
01:06Pendant près de 20 ans, à quelques petites exceptions près, on les a désindexés.
01:11On disait toujours, mais non, c'est juste pour un an, deux ans, trois ans.
01:14Ils ont perdu entre 20 et 25% de pouvoir d'achat sur leur rémunération indiciaire.
01:20Ça dit en passant, il y a la rémunération sur laquelle on calcule leur retraite.
01:23Bon, imaginez, c'est la politique de l'aval.
01:25Voilà, c'est tout ça.
01:26C'est la paupérisation, petit à petit, finalement.
01:29Allez, on va résoudre le problème en baissant tous les salaires, alors les salaires des fonctionnaires,
01:32puis pourquoi pas les salaires des autres aussi, pour faire de la compétitivité de la façon la plus bête qui soit.
01:37Voilà, il n'y a pas d'économie, je veux dire, de réflexion économique là-dedans.
01:42Rien du tout.
01:42Je vous donne la parole, Charles Sapan, dans un instant.
01:44Je finis sur pourquoi il joue avec le feu.
01:46Il joue avec le feu parce qu'en s'y prenant comme ça, il fait monter le refus du consentement à l'impôt.
01:54Parce que toutes les mesures proposées sont d'ailleurs des prélèvements ou des équivalents de prélèvements.
01:59C'est désolé, mais pas rembourser les médicaments, c'est un prélèvement sur les malades.
02:02Désindexer les retraites, c'est un prélèvement sur les retraités, sans parler des mesures fiscales elles-mêmes.
02:06Alors je sais bien que dans les finances publiques aujourd'hui, on appelle dépenses fiscales une niche fiscale.
02:16Et donc quand on supprime une niche fiscale, c'est-à-dire quand on augmente les impôts, on appelle ça économie de dépenses.
02:21Tout ça est délirant, il faudrait des heures pour essayer de trouver son chemin.
02:26Mais on essaie de comprendre tous les trois. Du coup, qu'est-ce qu'on fait en régéno ?
02:28Si vous faites ça, attendez, si vous faites ça, si vous abimez le consentement à l'impôt,
02:33vous abimez le principal atout de la France vis-à-vis des épargnants et des marchés du monde entier.
02:40Pourquoi ? Parce que ce qui fait la force de la France, indépendamment de son désordre économique, fiscal, social, etc.,
02:47c'est que tout le monde pense que la France a un État fort et une administration fiscale efficace
02:52et qu'elle pourra toujours lever des impôts.
02:56S'il y a un problème, si vous abimez ça, alors là nous prenons un grand risque, le plus grand risque qui soit.
03:02Et c'est exactement ce qu'a fait François Béroud et c'est exactement ce que je trouve irresponsable.
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