00:00Sud Radio, le grand matin week-end, 7h-10h, Laurence Perrault.
00:05Et dans quelques instants, si vous êtes juste réveillé que vous venez d'allumer votre poste de radio,
00:10déjà merci, merci de nous faire confiance et de rejoindre Sud Radio pour votre matinée.
00:15On va avoir le plaisir d'accueillir Valérie Expert qui va nous proposer deux livres encore à dévorer
00:20parce qu'on a encore le droit de lire, toute l'année et pas que l'été.
00:23Mais tout de suite, je voudrais accueillir notre invité, il s'agit de Noël Michaud.
00:27Bonjour Noël.
00:28Bonjour.
00:29Vous êtes agriculteur, paysan, maraîcher à Angoulin, en Charente-Maritime.
00:32Vous êtes également porte-parole de la Confédération Paysanne de Charente-Maritime,
00:37très joli département, numéro 17.
00:39Alors après avoir un été marqué par la sécheresse et de très très forte chaleur,
00:45vous tirez tous les agriculteurs de France la sonnette d'alarme.
00:49Je voudrais savoir, Noël, concrètement, déjà vous, à titre personnel,
00:53comment s'est passé cet été sur votre exploitation où vous êtes maraîcher ?
00:58C'est un été rude, dur, très compliqué, que ce soit pour les animaux, pour les végétaux et pour les
01:07humains,
01:07parce que ça a été vraiment rude, même si on est passionné par nos métiers.
01:13Là, la météo ne nous a pas fait de cadeaux.
01:16Voilà, donc nous, sur la ferme, ça se concrétise par un manque de 25 000 euros juste sur la partie
01:23grande culture,
01:24avec une forte baisse de rendement et du fait des chaleurs.
01:28Voilà, c'est ça, parce que vous, là, vous me parlez en euros,
01:29mais concrètement, quand on ne connaît pas vos métiers, c'est effectivement baisse de culture et baisse de rendement.
01:34Oui, oui, grosse baisse de rendement et tout, oui, 25 000 euros, mais c'est sur une petite surface,
01:39c'est juste sur 40 hectares de culture en bio, donc voilà.
01:42Mais en fait, oui, ça va de 30 à 50 % de moins en rendement céréal, par exemple.
01:49Les cultures d'été qui ne sont pas encore récoltées, il y en a qui ne vont pas se récolter
01:53parce qu'il n'y a rien.
01:54Et puis d'autres, ça va être 90 % de moins, 80-90, oui.
01:57Ouah ! Alors, on va faire aussi un clin d'œil, enfin, beaucoup d'amour pour nos amis vignerons,
02:02parce qu'eux aussi, ça va être compliqué, et particulièrement, j'ai entendu, là,
02:06évidemment, dans la région de Blaillet, où il y a encore eu un orage de grêle
02:10et où certains de vos collègues vignerons ont perdu 80 % de leur récolte,
02:14c'est-à-dire que les vendanges devaient commencer deux jours après, il y a 80 % de raisins au
02:18moins.
02:19La situation était difficilement prévisible à ce niveau-là, Noël.
02:24Est-ce qu'on aurait quand même pu mieux s'y préparer ?
02:28De toute façon, il y a longtemps qu'on sait que le changement climatique est là.
02:33Peut-être qu'il a été plus vite que prévu.
02:36Toujours est-il qu'on n'a pas mis toutes les chances de notre côté pour le modérer un peu.
02:43Je ne sais pas, après, voilà, c'est facile à dire maintenant.
02:46Toujours est-il que là, on cherche des solutions d'urgence,
02:50mais il faut chercher des solutions d'urgence pérennes parce que ça risque de se reproduire.
02:56Donc là, on parle des grandes cultures, on parle du vin, des raisins, des vignobles et tout ça.
03:01Le maraîchage, c'est pareil, c'est vraiment une catastrophe aussi cette année.
03:04Il va y avoir des manques de légumes un peu partout et c'est compliqué.
03:08Bon, j'ai aussi, moi, pris la grêle.
03:10Donc, je m'attendais à ce que les légumes d'hiver, ils étaient bien partis et tout, les légumes automne
03:14-hiver.
03:14Et en fin de compte, en une minute trente de gale, j'ai perdu 16 000 piétchoux, les blettes, etc.
03:20Enfin, tous les légumes d'hiver qui étaient en place.
03:23Donc, après la sécheresse, après des manques de production, on se dit, voilà, c'est bien parti pour l'automne
03:28-hiver.
03:28Et en fin de compte, on reprend un coup dessus et à force, on ne sait plus comment on va
03:33faire.
03:35Est-ce que vous allez demander à vos banques de vous aider ?
03:38Quel est votre rapport avec eux ?
03:40L'État, a priori, et la ministre de l'Agriculture, devraient annoncer des mesures ?
03:44Oui, ben là, on attend ça, on attend les annonces de la ministre.
03:47Pour l'instant, au niveau des départements, de tous les départements, en fait, on fait des remontées, des crises,
03:52on fait des réunions de crise sécheresse pour que les préfets remontent les informations.
03:56Donc ça, la ministre a rencontré tous les préfets le 27 août et fait une annonce le 3 septembre sur
04:03les mesures mises en place
04:04pour éviter qu'il y ait trop d'agriculture qui arrête, quoi.
04:07Parce que là, on s'en va vers ça.
04:10Il y a ceux qui ont la volonté d'arrêter parce que c'est trop dur.
04:13Et il y a ceux qui seront obligés d'arrêter parce qu'il y aura une réalité économique.
04:19Et c'est là où c'est dangereux, quoi.
04:23Pourquoi ?
04:24Parce qu'il faut bien continuer à manger, il faut bien continuer à entretenir nos territoires,
04:30il faut bien continuer à produire.
04:31Enfin, il y a les agriculteurs, mais il y a tout ce qu'il y a autour de l'agriculture,
04:36qui est, mine de rien, qui brasse quand même du monde, qui brasse des salariés,
04:40qui brasse des coopératives, qui brasse des financiers.
04:43Et là, oui, je pense que cette année, c'est vraiment très grave.
04:46Et c'est pas juste localisé, en plus.
04:49C'est ça qu'il n'y a aucune culture cette année qui s'en sort.
04:52Et c'est vraiment sur tout le territoire.
04:54Oui, c'est ça. Parce que vous, vous êtes Noël Michaud à Angoulin,
04:57vous êtes agriculteur maraîcher,
04:58vous êtes porte-parole de la Confédération Paysanne de la Charente-Maritime,
05:01mais vous savez et vous êtes en contact également avec tous vos collègues de la France entière.
05:06Oui, bien sûr, on échange.
05:08Aujourd'hui, c'est même pas une histoire de syndicat, on est tous impactés.
05:11Donc, à un moment donné, il faut qu'on arrive à trouver des solutions communes.
05:16Là, c'est ok, on a des façons de voir différentes,
05:18mais là, on est vraiment tous impactés.
05:20Noël, si on regarde encore plus loin,
05:22ça veut dire que si notre agriculture n'arrive pas à se relever,
05:25alors vous allez me dire, un été, c'est pas non plus toute une histoire de vie,
05:27mais quand même, parce que vous subissez,
05:29il n'y a pas que le climat,
05:31mais il y a d'autres, malheureusement,
05:33réalités qui font subir à l'agriculture française des choses pas très positives,
05:37ça veut dire que même dans 5 ans, 10 ans,
05:39peut-être que tout ce qui va nourrir la France,
05:40je vais faire exprès d'être excessive,
05:42arrivera des autres pays ?
05:44Peuvent arriver des autres pays ?
05:45Alors là, après, on ne sait pas à quoi s'attendre,
05:49mais une chose est sûre,
05:50c'est qu'aujourd'hui, il faut vraiment prendre des mesures
05:51sur du moyen long terme
05:54pour arranger nos situations,
05:55parce qu'on sort de plusieurs années en difficulté,
06:00parce que déjà, nos prix ne sont pas rémunérateurs,
06:04donc en fait, on ne peut pas faire face aux aléas,
06:06parce que, tout simplement,
06:08on ne vit pas de nos métiers déjà, à la base.
06:11Donc, on est obligé de passer par des systèmes assurantiels,
06:15notamment l'assurance climatique,
06:17pour tout ce qui est grande culture et tout,
06:19une partie prise en charge par le paquet et tout,
06:21à condition d'avoir des cultures assurables.
06:23Vous prenez le maraîchage, par exemple,
06:24ce n'est pas assurable,
06:24donc, on n'a que nos yeux pour pleurer, quoi.
06:27Merci beaucoup d'avoir donné votre réalité
06:29sur l'antenne de Sud Radio.
06:30Vous savez qu'on parle vrai
06:31et qu'on laissera toujours les micros ouverts
06:33pour que l'on puisse, chacun d'entre nous,
06:35se confronter à la réalité des autres
06:38et comprendre ce qui va se passer.
06:39Noël, évidemment, vous nous tenez au courant,
06:41Sud Radio et votre radio également,
06:43en Charente-Maritime.
06:44Et puis, je vous rappelle qu'on écoute Sud Radio,
06:45maintenant absolument partout en DAB+.
06:48Vous pouvez nous écouter là où vous habitez.
06:50Merci Noël et bon courage à vous.
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