00:00 [Musique]
00:14 Bonjour à toutes et à tous, je suis ravie de vous retrouver pour cette nouvelle journée sur le plateau L'Opinion, la GFI,
00:19 au cœur des 31e rencontres de l'AMRAE à Deauville.
00:23 Je suis en compagnie de Pierre Bessé, président directeur général de Bessé.
00:28 Pierre, bonjour. Merci d'être avec nous.
00:30 Alors, de votre fenêtre, comment se porte le secteur du courtage et de l'assurance ?
00:36 Et quelle est la situation au début d'année 2024 ?
00:42 Comment ils se portent ? Moi, je vais dire bien, même si d'aucuns ont ses mots ou leurs enjeux propres,
00:49 ils se portent bien par rapport à beaucoup de secteurs.
00:51 Est-ce qu'ils se portent bien par rapport à lui-même ? Si je commence par le courtage,
00:55 honnêtement, ils se portent bien, c'est un métier résilient qui traverse les crises,
00:58 dans lequel on a des enjeux en face de nous qui sont des enjeux, comme tout à chacun,
01:02 peuvent avoir la data, les investissements IT, l'IA demain, etc.
01:08 Des enjeux RH majeurs et encore plus pointus depuis le Covid, je trouve.
01:12 Mais c'est un métier qui se porte bien.
01:14 L'assurance en tant que telle est face à de nouveaux enjeux ou plutôt des enjeux accélérés.
01:20 On le voit, les événements naturels, cyber, numériques, les risques géopolitiques,
01:24 c'est la vie, c'est le monde qui est comme ça.
01:26 Mais c'est une économie qui, je trouve, est dynamique, plutôt performante, créative.
01:33 Donc, oui, je suis positif.
01:36 Oui, très très positif même.
01:38 Et alors, si je vous demande l'effet marquant de 2023, qu'est-ce qui a retenu votre attention ?
01:43 Concernant le BC ?
01:44 Oui.
01:45 2023, on est au milieu d'un plan qu'on a déployé en 2022, qui s'appelle BC 2025.
01:50 Ce n'est pas un plan stratégique, parce qu'un plan stratégique, pour moi, ça ne dure pas trois ans.
01:54 Ça dure quasiment une vie et ça évolue.
01:57 C'est un plan de transformation de l'entreprise.
02:00 On a passé la barre des 510 collaborateurs en 510 collaborateurs, donc dans une boîte de service.
02:06 C'est beau.
02:06 C'est important.
02:07 Et donc, on ne peut pas s'organiser, on ne peut pas bosser, on ne peut pas exécuter
02:12 de la même manière que nous le pratiquions lorsque nous étions, disons, moitié-moins.
02:16 Donc, on a beaucoup travaillé là-dessus depuis 2022.
02:19 On y est arrivé, on a beaucoup recruté, on a beaucoup staffé, on a beaucoup managé.
02:25 On a créé une école de transmission des méthodes et du savoir.
02:30 On en est rendu à la phase 2 de l'école en 2024.
02:34 Donc, pour moi, le fait marquant, c'est celui-là.
02:36 C'est de préparer l'entreprise à la prochaine étape, non pas à la transmission,
02:42 mais à la prochaine étape, à l'arrivée des générations nouvelles,
02:45 pour toujours favoriser cette agilité, cette créativité et cette stratégie qui est,
02:50 pour le coup, bien posée.
02:52 Et alors justement, vous êtes au plus proche des entreprises,
02:55 vous les accompagnez dans leur gestion des risques.
02:57 Comment vous voyez évoluer l'analyse de la gestion des risques
03:00 de la part des entreprises au sein même des lignes de projet ?
03:02 Je la vois positivement évoluer, non pas que je sois résolument positif aujourd'hui.
03:08 J'ai l'impression quand même.
03:10 Je la vois positivement évoluer, je m'explique.
03:12 Le Covid, pour moi, a été un point de bascule.
03:15 Même s'il n'a duré que deux mois, en réalité, il n'a duré plus que deux mois et il dure encore.
03:19 Il a été un point de bascule parce que les entreprises ont découvert à cette occasion
03:22 qu'il pouvait arriver n'importe quoi.
03:24 Voilà, la palissade.
03:26 Ça n'empêche que ça s'est passé comme ça.
03:28 Et donc, je pense, je trouve, on observe que les enjeux de pilotage de risque et d'assurance
03:33 dans le monde de l'entreprise sont considérés aujourd'hui avec plus de,
03:38 non pas de sérieux, mais d'importance et de considération.
03:42 Nous, on le considère comme ça.
03:43 Tant mieux pour les risquiers managers qui voient leur job,
03:46 je crois, encore mieux valorisé que c'était le cas par le passé.
03:49 Et tant mieux aussi pour les entreprises qui n'en ont pas.
03:51 Donc, je trouve que le sujet est vraiment monté d'un cran et tant mieux
03:56 parce que les risques, eux, sont montés plus que d'un cran, à mon avis.
03:59 Il y a eu un effet déclic.
04:00 Je pense, oui.
04:01 Je pense qu'il y a eu un effet déclic.
04:03 2001, avec le retrait de Sainte-Heure le 11 septembre, a été un effet déclic à d'autres égards.
04:09 Je pense que le Covid a été aussi un effet déclic.
04:11 Il s'est passé un truc que personne n'a imaginé.
04:14 Les entreprises ont toutes été à l'arrêt.
04:16 Et au bout du compte, qu'est-ce qui se passe si ?
04:17 Le cyber sera un autre effet déclic, j'en suis sûr.
04:21 J'en suis absolument convaincu.
04:22 Il ne s'est à peu près rien passé aujourd'hui.
04:24 Et le jour où ça va arriver, ça va être un autre effet déclic
04:27 pour favoriser les transformations.
04:29 Et alors, de quelle façon vous accompagnez justement les entreprises
04:32 dans leur gestion des risques ?
04:34 On les accompagne toujours de la même manière,
04:36 toujours avec plus d'investissement et baisser.
04:39 On y réfléchit souvent, c'est quoi notre métier ?
04:43 Conseiller d'assurance, courtier d'assurance,
04:45 tout ça est assez plat au bout du compte.
04:47 Moi, j'aime bien définir ça.
04:49 Notre métier pour moi, c'est de repousser les limites de l'assurance
04:52 pour permettre à nos clients, dans les écosystèmes que l'on adresse,
04:56 de développer leur business de manière safe, en protégeant leur bilan.
05:00 C'est ça notre métier.
05:02 Donc c'est de construire des solutions ad hoc avec eux, en co-construction,
05:06 pour les aider à.
05:08 Donc, qu'est-ce qu'on déploie pour ça ?
05:10 On déploie des ingénieurs, on déploie de la data.
05:13 On a beaucoup investi en 2023 là-dessus.
05:17 Beaucoup investi, on l'intègre dans tous nos process de pilotage,
05:20 de gestion, d'accompagnement, d'analyse centrale.
05:23 La data, pour ne rien en faire, ça ne sert à rien.
05:25 Pour l'exploiter, c'est mieux, évidemment.
05:29 On recrute des talents, on monte une école de formation.
05:31 Donc, c'est toute cette espèce de...
05:33 Ce n'est pas une triptyque, c'est toute cette espèce de puzzle
05:37 qu'on déploie de manière méthodique, comme on l'a toujours fait,
05:39 sauf qu'aujourd'hui on est beaucoup plus nombreux,
05:41 pour précisément suivre l'accompagnement de l'émergence de ces nouveaux risques.
05:47 Si on parle du nucléaire, qui était nucléaire, Bachine, il y a 10 ans,
05:50 qui ne l'est plus du tout aujourd'hui,
05:51 ça fait 10 ans qu'on investit sur cette économie.
05:54 On était donc totalement à contre-courant.
05:56 On a des experts en la matière qui nous ont rejoints durant ces années, etc.
06:01 Et donc aujourd'hui, je pense qu'on a un véritable savoir-faire
06:03 pour annoncer ce plan de relancement et de renouveau
06:05 qui a été décidé par le gouvernement.
06:07 Voilà, il fallait prendre ce temps d'avance,
06:08 on aurait pu ne pas réussir,
06:10 on pourrait toujours, dans le nucléaire Bachine,
06:11 favoriser un autre modèle d'énergie, mais je ne pense pas qu'on pourra.
06:15 Donc c'est ça la façon de baisser, de j'espère,
06:19 garder en matière de proactivité ce temps d'avance.
06:23 Mais on y arrive, on n'a peut-être pas beaucoup de mérite,
06:26 parce que la stratégie c'est d'adresser les grandes filières.
06:29 Ce n'est pas d'adresser de la matière assurable.
06:32 Je vois beaucoup de mes confrères qui fonctionnent très bien,
06:35 où les structures sont organisées autour de la matière assurable.
06:38 Nous, on n'est pas organisé autour de la matière assurable,
06:40 on est organisé autour des filières,
06:42 le marine, l'énergie, l'agroalimentaire, la mobilité, etc.
06:46 Et dans ces filières, je retrouve tous les talents
06:47 que je trouve dans d'autres pôles.
06:49 Donc quand vous avez 70, 80 personnes
06:51 qui ne bossent que sur l'agroalimentaire,
06:53 comme je dis souvent, du champ à l'assiette,
06:55 ça favorise l'expertise.
06:57 Et dans l'énergie, le marine et autres, tout pareil.
06:59 Donc c'est ça la stratégie, c'est celle-là.
07:02 Et donc c'est ensuite une débauche de moyens
07:04 pour atteindre cet objectif.
07:05 Je ne fais pas que de le dire.
07:06 C'est très clair.
07:08 Est-ce que vous voyez les solutions d'assurance alternative monter,
07:13 grandir, prendre de l'importance ?
07:15 Est-ce que la diversification dans la couverture, c'est important ?
07:20 Oui, bien sûr qu'on les voit monter.
07:21 D'abord parce que les risques sont émergents,
07:24 parce que certains deviennent difficilement assurables
07:26 ou sont peut-être à la limite de l'assurabilité.
07:31 Si les événements naturels continuent à monter comme ça,
07:33 comment on peut avoir des problèmes ?
07:34 Si le numérique et le cyber continuent à monter comme ça,
07:36 il faudra peut-être l'aborder de manière différente ou alternative.
07:38 Donc oui, on le voit monter.
07:39 On travaille beaucoup sur le paramétrique,
07:41 qui est une solution alternative au mécanisme assurantiel traditionnel,
07:45 depuis un moment.
07:46 Et puis on bosse, comme tout le monde, sur les captives,
07:50 parce que c'est un outil de pilotage du risque génial.
07:53 Et encore plus génial depuis qu'on peut le mettre en France,
07:55 parce que c'est plus simple et ça reste en France.
07:57 Donc les entreprises, pour le coup, le d'adoptent.
07:59 On a beaucoup d'études sur le sujet.
08:01 Donc ce n'est pas faire de la provision à la fiscalité,
08:04 mais un peu quand même.
08:05 C'est surtout instruire la captive dans son outil de pilotage de risque,
08:09 quitte à y transférer des risques qui deviennent inassurables.
08:12 Donc c'est tous ces outils-là que l'on développe,
08:18 que ce soit en termes de garantie, en termes de créativité,
08:20 en termes d'outils que je viens de l'exposer.
08:23 C'est comme ça que je peux répondre à votre question.
08:24 Merci beaucoup Pierre Bessé d'avoir été avec nous.
08:26 Merci.
08:27 [Musique]
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