- il y a 3 ans
Avec Danièle Obono, Députée de la France Insoumise.
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NewsTranscription
00:00 notre invité Daniel Obono qui est député LFI de Paris. Daniel Obono bonjour.
00:05 Merci d'être avec nous ce matin. Le terrorisme a tué hier encore à Bruxelles
00:11 deux Suédois tués parce qu'ils sont suédois et parce qu'en Suède
00:16 notamment des corans ont été brûlés
00:19 récemment aussi.
00:21 Il l'a dit, il a été interpellé, il aurait été interpellé, il l'a dit dans une vidéo aussi parce qu'il pensait aux enfants
00:29 palestiniens. Ce matin Daniel Obono êtes vous en colère ou résigné ?
00:34 D'abord je suis soulagée que effectivement
00:37 l'assaillant, le meurtrier était appréhendé. Il semble que ce soit le cas.
00:42 Et je partage l'effroi
00:46 qu'on a tous et toutes ressenti
00:49 en apprenant ces événements
00:51 et je partage le sentiment de solidarité avec
00:55 avec nos amis belges bien entendu.
00:59 Et par contre je ne crois pas qu'il faille se résigner, il ne faut pas se résigner. C'est
01:03 une des volontés des personnes qui commettent ces actes terroristes, c'est de terroriser la population. Et donc non il ne faut pas se résigner, il faut
01:12 rester unis et déterminés et ne pas céder aux volontés de
01:17 terroriser la population et de faire reculer nos sociétés, de les faire basculer dans un choc des civilisations ou je ne sais quoi.
01:26 - Alors le terrorisme islamiste en Europe c'est une réalité que nous rencontrons maintenant
01:32 sans cesse, trop.
01:35 Gérald Darmanin dit "les personnes dangereuses étrangères inscrites au fichier
01:40 FSPRT", il s'agit de la France bien sûr, "fichier des personnes radicalisées seront
01:44 expulsées. Titre de séjour protection consulaire
01:48 retiré. L'état doit être ferme Daniel Obono maintenant ?"
01:53 - Il ne doit pas l'être seulement maintenant, je pense que il doit l'être et il faut
02:00 penser notre politique de lutte contre le terrorisme
02:03 en ayant pour objectif de prévenir l'ensemble des actes, des tentatives.
02:10 Et donc il faut se donner les moyens
02:12 suffisants et s'ils ne sont pas suffisants,
02:15 déterminer pourquoi les moyens de la lutte anti-terroriste ne sont pas suffisants, où est-ce qu'il faudrait mettre l'accent, où est-ce qu'il faudrait mettre les moyens.
02:22 - Vous approuvez donc l'expulsion de toute personne étrangère présentant des signes de radicalisation ?
02:27 - Non ce n'est pas ce que j'ai dit, j'ai dit que en matière de lutte contre le terrorisme,
02:34 il y a une politique à avoir, la politique de lutte contre le terrorisme et qui a besoin de moyens.
02:40 Moi je pense, et nous nous pensons notamment de moyens humains, il y a un débat qui existe depuis 2008 et la fusion
02:49 des unités du renseignement de la DST-DRG.
02:53 Nous nous pensons qu'il faut annuler cette fusion, il faut faire en sorte que les personnels
02:57 soient titularisés. Tous les personnels aujourd'hui de la DGSI ne sont pas des titulaires, il faut plus de formation, donc il faut mettre le maximum
03:06 de moyens de ce côté-là. Donc il y a un débat à avoir sur la politique de lutte
03:12 anti-terroriste, mais je ne partage pas l'analyse qui consiste à
03:18 considérer que c'est un problème de politique migratoire, parce que c'est cet angle-là que choisit le ministre Darmanin.
03:23 - Ça n'a rien à voir avec l'immigration pour vous ?
03:26 - Non.
03:27 - Le terrorisme n'a aucun rapport avec l'immigration ?
03:30 - Non, et je reprendrai les propos même de monsieur Darmanin qui avait répondu
03:34 et qui rappelait que la majorité des actes terroristes qui ont eu lieu sur notre territoire
03:39 l'ont été par des ressortissants français. Et quelle que soit d'ailleurs la nationalité des personnes qui commettent ces actes, le problème c'est
03:48 le caractère terroriste de ces actes, des meurtres qui sont commis. Et donc ce qu'il faut prévenir c'est les actes terroristes et donc on doit parler de
03:54 la politique anti-terroriste.
03:55 - Alors je pensais évidemment à l'assassinat de l'enseignant d'Arras,
04:00 Daniel Obono, mais je vous repose la question, toute personne étrangère présentant des signes de radicalisation
04:06 ne doit pas être expulsée selon vous ?
04:08 - Je ne crois pas que ce soit le cadre actuel du droit.
04:13 Et vous savez que je suis députée de la nation, commissaire aux lois, et que je me dois de garantir
04:17 le respect de la loi et du droit. Et ce n'est pas actuellement le cadre, peut-être que ça changera et nous en discuterons.
04:24 - Alors pour François Ruffin, qui est de la France Insoumise, mais aussi la famille Mogouchkov
04:30 ne devait plus être en France, pour vous aussi ?
04:33 - Je ne sais pas, je pense qu'il faut qu'une enquête soit...
04:39 Non, vous avez des éléments qui vous permettent, vous, de... Je ne sais pas quels éléments avait François Ruffin...
04:45 - Non, non, mais moi je vous pose la question. C'est François Ruffin, répondeur, François Ruffin, enfin moi.
04:49 - Oui mais je n'ai pas François Ruffin en face, je vous ai en face.
04:51 - Vous lui dites quoi, François Ruffin ? Vous lui dites qu'il s'avance ?
04:53 - Je pense qu'il faut que l'enquête... Il y a une enquête actuellement, et c'est pour ça que je vous parlais par exemple de la question
05:01 de la lutte anti-terroriste, vous savez que des éléments qu'on a,
05:04 cette personne était sous surveillance.
05:08 - Elle était sous surveillance ? Elle l'avait même été contrôlée la veille ?
05:11 - Exactement, et donc oui, il y a un problème là-dedans, c'est-à-dire qu'est-ce qui s'est passé pour qu'une personne qui est sous surveillance,
05:17 qui est appréhendée, qui a été contrôlée
05:19 un jour, et le lendemain soit en capacité de commettre cet acte ? Donc il y a une défaillance à ce niveau-là.
05:25 - Où est la défaillance ?
05:26 - La défaillance c'est le fait que la personne...
05:29 - On n'avait rien à lui reprocher, Daniel Obono ?
05:31 La veille, quand il a été contrôlé, on le met en prison ?
05:34 - Mais je pose la question.
05:35 - On le met en prison ?
05:36 - Je pose la question, je ne mets pas ces éléments.
05:38 - Mais où est la défaillance ?
05:40 - Je pose la question et je pense que les services et le ministère de l'Intérieur...
05:42 - La défaillance c'est peut-être parce que la famille n'a pas été expulsée, Daniel Obono ?
05:46 - Mais j'attends les éléments qui me seront donnés à ce moment-là, monsieur Bourdin.
05:50 Vous êtes membre du ministère de l'Intérieur, si vous avez des éléments, je suis toutoui.
05:54 - Non, non, mais Daniel Obono, non, non.
05:56 - Les députés seront...
05:58 - A chacun sa responsabilité, vous êtes député de la République, pas moi.
06:00 - Ma responsabilité est d'entendre les éléments qui seront donnés par le ministère,
06:04 et de contrôler l'action du gouvernement en la matière.
06:06 - On ne va pas débattre là-dessus, mais je voudrais vous poser une question.
06:08 Jamais la barbarie ne l'emportera face au savoir.
06:11 Le terrorisme islamiste vise notre école, la liberté d'enseigner, de penser, de débattre.
06:16 Est-ce que vous partagez ces mots d'Elisabeth Borne ?
06:18 - Oui.
06:19 - Totalement.
06:20 Est-ce que vous avez participé dans votre circonscription, dans une école, un collège, un lycée,
06:27 un hommage à Samuel Paty et Dominique Bernard ?
06:30 - J'ai participé à Paris, au rassemblement qui a eu lieu.
06:34 - Qu'avez-vous entendu ?
06:36 - J'ai entendu des propos très forts de la part d'enseignants, des propos dignes et graves.
06:42 - Qui ont peur ?
06:43 - Oui, bien sûr, qui ont peur, qui sont terrifiés.
06:45 Mais vous imaginez le traumatisme que c'est...
06:49 - Et qui s'autocensurent parfois ?
06:50 - Oui, bien sûr.
06:51 Mais ça, tout le monde a un contact avec les enseignants,
06:55 et je pense aux enseignants, je pense à l'ensemble des personnels éducatifs,
06:58 et je pense aux élèves aussi.
06:59 Enfin, c'est...
07:01 C'est...
07:02 C'est...
07:03 - Pourquoi ont-ils été assassinés ?
07:04 Parce qu'ils étaient enseignants ?
07:05 - Oui.
07:06 - Parce que l'école est le temple de la laïcité ?
07:09 C'est pour ça ?
07:10 - Ben précisément, je crois que les auteurs de ces crimes ont choisi des professeurs,
07:14 et les ont ciblés à ce titre, et donc, effectivement, je partage ce qui a pu être dit,
07:19 de la dénonciation à ce sujet.
07:20 - Alors, j'ai une question directe, Daniel Obono.
07:22 N'était-il pas dangereux, n'est-il pas dangereux d'affirmer et de répéter
07:27 que les autorités françaises s'acharnent contre les musulmans ?
07:31 - C'est un tout autre débat, excusez-moi.
07:34 - Ça n'a aucun rapport ?
07:36 - Quel est le lien ?
07:37 - Aucun rapport.
07:38 - Quel est le lien ?
07:39 - Non mais je vous pose la question, vous ne faites aucun rapport.
07:41 - Je pense qu'une critique des politiques mises en place au sein de notre pays,
07:48 ne justifie en rien un quelconque acte de violence, de terrorisme.
07:54 Donc, on doit pouvoir, dans un État démocratique,
07:57 et on est encore aujourd'hui dans un État démocratique, M. Bourdin, je l'espère,
08:00 et qu'on peut critiquer l'action de son gouvernement,
08:03 et qu'on doit critiquer l'action de son gouvernement.
08:05 - L'action du gouvernement, c'est une chose,
08:06 mais quand j'entends que l'éducation nationale est islamophobe,
08:09 vous l'avez entendu, ça ?
08:12 - Qui a prononcé ces mots ?
08:14 - Aurélien Taché.
08:15 Islamophobie décomplexée.
08:18 Aurélien Taché, qui parlait de chasse aux élèves musulmans.
08:23 - À l'occasion de l'Abaya.
08:25 À l'occasion de l'interdiction de l'Abaya dans les établissements scolaires.
08:28 - Il y a eu un débat et un certain nombre de critiques,
08:30 y compris de la part d'enseignants, qui disaient "nous on l'a rentré,
08:33 notre problème c'est qu'il n'y a pas assez d'enseignants,
08:36 c'est pas ce que portent les jeunes filles".
08:38 - C'est vous qui parliez d'islamophobie décomplexée, d'ailleurs.
08:40 C'est vous qui l'avez dit.
08:41 - Mais j'ai dû le dire à un certain nombre...
08:43 - Et vous l'aurez dit ce matin ?
08:45 - À quel...
08:46 - À propos de l'interdiction de l'Abaya à l'école.
08:49 - Oui, je pense que...
08:51 - Vous avez parlé d'islamophobie décomplexée.
08:53 - Je pense que c'est une mesure discriminatoire.
08:55 Donc dénoncer ce qu'on considère.
08:57 Alors vous pouvez penser que ce n'est pas une discrimination,
08:59 mais si moi je le considère, je n'ai pas le droit de le dire.
09:01 - Non mais c'est pas...
09:02 - Est-ce que pour vous...
09:03 - C'est votre responsabilité.
09:04 - Oui, c'est un droit, non ?
09:05 - Est-ce que dire cela n'encourage pas...
09:07 - Non, je ne le crois pas.
09:08 - N'encourage pas...
09:09 - Je ne le crois pas, monsieur Bourdin.
09:10 - À la colère, et plus que la colère, à la réaction,
09:13 et plus qu'à la réaction, à des actes criminels ?
09:18 - Non, je ne le crois pas.
09:19 - Non ?
09:20 - Parce que toute parole...
09:21 - Pour vous, ça n'a aucun rapport.
09:22 - Selon cette logique, toute parole critique
09:24 encouragerait à des actes de violence et de terreur.
09:27 - Est-ce que vous pensez...
09:28 - Et dans ce cas, monsieur Bourdin,
09:30 il n'est plus de démocratie possible.
09:32 Il n'est plus d'expression de dissensus possible.
09:34 Donc moi, je ne souhaite pas vivre dans une société de la sorte.
09:37 Et à aucun moment,
09:39 qui que ce soit dans nos rangs
09:41 n'a jamais appelé à commettre des actes de violence,
09:44 de terreur ou de haine.
09:45 Il est important dans une société
09:47 de pouvoir dire des choses.
09:48 Et je crois que quand des institutions
09:50 dénoncent, comme le défenseur des droits,
09:53 des attitudes discriminatoires,
09:55 quand on relève des formes de discrimination
09:57 à l'encontre de telle ou telle partie de la population,
10:00 ce n'est jamais une justification
10:02 pour commettre des actes de violence.
10:04 Non, jamais.
10:05 - Daniel Obono, simplement quelques mots.
10:07 Vous êtes proche du Parti des Indigènes de la République.
10:10 C'est votre ami, votre camarade, la présidente.
10:13 - Non.
10:14 - Non, pas du tout. Vous l'avez dit, quand même.
10:16 - Oui, j'ai expliqué.
10:17 - Oui, vous l'avez dit.
10:18 - Je ne suis pas proche.
10:20 - Vous êtes opposée à la loi de 2004.
10:23 - Oui.
10:24 - Bon, sur les signes religieux à l'école.
10:26 - On a encore le droit de s'opposer à des droits qui nous posent problématiques.
10:28 - Mais oui, mais...
10:29 - Ok, très bien.
10:30 - Je ne vous reproche pas, je vous dis simplement des faits.
10:32 Après les attentats de Charlie Hebdo,
10:35 vous vous interrogez sur le concept de radicalisation.
10:37 C'est vrai, tout ça.
10:39 - Oui.
10:40 - Vous interrogez toujours sur le concept de radicalisation ?
10:42 - Mais il n'y a pas que moi qui m'interroge là-dessus.
10:44 - Vous vous interrogez toujours sur ce concept ?
10:46 - Je me demande qu'est-ce que ça recouvre, quels sont les processus.
10:49 Mais c'est le travail même, vous savez que c'est le travail aujourd'hui des agences de renseignement,
10:53 de poser la question de quels sont les processus de radicalisation,
10:56 de quoi procède-t-il, comment on arrive au passage à l'acte.
10:59 Heureusement qu'on se pose la question,
11:01 parce que c'est moyen de pouvoir comprendre comment on empêche tout cela.
11:05 Donc oui, c'est un concept qui nécessite d'être interrogé, d'être affiné,
11:09 pour pouvoir prévenir des actes de terrorisme et de violence.
11:13 Et il est heureux qu'on se pose cette question.
11:16 J'espère que vous en convenez également.
11:19 - La situation à Gaza et en Israël, Joe Biden arrive au Proche-Orient,
11:24 il y a des interventions diplomatiques tous azimuts, de tous les côtés,
11:29 de la communauté internationale.
11:31 Qu'attendez-vous du gouvernement français ?
11:34 - Qu'il retrouve une parole audible au niveau international,
11:38 comme ça a pu être le cas il y a des années,
11:41 autant de Charles de Gaulle, autant de Jacques Chirac,
11:44 et qu'il appelle à un cessez-le-feu immédiat.
11:48 Il y a désormais plus de 1 400 Israéliens qui sont morts,
11:52 plus de 2 000 Palestiniens, 2 700 dont 700 enfants.
11:59 Vous avez 11 journalistes qui ont été tués,
12:03 une dizaine de membres des agences de l'ONU.
12:07 Il faut mettre un terme à l'engrenage,
12:09 il faut que cet engrenage s'arrête,
12:11 et donc la France doit, plus qu'elle ne l'a fait jusqu'à présent...
12:14 - Est-ce qu'aujourd'hui vous pensez que la France est complice
12:17 de la mort de civils à Gaza ?
12:19 - Non, je ne crois pas.
12:21 - Vous renvoyez dos à dos gouvernement israélien et Hamas ?
12:25 - Non, je ne renvoie pas dos à dos,
12:27 je pense qu'il faut que les responsabilités soient déterminées et explicitées,
12:34 et de ce fait il faut caractériser ce qui s'est passé.
12:37 Aujourd'hui, ce qui est dit par les agences de l'ONU,
12:41 notamment les organisations de défense des droits humains,
12:44 c'est qu'il y a des crimes de guerre qui ont été commis par les belligérants,
12:48 l'ensemble des deux belligérants,
12:50 et que ces crimes de guerre doivent mener à des procédures de justice
12:55 au niveau international.
12:57 Tout cela s'inscrit, je le rappelle, dans un conflit
13:01 qui ne date pas d'hier, qui ne date pas du 7 octobre,
13:03 qui date de 75 ans,
13:06 et toutes les personnes qui regardent et s'intéressent,
13:09 et je pense que vous êtes des observateurs attentifs de la situation géopolitique,
13:13 je pense également à Dominique de Villepin,
13:15 ancien ministre des affaires étrangères de notre pays,
13:19 qui le dit et qui le rappelle,
13:21 que la communauté internationale a une responsabilité
13:24 d'avoir laissé la situation s'envenimer encore et encore,
13:27 et donc la communauté internationale, et notamment la France,
13:30 a une responsabilité à faire en sorte que les massacres s'arrêtent,
13:33 et les crimes de guerre s'arrêtent.
13:35 - Pourquoi est-ce que vous n'avez pas qualifié le Hamas de mouvement terroriste ?
13:38 Parce que pour vous c'est un mouvement de résistance ?
13:40 Je cherche l'explication.
13:42 - Oui, c'est nécessaire d'avoir...
13:45 - C'est un mouvement de résistance, le Hamas ?
13:47 - C'est nécessaire d'avoir...
13:48 - Est-ce que c'est un mouvement de résistance ?
13:49 - C'est nécessaire d'avoir des clarifications,
13:52 parce que les mots sont importants.
13:54 - Moi je vis de clarification, justement.
13:56 Est-ce que c'est un mouvement de résistance ?
13:58 - C'est un groupe politique islamiste,
14:01 qui a une branche armée,
14:02 et qui s'inscrit dans les formations politiques palestiniennes.
14:06 - C'est un mouvement de résistance ?
14:08 - Qui a pour objectif la libération de la Palestine,
14:11 - C'est un mouvement de résistance ?
14:12 - Qui résiste à une occupation.
14:14 - Donc c'est un mouvement de résistance ?
14:16 - Oui, et...
14:17 - Oui, c'est un mouvement de résistance, c'est ce que vous pensez.
14:20 - Qui se définit comme tel, et qui est reconnu comme tel par les instances internationales.
14:23 - C'est un mouvement de résistance, c'est ce que vous pensez ?
14:25 - Est-ce que vous avez rédigé le premier communiqué,
14:28 quelques heures après les horreurs commises par le Hamas ?
14:33 Le premier communiqué d'LFI, c'est vous qui l'avez rédigé ?
14:37 - C'est un communiqué qui a été élaboré au sein du Bureau,
14:40 et dont je fais partie, effectivement.
14:42 - Est-ce que Jean-Luc Mélenchon l'a approuvé avant qu'il ne soit publié ?
14:46 - Le Bureau du groupe parlementaire est une instance en tant que telle,
14:52 et c'est l'ensemble du Bureau qui a élaboré ce communiqué,
14:55 et qui l'a validé, et qui l'a envoyé.
14:58 - À Jean-Luc Mélenchon ?
14:59 - Non, nous prenons...
15:01 - Il a été publié sans qu'il ne le sache ?
15:03 - Nous prenons nos responsabilités en tant que groupe parlementaire,
15:07 en tant que premier groupe parlementaire d'opposition à la Macronie,
15:13 et d'alternative à l'extrême droite,
15:15 et c'est une expression, comme toutes les expressions que nous avons
15:20 en tant que groupe parlementaire, que nous assumons en tant que telle.
15:24 - Je lis, vous assumez, "l'offensive armée des forces palestiniennes
15:29 menée par le Hamas intervient dans un contexte d'intensification
15:36 de la politique d'occupation israélienne à Gaza, en Cisjordanie, à Jérusalem-Est.
15:41 Nous déplorons les morts israéliens et palestiniens."
15:44 - Votre communiqué.
15:45 - Il y a d'autres choses ?
15:46 - Oui, il y a notamment "l'escalade actuelle risque d'entraîner un cycle de violence infernale.
15:50 La France, l'Union européenne et la communauté internationale doivent agir sans délai
15:54 pour empêcher cet encrenage. Il faut obtenir un cessez-le-feu et la protection des populations."
16:00 - Je reviens sur "l'offensive armée des forces palestiniennes menée par le Hamas".
16:04 Donc, mouvement de résistance.
16:06 - Mais ce n'est pas ce qui est écrit.
16:08 - Non, ce n'est pas ce qui est écrit, mais c'est ce que vous avez dit.
16:10 - Je vous ai dit, M. Bourdin, que le Hamas se définit comme tel et est reconnu comme tel
16:18 par les instances internationales qui reconnaissent l'existence d'un conflit continu armé.
16:23 - L'Hamas, organisation terroriste pour l'Union européenne. Instances internationales.
16:27 - Oui, mais pas par les Nations unies, par exemple. Vous le savez, M. Bourdin,
16:31 que les Nations unies ne reconnaissent que deux organisations terroristes, Daesh et Al-Qaïda.
16:36 Et nous, nous nous situons dans le cadre du droit international.
16:39 Nous pensons que c'est notre garantie ultime.
16:42 Et dans ce cadre-là, les caractérisations sont importantes.
16:46 - Bien. LFI a commis une faute politique, c'est ce que dit Clémentine Autain.
16:50 Une opportunité, c'est ce que vous avez dit à...
16:55 Vous êtes un opportuniste, plutôt, c'est ce que vous avez dit à François Ruffin.
16:58 Mélenchon n'a fait que nuire depuis dix mois, c'est ce que dira Calgarido.
17:04 - Ben oui, Daniel Obono. Moi je lis.
17:07 Vous avez vu ce que dit Olivier Faure ce matin.
17:10 "Mélenchon ne peut plus être celui qui incarne la gauche et l'écologie."
17:13 Pourquoi disent-ils tout cela ?
17:16 - Mais il faudra leur poser la question.
17:18 - Mélenchon veut la désagrégation de la nupes ?
17:23 - C'est votre interprétation d'un propos ou c'est votre question à vous ?
17:26 - Non, je vous pose la question.
17:27 - Non, absolument pas. Je vous rappelle qu'il y a un an,
17:30 après une campagne présidentielle où Jean-Luc Mélenchon
17:34 a porté le programme de l'avenir en commun et l'union populaire
17:39 à 22% des voix de notre pays,
17:44 il s'est tourné vers des organisations politiques
17:48 qui avaient passé toute l'année précédente à faire campagne contre lui,
17:52 à le traiter de tous les noms,
17:54 mais il a su justement comprendre quel était l'objectif et l'intérêt supérieur du pays.
17:59 C'est-à-dire que nous représentions une alternative.
18:02 Et c'est à l'initiative de Jean-Luc Mélenchon, vous le savez M. Bourdin,
18:05 que la nupes a vu le jour.
18:07 - Elle est morte ?
18:09 - Non, nous espérons qu'elle ne le soit pas.
18:12 La nupes, surtout, parce que la nupes...
18:14 - Qui veut sa mort ?
18:15 - La nupes n'est pas juste, de notre point de vue à la France Insoumise,
18:18 un accord électoral pour gagner des places à l'Assemblée.
18:22 C'est un programme qui est aujourd'hui plébiscité par une majorité,
18:27 une très large majorité...
18:29 - Ça vous aurait permis de gagner des sièges de sénateurs ?
18:31 - Bien, mais...
18:32 - Eh oui, Daniel Bonan, ce que vous n'avez pas fait, par ici...
18:35 - Nous n'avons pas pu avoir de sièges de sénateurs, effectivement,
18:37 parce que nos partenaires s'y sont opposés.
18:41 Et c'est dommage.
18:42 - Qui, selon vous, veut la mort de la nupes ?
18:45 - Les personnes qui sont contre la perspective de constituer...
18:49 - Le PS, Europe Écologie Les Verts, le PC, M. Roussel...
18:53 - Les personnes et les forces politiques qui sont contre l'objectif
18:58 de constituer une alternative à la Macronie et à l'extrême droite.
19:01 - Vous pensez qu'ils le veulent ?
19:04 - J'espère que non, parce que ce serait profondément irresponsable.
19:08 Quand on voit l'état de notre pays aujourd'hui,
19:10 quand on voit les inégalités sociales,
19:14 la manière dont les gens n'en peuvent plus de vivre, de survivre,
19:19 quand on voit l'état du dérèglement climatique,
19:21 quand on voit la fracture démocratique qu'il y a dans notre pays,
19:24 c'est irresponsable de vouer une des forces
19:29 qui représente aujourd'hui une alternative à tout ça,
19:32 hogémonie et la saboter ou essayer de la déstructurer.
19:36 - Vous imaginez une union de la gauche sans LFI ?
19:40 C'est ce qui se profile.
19:42 - Ah ben si vous le dites, mais...
19:43 - Mais c'est pas ce que je dis, c'est un observant à la vie politique.
19:46 - Vous me l'apportez.
19:48 - Je vais l'apporter. Nous n'avons pas une vision auto-centrée.
19:52 Notre objectif, il l'a toujours été, et nous l'avons toujours dit
19:55 depuis qu'existe la France insoumise,
19:58 c'est de construire une majorité populaire
20:01 qui permette de mettre en oeuvre notre programme.
20:03 Nous l'avons fait en 2017, nous l'avons fait en 2022,
20:06 en portant un programme de rupture.
20:08 Et c'est ce que nous continuerons à faire
20:10 dans les échéances électorales, dans les mobilisations...
20:13 - Dans le bruit et la fureur.
20:14 - Dans les mobilisations...
20:15 - Dans le bruit et la fureur.
20:16 - Dans le bruit, la fureur, le calme, la détermination, le sang-froid...
20:19 - C'est surtout le bruit et la fureur, quand même.
20:21 - Non, pas surtout.
20:22 - La conflictualisation, c'est ce que dit et répète sans cesse
20:26 Jean-Luc Mélenchon, Daniel Obono.
20:28 La conflictualisation.
20:30 - La conflictualité, oui, fait partie de...
20:34 - De votre façon de faire de la politique.
20:38 - Non, du cadre politique de base.
20:41 Vous savez que la démocratie, c'est aussi le dissensus.
20:44 Vous le savez, indépendamment même de ce que vous pouvez penser de la France insoumise.
20:48 Donc il n'y a rien de nouveau là-dessus.
20:50 La question c'est, oui, nous nous assumons notre ligne de rupture.
20:53 Oui, il faut rompre avec ce monde.
20:55 On n'en peut plus de ce monde.
20:57 La planète n'en peut plus de ce système capitaliste.
21:00 Donc nous assumons la radicalité de la rupture.
21:03 - Nous n'en prouvons plus non plus de l'ambiguïté.
21:05 Est-ce que parfois vous n'êtes pas dans l'ambiguïté ?
21:07 Non, franchement.
21:08 - C'est vous qui parlez, là ?
21:09 - Non, je vous pose la question.
21:10 - Non, non, non, parce que je croyais que vous citiez...
21:12 - Vous êtes extraordinaire.
21:14 - Je croyais que vous citiez quelqu'un.
21:16 - Est-ce que vous êtes dans l'ambiguïté ?
21:18 - Absolument pas.
21:19 - Ma question est claire.
21:20 - Je pense que mes propos sont très clairs.
21:22 - Alors un mot, quand même, parce que je ne voulais pas l'oublier.
21:24 Service public, parce que c'est important pour les Français.
21:27 Vous avez déposé une proposition de loi pour la réouverture de points d'accueil physiques.
21:32 - Des accueils physiques dans les services publics.
21:34 - Dans les services publics.
21:35 - Effectivement, c'est à l'interpellation d'associations et d'habitants de ma circonscription.
21:40 Vous le savez, aujourd'hui, il y a une stratégie de tout dématérialiser,
21:43 c'est-à-dire de renvoyer les gens sur Internet, alors que des millions de Français...
21:46 - Pourtant, il y a des maisons France Service, il y en a 2700 maintenant.
21:48 - Oui, oui, mais c'est...
21:49 - C'est pas mal, les maisons France Service.
21:51 - C'est loin d'être suffisant.
21:52 Et ça, ce n'est pas simplement à qui le dit, c'est la défenseure des droits,
21:54 qui a fait deux rapports, en 2018 et en 2022, sur le sujet.
21:58 Et elle dit exactement ce que nous prenons dans notre proposition de loi,
22:01 qu'il faut permettre qu'à chaque fois qu'il y ait une voie d'accès Internet,
22:05 il y ait aussi une voie d'accès physique.
22:07 On parle là de millions de personnes, en vérité.
22:09 Pas simplement les personnes âgées, parce qu'on pense automatiquement aux personnes âgées,
22:13 mais il faudrait penser aux personnes en situation de handicap visuel,
22:16 aux personnes illettrées ou analfabètes ou qui ne parlent pas français,
22:20 et même aux jeunes, parce qu'une partie des jeunes,
22:22 au-delà de leur application et de ce qu'ils savent faire sur les réseaux sociaux,
22:26 ne sont pas toujours outillés pour faire des démarches en ligne, etc.
22:30 Et donc, il s'agit effectivement d'une proposition de loi
22:33 qui a aujourd'hui recueilli plus de 90 000 signatures.
22:36 Nous avons une pétition et je vous invite à aller la signer,
22:39 et nous en discuterons à l'Assemblée nationale le jour de notre niche parlementaire, le 30 novembre.
22:44 Je crois que c'est quelque chose qui peut faire consensus de manière transpartisane,
22:48 parce que les députés, quelles que soient leurs étiquettes,
22:51 sont souvent interpellés localement sur ces réalités,
22:54 et je crois que ça fera un beau débat à l'Assemblée,
22:56 et nous ferons oeuvre commune et intérêt général à adopter cette proposition de loi.
23:01 Merci Daniel Obono d'être venu nous voir ce matin sur l'antenne de Sud Radio.
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