00:00 Place à l'invité Culture et Damien, ce matin vous recevez l'humoriste Lecomte de Bouderbala.
00:05 Monsieur Lecomte, bonjour. Bonjour Damien. Je peux vous appeler Samy par votre prénom ou pas ?
00:10 C'est mon nom. Vous venez nous présenter votre troisième spectacle qui cartonne.
00:16 Alors vous n'êtes pas embêté avec les titres des spectacles vous. Le premier c'était ?
00:20 C'était un, Lecomte de Bouderbala 1. Le deuxième, Lecomte de Bouderbala 2. Et la 3. Donc au moins c'est facile à retenir.
00:27 Le mec se prend pour Rocky, Rambo, Chauvin... Oui, j'allais vous le dire.
00:30 Mais vous avez un peu le physique, on en parlera évidemment, c'est le physique du sportif.
00:34 C'est un spectacle plus personnel que les précédents, Samy, plus intime, plus interactif.
00:39 Mais pour autant, vous n'avez pas perdu votre mordant. Voici un extrait. Même si on l'adore, il vous agace.
00:46 Pour ne faux, mais regardez.
00:48 Thomas Pesquet, l'astronaute. Tu vois de qui je parle ? Monsieur Parfait, le meilleur d'entre nous.
00:54 Lui, je peux plus me le voir lui. Oh c'est bon, il est beau, il est intelligent, il est optimiste, il est ouvert sur le monde.
01:00 Oh il est français ce mec là ? Il sait tout faire, il parle 16 langues, il va dans l'espace, il répare des trucs dans l'espace.
01:06 Je répare même pas un truc chez moi.
01:09 Mais imagine ta mère et sa mère et son copine, c'est pas un cauchemar pour toi ?
01:13 Toi lui il va dans l'espace, toi t'es un Renault Espace, t'es nul !
01:19 Mais fais quelque chose de ta vie de merde, tu nous fous la honte.
01:22 Oh ! Dès lundi je vais faire une formation accélérée d'astronaute.
01:28 C'est vrai qu'il est parfait ce Thomas Pesquet. Si on prend cet exemple, ça vous vient comment ?
01:33 Vous vous souvenez à quel moment l'idée de ce sketch est née ?
01:35 Oh la haine, la rage. La haine de la perfection.
01:39 Non en fait dans ce spectacle, j'aime bien m'attaquer entre guillemets aux icônes médiatiques.
01:43 Parce que c'est vrai que quand tu passes à la télé ou dans les réseaux sociaux et dans les médias en règle générale,
01:49 il y a une image d'homme parfait qu'on veut montrer et c'est tout ce qu'on n'est pas mine de rien.
01:54 Parce que dans la vraie vie, on a des problèmes, on n'est pas beau, les relations sociales sont compliquées.
02:02 Mais moi j'aime bien retirer ce truc-là, donc je m'attaque un petit peu à toutes ces icônes médiatiques que j'aime bien mine de rien.
02:09 Parce que Thomas Pesquet, ça a l'air d'être un bon gars.
02:12 Moi aussi je vous confirme, c'est un super bon gars.
02:14 On apprend plein de choses dans ce spectacle, vous êtes devenu papa.
02:16 C'est ça.
02:17 Deux enfants.
02:18 Deux enfants, grâce à une femme formidable que j'embrasse, qui m'a donné cette chance dans la vie.
02:25 Et donc du coup, famille recomposée.
02:26 Il vous dit que vous êtes passé de 1 à 6 puisque votre compagne avait déjà deux enfants.
02:29 C'est ça.
02:30 Ça change.
02:31 Oui, je suis passé du scooter au vianno.
02:33 Mais c'est bien, on n'a pas encore d'idée d'Xavier Dupont de Ligonnès, donc tout va bien.
02:41 Lui c'est l'inverse, c'est ça ?
02:43 Il est passé de 6 à 1.
02:47 Vous voyez, vous avez un peu la tonalité de ce spectacle.
02:51 Il y a plein de choses qu'on ne peut pas vous montrer parce qu'on est d'accord que les arts vivants et les spectacles, c'est sur scène.
02:55 Dès qu'on en sort des petits bouts, ça peut être un retombe.
02:58 On peut avoir des gros problèmes, Damien.
02:59 On est d'accord, Samy, et ce n'est pas le but.
03:01 Regardez votre écran s'il vous plaît, devant vous, on va jouer ensemble.
03:05 Si je vous montre ce petit photomontage animalier, qu'est-ce que ça vous évoque ?
03:10 Parce qu'on a bossé quand même.
03:11 Alors, un husky et un petit poney, disons qu'on peut résumer ça à ma carrière sportive.
03:17 Vous êtes trop fort.
03:18 C'est-à-dire qu'à droite, c'est mon physique, un petit poney dégueulasse, physique de marbrier.
03:23 Non, votre surnom.
03:25 C'est ça, c'était à l'époque du basket.
03:27 On va expliquer, Samy.
03:28 En fait, vous avez été basketeur professionnel avant d'être comédien humoriste.
03:32 Donc aux États-Unis, parmi les huskies, c'était le nom de ce club.
03:38 C'était l'université du Connecticut.
03:41 Et la preuve, c'est vous.
03:42 Ils ont été champion en titre cette année encore.
03:44 Donc en fait, c'est un des meilleurs programmes.
03:46 C'est ça, dès que je pars, ça marche.
03:48 C'est vrai, quand on a regardé votre bio au bureau, on s'est dit "mais c'est dingue quand même".
03:53 C'est-à-dire que vous, le petit Frenchie, vous êtes parti là-bas.
03:55 Pardon, mais vous n'êtes pas très grand.
03:57 Un mètre cube, un mètre cube, Damien.
03:59 Dégueulasse.
04:00 J'étais plus grand à l'époque.
04:02 Ils m'ont coupé les genoux suite à une mauvaise opération, une erreur médicale.
04:06 Mais d'ailleurs, il n'y a pas de souci.
04:08 Mais pour de vrai, vous faites quoi ? Un mètre 75 ?
04:10 C'est le capital de la fontaine, Sainte-Denis.
04:12 Non, je fais un 74.
04:14 J'ai gratté 2-3 centimètres sur le passeport.
04:16 Mais comment vous vous retrouvez parmi les Américains, cette équipe américaine, vous, le petit Frenchie ?
04:20 En fait, ça date de 15 piges, ça date de 15 ans.
04:24 Mais à l'époque, j'étais en pro, j'ai fait toutes les divisions en France, sauf la première, la meilleure, et ça ne marchait pas.
04:30 Donc, je décide de partir aux États-Unis pour étudier, via un programme d'échange universitaire,
04:36 et je me retrouve sur le campus de l'université du Connecticut.
04:39 Et un jour, petite coupe chez la coiffeuse, elle me pose des questions.
04:43 « Qu'est-ce que tu fais ? » « Je joue au basket. »
04:45 « Ah bon, pourquoi tu ne joues pas avec les Huskies ? »
04:47 Je n'ai pas de contact.
04:48 Elle appelle un des coachs, le coach me reçoit, il ne me prend pas,
04:52 il me met à l'essai de l'autre côté le lendemain, parce qu'il cherchait des gars en fond de banc, comme on dit,
05:01 et ils me prennent dans l'équipe.
05:03 Donc, je passe, on joue dans des stades de 50, 60 000 personnes, déplacement en jet privé,
05:09 on joue au Madison Square Garden, on gagne le titre de la conférence,
05:12 et à la fin de cette année de rêve, retour à Saint-Denis sur mes lits superposés.
05:16 Et c'est à l'issue de cette histoire de dingue que moi, j'ai voulu aller sur scène.
05:20 C'est ça qui m'a poussé à raconter toutes ces choses de fous qui m'arrivaient aux États-Unis, mais aussi en France.
05:26 Et c'est un peu le sujet de mes spectacles.
05:28 Le comparatif France-États-Unis dans le premier spectacle,
05:31 dans le deuxième spectacle, on est passé un peu à autre chose, dans le troisième aussi,
05:34 et c'est deux spectacles qui sont disponibles sur Amazon.
05:37 Et on embrasse Blanche.
05:40 Bien évidemment ! Ah oui, oui, Blanche Gardin, bien sûr.
05:43 Il est pour quelque chose, en un mot, Grand Corps Malade, votre pote d'enfance, pour votre arrivée sur scène ?
05:48 Bien sûr, avec mes amis d'enfance.
05:50 Lui, il m'a mis le pied à l'étrier avec Jackie Hiddo aussi.
05:53 Les amis d'enfance que je ne vois plus beaucoup malheureusement, mais on pense à eux.
05:58 Mais forcément, ils m'ont aidé parce que ça a été aussi des révélateurs.
06:01 Et nous, à l'époque à Saint-Denis, on a grandi en mecs qui se challengaient.
06:05 On était des basketteurs, mais on ne voulait pas faire que du sport.
06:08 On écrivait à côté, on voulait aller sur scène.
06:11 On a commencé au slam ensemble, et puis moi, j'ai bifurqué au stand-up
06:14 parce que j'avais une écriture un peu plus déconnante et je voulais rigoler avec les gens.
06:19 Alors, vous l'avez compris, cet artiste-là a été une star aux États-Unis.
06:23 Il a pu te côtoyer, Oprah Winfrey. C'est une vedette internationale.
06:27 Vous allez pouvoir aller l'applaudir au Théâtre de la République pendant le cours des mois
06:31 parce que moi, à chaque fois, ça cartonne.
06:33 Petit bonus, on va vous retrouver sur scène lorsque vous parlez du français.
06:36 Alors, il y a les Québécois qui parlent un certain français.
06:38 Et il y a nos amis algériens aussi. Regardez, petit extrait.
06:43 Regardez, c'est mis sur scène.
06:44 Eh les amis, allez en Algérie. Allez en Algérie, parlez français à des Algériens francophones.
06:49 Vous allez voir c'est quoi le niveau. Ah là-bas, ils n'ont pas le temps avec le français.
06:52 Comme disait Katebi Hassin, le français, c'est un butin de guerre.
06:55 Tu parles français en Algérie, il a envie de t'en mettre plein la vue.
06:57 Tu sens une revanche coloniale derrière.
06:59 Récemment, j'étais en Algérie, je parlais avec un oncle, il m'a dit
07:02 "Les prérogatives vénérantes à ma corporalité m'accompentent de quitter cet enlace sale."
07:07 Il est allé en chiotte.
07:09 Ça a l'air pas mal ce spectacle. J'ai envie de dire.
07:13 Moi je pense qu'on peut aller le voir. Je conseille même d'aller voir ce spectacle.
07:16 Vous restez avec nous Samir, on va marquer une petite pause.
07:19 Comme vous avez l'étoffe d'un champion, on part en pause avec la chanson des champions.
07:23 *musique*
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