- il y a 2 ans
Les Vraies Voix avec Philippe Bilger, Françoise Degois, Sébastien Menard et Charles Malinas, ancien ambassadeur de France en Centrafrique (auteur du livre “Un intermède centrafricain, la France en Centrafrique 2013-2016” aux éditions l’Harmattan).
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00:00 Les vraies voix Sud Radio, le code projecteur des vraies voix.
00:04 Et donc au Niger, le départ de 1400 soldats français va commencer dès cette semaine,
00:08 plus de deux mois après le coup d'état à Niamey.
00:10 La France cesse toute coopération sur place.
00:12 Emmanuel Macron avait déjà annoncé le retrait total des troupes d'ici la fin de l'année,
00:17 comme l'exigeaient les nouvelles autorités putschistes.
00:19 Elles ont obtenu ce départ de l'ambassadeur français en tout cas.
00:23 Et notre invité pour en parler, Charles Malinas, ancien ambassadeur de France en Centrafrique,
00:28 est auteur de ce livre "Un intermède centrafricain, la France en Centrafrique 2013-2016"
00:33 aux éditions de l'Armatan.
00:35 Merci monsieur l'ambassadeur d'être avec nous.
00:38 Philippe Bilger, cette décision qui est un peu de la nôtre mais pas de la nôtre,
00:44 ça y est, elle est définitive.
00:45 Oui, alors je vais me permettre d'intervenir en posant d'une certaine manière
00:53 aussi la question à monsieur l'ambassadeur.
00:56 Comme je ne suis pas un spécialiste de géopolitique, je vais aborder des généralités.
01:01 Je constate en effet que la France doit partir, qu'il y a un sentiment de méfiance,
01:09 voire d'hostilité forte à l'égard de la France.
01:13 Et j'aimerais tout à l'heure, Cécile, Philippe, que monsieur l'ambassadeur veuille bien me dire
01:19 s'il considère que c'est le résultat d'une politique africaine qui a été mal élaborée,
01:28 mal accomplie, ou si c'est inévitable compte tenu du contexte actuel.
01:35 - Françoise de Gaulle.
01:36 - Moi je suis toujours frappée de voir ces désengagements.
01:39 J'ai eu la chance, j'étais à Bamako en 2013 avec évidemment le président de la République,
01:44 parce que c'est un acte fort quand en fait l'armée française empêche Bamako de tomber
01:49 et de tomber aux mains des islamistes.
01:51 Mon sentiment, bien sûr, je vais enfoncer des portes ouvertes et dire que nous reculons.
01:56 Je pense que c'est à double détente.
01:57 Nous avons une part de responsabilité probablement,
01:59 et monsieur l'ambassadeur le dira mieux que moi,
02:02 probablement dans la façon dont nous avons continué d'aborder ces pays,
02:06 même avec une aide au développement.
02:07 Il y a peut-être une façon de les aborder, y compris sur le plan industriel,
02:11 qui n'a pas été bien faite.
02:13 Et puis le travail au corps de grandes puissances comme la Chine ou comme la Russie.
02:18 Mais l'ambassadeur, qui est un africaniste, j'en suis sûr,
02:22 saura mieux dire que moi sur l'évolution des opinions.
02:25 Ce qui me revient en tout cas moi du Mali et de Bamako,
02:27 c'est une forme de regret presque qui commence un peu à s'installer
02:32 des Français en réalité.
02:35 Et là, si vous voulez, je pense qu'on est dans un monde qui bascule.
02:39 On a une partie du monde qui considère que en fait en gros l'Occident a profité de tout
02:44 et qu'il est temps qu'on se regroupe pour rééquilibrer la balance.
02:47 Voilà, je crois quand même que c'est une chose très mauvaise sur le plan,
02:53 en tout cas même de la lutte contre l'islamisme, mais c'est une chose naturelle.
02:56 - Sébastien Ménard et ensuite Charles Malikès.
02:57 - Oui, en fait, moi je ne suis pas un fin connaisseur,
03:00 mais j'ai eu la chance de voyager dans ces différents pays.
03:03 Je dis simplement que c'est une mauvaise nouvelle.
03:05 C'est une mauvaise nouvelle pour la paix.
03:08 Parce que ce qui attend, malheureusement,
03:11 je ne veux pas faire le sachant, mais ce qui attend souvent les populations locales,
03:16 c'est la mainmise de tribus belligérantes,
03:21 c'est la mainmise de poutchistes, c'est la mainmise de toutes celles et tous ceux...
03:25 - De vannères.
03:25 - Oui, et j'allais y venir.
03:27 De toutes celles et tous ceux qui finalement profitent du désordre.
03:31 Alors, je ne suis pas pour la France-Afrique,
03:33 je ne suis pas pour la présence française en Afrique,
03:36 ce n'est pas le sujet,
03:37 mais je préfère savoir des soldats français qui peuvent contenir le mal sur place
03:42 et aider les populations locales,
03:44 plutôt que laisser le mal se gangréner, se propager
03:48 et finalement traverser la Méditerranée.
03:50 C'est souvent ce qui se passe.
03:51 - Charles Malinas.
03:52 - Oui, alors il y a plusieurs questions, mais...
03:55 - Allez-y, allez-y, vous êtes là pour ça.
03:57 - ... qui sont essentielles.
03:58 Non, alors, d'abord sur ce qui se passe aujourd'hui,
04:00 je crois que ça a été évoqué par M. le bien-chér,
04:03 il y a un changement de contexte.
04:05 C'est-à-dire qu'il y a une vague que nous subissons,
04:09 que nous prenons en pleine face,
04:11 et qui naît de tas de sources,
04:16 y compris de mouvements anticoloniaux dans les pays occidentaux,
04:20 et qui se concentre sur le pays qui était là en appui des gouvernants.
04:29 Je crois que c'est le premier point.
04:31 C'est-à-dire que la France, dans ses pays de son ancien empire colonial,
04:36 pour faire court,
04:38 a une relation avec le pouvoir dans ses différents pays,
04:41 donc avec une partie des élites de ces différents pays,
04:45 je dirais, excessivement proche.
04:51 Voilà, premièrement.
04:52 - Oui, en gros, elle soutient tous les gouvernements de ces pays,
04:55 c'est ce que vous voulez dire, en langage...
04:57 - Elle ne soutient pas tous, mais elle a soutenu longtemps
04:59 des gouvernements ou des dirigeants qui avaient été...
05:02 qui étaient venus au pouvoir ou qui avaient gardé le pouvoir
05:04 de manière complètement illégitime.
05:06 - Bongo, par exemple, pour ne citer que lui, par exemple.
05:08 - Par exemple.
05:10 - Enfin, Bongo, père et fils, voilà.
05:12 - Oui, mais on voit qu'aujourd'hui, le putsch au Gabon,
05:16 finalement, a été accueilli pas si mal par Paris.
05:20 Voilà, on a dit que c'était pas bien,
05:22 mais enfin, bon, on n'a pas du tout la même attitude
05:24 avec le Gabon qu'avec le Niger, par exemple.
05:26 Ou alors au Tchad, où le fils du président des fins débits
05:30 prend le pouvoir de manière totalement inconstitutionnelle,
05:34 le président de la République, notre président de la République,
05:36 se rend, "Anja mena", pratiquement pour la douber.
05:40 Donc, si vous voulez, ça, c'est illisible,
05:44 et cette illisibilité fait qu'on est mal perçu.
05:48 Ça, c'est le premier point.
05:50 Le deuxième point, c'est qu'on est intervenu,
05:52 en particulier au Mali, non pas pour nous.
05:54 On n'est pas intervenu au Mali dans le cadre de ce rapport
05:56 de France-Afrique.
05:58 On est intervenu au Mali dans le cadre d'une opération
06:00 internationale de lutte contre le djihadisme.
06:02 D'accord ou pas d'accord.
06:04 Mais ce n'est pas la même chose.
06:06 Et la troisième chose que note, je crois,
06:08 Madame Decor, c'est qu'il y a un regret
06:12 chez des Africains, y compris chez des gens
06:14 qui sont opposés à la France.
06:16 Mais il y a un regret de cette forme d'abandon
06:18 que nous imposons, ce que nous avons fait
06:20 à Centrafrique, ou alors ce que nous venons
06:22 de faire au Niger, au Burkina et au Mali,
06:26 où on apprend que les artistes ne pourront plus
06:30 avoir de visa, Madame la Présidente,
06:32 je l'ai évoqué là-dessus, et les étudiants.
06:36 C'est-à-dire que tout ce qui permet de maintenir
06:38 des liens autres que des liens de domination,
06:42 eh bien nous le défaisons.
06:44 C'est complètement incompréhensible.
06:46 Intéressant, hein ?
06:48 Monsieur Lombard, je me souviens être allé dans
06:50 beaucoup de pays d'Afrique francophone
06:54 il y a des années, et j'avais été saisi
06:58 par le charme africain, si j'ose dire,
07:00 et par une qualité de relation exceptionnelle,
07:03 y compris avec les élites politiques.
07:06 Est-ce que vous croyez ces moments privilégiés
07:12 de possibles dans un retour à long terme ?
07:19 Ou est-ce que la cassure est nette ?
07:23 Je crois que la cassure, elle est avec la façon
07:27 dont nous avons procédé.
07:30 En revanche, si nous parvenons à établir
07:33 avec ces pays, et au cas par cas,
07:36 des relations, je dirais, comparables
07:38 avec celles que nous avons avec des pays
07:40 d'Afrique non francophone,
07:42 eh bien, ça n'empêche pas l'aide,
07:44 ça n'empêche pas la présence militaire,
07:47 si elle est souhaitée, si elle est utile,
07:49 au pays, et si elle est utile pas seulement
07:51 à la caste qu'il dirige, aux élites qu'il dirige,
07:55 et on peut rebâtir quelque chose.
07:57 Mais si on veut revenir à ce qui était avant,
08:00 je pense que ce serait une mauvaise chose.
08:03 Je pense que nous n'avons pas de débouché possible
08:05 de ce côté-là.
08:06 On part au 0826-300-300, notre vraie voix du jour.
08:09 Jean Noël, nous vous écoutons.
08:11 Oui, bonsoir. J'ai écouté.
08:13 Je ne suis pas un gros spécialiste de l'Afrique
08:15 et de cette partie du monde,
08:18 mais ma vision personnelle, elle n'engage que moi.
08:21 On fait tout faux depuis pas mal d'années,
08:25 parce qu'on ne respecte pas certains deals
08:27 avec les peuples africains et les gouvernements africains.
08:30 Si le peuple africain ne veut pas,
08:32 il ne faut pas leur imposer certaines choses.
08:34 Ensuite, moi, ce que je vois du Niger,
08:36 ce qui s'est passé un peu au Niger,
08:38 on se fait sentir un peu manu militari,
08:42 mais les Américains, sauf erreur de ma part,
08:44 je vais demander ça à Alex.
08:46 Charles Malinas.
08:47 Voilà.
08:48 Je crois que les Américains ont été plus malins que nous.
08:51 Ils ont envoyé un secrétaire d'État au Niger
08:53 afin de négocier pour laisser la base militaire américaine aux États-Unis.
08:58 Au Niger, pardon.
09:00 Et ils vont rester, ils vont laisser un pied.
09:03 Leur intérêt, c'est très important.
09:06 Et nous, par rapport à notre politique qu'on a africaine,
09:09 c'est-à-dire qu'on a voulu jouer un petit peu les matadors,
09:12 un peu les forts,
09:13 et aujourd'hui, c'est un continent en devenir.
09:15 Dans les décennies qui vont venir,
09:17 on va avoir une population très, très, très énorme.
09:19 Il va falloir jouer un petit peu,
09:20 ne pas prendre que ce qu'il y a de bon chez eux,
09:22 et ne pas prendre de mauvais.
09:24 Par contre, nous aussi, on doit avoir des mesures correctives
09:28 en disant, si on fait du bien, on a du bien,
09:30 on fait du mal, on a du mal.
09:31 On ne peut pas laisser tout faire non plus.
09:33 On ne peut pas se laisser mettre dehors comme des malpropres.
09:36 Et surtout, vous avez les Chinois
09:38 qui sont en train de tout cadenasser en Afrique,
09:42 à coups d'hôpitaux, les routes, tout ce qui s'en suit.
09:45 Même le sable, ils vont récupérer à terme.
09:47 Et ce que je veux dire par là, c'est que nous,
09:49 notre politique, on doit revenir avec nos diplomates,
09:52 nos ambassadeurs, nos gouvernements,
09:54 à une approche complètement différente.
09:56 Mais parfois, on est un petit peu présomptueux,
09:58 un petit peu orgueilleux,
09:59 et ne pas rester sur certains dits, certains choses.
10:01 Et faire des bêtises dans d'autres pays,
10:04 après Afrique, même du Maghreb, autre part,
10:06 on a fait de grosses bêtises pour ne pas dire autre chose,
10:08 et on en paie les conséquences aujourd'hui.
10:10 Mais je ne suis pas un grand spécialiste.
10:12 - C'est déjà pas mal, c'est déjà pas mal, sans Noël.
10:14 - On va faire un petit peu comme ça, que je vois les choses.
10:17 - M. l'ambassadeur, oui.
10:18 - Oui, Charles Malidas, pour répondre.
10:20 - Oui, alors, les Américains, et aussi les Chinois,
10:24 c'est-à-dire les puissances internationales,
10:27 Américains, Chinois, Russie,
10:30 sont présents en Afrique et mènent une politique en Afrique.
10:33 La position des Américains,
10:35 ou l'attitude des Américains au Niger,
10:37 est une attitude, je dirais, logique.
10:40 - Et pragmatique.
10:41 - Pragmatique.
10:42 - Pardon ?
10:43 - Pragmatique, pragmatique.
10:45 - Oui, pragmatique.
10:46 - Plus que nous.
10:47 - La logique dans les relations internationales,
10:50 c'est d'abord le pragmatisme.
10:52 On ne fait pas de sentiments dans les relations internationales.
10:55 - C'est vrai.
10:56 - Vous voyez, la réaction...
10:59 Moi, j'ai entendu une autorité locale de l'État dire,
11:04 ils ne peuvent plus avoir de visa,
11:07 mais tant mieux, avec ce qu'ils nous ont fait,
11:09 ils ne vont même pas vouloir venir chez nous.
11:11 Une autorité de haut niveau.
11:13 C'est typiquement le genre de choses qu'on ne peut pas faire.
11:17 On ne peut pas réagir avec des sentiments.
11:20 La position des Américains,
11:22 jusqu'à présent, la France était un peu le gendarme.
11:25 - De l'Afrique.
11:26 - Envoyé par...
11:27 Bon.
11:28 Et ça fonctionnait.
11:29 Mais si on ne revient pas,
11:32 ou si on ne parvient pas à aller vers une position
11:35 beaucoup plus froide, je dirais,
11:39 beaucoup plus pragmatique, si vous voulez,
11:42 les Allemands disent "zahli", donc matériel,
11:45 eh bien, on n'y arrivera pas.
11:47 Il y a eu un putsch au Niger.
11:49 C'est l'affaire des Nigériens.
11:51 - Merci beaucoup Charles Malinas.
11:53 On n'a plus le temps, c'est passionnant.
11:55 On va s'adonner "France en Centrafrique"
11:57 et auteur du livre "Un intermède centafricain",
11:59 "La France en Centrafrique", 2013-2016,
12:01 publié chez l'Armatan.