00:00 [Musique]
00:14 Bonjour à tous, en direct des 31e rencontres de l'AMRAE.
00:18 Je suis très heureuse de recevoir Brigitte Boucault.
00:20 Bonjour Brigitte.
00:21 Bonjour Cécile.
00:22 Brigitte, vous êtes présidente de la Fédération française des captifs d'entreprise
00:27 et bien sûr administratrice de l'AMRAE.
00:29 Alors, un mot sur les captifs d'entreprise, c'est quoi, ça sert à quoi ?
00:33 Effectivement, le mot captive est un petit peu barbare, on va dire.
00:38 Une captive, c'est une filiale d'assurance ou de réassurance d'une entreprise ou d'un groupe
00:44 qui permet de mutualiser entre les risques de l'entreprise, les risques propres à l'entreprise
00:51 et pour faire une mutualisation dans le temps.
00:54 Et cette mutualisation est très complémentaire avec le transfert des risques
01:00 que va faire l'entreprise au reste du marché.
01:03 Ça vient s'ajouter à la couverture d'assurance avec un petit peu une assurance en interne.
01:08 Voilà, c'est exactement ça.
01:11 Courant 2023, le statut des captives françaises a été amélioré.
01:18 Concrètement, qu'est-ce qui a changé ?
01:21 Alors, les captives ne sont pas nouvelles, il y en a partout dans le monde,
01:24 au Bermude, au Luxembourg, en Irlande.
01:28 En France, elles étaient plutôt vues comme une priorité secondaire par l'État français,
01:34 priorité qui a changé suite à la prise de conscience avec le Covid des risques systémiques,
01:40 du réchauffement climatique et de la nécessité pour les entreprises
01:44 de mieux renforcer leur résilience dans une philosophie de souveraineté.
01:48 Et donc, en fait, on a autorisé les captives domiciliaires en France,
01:53 les captives de réassurance, à se doter d'une provision
01:57 qui leur permet de stocker jusqu'à 90% de leurs résultats en réserve,
02:04 en franchise d'impôts, et qui permettra ainsi de faire face à des chocs
02:09 face aux risques qui sont assurés par cette captive.
02:14 Et donc, cette provision, elle a surtout le mérite, son mérite principal
02:20 est d'accélérer l'allocation de fonds propres au sujet du risque,
02:26 conformément à Solv2, elle n'a pas pour objectif principal de différer l'impôt.
02:32 Elle a pour objectif de permettre d'accumuler des fonds propres Solv2
02:36 et de ce fait-là de prendre de plus en plus de risques et de faire grossir la captive.
02:41 Grâce à ce changement de statut, est-ce que de nouvelles captives françaises ont pu être créées ?
02:46 Oui, Cécile, c'est ça qui est formidable, c'est qu'on est parti d'une situation
02:50 où on avait environ 9 captives, souvent issues de sociétés dans lesquelles
02:55 l'État était actionnaire ou en contrat avec l'État, pour des raisons un peu politiques
03:01 de domiciliation, à une situation où à fin janvier, on en compte déjà 16,
03:07 de grandes entreprises, de moyennes entreprises et on peut considérer qu'il y a
03:12 beaucoup de dossiers qui sont en cours de préparation, c'est-à-dire qui demandent
03:16 un agrément à la CPR.
03:17 On a un chiffre, c'est un peu confidentiel ?
03:19 Oui, c'est un peu confidentiel, mais je pense qu'il y a une vingtaine de dossiers
03:25 qui sont vivants et qu'on pourrait atteindre, passer de 16 à 20, 25 très prochainement.
03:31 Très rapidement.
03:33 Si on fait le bilan aujourd'hui, est-ce que vous êtes content de ce statut ?
03:37 Est-ce qu'il y a encore des petites choses à améliorer ?
03:39 Alors on est très fiers et très contents de ce statut parce que la France,
03:44 qui est quand même la cinquième économie de l'OCDE, s'est dotée d'un système
03:48 de captive post la mise en œuvre de Solvabilité 2, donc ça veut dire avec une logique
03:54 totalement professionnelle, de gouvernance renforcée, de responsabilité des entreprises
04:00 et donc c'est le plus grand pays européen qui l'a fait.
04:04 Ce n'est pas rien.
04:08 C'est solide.
04:09 C'est solide, merci.
04:11 C'est un très bon point de départ pour démocratiser la captive de réassurance
04:18 auprès de toutes les entreprises qui doivent renforcer leur résilience et qui n'ont
04:22 certainement pas le moyen d'oeuvrer à l'international.
04:25 On peut aussi imaginer qu'au regard des résultats, on puisse améliorer le statut
04:33 dans la durée de la provision, dans son plafond et surtout réfléchir à la façon
04:39 d'y mettre des nouveaux risques, des risques émergents sur lesquels on ne sait pas très
04:43 bien ce qu'il faut faire aujourd'hui, qui sont liés au réchauffement climatique,
04:46 qui sont liés aussi au cyber et qui permettront d'apporter des solutions innovantes.
04:52 On peut aussi réfléchir aux questions de la captive, sont-elles à même de prendre
04:58 en charge des budgets de prévention.
05:00 Je le rappelle, la captive n'est pas qu'un instrument d'assurance, c'est aussi un
05:05 instrument qui permet de piloter globalement la gestion des risques dans son aspect carto,
05:11 gestion de la prévention et puis transfert au marché de l'assurance.
05:15 Il faut que ça vive en même temps que les risques et le métier de risque manager.
05:18 Exactement.
05:19 Merci beaucoup Brigitte Boucaud.
05:21 Merci Cécile.
05:22 Merci à vous.
05:23 Merci à vous.
05:25 Merci à vous.
05:26 Merci.
05:28 Merci.
05:30 Merci.
05:31 Merci.
05:32 Merci.
05:33 Merci.
05:34 Merci.
05:35 Merci.
05:36 Merci.
Commentaires