- il y a 4 ans
Avec Caroline Galacteros, géopolitologue docteur en sciences politiques, colonel dans la réserve opérationnelle des Armées et ancienne directrice de séminaire à l’École de guerre (Paris) dirige le think tank GEOPRAGMA - Pôle français de géopolitique réaliste (Paris). Elle est également l’auteur du blog Bouger les lignes.
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00:00:00 Sud Radio Bercov dans tous ses états.
00:00:04 Nous sommes en guerre.
00:00:06 Nous allons donc provoquer l'effondrement de l'économie russe.
00:00:09 Ah, ça va me coûter combien ?
00:00:11 Nous vivons, et cela pas simplement depuis cet été, ces dernières années,
00:00:14 la fin de ce qui pouvait apparaître comme une abondance.
00:00:16 Alors Pouyanné, arrête de te gaver ! C'est un salopard ! Vraiment j'ai pas de termes !
00:00:22 Nous sommes dans une guerre hybride.
00:00:23 Il y a 2500 études dans le monde qui montrent que plus on travaille, plus on émet du carbone.
00:00:28 Plus on travaille, plus on émet du carbone.
00:00:33 Mais comment on fait quand on travaille à fixer à la fois l'âge de la retraite
00:00:40 et les fameux 1200 que tout le monde, paraît-il, va toucher à sa retraite ?
00:00:45 Personne à moins de 1200 euros.
00:00:48 Mais net, brut, comment, quoi ?
00:00:50 Et bien vous verrez que c'est pas si facile.
00:00:52 Olivier Dussopt a parlé.
00:00:55 Jérôme Guedj a fact-checké.
00:00:58 Et vous allez voir, c'est pas tout à fait la même chose.
00:01:02 Mais ça a fini en apothéose à l'Assemblée Nationale, vendredi dernier.
00:01:07 Et puis, nous allons parler évidemment de Roald Dahl.
00:01:10 Le "Woke" continue. Roald Dahl, un des plus grands écrivains anglais pour enfants.
00:01:14 Et bien il est réécrit. Et oui, et oui, c'est fini.
00:01:18 Tout est réécrit. C'est le "Woke". C'est la cancer.
00:01:21 Culture, je dirais. Jamais la cancelle. La cancer.
00:01:24 Culture, et puis alors vous allez attendre un morceau d'anthologie.
00:01:27 Un tiktoker nous explique ce que c'est véritablement que le genre et la désignation des catégories dans l'univers Q-I-A-L-G-B-T+.
00:01:38 Vous allez avoir tout ça. Vous allez tout comprendre.
00:01:41 L'iteur résistant de Sud Radio, accrochez-vous, ça va être passionnant.
00:01:44 Et puis évidemment, les associations d'aide aux migrants,
00:01:48 et bien ils s'oublient pas, les présidents des associations.
00:01:51 On va parler des QALIS. Alors les QALIS, c'est vraiment un cas d'école.
00:01:57 On va parler aussi de Vincent Cassel, qui a osé dire que si les hommes deviennent trop féminins, il va y avoir un problème.
00:02:03 Mais ça va pas, Vincent Cassel. Enfin, les hommes c'est les femmes, les femmes c'est les hommes.
00:02:07 Enfin, soyez un peu "Woke". Soyez un peu culture. Soyez un peu genre, Vincent Cassel.
00:02:13 Non mais, il y a encore des gens qui résistent. C'est fou, ça.
00:02:17 Et puis, nous allons se voir en seconde partie, Caroline Galactéros, qui est géopolitologue.
00:02:22 Et on va faire le "À l'heure où Biden est en Ukraine".
00:02:27 Il vient de faire une conférence de presse avec Volodymyr Zelensky.
00:02:31 Biden est en Ukraine et avec Caroline Galactéros, nous allons décrypter l'état des lieux.
00:02:38 Ça nous concerne tous. A tout de suite.
00:02:41 Sud Radio Berkhoff dans tous ses états. Le fait du jour.
00:02:45 Alors, comme vous le savez, réforme des retraites, cela fait des années qu'on en parle.
00:02:50 Vous vous rappelez, au premier quinquennat, d'ailleurs je vous dis ça en passant, auditeurs de Sud Radio,
00:02:54 au premier quinquennat, on devait rester à 62 ans. Pas plus, hein. On ne va pas changer, etc.
00:02:59 Second quinquennat depuis 2022, attention, c'est 64, 65, on va voir.
00:03:05 Bon, mais le problème, on ne veut pas poser le problème comme ça.
00:03:09 On a entendu Olivier Dussopt qui a expliqué un peu les fameux 1200 euros,
00:03:16 la fameuse, vous savez, la déclaration par le ministre du Travail Olivier Dussopt
00:03:21 qui avait affirmé que la fameuse pension minimale de 1200 euros concernerait 40 000 personnes par an.
00:03:29 Et je rappelle qu'Olivier Dussopt est un ex-socialiste, un ex-ministre, ex-socialiste.
00:03:34 Non pas ex-ministre, il est ministre du Travail, mais ex-socialiste.
00:03:37 Et un autre socialiste qui lui est toujours, le député Jérôme Guedj,
00:03:42 eh bien il a voulu vérifier, Jérôme Guedj, il a voulu vérifier, et il peut vérifier, comme vous le savez.
00:03:47 Pourquoi ? Eh bien pour une raison très simple, c'est qu'il a des pouvoirs d'investigation
00:03:51 en tant que co-président de la mission d'évaluation des comptes de la Sécurité Sociale.
00:03:55 Donc il est allé, il le raconte Jérôme Guedj, il est allé effectuer un contrôle.
00:04:00 Lui, il a fait un vrai travail de fact-checking, pas comme d'autres,
00:04:04 qui s'affirment fact-checking et qui ne le sont que des fake-checking.
00:04:08 Écoutez.
00:04:09 Bonsoir, alors on est dans mon bureau, et toute la journée j'ai continué à analyser
00:04:14 les données que j'ai pu obtenir hier en me rendant de manière inopinée
00:04:18 à la direction de la Sécurité Sociale pour exercer mon pouvoir de contrôle
00:04:21 et vérifier les chiffres avancés par Olivier Dussopt.
00:04:25 Parce que maintenant la bonne nouvelle, avec les informations que j'ai pu obtenir,
00:04:28 c'est qu'on peut fact-checker chacun des propos du ministre.
00:04:33 Et je peux vous dire qu'il y a du mensonge, il y a de l'approximation,
00:04:37 il y a de l'improvisation, il y a du bricolage.
00:04:39 Ces 200 000 personnes qui auront une pension meilleure grâce à la réforme
00:04:42 que sans la réforme, un gros tiers aura une revalorisation supérieure à 70 euros.
00:04:48 Eh bien non, monsieur le ministre, il n'y a pas un gros tiers de ces 200 000 bénéficiaires
00:04:53 qui touchera plus de 70 euros parce que j'ai eu les chiffres très précis,
00:04:58 et ce sont exactement 38 509 personnes sur les 199 000, c'est-à-dire 19,28%.
00:05:08 Et 19,28%, ce n'est pas un gros tiers.
00:05:11 Combien, grâce à cette réforme, vont passer le cap des 85% du SMIC ?
00:05:15 On a une prévision, elle m'est arrivée hier soir,
00:05:19 40 000 personnes de plus chaque année passeront le cap des 85% du SMIC
00:05:24 grâce à cette seule réforme.
00:05:27 Alors là, dans cette phrase, il y a trois mensonges.
00:05:30 La première des choses, c'est qu'il dit que les prévisions, il les a eues hier soir.
00:05:35 Or, à la direction de la Sécurité sociale, on m'a dit que rien n'a été transmis
00:05:40 ces derniers jours au ministre et que les informations qu'il utilise,
00:05:44 il les avait depuis la mi-janvier.
00:05:47 Le deuxième mensonge, c'est qu'il dit qu'il y a 40 000 de plus chaque année.
00:05:53 Eh bien, en 2024, ce seront uniquement 13 289 personnes
00:06:00 qui bénéficieront de cette revalorisation maximale de 100 euros.
00:06:05 Puis surtout, le troisième mensonge, la troisième approximation,
00:06:09 c'est que le chiffre qu'utilise le ministre, c'est de dire le nombre de gens
00:06:13 qui ont obtenu la revalorisation maximale de 100 euros.
00:06:17 Mais ça ne dit pas le nombre de gens qui réellement dépassent
00:06:21 les 1200 euros ou ont les 1200 euros.
00:06:25 Voilà, revalorisation, pardon, 100 euros minimum ou pas minimum, 1200 euros.
00:06:33 Voilà, c'est dans ce brouillard, dans cet embrouillamini de chiffres
00:06:38 que se passe cette réforme des retraites, ce projet de loi
00:06:42 qui, effectivement, les débats, comme vous le savez, ont été clos vendredi soir.
00:06:48 Mais il devait y avoir une motion de censure. Ah oui, mais il n'y a pas eu.
00:06:52 Enfin, en tout cas, elle a été déposée par le Rassemblement national
00:06:56 et puis c'est passé, évidemment, à la trappe, sinon à la poubelle.
00:07:01 Et alors, quand même, le spectacle à la fin était très intéressant
00:07:05 parce que, évidemment, pour les LR, pour la NUPES, pour la gauche,
00:07:11 on n'allait pas voter une motion facho, puisque le RN, on ne vote pas avec le RN.
00:07:16 Même si le RN dit, par exemple, que le soleil illuie le jour et la lune nuit la nuit.
00:07:26 Non, non, non, c'est facho de dire ça, c'est facho.
00:07:29 Alors, on reste là, donc on ne vote pas la motion de censure,
00:07:33 on ne vote pas la motion référendaire, on ne vote rien et on s'amuse.
00:07:37 Et comment on s'amuse ? Et là, effectivement, Olivier Dussopt,
00:07:41 le ministre du Travail, a beau jeu, effectivement, de s'y opposer,
00:07:45 écoutez, vendredi soir, ce qu'on appelle encore l'Assemblée nationale,
00:07:51 et qui est de plus en plus une espèce de cours de récréation
00:07:55 où les profs peuvent s'amuser pendant que les enfants s'écharpent, écoutez.
00:08:00 (Musique)
00:08:17 Voilà, voilà, mais Macron, Macron, on est là, on est là.
00:08:21 Mais qu'est-ce qu'il doit rigoler Macron ?
00:08:23 Mais franchement, écoutez, vous écoutez ça, vous avez ces braves députés
00:08:28 qui descendent avec tous leurs avantages et dire "ouais, on est là, on est là".
00:08:34 Mais attendez, mais c'est quoi ça ? C'est quel spectacle vous donnez aux Français,
00:08:39 y compris ceux qui ont voté pour vous, d'un côté comme d'un autre ?
00:08:43 Mais c'est ça, le Parlement français, c'est ça qui représente la diversité
00:08:48 des opinions françaises, c'est ça qui représente, effectivement,
00:08:52 les envies, les manques, les frustrations, les misères ou la pauvreté,
00:08:58 tout ça, c'est ça, mais vous êtes où là ?
00:09:01 C'est pas possible qu'on soit encore dans ce carnaval,
00:09:06 et même pas un bon carnaval.
00:09:08 Vous savez, je pense à ce que disait Henri de Monterland,
00:09:12 l'écrivain Henri de Monterland dans "L'Arène d'Espagne",
00:09:17 c'est "En prison, messieurs, en prison pour médiocrité".
00:09:22 Sud Radio, André Bercoff.
00:09:24 "Ça balance pas mal"
00:09:26 Bercoff dans tous ses états, "Ça balance pas mal" sur Sud Radio.
00:09:30 Pour corriger, tout revoir, l'histoire, les gens, à travers le prisme
00:09:34 du politiquement, éthiquement correct d'aujourd'hui.
00:09:39 Voilà, et qu'est-ce qui s'est passé ? Ben, Roald Dahl,
00:09:42 pour ceux qui ne connaissent pas Roald Dahl, c'est un très grand écrivain britannique
00:09:46 pour enfants, qui a écrit des livres qui sont vraiment des livres cultes,
00:09:50 qu'on enseigne dans les écoles, etc.
00:09:53 Eh bien, l'éditeur britannique Puffin, oui, il s'appelle Puffin,
00:09:57 ça me fait pouffiner, il fait appel à des "sensivity readers".
00:10:02 Alors, c'est quoi, vous allez me dire, des "sensitivity readers" ?
00:10:05 Alors, c'est des lecteurs, vous savez, comme des lecteurs de maison d'édition,
00:10:08 mais eux sont pour le ressenti.
00:10:11 Et donc, ils sont là pour réécrire les passages des classiques de Roald Dahl,
00:10:16 comme d'autres écrivains, d'ailleurs, vous voyez.
00:10:19 Pourquoi ? Parce que l'objectif de l'éditeur, mais la collaboration des indroits de Roald Dahl,
00:10:23 est de s'assurer que ces classiques puissent toujours être appréciés de nos jours,
00:10:27 par tout le monde. Alors, par exemple, qu'est-ce qu'on fait ?
00:10:30 Authentique, ce que je vous raconte est strictement authentique
00:10:33 et peut être vérifié par vous, vous allez sur Google, vous allez voir ça.
00:10:37 Par exemple, on ne dit plus "gros", "fat" ou "laid", "ugly".
00:10:42 Fini, ça ne dit plus ça.
00:10:44 Par exemple, dans "Charlie et la chocolaterie", pardon,
00:10:49 il dit "il est déjà mais énorme", il est plus gros, il est énorme.
00:10:53 Et les deux Greudins, Comère Greudin,
00:10:56 Comère Greudin n'est plus hideuse et malpropre, mais juste malpropre.
00:11:00 Et effectivement, hideuse.
00:11:02 Et le mot "femelle" a été remplacé aussi par celui de "woman" ou "femme".
00:11:07 Voilà, et par exemple, dans "Sacrées sorcières",
00:11:10 il y avait un paragraphe qui expliquait que les sorcières sont chauves,
00:11:13 sous leurs perruques, vous savez, les sorcières, etc.
00:11:16 Ah, c'est fini ça, comment une femme peut être chauve, une sorcière ?
00:11:19 Il existe plusieurs réseaux pour lesquels les femmes pourraient porter des perruques
00:11:24 et il n'y a rien de mal à cela.
00:11:26 Voilà, on réécrit Roald Dahl tout cela, etc.
00:11:30 Par exemple, les fameux "Oompa Loompas" de Charlie et la chocolaterie,
00:11:34 c'est les petits hommes.
00:11:35 Aujourd'hui, les petits hommes, c'est petites personnes.
00:11:38 Vous voyez ? Dans "James et la paix géante",
00:11:40 les hommes nuages sont devenus des gens nuages.
00:11:42 On ne dit plus "homme" et on ne dit plus "femme".
00:11:44 Voilà.
00:11:45 Eh bien, c'est-à-dire Roald Dahl avait de l'irrévérence,
00:11:49 avait vraiment, comment je dirais,
00:11:52 une espèce d'humour absolument ravageur et magnifique,
00:11:56 eh bien c'est fini, c'est fini.
00:11:58 On ne fait plus cela, on réécrit.
00:12:01 Demain, on va réécrire Victor Hugo, Voltaire,
00:12:05 bon écoutez, ça va arriver, c'est en Angleterre,
00:12:08 mais ça va arriver en France.
00:12:09 On va réécrire Baudelaire, bien sûr, mais Rimbaud,
00:12:13 mais enfin Verlaine, on ne va pas s'arrêter là, vous comprenez ?
00:12:17 Il faut faire attention à la sensibilité des gens.
00:12:21 Il faut surtout ne pas heurter la sensibilité.
00:12:24 Les auteurs, les écrivains, la liberté d'expression,
00:12:28 bon écoutez, ça passe totalement secondairement.
00:12:31 Ce qui est important, c'est de se sentir bien,
00:12:35 bien dans sa chambre à air,
00:12:38 bien dans son catafalque,
00:12:40 bien dans son trou, dans son trou de safe space,
00:12:44 espace sauvegardé, bien sûr.
00:12:47 Et là, tout de suite après, vous allez voir ce que ça donne.
00:12:51 Tout de suite.
00:12:52 Sud Radio Bercov, dans tous ses états,
00:12:55 les perles du jour.
00:12:57 Faut d'attention.
00:12:58 Là, je vous demande vraiment, vraiment, mes amis,
00:13:01 les auditeurs, les résistants, les copains, tous,
00:13:05 de vous accrocher.
00:13:06 C'est un tiktoker qui s'appelle, dans le réseau TikTok,
00:13:11 sur les réseaux sociaux, Machiavellic.
00:13:14 Eh bien, il a essayé de nous comprendre,
00:13:16 parce que si on ne comprend pas très bien la désignation des catégories,
00:13:19 classe, espèce, famille, groupe, appartenant au QIA, LGBT, etc.
00:13:25 C'est vrai qu'on se pose beaucoup de questions.
00:13:28 Comment ça marche, ça ?
00:13:30 Oui, mais on ne comprend plus les genres.
00:13:32 Ne parlons même pas d'hommes et de femmes.
00:13:34 Ça n'existe plus.
00:13:35 Comme chacun ses parents.
00:13:36 Non, non, non, non.
00:13:37 Ça va beaucoup plus loin.
00:13:39 C'est beaucoup plus subtil.
00:13:41 Écoutez Machiavellic.
00:13:43 Le terme xénogenre a été inventé en 2014 sur Tumblr
00:13:46 par un utilisateur du nom de Baaf Honnets.
00:13:48 Le xénogenre est une identité de genre non-binaire.
00:13:51 C'est aussi un terme par appui qui permet de décrire son genre
00:13:54 via des métaphores et des analogies.
00:13:56 Il faut bien insister dessus.
00:13:58 C'est métaphorique.
00:14:00 En gros, c'est quand on ne peut pas décrire son genre de manière traditionnelle.
00:14:04 C'est une manière de l'exprimer autrement que par le biais de hommes,
00:14:07 femmes, neutres ou autres.
00:14:09 Voilà, vous avez bien compris.
00:14:11 Jusqu'ici, ça se suit.
00:14:12 C'est-à-dire que c'est métaphorique.
00:14:14 C'est vrai, on ne sait plus comment exprimer son genre,
00:14:17 parce qu'encore une fois, les genres traditionnels, c'est fini.
00:14:20 On l'a déjà dit.
00:14:21 Donc, comment on fait pour le xénogenre ?
00:14:25 Voilà, ça a été inventé, le xénogenre.
00:14:27 Donc, comment on fait ?
00:14:28 Eh bien, on va écouter Machiavellic.
00:14:30 Il nous l'explique de façon extrêmement claire.
00:14:32 Écoutez.
00:14:33 De manière globale, il y a trois catégories différentes d'identités xénogenres.
00:14:37 La catégorisation par un nom ou un archétype,
00:14:39 genre un animal fictif ou réel, un concept abstrait, un symbole, etc.
00:14:43 Personnellement, je côtoie une personne xénogenre, renard.
00:14:46 En fait, j'en côtoie plusieurs.
00:14:48 Ensuite, il y a la caractérisation par la perception synesthésique.
00:14:51 La synesthésie, c'est quand une sensation s'accompagne d'une sensation complémentaire
00:14:55 en simultané dans un autre endroit du corps.
00:14:57 Moi, par exemple, j'associe les mots au goût.
00:15:00 Perception synesthésique, donc.
00:15:02 Le genre est décrit avec des éléments comme le temps, la texture, la taille
00:15:05 ou d'autres caractéristiques sensorielles.
00:15:07 Pour exemple, je fréquente une personne xénogenre, flaque de couleur.
00:15:10 Voilà.
00:15:11 Vous avez compris.
00:15:13 C'est-à-dire que, par exemple, vous pouvez avoir une enveloppe humaine,
00:15:17 enfin, une enveloppe d'hommes ou de femmes, mais en fait, vous êtes renard.
00:15:20 Par exemple, mon réalisateur, Thibaut Sadler,
00:15:24 comme ça, quand vous le voyez, c'est un jeune homme,
00:15:28 mais en fait, il a une âme de kangourou.
00:15:30 Pourquoi ? Je ne sais pas.
00:15:32 Manuel, qui est au standard, c'est comme ça, il a l'apparence humaine.
00:15:37 C'est vrai, quand on le voit, Manuel, salut Manuel, ça va bien.
00:15:40 En fait, c'est un fourmilier tamanoir.
00:15:43 Il a une âme de fourmilier tamanoir.
00:15:45 Il faut comprendre les xénogenres.
00:15:46 Lucien Gasparrac, qui fait l'émission avec moi,
00:15:50 lui aussi, il a eu ma mœur, on le voit, c'est un jeune homme, tout à fait.
00:15:54 Il a une âme, lui, alors c'est très intéressant, de guépard des neiges.
00:16:00 Pourquoi guépard des neiges ? Je ne sais pas.
00:16:02 Guépard des neiges.
00:16:03 Et moi-même, qui vous parle,
00:16:05 je crois que j'ai eu une enveloppe humaine,
00:16:08 moi, jusqu'à présent, on m'a dit ça,
00:16:10 mais en fait, profondément, c'est ce que j'ai profondément.
00:16:13 J'ai une âme de requin, des hautes-mers.
00:16:19 Non, mais vous voyez où on arrive ?
00:16:21 Vous voyez où on arrive à ça ?
00:16:23 Et je crois qu'on a encore quelque chose que Machiavelic ne nous a pas dit écouter.
00:16:29 Ensuite, il y a la caractérisation liée à une neuroatypie.
00:16:33 La neuroatypie peut être l'autisme, le TDAH, les troubles d'IS, etc.
00:16:37 Ça, ça s'appelle le neurogenre.
00:16:39 Ça veut dire que l'identité de genre est inséparable de la neurodivergence.
00:16:43 Mais attention, tous les neurogenres ne sont pas xénogenres, et inversement.
00:16:48 Ah oui, et il ne faut pas confondre xénogenres et auberkines.
00:16:51 Les auberkines sont des gens qui pensent que le rame est celle d'un animal dans un corps humain.
00:16:55 Les personnes xénogenres savent qu'elles sont humaines ou humaines,
00:16:58 d'où le côté métaphorique, encore une fois.
00:17:01 Voilà, je vous ai décrit notre équipe d'auberkines,
00:17:04 ce que vient de dire Machiavellic, mais voyez, il y a le neuro.
00:17:08 Oui, oui, les neuros. C'est très intéressant.
00:17:11 Au fond, on ne savait pas qui on était.
00:17:13 Il y avait vraiment des catégories complètement...
00:17:16 Allez, regarde, rabâchez !
00:17:18 Des clichés, homme, femme, enfant, père, mère... Non !
00:17:23 Vous êtes xénogenres.
00:17:25 Soit autisme, neuro, couleur, goût, animal...
00:17:31 Ce n'est pas plus beau comme ça ? Ce n'est pas plus intéressant comme ça ?
00:17:35 Ce n'est pas plus clair comme ça ? Ce n'est pas plus con comme ça ?
00:17:39 Quand on sait que des associations d'aide aux plus précaires,
00:17:47 financées par l'État, ça veut dire financées par le contribuable,
00:17:51 ça veut dire par vous et par nous,
00:17:53 se remplissent les poches d'une manière hallucinante,
00:17:57 ça a été révélé par lequel a renchaîné un exemple.
00:18:00 L'association Equalis. Écoutez ça, vraiment, les bras m'en tombent.
00:18:06 L'enquête menée par des inspecteurs de la préfecture de Seine-et-Marne
00:18:10 lève le voile sur les folles dépenses des dirigeants d'Equalis à leur profit.
00:18:14 Sept inspecteurs ont analysé l'ensemble des comptes de la structure
00:18:19 qui bénéficie de 83 millions de subventions publiques,
00:18:24 dont au moins 14 millions d'euros uniquement pour l'accueil des demandeurs d'asile.
00:18:29 Et bien les résultats ? Vous voulez voir les résultats ?
00:18:32 En 2020, Arthur Hanan, directeur général de l'association,
00:18:37 percevait, lui, comme salaire, 203 000 euros bruts par an.
00:18:42 203 000 euros bruts par an.
00:18:45 Association d'aide aux plus précaires et aux sans-abri.
00:18:48 Equalis. Voilà.
00:18:50 Il dit "Une telle rémunération nécessiterait que l'association ait un chiffre d'affaires
00:18:55 supérieur aux milliards d'euros, or le budget annuel d'Equalis
00:18:58 culmine à 81 millions d'euros.
00:19:01 203 000 euros bruts de salaire pour le directeur,
00:19:05 qui est à part... Attendez, c'est pas fini !
00:19:07 Logé au frais d'Equalis, ce même dirigeant profitait également d'une carte
00:19:11 de 5 000 euros pour ses sorties au restaurant ou ses nuits d'hôtel de préférence.
00:19:15 Évidemment, évidemment, dans des établissements 4 étoiles.
00:19:19 C'est pas beau ça ? Et ce qui n'est pas le temps,
00:19:22 franchement, et vous devez tous réagir là-dessus,
00:19:25 c'est de demander ces associations
00:19:28 financées par l'État, c'est-à-dire pas le contribuable,
00:19:32 comment on ne fait pas toutes ces associations,
00:19:35 parce qu'il y en a qui font de très bons travails,
00:19:37 ne faites pas un audit, un audit véritable
00:19:41 sur les dépenses, les effectifs de direction,
00:19:44 les armées mexicaines. Equalis, 29 directeurs
00:19:48 qui bénéficient de voitures de fonction, qui bénéficient de carburants pris en charge,
00:19:52 de cartes de crédit prépayées avec un plafond
00:19:55 entre 2 000 et 10 000 euros.
00:19:57 Et 8 d'entre eux perçoivent un salaire annuel supérieur à 100 000 euros.
00:20:02 C'est quoi ça ? C'est quoi ça ?
00:20:04 C'est hallucinant, je veux dire.
00:20:06 Séminaire à Marseille avec un péretif sur un voilier, 71 000 euros.
00:20:10 Journée partenaire au théâtre du Trianon, 123 000 euros.
00:20:13 Soirée à Malakoff, 140 000 euros.
00:20:15 Ça s'appelle la société Equalis,
00:20:18 association d'aide aux plus précaires.
00:20:21 C'est possible ça ?
00:20:23 Mais enfin, franchement, à des moments on se dit on est en 2023
00:20:27 et on discute par rapport aux gens qui sont dans la rue,
00:20:30 par rapport au SDF, par rapport aux dépenses d'hôpitaux,
00:20:33 par erronie et sur telle ou telle ou telle dépense,
00:20:35 et on laisse faire ça ? C'est quoi ?
00:20:38 Audit sur les associations dites d'aide aux plus précaires
00:20:43 et d'aide aux sans-abri, etc.
00:20:46 Franchement, on a envie d'en ricaner, sinon on n'était pas obligé d'en pleurer.
00:20:51 Sud Radio Bercov dans tous ses états.
00:20:54 Vincent Cassel a donné vendredi une interview au Guardian,
00:20:59 au journal Guardian, dans le cadre d'une promotion d'une série sur Apple TV.
00:21:03 Et il a parlé, il a dit ça, il dit "j'espère ne pas être misogyne,
00:21:07 mais si les hommes deviennent trop vulnérables et trop féminins",
00:21:11 il dit "regardez ce qu'il se passe Instagram, TikTok,
00:21:14 on en parlait, regorge de personnes donnant des images fausses.
00:21:17 Les hommes devraient être comme ci, les femmes devraient être comme ça, voyez ?
00:21:20 C'est un fantasme total de ce que devrait être la sexualité.
00:21:23 On a tendance à oublier de quoi il s'agit vraiment.
00:21:26 Il s'agit, dit Vincent Cassel, d'être soi-même.
00:21:29 Et simplement, voilà. Et évidemment il a dit ça,
00:21:32 et bien, tolé sur les réseaux sociaux,
00:21:35 tolé Vincent Cassel, évidemment, sexiste, salaud, etc.
00:21:41 C'est honteux d'être un Vincent Cassel.
00:21:43 Pourquoi ? Parce qu'il a dit qu'un homme est un homme,
00:21:45 et une femme est une femme.
00:21:47 Et que, évidemment, vous avez entendu le TikToker,
00:21:49 ça ne veut plus rien dire, paraît-il.
00:21:52 Le face-à-face du lundi 20 février pour revenir sur la situation en Ukraine
00:21:59 avec Caroline Galakteros, géopolitologue, docteur en sciences politiques.
00:22:04 Vous nous appelez au 0826 300 300 pour participer à l'émission.
00:22:07 A tout de suite sur Sud Radio.
00:22:11 Sud Radio Bercov, dans tous ses états.
00:22:14 Le face-à-face.
00:22:16 Le face-à-face du lundi 20 février avec Caroline Galakteros, géopolitologue,
00:22:21 docteur en sciences politiques, qui dirige le think-tank Géopragma,
00:22:25 le pôle français de géopolitique réaliste,
00:22:27 qui est également auteur du vlog "Bougez les lignes".
00:22:29 Bonjour Caroline Galakteros.
00:22:31 Bonjour.
00:22:32 Bonjour mon colonel, parce que je rappelle que Caroline Galakteros est colonel,
00:22:36 et oui, dans la réserve opérationnelle des armées.
00:22:39 Non mais, oui mais...
00:22:40 Sans affectation désormais.
00:22:42 Sans affectation, mais ça reviendra, ça reviendra Caroline Galakteros.
00:22:45 Alors, on va faire un peu l'état des lieux,
00:22:49 on vous a reçus toujours avec plaisir à plusieurs reprises dans l'émission et à Sud Radio.
00:22:53 Alors, Biden, visite surprise, on ne savait pas du tout,
00:22:58 on pensait qu'il était en Pologne, il est allé en Pologne,
00:23:00 et puis qu'il allait s'arrêter là, et il est à Kiev,
00:23:03 avec Volodymyr Zelensky, on a écouté depuis ce matin,
00:23:07 en direct, il était là, et il a expliqué qu'il allait fournir des armes,
00:23:12 et qu'il allait être pour l'Ukraine, pour la guerre,
00:23:16 en tout cas, as long as it takes, tant qu'il faudra le faire,
00:23:21 il est là, il va fournir tout ce qu'il faut,
00:23:23 et voilà, c'était les fusions, etc.
00:23:26 Bien, qu'est-ce que, en fait, là, ça traduit quoi ?
00:23:32 Ça traduit que, on va aller jusqu'au bout, c'est quoi exactement qui se dessine ?
00:23:38 Enfin, on essaie de comprendre, et puis on va parler aussi de Poutine,
00:23:41 on va parler des autres pays, la Chine, tout ce qui se passe,
00:23:45 mais qu'est-ce que ça traduit, Caroline Galactéros ?
00:23:50 - Ça traduit la montée d'une grande, grande inquiétude aux Etats-Unis,
00:23:55 devant l'évolution du cours de la guerre,
00:23:59 et je dirais que cette visite, bien sûr, ça se veut un coup de pouce,
00:24:04 et de nouveau l'affirmation d'un soutien à l'Ukraine,
00:24:08 mais en même temps, les responsables militaires,
00:24:11 les responsables de l'OTAN, les responsables européens,
00:24:15 tout le monde, tous les gens informés aux affaires,
00:24:18 savent bien que l'Ouest n'a tout simplement pas les moyens,
00:24:24 en armement, de continuer à entretenir l'élan armé ukrainien,
00:24:32 et que, si vous voulez, structurellement, il y a une disproportion telle
00:24:37 entre la force de l'armée russe aujourd'hui,
00:24:41 et qui, d'ailleurs, cette guerre,
00:24:45 et la manière dont on l'a escaladée en fournissant l'Ukraine, etc.,
00:24:49 aura contribué, et bien finalement, à faire renaître,
00:24:52 et à faire se restructurer cette armée russe.
00:24:55 - Ceux qui n'étaient pas au poids, en fait.
00:24:58 - C'est fou ! Enfin bon, voilà, c'est encore un des effets collatéraux très lourds
00:25:03 de cet engagement.
00:25:05 - Mais alors, justement, quand vous dites que l'Ouest n'a plus les moyens,
00:25:09 concrètement, en quoi ? Expliquez-nous en quoi,
00:25:12 parce qu'il peut fabriquer des armes, etc.
00:25:14 - Non, on ne peut pas fabriquer au rythme où il le faudrait
00:25:17 pour pouvoir renverser la vapeur militaire.
00:25:20 Les Ukrainiens n'ont plus grand-chose, à vrai dire,
00:25:24 ils vivent donc sous perfusion militaire, et économique d'ailleurs aussi,
00:25:28 mais de toute façon, il est clair, il est avéré,
00:25:32 il est dit maintenant d'une manière assez ouverte.
00:25:36 Jan Soltenberg de l'OTAN l'a dit il y a quelques jours,
00:25:40 le secrétaire général de l'OTAN, a dit, mais de toute façon,
00:25:44 on n'a pas les munitions, déjà.
00:25:47 - Ni les munitions, ni les obus, par rapport au rythme imposé,
00:25:51 si vous voulez, au tempo de la guerre imposé par l'armée russe désormais,
00:25:56 l'Ukraine ne peut pas rattraper, et encore moins renverser,
00:26:00 sauf à engager, je ne sais pas, des forces occidentales, ça pourra d'ailleurs.
00:26:06 - Sauf à engager les forces de l'OTAN humainement.
00:26:09 - Oui, voilà, mais on sait là, le refus américain, tout simplement,
00:26:15 d'être des américains officiellement sur le terrain,
00:26:17 ça ne veut pas dire qu'il n'y en a pas officieusement,
00:26:19 il y a beaucoup de polonais sous uniforme ukrainien,
00:26:22 il y en a beaucoup qui attendent en Pologne, et qui d'ailleurs sont mobilisés,
00:26:25 donc moi ce que je crains, et je trouve que cette période est extrêmement dangereuse,
00:26:29 c'est la période du désespoir, c'est la période où on arrive maintenant,
00:26:33 au moment où le pot au rose va se briser, va se voir,
00:26:38 et où on va comprendre qu'on a raconté n'importe quoi depuis un an aux opinions occidentales,
00:26:43 - Le narratif vous voulez dire ? - Le narratif, la guerre des perceptions,
00:26:46 la guerre des perceptions, elle arrive à ses limites,
00:26:49 et ces limites, qu'on le veuille ou non, qu'on soit content ou non,
00:26:52 ça n'est pas le sujet, la guerre des perceptions est en train de se heurter
00:26:57 à la guerre d'attrition qui est une guerre bien réelle, menée, et pour l'instant,
00:27:01 - Avec des morts, avec des blessés, par les russes.
00:27:04 - Et d'ailleurs, le Mossad a confirmé, a donné des chiffres qui vont complètement...
00:27:09 - Le Mossad israélien ? - Oui, le Mossad israélien,
00:27:11 par l'intermédiaire des turcs dans un journal dans la presse turque,
00:27:13 a fait sortir des chiffres, des chiffres de pertes qui juste sont en total...
00:27:19 C'est complètement l'inverse, c'est même plus que l'inverse,
00:27:22 que tout ce qui est raconté sur tous les plateaux,
00:27:25 et par tous les responsables politiques occidentaux.
00:27:27 Donc si vous voulez, on arrive aux limites de la pensée magique là,
00:27:30 et on arrive surtout au moment où on commence à se dire,
00:27:34 "Ok, on a poussé à la roue, on a poussé à la roue, on a poussé à la roue,
00:27:37 et maintenant, qu'est-ce qu'on fait ?"
00:27:39 Et c'est là que c'est dangereux, parce que les Américains ont des enjeux politiques internes,
00:27:43 et notamment les néo-conservateurs, et qu'on ne peut pas...
00:27:47 Enfin, il est clair qu'ils veulent faire durer.
00:27:49 - Oui, alors on va serrer ça, mais c'est intéressant.
00:27:52 En fait, ce que vous dites, c'est qu'on a vécu, en tout cas dans le narratif médiatique,
00:27:58 politique, etc., dans une perception de la réalité, un mensonge,
00:28:03 qui remplaçait le réel. - Absolument.
00:28:05 - Absolument, mais ça c'est le propre des impuissants, ils vivent dans les fantasmes.
00:28:10 Donc, au lieu de considérer la réalité, de se dire qu'on est allé trop loin,
00:28:14 que maintenant que la Russie s'est engagée, et qu'elle ne peut elle-même plus
00:28:17 faire autre chose que d'avancer, il faudrait revenir,
00:28:22 c'est ce que j'essaie de prôner, mais je prêche dans le désert,
00:28:26 mais il y a quand même eu 50 000 Allemands, ça on n'en entend pas parler dans les médias français,
00:28:31 mainstream, il y a quand même eu 50 000 Allemands à Munich il y a quelques jours,
00:28:35 enfin il y a un certain nombre de gens, et d'ailleurs le peuple président mériterait
00:28:39 peut-être qu'on lui demande un peu son avis, parce que quand on voit l'enroulement de force,
00:28:43 parce qu'il y a un gros problème de ressources humaines dans l'armée ukrainienne,
00:28:46 très gros, considérable, surtout que maintenant, la mobilisation partielle
00:28:50 décrétée par les Russes, qui est en train de s'étendre par ailleurs,
00:28:54 donc eux se mettent vraiment dans une projection longue maintenant,
00:28:58 parce qu'ils ont compris que l'Occident ne va pas être capable
00:29:02 d'arrêter l'escalade.
00:29:06 - Oui, sauf si l'Occident, parce que vous ne pouvez pas écarter,
00:29:10 personne ne souhaite cela, met en garde la Russie
00:29:14 en disant "attention, lignes rouges", vous avez vu par exemple, parlons des lignes rouges,
00:29:18 ça vous fait rire. - Ça fait vraiment rire.
00:29:21 - Vous savez, les lignes rouges, c'était justement l'OTAN qui dit,
00:29:24 si la Chine envoie des armes à la Russie,
00:29:28 c'est une ligne rouge. - Ça fait peur à Pékin, ça.
00:29:32 C'est comme quand notre président dit "il ne s'agit pas d'abattre la Russie".
00:29:36 Oui, c'est sûr, parce que comment... - Il dit "il s'agit de vaincre la Russie sans l'écraser".
00:29:40 - "Sans l'écraser", abattre, écraser, écraser.
00:29:44 Mais comment, comment diable, peut-on envisager d'écraser la Russie
00:29:48 ou de contraindre la Chine ? Nous sommes dans une...
00:29:52 C'est aussi ce que j'essaie d'expliquer de toutes mes modestes forces.
00:29:56 On est dans un bouleversement géopolitique majeur.
00:30:00 Cette guerre, on est l'un des théâtres.
00:30:04 Mais la réalité internationale est en train de complètement changer.
00:30:08 Et on a l'impression qu'en Occident, on est une bande d'autruches,
00:30:12 la tête dans le sable, et on veut absolument croire
00:30:16 que l'impérialisme américain, l'impérialisme occidental va pouvoir continuer,
00:30:20 que l'hégémonie va pouvoir se renforcer, et que s'il faut pour ça
00:30:24 mener la politique du pire, on va le faire. Ça ne marchera pas.
00:30:28 C'est-à-dire que ça va juste devenir de plus en plus dangereux,
00:30:32 alors pour les Européens, n'en parlons pas, c'est la déréliction, c'est la crise.
00:30:36 - Alors, comment vous expliquez... Avant de parler de ce bouleversement géopolitique majeur,
00:30:40 car on est à l'intéresse, on va prendre le temps d'en parler, parce que c'est effectivement important,
00:30:44 comment vous expliquez quand même... Je veux bien que certains soient aveugles,
00:30:48 je veux bien... Mais comment vous expliquez que pratiquement tous les dirigeants européens,
00:30:52 à l'exception de Orban, de Longroix, ou deux ou trois autres,
00:30:56 sont complètement vents debout pour
00:31:00 effectivement continuer... Il faut, il faut, il faut... Bon, il faut rappeler aussi
00:31:04 qu'il y a eu une agression russe sur l'Ukraine quand même, ne l'oublions pas. - Bien sûr, bien sûr.
00:31:08 - Il ne faut pas aussi ne pas se raconter ça. - Bien sûr, mais déjà,
00:31:12 il faudrait s'entendre sur quand a débuté cette guerre.
00:31:16 Là, c'est clair que, bien sûr, il y a eu une entrée
00:31:20 illégitime, illégale, même si les Russes invoquent l'article 51,
00:31:24 la responsabilité de protéger, etc. Les populations russophones
00:31:28 qui se faisaient quand même allègrement massacrer depuis des années. Mais,
00:31:32 bien sûr, il y a une invasion, ça n'est pas contestable. Mais,
00:31:36 est-ce que cette invasion est... D'ailleurs, est-ce que c'était... Est-ce que Poutine a eu raison ?
00:31:40 Est-ce que Poutine a eu tort ? C'est même pas le sujet. Cette invasion,
00:31:44 est-ce qu'elle est une réponse, c'est-à-dire précisément la démonstration
00:31:48 d'une ligne rouge, russe, cette fois-ci,
00:31:52 face à une avancée qui est considérée comme militairement
00:31:56 dangereuse, enfin insupportable,
00:32:00 pour la Russie venant de l'OTAN ? Est-ce que c'est ça
00:32:04 le sujet ? C'est-à-dire, est-ce que ça a commencé le 24 février ?
00:32:08 Est-ce que ça a commencé en 2014 ? Est-ce que ça a commencé en 2007 à Munich ?
00:32:12 Est-ce que ça a commencé en 2004 avec la Révolution orange ? Mais on peut aller loin.
00:32:16 - Comment vous expliquez, justement, pour revenir à ma question, que les gouvernements européens,
00:32:20 les présidents européens, les dirigeants européens,
00:32:24 considèrent que ça c'est pas le problème, le problème c'est qu'il faut choisir son camp,
00:32:28 on a choisi son camp. - Voilà, parce que nous vivons dans un manichéisme complètement indigent
00:32:32 qui nous permet d'être autistes,
00:32:36 d'être, j'allais dire, d'être clivés mentalement. Nous sommes dans
00:32:40 une perpétuelle, moi j'appelle ça la dissonance cognitive, vis-à-vis du réel,
00:32:44 vis-à-vis du souhaitable. - On ne veut pas voir ce qui nous dérange.
00:32:48 - On ne veut pas voir ce qui nous dérange, on ne veut pas voir ce qui nous remet en cause, on ne veut pas voir ce qui
00:32:52 exigerait de nous un commencement, de début,
00:32:56 de raisonnement propre, parce qu'en fait le problème
00:33:00 des européens, mis à part deux ou trois, c'est effectivement qu'ils n'ont plus
00:33:04 de capacité, ni même de volonté de se dire "Bon, nous, on est
00:33:08 en Europe, on est l'isme de l'Eurasie, donc qu'est-ce qu'on
00:33:12 fait ? Qu'est-ce qu'on veut être ? Quel est notre avenir ? Est-ce qu'on veut se couper,
00:33:16 non seulement de la Russie, mais de toute l'Eurasie ? Est-ce qu'on veut être en...
00:33:20 - Quel est notre rôle ? - On préfère la servitude, et en l'espèce l'alignement,
00:33:24 et donc on préfère l'obéissance finalement. Alors c'est vrai, c'est simple d'obéir.
00:33:28 - Mais en même temps on ne nous passe pas... - Sauf si le chef fait des âneries !
00:33:32 Parce que c'est quand même ça le sujet. C'est pas l'Amérique
00:33:36 qui va payer tout ça. Et ce n'est déjà pas l'Amérique qui paye économiquement et socialement.
00:33:40 - L'Amérique qui gagne en ce moment. On se retrouve tout de suite après cette petite
00:33:44 pause avec Caroline Galactéros, on va parler du bouleversement géopolitique mondial,
00:33:48 c'est fascinant. - Et vous avez la parole au 0826-300-300
00:33:52 pour participer à l'émission, où vous interpellez Caroline Galactéros
00:33:56 pour avoir sa vision sur la situation en Irène. A tout de suite sur ce...
00:34:00 - Ici Sud Radio.
00:34:04 Les Français parlent au français.
00:34:08 Je n'aime pas la blanquette de veau.
00:34:12 Je n'aime pas la blanquette de veau. - Sud Radio Bercov dans tous ses états.
00:34:16 - Et oui, Biden aussi à Kiev, et Volodymyr Zelensky aussi à Kiev.
00:34:20 Nous sommes tous dans tous nos états. Et également, évidemment, notre
00:34:24 interlocutrice privilégiée Caroline Galactéros, qui dirige le think-tank
00:34:28 Géopragma. C'est bien au moins pragma, ça veut dire pragmatique,
00:34:32 mais on essaie de rester un peu au niveau du réel quand même. Mais alors,
00:34:36 Caroline Galactéros, vous avez parlé, vous dites justement, il y a aujourd'hui,
00:34:40 et je voudrais qu'on s'apesantisse un peu là-dessus, en tout cas,
00:34:44 ce énorme bouleversement géopolitique mondial. En quoi consiste-t-il contrairement ?
00:34:48 Qu'est-ce qui est en train d'être bouleversé ou de se bouleverser ?
00:34:52 - Alors d'abord, il n'est pas né le 24 février, mais
00:34:56 la guerre en Ukraine et la manière dont l'ensemble
00:35:00 du monde réagit à ce conflit lui donne
00:35:04 une accélération à ce bouleversement considérable. Le bouleversement
00:35:08 pour faire simple, c'est simplement que
00:35:12 l'hégémonie occidentale, qu'elle soit culturelle, qu'elle soit politique,
00:35:16 qu'elle soit économique, qu'elle soit financière, qu'elle soit de toute nature,
00:35:20 n'est plus ni souhaitée, ni supportable
00:35:24 pour le reste du monde, qui a émergé
00:35:28 depuis déjà une bonne vingtaine d'années.
00:35:32 Autour de la Chine, aussi autour d'une puissance
00:35:36 renaissante comme la Russie, ce qui explique une grande partie de la Harnie aussi à l'abattre.
00:35:40 Et donc, il y a une bascule du monde au sens
00:35:44 où il y a désormais une alternative en termes de modèles de puissance.
00:35:48 On peut appeler ça des dictatures, des démocratures,
00:35:52 des démocraties souveraines... - Non mais Caroline Galactéros, je ne dis pas
00:35:56 "Ah l'Occident c'est mieux". Franchement, si le modèle doit être
00:36:00 le crédit social à la chinoise, l'autocratie, la dictature...
00:36:04 - On n'en est pas loin chez nous, ça va venir.
00:36:08 - Non, ce que je veux dire, c'est cette conception de l'Occident, ou de dire "L'Occident, vous voulez tout régner
00:36:12 et vous y finissez ?" - C'est fini. C'est fini,
00:36:16 non pas parce qu'on a tort ou raison, c'est juste fini
00:36:20 parce que les autres n'en veulent plus. Les leçons,
00:36:24 le régime change, l'ingérence intérieure permanente
00:36:28 sous couvert de promouvoir la démocratie, etc.
00:36:32 On a vu à quoi ça a mené. Que des désastres.
00:36:36 Donc, il ne faut quand même pas prendre
00:36:40 les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages. - Voilà, calin sauvage.
00:36:44 - Non mais je veux dire, il y a des dizaines de pays
00:36:48 et on le voit très bien sur l'affaire ukrainienne, au niveau des sanctions, au niveau des réactions,
00:36:52 et au niveau des réalignements,
00:36:56 même si ce n'est pas de l'alignement, mais en tout cas, il y a tout un tas
00:37:00 de pays qui maintenant se disent "Bon, il y a quelque chose
00:37:04 face à l'Empire américain et à son appendice européen, si vous voulez,
00:37:08 à ce qu'on appelle l'Occident, il y a autre chose
00:37:12 qui va aussi offrir d'autres opportunités." Et la Chine est évidemment
00:37:16 la championne de cela. Donc ce n'est pas le
00:37:20 narratif, encore une fois, sur la démocratie,
00:37:24 les droits de l'homme, en fait, ce n'est pas du tout le sujet. Le combat, il est économique
00:37:28 et financier, il est pour abattre le dollar
00:37:32 comme monnaie d'échange internationale dominante. - Oui, j'allais dire que c'est un des enjeux
00:37:36 majeurs, c'est celui-là. - C'est celui-là qui est derrière tout.
00:37:40 - C'est-à-dire que le dollar avait la prééminence totale, les transactions ne pouvaient se faire qu'en dollars
00:37:44 et ça, c'est en train de se terminer. - Et c'est ce qui permettait aussi l'extraterritorialité
00:37:48 du droit américain. Tout ça est en train d'être battu en brèche de manière
00:37:52 très méthodique et de plus en plus consolidée
00:37:56 autour d'un autre pôle, d'un grand pôle, qui lui-même
00:38:00 sera, enfin, où il y a des "sous-régions" entre guillemets,
00:38:04 et des alignements des pays, d'ailleurs parfois vers l'Occident, parfois vers ce pôle-là,
00:38:08 selon les sujets. C'est-à-dire que chacun va faire son marché. - Oui, chacun va être pragmatique
00:38:12 un peu, c'est ça. - C'est ce qu'on appelle la multipolarité du monde.
00:38:16 - Alors on le voit, on parle toujours des BRICS, mais vous avez aussi l'Organisation de coopération de Shanghai,
00:38:20 vous avez les organisations
00:38:24 eurasiennes économiques, dont en France on a l'air d'ignorer jusqu'à l'existence.
00:38:28 Mais c'est à nos portes ! - C'est quoi ? Alors attendez, rappelez ce que c'est
00:38:32 Shanghai et l'Organisation eurasienne économique. Ça comprend qui, combien de
00:38:36 puissance aujourd'hui ? - Ah bah, l'organisation
00:38:40 économique autour de la Russie, là, pour le coup,
00:38:44 c'est une espèce de contre-UE, mais dans laquelle
00:38:48 tous les autres viennent. - Contre-Union européenne. - Oui, c'est-à-dire
00:38:52 qu'il y a une structuration des marchés, une structuration des projets,
00:38:56 surtout il y a un maillage d'infrastructures et de projets dans tous les sens
00:39:00 de collaboration, de coopération, pas seulement militaire,
00:39:04 scientifique, technologique, industriel. - Donc ça a peu aboutir, car on n'y connaît que temps,
00:39:08 à la création d'une monnaie rivale du dollar ? - Ah oui, je pense qu'à 10 ans,
00:39:12 les BRICS sont en train d'imaginer déjà un panier
00:39:16 de monnaie, ce qu'on appelle la R+ bon, il va y en avoir
00:39:20 peut-être d'autres.
00:39:24 Si vous voyez les mouvements financiers, si vous voyez la manière dont tous ces pays rachètent de l'or
00:39:28 à l'argammanure, à tout ce qu'ils peuvent, etc., ils essaient
00:39:32 de se dégager au maximum de leur dépendance au dollar.
00:39:36 Et donc de leur exposition à
00:39:40 les décisions, les oucas américains. Pardon de ce mot russe
00:39:44 pour parler de l'Amérique, mais en tout cas, voilà la manière
00:39:48 d'imposer. - Mais est-ce que ça pour vous, c'est parti
00:39:52 et ça va se manifester dans les années qui viennent ? - De plus en plus. Mais c'est déjà énorme,
00:39:56 mais on n'en parle absolument pas ici. On n'en parle pas. Là,
00:40:00 on découvre que la Chine et l'Iran, ou que la Chine
00:40:04 et la Russie... - Oui, la Chine vient conclure un accord énorme avec l'Iran.
00:40:08 - Oui, mais il y avait 400 milliards de dollars il y a déjà quelques années.
00:40:12 Tout ça ne fait que se poursuivre. Et l'Inde,
00:40:16 et l'Inde, et l'Égypte, il y a un certain nombre de pays
00:40:20 qui sont aussi des puissances. Alors l'Inde, c'est pas l'Égypte,
00:40:24 mais si vous voulez, tout ça, ça va faire un gros agrégat de ceux
00:40:28 qui ne supportent plus les leçons occidentales. - Est-ce que Swift a
00:40:32 joué un rôle, le blocage des avoirs américains, des avoirs russes,
00:40:36 pardon, par les américains, au moment des embargos, etc., des sanctions ?
00:40:40 - Ils ont sorti la Russie de Swift, et la Russie a fait son Swift à elle.
00:40:44 Voilà. Bon, j'oublie toujours l'acronyme, mais qui marche très bien, merci.
00:40:48 C'est une question de volonté. Et c'est ça, pour moi,
00:40:52 là encore, je ne porte pas de jugement. J'observe.
00:40:56 C'est ça, pour moi. Le sujet, c'est que Vladimir Poutine, en faisant ce qu'il a fait,
00:41:00 il a pris des risques, ça lui coûte une fortune, c'est dangereux politiquement,
00:41:04 c'est lourd,
00:41:08 c'est lourd stratégiquement, sur le long terme, si la guerre dure, etc.
00:41:12 Mais il a montré, au monde entier,
00:41:16 qu'il était possible de résister.
00:41:20 - Oui, à la toute puissance américaine, surtout.
00:41:24 Oui, mais alors, justement, Karim Galaktéros, le problème qui est posé,
00:41:28 c'est que, est-ce que l'Amérique n'est pas prête ? Et la manifestation
00:41:32 de David Alakiev, juste derrière tout ça, n'est pas prête à aller très loin
00:41:36 pour défendre son dollar et l'extériorité ? Parce qu'imaginez-vous,
00:41:40 vous savez très bien à quoi se monte la dette américaine aujourd'hui.
00:41:44 Tant qu'ils ont la planche à billets et qu'ils peuvent fabriquer du dollar comme ils veulent, il n'y a pas de problème.
00:41:48 Mais si on met le dollar, et c'est ce qui est en train de se passer en danger,
00:41:52 jusqu'où pourront-ils aller pour dire "attendez les gars, non, non, c'est pas fini" ?
00:41:56 - Ils vivent au crédit du monde depuis très très longtemps.
00:42:00 - Ça a marché. - Oui, ça a marché tant qu'il n'y avait pas quelque chose en état
00:42:04 de dire "finalement, là maintenant, vous n'êtes plus tout seul".
00:42:08 C'est la volonté de promouvoir l'hégémonie
00:42:12 contre l'évidence, si vous voulez. - Ou faire une autre hégémonie aussi.
00:42:16 Enfin, il faut bien dire. - Oui, mais ça va être un équipe... - Il ne faut pas que Poutine ait aussi peut-être
00:42:20 hégémoniste, si vous voulez. - Je ne pense pas du tout que la puissance russe soit hégémonique.
00:42:24 - Pour le moment, non, en tout cas. - Non, mais culturellement,
00:42:28 ils sont... alors eux, c'est l'inverse.
00:42:32 Ils veulent juste le retour à la charte des Nations Unies, ce qui est déjà
00:42:36 un gros sujet, et pas le monde par les règles,
00:42:40 ce qui est maintenant le nouveau mantra américain, "il n'y a plus d'ordre international, le droit international..."
00:42:44 Non, non, non, passons au monde par les règles. Qui édicte les règles ?
00:42:48 Ah, c'est très intéressant. Donc, si vous voulez, il y a un vrai sujet sur la structure du monde.
00:42:52 Est-ce qu'on accepte sa multipolarité ? - Ou pas, oui. - Ou pas.
00:42:56 Est-ce qu'on travaille en cherchant des équilibres qui seront tous imparfaits ?
00:43:00 Mais où on part du respect des acteurs ? - Juste un mot,
00:43:04 il y avait quand même une double hégémonie au temps de la guerre froide. Il y avait l'URSS
00:43:08 et les Etats-Unis. C'était bipolaire à cette époque-là.
00:43:12 Bon, après, il y a eu toute la période, vous la connaissez au moins aussi bien que moi,
00:43:16 de la fin de l'histoire de M. Fukuyama, on a vu ce que ça donnait,
00:43:20 puis le 11 septembre, etc. Aujourd'hui, en fait, vous dites, est-ce qu'on va accepter
00:43:24 ou ce que ? L'Occident va accepter le monde multipolaire. - Il faut l'accepter.
00:43:28 Sinon, nous, on est morts. Nous, les Européens, dans ce monde qui va
00:43:32 exister de toute façon. Ce que je veux dire, c'est que la pensée magique a des limites.
00:43:36 Donc, si vous ne l'acceptez pas, ça ne veut pas dire que ça n'existera pas.
00:43:40 Ça va exister, mais contre vous. - Mais voilà.
00:43:44 - Donc, il faut comprendre ça. Il faut redimensionner
00:43:48 toutes nos politiques, toutes nos projections d'influence,
00:43:52 tous les partenariats qu'on fait. Il faut désidéologiser tout ça.
00:43:56 Et ça, pour l'instant, on n'est pas capable. On est dans un manichéisme et une propagande
00:44:00 absolument ahurissante, sauf que c'est en train de nous péter à la figure.
00:44:04 - Oui, la fameuse perception.
00:44:08 Le réel, on s'en fout. Ce qui compte, c'est notre perception du réel.
00:44:12 - C'est comme dans la société, d'ailleurs. - Voilà. On continue
00:44:16 dans le wokisme généralisé, y compris géopolitique,
00:44:20 avec Karolin Galakteros. Et après cette petite pause,
00:44:24 nous accueillerons les auditeurs de Sud Radio, qui, je suis sûr, ont beaucoup de choses à nous dire.
00:44:28 - Beaucoup de choses à nous dire. Les auditeurs appellent beaucoup au 0826-300-300
00:44:32 et vous continuez à nous appeler. On vous donne la parole sur Sud Radio. A tout de suite.
00:44:36 Ici Sud Radio.
00:44:40 Les Français parlent au français.
00:44:44 Les carottes sont cuites.
00:44:48 Les carottes sont cuites.
00:44:52 - Et oui, nous continuons à parler de ce bouleversement géopolitique mondial
00:44:56 que, dont la guerre Russie-Ukraine a donné
00:45:00 effectivement une illustration très forte en ce moment avec Karolin Galakteros
00:45:04 et nous allons évidemment recevoir bientôt les questions des auditeurs
00:45:08 de Sud Radio. En fait, alors, on parle des chiffres.
00:45:12 Il faudrait peut-être parler des chiffres, parce que quand même, il faut bien dire,
00:45:16 vous savez, certains disent "oui, alors ce sera la guerre
00:45:20 jusqu'au dernier Ukrainien" et c'est vrai que les
00:45:24 Ukrainiens se font massacrer, enfin en tout cas les soldats, etc.
00:45:28 Alors, où en on en est exactement ? Mais je voudrais des chiffres qui ne soient pas biaisés. Est-ce que vous en avez, Karolin Galakteros ?
00:45:32 - Alors, écoutez, il y en a qui ont été données assez récemment
00:45:36 via la presse turque, comme des chiffres
00:45:40 venant du Mossad et c'était au 15 janvier.
00:45:44 Enfin, les chiffres ont été arrêtés à peu près au 15 janvier.
00:45:48 - D'accord, il y a un mois, oui. - Et on arrive à
00:45:52 donc, écoutez bien,
00:45:56 157 000 morts ukrainiens
00:46:00 - Soldats ? - Soldats, oui.
00:46:04 - Est-ce qu'on sait le nombre des Russes ? - Et le nombre des Russes,
00:46:08 d'après cet état des lieux, est de
00:46:12 18 000 quelque chose. - D'accord. - Donc, on est
00:46:16 de 1 à 10, mais à l'inverse de ce qu'on raconte depuis un an.
00:46:20 Puisqu'on raconte depuis un an que l'armée russe est en morceaux, qu'ils s'habillent chez Descatelons,
00:46:24 qu'ils n'ont plus rien, les pauvres,
00:46:28 enfin c'est lamentable, ils sont tellement mauvais. - Chaque excès que Russie-Ukraine, c'est pas la même
00:46:32 - Non mais on est dans un délire, oui, mais si vous écoutez les plateaux, c'est-à-dire pour
00:46:36 faire consentir les populations, non seulement à plus mettre de chauffage,
00:46:40 mais à ce qui les attend économiquement, qui est quand même pas
00:46:44 très brillant, même si on continuera à faire des chèques, enfin, jusqu'à un certain point,
00:46:48 parce qu'on est très endettés nous-mêmes. Donc pour faire consentir les gens à la guerre,
00:46:52 il faut quand même, à un moment donné, leur raconter n'importe quoi, quand la réalité
00:46:56 - Et c'est pas nouveau, le bourrage de crâne, comme on dit. - Donc, 1 à 10
00:47:00 en faveur de la Russie concernant les morts, et 1 à
00:47:04 7 à 8 concernant les blessés. - D'accord.
00:47:08 - Donc, c'est assez... - C'est les chiffres du Mossad
00:47:12 donnés par la presse turque. - Voilà. - Bon, on va vérifier, mais...
00:47:16 - Alors, vous pouvez arrondir, baisser, il y a des chiffres donnés par une organisation
00:47:20 il y a quelques jours, là, qui s'appelle
00:47:24 j'ai oublié, qui s'appelle, enfin, une organisation
00:47:28 américaine, je crois bien, qui dit que c'est même pas 18 000 morts,
00:47:32 c'est 14 000, le côté russe. - Mais alors, comment vous expliquez...
00:47:36 - Et je termine, une chose très importante, parce que là, on est parti en plein délire
00:47:40 les crimes contre l'humanité, les massacres, les viols de masse
00:47:44 tout ça, côté russe, les ukrainiens, bien sûr, étant des anges, c'est bien connu
00:47:48 même si dans toute guerre, il y a des crimes de guerre, naturellement. - Bien sûr, il y en a.
00:47:52 - Il faudrait quand même se calmer un peu. L'ONU, le commissariat
00:47:56 des Nations Unies au droit de l'homme
00:48:00 en février, là, a publié son dernier
00:48:04 bilan, qui fait état de 7 000 morts civiles
00:48:08 depuis un an, ce qui est déjà 7 000 de trop, on est d'accord. - Bien sûr.
00:48:12 - Et de... pour arriver à dire... et de 13 000
00:48:16 blessés civils. - Hum. - Voilà. - Oui. Alors,
00:48:20 mais justement, encore une fois, nous parlions des dirigeants
00:48:24 d'Europe, mais en fait, en Amérique, qui est quand même, de ce point de vue-là,
00:48:28 la liberté d'expression est quand même plus grande, en reconnaissant ça, l'Amérique qui est d'ailleurs
00:48:32 je dirais que l'Amérique a beaucoup de qualités, beaucoup de défauts, mais enfin moi,
00:48:36 j'aime bien les États-Unis, j'aime moins peut-être certains aspects
00:48:40 il faut dire, de la politique américaine, mais je reviens à l'essentiel.
00:48:44 Il y a quand même une liberté d'expression, même si elle est...
00:48:48 elle n'est pas complète, c'est le moins qu'on puisse dire, mais, eh bien, beaucoup... comment ça se fait que
00:48:52 certains militaires américains, certains
00:48:56 dirigeants américains, est-ce que c'est pas, entre guillemets,
00:49:00 un autisme en disant "il ne faut pas rompre le front commun, le front uni"
00:49:04 ne s'élèvent pas sur cette conduite de la guerre, sur cette gestion
00:49:08 de la guerre ? Je parle de l'Amérique, là.
00:49:12 - Alors, d'abord, effectivement, les meilleures sources, les meilleures sources,
00:49:16 moi, en tout cas pour moi, meilleures sources ouvertes, d'évaluation du
00:49:20 conflit au plan militaire, et d'ailleurs dans l'interprétation des questions diplomatiques aussi,
00:49:24 sont américaines et britanniques. - Ah oui, les meilleures. - Intéressant. Je pense qu'ici
00:49:28 en France, il serait bon quand même de s'y intéresser à tous ces gens-là, parce que ce sont
00:49:32 de véritables mines, et qui ne sont pas démenties par les faits.
00:49:36 Donc, quand même, on pourrait sortir aussi un peu de la pensée magique.
00:49:40 Alors, pourquoi un certain nombre de militaires américains
00:49:44 de haut rang ? - Oui. - Ben, il y en a très peu qui l'ont fait.
00:49:48 Wesley Clark avait osé le faire au début des années 2000, ça lui a
00:49:52 coûté fort cher. Le général Milley, donc le
00:49:56 chef d'état-major américain, si vous voulez, il y a quelques mois disait "Ouh là là,
00:50:00 on se calme, la Russie va gagner, il faut arrêter
00:50:04 les frais, il faut négocier". Il a été remis au pas, il y a trois jours, et il a quand même
00:50:08 expliqué, il faut quand même le faire, dans le genre "retournement
00:50:12 à 180 degrés, c'est extraordinaire", il a expliqué
00:50:16 que la Russie avait perdu. Stratégiquement, tactiquement,
00:50:20 opérationnellement. - Et militairement. - Ce qui est faux, clairement faux,
00:50:24 toute la planète peut le voir, toute la planète informée peut le comprendre. - Oui, mais, on va à ça,
00:50:28 écoutez, qui vivra, qui vivra encore verra. - Il y a un verrouillage du système.
00:50:32 - Oui, mais il n'y a pas d'homme politique en Amérique, juste une question, à votre connaissance,
00:50:36 qui a pris position. Trump se tait, là-dessus. - Trump se tait,
00:50:40 pour l'instant. Moi, il y a une femme, on va me dire
00:50:44 "ça y est, elle est horrible, elle est infréquentable", c'est une femme qui s'appelle
00:50:48 Tulsi Gabbard. - Ah oui, jolie femme en plus. - Très jolie femme.
00:50:52 - Elle est sénatrice, non ? - Sénatrice d'Hawaï ? - Non, non, non, pas d'Hawaï,
00:50:56 non, non, c'est de, oui, Tulsi Gabbard, on la connaît, non, non, c'est pas
00:51:00 Hawaï, mais enfin, bon, on retrouvera ça, Tulsi Gabbard. - Il ne veut rien d'Hawaï. - Lucie a essayé
00:51:04 de voir si on... - Alors, elle, elle y va franco,
00:51:08 elle dit la vérité. Il y a aussi
00:51:12 certains députés européens, l'irlandaise, Claire
00:51:16 Daly... - Ah, il y a des... - Il y a des... - Il y en a quand même
00:51:20 quelques-unes qui osent l'ouvrir et qui le font de manière très véhémente.
00:51:24 - Comme par hasard des femmes, d'ailleurs. Comme par hasard.
00:51:28 - Mais pour le reste, le système est complètement verrouillé. Quand vous voyez ce qui se passe
00:51:32 avec Mark Milley, comme il a changé, on aurait dit Colin Powell
00:51:36 avec sa fiole, quoi. C'est ahurissant.
00:51:40 Moi, j'étais soufflée, là. - En tout cas, écoutez, ce sont des questions, on verra.
00:51:44 Biden, encore une fois, je le rappelle, à Kiev en ce moment.
00:51:48 Qu'est-ce qui va se passer ? A quelle sauce
00:51:52 serons-nous mangés ou pas ? Une vraie, vraie, vraie question.
00:51:56 On en parle toujours avec Caroline Galactéros, qui est géopolitologue,
00:52:00 et avec nos auditeurs. - Et oui, nos auditeurs qui ont beaucoup de questions
00:52:04 et vous continuez de nous appeler au 0826 300 300 et pour
00:52:08 commencer, on accueille Chantal de Bastia. Bonjour, Chantal. - Bonjour, Chantal.
00:52:12 - Bonjour, André. Bonjour, Madame Galactéros. Je suis très,
00:52:16 très contente parce que je l'ai écoutée aussi samedi à l'heure libre.
00:52:20 Et elle a tenu tête à Michel Onfray, ce qui n'est pas
00:52:24 une vraie affaire. - Alors, Chantal, avançons.
00:52:28 - Alors, moi, je voulais poser une question à Madame Galactéros si elle était au courant
00:52:32 de cette rumeur. Enfin, il y a eu des vidéos, mais bon, il faut toujours se mettre sur les vidéos.
00:52:36 Si des soldats, enfin,
00:52:40 des personnes de Daesh seraient
00:52:44 entrées sur le terrain opérationnel du côté de l'armée ukrainienne
00:52:48 parce que, bon, il y a eu quand même un tremblement de terre en Syrie, dans le nord,
00:52:52 où il y avait les prisons, justement, où étaient détenues
00:52:56 les terroristes. Voilà, je voulais savoir si elle était au courant de cette...
00:53:00 - Très bien, Chantal. Oui, Caroline. - Oui, alors, oui, j'ai vu
00:53:04 j'ai vu un ou deux petits
00:53:08 mini-reportages, enfin, mini-petites scénettes où on voit effectivement
00:53:12 des écussions de Daesh. Bon, je ne dirais rien
00:53:16 de... comment dirais-je... dont je sois vraiment sûr
00:53:20 là-dessus. Ce qui est certain, c'est qu'il y a un certain nombre de volontaires
00:53:24 dits internationaux du côté ukrainien.
00:53:28 - C'est clair. - C'est sûr. Alors, d'où viennent-ils, quelles sont leurs allégeances,
00:53:32 quelles sont leurs origines ? On a dit, oui, qu'on avait sorti
00:53:36 un certain nombre de combattants de Daesh, pas beaucoup, et qu'on les avait emmenés sur le théâtre syrien.
00:53:40 Enfin, quand je dis "on", l'Occident. Mais je ne...
00:53:44 - Mais à un moment, il y a eu précaution, là. - Voilà, je pense qu'on a déjà fort à faire
00:53:48 avec déjà les milices ultranationalistes
00:53:52 ukrainiennes. Ça va, c'est déjà pas mal.
00:53:56 - Il y a de quoi faire. Lucien. - Oui, avant la pull, on a le temps de recevoir un deuxième
00:54:00 auditeur, et on va à Marseille recevoir Julien. Bonjour, Julien. - Bonjour, Julien.
00:54:04 - Bonjour, André, bonjour madame Garecteros. Moi, je vous appelle pour savoir
00:54:08 qu'est-ce que vous pensez des rumeaux qui se passent en ce moment en Moldavie, où la
00:54:12 présidente parle de peut-être une couche russe qui se... Et apparemment,
00:54:16 sur Kolbassna, vous avez la plus grande réserve de munitions
00:54:20 d'Europe, avec beaucoup de munitions soviétiques, qui pourraient ranger les ukrainiens.
00:54:24 Et apparemment, il y aurait des vues sur cet entrepôt
00:54:28 de la part des ukrainiens, en complicité certainement avec les forces
00:54:32 spéciales qui les entraîneraient de Britannique pour s'emparer de cet entrepôt.
00:54:36 - Moldavie, c'est ça ? - À Kolbassna.
00:54:40 - Oui, alors comme d'habitude, ce que vous dites
00:54:44 n'est pas faux. C'est effectivement intéressant pour les ukrainiens
00:54:48 qui ont juste quasiment plus de munitions, en tout cas pas pour tenir au-delà de quelques mois,
00:54:52 avec tout ce qu'on leur fournit et qu'on essaie de grappiller partout, en Israël,
00:54:56 en Corée du Sud, enfin, c'est le marché
00:55:00 de l'urgence. Ce qui est vrai,
00:55:04 c'est qu'on commence maintenant, côté occidental,
00:55:08 à faire accréditer l'idée,
00:55:12 à essayer d'accréditer l'idée que la Russie en voudrait à la Moldavie.
00:55:16 Je rappelle que la Russie a la Transnistrie déjà.
00:55:20 Donc, je vois pas pourquoi la Russie aurait besoin
00:55:24 d'aller en Moldavie et de frapper la Moldavie.
00:55:28 Donc, ça me semble, comme d'habitude, c'est l'inversion.
00:55:32 C'est-à-dire, on est en train de monter, peut-être,
00:55:36 une manip, une manœuvre, pour permettre aux ukrainiens
00:55:40 d'aller chercher ce qu'ils ont à faire, ce dont ils ont besoin.
00:55:44 Soit on peut le leur donner, aussi, tout simplement. Et on doit être en train de dire
00:55:48 aux autorités moldaves "Bon, il faut monter la sauce un peu, il faut expliquer
00:55:52 que vous êtes menacés". La Transnistrie est une région qui contrôle le russe.
00:55:56 - Ce sont des rumeurs, quand même, à l'aujourd'hui. - Oui, ce sont des rumeurs. Non, mais il y a aussi des rumeurs, ce matin,
00:56:00 sur une bombe sale à partir de déchets radioactifs.
00:56:04 - Que l'Ukraine s'afficherait elle-même, etc. - Voilà.
00:56:08 Il y a énormément, dans cette guerre des perceptions,
00:56:12 qui est en parallèle et de plus en plus en choc frontal
00:56:16 avec celle de la réalité et de l'attrition russe
00:56:20 sur les forces armées ukrainiennes, la démilitarisation, comme ils l'ont dit,
00:56:24 il y a beaucoup, beaucoup de choses.
00:56:28 - C'est très difficile. - Ça fait partie du narratif des guerres.
00:56:32 - C'est le brouillard, on essaie de faire peur, on essaie d'inquiéter, on essaie de faire monter l'angoisse
00:56:36 et on essaie de faire monter l'acquiescement occidental
00:56:40 à la surenchère, parce que quand même, derrière, il y a ça. Moi, c'est ça qui m'inquiète.
00:56:44 C'est l'acquiescement des populations occidentales
00:56:48 au besoin du pouvoir
00:56:52 néoconservateur qui est clairement encore bien en place
00:56:56 aux Etats-Unis. - Lucien, on va tourner une rapide page de pub
00:57:00 et on ira à Bordeaux pour recevoir Marc et vous continuez de nous appeler au 0i126
00:57:04 300 300, à tout de suite sur Sud Radio.
00:57:08 Ici Sud Radio.
00:57:12 Les Français parlent au français.
00:57:16 Je n'aime pas la blanquette de veau.
00:57:20 Je n'aime pas la blanquette de veau.
00:57:24 Ici Fabrizio Bercoff, dans tous ses états. - 13h45 sur Sud Radio.
00:57:28 Vous avez la parole dans le face à face avec Caroline Galakteros
00:57:32 pour revenir sur la situation en Ukraine et on accueille Marc de Bordeaux.
00:57:36 Bonjour Marc. - Oui, bonjour Marc. - Oui, bonjour.
00:57:40 Je suis à Bordeaux, je suis le fondateur
00:57:44 d'un collectif citoyen, parce que je crois que nos dirigeants
00:57:48 sont en train de nous entraîner dans un processus d'escalade
00:57:52 qui peut nous conduire à la guerre mondiale éventuellement
00:57:56 et les citoyens, on a oublié de leur demander leur avis tout simplement.
00:58:00 - Ah, ça c'est clair. - Donc, voilà, nous sommes
00:58:04 des gens de tous bords politiques, nous sommes
00:58:08 apartisans, nous sommes également
00:58:12 ni pro-russes ni pro-ukrainiens, nous observons les choses du point de vue français
00:58:16 et donc nous essayons
00:58:20 de lancer notre action, nous avons déjà des groupes
00:58:24 des contacts avec des gilets jaunes, etc. Nous sommes encore
00:58:28 assez peu nombreux, c'est quelques dizaines de personnes actives
00:58:32 et donc nous avons, alors je vais poser ma question
00:58:36 - Oui, allez-y, posez votre question Marc, oui. - Oui, nous avons un objectif
00:58:40 qui est de faire en sorte que la France
00:58:44 fasse un petit peu ce qu'avait fait Jacques Chirac en 2003
00:58:48 c'est-à-dire qu'elle prenne une position
00:58:52 de désescalade et la question que je voulais poser à Madame Galactéros
00:58:56 c'est si nous aboutissons à ce résultat
00:59:00 est-ce qu'elle pense que d'autres pays européens
00:59:04 pourraient être tentés de suivre l'exemple de la France ?
00:59:08 - Ah oui, ben là vous me donnez de l'espoir, là, j'ai très envie de vous rencontrer.
00:59:16 Non mais il est évident que si la France était capable d'avoir le courage
00:59:20 de faire un pas de côté et de dire
00:59:24 maintenant il faut arrêter avant que ça n'aille trop loin
00:59:28 et avant qu'on ne puisse effectivement, pourquoi pas, déraper
00:59:32 c'est-à-dire, c'est ça la grande question, jusqu'où chaque partie
00:59:36 mais singulièrement je pense beaucoup plus à la partie occidentale
00:59:40 chaque partie est-elle capable d'aller et d'aller éventuellement trop loin
00:59:44 et dans le cas occidental, pour ne pas perdre la face
00:59:48 alors que militairement on voit bien que la guerre est très mal engagée
00:59:52 pour l'Ukraine, si vous voulez, et très bien engagée pour les Russes.
00:59:56 Donc, faire un pas de côté, ça veut dire arrêter immédiatement
01:00:02 parce que jusqu'à présent on n'a pas demandé leur avis aux Français
01:00:06 parce qu'on n'a pas déclaré la guerre, parce qu'on explique qu'on n'est pas cobelligérant
01:00:10 - Mais même au Parlement, il n'y a pas eu de discussion là-dessus
01:00:14 - Non, non, mais il n'y a rien, tout le monde se dit, comme dirait les militaires, c'est un pot de puce
01:00:18 on n'y touche pas, on ne donne pas notre avis, bon voilà
01:00:22 mais c'est un vrai sujet, le fait d'embarquer comme ça une population
01:00:28 de l'endormir à coup de propagande et ensuite de la faire acquiescer
01:00:34 à un engagement via l'OTAN qui non seulement va contre ses intérêts immédiats
01:00:40 mais qui est extrêmement dangereux potentiellement, parce que si vous regardez
01:00:44 les dernières déclarations des responsables de l'OTAN, là ils viennent de réaffirmer
01:00:50 que la Chine comme la Russie étaient leurs ennemis systémiques et que l'objectif
01:00:54 de l'Alliance était de s'opposer à cette menace. - Oui mais Caroline, ça c'est un langage
01:00:58 qui peut changer, le problème pour demander la question de Marc, est-ce qu'aujourd'hui
01:01:02 le gouvernement français, les responsables tels qu'il faut, pourquoi il n'y a pas une voix aussi
01:01:08 - Il y en a quelques-unes, mais elles ne sont pas dans le gouvernement
01:01:12 - Mais elles ne sont pas au pouvoir - Ah ben non, elles ne sont pas au pouvoir
01:01:14 - Mais est-ce que c'est possible d'engager seule, enfin le gouvernement français mettons
01:01:18 qui change d'avis, d'engager une désescalade, c'est faisable, il faudrait faire quoi concrètement ?
01:01:24 - Ben concrètement déjà on arrête de livrer des armes, on explique, on arrête de dire aux Russes
01:01:30 qu'on ne peut pas les écraser parce que ça franchement ça fait rire, c'est pas sérieux
01:01:34 on propose une conférence pour la paix, on calme le jeu, parce que ce qu'on ne comprend pas
01:01:40 ce qu'on n'a pas l'air de bien saisir, c'est que vu le rapport de force militaire
01:01:46 plus ça va aller, plus les conditions d'une paix vont être terribles pour l'Ukraine
01:01:52 donc c'est bien gentil de vouloir se battre jusqu'au dernier ukrainien et pour la démocratie en Ukraine
01:01:57 mais là elle est déjà en morceaux l'Ukraine et elle va déjà renoncer dans un accord de paix
01:02:03 à une partie de son territoire, c'est clair, c'est net, tout le monde le sait, même les Américains le disent
01:02:08 je ne parle pas seulement de la Crimée, donc il faut arrêter l'effraie et il faut revenir
01:02:14 pour moi il faut monter d'un niveau, il faut monter à la préoccupation qui devrait être celle de tous les Européens
01:02:20 et singulièrement de la France qui est quand même membre permanent du Conseil de sécurité et puissance nucléaire
01:02:25 qui est rétablir les bases d'une sécurité en Europe, c'est à dire que l'Ukraine non seulement soit sûre
01:02:33 dans les frontières qui seront celles qu'elle aura, voilà, elle a joué, c'est un pari
01:02:39 mais au-delà il doit y avoir des garanties croisées, ça ne peut pas continuer comme ça
01:02:45 - Mais à la limite dans un accord comme ça l'Ukraine pourrait faire partie de l'Union Européenne
01:02:50 - De l'Union Européenne ? Peut-être, mais enfin ça c'est encore un truc qui va nous coûter des véritables fortunes
01:02:56 mais il est évident que l'OTAN c'est juste, c'est la ligne rouge, on le savait, ça fait 15 ans qu'on en parle en Russie
01:03:07 et qu'on le dit partout et qu'on propose 12 000 solutions pour ne pas en arriver là
01:03:12 donc il faut arrêter de se mentir quand même, on a joué et on est en train de perdre, voilà
01:03:19 - Et il ne faudrait pas que ça arrive justement à ce dérapage, parce qu'aujourd'hui dérapage ça veut dire nucléaire
01:03:25 - Oui c'est ça - Ça peut être nucléaire, il faut faire attention à ça
01:03:28 - Ça peut être nucléaire ou ça peut être un engagement où des forces de membres de l'OTAN
01:03:31 qui ne seront pas forcément américaines en tant que telles, seraient engagées, enfin c'est complètement fou
01:03:38 - Tout est possible - C'est complètement fou
01:03:39 - Lucien, merci beaucoup Marc, et on va à Perpignan pour recevoir Mohamed, bonjour Mohamed
01:03:46 - Bonjour à vous, bonjour M. Berkow et à vos invités et aux auditeurs
01:03:50 - Bonjour Mohamed - Bonjour Mohamed
01:03:52 - Ma question c'est, est-ce que Geneski n'est pas un bâtenguerre qui est dans le même des américains
01:03:59 est-ce que nous on a intérêt à se fâcher avec la Russie et peut-être un petit peu avec la Chine
01:04:04 et peut-être se couper un petit peu au niveau commercial de l'Afrique
01:04:09 et demain l'Ukraine va être reconstruite, par qui ?
01:04:13 Par les anglais qui déjà ont un pied en Ukraine, par l'industrie d'armement américaine, européenne
01:04:23 et demain il nous arrive la même chose à notre pays, à notre conflit
01:04:27 est-ce que les américains vont encore imposer leurs lois en Europe ?
01:04:31 Est-ce qu'il n'est pas temps de s'entendre entre européens ?
01:04:34 - Mohamed, plusieurs questions et très bonnes questions
01:04:36 mais je voudrais peut-être que Caroline Galactéros, parce que déjà on pense et on le sait à la reconstruction de l'Ukraine
01:04:42 qui a engagé des milliards et des milliards de dollars
01:04:45 et alors on dit que Black Rock est déjà sur les rangs sinon partie prenante
01:04:51 - Mais bien sûr !
01:04:52 - C'est une affirmation ou c'est une rigelle ?
01:04:54 - Oui, bien sûr, les grands fonds américains sont déjà là
01:04:58 ce qui peut arriver, ça nous est déjà arrivé dans le cadre de l'adhésion d'autres membres
01:05:03 de l'ex-espace soviétique à l'Union Européenne
01:05:07 c'est-à-dire que c'est nous qui allons financer la reconstruction etc.
01:05:10 mais ce n'est pas forcément nos entreprises qui vont en bénéficier
01:05:13 on sait ce qu'il advient généralement des opérations de reconstruction
01:05:17 ce qu'on dit c'est qu'au moins les deux tiers et même plus de l'aide
01:05:25 soi-disant donnée chaque semaine, les pledging etc.
01:05:33 tout ça ce ne sont pas des dons
01:05:35 il y a entre 20 et 30% de dons
01:05:38 le reste c'est des prêts
01:05:40 ce qui veut dire que l'Ukraine, quand on parle de la souveraineté ukrainienne
01:05:43 il n'y a plus de souveraineté ukrainienne économique déjà
01:05:48 c'est fini, voilà
01:05:50 - Et quand on dit, dites-vous !
01:05:52 - Et je suis entièrement d'accord avec tout ce qu'a dit Mohamed
01:05:54 c'est évident qu'on doit revoir complètement notre vision du monde
01:06:00 c'est ce que j'ai dit tout à l'heure en parlant de la bascule
01:06:02 il faut qu'on se situe nous aussi comme un ensemble européen
01:06:05 et comme des puissances qui font ensemble puissance
01:06:08 - Et d'ailleurs l'Europe devrait être médiatrice et neutre
01:06:10 - Totalement, en tout cas la France doit être non-alignée
01:06:13 parce que dès qu'elle est, je le répète, c'est évident, c'est mathématique
01:06:19 c'est une question de, dès qu'on est aligné, dès qu'on est dans un camp
01:06:23 on ne sert plus à rien
01:06:25 on ne sert plus à rien
01:06:27 puisqu'on sait très bien, il vaut mieux s'adresser au bon Dieu qu'à ses saints
01:06:30 et donc que Paris parle d'ailleurs, c'est ce qu'on lui répond à Moscou
01:06:35 on lui dit écoutez...
01:06:37 - C'est ce qui se passe, c'est clair
01:06:39 - On ne vous écoute plus parce que vous n'avez plus d'utilité marginale, résiduelle et encore moins centrale
01:06:45 - Merci beaucoup Mohamed
01:06:47 et on va à Lyon pour recevoir Serge, bonjour Serge
01:06:50 - Bonjour Monsieur Barkoff, bonjour Madame Galactéros
01:06:53 - Bonjour Serge
01:06:54 - Alors je vous appelle concernant le fait qu'on veut confisquer les arvoires russes en Europe
01:06:59 et vendredi la Russie a annoncé qu'elle prendra des mesures réciproques
01:07:05 alors je me demandais si, comme la Russie annonce, les arvoires européens en Russie
01:07:11 sont plus importants que les arvoires russes en Europe
01:07:14 et ensuite, c'est quoi l'idée de confisquer les arvoires russes pour les fournir finalement à l'Ukraine
01:07:22 pour la reconstruction de l'Ukraine
01:07:24 et donc on ne gagne rien, c'est l'Ukraine qui gagne
01:07:27 en revanche, nos arvoires sont confisquées en Russie
01:07:30 et donc c'est la Russie qui gagne aussi
01:07:32 donc nos entreprises, nos oligarques et nos gouvernements perdent de l'argent
01:07:37 au profit de l'Ukraine et la Russie
01:07:39 - Tout à fait, je suis entièrement d'accord
01:07:43 mais ça c'est un vrai sujet, c'est que l'Europe se tire sans arrêt une balle dans le pied
01:07:49 et que justement la réduction de la compréhension du monde
01:07:53 à un prisme purement idéologique, à de l'antirussisme pavlovien et à finalement...
01:08:01 - Vous n'avez pas dit primaire !
01:08:03 - Oui primaire, enfin pavlov ça me va bien
01:08:06 voilà, nous cible, nous coupe les ailes, les pieds, les pattes, le bec
01:08:13 enfin je veux dire, ça de ce point de vue là
01:08:16 on avait même pas besoin de l'attentat ou du sabotage de Nord Stream 1 et 2
01:08:21 l'économie européenne est durablement coupée de l'économie russe
01:08:29 et c'est extrêmement regrettable
01:08:31 ça ne veut pas dire que la Russie ne cherchera pas à recréer des liens le moment venu
01:08:36 et j'espère que nous aurons l'intelligence de les favoriser
01:08:39 mais ça va prendre du temps, parce qu'il n'y a plus de respect, il n'y a plus de confiance, il n'y a plus rien
01:08:43 - C'est surtout la confiance
01:08:44 - Voilà, pas tellement dans la communauté d'affaires mais politiquement il n'y a plus de confiance
01:08:47 - Mais c'est vrai, surtout que nous avions un de nos ministres les plus brillants qui disait qu'il y a 3 mois, encore 4 mois, nous allons faire s'effondrer l'économie russe
01:08:54 - Oui, oui
01:08:55 - On a vu les résultats, et on a le temps ou pas ? Non je crois qu'on n'a pas le temps
01:08:59 alors on prend un dernier audit
01:09:01 - On va falloir faire vite, merci beaucoup Serge
01:09:03 et on accueille Manu Delacano, bonjour Manu
01:09:05 - Bonjour Manu
01:09:06 - Oui, bonjour André, bonjour à votre invité
01:09:09 - Bonjour André
01:09:10 - Je voudrais tout d'abord remercier Sud Radio pour cet autre son de cloche que l'on a sur cette guerre
01:09:18 parce que c'est vraiment insupportable tout ce narratif que l'on entend partout
01:09:22 et alors qu'on voit très bien nous, simples citoyens, on peut la vérité se dessiner
01:09:27 et je voudrais juste réagir par rapport à un auditeur qui vous a appelé, qui s'appelait Marc, là il y a quelques minutes
01:09:33 - Oui
01:09:34 - Qui a monté un collectif sur Bordeaux, étant pas loin, j'aurais bien aimé pouvoir rentrer en contact avec lui
01:09:39 parce que je crois qu'on a besoin de tous ces citoyens
01:09:42 - Vous avez raison
01:09:43 - On a besoin en tant que citoyen de pouvoir se montrer qu'on est pour la paix en Europe
01:09:48 - Tout à fait, Marc alors écoutez, rappelez-nous, ou comme ça, on va s'en occuper
01:09:55 rappelez-nous là et on va vous donner les coordonnées de notre auditeur, voilà
01:10:01 Merci, juste un dernier mot, nous arrivons à la fin d'émission, on pourra parler pendant des heures
01:10:06 Caroline Galacteros, en fait, on va vous poser la question qui ne fâche pas, non ?
01:10:11 Vous êtes optimiste ou pessimiste ?
01:10:13 Aujourd'hui, à l'heure où on parle, sur l'issue de tout cela, est-ce que ça va se calmer ?
01:10:18 Un jour, je ne dis pas demain, mais...
01:10:20 Ou ça va durer encore longtemps ?
01:10:23 Ça va durer jusqu'à ce qu'il ne soit absolument plus possible de faire semblant
01:10:32 Et à ce moment-là, il va falloir compter sur un petit morceau d'intelligence de situation résiduelle
01:10:42 à la Maison-Blanche, voilà, et au secrétariat d'État, autour d'Anthony Blinken
01:10:49 et sur la retenue et je dirais, en fait, la capacité de chacune des deux parties
01:10:56 je ne parle même pas de l'Ukraine, parce que l'Ukraine est encore une fois un instrument
01:11:00 Les Zelensky, à un moment donné, sera peut-être sorti du jeu
01:11:04 parce que son jusqu'auboutisme, pour l'instant, est utile
01:11:07 mais il y a un moment où il ne sera plus utile, il sera même contre-productif
01:11:10 Donc, la question c'est, il faut qu'à un moment donné, chaque partie comprenne
01:11:16 qu'elle doit permettre à l'autre, compliqué, de sauver la face
01:11:20 - De sauver la face, absolument - De sauver la face
01:11:22 - C'est toujours ça, il faut sauver la face - Et c'est comme ça qu'on va pouvoir arriver à quelque chose
01:11:26 et stabiliser sécuritairement cette situation
01:11:30 à mon avis, quand même, au profit de ce qui restera d'Ukraine
01:11:34 et c'est pour ça qu'il ne faudrait pas trop attendre
01:11:36 - Acceptons-en l'augure, merci Caroline Galacteros
01:11:39 C'était le Face à Face du lundi, fin février, avec Caroline Galacteros
01:11:43 géopolitologue pour revenir sur la situation en Ukraine
01:11:46 Merci d'être toujours aussi nombreux à nous écouter
01:11:48 Tout de suite, l'émission de Brigitte Lahaie, à tout de suite sur Sud Radio
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