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  • il y a 3 ans
Dans cette interview, Arnaud Lauga, président de Performics, nous explique pourquoi il pense que le bas de funnel est devenu une vraie jungle et pourquoi les annonceurs devraient envisager de renouer avec le messy funnel, le mid funnel.

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Transcription
00:00 C'est intéressant parce que Frédéric parlait de ce terme de "Messi middle" que je ne connaissais pas.
00:06 Toi ton propos c'est de dire que le "Bad Funnel" est aussi un peu devenu "Messi" en français,
00:11 que c'est un peu devenu la jungle. Est-ce que tu peux me dire pourquoi ?
00:14 C'est mon propos, tu as raison Nicolas. Je trouve que c'est devenu la jungle depuis quelques années maintenant.
00:21 Je pense que ça a commencé autour du Covid, pendant le Covid, où il y avait des gens qui se sont fait chier.
00:28 Pendant le Covid, il y a eu un besoin des annonceurs de performer rapidement, d'avoir un retour sur investissement immédiat.
00:38 Il y a même certaines boîtes, même parmi les plus grosses boîtes du CAC 40 qu'on a la chance de gérer,
00:42 où le procurement a pris la place du marketing, cette période-là.
00:46 Le retour sur investissement a été un besoin. Il y a eu un surinvestissement des marques sur le "Bad Funnel",
00:53 de certaines marques, je généralise bien sûr, mais de certaines marques sur le "Bad Funnel".
00:57 C'est l'offre et la demande qui créent de l'inflation.
00:59 Oui, entre autres, évidemment. Je parlais du Covid, ça fait déjà 3-4 ans, mais ensuite il y a eu le contexte économique, sociétal, politique.
01:07 Et ça, ça n'a pas forcément aidé. Donc, oui, évidemment, la demande a été beaucoup plus importante.
01:12 Et je crois que du coup, on a perdu un peu en performance ou à minima en retour sur investissement.
01:16 Et donc, voilà, quand je parle de jungle, c'est ça.
01:20 Il y a d'autres mécaniques que ce rapport entre l'offre et la demande.
01:23 Il y a eu des fois aussi que Meta, par exemple, qui était dans des considérations financières assez compliquées,
01:27 a un peu augmenté ses planchers. Est-ce que tu t'observes ? C'est un sujet touchy, mais...
01:31 Non, clairement, mais Meta et Google ont pu avoir de l'inflation sur cette plateforme-là.
01:36 Alors oui, bien sûr, eux subissent eux-mêmes l'inflation qu'on a tous.
01:39 Il y a une taxe aussi, Google, qui a été répercutée sur l'annonceur.
01:42 Ça fait beaucoup de débats entre les agences et les annonceurs.
01:45 Oui, voilà. Donc, ça fait beaucoup de choses.
01:47 Il y a l'inflation pour les plateformes, dans les coûts, dans l'électricité, dans le stockage.
01:52 C'est normal. Ensuite, il y a quand même l'offre qui est moins importante que la demande aujourd'hui.
02:00 Et puis même, je trouve que je reviens sur le Covid, mais depuis le Covid, ces trois, quatre dernières années,
02:03 il y a beaucoup de sites commerciaux qui sont créés, des petites, du small et middle business.
02:08 On sait que ces plateformes-là, elles font une grosse partie de leur business sur le SMB.
02:13 Et donc, tout ça a joué dans cette inflation. Donc, clairement, je crois que ça a tout simplement amoindri la performance.
02:21 Je ne parle pas de ces plateformes-là, mais je parle du bas du funnel en général.
02:23 Et c'est ce qu'on constate clairement.
02:25 Donc, la performance est devenue moins rentable.
02:27 Est-ce que tu observes aussi, comme le disait Julie Duboeur, qu'il y a eu un peu une érosion du branding,
02:31 avec la démocratisation du digital qui nous donnait plein de data, qui favorisaient le bas de funnel ?
02:36 Est-ce que tu observes chez tes clients qu'il y a justement cette tendance à un peu délaisser le haut de funnel ?
02:41 Justement, je crois que c'est un réflexe qui s'est un petit peu généralisé.
02:46 Mais nous, pour le coup, à Janss, c'est aussi notre rôle de dire attention, branding, haut de funnel, mid funnel, surtout n'oubliez pas.
02:53 Parce qu'évidemment, on peut avoir du retour sur investissement et du business rapide.
02:59 Mais en fait, ce que je leur dis, c'est 2024, ça doit peut-être être un bon business.
03:02 Mais en fait, 2025 ou 2026, vous allez devant de grands périls.
03:10 Je ne sais pas si on peut s'exprimer comme ça, parce qu'on ne sauve pas des vies.
03:13 Mais oui, de périls et de gros problèmes.
03:16 Je crois qu'il ne faut certainement pas oublier la réputation de la marque.
03:21 Parce que c'est ce qui fait le business à long terme.
03:24 Il y a le business court terme qu'on peut gérer qu'avec du bas de tunnel.
03:27 Mais je ne crois clairement pas que ce soit la bonne solution.
03:29 Et donc, il y a ces deux temps, temps court, temps long.
03:32 Et clairement, c'est notre rôle.
03:33 Mais après, je crois que les marketeurs le savent aussi bien que nous, à Janss, évidemment.
03:36 Du coup, la question à Mian, je pense qu'il y en a plusieurs à se la poser, peut-être pas oser se la poser.
03:41 Mais c'est quoi le mid funnel ? Parce que le haut de funnel, je le vois bien.
03:44 C'est la télé, tous ces médias qui travaillent le brand equity, etc.
03:47 Le bas de funnel, c'est Google, son moteur de recherche, c'est Meta.
03:51 Le mid funnel, c'est quoi en fait ?
03:53 Je crois que le mid funnel, ce n'est pas que des leviers.
03:56 Déjà, ce n'est pas que des médias.
03:57 On peut remonter sur le mid funnel via du search.
03:59 On peut descendre dans du mid funnel via même des leviers offline
04:02 ou de l'affichage événementiel, ce genre de choses.
04:05 Le search, c'est quoi ? C'est un mot-clé qui est un peu plus générique ?
04:07 C'est un mot-clé plus générique ou même les nouveaux performance max par exemple,
04:11 ce genre de nouveaux algorithmes qui permet évidemment de remonter dans le funnel.
04:16 Toute la vidéo sociale, il n'y a pas que le paid évidemment sur le mid funnel,
04:21 mais toute la vidéo sur le social qui viennent donner une expérience du produit ou de la marque,
04:27 en tout cas qui viennent faire plus que de la présence à l'esprit
04:31 et qui viennent créer de la désirabilité.
04:33 Donc, je pense que c'est une stratégie média, pas seulement paid.
04:36 C'est aussi une stratégie de contenu pour aller toucher le mid funnel.
04:40 C'est cette bonne combinaison own-earn-paid et stratégie de contenu
04:44 qui nous fait arriver au milieu du funnel.
04:46 C'est aussi l'occasion, tu me disais, de reparler d'un concept
04:49 que pas mal de marketeurs semblent avoir oublié, c'est le produit.
04:53 Tu me disais que tu étais à la NRF la semaine dernière ou il y a 10 jours, je ne sais plus,
04:56 et que tu étais un peu choqué par le fait qu'on parlait très peu de produit,
04:59 on parlait plus de communication de marque.
05:01 Je crois qu'on s'est mal compris hier soir dans notre petite discussion téléphonique, Nicolas.
05:05 Non, mais c'est moi qui ai du mal à m'exprimer.
05:08 Effectivement, je disais que j'étais à la NRF, mais plutôt l'inverse.
05:11 Je disais que j'étais assez surpris que les grands patrons de marques internationales
05:16 ou américaines, retailers et pas que, parce que je n'ai pas attendu la NRF pour le voir,
05:20 mais parlaient davantage de l'expérience de marque plus que du produit.
05:25 Et ça, ça m'interpelle parce que je le ressens aussi avec les discussions
05:28 que j'ai avec les CMO, les patrons médias des marques dont je m'occupe,
05:32 où effectivement, l'expérience que doit apporter la marque,
05:37 et notamment auprès des jeunes générations qui sont quand même en quête,
05:40 peut-être un petit peu plus que nous, de sens des produits, des marques et de la communication,
05:46 et donc vraiment créer cette expérience en magasin, online,
05:50 l'omni-canalité de l'expérientiel.
05:53 J'ai trouvé, oui, justement, qu'on parlait peu de produit,
05:56 qu'on parlait vraiment d'expérience, même pas mal de certains de ces patrons,
05:59 dans le retail justement à New York, mais parler de guest et pas de consommateur.
06:04 Et donc, oui, ça m'a pas mal interpellé.
06:06 Je ne vais pas vous raconter la NRFI, ce n'est pas le but,
06:09 mais j'ai écouté un gros retaileur américain que je ne connaissais pas
06:12 et qui a parlé justement de sa stratégie expérientielle en magasin et online,
06:16 mais du coup, ça m'a donné envie d'aller voir son magasin.
06:19 Donc je trouve que c'est plutôt ce propos-là que je voulais dire,
06:22 donc je me suis mal exprimé hier soir.
06:23 C'est moins de mettre l'accent, enfin, il faut mettre l'accent évidemment
06:26 sur les clés du produit, mais il ne faut pas oublier toute la dimension expérientielle
06:30 du service de marque autour.
06:32 Clairement, c'est ce que j'entendais aussi dans l'intervention précédente,
06:36 mais clairement, je parlais tout à l'heure des désirabilités de la marque,
06:40 je crois que c'est cette expérience-là.
06:41 Et en fait, quand je dis que le bas de funèle, c'est la jungle,
06:44 je pense que j'ai une vision un peu différente du funèle classique
06:50 ou bien sûr l'entonnoir classique qu'on connaît.
06:53 Bien sûr, pour arriver en bas du funèle, il y a les bassins d'audience
06:57 qu'on doit créer, etc.
06:58 Mais je crois et je suis assez convaincu qu'on peut finalement avoir
07:00 des actions transformantes, qui apportent de la conversion,
07:04 de la transformation, presque à tout niveau du funèle,
07:07 si on a le bon contenu, la bonne stratégie de contenu,
07:10 comme je l'ai dit tout à l'heure.
07:11 Et puis cette expérience client qui peut nous permettre de transformer.
07:17 Je crois que le funèle se rétrécit évidemment, je crois que ça,
07:20 on le voit tous, le retail media, l'e-retail media le montrent.
07:24 Mais moi, ce que je conseille aussi à certains de mes annonceurs,
07:27 c'est vraiment d'avoir un funèle un peu plus resserré,
07:31 justement parce que je crois qu'aujourd'hui,
07:34 vu que la performance est peut-être un peu moins bonne en bas du funèle,
07:37 on doit être capable d'avoir ces actions un petit peu partout dans le funèle
07:41 qui peuvent transformer vite, instantanément.
07:42 Je parle même de full funèle instantané,
07:44 où on doit être capable de créer ça.
07:48 Derrière ça, l'important, comme toujours,
07:50 comme depuis toujours dans le Digit notamment,
07:52 c'est évidemment la mesure et c'est les outils de mesure
07:54 et les process de mesure qu'on met en place derrière
07:58 pour pouvoir voir si on a raison ou pas.
08:01 Un bon exemple, effectivement, c'est le développement du retail media
08:03 dans les plateformes d'Avod.
08:04 On parle beaucoup de Prime Video Ads.
08:06 Ça permettra de travailler des items de marque
08:08 et aussi de générer des ventes à court terme.
08:10 Oui, et même dans les plateformes dans Meta ou Snap,
08:14 on voit qu'il y a des tests aux Etats-Unis
08:16 avec le checkout Amazon qui est directement dans les plateformes.
08:19 Là, on est clairement dans la réduction et dans la simplification du funèle.
08:23 Je ne sais plus quel était le mot-clé tout à l'heure,
08:25 mais je parlais d'expérience et de simplification.
08:28 Je crois que c'est l'un des mots-clés aussi.
08:30 Est-ce que tu peux nous dire comment concrètement
08:31 vous avez appliqué ces insights à certains de vos clients ?
08:33 Je crois que vous avez Sephora parmi vos clients
08:36 sur lesquels tu as pas mal de choses à dire, si je l'ai bien compris.
08:39 Si je me suis bien exprimé, tu peux le dire.
08:41 En plus, j'aurais dû parler avec un client ce matin,
08:44 mais il y avait un fashion show, etc.
08:46 Donc, il n'a pas pu.
08:47 Ça aurait été plus intéressant que juste moi, ça c'est sûr.
08:50 Mais oui, sur certains clients du luxe
08:54 ou certains gros retailers, c'est exactement ce que je disais.
08:57 On a créé ces stratégies médias de remonter dans le funèle
09:01 avec des stratégies de contenu un petit peu différentes
09:04 et surtout le bon protocole de mesure
09:07 du MediaMix Modeling classique que vous connaissez tous,
09:10 mais parfois aussi du MediaMix Modeling appliqué au digital.
09:13 C'est des choses qu'on voit de plus en plus
09:15 parce que la trip contribe ne marche plus vraiment
09:17 à cause de la donnée que nous donnent les plateformes.
09:19 Et donc, pour pouvoir mesurer ce que je disais tout à l'heure,
09:22 et pour le coup, si je prends l'exemple de Sephora,
09:24 c'est parce que ça fonctionne,
09:25 c'est qu'il y a des actions plus haut dans le funèle
09:27 ou au moins dans le milieu du funèle qui convertissent
09:29 et qui ont un ROI parfois meilleur que le bas du funèle.
09:32 Donc, évidemment, je ne suis pas là pour généraliser tout ça,
09:34 mais en tout cas, ça doit nous donner les bons insights
09:36 pour prendre les bonnes décisions sur les stratégies à venir.
09:39 Il nous reste un tout petit peu de temps.
09:41 Si tu avais un conseil à donner aux marketeurs dans cette salle,
09:43 ce serait lequel, en complément de ce que tu nous as déjà dit
09:46 et qui était hyper instructif ?
09:48 Alors, je ne sais pas si c'est un conseil parce que...
09:51 Je vais essayer d'être humble.
09:53 Un point de vigilance.
09:54 Non, mais c'est ce que je disais tout à l'heure.
09:56 Je crois que je vais exagérer un petit peu mon propos,
09:58 mais réputation, réputation, réputation,
10:01 je crois que c'est les trois mots-clés qu'il faut penser à travailler,
10:05 tant court, tant long.
10:07 Je crois que le travail de marketeur a énormément évolué.
10:10 Ça fait 15 ans que je travaille, mais ces dernières années,
10:13 il est beaucoup plus proche aussi du commerce.
10:16 Et donc, voilà, je crois qu'il y a le temps court, temps long.
10:18 Être évidemment, mais je crois que tout le monde l'a dit,
10:20 j'imagine, être extrêmement agile, pragmatique sur le court terme
10:23 et surtout, continuer à penser à la réputation de sa marque
10:26 et construire ça sur le long terme.
10:28 Ne pas oublier ces deux temps-là.
10:30 Ce que certaines marques ont fait, je le redis,
10:32 je reviens dans ces trois, quatre dernières années,
10:34 ce que certaines marques ont fait et qui a été un petit peu problématique.
10:36 Merci beaucoup Arnaud.
10:37 Je t'en prie, merci à vous.
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