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  • il y a 13 heures
Un directeur d'entreprise devient tétraplégique à la suite d'un accident de voiture. Sa femme se retrouve propulsée du jour au lendemain à la tête de son entreprise. Un combat qu'elle doit mener tout en restant présente auprès de ses enfants adolescents. Désespéré par la nouvelle tournure de sa vie, le père de famille demande à son ami médecin de mettre fin à ses jours...
Dans le roman "Quand même", Olivier Zarrouati évoque ce thème sensible, au cœur de l'actualité, en donnant la parole à tous les personnages : le malade, l'épouse, le fils, la fille, le médecin, et même les collègues. Pas de thèse unique, mais des réflexions diverses et évolutives autour de ces drames si complexes.

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Transcription
00:00Générique
00:00– Chers téléfrigérateurs, bonjour, dans notre Zoom du jour,
00:08nous allons parler d'un thème tristement d'actualité, celui de l'euthanasie.
00:13Nous en parlons avec un roman, un roman intitulé « Quand même ? »
00:18et nous en parlons bien sûr avec son auteur Olivier Zarouati.
00:21Bonjour Monsieur.
00:22– Merci de votre invitation, bonjour.
00:25– Merci d'être présent parmi nous.
00:27Alors Olivier Zarouati, vous êtes ingénieur,
00:30vous avez été chef d'entreprise pendant plusieurs années,
00:32vous êtes aussi écrivain et vous nous présentez ce roman intitulé « Quand même ? »
00:37qui s'auto-édition Le Cherche Midi.
00:39Alors ce roman tourne autour d'un homme cadragénaire,
00:44chef d'entreprise, marié et père de deux enfants,
00:47dont la vie va basculer du jour au lendemain,
00:51après un accident de voiture qui le rend tétraplégique.
00:54Alors, c'est un roman qui est pour vous l'occasion d'explorer tous les drames,
01:02les drames de conscience notamment autour de ces questions de la fin de vie.
01:06Et quel a été votre fil directeur en écrivant ce livre sur ce sujet,
01:11ô combien sensible ?
01:12– C'est un sujet ô combien sensible et aussi ô combien commun,
01:19puisque nous l'avons tous rencontré à un titre ou à un autre.
01:23Moi, si j'ai choisi de parler de ce sujet,
01:27ce n'est pas en tant que sachant ou en tant que leader d'opinion
01:31ou en tant qu'autorité d'aucune sorte,
01:33c'est en tant que citoyen qui, comme tout le monde,
01:37a été confronté à cette question-là de l'accompagnement de personnes chères.
01:45Et je n'ai pas souhaité rédiger une thèse sur le sujet,
01:49je n'ai pas souhaité rédiger un mémoire ou un plaidoyer,
01:55j'ai plutôt choisi de raconter une histoire
01:57pour me tenir au plus près des personnes qui sont concernées par ce qui se passe.
02:03– C'est vrai que vous dites, ce n'est pas un plaidoyer,
02:05en effet, c'est vraiment une réflexion qui est nourrie à travers plusieurs points de vue,
02:10puisque votre roman adopte le point de vue du protagoniste
02:16qui devient un tétraplégique, Jean-Dominique,
02:18que vous appelez dans votre roman J-O-D ou J-O-D,
02:23au lecteur de choisir la bonne prononciation.
02:25Jean-Dominique, nous avons son point de vue pendant la bonne partie du roman.
02:31Au bout d'un moment, le point de vue se déplace vers celui de son épouse,
02:35Blandine, et à divers passages du roman,
02:40le fils, adolescent de 17 ans à peu près,
02:43et la fille, adolescente de 15 ans.
02:46Plusieurs points de vue sont évoqués,
02:48c'est-à-dire que vous avez fait le choix de faire vivre plusieurs personnages
02:51plutôt que de délivrer de façon unilatérale, un point de vue.
02:54Comme pour montrer la diversité de points de vue qu'on peut avoir sur cette question délicate.
02:58– Oui, et puis c'est vraiment la nature du sujet.
03:02La famille, c'est un sujet qui concerne tout le monde.
03:05Dans une famille, c'est un choc, c'est évidemment un drame le plus souvent,
03:14et ça concerne tout le monde.
03:15Ça concerne évidemment l'intéressé, mais ça concerne tout ça en environnement.
03:18Et les points de vue peuvent être aussi variés qu'il y a de personnalités.
03:25C'est d'ailleurs la raison pour laquelle le sujet qui nous occupe
03:27entraîne autant d'avis différents.
03:31Parce que, évidemment, les points de vue sont variés.
03:35Et comme j'ai dit, je n'ai pas souhaité prendre une position déterminée
03:41en disant, voilà, moi j'ai un mot définitif à dire sur le sujet,
03:45voilà quel il est, j'ai plutôt souhaité accompagner des personnes
03:49qui abordent la chose, chacun sous son angle.
03:53– Alors justement, sur cette question de l'euthanasie,
03:57comment arrive-t-il normalement ?
03:58Je pense qu'on peut en dire sans trop donner d'informations au lecteur.
04:02On peut dire que cette question arrive lorsque Jean-Dominique
04:06fait cette demande à son ami de longue date qui est médecin de profession,
04:11il lui demande simplement de mettre fin à ses jours
04:14parce qu'il ne supporte, Jean-Dominique ne supporte plus sa vie diminuée.
04:18C'est à partir de ce moment-là que la question du suicide assisté
04:21entre vraiment dans l'histoire.
04:23– La question vient deux fois en fait dans l'histoire.
04:25Une première fois à l'occasion que vous dites,
04:29l'intéressé fait une demande, une demande explicite,
04:32qui d'ailleurs va évoluer au fil du temps, au fil des minutes
04:38pendant lesquelles la rencontre se fera
04:41et se conclura de façon assez pitoyable par un acte manqué
04:49qui laisse le héros l'intéresser dans un état végétatif.
04:55Cet état végétatif qui n'est ni la mort ni la vie,
04:58eh bien ce sera à son environnement et à sa famille
05:02de le tenir, de le soutenir et de le vivre.
05:08Et à ce moment-là, une deuxième fois, la question se posera,
05:12mais non plus à lui puisqu'il n'est plus en état
05:14de poser la question lui-même, mais à son environnement,
05:17à l'occasion de l'évolution de la vie de la famille.
05:24Une deuxième fois, la question se posera et une deuxième fois,
05:28il faudra y répondre et sur des bases assez différentes.
05:31– Alors vous dites, effectivement, l'acte manqué
05:34laisse dans un état végétatif qui n'est ni la mort ni la vie
05:37parce qu'effectivement, il faut donner cette précision,
05:38c'est que son ami médecin est réticent et lui-même,
05:43il invoque ses convictions, ses convictions à la voie de médecin,
05:47aussi ses convictions chrétiennes aussi,
05:49puisque le commandement, tu ne tueras point,
05:52évidemment, a beaucoup d'importance à ses yeux.
05:54Mais il finit par s'y résoudre et en fait, il est dans le mi-chèvre-mi-sous,
05:59il le fait mais il ne va pas jusqu'au bout et d'où la catastrophe.
06:02Mais on a l'impression qu'on est surpris quand on lit ce passage,
06:05que ça aille si vite, on a envie de dire au médecin,
06:09mais attendez, pourquoi vous ne laissez pas quelques jours
06:11ou moins quelques jours de réflexion au lieu de vous exécuter si rapidement ?
06:14– Parce qu'il est sûr de lui, le médecin, il est sûr de convaincre,
06:17il est tout à fait sûr de son fait, il sait qu'il va convaincre son ami,
06:22il va lui expliquer la vie, il va lui dire mais non, remets-toi.
06:26Et pour ça, il n'y a pas besoin d'attendre.
06:28On peut y aller tout de suite.
06:30Et évidemment, il va être confronté à ce à quoi il ne s'attend pas
06:33et là, il va perdre pied.
06:34Il perdra d'ailleurs doublement pied.
06:38Je laisse au lecteur de Swan découvrir la façon dont ça se passera.
06:43Mais c'est vrai qu'il aborde la question sous l'angle du « tu ne tueras point »
06:48qui était aussi mon point d'entrée dans la question de l'euthanasie.
06:54C'est un angle facile, c'est un angle que nous connaissons tous
06:58et c'est un angle assez trompeur aussi.
07:04C'est un angle facile parce que c'est une forme de loi naturelle,
07:09l'interdiction du meurtre qui dépasse très largement
07:12les frontières du monde judéo-chrétien.
07:16Toutes les civilisations évoluées s'accordent sur cette interdiction du meurtre.
07:22Mais évidemment, ce n'est pas si simple.
07:25Ce n'est pas si simple parce que cette interdiction,
07:27elle connaît beaucoup d'exceptions.
07:30Beaucoup d'exceptions tout à fait acceptées et acceptées de tous.
07:33Il y a la légitime défense dans laquelle, voilà,
07:37on peut… la défense est licite.
07:43Il y a la guerre.
07:45Quand on est en situation de… quand l'ennemi est aux frontières,
07:48on a le devoir de prendre les armes et ça n'aurait pas de sens
07:51si on n'avait pas le droit de s'en servir.
07:53Donc, c'est une loi, c'est une loi apérative,
07:58mais truffée d'exceptions.
08:00Et une société qui évolue a le droit de se poser régulièrement
08:03la question des exceptions, de nouvelles exceptions
08:06qu'il faudrait tolérer, qu'il faudrait accepter
08:09parce que tout simplement la société n'est pas figée.
08:11Et la question de l'exception, de nouvelles exceptions,
08:15elle est légitime, on peut se la poser.
08:17Mais quand j'ai avancé dans la réflexion sur ce sujet,
08:24je me suis rendu compte que, en réalité,
08:28les exceptions dont on parle et auxquelles on se réfère,
08:31elles ont ça de particulier, qu'elles sont toujours exceptionnelles.
08:34C'est-à-dire que la norme est la mort naturelle
08:40et l'exception est la mort provoquée.
08:43Et parfois, elle peut être très justifiée.
08:45Que nous amènent les débats du jour ?
08:52C'est l'idée d'une situation un petit peu nouvelle
08:56dans laquelle la souffrance extraordinaire
09:01qui accompagne la fin de vie,
09:02la faiblesse extraordinaire qui accompagne la fin de vie
09:05deviendrait une indignité
09:10qui devrait rentrer dans la liste de ces exceptions tolérées.
09:19Et là, il y a quelque chose qui change de façon dramatique.
09:25C'est l'exception qui devient la règle
09:27et la règle qui devient l'exception.
09:29C'est-à-dire que la mort provoquée
09:33dans une situation qui est toujours intolérable
09:38peut devenir la règle, la norme
09:42et la mort naturelle deviendrait l'exception.
09:47Et ça, c'est quand même une évolution anthropologique majeure
09:51qui mérite qu'on s'y intéresse,
09:54qui mérite que l'on réfléchisse sur ce sujet.
09:57Et voilà, c'est ça qui a guidé ma réflexion.
10:01– Il y a aussi un autre changement anthropologique
10:03que vous évoquez, cette question même de dignité.
10:06Et on le voit dans le dialogue qu'a Blandine,
10:09l'épouse de Jean-Dominique, avec le médecin.
10:13Elle lui dit la dignité, la faiblesse…
10:17Mais on arrive à cette réflexion, vous vous dites au moment.
10:20Alors, l'indignité…
10:23Enfin, non, plutôt la faiblesse n'est pas une indignité.
10:25– C'est toute la question.
10:27C'est toute la question, et je vous remercie vraiment
10:29d'avoir pointé ce point, parce qu'en fait,
10:34c'est ça ma ligne.
10:38La question de savoir si la faiblesse est une indignité.
10:43Dès l'instant où l'on considère que la faiblesse,
10:45et à quel moment elle est-elle plus grande qu'à la fin de la vie,
10:49est une indignité,
10:50alors il est légitime d'y mettre fin.
10:56Mais peut-être ne l'est-elle pas.
10:59Et c'est à cette question-là que nous devons répondre,
11:01et si l'on considère que la faiblesse n'est pas une indignité,
11:04alors l'urgence de mettre fin à cette situation extraordinaire
11:13qui est la fin de vie, devient moins prégnante.
11:18– D'ailleurs, je voudrais revenir sur un terme que vous avez dit précédemment,
11:22vous avez dit ce Jean-Dominique,
11:25après la tentative d'euthanasie manquée,
11:28il se retrouve dans un état végétatif,
11:30et vous avez dit qu'il n'est ni vivant ni mort.
11:32Mais pourtant, dans votre roman, il est toujours vivant,
11:34il ne parle plus, il ne s'exprime plus,
11:37il a un regard vide,
11:40enfin je ne sais pas si l'expression « regard vide » est adéquate,
11:42mais c'est un peu l'idée.
11:45Et pourtant, on voit le quotidien de sa femme et de ses enfants auprès de lui.
11:50Et vers la fin, il y a un chapitre que j'ai trouvé assez poignant,
11:54c'est le chapitre où la fille, Coralie, âgée de 15 ans,
12:00parle à son père,
12:02ce n'est pas vraiment un dialogue parce qu'il n'y a pas de réponse,
12:04mais à un moment où vous avez cette phrase,
12:08même son silence est fécond.
12:11– Il est présent, il est présent.
12:16Il n'est plus supérieur, il n'est plus le maître,
12:22il n'est plus la personne à laquelle on se soumet,
12:26il n'est plus rien de tout cela.
12:29Et il est présent.
12:30Et son dialogue, qui est évidemment fait de silence,
12:37à ce moment-là, avec ses interlocuteurs,
12:40peut être fécond malgré tout, oui.
12:43C'est ce que j'ai essayé de rendre.
12:46– Alors bien sûr, ce genre de domicile, vous le montrez,
12:51continue à évoluer à sa manière au sein de sa famille,
12:55au sein aussi de tout son environnement,
12:56parce que, justement, toutes ces réflexions,
12:58vous les posez dans un véritable cadre,
13:00vous y créez vraiment tout un décor, toute une ville,
13:04toute une entreprise, les personnes qui le faisaient vivre.
13:09C'est important, n'est-ce pas, de donner vraiment un cadre
13:11très concret à toutes ces réflexions,
13:13enfin de sortir de l'abstraction, justement.
13:15– Oui, alors, oui, bien sûr.
13:17– Alors, il fallait un cadre pour cette histoire,
13:22et il fallait un cadre réaliste,
13:25parce que c'est une histoire réelle.
13:27Ce n'est pas une histoire, évidemment, c'est une histoire,
13:30c'est une fiction.
13:34Je ne connais personne à qui ces aventures sont arrivées.
13:39C'est une œuvre fictive,
13:41mais incarnée dans la réalité.
13:44Et pour ça, il fallait un cadre, il fallait un cadre réaliste.
13:48Alors, bon, voilà, j'ai choisi un cadre que je connaissais bien,
13:52que je connais plutôt bien, oui,
13:54et j'ai trouvé que je pouvais,
13:58par tout simplement le réalisme du cadre,
14:00donner plus de réalisme à l'histoire.
14:01– Et on y voit aussi tous les personnages
14:07qui sont les victimes aussi,
14:09les victimes collatérales de l'accident,
14:11puisque ce Jean-Dominique, il tenait son entreprise,
14:15en fait, à bout de bras, tout dépendait de lui,
14:18et on voit qu'avec son accident, finalement,
14:20c'est tout un petit monde qui s'effondre,
14:23presque toute une ville, au fond, qui s'effondre.
14:25– Chaque ville qui s'effondre, c'est un monde qui s'effondre.
14:29Et voilà, c'est une petite ville de Bourgogne,
14:34qui tient par son entreprise,
14:35comme il y en a beaucoup, beaucoup en France.
14:37C'est une ville assez commune, en réalité.
14:41– En fait, est-ce que vous avez voulu montrer
14:46à travers cette image du personnage qui tenait tout,
14:51et avec sa disparition, tout s'effondre,
14:54l'idée qu'au fond, chaque vie est unique,
14:55que chaque vie est irremplaçable ?
14:57– Merci.
14:58– Merci. Merci à nouveau.
15:02Oui, cet homme, il est au centre de son univers.
15:09Bon, il est facile de le décrire dans une position centrale,
15:13parce qu'il a une position centrale au début de l'histoire,
15:17mais ça encore, c'est très commun.
15:20Chaque homme est au centre de son univers.
15:22Et au moment où le drame survient,
15:27eh bien, c'est un drame qui va toucher tout son environnement,
15:31et c'est la chose la plus naturelle du monde.
15:36– Alors, quel regard portez-vous sur les débats
15:42autour de la fin de vie et de l'euthanasie,
15:44qui sont évidemment un sujet d'actualité en ce moment ?
15:47Si le hasard du calendrier vous a fait publier votre roman
15:50au même moment, dans un calendrier législatif très particulier ?
15:55– Alors, écoutez, d'abord, c'est vraiment les hasards du calendrier,
16:00il n'y a rien de calculé dans cette affaire.
16:05Cette histoire, je l'ai portée pendant quelques temps,
16:09pendant des années, en fait, c'est une histoire
16:13que j'aurais voulu raconter à quelqu'un qui partait.
16:17et qui posait ce genre de questions,
16:23du droit de continuer à vivre.
16:29Donc, cette rencontre, ce dialogue date maintenant de quelques années.
16:36Le bouquin serait resté dans mon ordinateur
16:39pendant probablement encore longtemps,
16:41si l'ordre du jour du pays ne m'avait pas suggéré
16:45d'y mettre une dernière main et de le publier.
16:48Ce que j'ai fait, mais vraiment, on n'a pas calculé
16:50une sortie à une date particulière.
16:55Ça aurait été d'ailleurs bien impossible.
16:59Ensuite, que dire sur le débat qui se déroule ?
17:03– C'est simplement le souhait qu'il se déroule et qu'il se déroule vraiment.
17:09Et qu'il se déroule jusqu'au bout et qu'il se déroule en entendant
17:14toutes les parties prenantes et tous les sachants du sujet.
17:18Et je ne m'inclus pas, moi, dans la situation des sachants.
17:24Mais au fond, il me semble quand même que la question qui est posée
17:29n'est pas la question de comment vivre,
17:36qui est vraiment la question du temporel.
17:38c'est la question du comment mourir.
17:43Et la question du comment mourir,
17:45elle touche à la question du pourquoi vivre.
17:50Et ça, c'est la question du spirituel.
17:53La question du comment mourir,
17:55elle n'est ni totalement temporelle, ni totalement spirituelle.
17:58Disons qu'elle est à cheval entre les deux.
18:01Elle est temporelle en ce qu'elle implique des modalités pratiques
18:05et des choses tout à fait concrètes qu'il faut bien administrer, bien sûr.
18:11Et elle est spirituelle également en ce qu'elle convoque la question du pourquoi on vit.
18:18Et si je voulais exprimer un vœu ici,
18:24ce serait que les deux parties prenantes,
18:27j'allais dire les deux sachants de cette question
18:29qui sont le temporel et le spirituel,
18:33et chacun voit au chapitre.
18:35sur une question comme celle-là.
18:38Et je pense qu'on a encore un petit peu de travail à faire
18:41pour réellement avoir donné la parole à tout le monde.
18:45– Oui, sur la question spirituelle,
18:47c'est vrai que c'est un point qui revient assez souvent,
18:50les passages à l'Église.
18:51Alors, c'est vrai que votre roman n'est pas un roman confessionnel,
18:54au bon sens pour l'entendre,
18:54mais les passages sont souvent à l'Église.
18:57et l'identification notamment à Jésus crucifié
19:01tient une place assez importante dans plusieurs chapitres.
19:03– Vous savez, ça se passe en Bourgogne, ça se passe en France,
19:05donc voilà, ça se passe dans une spiritualité
19:08qui est celle majoritairement encore de ce pays.
19:12mais je ne m'abrite pas derrière cette spiritualité en particulier.
19:17– Je constate simplement qu'en réalité,
19:25toutes les spiritualités du monde,
19:27lorsqu'elles ont été interrogées sur la question de l'euthanasie,
19:32c'est-à-dire de l'évolution anthropologique
19:34dont on est en train de parler,
19:37ont toutes dit, attention, mutation,
19:41mutation fondamentale.
19:43et ce n'est pas une seule religion qui dit ça, c'est toutes.
19:48Et quand toutes sont d'accord,
19:52ce n'est pas si souvent que toutes les religions sont d'accord sur un sujet.
19:55– C'est le moins qu'on puisse dire.
19:56– Quand toutes sont d'accord sur l'idée d'agiter un drapeau rouge
20:01en disant, attention, faisons un petit peu attention
20:04à ce qu'on fait quand même,
20:07eh bien ça vaut le coup de les entendre.
20:09– Oui, ça rejoint ce que vous disiez tout à l'heure,
20:11par le fait que le commandement, le commandement biblique,
20:14tu ne tueras point, était au fond de la loi naturelle.
20:18Toutes les civilisations, la Grèce antique,
20:21parce que Hippocrate, avec le fameux serment,
20:23était un grec du 5e siècle avant Jésus-Christ,
20:25toutes les civilisations prohibaient l'homicide.
20:28– Merci de citer Hippocrate,
20:32merci de citer Hippocrate,
20:33parce que je voudrais lui céder la parole,
20:37primum nenocere, d'abord ne pas nuire.
20:41Il est bien de vouloir améliorer les choses,
20:45il est bien de vouloir progresser,
20:48il est bien de vouloir évoluer avec la société,
20:52mais d'abord ne pas nuire,
20:54et ne le faisons pas au travers d'évolutions
20:58qui tout simplement pourraient s'avérer luisibles sur le long terme.
21:05– Je suis en fait assez curieux, si vous me permettez cet insiste,
21:09que dans un pays comme le nôtre,
21:12qui a mis le principe de précaution dans sa constitution,
21:17et qui des coups ne déplace pas un marronnier
21:20sans avoir interrogé 25 sachants pour éviter de faire une bêtise,
21:25aborde une évolution anthropologique majeure,
21:29sans vraiment entendre ce que les sachants du sujet ont à dire.
21:34– Oui, c'est un peu à l'image en fait de votre médecin
21:37qui va pratiquer son état d'analyse manquée,
21:39il va trop vite, il agit en une soirée,
21:42et il n'a même pas pris le temps même de consulter l'épouse même du patient.
21:46– Il va trop vite.
21:47– Qui lui fera d'ailleurs le reproche.
21:48– Il va trop vite, voilà.
21:49– Crainte que nos hommes politiques aillent trop vite sur un sujet
21:53qui concerne toute la civilisation,
21:56et donc toutes les personnes prises individuellement.
21:59– Merci.
22:00– Écoutez, c'est moi qui vous remercie pour ce roman
22:06et tous ces éclaircissements.
22:07Merci Olivier Zarouati d'être venu nous présenter quand même.
22:11Chers téléspectateurs, quand même un roman
22:13qui peut vraiment nourrir les réflexions sur un sujet aussi important.
22:20Un roman qui fait vivre plusieurs personnages,
22:22qui fait évoluer et qui fait montrer les pensées des personnages.
22:28Et je vous dis donc à très bientôt.
22:30– Sous-titrage ST' 501
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