00:00 On va passer à notre rubrique santé avec le Dr Kersièque.
00:02 C'est vrai qu'en médecine, il y a beaucoup de noms extrêmement compliqués.
00:06 Alors ce matin, vous n'avez pas à déroger à la règle.
00:08 Vous allez nous parler de bélonéphobie.
00:11 Petite définition qui s'impose.
00:13 - Vous savez ce que c'est ? - Oui, je sais ce que c'est.
00:15 - La bélonéphobie. - La peur des aiguilles.
00:17 - La peur des aiguilles.
00:18 Et puis il y a une petite variante, ça s'appelle la trypanophobie.
00:21 C'est la peur des injections.
00:22 Parce qu'il y a l'aiguille et puis après, il y a l'aiguille qui pénètre dans la peau.
00:25 Et ça, c'est l'injection. Et ça concerne pas mal de monde.
00:30 Ça concerne une personne sur dix, quand on regarde un peu dans les différentes enquêtes.
00:34 Alors ça peut aller très loin et c'est tout ce qui est parfois objet pointu.
00:37 Ça peut même être une aiguille.
00:39 Ça peut même être une espèce de phobie un peu générale avec, évidemment, le geste médical des vaccins,
00:45 le geste de tout ce qui est injection avec des vrais symptômes physiques,
00:49 une espèce d'angoisse, d'appréhension par anticipation.
00:52 Et puis des symptômes, des symptômes vagos, une espèce de nausée.
00:56 Enfin vraiment, il y en a qui tombent dans les pommes systématiquement.
00:59 On peut tomber dans les pommes, exactement.
01:00 Alors tomber dans les pommes, on le fait parfois, c'est la douleur.
01:03 Ça fait un petit malaise, c'est ce qu'on appelle le malaise vagal.
01:06 Mais là, dans le cadre de cette phobie-là, c'est vraiment un rejet.
01:09 Et le problème, c'est que c'est un rejet de tout acte médical,
01:12 parce qu'il y a beaucoup d'actes médicaux avec des aiguilles, pas tous,
01:14 mais il y a quand même pas mal d'aiguilles.
01:15 Même quand on se fait opérer, là, on a des...
01:17 Oui, ça veut dire que c'est des gens qui vont parfois refuser une intervention.
01:21 Ou je pense au vaccin, par exemple, tout simplement, par peur de l'aiguille.
01:25 Donc bref, c'est un vrai sujet.
01:27 Dites-moi, docteur, c'est quoi les causes, justement, de cette phobie ?
01:29 Alors c'est souvent multifactoriel.
01:31 Je vous le dis, mais la cause essentielle, c'est une anxiété généralisée.
01:33 C'est-à-dire que tout ce qui est phobie, dès qu'on a une phobie,
01:35 il faut aller chercher une angoisse derrière.
01:36 Il faut aller chercher une angoisse, une anxiété généralisée.
01:39 Et puis dans le cadre précis de cette bélonnais-phobie,
01:43 il y a souvent un parent qui a peur des aiguilles.
01:45 Et cette angoisse, elle s'est transmise aux enfants, en fait.
01:48 Et il suffit que quand on était petit, qu'on a entendu parler
01:52 ou peut-être crier ou un "aïe" un peu bruyant
01:55 pour que ça ait été transmis un peu par génération,
01:58 cette espèce d'angoisse des aiguilles.
02:00 Et donc un traumatisme ou parfois une situation vécue comme un traumatisme,
02:05 ça peut s'ancrer et ça peut rester toute sa vie avec cette peur des aiguilles.
02:08 Mais Dante Lématte, notre docteur, il a toujours une solution.
02:11 Mais oui, il a toujours une solution.
02:12 Et puis je vais faire un peu comme Anissé Mbida ce matin.
02:14 Je suis allé regarder du côté de la réalité virtuelle
02:16 parce qu'il y a un papier dans une revue scientifique
02:18 qui vient de paraître de manière assez intéressante
02:20 avec de la réalité virtuelle pour lutter contre cette peur des aiguilles.
02:23 Alors bien sûr, pour les enfants dans un premier temps,
02:26 avec un petit avatar, un petit personnage que les enfants construisent eux-mêmes.
02:30 Et ce petit avatar va subir justement une intervention, une aiguille.
02:36 Et donc avec le jeu et l'immersion,
02:38 puisqu'on est vraiment dans de la réalité immersive,
02:41 eh bien cette étude montre des résultats intéressants.
02:43 149 enfants qui ont été testés de 4 à 12 ans.
02:46 Premier groupe, c'est des soins standards.
02:47 Donc on rassure l'enfant, on lui explique, on lui montre des peluches, etc.
02:50 Et deuxième groupe, eh bien on utilise la réalité virtuelle.
02:53 Eh bien il y a une vraie différence significative
02:55 avec une diminution de la douleur, une diminution de l'anxiété
02:58 et une diminution de la durée du soin aussi, donc côté soignant.
03:01 De notre côté, c'est intéressant aussi.
03:03 Donc ça a été publié dans une grande revue scientifique.
03:06 Donc voilà, peut-être que ça sera l'avenir pour prendre en charge les soins
03:10 et diminuer cette angoisse-là.
03:12 Il n'y a pas des crèmes anesthésiantes ?
03:14 Si, regardez, je vous ai amené un petit patch.
03:16 Je vous ai amené un petit patch de Lidocaïne.
03:18 Alors ça, la réalité virtuelle, peut-être dans quelques mois,
03:22 mais là, pour l'instant, on rassure l'enfant,
03:24 on monte sur des poupées, etc.
03:26 Et on a ces petits patchs un peu magiques.
03:27 On les pose une heure avant, on explique à l'enfant
03:30 et ça anesthésie la peau et ça diminue la douleur.
03:32 Lidocaïne, c'est un anesthésique local.
03:35 Moi, j'ai l'impression que c'est plutôt le rituel qui marche plutôt que le...
03:38 Il y a les deux, parce que dans la douleur,
03:40 il y a le côté un peu effet placebo.
03:41 Quand on dit effet placebo, on a l'impression que c'est rien du tout.
03:44 Mais non, l'effet placebo, c'est utile aussi.
03:46 Mais il y a vraiment de la Lidocaïne, il y a vraiment de l'anesthésiant.
03:48 Ça se pose une heure avant, avant les ponctions lombaires, par exemple.
03:51 Et puis, il y a des gaz aussi anesthésiants ou des gaz hilarants.
03:54 Le protoxyde d'azote, qui est souvent détourné,
03:56 mais il est surtout utilisé par les dentistes.
03:58 Regardez, avant le soin dentaire, par exemple,
04:01 ça permet de déconnecter un peu, de diminuer la douleur
04:03 et de faire ça dans la bonne humeur.
04:04 Eh bien, merci beaucoup, docteur.
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