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  • il y a 4 minutes
Retour chronologique sur les grands personnages de l'histoire

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Transcription
00:00Bonjour à tous, bienvenue dans les belles figures de l'Histoire.
00:02Sainte patronne secondaire de la France, Jeanne d'Arc, notre belle figure,
00:07incarne à elle seule cette expression « impossible n'est pas français ».
00:11Mais on pourrait tout aussi bien dire et lui appliquer cette maxime biblique
00:15« rien n'est impossible à Dieu ».
00:17Car son aventure est à tout point de vue extraordinaire.
00:19Comment une jeune paysanne a-t-elle réussi à susciter un élan d'héroïsme
00:24dans le peuple de France quand tout semblait perdu ?
00:26Elle est vraiment la sainte de l'espérance, l'espérance surnaturelle, celle qui vient de Dieu.
00:31Et elle en a aussi payé le prix fort, celui de sa vie.
00:35Quelle est l'actualité de son message pour la France ?
00:38Nous partons à la découverte de Jeanne d'Arc avec le père Jean-François Thomas.
00:42Bonjour mon père.
00:42Bonjour Emeric.
00:43Vous êtes l'auteur de « Méditation quotidienne de printemps » chez Via Romana.
00:47Et bien sûr Véronique Jacquier est avec nous. Bonjour Véronique.
00:50Bonjour Emeric, bonjour à tous.
00:51Pour cette émission qui, je le rappelle, est en partenariat avec l'hebdomadaire France Catholique.
00:57Alors on va partir tout de suite sur les traces de Jeanne d'Arc à Don Rémy.
01:02C'est là, dans les Vosges, que tout a commencé.
01:04Regardez ce reportage signé Éloi Rochebrine.
01:09Tout a commencé ici, dans la vallée de la Meuse, au petit village de Don Rémy.
01:16Jeanne d'Arc a grandi dans cette maison.
01:18Dans le jardin, à partir de l'été 1424, la pucelle a reçu des visions célestes.
01:24C'est ici, exactement, entre la maison natale et l'église du village, que Saint-Michel lui apparaît dans une
01:33grande lumière.
01:34Jeanne d'Arc est effrayé, mais Saint-Michel la rassure et lui dit qu'il va l'envoyer en mission
01:40auprès du dauphin.
01:41À côté, l'église Saint-Rémy. C'est ici qu'elle a reçu le baptême et la première communion.
01:47Sainte Jeanne d'Arc est une jeune fille pieuse. Elle est même un peu moquée par ses camarades pour cela.
01:51Comme elle dira à ses juges, elle a une foi et une piété toute simple, celle d'une petite fille
01:56de son temps, du XVe siècle.
01:58Jeanne d'Arc est une fille pieuse. Tous les samedis, elle marche 3 km pour aller prier dans cette chapelle.
02:04On peut l'imaginer venant, se vendant chaque samedi dans cette chapelle, venant apporter des cierges à la Sainte Vierge
02:11Marie.
02:12Et puis ensuite, s'agenouillant et se mettant en prière devant le Saint-Sacrement, devant le Christ, la Vierge Marie
02:21et les saints du ciel, les anges qui lui apparaissent.
02:25Quatre siècles et demi plus tard, une église est érigée en son honneur.
02:28Elle est élevée au rang de Basilique en 1939 après sa canonisation.
02:32Des peintures murales permettent aux visiteurs de découvrir son épopée.
02:36Marie-Agnès est de passage avec ses amis.
02:38On revient de voyage et on s'est arrêté à Orléans.
02:42On a visité la cathédrale et pour nous, c'est une suite.
02:45C'était important de revoir un lieu où Jeanne d'Arc est vénérée.
02:49Jeanne d'Arc a quitté sa terre natale en 1429.
02:52Elle ne reviendra jamais.
02:54Elle mourra sur un bûcher à Rouen le 30 mai 1431.
03:00Alors Véronique, on a entendu en résumé l'histoire de Jeanne d'Arc.
03:05C'est à Don Rémy qu'a commencé sa mission, mission d'origine divine.
03:09Mais comment les choses se sont-elles passées précisément ?
03:12Alors tout d'abord le contexte.
03:13Jeanne, c'est la fille de laboureur, travailleur, bon catholique.
03:17Et elle, nous l'avons vu dans le reportage, est une enfant pieuse.
03:20Elle est née le jour de l'Épiphanie, le 6 janvier 1412.
03:23Et à l'époque, Don Rémy, il faut le préciser, ce n'est pas la France.
03:28C'est une possession du duc de Bourgogne.
03:30Et donc, à l'âge de 13 ans, le surnaturel entre dans sa vie.
03:33On a vu qu'elle avait une apparition de Saint-Michel.
03:36Il va lui apparaître aussi avec Sainte-Marguerite et Sainte-Catherine.
03:42Sainte-Marguerite d'Antioche et Sainte-Catherine d'Alexandrie, deux vierges martyrisées à l'âge de 20 ans.
03:47Elles sont très populaires à l'époque.
03:49Et donc, les voix lui parlent de la grande pitié qui est au royaume de France.
03:53Et donc, Saint-Michel explique à Jeanne sa mission, aller voir le dauphin Charles, délivrer Orléans et faire sacrer le
04:00dauphin à Reims.
04:01On l'a compris aussi à travers le reportage.
04:03Cette annonce suscite évidemment chez une très jeune fille de 13 ans beaucoup d'angoisse.
04:07Donc, les choses ne vont pas se mettre en route très facilement.
04:10Il va y avoir beaucoup d'interrogations.
04:13Plusieurs mois plus tard, à 17 ans même.
04:17Donc, vous voyez, entre 13 et 17 ans, il y a un phénomène de maturation.
04:21Elle va voir le capitaine Robert de Baudricourt, qui est à Vaucouleurs, non loin de Don Rémy.
04:26Et c'est à cet homme qu'elle demande de l'escorter jusqu'à Chinon, où se trouve le dauphin
04:30Charles.
04:31Il ne la prend pas au sérieux.
04:33Puis, il se laisse convaincre au bout de quelques mois.
04:35Il va donner à Jeanne une petite escorte, des habits d'hommes, une armure.
04:40Et la voilà partie donc pour sauver la France, suivant ce que lui ont dit ses voix, notamment celle de
04:45Saint-Michel.
04:4623 février 1429, Jeanne arrive à Chinon après 11 jours de chevauchée nocturne en terrain hostile.
04:53Vous imaginez quand même une très jeune fille.
04:55Elle révèle sa mission au dauphin.
04:58Il est subjugué, évidemment, par cette jeune fille qui arrive comme ça dans sa vie.
05:02Mais ses conseillers prennent la prudence.
05:04Et tenez-vous bien, Jeanne va être soumise à un tribunal ecclégéistique,
05:07qui au bout de trois semaines déclare,
05:10on ne trouve en elle que simplicité, humilité, dévotion.
05:14Donc, le dauphin est convaincu qu'il faut faire confiance à Jeanne.
05:18Et là, on va voir comment les choses vont se mettre en place pour délivrer Orléans et conduire le dauphin
05:23jusqu'à Reims.
05:24Mais tout d'abord, Père Thomas, le contexte d'une époque très très troublée.
05:28Oui, nous avons l'habitude de nous plaindre de notre époque.
05:31Mais le XVe siècle, en France, c'est vraiment le seculum horribilis.
05:35C'est le siècle horrible.
05:37C'est le chaos absolu.
05:39C'est un siècle qui a été traversé d'abord par des guerres civiles,
05:43entre les différents partis, entre le duc de Bourgogne, les Armagnacs.
05:48Peu à peu, le roi de France perd la plupart de ses territoires.
05:53Donc, celui qui va devenir Charles VII, on va l'appeler le roi de Bourges,
05:57parce qu'il n'a plus guerre de possession.
06:00Et il n'est reconnu par presque personne.
06:03C'est une période qui a été précédée par la peste noire,
06:06qui a éliminé, il ne faut pas l'oublier,
06:10quasiment 50% de la population de l'Europe occidentale.
06:16C'est une période aussi qui est très troublée au sein de l'Église,
06:19parce que lorsque Jeanne naît, elle naît à la fin du grand schisme.
06:24Et donc, lorsqu'elle naît, il y a trois papes
06:27qui tous, évidemment, se disputent la légitimité.
06:31Tous sont sur le trône de Pierre.
06:32Et ces trois papes sont reconnus par des princes différents,
06:36par le roi de France, par l'empereur du Saint-Empire romain germanique, etc.
06:41Donc, c'est une époque qui est chaotique.
06:44Et elle naît alors que la France est occupée par les Anglais,
06:50qui ont profité, évidemment, de cette situation chaotique
06:53et des guerres civiles à l'intérieur du territoire.
06:56Et c'est sa mission particulière de redonner à la France,
07:01essayer de redonner à la France son lustre d'antan.
07:04Parce qu'effectivement, les Anglais revendiquent la couronne de France.
07:07Dans ce contexte, évidemment, vous nous l'avez dit, très troublée,
07:11comment est-ce qu'on peut caractériser Jeanne,
07:13cette jeune paysanne qui n'est pas une bergère ?
07:16On a l'habitude de la caractériser ainsi,
07:18mais en réalité, voilà.
07:20Elle ne sait ni lire ni écrire,
07:21pourtant, elle montrera dans son procès qu'elle a une intelligence très vive,
07:25un sens de la répartie,
07:27et comment caractériser aussi sa foi ?
07:30On a entendu, effectivement, dans le reportage,
07:33l'abbé Olivier dire qu'elle avait été très pieuse,
07:35mais a-t-elle été bien catéchisée,
07:37comme semblent le montrer, là, également, les minutes du procès ?
07:42Il est difficile de savoir, évidemment,
07:44exactement la formation qu'elle a pu recevoir,
07:47mais elle est dans une époque de foi.
07:50Pour le coup, même si la France est dans un état catastrophique,
07:55tous ceux qui se combattent partagent au moins une chose,
07:58une même foi,
07:59et appellent Dieu, évidemment, dans leur camp.
08:03Elle n'est pas la seule à avoir reçu des messages surnaturels.
08:09C'est très courant à l'époque.
08:11Et on peut comprendre, évidemment,
08:13la méfiance au départ des seigneurs auxquels elle peut s'adresser,
08:17et même du roi Charles VII.
08:20Donc, il est normal qu'elle passe par l'Inquisition
08:23pour voir si ça provient vraiment de Dieu.
08:26Mais en tout cas, elle a dû recevoir dans sa famille,
08:28qui était une famille aisée,
08:30de paysans aisés,
08:32elle a dû recevoir une bonne formation catéchétique,
08:37puisqu'elle est capable quand même de reconnaître,
08:39lors de l'apparition,
08:40de reconnaître, par exemple,
08:41Sainte Catherine d'Alexandrie
08:43et Sainte Marguerite d'Antioche.
08:44Je ne sais pas si aujourd'hui,
08:46beaucoup de personnes seraient capables de les reconnaître.
08:48La réponse est contenue dans la question.
08:50Oui.
08:50Donc, elle a reçu beaucoup,
08:52et sans doute aussi du bon prêtre de la paroisse.
08:56Et en tout cas, elle est nourrie par les sacrements,
08:59et puis elle bénéficie, pour le coup,
09:02d'une intelligence surnaturelle.
09:04Parce que tout ce qu'elle va dire
09:07et tout ce qu'elle va faire
09:08ne provient pas de ses propres forces,
09:11de sa propre intelligence limitée,
09:13comme toute intelligence humaine,
09:15mais provient vraiment de Dieu.
09:16Alors, un mot encore sur Don Rémy,
09:19parce que Don Rémy, ça veut dire
09:20la maison de Rémy, de Saint Rémy,
09:23l'évêque qui a baptisé Clovis.
09:25Est-ce que ça veut dire qu'il y a un fil,
09:27finalement, qu'on peut tirer,
09:29et qui, de Saint Rémy jusqu'à Jeanne,
09:31qui incarne, finalement,
09:33les racines chrétiennes de la France ?
09:34Oui, ce n'est sans doute pas par hasard
09:36si Notre Seigneur a choisi
09:40cette pucelle de Don Rémy,
09:43justement pour montrer
09:44que dans l'histoire de France,
09:47il existe une unité
09:49et que la France,
09:51à chaque époque où elle est troublée,
09:53ne peut renaître qu'en se souvenant
09:56des promesses de son baptême.
09:58Et cela nous a été redit,
10:00il n'y a pas si longtemps,
10:01par un pape, Jean-Paul II,
10:03lorsque il était venu en France.
10:06Et c'est valable, évidemment,
10:08aussi pour aujourd'hui.
10:09Donc, tout est unifié dans la vie de Jeanne.
10:13On voit que, d'une certaine façon,
10:15elle a été préparée pour une tâche
10:18qui la dépasse et qui nous dépasse.
10:20Et on voit aussi que Dieu
10:21n'abandonne pas la France.
10:23Jamais.
10:23Voilà, ce qui est source d'espérance.
10:25Alors, venons-en, Véronique,
10:27à sa mission principale, pourrait-on dire,
10:29qui est de faire sacrer
10:30le roi Charles VII à Reims.
10:33Comment s'y prend-elle ?
10:34D'abord, elle va se muer
10:35en redoutable guerrière.
10:37Mais, comme l'a dit le père Thomas,
10:39sans Dieu, elle sait qu'elle ne peut rien.
10:41Donc, elle puise sa force
10:42dans l'union à Dieu.
10:43Et elle passe chaque jour
10:44et parfois même plusieurs heures
10:46dans la nuit en prière.
10:48Alors, la ville d'Orléans,
10:49parce qu'il faut passer par Orléans
10:50pour aller à Reims,
10:51est assiégée depuis sept mois
10:53par les Anglais.
10:53Lorsqu'elle se présente
10:54avec sa compagnie,
10:56la bataille va durer quatre jours.
10:57Elle va être blessée à l'épaule,
10:58mais elle va délivrer Orléans
11:00le 8 mai, le 8 mai 1429.
11:02C'est très symbolique.
11:03Le 8 mai, c'est le jour
11:05de la fête d'été de Saint-Michel
11:07qui est toujours en train
11:08d'accompagner Jeanne.
11:09Jeanne, pendant qu'elle avance
11:10dans le temps,
11:11est toujours accompagnée
11:12par ses voix
11:12et par les conseils,
11:14notamment de Saint-Michel.
11:15Et ce sera le cas, d'ailleurs,
11:16jusqu'à la fin.
11:16La victoire a un effet
11:18psychologique énorme.
11:19La prise d'Orléans
11:20a un effet psychologique énorme
11:21sur les troupes
11:22parce que ce n'est pas
11:23une ville comme les autres
11:24avec son pont sur la Loire.
11:26C'est un carrefour,
11:27c'est un verrou.
11:28Elle était aux mains des Anglais
11:30ce n'est plus le cas.
11:31Donc, après Orléans,
11:32c'est la campagne de la Loire
11:33qui commence.
11:34Jeanne va signer
11:35plusieurs victoires.
11:36Vous imaginez
11:36une très jeune fille
11:37comme cela.
11:38Elle écrase les Anglais
11:39à pâté.
11:40Ensuite, elle met le cap
11:41sur Reims.
11:42Après s'être fait ouvrir
11:43les portes des villes
11:44d'Ausserre, de Troyes,
11:46de Chalons,
11:47elle est acclamée partout
11:48sur son passage.
11:49Et puis, entrée triomphale
11:51dans la cathédrale de Reims
11:52et là, Charles,
11:54le dauphin Charles
11:54va être sacré roi
11:56le 17 juillet 1429.
11:58On le connaît désormais
11:59sous le nom de Charles VII.
12:01Jeanne est évidemment
12:01au premier rang
12:02avec sa bannière
12:03et même le père de Jeanne
12:05aura fait le déplacement.
12:07Merci Véronique.
12:08Alors, il faut noter
12:08que sur sa bannière,
12:09elle avait fait inscrire
12:10deux mots,
12:11Jésus et Marie.
12:13Ce qui montre
12:13que finalement,
12:14père Thomas,
12:15sa mission est peut-être
12:16d'abord religieuse
12:17avant d'être politique
12:18parce qu'effectivement,
12:19faire sacrer le roi,
12:20c'était extrêmement important.
12:22Mais elle disait aussi
12:23Jésus est le vrai roi
12:24de la France.
12:25Comment faut-il entendre
12:26ces deux aspects
12:27politiques et religieux
12:28dans sa mission ?
12:29Alors, tout d'abord,
12:30il faut préciser que,
12:31certes, c'est une guerrière,
12:33elle porte l'armure
12:34lorsqu'elle est sur
12:34le champ de bataille,
12:36mais elle n'utilise pas
12:37l'épée.
12:38Elle a toujours
12:39sa bannière.
12:41C'est Jésus
12:42et Marie
12:44qui la guident.
12:45Et on voit bien
12:46que la mission
12:47telle que
12:48l'entend Jeanne,
12:49c'est une mission
12:50qui est religieuse
12:52puisque c'est
12:53un appel de Dieu,
12:54mais pour redonner
12:55à la France
12:56son lustre politique.
12:58Mais c'est un lustre politique
13:00qu'on a du mal
13:01à concevoir aujourd'hui
13:02parce que le politique
13:04de l'époque,
13:04c'est un politique
13:05qui est ancré
13:06en Dieu.
13:07Et le roi de France
13:08est bien considéré
13:09par son sacre
13:10comme le lieutenant
13:12du Christ.
13:14Donc,
13:14les deux sont liés.
13:16Il n'y a pas de confusion,
13:17bien évidemment,
13:18entre les deux.
13:19Mais il y a une unité
13:20entre le politique
13:21et le religieux
13:22à cette époque
13:23et ce sera le cas
13:24d'ailleurs
13:25jusqu'à la fin
13:26de la monarchie française.
13:28Avec aussi
13:28donc un ordre
13:29de préséance,
13:30pourrait-on dire.
13:31C'est Dieu premier servi.
13:32Dieu premier servi.
13:33Et le roi de France
13:35n'est un roi digne
13:36justement
13:37que s'il est fidèle
13:39à l'onction
13:40qu'il reçoit
13:41à Reims
13:41en étant
13:42le serviteur
13:44pour son peuple.
13:46Le serviteur de Dieu
13:47pour son peuple.
13:47A condition
13:48aussi de reconnaître
13:49qu'il y a quelque chose
13:50au-dessus
13:51du pouvoir politique.
13:52Alors Véronique,
13:53malheureusement,
13:54après le sacre de Reims,
13:55le vent va tourner,
13:57pourrait-on dire,
13:58pour Jeanne.
13:59Et racontez-nous
14:00son chemin de croix,
14:01sa passion,
14:01sa véritable passion.
14:02Oui, alors tout d'abord,
14:04Jeanne veut conquérir Paris.
14:05Mais le roi Charles VII
14:06est craintif.
14:07Il refuse.
14:07Il n'écoute plus Jeanne
14:08mais ses conseillers
14:09qui l'incitent
14:11à prendre la voie diplomatique
14:12et à négocier une trêve
14:14avec le duc de Bourgogne
14:15qui est allié aux Anglais.
14:17Alors Jeanne,
14:17elle vit une drôle de situation
14:18parce qu'elle est contrainte
14:19à l'inactivité
14:20auprès de Charles VII
14:21dans le château
14:22de Sully-sur-Loire
14:24pendant quelques mois.
14:25Et ensuite,
14:25de son propre chef,
14:26elle va reprendre le combat.
14:27Elle va voler au secours
14:28de la ville de Compiègne.
14:30Mais c'est là
14:30qu'elle est capturée
14:31par les Bourguignons
14:32qui la vendent aux Anglais
14:33le 23 mai 1430.
14:36Ensuite,
14:36elle arrive au château
14:37de Beauvreuil à Rouen
14:38la veille de Noël 1430.
14:40Elle offre
14:41ses souffrances à Dieu.
14:42Elle est conseillée
14:43chaque jour et chaque nuit
14:44par Sainte-Catherine
14:45et Sainte-Marguerite.
14:46Elle porte des habits féminins
14:48mais elle constate
14:48qu'elle est dans une prison
14:49gardée par des hommes
14:50donc elle a peur du viol.
14:52Donc elle va mettre
14:53des habits d'hommes.
14:54Et en fait,
14:55ce travestir est un crime
14:56à l'époque.
14:56Et l'évêque de Beauvais,
14:57Pierre Cochon,
14:58qui va juger Jeanne
14:59devant un tribunal
15:01ecclésiastique,
15:02va prendre ce motif
15:03pour la faire condamner.
15:05Il va l'accuser d'abord
15:06d'être une sorcière
15:07et une hérétique.
15:08Lui,
15:09le fameux cochon,
15:10est à la solde des Anglais.
15:12Alors le procès
15:12va durer deux mois
15:13et les réponses de Jeanne
15:14aux questions posées
15:15sont restées dans l'histoire
15:16et sont souvent édifiantes.
15:19On lui demande
15:20Saint-Michel était-il nu ?
15:21Elle, elle répond
15:22pensez-vous que Dieu
15:23n'ait pas de quoi le vêtir ?
15:25Êtes-vous en état de grâce ?
15:27Si je n'y suis pas
15:28que Dieu m'y mette,
15:29si j'y suis que Dieu m'y garde.
15:31Ça évidemment,
15:31tout le monde s'en souvient.
15:33Elle souffre d'être privée
15:34de la confession
15:34et surtout de la messe.
15:35Elle souffre d'être privée
15:36des sacrements.
15:37Finalement,
15:38cochon la condamne
15:39car il lui reproche
15:40de ne pas se soumettre
15:41à l'église.
15:42Condamnée à être brûlée
15:44en entendant la sentence.
15:46Jeanne pleure
15:47et s'écrit
15:47« Ah, j'aimerais mieux
15:48être décapitée cette fois
15:50que d'être ainsi brûlée. »
15:51Et le 30 mai 1431,
15:54jour de son supplice,
15:55elle se confesse,
15:56elle communie.
15:56Enfin, elle a le droit,
15:57si j'ose dire.
15:58Elle est vêtue
15:59d'une robe blanche,
16:00elle est conduite
16:00dans une charrette
16:01place du Vieux Marché à Rouen.
16:03Jeanne pleure
16:03et prie à voix basse.
16:05Durant une demi-heure,
16:06elle s'adresse à la foule.
16:07« Que vous soyez de mon parti
16:09ou d'un autre,
16:09je vous pardonne
16:10le mal que vous m'avez fait. »
16:11Il y a quelque chose
16:11de très christique.
16:12Évidemment,
16:13vous allez nous en parler,
16:14Pierre Thomas,
16:14dans son attitude.
16:16Elle pardonne à ses bourreaux,
16:18elle pardonne à ceux
16:18qui sont là,
16:19elle demande à ce qu'on prie
16:20pour elle
16:20et elle s'adresse aux prêtres.
16:22« Dites pour moi
16:23des messes tous les jours. »
16:24Chacun écoute
16:26dans un silence religieux,
16:27c'est évidemment édifiant.
16:29Jeanne demande ensuite
16:29que l'on aille chercher
16:30la croix
16:31qui est dans l'église d'à côté
16:35qui commence
16:35pour embrasser aussi cette croix.
16:38Le bourreau allume le feu
16:39et Jeanne s'écrit
16:39dans les flammes
16:40« Tout ce que j'ai fait,
16:41c'est sur ordre de Dieu,
16:42je ne suis pas une hérétique. »
16:44Après sa mort,
16:44les Anglais s'écrient
16:45« Nous avons brûlé une sainte. »
16:47Et puis le bourreau découvre
16:48sur le bûcher
16:49le cœur de Jeanne intact
16:50et en fait,
16:52il va jeter dans la Seine
16:53ce cœur et ses cendres.
16:55Vingt ans plus tard,
16:57la maman de Jeanne
16:57demande un second procès
16:59à Charles VII
16:59pour réhabiliter sa fille
17:01et en 456,
17:03c'est le pape Calyxte III
17:04qui va ouvrir un second procès
17:06qui va réhabiliter Jeanne
17:07et c'est ainsi
17:08que pour nous maintenant
17:09c'est une évidence,
17:10c'est une sainte
17:11donc canonisée en 1920
17:13et proclamée deux ans plus tard
17:14patronne secondaire de la France.
17:16Merci Véronique.
17:17Alors cependant,
17:18Père Thomas,
17:19elle n'a pas été canonisée
17:20comme martyr.
17:22Or, effectivement,
17:23elle est morte sur le bûcher.
17:24Elle a été considérée à l'époque
17:26lors de son procès
17:27comme apostate,
17:28hérétique et schismatique,
17:30ce qu'elle a toujours contesté.
17:32Est-ce qu'on peut considérer
17:33aujourd'hui
17:33qu'elle est martyr ?
17:34Je voudrais juste citer
17:35une phrase de Jules Michelet
17:36qui a réhabilité Jeanne
17:37aux yeux de la République laïque
17:39mais cependant,
17:40sa phrase,
17:40sa déclaration est intéressante.
17:42Il disait
17:42« L'imitation de Jésus-Christ,
17:44sa passion reproduite
17:45dans la pucelle,
17:46telle fut la rédemption
17:47de la France ».
17:47Donc il y a quelque chose
17:48quand même
17:49de l'ordre du martyr
17:50qui, effectivement,
17:52sauve la France ?
17:53Alors,
17:53elle n'est pas martyr
17:54dans le sens
17:55où elle n'a pas été tuée
17:57en haine de la foi
17:58dans le Christ.
17:59Elle a été tuée,
18:01hélas,
18:02par des chrétiens.
18:03Tout le monde était chrétien.
18:04C'est un règlement de compte
18:06entre chrétiens.
18:08Paul Claudel et Régine Pernoud
18:10parlent d'ailleurs du procès
18:11comme un procès
18:12éminemment politique,
18:14même si tous les éléments,
18:16au départ,
18:17sont entre les mains
18:18d'un tribunal ecclésiastique.
18:20Mais l'évêque Cochon,
18:21il suit la politique
18:23qui lui est dictée
18:24par le roi Henri VI
18:25d'Angleterre.
18:27Et quelques mois
18:28après la mort de Jeanne,
18:30il va assister à Paris,
18:32à Notre-Dame de Paris,
18:33au couronnement
18:34d'Henri VI
18:35comme roi de France.
18:36Donc, tout est...
18:37Le forfait était signé.
18:38Le forfait était signé.
18:40Mais bien évidemment,
18:42elle meurt
18:42dans une totale imitation
18:44à ce qu'a vécu
18:45notre Seigneur
18:47dans sa passion
18:48et dans sa mort.
18:49on retrouvera également
18:52une chose semblable
18:53lors de la mort
18:54de Louis XVI.
18:55C'est impressionnant
18:56de voir les concordances
18:58qui peuvent être faites.
18:59Mais avec Jeanne,
19:00évidemment,
19:01cela saute aux yeux.
19:02Et ce qui est particulièrement
19:04émouvant,
19:05je trouve,
19:05c'est qu'il n'y a pas
19:06de légende dorée
19:07autour de sa mort
19:09et de sa vie.
19:10Elle meurt
19:11en ayant peur.
19:13Et c'est pour ça
19:14qu'à un moment donné,
19:15elle est relapse,
19:17en fait.
19:19C'est-à-dire qu'elle renie
19:20ce qu'elle a toujours prôné
19:22jusqu'à présent.
19:23Parce qu'elle dit
19:24j'ai peur de mourir
19:25sur le bûcher.
19:26Et jusqu'au bout,
19:28elle a peur.
19:29Et jusqu'au bout,
19:30elle se sent abandonnée
19:32par Dieu.
19:33Et sans doute,
19:34la lumière lui est donnée
19:35au dernier moment.
19:36Quand le Christ
19:36s'est senti abandonné
19:37sur la croix.
19:37Oui.
19:38Et elle avait besoin
19:40de ce crucifix
19:41qui lui était montré
19:43jusqu'à son dernier soupir.
19:45Alors Véronique,
19:46malheureusement,
19:47l'émission touche à sa fin.
19:48Évidemment,
19:48c'est un très beau sujet,
19:49Jeanne d'Arc.
19:50Mais que faut-il lire
19:51pour approfondir justement
19:52sa vie ?
19:53Alors il y a beaucoup
19:53d'ouvrages,
19:54évidemment.
19:55L'une des dernières biographies,
19:57c'est celle de Valérie Touré,
19:58Jeanne d'Arc,
19:59chez Perrin.
19:59Il y a aussi l'ouvrage
20:00de l'abbé Jacques Olivier,
20:02Le prophétisme politique
20:03et ecclésial de Jeanne d'Arc.
20:04Ça, c'est aux éditions
20:05du Cerf.
20:06Et puis,
20:07incontournable,
20:08Jeanne d'Arc,
20:08Le procès de Rouen
20:09par Jacques Trémollet
20:10de Villers
20:11chez Tempus,
20:12la collection de poches
20:13de Perrin.
20:13Le procès raconté
20:14minute par minute
20:15avec les réponses
20:16extraordinaires
20:17donc de Jeanne.
20:18On n'oublie pas
20:18France catholique
20:19qui fait sa une
20:20cette semaine
20:21sur l'encyclique
20:22de Léon XIV
20:24consacrée
20:24à l'intelligence artificielle.
20:26Il y a urgence
20:27à s'emparer du sujet
20:28et l'essayiste
20:29Baptiste de Tombe
20:30dans France catholique
20:31parle d'une épidémie
20:34générationnelle
20:34à propos de l'usage
20:35de tout ce qui est numérique,
20:36de tout ce qui est
20:36intelligence artificielle,
20:37de tout ce qui est
20:38réseaux sociaux.
20:39Donc, il faut faire attention.
20:41Évidemment,
20:41ça touche la jeunesse.
20:43Merci beaucoup Véronique.
20:44Merci Père Jean-François Thomas.
20:46Méditation quotidienne
20:47de printemps
20:47chez Via Romana.
20:48C'est votre ouvrage
20:49qui concerne
20:51l'actualité liturgique
20:53on va dire
20:53de l'église
20:54en ce moment.
20:55Merci aussi
20:56à Maxime Lavandier
20:57et à toutes les équipes
20:58techniques de CNews.
20:59Et puis,
21:00dernier mot pour vous dire
21:01que Jeanne d'Arc
21:01est fêtée le 30 mai.
21:03Elle est la patronne
21:04secondaire de la France,
21:05on l'a dit.
21:05Et puis,
21:06une citation
21:06qu'il faut retenir
21:07absolument bien sûr
21:08de son message.
21:09Jeanne d'Arc disait
21:10Messire Dieu,
21:11premier service.
21:12C'est ça qui a guidé
21:13toute sa vie
21:14et c'est ce qu'on a vu
21:15au cours de cette émission.
21:16Merci à vous
21:16de l'avoir suivi.
21:17Demain,
21:17dans Enquête d'Esprit,
21:18nous parlerons justement
21:19de cette encyclique
21:20sur l'intelligence artificielle
21:22qui fait déjà
21:22beaucoup parler d'elle
21:23avec les meilleurs spécialistes.
21:25Léon XIV
21:26est-il en train
21:27de s'ériger
21:28contre les robots ?
21:29C'est une question
21:29qu'on peut se poser.
21:30Et vous serez à notre rendez-vous.
21:31Ce sera à 13h.
21:32Bonne journée à tous.
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