- il y a 2 ans
Les banques françaises sont-elles menacées et pourquoi se montrent-elles si réticentes aux retraits de leurs clients ? L’étude des comptes de la BNP et de la Société Générale montre qu'elles prêtent les dépôts de leurs clients bien au-delà de leurs fonds propres. En cas de crise, cela peut provoquer un retrait brutal et la faillite comme pour SVB. En plus de ce risque, les comptes font apparaître, dans le hors bilan, des masses de produits dérivés qui représentent des montants 20 à 30 fois le PIB dans des opérations financières opaques et risquées. Néanmoins ce comportement contraire à la prudence bancaire n’a pas conduit à l’apocalypse bancaire, les banques présentent une forte résilience. Quelles en sont les raisons : fausseté des comptes, désinformation, aide des pouvoirs publics ? Autre problème : les obligations souscrites à des taux très bas ne valent plus rien, les épargnants s’en défont. Allons-nous vers un krach obligataire ?
Avec la guerre Israël/Hamas, l’incertitude vient de monter fortement, ce qui n’est jamais une bonne nouvelle pour les marchés. En réalité, les marchés obligataires de nos démocraties se sont écroulés dans les trois dernières années, perdant 40% de leur pouvoir d’achat depuis décembre 2020.
Pour conclure, retour sur la transaction Nestlé/Pfizer conduite par Emmanuel Macron. On se demande où est passé le montant (30 millions ?) de la transaction.
Jean-Pierre Chevallier, business économiste et analyste financier indépendant.
Avec la guerre Israël/Hamas, l’incertitude vient de monter fortement, ce qui n’est jamais une bonne nouvelle pour les marchés. En réalité, les marchés obligataires de nos démocraties se sont écroulés dans les trois dernières années, perdant 40% de leur pouvoir d’achat depuis décembre 2020.
Pour conclure, retour sur la transaction Nestlé/Pfizer conduite par Emmanuel Macron. On se demande où est passé le montant (30 millions ?) de la transaction.
Jean-Pierre Chevallier, business économiste et analyste financier indépendant.
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00:00 (Générique)
00:17 Bonjour à tous. Bienvenue sur le plateau de politique et économie. Aujourd'hui, chers amis, nous allons parler de banques.
00:23 Les banques, rien ne va plus. Et nous allons en parler avec Jean-Pierre Chevalier. Alors Jean-Pierre Chevalier, soyez-le bienvenu.
00:29 C'est pas la première fois que j'ai le plaisir de vous interviewer. Mais je voudrais rappeler à nos téléspectateurs que vous êtes
00:36 business économiste et analyse financière indépendante. Vous avez un blog, d'ailleurs, chevalier.biz. Biz comme 2 Z, bien sûr.
00:45 Alors, chers téléspectateurs, dans une précédente émission avec Pierre Jovanovic, nous vous avions informé de nombreuses faillites de banques,
00:55 surtout aux États-Unis. La plus spectaculaire était SVB, la banque des entreprises informatiques de Californie.
01:07 Or, un certain nombre de messages nous parviennent, parvenaient à Pierre Jovanovic et nous parviennent à nous, sur la difficulté qu'ont les clients
01:18 à retirer leur argent. Et la question que nous allons nous poser ensemble, c'est que se passe-t-il dans les banques.
01:25 Pour prendre un exemple très simple, j'ai une belle-sœur qui est américaine et qui a voulu retirer son argent sur un compte en France.
01:36 Eh bien elle n'a jamais pu. Ça fait plusieurs années que ça dure. Elle n'arrive pas à retirer son argent qui, bien sûr, lui appartient.
01:44 Et elle n'est pas la seule dans ces cas. Alors nous avons vu aussi qu'il y a eu des faillites en Europe, faillites du crédit suisse.
01:54 Est-ce que les faillites peuvent arriver en Europe ? C'est la question auxquelles nous répondrons tout au long de cette émission.
02:03 Alors Jean-Pierre, j'aimerais tout d'abord que vous nous parliez de la situation des banques françaises, notamment la Société Générale et la BNP.
02:11 Sont-elles en si bonne santé que cela ?
02:15 Eh bien je crois qu'elles ne sont pas en bonne santé, effectivement, pour un certain nombre de raisons.
02:20 Donc en particulier pour ce que vous venez de dire, c'est-à-dire que les banques cherchent à tout prix à conserver l'argent de leurs clients.
02:30 Oui.
02:30 Pourquoi les conseillers financiers, les interlocuteurs des clients des banques cherchent-ils à conserver l'argent des clients,
02:39 à les empêcher de retirer de l'argent ? Si vous voulez retirer quelques centaines d'euros ou des milliers d'euros,
02:46 ils vous demanderont toujours des explications, des raisons, pour quelles raisons. Donc en fait, ils ne diront jamais vraiment pourquoi.
02:55 Et c'est ce que l'on va voir maintenant.
02:57 Et vous, vous allez nous dire pourquoi.
02:59 Voilà, je vais vous dire pourquoi, parce que c'est un problème purement comptable et économique, financier, évidemment.
03:05 Alors les banques publient des bilans, comme toutes les entreprises. Et il y a donc un actif, un passif. De quoi s'agit-il ?
03:14 Donc au passif se trouvent tous les moyens de financement de l'actif, c'est-à-dire que comment les banques, comment les entreprises,
03:22 n'importe quelle entreprise, une petite entreprise ou une grande banque, comment financent-elles ses actifs ?
03:27 Elles financent ses actifs d'une part par des dettes et des capitaux propres, et uniquement des dettes et des capitaux propres.
03:35 Donc au passif. Et en anglais d'ailleurs, le mot "passif" n'existe pas. Les anglophones ne peuvent pas donner un seul mot pour désigner le passif.
03:47 Ils disent qu'il s'agit de "liabilities and equity", c'est-à-dire d'abord des dettes et des capitaux propres.
03:55 Et à partir des dettes et des capitaux propres, c'est-à-dire des moyens de financement, les banques peuvent prêter de l'argent à des clients.
04:06 Alors pour ce qui concerne les... Il faut, pour comprendre ce qui se passe dans les banques actuellement,
04:12 il faut effectivement partir de l'analyse même élémentaire de leur bilan. Au passif, de quoi s'agit-il ?
04:18 Pour l'essentiel, les banques ont des dépôts. Des dépôts qui sont très importants. Je vais prendre l'exemple de BNP Société Générale.
04:28 Pourquoi ? Parce que ce sont deux banques françaises que tout le monde connaît et qui sont cotées en bourse.
04:34 Et de ce fait, elles sont obligées de publier leurs résultats financiers. Et donc il suffit tout simplement de lire leur bilan et leurs résultats financiers.
04:45 Alors pour ce qui concerne BNP, BNP a 1 000 milliards d'euros de dépôts. C'est-à-dire que ce sont les clients de BNP.
04:55 Il y a des millions de clients de BNP. Ils ont globalement déposé 1 000 milliards d'euros dans cette banque.
05:06 Et que fait cette banque, que fait BNP à partir de ces 1 000 milliards ? Elle prête cet argent 850 milliards qui sont prêtés à d'autres clients de la banque.
05:17 Parce que c'est le problème des banques depuis que les banques existent, depuis plusieurs millénaires.
05:26 Donc il y a des gens qui ont de l'argent et qui ne savent pas quoi en faire. Et des gens qui n'ont pas d'argent et qui ont des projets d'investissement,
05:35 que ce soit des entreprises ou des personnes qui veulent acheter une maison, un appartement, etc.
05:40 Donc les banques mettent en relation ceux qui ont de l'argent avec ceux qui en demandent.
05:46 Pour la Société Générale, c'est à peu près la moitié, grosso modo, de BNP. 550 milliards de dépôts et 500 milliards de prêts.
05:57 Donc presque tout l'argent qui est déposé par les clients de Société Générale est prêté à d'autres clients de la Société Générale.
06:08 – Oui mais alors, ce ne sont pas des fonds propres, ça ?
06:12 – Non, alors pour ce qui concerne les capitaux propres, donc il faut analyser, comme je vous l'ai dit brièvement, les bilans des banques.
06:22 Ce n'est pas la peine de lire les centaines de pages de leurs rapports financiers, mais comprendre l'essentiel.
06:28 Normalement, qu'est-ce que c'est qu'un banquier à l'origine, il y a plusieurs millénaires ?
06:33 C'est quelqu'un qui avait gagné de l'argent et qui prêtait de l'argent à d'autres personnes sur ses fonds propres, sur ses capitaux propres.
06:41 Mais au fil du temps, petit à petit, que s'est-il passé, les banquiers n'ont pas beaucoup d'argent
06:50 et ils empruntent beaucoup. Ils empruntent auprès de qui ?
06:54 Auprès des clients, de vous, de moi, de tout le monde, des entreprises.
06:57 – Alors ça donne quoi en termes de produit ?
06:59 – Alors résultat de ceci, les capitaux propres de BNP sont de 123 milliards d'euros seulement.
07:08 Les capitaux propres de BNP tels qu'ils sont publiés au bilan.
07:12 123 milliards de capitaux propres alors que les dépôts, on avait dit que c'était 1 000 milliards.
07:21 Donc les capitaux propres sont très faibles par rapport aux dépôts des clients.
07:34 Par contre, ce qu'il faut bien voir, c'est que les capitaux propres tels qu'ils sont publiés au bilan des banques
07:43 ne correspondent pas à la réalité.
07:46 – D'accord.
07:47 – C'est quelque chose qui est important.
07:48 Et pour connaître le véritable montant des capitaux propres,
07:53 il faut aller lire dans les rapports financiers publiés par les entreprises cotées en bourse.
07:58 Et il existe une page, un tableau dans cet obligatoire,
08:01 pratiquement toutes les banques font cela, que ce soit en Europe, aux États-Unis, partout dans le monde.
08:07 Donc il existe une autre définition des capitaux propres,
08:11 c'est le "common equity tier 1", c'est-à-dire "COT1".
08:17 Vous me dites ce que vous voulez.
08:19 Donc c'est-à-dire qu'on part des capitaux propres de BNP de 123 milliards d'euros.
08:24 Oui, mais il faut retirer un certain nombre d'éléments.
08:26 Je ne vais pas rentrer dans les détails, si vous voulez voir précisément,
08:29 vous allez voir, j'ai consacré des articles là-dessus qui sont en accès libre sur mon site chevalier.biz.
08:37 Donc on arrive à un total de 95 milliards d'euros seulement.
08:41 Donc 95 milliards d'euros, c'est le montant des capitaux propres
08:47 qui est reconnu par la banque BNP et qui est publié dans leur rapport financier de BNP.
08:53 Donc 95 milliards d'euros seulement pour 1000 milliards de dépôts.
08:58 Mais en fait, en réalité, on va le revoir tout à l'heure,
09:03 BNP applique de cette façon la réglementation bancaire.
09:09 Et cette réglementation bancaire ne correspond pas aux règles comptables générales des entreprises.
09:16 Parce qu'il existe un principe, c'est que tous les actifs d'une entreprise
09:21 doivent être comptabilisés à leur juste valeur du marché.
09:25 C'est ça, au prix du marché.
09:27 – C'est-à-dire au moment où on fait le bilan.
09:30 – Voilà. Donc les chiffres que je donne, ce sont les chiffres au 30 juin 2023.
09:38 Donc les derniers chiffres publiés.
09:40 Alors que se passe-t-il ?
09:41 Les banques ont des actifs, dans les actifs des banques,
09:46 les banques achètent des bons du trésor, des bons du trésor français,
09:50 puis d'autres bons du trésor américain, etc.
09:53 Oui, mais qu'est-ce que s'est-il passé depuis un an, un peu plus d'un an ?
09:57 Les banques centrales ont augmenté le taux de base, leur taux de base,
10:05 et tous les taux ont augmenté.
10:07 Si les rendements des obligations augmentent, leur prix baisse.
10:11 – Le prix des obligations baisse, oui.
10:12 – Il y a donc des pertes sur le montant des actifs.
10:16 Et ces pertes sont très importantes puisque les rendements sont passés de zéro,
10:21 pratiquement, à 5% maintenant.
10:24 C'est une hausse très très importante,
10:26 qui s'est déjà produite dans le passé aux États-Unis,
10:30 mais aussi rapidement, ça ne s'est jamais produit.
10:33 Et ces hausses du rendement des obligations entraînent une baisse du prix
10:40 de l'ordre de 40% de ces obligations, de ces bons du trésor.
10:45 Et 40% sur un certain nombre de milliards…
10:48 – Ça fait beaucoup de milliards.
10:50 – Ça fait beaucoup de milliards.
10:51 Donc finalement, qu'en est-il des véritables capitaux propres ?
10:56 Si on applique les principes et les règles comptables IFRS,
11:01 on a pour BNP 13 milliards seulement de capitaux propres.
11:05 – Ce qu'on appelle le tangible.
11:07 – Alors, donc là, je l'ai appelé, dans le document que l'on voit,
11:11 les capitaux propres tangibles, c'est-à-dire les véritables capitaux propres tangibles.
11:15 – Ceux qu'on peut toucher.
11:16 – Ceux qu'on peut toucher, voilà.
11:17 Donc les véritables, si jamais BNP était obligée de vendre
11:24 un certain nombre de bons du trésor, comme ça s'est passé pour Silicon Valley Bank,
11:30 qui était au bord de la faillite.
11:32 Sillicon Valley Bank a vendu des bons du trésor américains pour gagner de l'argent,
11:38 oui, mais ils ont perdu de l'argent aussi, des milliards.
11:41 Donc ils sont tombés en faillite.
11:44 Et donc 13 milliards de capitaux propres tangibles, véritables,
11:48 pour des actifs de 2700 milliards.
11:52 – C'est-à-dire ce qu'on appelle la taille de bilan, en réalité.
11:53 – Oui, c'est la taille du bilan.
11:55 – De la BNP, c'est-à-dire l'équivalent à peu près du produit intérieur brit français, quand même.
12:01 – Voilà, donc le PIB français, le PIB annuel français au prix actuel, c'est 2800 milliards.
12:09 Donc les derniers chiffres publiés par l'INSEE pour le deuxième trimestre 2023,
12:15 c'est 700 milliards.
12:17 700 milliards multipliés par 4, ça fait 2800 milliards.
12:22 Donc 2800 milliards de PIB annuel de la France,
12:26 correspond donc au montant des actifs de BNP.
12:31 C'est absolument considérable.
12:32 – C'est énorme. – C'est énorme.
12:34 – Mais surtout, c'est un montant qui est extrêmement fragile.
12:37 C'est un montant qui est très fragile du fait, justement, de la faiblesse des capitaux propres.
12:43 En fait, c'est la raison pour laquelle les banques refusent de donner de l'argent à la pauvre grand-mère
12:50 qui veut retirer quelques centaines ou quelques milliers d'euros pour les donner à ses petits-enfants, etc.
12:55 Donc les banques cherchent absolument à conserver l'argent qu'elles ont,
13:01 mais sous la forme du dépôt de leurs clients.
13:04 – C'est ça, parce qu'elles prêtent les dépôts de leurs clients.
13:06 – Oui, elles prêtent en fait les dépôts de leurs clients,
13:08 alors que normalement elles devraient prêter leur capitaux propres.
13:12 Mais elles n'ont pratiquement plus de capitaux propres.
13:14 Alors ce que je viens de vous dire pour BNP, c'est encore pire pour la société générale,
13:19 parce qu'en faisant les mêmes calculs, c'est tout simple,
13:24 il suffit d'appliquer des règles comptables, on obtient l'IFRS.
13:30 Donc les normes comptables IFRS.
13:33 C'est un sigle américain, donc d'une expression américaine.
13:36 Donc pour ce qui concerne la société générale, j'ai fait le calcul,
13:40 on a 0,6, c'est-à-dire 600 millions d'euros de capitaux propres,
13:46 tangibles pour 1 600 milliards d'actifs.
13:51 Donc c'est-à-dire que la société générale n'a plus d'argent en fait.
13:55 Elle n'a plus d'argent en propre.
13:57 Et par contre, elle a des actifs pour 1 600 milliards.
14:01 Alors le problème des actifs, c'est qu'elle ne peut pas vendre ses actifs.
14:06 Elle a prêté de l'argent à 5 ans, 10 ans, 20 ans à ses clients,
14:11 et puis il y a d'autres clients qui ont de l'argent,
14:15 qui ont déposé de l'argent à la banque
14:18 et qui peuvent retirer immédiatement cet argent à tout moment.
14:21 – Et vous avez remarqué d'ailleurs que le directeur de la société générale
14:26 vient de changer. – Oui.
14:28 – Et ça s'est fait de façon extrêmement subreptice.
14:30 En général, il y a toujours un petit peu de bruit médiatique
14:33 autour du changement de direction.
14:35 Et là, c'est passé sous les radars.
14:37 – Oui, c'est très curieux.
14:39 Le nouveau patron de Société Générale est d'origine polonaise,
14:44 c'était par an Chopin polonais.
14:46 Il n'est pas inspecteur des finances, donc c'est vraiment beaucoup de qualité.
14:52 Il ne fait pas partie du Serail.
14:54 Et il vient de déclarer récemment qu'il faut augmenter les capitaux propres
14:59 et diminuer les dividendes.
15:02 C'est exactement ce qu'il faut faire.
15:04 Oui, mais il s'est mis tout le monde contre lui,
15:06 c'est-à-dire les actionnaires et les salariés,
15:10 parce que s'il faut dégager davantage de bénéfices et diminuer les coûts,
15:17 et bien généralement, ça se traduit souvent par des suppressions de postes.
15:21 Alors cette situation est absolument catastrophique, c'est la raison.
15:25 Donc c'est pour cette raison-là que les banques font tout ce qu'elles peuvent,
15:30 enfin que les interlocuteurs des clients des banques font tout ce qu'ils peuvent.
15:33 – Ils ont reçu comme instruction.
15:34 – Ils ont reçu comme instruction de la direction de la banque,
15:37 surtout faites tout pour que les gens ne retirent pas leur argent de la banque.
15:42 Parce que, comme je vous l'ai dit, BNP a 1 000 milliards de dépôts,
15:48 et c'est cet argent-là que les banques prêtent.
15:53 Alors que normalement, elles devraient le faire à partir de leur capitaux propres.
16:01 Donc la situation est catastrophique, oui, mais c'est pire encore.
16:04 – Ah, c'est plus pire.
16:06 – Ah, il y a plus pire.
16:07 – Ça ne se dit plus pas, monsieur.
16:09 – Donc là, ce sont les chiffres tirés du bilan.
16:13 – Oui.
16:14 – Et dans les rapports financiers, existe ce qu'on appelle un hors-bilan.
16:18 – Un hors-bilan, ce n'est pas une corbeille dans laquelle on met tout et n'importe quoi.
16:24 Ce sont des opérations bien particulières qui sont liées à du "credit-by" pour les entreprises.
16:30 Donc ce sont les entreprises qui demandent un service à la banque,
16:36 et la banque va leur fournir ce service, mais bien entendu recevoir une commission.
16:43 Donc de quoi s'agit-il ?
16:45 La banque, BNP en l'occurrence, on va prendre cet exemple,
16:49 s'est engagée à payer 350 milliards d'euros à des entreprises
16:55 dans le cadre des opérations de hors-bilan.
16:58 – Pardon, le hors-bilan, ce n'est pas ce qu'on appelle le "shadow banking" ?
17:01 – Non, non, non, c'est totalement différent, ça n'a rien du tout de caché, c'est tout à fait normal.
17:08 – Donc engagement de 350 milliards.
17:10 – Ils se sont engagés à payer éventuellement aux banques, éventuellement,
17:14 parce que c'est, on ne sait pas, c'est…
17:17 Au pire, toutes les entreprises, tous les clients de BNP, entreprises,
17:23 qui ont demandé un bénéficier d'opérations en hors-bilan,
17:27 peuvent demander 350 milliards d'euros à BNP.
17:32 Et normalement, que doit faire la banque qui s'est engagée à payer 350 milliards d'euros ?
17:38 Eh bien, elle doit avoir pris des garanties sur ses clients.
17:43 Elle aurait dû avoir, je ne sais pas, 500, 600 milliards pour 500 ou 600 milliards de garanties.
17:48 – Des garanties qui vont au-delà de…
17:49 – Bien entendu, bien supérieures aux engagements.
17:53 – Or, quelles sont ces garanties ?
17:54 – Quel est le montant de ces garanties ? 80 milliards.
17:57 C'est-à-dire que, si tous les clients de BNP qui ont demandé un bénéficier de ces opérations-là,
18:07 demandent effectivement à BNP de payer, BNP est perdant de presque 300 milliards.
18:14 Donc c'est absolument épouvantable.
18:18 Alors, une comparaison aux États-Unis.
18:21 Aux États-Unis, il existe dans toutes les milliers,
18:26 des dizaines de milliers de pages de réglementation,
18:29 des lois qui imposent aux banques d'avoir des garanties largement supérieures à leurs engagements.
18:37 Et c'est ce qu'elles font.
18:38 Et BNP d'ailleurs était actionnaire principale d'une banque, Bank of the West aux États-Unis.
18:45 Et cette banque avait premièrement beaucoup plus de capitaux propres que BNP.
18:50 Et elle avait également des garanties qui étaient largement supérieures à ses engagements.
18:55 – Donc pour une fois, les États-Unis sont plus vertueux que les banques françaises.
18:58 – Ah oui, les banques…
19:00 Alors, beaucoup d'Américains se plaignent de la situation de leurs banques.
19:04 Oui, mais en France, c'est pire.
19:05 Et par contre, les Français ne comprennent rien aux problèmes bancaires.
19:08 – Alors, vous êtes là pour leur expliquer, justement, Jean-Pierre Chevalier.
19:13 Mais vous avez aussi dans leur bilan ces fameux produits dérivés.
19:17 – Oui, alors, ce n'est pas dans le bilan.
19:20 – Ah oui, c'est…
19:21 – Ce n'est pas dans le… Enfin, pour l'essentiel.
19:25 Donc pour simplifier, il y a une partie seulement qui est intégrée dans le bilan des entreprises.
19:30 Mais pour l'essentiel, les produits dérivés ne sont pas comptabilisés dans le bilan,
19:35 ni dans le hors-bilan.
19:37 Par contre, les banques sont normalement obligées de publier
19:41 leurs engagements notionnels sur les produits dérivés.
19:47 Et ces engagements sont absolument phénoménaux.
19:51 Donc, ils sont, d'après le dernier rapport financier,
19:56 donc du 30 août au 30 juin 2023, le dernier, 35 000 milliards d'euros.
20:05 Plus de 35 000 milliards financiers.
20:09 Donc, ce sont les engagements notionnels bruts.
20:15 C'est-à-dire, je ne vais pas rentrer trop dans les détails,
20:17 c'est la base sur laquelle…
20:19 C'est le seul moyen d'évaluer, en fait, l'importance des produits dérivés.
20:23 Ça ne veut pas dire que BNP pourrait être condamné à payer 35 000 milliards d'euros,
20:31 mais c'est le seul moyen d'évaluer l'importance des produits dérivés.
20:36 – D'accord.
20:37 – Donc, c'est absolument considérable.
20:39 – Dans ces produits dérivés, il y a les fameux CDS, sur lesquels on ne reviendra pas,
20:43 mais les credits d'Effron-Woodstrap, qui sont chers à Pierre Giovannoui,
20:48 qui passe son temps à dénoncer, à juste titre, si j'en crois,
20:52 les chiffres que vous avancez. Et la Société Générale, alors ?
20:54 – La Société Générale, c'est dans les mêmes eaux.
20:57 Bon, c'est, comme vous le dites, la Société Générale, c'est à peu près la moitié de BNP,
21:04 donc 17 500 milliards d'engagement.
21:07 – Les banques américaines, elles ont des produits dérivés ?
21:10 – Oui. Alors, ce qui est intéressant, comme je vous l'ai dit,
21:14 c'est que pour ce qui concerne les produits dérivés,
21:16 le seul moyen de comparer les entreprises, les banques les unes par rapport aux autres,
21:22 c'est de se rapporter à ces engagements notionnels sur les produits dérivés.
21:28 Alors, j'ai fait le décompte de ces engagements.
21:31 Il y a les 10 premières grandes banques dans le monde occidental, tout au moins,
21:38 parce qu'en Chine, il vaut mieux pas voir ce qui se passe dans les banques, c'est autre chose.
21:44 Alors, JP Morgan, 58 000 milliards d'euros de produits dérivés.
21:51 Goldman Sachs, 57 000 milliards.
21:55 Donc, Pierre Schiavonovic, Trillard, donc, j'ai du français de...
22:00 – 1000 milliards.
22:02 – Citigroup, 55 000 milliards de produits dérivés.
22:07 Deutsche Bank, 400.
22:09 – Alors, on arrive en Europe, là.
22:10 – En Europe, donc, Deutsche Bank...
22:13 – On savait qu'elle était...
22:15 – Aux alentours de 40 milliards, 40 000 milliards de produits dérivés.
22:20 Je n'ai pas pu avoir les derniers chiffres parce qu'ils ne l'ont pas publié.
22:24 Donc, ces 4 banques ont 200 000 milliards d'euros ou de dollars,
22:32 d'engagement de produits dérivés, pour un total mondial de l'ordre de 600 000 milliards.
22:39 C'est-à-dire que les 4 plus grandes banques,
22:41 donc JP Morgan, Goldman Sachs, Citigroup,
22:44 ont le tiers des produits dérivés de tout le monde entier.
22:49 Et ça, ça implique beaucoup les Américains.
22:51 – Oui. Alors, si on compare ça aux produits intérieurs mondiaux,
22:55 si je puis dire, ça représente beaucoup plus ?
22:59 – Oui, mais on va avoir la comparaison un peu plus précise.
23:03 Donc, pour BNP, c'est 36 000 milliards d'euros.
23:09 Ça correspond, pour ce qui concerne BNP,
23:11 on a dit, à 10 fois le montant des… 10 fois le PIB de la France.
23:17 – Ah oui, 10 fois ? – 10 fois.
23:19 – La BNP ? – BNP par Ibra.
23:21 Donc, à 36 000 milliards d'euros de produits dérivés,
23:27 ce qui correspond à 10 fois le PIB de la France.
23:31 – Oui, même plus que 10 fois. – Un peu plus de 10 fois.
23:34 – C'est 12 ou 13 fois le PIB de la France.
23:37 – Oui, voilà, donc je simplifie.
23:40 Au moins 10 fois le PIB de la France.
23:42 C'est absolument considérable.
23:43 Alors que JP Morgan, par exemple, n'a relativement que…
23:48 Donc, 58 000 milliards de dollars de produits dérivés
23:54 pour 27 000 milliards de dollars de PIB,
23:58 c'est-à-dire deux fois plus, un peu plus de deux fois plus.
24:02 Donc, les Américains critiquent énormément JP Morgan
24:05 parce qu'ils ont deux fois plus de produits dérivés que le PIB.
24:10 Et en France, les Français s'en fichent complètement.
24:13 Ils laissent faire BNP qui a 10 fois plus de…
24:19 qui a des produits dérivés,
24:22 10 fois plus que le PIB annuel de la France.
24:26 – Alors, cependant, ces montants sont au côtois des précipices
24:32 en votre compagnie, mon cher.
24:33 Et nos téléspectateurs verront à la fin de l'émission
24:36 que quand je dis "côtoyer des précipices",
24:38 ce n'est pas tout à fait en plus à 20 mots.
24:40 Mais en attendant, malgré tout,
24:47 il semble bien que le système se défende.
24:52 Nous avons par exemple une déclaration de Jamie Dimon.
24:57 Jamie Dimon, président directeur général de la banque JP Morgan Chase,
25:03 ancien membre de la Fed d'ailleurs, il était à la Fed avant.
25:05 Il dit "je ne pense pas que nous voulions un système
25:08 dans lequel aucune banque ne fait faillite.
25:10 Il n'est donc pas terrible d'avoir un certain nombre de faillites.
25:14 Mais si cela provoque des dégâts dans le système,
25:16 nous, dit-il, nous, c'est-à-dire banque,
25:20 devons modifier les réglementations pour empêcher que cela ne se produise.
25:23 Autrement dit, c'est la banque qui commande.
25:26 – Oui, voilà, le gros problème qui se pose dans le monde occidental,
25:31 tout au moins, dans le bloc américain,
25:32 ils ont les États-Unis, puis l'Europe et autres pays
25:37 qui tournent autour des intérêts américains, c'est celui-ci.
25:42 Il n'y a plus d'autorité publique qui impose ses volontés aux banques.
25:48 Ce sont les banques qui ont pris le pouvoir de réglementation.
25:53 Et donc, Dimon le dit clairement, nous devons, nous,
25:58 c'est-à-dire nous, banquiers, nous devons modifier
26:02 les réglementations des bancaires pour que les banques ne fassent pas faillite.
26:09 – Oui, mais il existe quand même des accords publics internationaux,
26:13 par exemple, BAL 3.
26:15 – Oui, mais ils s'en fichent.
26:17 De toute façon, les accords BAL 3 sont complètement modifiés.
26:25 Donc BAL 3 n'applique pas, ne fait pas appliquer aux banques
26:31 les règles comptables normales IFRS.
26:36 Donc c'est des milliers de pages de réglementation
26:41 qui ont été édictées, adoptées,
26:46 et qui ne respectent pas, en fait, les réglementations normales des entreprises.
26:53 Et peu de gens comprennent ce problème-là.
26:56 Les entreprises normales sont obligées de respecter les règles IFRS,
27:00 mais par contre, les banques ont réussi à imposer des réglementations
27:07 qui sont différentes.
27:08 Donc c'est ce que l'on vient de voir.
27:09 Normalement, les banques devraient évaluer leurs actifs au prix du marché.
27:14 Elles ne le font pas.
27:15 Elles appliquent une réglementation différente
27:18 qui est en fait le résultat des volontés des banques.
27:22 Et donc vous parliez de BAL 3.
27:25 Qui est-ce qui va négocier à BAL 3 ?
27:27 Les banques, les dirigeants des banques,
27:30 Daimond et puis d'autres également,
27:32 et puis les dirigeants de la Fed, etc.
27:35 Un certain nombre de personnes.
27:36 Et le public, qui représente l'intérêt du public ?
27:40 Personne.
27:41 – Personne.
27:41 Mais vous savez, il y a en Europe ce qu'on appelle une commission européenne
27:48 qui est peuplée de gens qui n'existent pas électoralement.
27:52 Et pourtant, ils décident de tout.
27:54 Donc c'est un peu la même chose finalement.
27:57 Alors Jean-Pierre, nous sommes pas loin de la moitié de cet entretien
28:04 dans lequel vous nous avez très bien montré
28:07 ce qu'était la réalité de la comptabilité des entreprises,
28:12 des comptes des entreprises bancaires.
28:16 Cependant, je suis quand même frappé d'une chose,
28:20 c'est que pour l'instant, il ne se passe rien.
28:24 Il y a une certaine résilience des banques, comme on dit aujourd'hui.
28:27 Et qu'on nous dit que ça peut exploser.
28:32 Et en fait, vous avez bien démontré leur fragilité.
28:35 Mais rien ne se passe.
28:37 Tant mieux ou tant pis, je ne sais pas.
28:39 – Alors oui, rien ne se passe effectivement, comme vous le dites.
28:42 Parce que déjà, ils ont modifié, fait modifier depuis plusieurs années
28:48 les réglementations bancaires,
28:49 de façon à ce que les banques ne fassent pas faillite.
28:52 Et elles ont failli tomber.
28:55 – Elles ont failli faire faillite ?
28:57 – Elles ont failli faire faillite, effectivement.
29:00 En 2011, par exemple, ou en 2012, les banques françaises,
29:03 comme on va le voir, étaient en très très mauvaise position.
29:06 Donc ils ont réussi pour l'instant à modifier les réglementations
29:11 de façon à ce que les banques ne fassent pas faillite.
29:14 Donc ça marche.
29:15 Ça marche mal, parce que c'est la raison pour laquelle,
29:19 je vous l'ai dit, les clients des banques qui veulent retirer de l'argent
29:24 n'arrivent pas à le faire, alors que c'est leur propre argent.
29:27 Donc votre belle-sœur, qui est américaine,
29:30 peut retirer de l'argent aux États-Unis de la banque où elle se trouve.
29:36 Mais en France, elle ne peut pas récupérer son argent.
29:39 Alors, nous allons faire une pause, et après la pause,
29:43 nous allons reprendre nos investigations en compagnie de notre ami Jean-Pierre,
29:49 parce qu'il nous éclaire quand même bien
29:52 sur certaines réalités qui sont ignorées des Français.
29:55 [Générique]
29:59 Alors Jean-Pierre Chevalier, pour continuer dans la compréhension
30:03 de ce qui se passe dans le milieu bancaire,
30:06 nous avons assisté à une montée des dépôts,
30:10 une augmentation des dépôts grâce au quoi qu'il en coûte,
30:14 aux États-Unis et en Europe, et puis à une chute depuis 2022-2023,
30:23 cette chute apparaît sur le graphique derrière nous.
30:28 Que se passe-t-il ? C'est tout à fait inédit.
30:30 Une baisse des dépôts, c'est quand même quelque chose d'assez rare.
30:34 Oui, ça ne s'est jamais produit.
30:36 Donc là, pour analyser la baisse des dépôts,
30:39 on est obligé d'aller aux États-Unis, en quelque sorte,
30:43 par Internet tout simplement.
30:44 Allons-y.
30:45 Donc pourquoi ? Parce qu'il n'existe pas de statistiques fiables en Europe
30:50 et encore moins en France à ce sujet.
30:53 Par contre, aux États-Unis, on implique de mesure,
30:55 on récupère toutes les statistiques que l'on veut.
30:58 Alors on voit très clairement,
31:01 donc il y a une statistique qui est importante,
31:04 c'est le dépôt, je crois, dommadaire des banques depuis 1973.
31:10 Donc depuis 1973, c'est-à-dire plus de 50 ans,
31:14 qu'est-ce qui se passe ? Les dépôts augmentent petit à petit
31:19 parce que les banques ont de plus en plus de clients,
31:21 les clients ont de plus en plus d'argent, plus l'inflation, etc.
31:25 Donc les dépôts augmentent toujours.
31:28 Et ensuite, que s'est-il passé ?
31:30 Eh bien à partir de 2020, avec cette histoire de coronavirus,
31:36 qu'est-ce qui s'est passé ?
31:38 Les autorités partout, donc en Amérique du Nord, en Europe,
31:43 ont interdit aux gens de travailler,
31:45 mais ils leur ont donné de l'argent en contrepartie.
31:48 Et on voit effectivement, les dépôts augmentent.
31:53 Bien sûr, parce que les gens ont de l'argent,
31:55 ils ont reçu de l'argent, et puis comme ils étaient confinés,
31:58 ils ne pouvaient pas sortir, ils ne pouvaient pas dépenser leur argent.
32:01 Donc les dépôts bancaires ont augmenté,
32:03 on leur a donné de l'argent, c'est-à-dire qu'ils ont reçu de l'argent
32:06 sur leur compte courant,
32:08 et les entreprises aussi ont reçu des subventions.
32:12 Donc jusqu'en 2022, en février 2022,
32:17 et à partir de 2022, ça baisse.
32:19 – On va très bien derrière nous, je crois.
32:21 – Donc sur ce premier graphique,
32:23 on voit tout le déroulement des dépôts depuis 1973,
32:29 mais depuis 2022, il y a une baisse des dépôts des banques américaines.
32:35 – 1000 milliards, vous dites ?
32:36 – Pratiquement 1000 milliards.
32:38 1000 milliards de baisse, c'est énorme !
32:40 Entre le mois d'avril 2022,
32:46 jusqu'à le mois de février 2023.
32:51 Donc en un an, 1000 milliards de dollars
32:55 sont sortis des banques, des dépôts bancaires aux États-Unis.
33:00 – Alors, deux questions,
33:02 ça ne doit pas arranger les affaires des banques, ça ?
33:04 – Oui.
33:04 – Et deuxièmement, où passent les dépôts retirés ?
33:06 – Alors, où passent les dépôts retirés ?
33:08 Alors là, c'est quelque chose qui est très intéressant aux États-Unis,
33:12 parce que les Américains ne sont pas comme les Français,
33:14 ils comprennent que la situation des banques n'est pas bonne
33:18 et qu'elle risque de tomber en faillite.
33:20 – Eh oui, les Américains ont la banque dans le sang.
33:22 – Ben oui, ils comprennent quand même bien certaines choses.
33:25 Alors, ils craignent que la banque
33:29 dans laquelle ils ont placé leur argent tombe en faillite,
33:32 et dans ce cas-là, qu'est-ce qui se passe ?
33:33 Ben, ils n'auront plus d'argent.
33:34 – Oui, comme les clients du Crédit Suisse,
33:37 qui ont perdu 14 milliards de francs suisses d'épargne.
33:41 – Ben oui, c'est très ennuyeux, évidemment.
33:45 Donc il existe des solutions pour ce qui concerne les entreprises.
33:50 Donc ça s'est passé, par exemple, l'ASBB, la Silicon Valley Bank,
33:55 avait comme clients des entreprises et des milliardaires.
33:59 Donc les milliardaires qui étaient dirigeants des entreprises,
34:02 des start-up en question, se sont dit,
34:04 ils ont retiré leur argent de la Silicon Valley Bank,
34:08 elle a fait faillite, et par contre, où ont-ils mis l'argent ?
34:12 Ils ont mis l'argent dans les fonds mutuels de trésorerie américains.
34:17 – Ce que les Américains appellent Money Market Mutual Funds, c'est ça ?
34:21 – Oui, voilà, exactement.
34:22 – La courbois la voit derrière nous.
34:24 Et alors, c'est quoi ces fonds ? Ce ne sont pas des banques ?
34:29 – Alors, ces fonds de trésorerie, donc il y a presque 1000 milliards de dollars
34:34 qui sont passés depuis le mois de février 2023,
34:42 qui sont passés dans ces fonds mutuels de trésorerie.
34:48 Et ces fonds mutuels de trésorerie ne sont pas des banques,
34:51 ce sont des établissements financiers qui reçoivent de l'argent,
34:54 généralement de l'entreprise, donc c'est de l'ordre du milliard de dollars en général,
34:59 et ces fonds mutuels de trésorerie utilisent cet argent
35:04 pour acheter des bons du trésor américain à court terme,
35:08 à un mois, trois mois, six mois, un an.
35:10 Donc c'est très astucieux parce que de cette façon, les clients américains,
35:17 les banques, enfin les clients richissimes, milliardaires, multimilliardaires,
35:22 et les entreprises, on dépose leur argent dans ces fonds mutuels,
35:29 et ces fonds mutuels utilisent cet argent en achetant des bons du trésor américain
35:35 à court terme, c'est-à-dire qu'ils sont certains d'être remboursés
35:39 dans un mois, trois mois, six mois, un an, donc il n'y a pas de problème.
35:43 – Ce sont en fait des bons de trésorerie du trésor américain.
35:45 – Du trésor américain, et ces bons sont rémunérés à 5%.
35:49 – Ah oui.
35:50 – Donc ils gagnent sur les deux tableaux, c'est-à-dire qu'ils sont certains
35:54 que leur argent est en lieu sûr pendant un certain nombre de mois,
36:00 et qu'ils leur rapportent 5%.
36:01 – Parce que ces fonds mutualistes ne sont pas des banques,
36:06 donc elles ne prêtent pas cet argent.
36:08 – Elles ne prêtent pas cet argent, non, elles transforment,
36:11 dès qu'elles reçoivent un dollar ou un milliard de dollars,
36:15 elles vont acheter des bons du trésor.
36:16 – D'accord, ça peut expliquer la crise des banques aussi, ça ?
36:19 – Bien sûr, c'est pour ça que SVB a fait faillite.
36:22 – Ah oui, d'accord.
36:23 – Donc si les Américains, les entreprises américaines
36:27 peuvent retirer leur disponibilité, leur cash, comme le mot utilisé aux États-Unis,
36:35 dans ce cas-là, les banques, c'est comme les banques françaises,
36:38 elles tombent en faillite.
36:42 Elles n'ont pas suffisamment, évidemment, de capitaux propres,
36:45 même s'elles ont plus de capitaux propres que les banques françaises.
36:48 – Alors Charles Gave, que nous avons souvent reçu sur ce plateau,
36:53 s'inquiète justement de l'évolution des problèmes de marché obligataire,
37:00 parce que, comme vous l'avez dit, les taux d'intérêt sont servis à 5% aujourd'hui,
37:04 mais les anciennes obligations, elles sont servies à 0,5%, quelquefois 0,5%.
37:09 Donc, vous l'avez dit aussi, toutes les vieilles obligations, on va s'en débarrasser.
37:16 – Oui, les pertes sont importantes, je crois qu'elles sont évaluées,
37:22 elles ont été évaluées officiellement par la Fed ou une agence américaine
37:27 à 500 milliards de dollars au 30 juin de cette année.
37:33 Et un universitaire américain vient d'actualiser les choses,
37:37 c'est aux alentours de 700 milliards de dollars de pertes non comptabilisées par les banques.
37:46 – Alors, qui perd dans l'affaire, les banques ou les épargnants ?
37:48 – C'est-à-dire, le problème est assez complexe,
37:53 parce que ce sont des pertes qui ne sont pas comptabilisées,
37:56 mais qui correspondent à la réalité.
37:58 C'est-à-dire que si les banques sont obligées de vendre ces bons du trésor,
38:03 elles vont perdre 700 milliards de dollars.
38:06 Donc, beaucoup de banques vont être en faillite,
38:08 c'est la raison pour laquelle Daimond a dit "oui, des banques risquent de faire faillite".
38:14 Donc, qu'est-ce qu'il faut faire ?
38:15 Il aurait dû dire qu'il faudrait que les banques fassent moins de bêtises
38:20 et qu'elles gèrent mieux leur argent, qu'elles prêtent moins d'argent,
38:23 qu'elles aient plus de capitaux propres et qu'elles n'aient pas d'engagement sur les produits dérivés, etc.
38:30 – Trop important.
38:31 – Non, il dit "on va changer, on va modifier les réglementations".
38:34 – Donc, il ne s'agit pas de moraliser la pratique, mais de changer les règles.
38:38 – Oui, ils changent les règles, mais dans leur sens.
38:41 – Oui, bien sûr.
38:42 – Et c'est exactement ce qu'il ne faut pas faire.
38:44 – Alors, les marchés sanctionnent les banques,
38:46 par leur cotation quand même sur les marchés, justement.
38:50 On voit quand même, alors pour revenir à nos chères banques,
38:54 BNP, Paribas, par exemple, Crédit Agricole ou Société Générale,
39:00 les actions de ces entreprises,
39:04 là, le marché financier se rend bien compte de la difficulté puisqu'elle décote.
39:09 – Oui, alors, tout ce que je viens de vous dire,
39:13 en général, les Français ne comprennent pas.
39:15 Oui, mais je ne suis pas le seul, évidemment, à faire ces analyses-là.
39:20 Toute personne normalement constituée qui travaille en matière boursière,
39:25 bancaire, financière et tout, connaît très bien ce que je viens d'expliquer,
39:30 et ils se méfient des banques.
39:32 Et que se passe-t-il ?
39:34 Ces banques sont cotées en bourse, et dans ce cas-là,
39:37 les investisseurs retirent leur argent de ces banques,
39:41 ou tout au moins, ils ne placent pas,
39:43 ils n'investissent pas dans les actions de ces banques.
39:46 Alors, BNP, par exemple, l'action de BNP valait 60 euros,
39:53 donc, au début des années 2000.
39:57 Et actuellement, c'est au même niveau.
40:03 – Sauf qu'il y a eu une inflation depuis.
40:04 – En 20 ans, il y a eu beaucoup d'inflation,
40:07 donc les 60 euros d'il y a 20 ans…
40:10 – Ne valent pas ces deux-là, oui, bien sûr.
40:13 – Oui, enfin, les 60 euros actuellement ne valent pas les 60 euros de 20 ans plus tôt.
40:18 Et même, quand ça va mal, le cours tombe encore beaucoup plus bas,
40:25 il est tombé à 25 euros à deux reprises en 2008 et en 2011-2012.
40:31 – Alors pour la Société Générale, c'est encore pire.
40:33 – Pour la Société Générale, c'est pire, effectivement.
40:35 – On le voit derrière nous, là.
40:37 En 2007, elle était montée à 140, à peu près.
40:43 Elle est aujourd'hui à 23 euros.
40:44 – Oui, 23 euros, et 60 euros au début des années 2000.
40:49 Donc, en une vingtaine d'années,
40:52 le cours de la Société Générale en euros a perdu les deux tiers.
41:00 – Bon. Et alors si on va voir les banques américaines, comment elles font, elles ?
41:03 – Alors pour ce qui concerne les banques américaines,
41:05 par exemple, le JP Morgan, le cours de l'action JP Morgan
41:10 était aux alentours de 50 dollars jusqu'en 2013, en fluctuant.
41:14 – En effet.
41:15 – Et depuis 2013, le cours a augmenté d'une façon très importante
41:20 pour remonter jusqu'à 172 dollars.
41:24 Donc, il y a eu une multiplication par trois du cours de la bourse de JP Morgan
41:30 en dix ans, pratiquement moins de dix ans.
41:33 – Alors on voit le graphique derrière nous.
41:36 C'est accablant pour les banques françaises, quand même.
41:39 – Oui, le bilan, enfin le résultat de l'observation de l'évolution des cours
41:44 de ces banques françaises est absolument catastrophique.
41:49 – Alors, on a parlé souvent de faillite.
41:51 Que pensez-vous alors du Fonds de garantie des dépôts de résolution, le FGDR,
41:58 qui permettrait de rembourser les clients d'une banque qui ferait faillite ?
42:01 Je parle pour l'Europe, bien sûr.
42:03 – De toute façon, ils n'ont pas d'argent.
42:06 – Vous voulez dire que le Fonds de garantie n'est pas provisionné ?
42:10 – Non, il n'y a pratiquement rien du tout.
42:13 Et donc, c'est catastrophique.
42:17 Par contre, il existe une réglementation en cas de faillite bancaire.
42:22 Donc, c'est celle qui a été appliquée en Grèce et à Chypre,
42:26 il y a un certain nombre d'années.
42:28 Donc, si une grande banque française ou autre fait faillite en Europe,
42:34 ça risque de se passer très mal.
42:38 C'est pour ça que Daimond dit "c'est pas terrible".
42:41 – Oui, oui.
42:42 – Donc, c'est pas terrible, c'est-à-dire que c'est absolument catastrophique
42:45 si des grandes banques font faillite.
42:48 Donc, aux États-Unis, il y a quand même eu trois grandes banques
42:50 qui ont fait faillite récemment.
42:52 Les deuxième, troisième et quatrième plus grandes banques américaines
42:56 qui ont fait faillite au mois de mars dernier.
42:58 Donc, ils ont été sauvés, en grande partie d'ailleurs,
43:01 pour faire face à la public banque par Zippe, Morgan et Daimond lui-même.
43:08 – Alors, Jean-Pierre Chevalier, nous avons parcouru avec attention
43:12 votre analyse des comptes bancaires.
43:15 Mais nous n'oublions pas que nous avons un petit banquier
43:19 à la tête de l'État qui vient de la banque Rothschild.
43:23 Et nous allons faire une petite incidence sur la politique française
43:26 parce que vous revenez sur la transaction Nestlé-Pfizer.
43:33 Pfizer vendait son département nourriture enfantine à Nestlé.
43:38 Et Macron, chez Rothschild, était l'homme intermédiaire.
43:45 Alors, ça a donné quel résultat ?
43:47 – Alors, je l'avais dit dans une ou deux émissions, d'ailleurs, précédentes.
43:53 – Biche répétitive à plaquer.
43:54 – Donc, le deal en question, l'accord, portait sur 10 milliards de dollars.
43:59 Donc, c'était un accord normal.
44:00 Donc, Nestlé a acheté cette division de Pfizer
44:04 pour un montant de 10 milliards de dollars, grosso modo.
44:08 Et dans ce cas-là, que se passe-t-il ?
44:09 Il passe toujours par l'intermédiaire d'une autre banque,
44:13 d'un établissement financier, d'une banque, en l'occurrence,
44:16 c'était Rothschild.
44:17 Et Rothschild développe donc toutes les négociations,
44:25 règle tous les détails de cet accord.
44:28 Et donc, ça coûte très cher,
44:29 parce qu'il y a beaucoup de gens qui travaillent, etc.
44:32 C'est très compliqué.
44:33 – Les entreprises externalisent, finalement.
44:35 – Oui, ils externalisent tout.
44:37 Rothschild n'a pas de spécialiste
44:39 en matière de nutrition alimentaire pour les enfants, et tout.
44:44 Et donc, la banque qui fait l'intermédiaire dans ces accords-là
44:50 reçoit une commission, et cette commission, comme je l'avais dit,
44:54 est toujours supérieure à 1% et inférieure à 2% du montant de l'accord.
45:04 Et en fait, j'ai lu le rapport financier de l'année
45:10 au cours de laquelle cet accord a été réalisé.
45:13 Et d'après le rapport financier publié par Rothschild,
45:17 parce que Rothschild était une banque qui était en bourse…
45:21 – Avait l'obligation, donc.
45:22 – Avait l'obligation, donc, de déclarer le montant des transactions
45:28 et ses commissions.
45:29 Et on a, en faisant le calcul de tous ces éléments-là,
45:35 une commission de 1,5%, 1,5%.
45:38 – Oui, mais sur 10 milliards, ça fait pas mal, ça.
45:40 – Oui, ça fait.
45:41 – Ça fait 150 millions.
45:42 – 150 millions de commissions.
45:45 – Oui, c'est bien.
45:46 – Ça paraît beaucoup.
45:47 Ben oui, mais il y a beaucoup de gens à payer là-dedans.
45:48 Il y a des experts qui interviennent, etc.
45:51 – Oui, mais alors, le commissionnaire, le commissaire, M. Macron…
45:55 – Celui qui a dirigé toutes les négociations,
45:59 lui, reçoit une commission qui est comprise
46:02 entre 10 et 30% de la commission reçue par la banque.
46:07 – Alors 10% de la commission de la banque, c'est-à-dire 150 millions.
46:12 – Bon, ben ça fait 15 millions.
46:14 – 15 millions, ça c'est le minimum.
46:16 Donc, lorsqu'un accord a été résolu plus ou moins bien,
46:21 quand ça a traîné un petit peu,
46:23 quand c'est pas terrible,
46:25 quand la négociation n'a pas été vraiment très positive,
46:31 donc il aurait dû recevoir 15 millions.
46:35 Et au mieux, c'est 45 millions, trois fois plus.
46:38 Donc, un certain M. Emmanuel Macron,
46:41 c'était publié dans le rapport financier d'Eurotrude,
46:46 je ne l'invente rien, je ne fais que lire
46:48 et utiliser le rapport financier d'Eurotrude.
46:51 Donc il a touché de toute façon entre 15 et 45 millions d'euros, de dollars.
46:58 – Je vais vous poser une question vicieuse, évidemment.
47:00 Où sont passés ces millions ?
47:01 Puisqu'elles n'apparaissent pas dans ses comptes de campagne, nulle part.
47:04 Dans ses déclarations de patrimoine, on ne le voit pas.
47:07 Qu'en a-t-il fait, voyons ?
47:08 Il en a fait don au restaurant du cœur, certainement, non ?
47:10 – Ça m'étonnerait, je ne crois pas, ils ont des difficultés.
47:13 Non, l'argent, alors l'accord a été conclu,
47:17 c'est indubitable, entre M. Emmanuel Macron
47:20 et puis, je ne sais pas qui d'autre, la banque Rothschild.
47:23 Donc il y a un tout petit nombre de personnes qui est au courant.
47:26 Combien a-t-il reçu ?
47:30 On ne sait pas, ça doit être aux alentours,
47:31 de toute façon, c'est dans les 30 millions.
47:35 Et ces 30 millions…
47:36 – On est content pour lui.
47:37 – Ils sont partis, ils sont partis, d'après ce que beaucoup de gens disent,
47:42 du côté du Luxembourg, et puis ensuite,
47:45 ils ont dû aller du côté des îles anglo-normandes, et puis…
47:50 On ne voit plus rien.
47:51 De toute façon, vous pouvez chercher, même n'importe quel policier…
47:56 – Que chez Trakwin ?
47:58 – Rien du tout, évidemment.
48:01 N'importe quel policier ou magistrat spécialisé en matière financière bancaire
48:07 ne trouvera rien du tout.
48:09 Ils ont fait tout disparaître.
48:11 Et le pire, c'est que cet argent n'est pas parti n'importe où.
48:15 Il y a quelques personnes qui suivent tout cet argent,
48:19 et cet argent va repartir dans d'autres poches.
48:23 – Oui, d'accord, je vois.
48:24 – Donc, je crois avoir entendu dire que M. Emmanuel Macron
48:29 a réussi à attirer à lui des gens de gauche, des gens de droite,
48:34 des gens de ci, de là, de non-politique, etc.
48:38 Il a eu beaucoup de succès.
48:40 Donc, la pompe à finances a été…
48:44 C'est comme un moteur diesel pour les gros engins.
48:47 Il faut chauffer, il faut préchauffer pour fermer le moteur pour que ça parte.
48:53 Donc, là, il lui a fallu une trentaine de millions d'euros
48:58 pour faire partir la machine, et puis c'est parti, effectivement.
49:02 – La machine électorale.
49:03 – Oui, la machine électorale a très bien fonctionné, donc tout se passe bien.
49:07 – Il y a une chose, c'est que, incidemment,
49:10 nos téléspectateurs ne l'auront peut-être pas remarqué,
49:12 mais vous avez dit, Rothschild communiquait ses comptes,
49:16 mais ne les communique plus. Pour quelle raison ?
49:19 – Oui, alors là, c'est très drôle, parce que je vous ai dit déjà deux fois,
49:23 donc ça fait deux ans, je crois, ce que je viens de vous dire.
49:28 Oui, mais personne n'a réagi.
49:30 Il n'y a que Pierre Jovanovic et Philippe Erlin, je crois,
49:32 qui ont retweeté ou relayé cette information, puis c'est tout.
49:38 – Oui, c'est vrai.
49:38 – Personne d'autre.
49:40 Par contre, si, il y en a d'autres qui ont compris l'importance de cela.
49:44 – Mais c'est les Rothschild.
49:45 – Ce sont les Rothschild, les dirigeants de la banque Rothschild.
49:48 Mais ils se sont dit, c'est grave cette situation-là,
49:51 la banque Rothschild est cotée en bourse.
49:54 Donc le premier imbécile venu qui sait lire un rapport financier
49:59 est capable de montrer qu'il y a eu une faute fiscale
50:04 de l'ordre d'une trentaine de millions d'euros.
50:08 Donc, qu'est-ce qui va se passer ? Pour l'instant, ils sont tranquilles.
50:12 – Alors si je comprends bien, vous avez été le premier idiot venu.
50:15 – Oui, voilà.
50:16 – En toute gentillesse, bien sûr.
50:17 – Bien sûr.
50:18 – Mais vous faites votre métier.
50:19 – Mais oui.
50:20 Et alors, eux, les Rothschild, enfin, les dirigeants de la banque Rothschild,
50:24 je ne sais pas qui exactement, ils ont très bien compris cela.
50:26 Qu'est-ce qu'ils ont fait ?
50:27 Ils ont retiré la banque de la cotation.
50:31 – Elle n'est plus cotée, oui.
50:32 – Elle n'est plus cotée depuis quelques mois.
50:36 Et pourquoi ?
50:36 Parce que pour l'instant, ça passe.
50:40 Et il n'y a pas eu de problème.
50:41 Parce que je crois que M. Emmanuel Macron a été…
50:44 – Réélu.
50:45 – Réélu et réélu.
50:48 Et le patron du pôle financier, il est désigné par qui déjà ?
50:55 – Par M. Emmanuel Macron.
50:56 – Le président de la République.
50:58 – Oui, d'accord.
50:59 – Donc, oui, mais dans dix ans, qu'est-ce qui va se passer ?
51:02 – Bon ben, j'espère que ce sera avant dix ans, quand même.
51:04 – Non, mais dans dix ans, on ne sait pas qui sera président de la République,
51:07 on ne sait pas qui sera au pouvoir.
51:10 Donc c'est la raison pour laquelle les dirigeants de Rothschild ont dit
51:15 "Nous, nous retirons de la bourse, de cette façon,
51:18 plus personne ne pourra connaître nos comptes
51:21 et plus personne ne pourra venir nous embêter".
51:25 – Alors, merci pour ces informations, mon cher Jean-Pierre.
51:32 Nous avons, en votre compagnie, parcouru les profondeurs cachées des comptes bancaires,
51:40 mais vous, vous êtes un homme qui va dans les hauteurs.
51:44 Vous êtes un montagnard.
51:46 J'aimerais terminer cette émission sur l'évocation de votre passion,
51:53 c'est-à-dire que vous escaladez encore les sommets,
51:56 à un âge qu'on peut considérer comme assez respectable, disons,
52:02 et nos téléspectateurs vont vous voir sur des sommets alpins,
52:07 à des altitudes assez élevées,
52:08 parce que vous avez cette passion de l'alpinisme.
52:13 C'est étrange, c'est assez magnifique de voir que vous êtes capable de vous perdre,
52:19 enfin, de nous guider, pardon, dans les comptes des banques
52:22 et que vous allez sur des sommets ensuite.
52:26 D'où vous vient ce… ?
52:27 – J'ai toujours aimé ça, donc il y a un sommet dans le massif de Chamonix
52:32 qui s'appelle le Mouane,
52:34 et qui se trouve en plein milieu du massif, qui est absolument magnifique.
52:38 Je l'ai fait il y a 61 ans et j'ai recommencé,
52:41 donc j'y suis retourné au début octobre.
52:46 – On voit la photo derrière nous, on vous voit au sommet.
52:49 – C'est absolument magnifique, ce n'est pas difficile,
52:52 c'est une voie de PD, c'est-à-dire de pas difficile.
52:55 – Oui, j'avais compris.
52:57 – C'est très simple, finalement, il suffit de pas difficile.
53:00 – Non mais vous êtes encordé quand même.
53:02 – Oui, on est encordé, bien sûr, parce que piolets, casques, etc.,
53:06 tout le matériel, parce que bon, c'est quand même dangereux,
53:08 il faut savoir faire, il faut avoir un minimum de compétences
53:12 en matière d'alpinisme et puis avoir la forme physique.
53:15 – Oui, c'est ça, vous avez la forme intellectuelle et la forme physique,
53:18 les deux, comme vous nous l'avez démontré,
53:21 dans ces investigations bancaires.
53:23 Eh bien, chers téléspectateurs,
53:24 j'espère que les travaux de Jean-Pierre Chevalier
53:29 auront pu vous éclairer sur ce qui se passe dans les banques
53:33 et aussi sur les informations que peuvent nous donner
53:36 des gens comme Charles Gave ou des gens comme Pierre Jovanovic.
53:41 – C'est moi qui vous remercie de m'avoir invité à cette émission.
53:46 – Merci beaucoup Jean-Pierre Chevalier
53:48 et chers téléspectateurs, nous vous disons à très bientôt.
53:52 [Musique]
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