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  • il y a 2 ans
Depuis une vingtaine d’années, l’essayiste Piero San Giorgio travaille sur les ressorts du survivalisme. Après des conseils pratiques pour se préparer au pire, de l’effondrement économique à la catastrophe nucléaire en passant par la guerre civile, le tome I de "Survivre à la Peur", aux éditions Culture et Racines (disponible ici https://boutiquetvl.fr/tous-les-livres/piero-san-giorgio-survivre-a-la-peur-tome-1 ), revient sur un autre aspect non moins capital de la résilience : la maîtrise de soi face à la peur.
Après des années particulièrement difficiles, avec la crise financière et la pandémie, c’est désormais l’ombre de la guerre qui plane sur les peuples européens. Dans ce contexte, nos dirigeants politiques, Emmanuel Macron au premier chef, instrumentalisent allègrement les peurs pour soumettre les populations en les sidérant. Piero San Giorgio propose au lecteur de plonger dans ses failles pour dompter son anxiété, son stress et ses angoisses et reprendre pleinement possession de ses moyens.

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Transcription
00:00 [Générique]
00:06 Bonjour à tous, pour le Zoom aujourd'hui j'ai la chance de recevoir Pierrot Sanjorgio.
00:10 Bonjour Monsieur.
00:10 Bonjour.
00:11 Merci beaucoup d'être avec nous.
00:12 Vous venez nous présenter ce nouvel ouvrage "Survivre à la peur"
00:16 tome 1, viendra donc bientôt le tome 2.
00:19 Il est préfacé par Laurent Berton qu'on connaît bien,
00:21 qui a écrit notamment "La France Orange" mécanique ou guérilla.
00:24 Vous, vous nous avez déjà présenté de très nombreux ouvrages
00:27 qui tournent autour de la question du survivalisme,
00:29 survivre à l'effondrement, rue Barbare, survivre en ville
00:32 ou aussi NRBC, survivre aux événements nucléaires.
00:36 Alors on espère qu'on n'aura pas besoin de ce troisième numéro.
00:39 On va se concentrer toujours est-il aujourd'hui sur "Survivre à la peur".
00:43 Alors ça laisse entendre tout de suite qu'il faut combattre la peur
00:46 pour atteindre un premier objectif, celui de la maîtrise de soi.
00:50 La peur est-elle selon vous un ennemi en tant que tel ?
00:53 Au contraire, la peur est un ami, est une amie.
00:56 C'est une émotion qui est là pour nous aider,
00:58 pour nous aider à survivre, pour nous aider à nous protéger face aux dangers.
01:01 Et nous devons en fait apprendre à la maîtriser dans un monde
01:05 qui nous fait peur de plus en plus.
01:07 Guerres, pandémies, peut-être même accidents nucléaires.
01:12 On a en fonction de climato, réchauffisme, force-nez,
01:17 il va falloir apprendre à nager si on veut survivre.
01:19 Non, non, on a besoin de maîtriser ces émotions,
01:21 d'autant plus qu'elles sont de plus en plus permanentes
01:24 et qu'elles nous causent un stress qui est dommageable à notre santé,
01:27 à notre santé mentale surtout, physique aussi,
01:30 mais qui nous pourrit la vie en réalité.
01:33 Et donc nous devons en faire une amie pour la maîtriser,
01:37 la surmonter et nous pousser à agir et à devenir meilleurs
01:42 et bien sûr, non seulement survivre, mais vraiment vivre.
01:45 Alors justement, on comprend bien cette dualité à l'intérieur de la peur
01:48 puisque finalement on se dit que c'est une émotion négative
01:51 pour tout ce que vous venez d'énoncer,
01:53 pour les aspects négatifs sur la santé, sur le stress mental, etc.
01:56 Mais on se dit finalement, c'est aussi ce qui nous permet d'échapper au danger.
01:59 Et là, dans le contexte de guerre qui se rapproche,
02:02 avec notre président qui parle de troupeaux sol en Ukraine,
02:05 on a le sentiment que finalement, avoir peur, c'est peut-être déserter,
02:09 c'est peut-être pas très glorieux, mais c'est éviter le front et éviter la mort.
02:13 C'est une, encore une fois, c'est une émotion très primordiale
02:17 qui est enfouie très profondément dans notre cerveau,
02:20 qui réagit très vite, qui réagit de manière instinctive.
02:23 Le souci est quand on la travaille d'un point de vue,
02:27 quand on anticipe des peurs réelles ou imaginaires.
02:30 Donc par exemple, là en ce moment, effectivement,
02:33 on se pose la question, allons-nous aller en guerre ?
02:36 Et donc, on anticipe toutes sortes de scénarios qui peuvent aller
02:39 de simplement la perte d'êtres chers, si on a de la famille
02:42 qui va être déployée au front, ou si on va retomber,
02:45 enfin si on va avoir des retombées sur nous-mêmes,
02:48 sur notre sol, sur nos territoires,
02:51 ou par des radiations, même chez nous, dans notre Suisse, neutres.
02:55 – De moins en moins neutres d'ailleurs.
02:57 – De moins en moins neutres, malheureusement, et donc ça nous concerne.
03:00 Et donc, là on parle d'angoisse.
03:02 Et cette angoisse qui est une forme de peur, projetée dans l'avenir,
03:05 elle est encore plus dommageable, puisqu'elle n'est plus dans l'instinct,
03:10 elle est dans le mental, dans le réfléchi.
03:13 Et on sait tous que la réflexion peut être juste comme elle peut être fausse.
03:16 Et donc, projetée dans le futur et de manière constante,
03:19 elle est encore plus dommageable pour nous.
03:21 Et donc, nous avons besoin là de la réduire.
03:23 Donc c'est encore un travail un petit peu différent.
03:25 Et ce que je propose dans ce livre, c'est tout d'abord la comprendre,
03:28 comprendre les mécanismes, comprendre au niveau de la neurologie,
03:31 mais au niveau de la psychologie humaine, la physiologie,
03:34 comment elle fonctionne, comment nous pouvons la ressentir,
03:38 pour ensuite avoir une démarche d'apaisement interne,
03:43 par la philosophie, par certaines approches philosophiques,
03:46 pas par toutes, évidemment, mais comment avoir une réflexion
03:50 qui va nous permettre de l'apaiser, de la maîtriser,
03:54 de la rendre utile pour la chevaucher, en faire une amie
04:01 qui nous sert au lieu de nous desservir.
04:04 – Alors, vous parlez de philosophie, vous parlez également de religion
04:07 dans ce livre, mais finalement, la religion, n'installe-t-elle pas
04:10 le concept de destinée, de destin qui nous échappe, quelque part ?
04:13 Est-ce que finalement, ce n'est pas paradoxal d'invoquer la religion
04:16 pour dompter sa peur ?
04:19 – Ça l'est, mais la religion a dans cet aspect apaisant,
04:25 qui est le fait d'avoir une assurance, d'être rassuré par rapport à un avenir,
04:29 il n'y a pas que la religion, la philosophie est une approche
04:32 qui peut être complémentaire, qui peut d'abord se superposer,
04:35 on a des approches philosophiques dans les religions, bien entendu,
04:38 on a aussi des approches philosophiques hors religion,
04:41 ça, chacun doit voir un petit peu où est l'Église,
04:45 au milieu de son village, mais en tout cas, certainement,
04:48 la religion a aussi des effets de relier, le terme latin "religare"
04:53 c'est "relier", nous permet, au sein de notre communauté,
04:57 au sein de notre groupe, au sein des fidèles, des croyants,
05:00 quelle que soit la dénomination, de se retrouver ensemble,
05:03 ce qui nous apporte une assurance au niveau de l'entraide,
05:07 au niveau du soutien mutuel, et puis il y a cette question fondamentale
05:10 de la mort, que se passe-t-il après, et généralement, les religions,
05:15 même certainement les religions qui durent et qui fonctionnent,
05:18 nous donnent des réponses, que l'on y croit ou pas,
05:21 que l'on soit persuadé ou pas de la justesse de ces réponses,
05:24 pour ceux qui le sont, elles nous rassurent, donc la religion est très utile,
05:27 et j'ai voulu, notamment dans cette partie sur la religion,
05:31 donner une démarche de réflexion à ceux qui n'ont peut-être pas la foi,
05:37 parce qu'en fait, quand on a la foi, c'est facile,
05:40 on y croit, et c'est tout, et c'est très facile,
05:43 mais les gens qui font un détour, comme j'ai pu le faire dans ma vie,
05:46 par la réflexion, et certainement par l'athéisme,
05:51 et bien, il faut une démarche pour soit y revenir, à cette croyance,
05:55 ou à la religion, ou avoir des bases de philosophie
06:00 qui nous apaisent de la même manière que peut le faire une religion,
06:03 donc c'est un petit peu plus long, mais c'est un travail qui est absolument nécessaire,
06:06 et d'ailleurs, je montre, et je ne suis pas le seul à avoir fait ce travail,
06:10 que nombreuses croyances laïques, ou même philosophies du type le communisme,
06:16 par exemple, en fait, sont fondamentalement religieuses,
06:19 elles sont basées sur une structure mentale qui correspond à une religion,
06:23 avec des messies, des… – Dogmatiques presque.
06:27 – Oui, complètement, avec des dogmes, même des hérétiques,
06:30 des cultes et des rituels que l'on doit suivre,
06:34 le wokisme en est une, le climatorif-chauffisme en est une,
06:38 et je montre, en fait, que notre cerveau, finalement, est fait pour être religieux,
06:43 qu'on y croit ou pas, et que nous avons intérêt à réfléchir sur ce point,
06:47 car, encore une fois, ça nous permet de maîtriser cette peur, peut-être la plus dure que l'on a,
06:52 avec la peur de la souffrance, qui est la peur de la mort.
06:55 – Alors justement, c'est ça qui est intéressant, c'est qu'on a le sentiment
06:58 que derrière chaque peur, il y a la peur de la mort.
07:01 J'aime bien cet exercice de demander, dans une conversation,
07:05 après vous êtes moins souvent invité dans les dîners en ville,
07:08 mais si vous posez la question aux gens… – Encore une bonne raison de le faire.
07:11 – Pourquoi vous faites quelque chose, et à chaque fois qu'on vous donne une explication,
07:15 vous relancez avec le pourquoi.
07:17 Au bout de 3-4 fois, vous voyez que les gens sont sur leur retranchement,
07:20 et en fait, ça touche la peur de la mort.
07:22 Nous sommes un petit être fragile, avec un cerveau qui nous fait réfléchir,
07:27 et quand on réfléchit, c'est qui suis-je, où vais-je, dans quelle étagère,
07:31 et que se passe-t-il après ?
07:33 Et comme on n'a pas une réponse objective, concrète, on a des croyances,
07:37 et ces croyances, on peut y croire au plus profond de nous,
07:40 et au plus fort de nous, comme étant absolu,
07:42 mais la réalité, c'est qu'on ne sait pas.
07:44 Et donc, il y a cette angoisse phénoménale face aussi à l'immensité du monde,
07:48 que l'on perçoit la nuit en regardant les étoiles,
07:50 qui nos ancêtres, depuis des millions d'années, ont dû voir le ciel,
07:55 et se dire, on est tout petit dans un truc immense,
07:58 et en plus c'est dangereux, parce que de temps en temps,
08:00 il y a des étoiles qui tombent, donc ça fait mal,
08:02 et ça arrive, les catastrophes naturelles.
08:04 Et donc, on a besoin de se rassurer, et quoi de mieux qu'être en groupe,
08:07 être en équipe, mais dans notre monde actuel,
08:10 ce que je décris là semble presque une évidence,
08:13 pour nos ancêtres des cavernes,
08:15 mais pour le monde actuel, lorsqu'on a la télé, le confort, l'eau chaude, etc.,
08:21 on a tôt fait de balayer d'un revers de la main toutes ces questions,
08:24 mais elles nous rattrapent, tôt ou tard.
08:26 Et ce livre, je n'aurais pas pu l'écrire à 20 ans, à 30 ans, ou à 40 ans,
08:29 je l'ai écrit aujourd'hui à 50 ans, ça a mis quelques années quand même,
08:33 et c'est probablement à une époque de plus de maturité dans ma vie,
08:37 où je commence à me poser ces questions,
08:41 et comme j'ai fait un détour, par justement, une sortie de dogme,
08:46 je reviens à me le reconstruire petit à petit par moi-même,
08:49 et je propose, non pas mon avis dans ce livre,
08:51 mais plutôt des méthodes de réflexion sur ce sujet et tant d'autres,
08:55 parce que c'est un gros livre, ça peut servir d'arme par destination
08:58 dans le métro si on vous embête.
09:00 – Je n'osais pas le dire, j'y ai pensé.
09:02 – Un kilo de papier dans la tête, ça fait toujours plaisir.
09:05 – Un kilo quatre.
09:06 – Un kilo quatre, c'est vrai, j'en ai porté des caisses l'autre jour,
09:10 c'est vrai que c'est lourd, mais c'est dense,
09:13 et je crois que c'est précieux parce qu'on touche des éléments,
09:16 j'ai eu cette ambition de toucher des éléments fondamentaux à l'âme humaine,
09:20 encore une fois avec l'objectif concret et pratique,
09:23 au-delà de l'explication, de nous faire bouger, de nous faire agir
09:27 avec cette nouvelle connaissance de cause, réfléchir sur ces réflexes
09:32 qui sont souvent instinctifs et qui nous dépassent.
09:35 Donc reprendre cette maîtrise et…
09:37 – Et décrypter pour comprendre.
09:39 – Voilà, et ça demande un sacré travail qui nécessite un corps
09:43 de données et d'informations qui j'espère sont faciles à lire,
09:46 mais qui soit… peut-être pas exhaustif, mais quand même assez complet.
09:51 – Et vous faites participer le lecteur, puisque comme dans vos dîners en ville,
09:55 justement vous lui posez des questions et vous le poussez à s'interroger
09:59 sur les raisons de sa peur, sur comment comprendre ses racines, etc.
10:03 à plusieurs reprises dans le livre.
10:05 – Dans chaque chapitre, j'ai un ou plusieurs exercices
10:08 qui poussent le lecteur à faire un travail sur lui-même,
10:12 parfois des travaux de réflexion simples, parfois de l'introspection
10:16 un petit peu plus complexe, plus intime, et ces exercices sont censés
10:21 nous permettre d'aller au plus profond de nous-mêmes,
10:25 et c'est beaucoup moins cher que d'aller voir un psy,
10:27 je vous dis vous allez gagner de l'argent…
10:29 – C'est pas remboursé.
10:31 – C'est sûr que c'est pas remboursé, mais c'est remboursé en France le psy ?
10:34 – Aucune idée.
10:35 – Aucune idée non plus, en Suisse c'est pas remboursé.
10:37 – J'ai la chance de ne pas pouvoir répondre à cette question pour le moment.
10:39 – Et donc nous avons ces exercices qui nous poussent à travailler,
10:43 alors c'est pas des exercices de magazine, voilà, "People"
10:48 où vous dites que, que pensez-vous d'eux, vous mettez un chiffre, etc.
10:51 alors c'est des exercices plutôt de réflexion,
10:53 qu'il vaut mieux faire avec un petit cahier, un crayon, un stylo,
10:57 et de faire ces colonnes, réfléchir aux réponses,
11:01 parce que c'est en nous-mêmes que nous avons la réponse à nos peurs,
11:04 forcément, c'est pas dans l'extérieur,
11:06 et j'essaie d'amener le lecteur plutôt qu'à se plaindre de l'actualité,
11:11 se plaindre des événements, de se plaindre finalement de sa propre impuissance
11:15 par rapport aux décisions, si votre président de la République
11:20 vous envoie à la guerre, vous, en tant qu'individu,
11:22 vous n'avez pas eu votre mot à dire, il fallait peut-être voter différemment,
11:26 la démocratie elle a tendance à nous, je cherche un mot poli,
11:32 à nous avoir dans le mauvais sens du terme, malheureusement très souvent,
11:37 et là, vous allez pouvoir travailler sur vous-même,
11:40 parce que vous-même, vous maîtrisez vous-même,
11:42 et à ce moment-là, vous pouvez trouver en vous la force de maîtriser cette peur
11:45 et de dire non, par exemple, non, je ne veux pas cette guerre,
11:48 non, je n'irai pas à cette guerre, non, je refuse le régime ou le système
11:52 tel qu'il est aujourd'hui, et je ferai en sorte de le changer
11:55 dans la mesure de mes moyens, de ce que j'ai dans ma maîtrise,
11:59 parce qu'évidemment, là aussi, on pourrait parler du stoïcisme
12:02 qui est un élément important, que je travaille dans ce livre,
12:07 où je propose au lecteur de travailler ensemble, avec lui et moi,
12:11 via ces exercices, pour que l'on apprenne à se concentrer sur ce qui est maîtrisable
12:18 et d'accepter ce qui est en dehors de notre ressort,
12:21 et peut-être même d'augmenter nos capacités à avoir plus de choses
12:24 qui sont dans notre contrôle, mais en tout cas d'accepter ce qui ne l'est pas,
12:27 parce que sinon, c'est du stress pour rien.
12:29 – Et alors, en parlant de stress pour rien, est-ce que vous préconisez,
12:32 pour combattre la peur, de déconnecter avec les médias ?
12:36 – Sauf le vôtre, j'espère, mais… – Évidemment, ça tombe bien.
12:39 – Alors ça, ce sera plutôt dans le tome 2, c'est dans le début du tome 2,
12:42 où j'explique qu'un des moyens d'éliminer le stress et les angoisses qu'on nous met,
12:48 c'est de se déconnecter sérieusement des écrans, des médias,
12:53 mais ça sera le tome 2, il y aura plein de choses complémentaires au tome 2,
12:58 je précise que les deux livres sont complémentaires,
13:02 mais peuvent se lire séparément, et surtout, même le tome 1,
13:05 chaque chapitre peut se lire et se reposer, et être laissé,
13:10 pour que notre esprit se repose et qu'on travaille sur l'exercice
13:13 pendant quelques semaines, et ensuite y revenir,
13:15 et ils ne sont pas nécessairement chronologiques,
13:17 bien que je les ai écrits dans ce sens, on peut tout à fait les sauter
13:20 d'un à l'autre, et passer d'un chapitre à l'autre,
13:23 c'est un livre qui est un livre de travail en réalité.
13:25 – Alors, qu'on comprenne bien, l'intérêt de maîtriser ses peurs,
13:29 de se maîtriser soi-même, c'est tout simplement l'idée de réussir
13:34 à éviter les conséquences négatives de la mort,
13:36 des fois la mort peut pousser à faire des choses stupides.
13:39 – La peur, parce que les conséquences négatives de la mort,
13:42 je ne vois pas les positives.
13:43 – Pardon, autant pour nous, bien sûr, de la peur.
13:46 Mais c'est vrai que c'est tout à fait l'objectif,
13:49 c'est de transformer une émotion qui veut nous aider,
13:52 qui est là pour nous faire survivre, face au danger,
13:55 face au vertige, c'est une peur des hauteurs,
13:58 les hauteurs sont dangereuses, et ainsi de suite,
14:00 et l'utiliser pour en fait nous pousser à agir.
14:03 Agir pour ceux qui connaissent mon travail,
14:06 et qui se préparent à des temps difficiles,
14:08 j'avais parlé d'inflation, maintenant il y en a,
14:10 l'action de celui qui craignait l'inflation,
14:12 c'était de sauvegarder son patrimoine,
14:14 d'avoir des réserves de nourriture, etc.,
14:17 en cas de crise plus dense,
14:19 ou en cas de crise peut-être même encore plus grave,
14:22 et donc cette angoisse, travailler, utiliser,
14:25 et ce qui est impropre d'ailleurs des êtres humains européens,
14:29 par exemple, ou asiatiques du Nord,
14:31 c'est comme on a été façonné par des hivers froids,
14:34 qui s'alternent dans les saisons,
14:37 nous avons appris à angoisser par rapport à la peur de l'hiver,
14:41 et donc on se prépare en été, au printemps, en automne,
14:43 pour l'hiver qui vient, et ainsi de suite,
14:45 donc c'est rentré dans notre psychologie profonde,
14:48 et donc nous pouvons utiliser cette tendance à l'angoisse
14:51 pour nous préparer à, par exemple,
14:53 des événements économiques catastrophiques,
14:55 qui sont en train d'éclater,
14:57 potentiellement des guerres,
14:59 ce que j'espère qu'elles n'éclateront pas du tout, etc.,
15:03 et donc nous avons cette maîtrise
15:06 que l'on peut apprendre grâce à ce que je relate,
15:10 et je précise, ce n'est pas juste mon avis,
15:12 je ne prétends pas juste être là et dire, voilà, comment on fait,
15:16 parce que je ne suis pas neurologue,
15:18 je ne suis pas médecin, ni psychiatre.
15:20 En revanche, j'ai interrogé,
15:22 et j'ai étudié des milliers d'études scientifiques,
15:25 pour appuyer les interviews de spécialistes,
15:28 j'ai par exemple le plus grand neurologue au monde aujourd'hui,
15:32 Joseph Ledoux, par exemple,
15:34 qui est le grand spécialiste mondial de l'anxiété,
15:37 pour avoir leur point de vue, leurs analyses,
15:41 les rendre un peu plus simples, les vulgariser,
15:43 les rendre accessibles à tout un chacun,
15:46 et bâtir en fait une histoire même de la peur à travers les âges,
15:50 et de comment on réagit,
15:52 on n'a pas les mêmes peurs au Moyen-Âge qu'aujourd'hui,
15:55 et faire en sorte d'avoir un manuel pratique
15:58 pour nous aider à devenir plus forts, à devenir meilleurs,
16:02 et plein d'autres choses encore.
16:04 – Alors justement, vous dites, au Moyen-Âge,
16:06 on n'a pas les mêmes peurs qu'aujourd'hui,
16:08 mais peut-être qu'on n'a pas non plus les mêmes menaces,
16:10 mais finalement, est-ce que le problème n'est pas là ?
16:12 C'est que l'homme moderne n'a pas été un peu aseptisé,
16:15 protégé, mis sous cloche,
16:17 et qu'aujourd'hui il n'est plus capable
16:19 de se préparer à un monde réellement hostile,
16:22 puisque finalement il cohabite uniquement
16:24 avec un monde hostile mais fantasmé ?
16:26 – C'est vrai qu'au Moyen-Âge, on avait peur des démons,
16:28 on avait peur du diable à chaque embranchement de la route,
16:31 on avait peur des sarrasins,
16:33 mais après il y a certaines peurs qui reviennent.
16:36 – Mais plutôt, encore avant, vous parliez de la peur
16:39 de la combattre face à un ours, c'est peu probable…
16:41 – C'est rare aujourd'hui.
16:42 – Oui, c'est plus rare, surtout à Paris, il y a des rats.
16:45 – Il y a des rats, mais c'est vrai qu'on a besoin
16:48 de s'adapter à ce nouveau monde qui a des nouvelles peurs,
16:54 qui sont probablement bien plus terrifiantes,
16:56 mais plus insidieuses et plus cachées,
16:58 que l'ours qui nous court après et qui va nous manger,
17:02 et c'est binaire, oui, non, il nous attrape, il ne nous attrape pas.
17:04 Aujourd'hui, c'est notre petit chef,
17:06 notre embouteillage, les informations incessantes,
17:09 qui sont angoissantes, qui nous parlent de…
17:11 un jour c'est la pollution, un jour c'est le climat,
17:14 et dès le plus jeune âge, on commence à nous expliquer
17:16 que si on donne des bisous à nos grands-parents,
17:18 on va les tuer à cause du virus du jour.
17:21 On est mis sous pression et notre psychologie,
17:25 autant que notre physique, n'est pas faite pour tenir à la peur incessante.
17:29 Nous sommes faits pour des peurs ponctuelles,
17:30 voilà, l'ours, éventuellement le rat,
17:32 mais la peur constante, où du matin au soir, on est sous pression,
17:36 et puis il y a les peurs existentielles,
17:38 de réussir dans la vie, d'être capable de gagner suffisamment d'argent pour vivre,
17:43 de ne pas être déclassé socialement et finir dans un quartier,
17:45 on va se finir égorgé.
17:47 Enfin bref, on a toutes sortes de peurs nouvelles aussi qui apparaissent.
17:50 On a la peur de voir un environnement
17:52 qui ne correspond plus à celui qu'on a connu
17:54 lorsque nous étions plus jeunes.
17:56 On a peur d'être entouré de gens qui ne nous ressemblent plus,
17:59 peu importe qui ou comment.
18:01 Et ce sont des nouveautés que l'être humain n'a pas connues dans le passé.
18:05 Et donc, elles sont extrêmement angoissantes,
18:07 elles sont stressantes, et encore une fois,
18:09 si on ne tombe pas sur les fondamentaux
18:11 et qu'on ne travaille pas sur soi-même,
18:13 on est parti pour dix ans de psychanalyse et de travail incessant
18:16 et qui coûte très cher, peut-être remboursé ou pas,
18:18 mais qui nécessitera qu'on ressasse ces peurs sans arrêt,
18:22 et que surtout, ça ne change pas le fait que les nouvelles qui arrivent,
18:25 s'accumulent, s'accumulent.
18:27 Or, si on sait les travailler, on sait les utiliser,
18:30 au contraire, elles nous rendent plus forts,
18:32 elles nous permettent de saisir les opportunités
18:34 qu'en réalité, elles nous apportent.
18:36 Ce n'est pas facile, mais c'est pour ça que c'est un livre épais,
18:40 parce qu'il y a beaucoup d'aspects à étudier,
18:42 il y a beaucoup de travail sur soi-même à faire.
18:45 Désolé pour les lecteurs, ça va vous demander du boulot.
18:48 Donc ça, je viens de perdre la moitié de l'audience.
18:50 Mais il faut travailler dans sa vie, il faut travailler sur soi-même.
18:54 Et ce n'est pas un travail comme le développement personnel,
18:57 où on va vous dire "vous y croyez, vous allez être plus fort", etc.
19:00 – Ce n'est pas la méthode Coué.
19:02 – Ce n'est pas la méthode Coué, bien que ce soit un médecin français génial,
19:05 du 19ème siècle, début 20ème, qui a malheureusement,
19:09 dont sa méthode qui est très brillante,
19:12 a dégénéré dans la pensée positive,
19:14 et cette sorte de loi de l'universel,
19:17 qui sont complètement farfelues,
19:20 et qui sont encore une fois trop faciles,
19:22 alors que le travail, il n'est pas difficile,
19:24 il faut avoir la rigueur, ça demande d'être rigoureux,
19:27 pour maîtriser la peur.
19:29 – Alors si on regarde les dix dernières années qui viennent de s'écouler,
19:32 ou peut-être même plus particulièrement,
19:34 depuis l'arrivée d'Emmanuel Macron en France en 2017,
19:36 on a connu la crise des gilets jaunes,
19:38 on a connu le terrorisme qu'on avait connu auparavant,
19:41 on a connu bien sûr la crise sanitaire avec le Covid-19,
19:45 aujourd'hui la menace de la guerre,
19:48 comment gardez-vous cela avec cet œil qui s'est intéressé
19:52 à la question de la peur, est-ce que finalement,
19:54 on n'a pas l'impression que susciter la peur,
19:56 c'est aussi un peu un agenda politique ?
19:58 – Ça l'est complètement, et ce n'est pas nouveau,
20:01 depuis qu'il y a des États, ou des gens puissants,
20:04 la peur est utilisée pour essayer de maîtriser la population,
20:07 à cette différence près que pendant très longtemps,
20:11 on apportait des solutions, on disait,
20:13 ayez peur de la peste, ou de l'ennemi intérieur, extérieur, etc.
20:19 mais faites-moi confiance, j'ai une solution,
20:21 voilà ce qu'on va faire, on va construire un nouveau temple
20:24 au Dieu qui va vous protéger, on va faire la guerre
20:26 contre l'ennemi qui nous menace, on va se préparer
20:29 d'une manière ou d'une autre, on va faire de l'innovation,
20:32 et donc il y avait une sorte de symbiose entre le puissant,
20:35 ou l'État, et la population qui se voyait certes apeurée,
20:39 mais rassurée en même temps, et donc elle retrouvait un équilibre,
20:43 ce qui lui permettait de travailler et de vivre relativement en équilibre.
20:47 Aujourd'hui, il n'y a plus de solution,
20:49 il n'y a que peur sur peur sur peur sur peur, constamment,
20:52 et en gros on nous dit soumettez-vous, faites ce qu'on vous dit de faire,
20:55 et laissez-nous piller en paix.
20:57 – Mais alors justement, tout à l'heure on a parlé du fait
20:59 que la peur avait des conséquences positives
21:01 et des conséquences négatives à titre individuel ou collectif,
21:04 mais pour un chef d'État, quel est son intérêt de susciter la peur ?
21:08 – C'est de susciter la soumission, et pas que pour le chef d'État,
21:12 pour toute l'administration qui va avec,
21:14 quel que soit le pays, je ne vise personne ici,
21:17 mais clairement nous voyons qu'en Occident,
21:19 et c'est quelque chose qui a été prévisible,
21:21 et que j'avais expliqué déjà il y a 13 ans,
21:24 sur survivre à les fondements économiques,
21:27 nous faisons face à l'installation d'une kleptocratie incompétente.
21:31 Et donc il y a besoin de la peur pour maintenir la population
21:34 en soumission et en payant ses impôts,
21:39 pendant qu'eux se servent grassement,
21:42 et surtout qu'ils se servent pour leur propriétaire,
21:44 parce que je ne vous fais pas un dessin,
21:47 les hommes politiques ne sont pas les propriétaires,
21:49 ils ne sont que des vagues gestionnaires du pays,
21:51 pour le compte de gens beaucoup plus puissants qu'eux au-dessus.
21:55 Et ces gens-là se gavent littéralement sur vous, sur moi, sur tous les pays,
22:00 la Suisse est à la même enseigne que la France ou l'Angleterre,
22:03 que les pays européens, et donc la peur devient la seule échappatoire,
22:10 et je ne suis pas du tout étonné de l'échappatoire potentiellement guerrière,
22:14 puisque la guerre est un peu le dernier refuge du malandrin, de l'escroc,
22:18 quand il a les commandes du pouvoir, lorsqu'il met le pays en faillite,
22:22 il ne reste plus que jeter l'échiquier en l'air,
22:25 avec toutes les pièces et toutes les parties du jeu,
22:28 en espérant que la guerre va amener la fin de la dette,
22:33 une redistribution des cartes, ou éventuellement l'oubli,
22:37 l'oubli de la vengeance populaire.
22:39 Et je pense que ça ne marchera pas, parce qu'ils sont autant incompétents
22:43 dans cette phase-là qu'ils l'ont été dans les 15 ou 20 dernières années,
22:48 et je pense que jouer sur la peur au contraire est en train de créer,
22:53 de susciter une pression telle au sein de la population, un stress tel,
22:58 que celle-ci, bientôt au bout de son espoir,
23:03 et dans une situation de stress intense, va chercher un bouc émissaire.
23:08 Et là, il faudra être très attentif de ne pas se tromper,
23:11 et de ne pas expier notre frustration, notre colère, notre collective,
23:16 face à ce qui nous arrive sur des innocents,
23:20 généralement des gens du peuple, ou une petite minorité qui est pour rien.
23:25 Donc il faut faire très attention, mais je crains que cette stratégie
23:29 de la peur extrême, sur de nombreuses années,
23:32 va exploser à la tête de notre dirigeant,
23:35 et ça va avoir des conséquences,
23:38 et c'est pour ça que c'est lié avec mon travail sur les fondements économiques,
23:42 les rues barbares, les autres livres que j'ai publiés,
23:45 que j'ai écrits, et qui sont liés, mais je voulais aller
23:49 peut-être à la source de ces craintes et de ces angoisses,
23:52 pour nous aider à les maîtriser, pour éviter de faire les erreurs,
23:55 parce que mal maîtriser la peur, l'angoisse,
23:57 elle va être une très mauvaise conseillère,
23:59 et donc il vaut mieux se maîtriser, savoir bien diriger ses énergies,
24:03 et le meilleur endroit pour les diriger, c'est pour son bien-être personnel,
24:07 pour son bonheur, pour soi-même, sa famille, ses amis,
24:10 et non pas se perdre dans des guerres, des guerres civiles,
24:13 ou des révolutions, même si ça peut faire plaisir, sur le moment,
24:16 mais qui sont en réalité très mauvaises.
24:18 – Tout le monde peut reconnaître la peur, tout le monde peut expérimenter la peur,
24:23 et alors là, récemment, justement, malgré cette folie guerrière,
24:26 Emmanuel Macron a peur, de plus en plus de médias font savoir
24:29 qu'il est terrorisé à l'idée que quelqu'un pourrait l'attaquer,
24:32 la Russie, un Français, il porte des gilets pare-balles,
24:35 c'est quoi la différence entre la peur et la paranoïa ?
24:38 – Alors la paranoïa, c'est quand on se positionne comme étant la cible
24:42 et l'intérêt des événements qui arrivent autour de soi,
24:46 et j'ai traité de la paranoïa dans ce livre,
24:49 pour justement la différencier de l'angoisse ou de la peur,
24:53 qui sont très naturelles.
24:55 La paranoïa est une pathologie, c'est un problème psychiatrique,
24:59 alors je ne sais pas si ce que disent les médias sur votre président
25:04 est juste ou vrai, ou si c'est un effet de communication,
25:07 je ne sais pas, je ne suis pas psychiatre non plus,
25:09 donc je ne pourrais pas faire un diagnostic par divination,
25:12 comme ça, à distance, mais si c'est vrai, c'est angoissant, c'est effrayant,
25:16 et peut-être qu'il est temps de proposer une sortie honorable
25:20 à quelqu'un qui a fait son temps déjà à son poste,
25:25 c'est beaucoup 7 ans, ou 8 ans.
25:27 – Vous pourriez peut-être lui envoyer un kilo 4 ?
25:30 – Si vous nous écoutez, vous savez quoi faire !
25:33 – "Survivre à la peur", c'était Pierre Aussange-Joub,
25:35 bien sûr ce livre est disponible dès à présent sur la boutique de TVL,
25:38 sur TVL.fr, merci beaucoup monsieur.
25:40 – Merci beaucoup.
25:41 [Musique]
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