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  • il y a 7 semaines
«Si l'on ne revoit pas le paysage informatique Français, il faut s'attendre à une augmentation des attaques», a expliqué Laurent Maréchal, expert en cybersécurité, dans 100% Actu.

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Transcription
00:00Oui, on est dans une continuité, on parle de Zero Bytes aujourd'hui,
00:03qui sont encore une fois les acteurs qui ont revendiqué les attaques de la DGFIP il y a quelque temps.
00:08Alors finalement, de ce que l'on sait aujourd'hui, ils ont opéré une méthodologie qui est plutôt très classique,
00:15qui réside en trois étapes, une phase de reconnaissance,
00:18où ils vont pouvoir exploiter des vulnérabilités plutôt d'ordre technique,
00:23de manière ensuite à se propager dans le système d'information,
00:25et de manière finalement à pouvoir accéder à ce qu'ils souhaitent,
00:31autrement dit en l'occurrence un fichier contenant 48 millions de personnes enregistrées chez Zéro Logement Vacant.
00:40Alors par analogie, ça peut être intéressant peut-être de comparer par rapport à un individu
00:48qui déroberait un badge, pourrait se mouvoir dans un immeuble,
00:52de manière à aller ensuite à la salle des archives et dérober l'ensemble de ces informations-là.
01:00Alors, ce qui est important, c'est de dire qu'aujourd'hui, les infrastructures de l'État,
01:07les infrastructures aussi parfois d'entreprises,
01:11obéissent à un urbanisme informatique qui date de 25 ans, 30 ans, voire plus.
01:17Sauf qu'il y a un contexte de risque aujourd'hui qui est augmenté par l'intelligence artificielle
01:22qui fait que l'exécution de ces attaques informatiques sont rendues beaucoup plus faciles.
01:30Ce que je dis depuis un certain temps, c'est que si on ne revoit pas rapidement ce paysage informatique,
01:37cet urbanisme informatique, il faut s'attendre à une recrudescence, une augmentation de ces attaques,
01:42notamment par rapport au contexte géopolitique et par rapport au contexte d'élections en 2027.
01:49Donc, il faut prendre les choses en main de manière à revoir l'ensemble de ce paysage-là
01:54permettant d'avoir une meilleure résilience au niveau de ces attaques informatiques.
01:58Encore un petit mot, Laurent Maréchal.
02:00J'ai noté que les informations, et c'est pour ça que ces vols de données ont lieu,
02:04parce que ces informations, elles seraient disponibles à la vente sur des forums cybercriminels.
02:09C'est comme ça que ça se passe, les hackers qui posent une offre, des échantillons gratuits
02:13pour attester de l'authenticité de leur butin.
02:16Donc, il y a un petit produit d'appel, et puis derrière, vous pouvez monnayer toutes ces informations.
02:21En fait, comment on fait pour arrêter tout ça ?
02:24Il faut que l'État réunisse tous les acteurs du secteur, les grands opérateurs internet, téléphonie,
02:30pour trouver ce qu'il est possible de faire, parce que nous sommes extrêmement, extrêmement exposés.
02:36Alors, vous venez de le souligner, j'ai l'habitude de dire que les hackers appellent les hackers.
02:40Autrement dit, ces données vont être vendues sur ce qu'on appelle le Tartnet.
02:44Elles vont potentiellement être utilisées par d'autres hackers à des fins de hameçonnage.
02:50Le hameçonnage, c'est l'email que vous allez recevoir dans votre boîte mail,
02:54potentiellement vous demandant de donner ou fournir vos informations bancaires.
03:00Donc, on est sur un caractère vénal, un caractère monétaire.
03:04Maintenant, pour répondre à votre question, qu'est-ce qu'on fait ?
03:07Alors, aujourd'hui, sur un point de vue législatif, on va retrouver le RGPD,
03:11qui va être le règlement général pour la protection des données.
03:14Il y a une loi résilience qui est en cours de transposition au niveau de l'Assemblée.
03:20Donc, le plan législatif, il est là.
03:22Maintenant, sur le plan technique, ce qu'il va falloir faire, c'est remodeler un petit peu le caractère technique
03:32de l'ensemble des systèmes d'information, de manière à les moderniser,
03:35pour avoir une meilleure résilience face à ces hackers.
03:40Et encore une fois, je le rappelle, qu'ils vont être assistés de plus en plus par l'intelligence artificielle,
03:48pouvant exécuter beaucoup plus facilement ce type d'attaque.
03:52Donc, si on ne prend pas la mesure des choses très rapidement,
03:55eh bien, il faut s'attendre à, encore une fois, une augmentation de ces attaques dans l'avenir,
04:00un avenir qui est plutôt proche.
04:01Et on sait que c'est très difficile de remonter à l'assaut.
04:03Peut-être juste en quelques secondes, parce qu'on va être pris par le temps,
04:05je voudrais qu'on revoie ce tweet de ces hackers, de Zero Bytes.
04:09Et on voit bien que la façon dont ce tweet est formulé, ce côté narquois et extrêmement cynique,
04:18en gros, on a vu de la lumière et on est entrés.
04:21Ça ne vous dérange pas, j'espère.
04:23Ils savent très bien que c'est aujourd'hui, en l'état actuel des moyens qui sont les nôtres,
04:27c'est extrêmement difficile, voire impossible, de remonter jusqu'à eux, en fait.
04:32Non, je ne pense pas qu'on puisse dire ça.
04:34Je pense que les services de l'État sont évidemment à la recherche des individus,
04:41que ce soit les services de l'État ministériels,
04:45assistés aussi par les experts côté agence nationale de la sécurité des systèmes d'information
04:51qui dépendent directement du Premier ministre.
04:54Donc, aujourd'hui, effectivement, on ne sait pas qui c'est.
04:57Aujourd'hui, ces individus ne sont pas arrêtés.
05:01Maintenant, connaissant moi-même les services de l'État,
05:04j'ai toute confiance en eux pour qu'on puisse remonter leur classe assez rapidement,
05:07ou du moins le plus rapidement possible.
05:08Pour l'instant, on va plus s'enchaîner les fuites de données
05:11que les arrestations des criminels, en l'occurrence.
05:14Mais on espère, et votre optimisme nous donne un petit peu d'espoir,
05:17donc on va croiser les doigts pour que ce phénomène cesse de prendre autant d'ampleur.
05:20Merci beaucoup, Laurent Maréchal, expert en sécurité,
05:23architecte de transformation d'avoir été avec nous.

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