00:00 [Musique]
00:14 Bonjour à toutes et à tous, nous voilà de retour au 31e rencontre de l'AMREI à Deauville.
00:20 Je suis en compagnie de Philippe Baptiste, président du CNES, le Centre National des Études Spatiales.
00:26 Philippe, bonjour. Merci d'être avec nous.
00:29 Alors, que fait le CNES au rencontre de l'AMREI et de la gestion du risque ?
00:33 Alors évidemment, ça peut paraître un petit peu surprenant parce qu'on n'est pas assureur, on est une agence spatiale.
00:38 Donc nous ce qu'on fait, c'est qu'on fait des lanceurs, des pas de tir, des satellites, on fait travailler tout l'ensemble de l'écosystème.
00:44 Et puis on travaille pour la communauté scientifique d'une part et puis la défense d'autre part.
00:50 Qu'est-ce qu'on fait ici ?
00:51 En fait, la raison, elle est assez simple, c'est qu'on est profondément convaincus qu'aujourd'hui,
00:56 avec l'observation de la Terre, avec les données qui sont collectées par les satellites qui observent la Terre aujourd'hui,
01:03 pour comprendre quelles sont les grandes évolutions de la Terre sur le climat, sur les pollutions, sur le suivi de la biodiversité, etc.
01:11 Eh bien, on amène une information qui, je le crois, est capitale pour les assureurs aujourd'hui, pour estimer vos risques.
01:20 Estimer les risques, je ne sais pas, sur les évolutions du trait de côte, estimer les risques pour des feux de forêt,
01:27 estimer les risques sur le bâti, estimer les risques sur la météo, les grandes évolutions météo.
01:33 Et donc, toutes ces données, qui sont des données qui viennent du spatial, elles sont, je crois, cruciales pour les assureurs aujourd'hui.
01:39 Pour la modélisation ?
01:40 Exactement, c'est-à-dire que c'est modéliser, c'est comprendre à la fin le risque.
01:43 Alors évidemment, nous, on n'a pas du tout la prétention de faire tout le chemin, puisque nous, on amène les données spatiales.
01:48 Mais il y a tout un ensemble d'entreprises qui se sont créées ces dernières années, extrêmement dynamiques,
01:54 ce qu'on appelle dans notre jargon des entreprises du "new space", qui, quelque part,
01:58 alors soit elles développent elles-mêmes des satellites qui leur sont propres, ou le plus souvent,
02:02 elles utilisent des données qui sont déjà existantes pour faire des services clés en main,
02:07 qui sont proposés aujourd'hui à des professionnels, par exemple de l'assurance,
02:11 et qui vont être capables de vous aider directement à estimer le risque.
02:14 Je prenais l'exemple tout à l'heure de l'évolution du trait de côte.
02:16 Eh bien, vous avez des instruments qui sont opérationnels aujourd'hui, qui sont capables de faire ça.
02:20 L'estimation de l'hygrométrie dans des forêts, et donc derrière du risque pour des incendies.
02:26 Pareil, vous avez des outils qui intègrent des observations spatiales, et qui sont directement à votre disposition.
02:32 Donc moi, je suis là, un peu comme VRP de toutes ces entreprises qui sont autour du spatial.
02:36 Et je veux être sûr que la communauté de l'assurance parle bien à la communauté du spatial à travers ces entreprises.
02:41 D'accord, c'est très clair.
02:43 Et alors, je crois que vous êtes allé même jusqu'à créer Connect by CNES. Qu'est-ce que c'est ?
02:48 Alors, Connect by CNES, il a exactement cette mission-là.
02:51 Plus large, parce que ce n'est pas qu'avec le monde de l'assurance.
02:54 C'est bien de connecter le monde du spatial, donc les grandes entreprises et les petites entreprises du spatial,
02:59 qui font du hardware, qui font des lanceurs, des satellites, etc.,
03:02 avec d'autres secteurs économie ou des décideurs publics, pour leur montrer tout ce que le spatial peut leur amener.
03:09 Donc, c'est une plateforme ?
03:10 C'est une plateforme de mise en relation.
03:13 C'est un endroit où aussi on a des ingénieurs qui sont mobilisés, des ingénieurs du CNES,
03:16 voire des ingénieurs d'autres établissements ou d'autres entreprises qui sont là.
03:20 Et on a aussi des bacs à sable où on est capable de jouer avec des gens qui viennent nous voir
03:24 et qui vont nous dire en gros qu'est-ce que vous pouvez m'amener.
03:27 Et bien justement, on est capable, alors on ne va pas construire le service directement,
03:30 mais on va illustrer ce que pourrait amener le spatial demain, et puis après, on va connecter des gens.
03:34 Donc moi, mon boulot, c'est ça.
03:36 De faire émerger cette écosystème.
03:38 C'est de faire connecter des gens pour que des entreprises du spatial se connectent avec des entreprises
03:42 ou des décideurs publics pour développer le business autour du spatial.
03:46 Parce qu'en fait, je suis profondément convaincu qu'il y a tout un univers d'applications
03:51 qui est encore très méconnu du grand public et des décideurs du spatial.
03:55 Et donc, il faut l'amener.
03:57 Il faut le vendre, il faut le développer, il faut le proposer.
04:00 Et on est très aidé aussi par l'État pour faire ça.
04:03 Il y a beaucoup d'argent sur France 2030 qui est là.
04:06 Et donc, quelque part, on a aussi la capacité, en plus de jouer les bons samaritains
04:10 pour mettre tout le monde autour de la table, en plus de ça,
04:12 on a la capacité à financer un certain nombre de projets pour que les liens se créent et se développent.
04:16 C'est ça. Et faire connaître aussi l'intérêt de l'investissement dans telle ou telle activité
04:21 pour les assureurs qui sont parfois, enfin souvent, en recherche d'investissement.
04:25 Alors ça, c'est aussi absolument, c'est aussi une deuxième, c'est presque un deuxième volet.
04:29 C'est que, alors quand on fait du spatial,
04:32 l'inconvénient du spatial, même si ça coûte moins cher qu'avant, ça continue quand même à coûter très, très cher.
04:36 Et c'est des projets qui sont des projets de long terme, souvent.
04:40 Et donc, on est aussi très intéressé.
04:42 On sait qu'évidemment, il y a des capitaux qui sont importants, qui sont gérés par les assureurs.
04:48 Et nous, on est aussi très favorable à l'idée d'accueillir de nouveaux investisseurs dans le monde du spatial.
04:54 Et donc, on a des clubs d'investissement.
04:56 On a un club d'investissement qui s'appelle Space.ly, où justement, on essaye de mettre en contact de nouveau,
04:59 un peu sur le même schéma, l'idée des gens qui sont à la recherche de capitaux
05:03 et puis des gens qui veulent, qui veulent, qui veulent quelque part investir.
05:06 Eh bien, on essaye de les mettre en contact pour justement amener de l'argent
05:09 pour ces entreprises du spatial qui sont en train de, qui sont en train de se développer.
05:13 C'est des investissements de long terme, parce que c'est souvent des durées qui sont, qui sont un petit peu longues.
05:17 Mais c'est aussi des investissements qui sont, ont des business models qui sont assez récurrents.
05:21 Donc, ça peut être aussi des, ça peut être aussi des vraies opportunités pour les acteurs, les acteurs de l'assurance.
05:26 Bien sûr. Alors, je reviens deux minutes sur l'apport en fait de ces données pour les assureurs.
05:31 Donc, on a parlé de l'apport dans la modélisation.
05:33 C'est aussi un apport pour développer, par exemple, l'assurance paramétrique ?
05:37 Oui, alors, c'est typique, typique, enfin typiquement, effectivement,
05:40 les données du spatial peuvent être intégrées pour développer, pour développer de l'assurance paramétrique.
05:46 Mais ça, ça, c'est vraiment le métier des assureurs.
05:48 Et ce n'est pas, et ce n'est pas nous qui pouvons, nous pouvons évidemment nous substituer à ça.
05:53 Mais par contre, je pense qu'on peut l'illustrer, on peut le démontrer sur des exemples.
05:57 Et donc, on commence à travailler, on travaille avec Aspiren,
05:59 on travaille avec des gens qu'on connaît un peu dans le monde du secteur-là
06:03 pour justement développer des prototypes et montrer et illustrer ce qu'on peut faire.
06:07 Très bien. Qu'est-ce qu'on peut vous souhaiter pour ces rencontres AMRAE ?
06:10 Alors, pour AMRAE, c'est, j'ai envie de dire, diffuser ce message, c'est connecter, c'est connecter,
06:16 c'est connecter les deux mondes. C'est ça notre enjeu et c'est ça notre, c'est ça notre, c'est ça notre volonté d'avancer.
06:22 Eh bien, je vous souhaite d'avoir de l'écho. Merci, Philippe Baptiste.
06:25 Merci beaucoup.
06:26 [Musique]
Commentaires