- il y a 4 ans
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00:00:00 Bonjour à tous, nous sommes ensemble durant ces deux heures sur Sud Radio.
00:00:03 Consommer est allé le mot d'ordre de notre société actuelle.
00:00:07 Et pourtant, consommer, ça ne rend pas forcément heureux, ça peut même provoquer des comportements
00:00:12 addictifs.
00:00:13 Comme si, consommer, au lieu de remplir notre vide intérieur, nous faisait ressentir un
00:00:18 vide encore plus grand.
00:00:19 Et alors, ce puissant fond induit des systèmes compensatoires ayant pour but d'anesthésier
00:00:25 notre souffrance.
00:00:26 Alors, encore plus d'alcool, de tabac, de sucre, de pornographie, d'achats impulsifs,
00:00:34 de jeux et de drogues, évidemment.
00:00:37 Il semble même que ces comportements addictifs touchent les ados de plus en plus jeunes,
00:00:41 avec des dégâts sur un cerveau qui n'est pas encore terminé, en tout cas qui n'a
00:00:45 pas fini de se développer.
00:00:46 Je vous propose qu'on revienne sur les addictions en compagnie de notre spécialiste que vous
00:00:50 connaissez bien, Laurent Carilla, qui est avec nous durant ces deux heures.
00:00:53 Et tout de suite, on va commencer à comprendre à partir de quand on considère qu'il y a
00:00:58 addiction.
00:00:59 Et je vous invite à réagir, à témoigner, que ce soit vous qui êtes peut-être en train
00:01:04 de sombrer dans une addiction ou quelqu'un de vos proches, parce qu'on en parlera aussi
00:01:09 peut-être dans cette émission.
00:01:10 Les proches ont un rôle à jouer dans cette histoire.
00:01:13 Notre numéro, vous le connaissez, vous en êtes addict, j'espère.
00:01:16 0 800 26 300 300.
00:01:18 Bonjour Laurent Carilla.
00:01:19 Bonjour Brigitte.
00:01:20 Alors il y a évidemment un fait de société, fait divers aujourd'hui, qui laisse à penser
00:01:26 que l'alcool au volant, ce n'est pas bon, mais que la drogue, ce n'est pas bon non plus.
00:01:30 Et ça, peut-être qu'on ne le sait pas encore assez.
00:01:32 La drogue, c'est important de le dire.
00:01:35 L'alcool au volant, on le sait, il y a plein de campagnes, mais la drogue au volant, c'est
00:01:38 pareil.
00:01:39 Quand on prend des drogues, on ne prend pas son volant.
00:01:40 Il y a un risque mortel multiplié par deux.
00:01:42 Et si vous prenez des drogues et de l'alcool, il y a un risque mortel multiplié par 29 d'accidents
00:01:47 mortels.
00:01:48 Donc voilà, c'est tout dit.
00:01:49 Il n'y a pas de...
00:01:51 C'est vrai que même moi qui quand même ai l'habitude de travailler sur les addictions,
00:01:57 je ne pensais pas que la drogue était aussi dangereuse au volant que l'alcool.
00:02:00 Bien sûr, ça altère votre jugement, votre perception des choses, la mémoire, la tension,
00:02:04 la prise de décision.
00:02:05 Vous pouvez perdre le contrôle.
00:02:06 Donc pas de drogue quand on prend la voiture, même la moto.
00:02:11 Quand on sait que les jeunes sont de plus en plus sujets à la drogue, c'est quand même
00:02:16 inquiétant.
00:02:17 Il y a de plus en plus d'accidents chez les jeunes en plus.
00:02:19 Donc on le voit bien, sortie de boîte de nuit, sortie de club, des accidents.
00:02:24 Il n'y a pas que l'alcool et surtout les mélanges.
00:02:27 Les mélanges sont encore pires.
00:02:28 Mais c'est-à-dire alcool et drogue ?
00:02:31 Alcool et drogue ou drogue et drogue.
00:02:32 Alors qu'est-ce qui fait que les jeunes sont de plus en plus en train de sombrer dans l'addiction
00:02:37 ?
00:02:38 Les jeunes, ils ne sombrent pas dans l'addiction.
00:02:40 Les jeunes, ils expérimentent.
00:02:42 Les jeunes, ils consomment.
00:02:44 Les jeunes, ils consomment vite.
00:02:46 Et ils ont des comportements de consommation un peu addictogènes qui sont différents
00:02:50 des adultes.
00:02:51 Et donc certains, un peu plus vulnérables, vont basculer dans la maladie plus tard.
00:02:55 Et c'est quoi ? C'est parce qu'il y a plus de liberté ? C'est parce qu'il y a eu Internet,
00:03:03 la circulation des infos ?
00:03:04 Oui, tout à fait.
00:03:05 Les réseaux sociaux véhiculent plein de choses.
00:03:07 Là, on voit chez les jeunes, il y a eu l'histoire du gaz hilarant, les cartouches pour faire
00:03:11 de la chantigny.
00:03:12 Il y a une espèce de promo sur les réseaux sociaux.
00:03:16 Il y a la livraison via des réseaux sociaux comme Snapchat.
00:03:19 C'est pareil avec la ligne, la boisson.
00:03:21 C'est de la limonade avec des médicaments opiacés, des anti-allergiques.
00:03:27 Il y a tous ces trucs-là que les adultes ne connaissent pas trop.
00:03:31 C'est-à-dire qu'il y a quelqu'un qui découvre ça, il se fait circuler sur les réseaux
00:03:37 sociaux et puis il y en a plein d'autres qui le savent.
00:03:38 Oui, il y a un phénomène de mode.
00:03:39 C'est ça.
00:03:40 C'est des phénomènes de mode.
00:03:41 C'était pas trop avant puisque c'était juste les copains autour.
00:03:45 Voilà, c'est ça.
00:03:46 Et là, c'est amplifié par "Ah, t'as vu ? Les cartouches."
00:03:48 C'est vrai qu'on utilise aussi les réseaux sociaux pour dire "Attention, les cartouches
00:03:52 de gaz hilarants, c'est pas cool."
00:03:53 Mais il y a tout ça.
00:03:55 Il y a aussi tout ce qui est nicotine.
00:03:56 Il y a les puffs, c'est les cigarettes électroniques que les jeunes fument.
00:04:02 Ils fument de la nicotine alors qu'ils n'en ont pas besoin.
00:04:04 Il y a aussi les snus.
00:04:06 Les snus, c'est les petits sachets de nicotine qu'on se met contre la gencive.
00:04:10 Il y a une espèce de popularisation et de popularité des trucs.
00:04:13 Évidemment, les parents ont leur rôle à jouer.
00:04:18 Ils sont dépassés.
00:04:19 Oui, évidemment.
00:04:20 Mais peut-être la première question intéressante, à partir de quand on peut se rendre compte
00:04:27 qu'on est en train de sombrer dans une addiction ou que quelqu'un de proche, parce que je
00:04:31 crois que les proches peuvent être aussi le signal d'alarme.
00:04:34 Moi, j'utilise le moyen mnémotechnique, vous savez, 5 fois la lettre C pendant au
00:04:39 moins un an.
00:04:40 Donc, c'est pendant une période d'au moins un an.
00:04:42 Ton cul.
00:04:43 Non, ça, c'est des trucs cool.
00:04:44 Une perte de contrôle, le premier C.
00:04:47 Le deuxième C, c'est l'usage compulsif.
00:04:49 On ne peut pas s'empêcher d'eux.
00:04:50 Le troisième C, c'est le craving.
00:04:52 Le craving, c'est l'envie irrésistible de consommer.
00:04:54 Le quatrième C, c'est un usage continu.
00:04:56 Oui, on consomme régulièrement.
00:04:57 C'est un peu la même chose que compulsif, non ?
00:04:59 L'usage compulsif, c'est vraiment, on ne peut pas s'empêcher d'eux.
00:05:03 Et continu, c'est, on le fait tous les jours.
00:05:05 C'est un comportement fréquent.
00:05:07 Et le dernier C, c'est les conséquences sur sa vie sociale, physique et psychique.
00:05:10 Donc, 5 C pendant au moins 12 mois, on est dans l'addiction.
00:05:13 D'accord.
00:05:14 Donc, ça, c'est déjà très clair.
00:05:16 C'est un marqueur.
00:05:17 Et aujourd'hui, quelle est l'addiction la plus importante et la plus grave ?
00:05:21 Enfin, c'est peut-être deux questions différentes.
00:05:23 Non, on peut coupler les deux.
00:05:24 C'est le tabac.
00:05:25 C'est toujours le tabac.
00:05:26 Le tabac tue une personne sur deux.
00:05:28 75 000 morts par an, je crois.
00:05:29 C'est ça, 75 000 morts par an.
00:05:31 Tous les ans.
00:05:32 Tous les ans en France.
00:05:33 C'est une drogue licite.
00:05:34 Elle tue une personne sur deux et elle tuera même un addict à autre chose plus vite que
00:05:39 la drogue dont l'addict est dépendant.
00:05:41 Et c'est quoi ces cancers ?
00:05:44 Avec le tabac, oui, c'est des cancers essentiellement.
00:05:47 C'est des maladies cardiaques et des maladies pulmonaires aussi.
00:05:50 Et ce qu'on ne dit peut-être pas assez, c'est que c'est aussi un anti-érection.
00:05:54 Si, on peut le dire.
00:05:56 C'est bien dans cette émission de le dire.
00:05:58 Oui, c'est ça.
00:05:59 Ça a un impact sur les parfois.
00:06:02 Sur les vaisseaux.
00:06:03 Comme ça touche tous les vaisseaux, donc c'est un impact sur tout ce qui est génital
00:06:06 et c'est autant chez les hommes que chez les femmes.
00:06:08 Voilà, donc si vous voulez bander jusqu'à 70-80 balais...
00:06:12 Fumez pas de clopes.
00:06:13 Fumez pas de clopes, voilà.
00:06:14 Peut-être la pipe, c'est moins dangereux ?
00:06:16 Il faut pouvoir bander.
00:06:17 Ah oui, la pipe, oui, non c'est pareil.
00:06:21 Je savais que vous alliez tomber dans le piège.
00:06:25 J'ai eu l'image d'en mettre un temps pire.
00:06:29 D'une pipe, évidemment.
00:06:30 D'une pipe à fumer.
00:06:31 C'est pareil donc.
00:06:32 C'est pareil.
00:06:33 C'est aussi du tabac.
00:06:34 Et le cigare, c'est pareil ?
00:06:35 C'est pareil.
00:06:36 En fait, tout ce qui est brûlé, tout ce qui est source de combustion, c'est ça qui
00:06:44 est nocif en fait.
00:06:45 Après, vous avez tous les produits dans le produit.
00:06:47 Et les campagnes anti-tabac, est-ce que ça fonctionne ou pas ?
00:06:51 Oui, ça fonctionne pas mal.
00:06:52 L'augmentation du prix du tabac, ça joue un rôle.
00:06:54 Les jeunes, ils sont pas trop dans le tabac.
00:06:56 Il y a la cigarette électronique qui est là.
00:06:58 On va voir.
00:06:59 Le tabac, ça commence à fonctionner quand même.
00:07:02 Il y a déjà plus cette virilité de celui qui fume.
00:07:05 Il n'y a plus la même image de la cigarette.
00:07:08 Et on voit, il y a certains pays qui sont en train d'essayer d'éradiquer, comme l'Australie
00:07:12 je crois, ou la Nouvelle-Zélande qui est en train d'éradiquer le tabac avec un succès
00:07:19 grandissant.
00:07:20 Il y a cette histoire de la cigarette électronique qui est bien comme outil de réduction des
00:07:24 risques.
00:07:25 Il y a 500 fois moins de risques d'avoir un cancer avec une cigarette électronique qu'avec
00:07:28 une cigarette.
00:07:29 Donc c'est pas mal comme idée de réduction des risques, même s'il peut y avoir des
00:07:32 trucs nocifs dans la cigarette électronique.
00:07:34 Donc on a des signaux intéressants au niveau du tabac.
00:07:36 - Et où on en est justement de ceux qui subissent la cigarette ?
00:07:41 - Le tabagisme passif vous voulez dire ?
00:07:44 - Oui.
00:07:45 - Le tabagisme passif, ça peut être source de maladie.
00:07:47 - D'accord.
00:07:48 Donc il faut continuer à lutter aussi sur ce niveau-là.
00:07:51 - Bien évidemment.
00:07:52 - Et peut-être pour voir comme ça, quels conseils on peut donner aux proches ? Parce
00:07:58 qu'on a tous autour de nous des gens qui fument trop, qui picolent trop, qui éventuellement
00:08:03 se droguent.
00:08:04 Qu'est-ce qu'on peut leur dire ? Parce que si on les agresse les faces, ça sert à rien.
00:08:08 - Non, ça sert à rien.
00:08:09 - Au contraire.
00:08:10 - Non, ça sert à rien.
00:08:11 - Agresser, juger, culpabiliser, dramatiser ou banaliser, tout ça, ça ne fonctionne
00:08:16 pas.
00:08:17 Il faut maintenir un dialogue ouvert, il ne faut pas forcément se focaliser sur la consommation
00:08:21 d'abord.
00:08:22 Il faut se focaliser plutôt sur "oui, on trouve que tu vas un petit peu moins bien,
00:08:26 tu ne veux pas en parler, comment ça se passe pour toi dans ta vie ?" Et après, amener
00:08:31 tout le temps la consommation.
00:08:32 "Ouais, pourquoi ? Moi, je trouve que ça m'inquiète un peu, je trouve que tu consommes un peu
00:08:37 plus que nous, pourquoi ?" Vous voyez, c'est aller comme ça graduellement.
00:08:41 C'est ça les conseils.
00:08:42 Et après, c'est essayer d'amener vers un professionnel quand c'est une situation complexe.
00:08:47 - Et alors, évidemment, l'addiction à la pornographie, c'est un hausse continuel aussi ?
00:08:52 C'est une érection continue ?
00:08:54 - Je crois qu'il ne faut pas diaboliser la pornographie et les activités sexuelles en
00:08:59 ligne.
00:09:00 Les activités sexuelles en ligne, à la base, ça fait partie de l'activité sexuelle,
00:09:03 je crois, maintenant.
00:09:04 Et les risques, c'est vraiment chez plutôt les plus jeunes qui sont exposés.
00:09:10 Ça, c'est un vrai risque.
00:09:11 Parce qu'ils sont exposés à des images...
00:09:12 - Les très jeunes, vous voulez dire ?
00:09:13 - Oui, les très jeunes.
00:09:14 - Oui, bien sûr.
00:09:15 - Mais on sait très bien que les 14-15 ans, les ados vont voir, il y a plus de 50% qui
00:09:19 vont...
00:09:20 - Non, mais là, on parle des très jeunes, c'est-à-dire moins de 13 ans.
00:09:22 - Oui, mais là, eux, même 14-15 ans, il y en a qui ne sont pas prêts à ça.
00:09:26 Mais bon, maintenant, ils ont tous accès librement à tout, donc ils vont faire leur
00:09:30 éducation sexuelle.
00:09:31 Ce qu'on voit, oui, on voit avec tout ce qui est en ligne, une augmentation des comportements
00:09:36 d'activités sexuelles, et pour les plus vulnérables, eux, ils basculent dans l'addiction.
00:09:39 - Voilà.
00:09:40 Donc là aussi, prévention ?
00:09:42 - Prévention, c'est pareil.
00:09:44 - Parce qu'on ne pourra jamais interdire sur Internet les pornographies.
00:09:48 - Non, interdire, ça ne marche pas.
00:09:50 La prohibition, ça ne marche pas.
00:09:51 La prohibition, quand c'est prohibé, les gens vont ailleurs chercher le contenu.
00:09:55 Donc on voit bien, dans des pays où tout est interdit, il y a une augmentation des
00:10:00 connexions, donc ce n'est pas la peine.
00:10:01 L'idée, c'est d'informer, mais en France, la prévention est très mal faite, quand
00:10:06 même, Brigitte.
00:10:07 C'est une catastrophe.
00:10:08 - Oui, oui, je suis bien d'accord.
00:10:09 - C'est des campagnes one-shot avec des millions d'euros, et puis ça ne sert à rien.
00:10:14 - Il n'y a pratiquement pas de prévention, et d'ailleurs, je crois que les parents ne
00:10:18 sont même pas conscients, la plupart, puisque je me souviens d'un sondage qui avait été
00:10:21 fait, il y avait à peine 20% de parents qui pensaient que peut-être leur enfant pouvait
00:10:27 tout tomber sur des images pornographiques avant 10 ans.
00:10:29 Alors que malheureusement, on a les chiffres, c'est beaucoup plus.
00:10:33 - C'est beaucoup plus élevé, tout à fait.
00:10:34 - Bon, et bien nous, on va informer, parce que sur Sud Radio, on parle vrai, avec Laurent
00:10:39 Carilla, nous évoquons donc les addictions.
00:10:40 Si vous êtes un petit peu inquiet, pour vous ou pour vos proches, ou si vous avez été
00:10:46 addictif, je vous en supplie, venez témoigner qu'on avance tous dans la bonne direction.
00:10:50 - Nous sommes aujourd'hui avec Laurent Carilla, psychiatre, médecin spécialiste des addictions,
00:10:57 et auteur de nombreux ouvrages où vous pouvez justement mieux comprendre ce qu'est l'addiction.
00:11:03 Vous avez écrit beaucoup de livres, mais vous avez aussi écrit "On n'a qu'une vie",
00:11:07 et ça c'était quand même un livre un peu sympa.
00:11:10 - C'est mon plus beau.
00:11:11 - Oui, oui, je suis d'accord, c'est votre plus beau.
00:11:13 Vous donniez évidemment beaucoup de conseils pour déculpabiliser et prendre du plaisir,
00:11:19 et ce n'est pas moi qui vais dire le contraire.
00:11:21 Prendre du plaisir, oui, mais ne pas tomber dans l'addiction, n'est-ce pas Frédéric ?
00:11:26 - Oui, bonjour Brigitte, bonjour Laurent, je suis ravi d'être parmi vous cet après-midi.
00:11:32 - Bienvenue chez nous.
00:11:33 - Merci.
00:11:34 - Voilà, moi je suis là pour témoigner de l'addiction dans laquelle je dirais je suis
00:11:41 tombé, suite à un traumatisme familial professionnel.
00:11:48 En fait, les deux étaient intimement liés, puisque j'étais embauché par mon beau-père,
00:11:52 je travaillais avec mon épouse dans l'activité de mon beau-père, donc on s'est rendu compte
00:12:02 dans le courant de la relation qu'on avait affaire à une personne toxique.
00:12:06 Ça a d'abord beaucoup affecté mon épouse, qui a été suivie thérapeutiquement suite
00:12:16 à la rupture de relation avec son père.
00:12:20 Pour le coup, j'ai voulu protéger un petit peu l'ensemble et j'ai mis un petit peu des
00:12:29 cailloux sur mes blessures à moi, en fait.
00:12:32 Et du coup, je me suis tourné pendant que mon épouse allait se soigner, d'abord sur
00:12:41 du visionnage de sites pornographiques et assez rapidement vers du camsex.
00:12:50 Ça, c'était dans les années 2015, donc 2015-2016.
00:12:55 Très vite, c'est devenu quelque chose de quotidien.
00:13:03 Je me connectais même quand Delphine était dans les pièces à côté.
00:13:08 C'était vraiment prenant comme activité.
00:13:13 On était au chômage sur cette période-là.
00:13:17 Et vous ne vous êtes pas rendu compte du tout que vous étiez en train de tomber dedans ?
00:13:22 Non, sur cette période-là, pas vraiment.
00:13:25 Je prenais ça juste pour de la détente.
00:13:29 C'est ça, vous vous sentiez sans doute pas très bien et puis vous regardiez ça et ça
00:13:34 allait mieux.
00:13:35 Voilà, c'est ça, tout à fait.
00:13:38 Sans regarder vraiment que j'étais en train de plonger moi dans une forme de dépression.
00:13:45 Ce qui d'ailleurs m'a rattrapé quelques années après puisque je me suis replongé
00:13:51 sur une activité professionnelle dans laquelle j'ai emmené mon épouse aussi cette fois-ci.
00:13:55 Et là, j'ai abandonné cette part de visionnage parce que je me suis consacré pleinement
00:14:02 à l'activité professionnelle.
00:14:03 Et l'activité professionnelle aidant, je me suis décroché.
00:14:09 Mais pour autant, il y avait la latence de cette dépression qui est restée.
00:14:13 Je suis tombé dans une dépression assez profonde sur l'année 2018-2019.
00:14:19 Mon épouse s'est rendu compte de mon état, évidemment, puisque je n'étais plus très
00:14:26 très présent.
00:14:27 J'ai eu un premier électrochoc de mon état de par des communications avec Delphine
00:14:37 qui m'indiquaient que si je ne prenais pas les choses en main, elle irait peut-être
00:14:44 boire ailleurs et tout ça.
00:14:45 Alors ça, ça a été des coups un petit peu durs, mais ça m'a réveillé sur le
00:14:51 premier semestre 2020.
00:14:52 Donc là, j'ai repris mes esprits, je dirais.
00:14:57 Et après, j'ai eu sur le courant de l'été 2020 d'autres effets un peu traumatiques
00:15:04 liés aux professionnels.
00:15:06 Je me suis fait arnaquer, entre autres.
00:15:08 Je me suis rendu compte que Delphine était toujours en communication avec un autre homme
00:15:14 dont elle m'avait parlé d'une relation épistolaire.
00:15:19 Et ça, ça m'a mis un coup au moral.
00:15:22 Et du coup, là, j'ai replongé à ce moment-là sur les sex-cams.
00:15:27 Mais par contre, du visionnage, je suis passé à l'exhibition à ce moment-là.
00:15:33 Et dans un rituel qui était que la journée de travail des salariés passait, je m'enfermais
00:15:43 dans mon bureau, je fermais les stores et je passais sur une séquence d'exhibition
00:15:48 de 1 à 2 heures jusqu'à s'ouvrir une jouissance.
00:15:52 - Donc vous vous masturbiez devant une caméra, c'est ça ?
00:15:57 - Oui, tout à fait.
00:15:59 Je recherchais à être visionné le plus possible.
00:16:02 C'est ce que je recherchais au fond, à être vu.
00:16:06 - Je trouve votre témoignage vraiment intéressant parce qu'on voit bien déjà, je trouve,
00:16:14 le lien entre déprime, dépression et addiction.
00:16:17 On n'en parle peut-être pas assez souvent de ça.
00:16:19 - Oui, c'est une histoire.
00:16:21 Moi, je vois beaucoup de patients comme vous qui viennent pour un motif d'hypersexualité
00:16:27 ou d'activité sexuelle compulsive.
00:16:29 Et c'est vrai que, Brigitte, vous avez raison, il faut systématiquement rechercher, et dans
00:16:34 toutes les addictions d'ailleurs, dépression, troubles anxieux, hyperactivité, troubles
00:16:39 de la personnalité, tous ces éléments-là sont à rechercher, à traiter.
00:16:43 Parce que si on ne traite que le versant sexe et qu'on ne traite pas le fond, la racine,
00:16:47 ça ne marche pas.
00:16:48 - Pour vous avoir déjà écouté, effectivement, couper les branches ne suffit pas.
00:16:52 - Exactement, il faut voir les racines, tout à fait.
00:16:54 Merci.
00:16:55 - C'est ce que je suis en train d'aller chercher.
00:16:57 - Et comment vous vous sentez maintenant, alors ?
00:17:01 - Alors, beaucoup mieux parce que mon épouse a mis le pied dans la porte, elle a enfoncé
00:17:07 la porte et c'est elle qui m'a sorti d'où j'étais.
00:17:11 Parce qu'elle n'en pouvait plus de notre relation distante, qui se distendait en plus.
00:17:18 Et donc, elle a cherché une ultime fois, je dirais, avant de prendre une décision irrémédiable
00:17:27 nous concernant, et c'est là qu'elle est tombée sur le poto rose.
00:17:32 Donc, elle a découvert des échanges de photos avec des sexes cameuses, en fait.
00:17:40 - Oui, bien sûr.
00:17:41 - Et donc, en fait, pour moi, ça a été, alors pour elle, ça a été le coup de tonnerre,
00:17:48 je dirais même une petite bombe atomique.
00:17:53 Je peux savoir où elle ne s'imaginait pas du tout me retrouver dans cet endroit.
00:17:59 Donc, je m'étais vraiment café, en fait, de ces activités-là.
00:18:03 Et pour moi, pour le coup, ça a été vraiment le soulagement et ce qui a marqué l'arrêt
00:18:12 de cette consommation.
00:18:15 - C'est intéressant, le fait d'être découvert par votre épouse, ça vous donne envie de
00:18:22 totalement arrêter.
00:18:23 - Oui, oui.
00:18:24 - C'est 80% des situations en consulte.
00:18:28 - C'est l'autre qui découvre et l'autre découvre la seconde vie de l'autre, en fait.
00:18:33 Et après, il y a un effet de soulagement.
00:18:35 Alors, on ne va pas guérir d'un coup.
00:18:37 Moi, je n'aime pas ce mot guérir, mais être en rémission d'un coup, mais ça fonctionne.
00:18:40 - Ah oui, oui, moi, ça a été vraiment l'élément déclencheur.
00:18:45 Ah oui, le déclic complet, ça m'a fait sortir et voir où j'étais parce que sans ça, je
00:18:52 ne le regardais pas, en fait.
00:18:53 C'était...
00:18:54 Je le niais, même.
00:18:55 - Oui, oui, bien sûr.
00:18:56 - Je le niais être dans cette situation, comme j'ai toujours nié mes souffrances, en
00:19:04 fait.
00:19:05 Et d'ailleurs, Delphine, en fait...
00:19:09 - Ça veut dire, Frédéric, que finalement, avant ce problème avec votre beau-père,
00:19:14 il y avait de toute façon une fragilité.
00:19:16 Mais elle était compensée par une relation affective qui va bien et qui, visiblement,
00:19:23 va toujours bien.
00:19:24 - Tout à fait.
00:19:25 - Et puis par un travail et puis...
00:19:26 - Elle se désagrège avec une activité sexuelle en ligne, après.
00:19:29 - Oui.
00:19:30 - Vous voyez, il y a un truc, l'activité sexuelle en ligne est considérée comme bon,
00:19:33 c'est pas grave, c'est comme ça, joue un peu de porno, etc.
00:19:35 Et après, ça bascule, après, c'est du shoot, quoi.
00:19:38 - Mais comme elle se serait désagrégée avec une substance...
00:19:41 - Oui, tout à fait, c'est la même chose.
00:19:42 - Parce qu'effectivement, elle a vu mes comportements, justement, suite à notre mise à l'écart
00:19:50 professionnel et familial.
00:19:52 Elle m'a vu me jeter sur la nourriture, donc elle a su mettre des freins à ça.
00:19:59 La nourriture, il y a eu l'alcool, elle m'a surveillée avec l'alcool.
00:20:02 - Et si je comprends bien, il me semble, en tout cas on va vous demander de répondre
00:20:06 dans un instant, Frédéric, il me semble bien que grâce à votre épouse, vous n'avez
00:20:10 même pas été obligé de consulter.
00:20:13 Et c'est ça qui est intéressant, c'est que là, on voit quand même l'importance de...
00:20:17 - De l'aide de l'autre, oui.
00:20:19 - On va retrouver Frédéric dans un instant et puis on retrouvera également notre sexy
00:20:23 news, Flore Chéry.
00:20:24 A tout de suite.
00:20:25 Alors on va donner la parole à Flore Chéry dans un instant, mais Frédéric d'abord,
00:20:28 je voulais savoir, vous avez été aidé ou pas ?
00:20:30 - A la suite, oui, comme je l'indiquais, j'ai quand même souhaité un travail de fond
00:20:37 sur les racines du mal.
00:20:39 - D'accord.
00:20:40 - Et bon, je suis quand même suivi, oui, thérapeutiquement par une psychologue.
00:20:45 - Super.
00:20:46 C'est hyper important.
00:20:47 - C'est bien.
00:20:48 - Les racines, c'est hyper important.
00:20:49 - Oui, oui, c'est assez.
00:20:50 - C'est plus important.
00:20:51 - Mais je l'ai bien compris au travers de vos différentes interventions, donc voilà,
00:20:55 j'ai cherché, je veux vraiment comprendre où sont les origines de tout ça.
00:21:00 - Oui, bravo à vous.
00:21:01 - Et c'est pour ça qu'il vient régulièrement à Paris.
00:21:04 - Oui, mais Brigitte, je l'adore.
00:21:05 Brigitte, ça fait longtemps que je vous connais.
00:21:06 - C'est vrai ?
00:21:07 - C'est bien de faire des pictures de rappel pour vos auditeurs.
00:21:09 - Mais oui, parce qu'il y a peut-être des personnes aujourd'hui qui nous écoutent,
00:21:13 qui ne sont pas encore tombées dans l'addiction, mais qui sont peut-être à deux doigts.
00:21:17 - Oui, bien sûr.
00:21:18 - Et qui ne sont pas encore conscients qu'ils le sont.
00:21:20 - Oui, exactement.
00:21:21 - Voilà, c'est vrai, tout à fait.
00:21:23 - Ben écoutez, je vous remercie beaucoup de votre témoignage qui est très clair et
00:21:28 qui va peut-être donner envie à d'autres personnes justement de témoigner, ou en tout
00:21:33 cas qui permettra de prendre conscience de quelque chose.
00:21:37 Parce que, Frédéric l'a bien dit, la plupart du temps, quand on est dans une addiction,
00:21:41 on est dans le déni.
00:21:42 - Bien sûr, on est dans le déni et c'est difficile et c'est souvent les autres qui
00:21:45 font des reproches, qui culpabilisent, etc.
00:21:47 Et après les proches peuvent aider, mais il y a aussi ce qu'on appelle la codépendance.
00:21:50 La codépendance, c'est que l'autre devient aussi dépendant à l'autre.
00:21:53 Il devient addict au problème de l'autre.
00:21:55 Et addict à toute la souffrance.
00:21:57 Et donc c'est un vrai fouilli et il faut sortir de tout ça.
00:22:00 Et même des fois, il faut qu'il y ait une prise en charge de couple.
00:22:02 - Oui, bien sûr.
00:22:04 Pour l'autre, c'est du tiers, l'addiction.
00:22:06 C'est-à-dire que quelque part, il y a quelque chose qui se met entre les deux et qui fausse
00:22:12 évidemment la relation amoureuse.
00:22:14 - Merci beaucoup Frédéric.
00:22:15 On continue avec Flore Chéry qui va nous parler d'un kamasutra particulier.
00:22:20 - Oui, c'est ça.
00:22:21 - Tout mauve, violet.
00:22:23 - Il est violet.
00:22:24 - Il est beau.
00:22:25 - Il est très très beau.
00:22:26 C'est le premier ouvrage de Léotine et Lou, paru dans la collection Les Insolentes chez
00:22:30 Hachette.
00:22:31 Le kamasutra queer, manifeste, érotique, sapphique.
00:22:34 C'est un ouvrage que j'ai beaucoup apprécié.
00:22:37 Non seulement parce que vous l'avez vu et vous l'avez dit, il est très très beau.
00:22:40 - C'est pas pour vous Laura.
00:22:41 - Moi, j'adore entendre Flore parler.
00:22:42 - D'accord.
00:22:43 Les dessins de Lou, ça a été illustré par Lou, sont vraiment très très réussis,
00:22:48 sont très jolis.
00:22:49 Et il y a aussi une volonté évidemment derrière de s'affirmer quand on est une femme et que
00:22:54 l'on aime les femmes.
00:22:55 Au-delà des clichés qui monopolisent parfois l'image de la sexualité lesbienne.
00:22:59 Je pense notamment au porno fait par des hommes pour des hommes.
00:23:02 On se rappelle que lesbienne c'est une des recherches les plus populaires sur les tubes
00:23:06 actuellement.
00:23:07 Et c'est très loin de la sexualité réelle sapphique.
00:23:10 Non seulement parce que le porno montre une sexualité de spectacle, pas toujours réaliste,
00:23:15 mais aussi parce qu'il présente des actrices performeuses qui ne correspondent pas toujours
00:23:19 à la réalité.
00:23:20 Ce kamasutra a été réalisé en collectant des témoignages de personnes via un compte
00:23:24 Instagram, Sapphosutra, tenu par les deux autrices qui ont fait le travail d'illustration
00:23:29 et de sélection des meilleures idées.
00:23:31 Alors dans ce kamasutra, il y a bien sûr la position la plus célèbre du monde lesbien
00:23:36 qui est...
00:23:37 - Les ciseaux.
00:23:38 - Les ciseaux, bonne réponse.
00:23:39 - C'est bon.
00:23:40 - Oui, très bon élève.
00:23:41 - Je vois, je vois.
00:23:42 - Où les femmes se caressent.
00:23:43 - Alors vous avez peut-être consulté le livre avant ?
00:23:46 - Je pourrais lire le livre.
00:23:48 - Bien sûr, avec grand plaisir.
00:23:49 Où les femmes se caressent les parties génitales en entremêlant leurs jambes l'une dans l'autre,
00:23:53 les ciseaux.
00:23:54 Mais il y a plein de positions plus originales, plus créatives.
00:23:57 Dans la position le miroir, l'idée est juste de se masturber face à une partenaire contrainte
00:24:03 qui est obligée de regarder la scène sans rien faire.
00:24:05 Ou dans la position la dune, l'idée est de caresser son partenaire et de stimuler...
00:24:11 - Sa partenaire.
00:24:12 - Sa partenaire bien sûr, et de stimuler ses zones érogènes, merci, avec sa poitrine.
00:24:16 Plein de positions donc que l'on n'a pas l'habitude de voir au catalogue du kamasutra classique.
00:24:21 Alors évidemment il y a aussi une dimension militante.
00:24:24 L'idée c'est de populariser l'histoire et la réalité des personnes lesbiennes.
00:24:28 Pour ce faire, Léotine a collecté aussi une sorte d'anthologie de textes et de poèmes
00:24:33 anciens ou contemporains de personnes...
00:24:35 - Bon on a perdu Laurent Flancherich.
00:24:37 - Il y en a plein que je connais en fait.
00:24:40 Mais le koala par exemple, je trouve ça fabuleux.
00:24:43 - C'est très mignon, parfois elles ont inventé des titres, elles sont allées chercher des
00:24:47 choses assez créatives, j'aime beaucoup.
00:24:49 Donc il y a aussi des textes, des poèmes qui sont écrits par des anciens artistes,
00:24:54 des anciennes artistes, qui viennent illustrer chaque position, une façon de donner plus
00:24:58 de racines et plus de profondeur à un quotidien qu'elle vit, mais en fait que plein d'autres
00:25:02 femmes ont vécu comme elle avant.
00:25:03 Léotine m'a confié que ce travail littéraire, c'est aussi un moyen d'éviter de faire de
00:25:07 son intimité quelque chose d'hors normes, de marginale, et dire que ce qu'elle vit,
00:25:11 c'est somme toute quelque chose de très banal.
00:25:13 Alors on n'est peut-être pas l'habitude dans notre imaginaire de considérer que deux femmes
00:25:17 qui jouent, qui s'étreignent, ça a le même sérieux, la même importance qu'une relation
00:25:21 hétérosexuelle, qu'importe.
00:25:22 Pour Lou et Léotine, ce sexe-là, c'est la seule chose qui compte, c'est le sujet, et
00:25:27 ça peut servir à des milliers de femmes qui, comme elle, ne savent pas, parfois, pas
00:25:30 trop quoi faire de cette passion envahissante qu'elle ressente pour une autre femme.
00:25:34 - Non mais c'est intéressant parce que des kamasutra gays, il y en a déjà eu quelques-uns,
00:25:39 et déjà depuis pas mal d'années, je me souviens, au moins depuis dix ans, et c'est
00:25:43 vrai que les kamasutra lesbiens, il y en a, enfin je crois pas qu'il y en ait eu beaucoup,
00:25:48 il y a eu déjà des livres sur la sexualité des lesbiennes, mais donc c'est bien.
00:25:53 - Il est super bien fait.
00:25:55 - Il est bien fait, et en plus, il y a un peu cette idée de Pénélope Bagieu, c'est-à-dire
00:26:00 de devenir l'ancré dans une histoire qui donne beaucoup plus de profondeur à juste
00:26:04 un kamasutra qui sera un catalogue de pratique sexuelle.
00:26:07 - Je pourrais le lire avant de dormir, des trucs comme ça.
00:26:10 - Absolument, absolument.
00:26:11 - Faut pas devenir addict après, M. Carilat.
00:26:13 - Faut pas être addict non plus, c'est vrai, elle a raison, Fleur Chéri.
00:26:18 - Ecoutez Fleur.
00:26:19 - Bon, en tout cas, merci de nous en avoir parlé, c'est un livre qui est actuellement
00:26:23 donc dans le commerce, si vous avez envie de vous le procurer.
00:26:26 Et je rappelle que vous pouvez aussi vous procurer le roman de Fleur Chéri, Matriarchie,
00:26:31 c'est aux éditions de la Musardine, et vous êtes également journaliste à union.fr.
00:26:35 Merci beaucoup, Fleur.
00:26:36 - Merci.
00:26:37 - On continue avec Pierre pour les questions intimes, trois questions, et puis ensuite
00:26:40 vous pourrez en poser une à Laurent Carilat.
00:26:44 Première question, Pierre, est-ce que vous avez peut-être une petite addiction pour quelque
00:26:50 chose ? Ce serait quoi ?
00:26:51 - Alors, bonjour à vous, bonjour Laurent, bonjour Brigitte.
00:26:55 L'addiction, je ne pense pas être vraiment sujet aux addictions, on a toujours des petits
00:26:59 fantasmes, des choses comme ça, mais une addiction précise, pas du tout.
00:27:02 Je pense avoir assez de recul justement pour ça, pour savoir s'arrêter avant.
00:27:07 - Bon, vous avez des racines bien ancrées dans le sol.
00:27:09 - Oui, tout à fait, voilà, tout à fait.
00:27:12 - Bah tant mieux, tant mieux.
00:27:14 Deuxième question, est-ce que vous avez plutôt eu un ou cent partenaires ?
00:27:19 - Un.
00:27:20 - Ah, bah d'accord.
00:27:21 Donc vous êtes addict à quelqu'un en particulier ?
00:27:23 - On peut dire ça.
00:27:24 Oui, dans toute ma vie, moi j'ai 46 ans, j'ai eu trois relations vraiment sérieuses.
00:27:32 La première, j'ai épousé, avec qui j'ai eu deux enfants.
00:27:34 Une deuxième qui a duré, je dirais, à peu près deux ans, et une troisième qui a duré
00:27:37 six ans.
00:27:38 Mais après, en partenaire sexuel, j'ai encore assez de doigts pour les compter sans aucun
00:27:41 souci.
00:27:42 - Ah oui, donc vous êtes, oui, bah écoutez.
00:27:44 - Je dirais, je ne suis pas addicto.
00:27:47 - C'est pas le long quiconque.
00:27:49 - Non, non, mais cela dit, quand on connaît la moyenne du nombre de...
00:27:53 du nombre de partenaires d'un homme, je crois qu'on est autour de 10.
00:27:57 - Ah d'accord.
00:27:58 - Un petit peu moins, je crois.
00:28:00 9,8, un peu plus.
00:28:01 - Oui, quelque chose comme ça.
00:28:02 Donc vous voyez, vous n'êtes pas loin de ce qu'on appelle la norme.
00:28:05 Alors évidemment, il y en a qui en ont eu beaucoup plus, mais contrairement à ce qu'on
00:28:09 croirait aujourd'hui, il n'y a pas tant de relations multiples.
00:28:15 - Ouais, c'est vrai.
00:28:16 - Non, non, je ne crois pas.
00:28:17 - Je suis étonné.
00:28:18 Je pensais justement que ça serait beaucoup plus.
00:28:20 - Non, non.
00:28:21 - Avec les appuis, peut-être avec les appuis, mais pas sûr.
00:28:24 Pas sûr que ce soit...
00:28:25 - Non, non, en tout cas, il y en a qui en ont beaucoup plus, bien sûr, mais la moyenne
00:28:28 n'a pas énormément augmenté.
00:28:30 Elle a augmenté par rapport à il y a 30 ans, c'est sûr, mais pas tant que ça.
00:28:34 Et dernière question, quel serait le mot de sexe que vous préférez rien entendre
00:28:41 lors du rapport sexuel ?
00:28:43 - Je t'aime.
00:28:44 - Ah, c'est un grand romantic.
00:28:46 - Sans limites.
00:28:47 - Romantic man.
00:28:48 - Bon, lui, les racines sont bien solides.
00:28:50 - Elles ont bien encrée, tout est solide.
00:28:53 - Eh oui.
00:28:54 - Bravo.
00:28:55 Congratulations.
00:28:56 - Bon, et bien, vous pouvez poser une question à Laurent.
00:28:59 - Eh bien, moi, je voudrais une seule, du coup, c'est quel était le plus beau moment
00:29:03 de votre vie ?
00:29:04 - Le plus beau ?
00:29:05 - Moment de votre vie.
00:29:06 Qu'est-ce qui vous a...
00:29:07 Il y a eu un avant, un après, peut-être ?
00:29:09 Ou vraiment le plus beau moment de votre vie ?
00:29:11 - Il y en a plein.
00:29:12 C'est dure comme question.
00:29:14 - C'est vrai, surtout comme ça, à l'improviste.
00:29:17 - Je pourrais dire, ce week-end, mes 50 ans, le cadeau qu'on m'a fait, j'ai eu une de
00:29:22 mes idoles, André Comacias, qui est venue chanter, je n'étais pas au courant.
00:29:25 C'était un truc fou.
00:29:26 - C'est vrai ?
00:29:27 - Oui, voilà.
00:29:28 - Et vous êtes fan d'André Comacias ?
00:29:29 - Je suis fan d'André Comacias.
00:29:30 - Alors vous adorez le métal ?
00:29:31 - Je suis fan de métal, de Chris et d'André Comacias.
00:29:33 - Eh bien, voilà, comme quoi.
00:29:35 - C'était un énorme moment.
00:29:36 - Il y a une racine un peu tordue chez vous, mais...
00:29:39 - Moi, je suis un peu, vous savez, Brigitte, que je ne suis pas tout à fait normal.
00:29:42 - Non mais c'est rigolo, c'est rigolo, ce grand écart, en fait.
00:29:47 Bon, et donc c'était...
00:29:48 - C'était fou.
00:29:49 - C'est votre femme qui avait organisé tout ça ?
00:29:51 - Non, c'est ma productrice, la productrice de "Ça commence aujourd'hui", qui a eu André
00:29:56 Comacias.
00:29:57 Et c'est un truc fou, parce que je ne m'y attendais pas.
00:30:00 - C'est chouette, c'est très chouette.
00:30:02 Bah écoutez, merci de...
00:30:03 Bravo pour cette question.
00:30:04 - Merci, Pierre.
00:30:05 Je suis hyper ému.
00:30:06 - Nous en savons un petit peu plus, parce que c'est le moment qu'arrive là.
00:30:09 Merci beaucoup.
00:30:10 - Merci pour votre invitation.
00:30:12 - Allez, on fait une petite pause et on se retrouve dans un instant.
00:30:15 Et nous évoquons aujourd'hui les addictions avec Laurent Carilla, psychiatre spécialiste
00:30:20 des addictions.
00:30:21 Et je vous invite évidemment, vous aussi, à témoigner sur Sud Radio 0826 300 300.
00:30:27 On retrouve Aïcha avec nous pour...
00:30:30 - Bonjour.
00:30:31 - Bonjour Brigitte, bonjour Laurent.
00:30:33 - Bonjour Aïcha.
00:30:34 - Problème d'addiction de votre fils, je crois ?
00:30:37 - Oui, oui, oui. J'ai eu beaucoup de soucis récemment, parce que ma vie a beaucoup été
00:30:45 basculée par rapport à mon divorce depuis maintenant, ça fait presque deux ans.
00:30:50 Je vais divorcer, la dernière audience sera au mois de mars.
00:30:53 Et depuis ces problèmes-là, mon fils a commencé à s'écarter, à se mettre dans sa chambre
00:31:00 tout seul, à ne plus rester avec nous à table.
00:31:03 Et moi, je ne comprenais pas, je pensais que c'était dû à ce qui se passait à la maison
00:31:07 avec son père.
00:31:08 Et je n'ai rien vu de tout ça, quoi.
00:31:11 Jusqu'au jour où ma fille m'a interpellée, elle m'a dit "Maman, ça sent le shit dans la chambre".
00:31:17 Moi, je ne connais pas l'odeur, je ne sais pas ce que c'est, je n'ai jamais vu de shit de ma vie.
00:31:22 Et j'ai dit "Mais non, tu te trompes, peut-être qu'il fume".
00:31:25 Elle m'a dit "Non, non, je sais ce que c'est", parce que comme elle était au lycée aussi,
00:31:29 c'était sa dernière année de bac.
00:31:31 Elle savait par rapport aux gens qui fumaient, l'odeur et tout.
00:31:35 Et elle m'a dit "Maman, je te certifie qu'il fume du shit".
00:31:38 Au fur et à mesure, j'ai commencé à découvrir des petits sachets.
00:31:43 Et là, vu mon état avec son père et en plus lui,
00:31:48 je me suis sentie encore plus mal et je ne savais plus comment réagir, comment faire.
00:31:54 J'ai pleuré, il y a eu des disputes, mais je n'arrive pas à lui faire comprendre
00:32:02 que ce qu'il fait, ce n'est pas bien, que ça me rend malade.
00:32:05 - Quand vous dites "il y a eu des disputes", vous vous êtes disputée avec votre fils ?
00:32:08 - Oui, plusieurs fois. J'ai même essayé de le mettre à la porte.
00:32:13 - Il a quel âge ? - Il a 17 ans.
00:32:16 - Le mettre à la porte, non, Aicha, ce serait même contre-productif.
00:32:22 - Voilà, j'ai tellement été submergée de problèmes.
00:32:27 - Non, mais on entend bien votre désespoir.
00:32:30 - Je n'y allais plus, il fallait que j'aille le chercher au commissariat.
00:32:33 Il se faisait arrêter deux fois de suite au commissariat.
00:32:38 Je n'en pouvais plus, j'étais fatiguée.
00:32:41 - Et aujourd'hui ?
00:32:43 - Pour moi, il m'a prétendu qu'il avait arrêté.
00:32:48 Mais il avait déjà dit ça auparavant, et je l'ai cru.
00:32:54 Et après, je me suis aperçue qu'il avait encore du shit.
00:32:57 - Il se fait aider ?
00:32:59 - Non, je lui ai proposé combien de fois.
00:33:04 Il a refusé automatiquement d'y aller.
00:33:07 Et là, il m'a juré, il a dit que c'était la dernière fois,
00:33:12 que c'était vraiment fini, et qu'il n'avait plus envie de continuer.
00:33:17 Il m'a promis, il a juré.
00:33:20 - Quand il vous dit ça, vous le sentez sincère ?
00:33:23 Ou il vous dit ça pour vous calmer ?
00:33:26 - Non, disons que...
00:33:28 - Il peut avoir envie d'arrêter tout en n'y arrivant pas.
00:33:31 - Oui, c'est du foi et de sincerité.
00:33:33 - C'est pour ça qu'il faudrait essayer de comprendre déjà s'il est sincère ou pas.
00:33:38 Parce qu'il peut aussi vous manipuler, vous dire "oui, j'ai envie d'arrêter", alors que ce n'est pas vrai.
00:33:42 - Il m'a manipulée plusieurs fois.
00:33:44 Quand il me disait qu'il allait arrêter, il rentrait, il avait les yeux rouges.
00:33:49 Et c'est comme ça que j'ai compris qu'il fumait.
00:33:53 Et là, récemment, je le surveille quand il rentre.
00:33:57 Je regarde ses yeux, je le regarde et il voit que je le regarde.
00:34:00 - Aïcha, encore une fois, on comprend que vous n'êtes pas bien, etc.
00:34:05 Mais je pense qu'il faut avoir, vis-à-vis de votre fils, une attitude un tout petit peu différente, me semble-t-il.
00:34:10 - Complètement.
00:34:11 - Et Aïcha, vous pouvez aussi aller dans ce qu'on appelle les consultations jeunes consommateurs,
00:34:16 même si votre fils n'a pas envie d'y aller, pour avoir plein de conseils, plein d'informations,
00:34:22 parce que ça peut vous aider.
00:34:23 Et je pense qu'aussi, si vous n'êtes pas bien, il faut aussi vous faire aider vous.
00:34:26 Parce que c'est important d'être solide.
00:34:30 - Oui, c'est ce que je fais.
00:34:32 - Après, il y a quelque chose que disait Brigitte, c'était que peut-être votre fils est devenu addict au cannabis.
00:34:37 Vous savez, c'est comme une maladie, et donc c'est très difficile d'arrêter juste en disant
00:34:42 "Ouais, t'as pas la volonté."
00:34:44 Ou même lui, il dit "Bon, j'ai la volonté de le faire."
00:34:46 Ça peut être plus difficile que ça.
00:34:48 Et c'est vrai qu'il y a un moment, je pense que dans les moments où il est un peu plus fragile,
00:34:53 ou un peu plus souple, c'est dans ces moments-là où il dit "Viens, on va voir quelqu'un tous les deux."
00:34:58 - Il faut se télécher plusieurs fois.
00:35:00 - Oui, mais justement, il ne faut pas lâcher l'idée.
00:35:03 Et je pense que ça ne sert à rien de le fliquer, ça ne marchera pas.
00:35:06 - Oui.
00:35:07 Écoutez, moi, là, comment vous expliquez ?
00:35:10 Même avec ma psychiatre, j'en parle.
00:35:12 Elle me donne des conseils, tout ça.
00:35:14 Parce que j'ai subi tellement de choses, et que là, je me dis, je lui en ai parlé.
00:35:19 Je lui ai dit "Écoute, tu as 17 ans, dans deux mois, tu auras 18 ans."
00:35:23 "À 18 ans, il n'y aura plus de flux."
00:35:25 - Non mais Aïcha, ce que vous n'arrivez pas à comprendre, c'est que ça part aussi d'un mal-être chez lui.
00:35:31 Peut-être que la séparation avec son père a accéléré les choses.
00:35:37 Que vous n'alliez pas bien, c'est normal, on le comprend tout à fait,
00:35:41 mais lui non plus ne va pas bien.
00:35:43 Et j'ai l'impression que, quelque part, vous lui en voulez un petit peu de vous rajouter du malheur.
00:35:48 Mais il est aussi dans le mal-être.
00:35:51 Et c'est en ça que, quand quelqu'un est dans le mal-être,
00:35:54 plus on va un petit peu l'agresser, au sens large du terme, je sais bien que vous vous agressez,
00:35:59 plus il va aller mal.
00:36:01 - Oui, c'est pour ça que je lui ai dit "Moi, maintenant, je peux te sauver,
00:36:05 parce que t'es encore mineure, je peux t'aider."
00:36:07 "Mais quand t'auras 18 ans..."
00:36:09 - Mais vous pouvez l'aider aussi, même, quand il sera majeur.
00:36:11 - Oui, mais le problème, c'est que s'il se fait arrêter, encore, par la police,
00:36:15 il a 18 ans... - Il aura un rappel à l'ordre.
00:36:18 - Oui, mais le casier judiciaire, il va être taché,
00:36:21 et je lui ai dit "Mais pourquoi tu fais ça ? Fais attention."
00:36:25 "Fais attention, arrête, essaye d'arrêter, je vais t'aider."
00:36:28 - Est-ce que le fait d'avoir déjà été arrêté par la police lui a fait prendre conscience ?
00:36:33 - Même pas ! Non, mais non.
00:36:35 Parce qu'il avait recommandé après.
00:36:37 - Il a des copains, et ses copains, est-ce qu'ils sont aussi dans...
00:36:41 - Des tumeurs.
00:36:42 - Je pense que oui, parce qu'une fois, je savais qu'il y avait des cris,
00:36:46 parce qu'ils habitent au rez-de-chaussée, c'était l'été, il y avait des cris, tout ça,
00:36:51 je suis sortie et j'ai trouvé cette bande de jeunes, avec lui, bien sûr,
00:36:55 devant un immeuble, pas très loin de chez moi,
00:36:59 et j'ai eu tellement peur parce qu'il m'en a fait voir,
00:37:02 je suis descendue pour voir s'il y avait eu la police ou quelque chose de grave.
00:37:05 Et là, je vois mon fils avec les jeunes, et ils étaient en train de crier,
00:37:10 il y avait les voisins qui entendaient, et je leur ai dit "Mais qu'est-ce que vous faites ?"
00:37:15 "Faut tenir là, vos parents ils vous cherchent pas, vous vous inquiétez pas,
00:37:19 "vos mères elles s'inquiètent pour vous, et vous, vous êtes là dehors à faire les idiots."
00:37:23 Et j'ai pris mon fils, je lui ai dit "Tu rentres, ça suffit maintenant."
00:37:26 Il m'a laissée en plan sur le trottoir, et il est parti avec eux.
00:37:30 - Il y a un petit manque d'obéissance qui remonte à loin, Aïcha, encore une fois.
00:37:38 - Je vous jure que moi mes filles, elles sont très obéissantes, et lui, je l'ai vu qui est pareil.
00:37:43 - Et son père ? - Sûrement pas Aïcha, non, non, on ne le sache pas.
00:37:46 - Non, son père, je vous jure, des fois je me dis, mais il ressemble à son père, de caractère.
00:37:51 C'est ça qui me fait peur. - Et justement son père, est-ce qu'il peut un petit peu agir, ou il s'en fout ?
00:37:58 - Son père, il s'est jamais soucié de ses enfants depuis la naissance.
00:38:03 Il le gronde, il a même essayé de le frapper plusieurs fois, mais ça marche pas.
00:38:07 - Non, ça, frapper c'est interdit Aïcha, aujourd'hui.
00:38:10 - Oui, mais façon de parler, je veux dire, frapper, il a bousculé.
00:38:14 - D'accord, mais bon, je suis là pour rappeler la loi.
00:38:17 - Oui, mais vous savez, comme vous voyez de votre fils, vous...
00:38:21 - Non, je crois vraiment Aïcha, ça va être long, c'est compliqué, mais il faut arriver...
00:38:27 Moi, je vous conseille d'aller consulter dans une consulte jeune consommateur, dans la ville ou proche de chez vous,
00:38:33 et avoir des essais de conseil en plus, et je pense que d'amener une fois, peut-être qu'une fois, il acceptera d'aller discuter,
00:38:40 mais là, il n'est pas prêt, dans tout le contexte un peu compliqué où vous êtes, de changer pour le moment.
00:38:47 Donc, je crois qu'il faut faire les choses très progressivement, et surtout, il faut toujours maintenir le dialogue en tout cas.
00:38:52 - Absolument, avec peut-être un peu plus d'ouverture et de compréhension,
00:38:57 même si je comprends bien que pour vous, c'est insupportable que votre fils prenne du cannabis,
00:39:01 et je pense que beaucoup de parents qui écoutent le comprennent.
00:39:05 Ce que je peux dire aussi, que ne pourrait pas dire Laurent Karyla, c'est que j'ai entendu que vous étiez suivi par un psychiatre, il me semble.
00:39:12 Peut-être qu'il faut rappeler que tous les gens qui sont dans les métiers d'aide,
00:39:19 que ce soit psychiatre, thérapeute, etc., ne sont pas tous très au fait de ce qu'est une addiction.
00:39:25 Donc, c'est peut-être pas non plus lui qui vous donne les meilleurs conseils.
00:39:28 Encore une fois, c'est une hypothèse, mais je peux me permettre moi de le dire.
00:39:32 Donc, peut-être que ce serait bien Aïcha aussi de vous retourner vers ce que vous propose Laurent Karyla,
00:39:39 comme ça vous aurez des conseils plus avisés sur ce que c'est qu'un jeune qui fume du cannabis.
00:39:46 - Pourquoi il fume, comment on dialogue, etc. pour l'amener à changer.
00:39:50 - Et vous aurez peut-être des conseils plus adaptés à la situation.
00:39:54 Parce que bon, c'est vrai que c'est quand même encore une fois très complexe l'addiction.
00:40:00 - Et le cannabis fait les jeunes encore plus.
00:40:03 - Voilà. Mais encore une fois, il y a énormément de jeunes malheureusement
00:40:08 qui tombent un peu comme ça dans l'addiction au cannabis.
00:40:11 Et puis après, ça va mieux. Il ne faut pas dramatiser non plus.
00:40:16 Et puis peut-être que j'ai compris que vous entendiez bien avec votre fille.
00:40:21 Peut-être que ses soeurs aussi peuvent...
00:40:23 - Elles ont essayé, Brigitte, elles ont toutes essayé.
00:40:27 Mais il y en a une qui ne le supporte plus.
00:40:30 Elle ne le supporte plus.
00:40:32 - Oui, mais voyez Aïcha, le fait qu'il se sente rejeté comme ça, ça n'arrange pas les choses non plus.
00:40:37 - Oui, mais il ne fait rien pour aider son père.
00:40:40 - Mais il ne fait rien parce qu'il ne va pas bien.
00:40:42 - Oui, parce qu'il ne va pas bien.
00:40:44 - Avec une image de père pas terrible, peut-être qu'on peut comprendre aussi qu'il ne va pas bien.
00:40:49 - Ne lâchez rien Aïcha.
00:40:51 - Oui, mais vous savez, dernièrement, il n'y a pas longtemps, ça date de 10 jours,
00:40:56 je suis rentrée à la maison, j'étais chez mes filles à Paris, j'habite la Côte d'Azur.
00:41:00 Je suis rentrée, je lui ai demandé de ne pas faire des choses désagréables et tout.
00:41:07 Je ne voulais pas partir, mais j'ai dit "Allez, j'en ai marre, il faut que j'aille voir mes filles".
00:41:11 Je suis rentrée, la maison était dans un état pas possible.
00:41:14 Il m'avait promis qu'il allait le faire et tout.
00:41:16 Bref, j'en ai eu marre.
00:41:19 J'ai dit "Ecoute, tu vas chez ton père et moi, je t'accepte, tu peux venir manger,
00:41:24 tu peux venir, je te lave tes vêtements, mais va chez ton père, moi j'en peux plus, je ne supporte plus".
00:41:28 - Mais vous avez raison aussi, posez vos limites Aïcha, vous avez le droit.
00:41:32 Vous avez le droit, il est dans une phase terrible.
00:41:36 On sait que parfois, la relation entre sa mère, quand on a entre 16 et 18 ans, est compliquée.
00:41:43 Mais vous avez raison, posez aussi vos limites, vous n'êtes pas non plus obligé de le...
00:41:48 C'est plus un enfant, c'est un adolescent et vous avez le droit aussi de vous révolter un peu.
00:41:54 En tout cas, je pense que vous avez besoin d'être soutenu, ce n'est pas facile.
00:41:58 On vous a écouté avec beaucoup d'empathie et je pense qu'il faut suivre le conseil de Laurent Carilla.
00:42:04 - Consultation, jeune consommateur.
00:42:07 - Merci Aïcha, merci beaucoup.
00:42:10 - Merci infiniment.
00:42:11 - Je vous en prie, merci à vous.
00:42:13 - Je crois que là, on voit à quel point ça fait des dégâts pour l'entourage.
00:42:18 Et finalement, plus l'entourage se détourne, plus...
00:42:24 - Mais surtout, il ne faut pas se focaliser que sur la consommation.
00:42:28 Souvent, tout se cristallise autour d'une consommation.
00:42:32 Le cannabis ou une autre drogue, ou même les écrans, le temps passé sur les écrans.
00:42:36 C'est un des faux problèmes, il faut voir ce qu'il y a en dessous et les interactions dans le milieu familial.
00:42:42 - C'est certain que ce gamin ne va pas bien, c'est d'une évidence totale.
00:42:46 Après, ce n'est pas le cannabis qui fait qu'il ne va pas bien, c'est en amont.
00:42:52 - C'est quelque chose qui se rajoute dans la constellation de problèmes.
00:42:55 - C'est encore une fois les racines qui ne sont pas solides.
00:42:58 - C'est très important.
00:43:00 - Les racines, c'est ce que vous aviez dit, je ne sais pas si c'était la dernière fois que vous étiez tenu,
00:43:04 mais en effet, il y a les branches.
00:43:07 - C'est ça, les branches de l'âme, les addictions.
00:43:10 - Les substances.
00:43:12 - Mais il faut toujours aussi aller voir comment sont les racines,
00:43:14 parce que quand il y a addiction, il y a souvent des racines un peu défaillantes.
00:43:18 - Touchées, exactement.
00:43:19 - On va continuer avec vos témoignages, bien sûr, sur Sud Radio 0826 300 300.
00:43:24 N'hésitez pas à réagir, quelle que soit d'ailleurs cette addiction.
00:43:28 On a parlé de sexe, on a parlé de cannabis, il peut y avoir une addiction au sucre, à la nourriture, aux jeux...
00:43:34 - Au heavy metal, mais ça c'est positif.
00:43:36 - Mais ça c'est positif, d'accord, je vois.
00:43:39 Il y a un petit parti pris, Laurent Carilla.
00:43:42 Ou à Errico Macias aussi, c'est positif.
00:43:44 - Ah mais grave.
00:43:45 - Grave, bon bah tout va bien.
00:43:46 Bon, la petite devinette, pourquoi les femmes le matin se grattent souvent la tête ?
00:43:51 Vous avez le temps des infos pour nous donner la réponse, Laurent Carilla.
00:43:54 - Je vais réfléchir.
00:43:56 - Avec Laurent Carilla, spécialiste des addictions, psychiatre.
00:43:59 - C'est moi.
00:44:00 - Et je rappelle, Laurent Carilla, que vous avez été un des premiers en France à tirer la sonnette d'alarme, à évoquer ce sujet.
00:44:07 - Merci Brigitte.
00:44:08 - Et c'est bien de rendre à César ce qui lui appartient.
00:44:11 Avant de donner la parole à Valérie qui nous a rejoint, je voudrais la réponse à ma devinette.
00:44:15 Pourquoi les femmes se grattent la tête le matin ?
00:44:19 - Parce qu'elles ont la tête dans le cul.
00:44:21 - Oh bah voilà.
00:44:22 Non, c'est parce qu'elles n'ont pas de couilles.
00:44:24 C'est pour ça qu'elles se grattent la tête.
00:44:26 Vous vous grattez vos couilles le matin.
00:44:28 Bah oui.
00:44:29 Bonjour Valérie.
00:44:32 - Bonjour Valérie.
00:44:33 - Bonjour Brigitte, bonjour.
00:44:36 - Pas mal la blagounette.
00:44:38 - Mais la réponse de Laurent était pas mal non plus.
00:44:42 - Laurent était pas mal, c'est vrai.
00:44:43 - Merci mesdames.
00:44:44 - Alors Valérie, vous fumez de la cigarette ?
00:44:51 - Alors je ne fume pas la cigarette du tout, du tout, du tout.
00:44:55 Parce que j'ai toujours fait beaucoup de sport.
00:44:57 Mais j'ai découvert avec mes copains étant jeunes, le cannabis, le petit pétard, comme on dit, de la fête.
00:45:05 Et puis, on s'est arrivé à fumer tous les jours.
00:45:09 Voilà, à faire mon petit pétard tous les jours.
00:45:11 Et puis, quand ça n'allait pas bien, je me réfugiais derrière ça.
00:45:18 - C'est-à-dire quand ça n'allait pas bien, vous en fumiez plus qu'un par jour ?
00:45:23 - Oui, tout à fait, voilà.
00:45:24 Alors jamais, parce que j'étais toujours travaillée, donc j'allais au travail.
00:45:28 Mais le soir, j'étais capable de me réfugier deux, trois.
00:45:31 Et puis le dimanche, j'étais toute seule, comme si je déprimais.
00:45:36 Mais je pouvais me lever et puis fumer mon pétard.
00:45:41 - Ça, c'est quelque chose d'intéressant et que tout le monde a remarqué.
00:45:45 Quand on est seul et qu'on est peut-être un petit peu...
00:45:49 Pas bien d'être seul, on va forcément peut-être manger un peu plus, fumer un peu plus, boire un peu plus.
00:45:56 Ça, c'est quelque chose de très...
00:45:58 - Oui, il y a ce côté autothérapeutique de la consommation.
00:46:02 - Qui fait du bien au cerveau.
00:46:04 - Ça fait du bien et pour certains, quand on dépasse un peu les limites, à force de répéter, il y a des risques après.
00:46:09 - On pourrait dire que ça anesthésie un petit peu ce sentiment d'être seul ?
00:46:13 - Certes, les consommations...
00:46:16 Si on prend le cannabis par exemple, les consommations, c'est autothérapeutique.
00:46:19 Donc c'est antidépresseur, anxiolytique, anesthésiant.
00:46:23 - Alors c'est normal, mais attention de ne pas tomber dans plus, plus, plus.
00:46:31 - Dès qu'on consomme, Brigitte avisait autothérapeutique,
00:46:34 dès qu'on consomme quelque chose comme un traitement médicamenteux, c'est une consommation à risque.
00:46:40 - D'accord.
00:46:41 - Et quand on multiplie consommation à risque, il y a plus de risques.
00:46:44 - D'accord. Donc le message est clair, Valérie.
00:46:47 - Oui, oui, tout à fait.
00:46:49 Alors moi, j'ai jamais aimé les médicaments,
00:46:51 mais petit à petit, chemin faisant, j'ai quand même repris ma vie en main,
00:46:57 voilà, revenu dans le sport, dans le yoga, donc petit à petit.
00:47:02 Aujourd'hui, j'en suis arrivée, là, je sens que...
00:47:05 Début janvier, j'ai vraiment décidé d'arrêter,
00:47:07 donc je me suis fait aider par une hypnose régressive quantique,
00:47:10 et là je sens, bon voilà, je rentre chez moi le soir,
00:47:13 avant, dès que je rentrais, il fallait que je fasse ma clope, voilà.
00:47:17 Alors que là, pas du tout. Je fais mes affaires, je fais ma...
00:47:20 Hop, hop, hop, hop, hop.
00:47:21 Et puis bon, et puis, souvent une fois que j'ai tout fait,
00:47:26 que je prends ma douche, je me fais aller.
00:47:30 Je sais encore, je ne sais pas plus ce que je dis,
00:47:31 mais je suis au CBD depuis des mois et des mois.
00:47:33 - C'est autre chose, vous n'êtes pas au cannabis, alors.
00:47:35 - Non, je ne suis plus au cannabis.
00:47:37 - Oui, mais c'est une bonne chose. Le CBD, le cannabidiol, c'est bon.
00:47:40 La seule chose, c'est...
00:47:43 Le CBD, il y a ce côté relaxant, etc., ça ne défonce pas,
00:47:47 mais fumer un produit, c'est ça qui a risque.
00:47:50 La combustion, c'est ça qui a risque.
00:47:52 Donc l'idée, vous devriez remplacer "fumer le CBD"
00:47:55 par des tisanes de CBD.
00:47:57 - Oui, c'est vrai. Il faudrait que je me mette plutôt à la tisane.
00:48:00 - Des petites gouttes de CBD, ça fait du bien.
00:48:02 - Ah ouais, ouais, ouais, c'est vrai.
00:48:04 - Et c'est ça, parce que la... - La combustion.
00:48:06 - La combustion, on en revient à ce que vous disiez tout à l'heure
00:48:08 au début d'émission, oui, bien sûr.
00:48:09 - C'est toxique pour le cœur, pour les poumons, pour tous les vaisseaux, en fait.
00:48:11 De fumer un produit, c'est...
00:48:13 Peu importe le produit qu'on fume.
00:48:15 Après, il y a les effets du produit qu'on fume.
00:48:17 - Hum, hum, hum.
00:48:18 - Mais le CBD, ça ne défonce pas.
00:48:20 - Je vais te mettre à la tisane.
00:48:22 Merci !
00:48:23 - Alors, pas trop longtemps, parce que...
00:48:25 Et il faut faire attention, si vous prenez des médicaments à côté
00:48:27 pour d'autres maladies... - Non, je ne prends pas du CBD.
00:48:29 - Oui, parce que le CBD interagit avec certains médicaments,
00:48:31 il faut faire attention, il ne faut pas prendre...
00:48:33 Il ne faut pas prendre trop, trop de CBD, parce que c'est pas très bon pour le foie.
00:48:36 - Oui, tout à fait.
00:48:37 Mais ça, je m'en suis rendue compte,
00:48:38 parce que comme je ne m'attape pas la migraine d'une fois,
00:48:40 je sais que c'est parce que j'ai trop fumé.
00:48:42 - Voilà. - Donc, ça m'a laissée.
00:48:44 Donc, euh...
00:48:46 OK ! Bon.
00:48:47 - Oui, et puis...
00:48:48 Alors, je vais faire l'oiseau de mauvaise augure,
00:48:50 mais ça ne fait toujours que 6 semaines, hein,
00:48:53 que vous avez décidé d'arrêter.
00:48:55 - Mais c'est déjà bien, Brigitte.
00:48:56 - Non, c'est formidable.
00:48:57 Mais prudence, 6 semaines, on n'a pas...
00:48:59 - Il faut continuer.
00:49:00 - Il n'y a pas de recul suffisant pour dire que c'est gagné.
00:49:02 - Il faut continuer. - Non, non, on est d'accord.
00:49:04 - C'est 1 an, c'est 12 mois, le pronostic.
00:49:06 - Oui, oui.
00:49:07 - D'accord.
00:49:08 Si pendant 1 an, on n'a pas repris,
00:49:10 c'est qu'a priori, c'est gagné. - Voilà.
00:49:12 - D'accord. - Voilà.
00:49:13 - C'est un bon marcurant.
00:49:14 - Et puis, c'est toujours la même histoire.
00:49:15 Je ne le dis pas spécialement pour vous, Valérie,
00:49:17 mais s'il y a quelque chose, un événement dans votre vie
00:49:20 qui est un petit peu déprimant,
00:49:23 attention, parce que c'est aussi dans ces moments-là
00:49:26 qu'on peut replonger.
00:49:27 - On est plus vulnérable, tout à fait.
00:49:28 - Hum, hum, hum, hum.
00:49:30 - Mais bon, vous avez pris la...
00:49:32 - Non, là, j'ai bien avancé sur le côté perso,
00:49:34 donc là, ça va...
00:49:35 - Oui, et puis, vous, visiblement, vous avez fait...
00:49:37 Enfin, vous vous êtes fait aider.
00:49:38 Vous avez fait une démarche... - Ah oui.
00:49:40 - Ouh là, oui. Grandement.
00:49:43 Oui, oui, donc bon, maintenant, je sens quand des choses arrivent,
00:49:46 quand je suis dans les peurs ou quand...
00:49:49 Voilà, donc...
00:49:50 J'arrive à me dire, non, c'est pas à peine un réfugié,
00:49:54 là, je préfère monter sur le vélo,
00:49:56 aller faire un tour de vélo,
00:49:57 ou faire une séance de yoga,
00:49:59 ou alors faire une méditation, un truc comme ça, quoi.
00:50:01 Voilà.
00:50:02 - Oui, mais vous avez des ressources,
00:50:04 parce qu'en effet, bon, le sport, c'est un...
00:50:06 Ça peut être une drogue, mais c'est souvent...
00:50:10 - Oui, bien sûr.
00:50:11 - Enfin, c'est, je dirais...
00:50:12 - C'est la plupart du temps positif, hein.
00:50:13 - C'est quand même une drogue plutôt positive.
00:50:15 Vous avez des ressources, quoi.
00:50:16 C'est-à-dire, vous savez...
00:50:18 D'abord, vous êtes conscient, je crois que c'est peut-être ça
00:50:20 qui est le plus intéressant dans votre témoignage, Valérie,
00:50:23 c'est que vous êtes consciente quand vous pourriez déraper.
00:50:26 Enfin, quand vous n'allez pas bien, en tout cas.
00:50:28 - Oui, tout à fait. Tout à fait.
00:50:29 - Parce qu'au fond, souvent, les gens qui sont assez sujets aux addictions,
00:50:33 c'est des gens qui ne sont pas réellement conscients de leur mal-être, je suppose.
00:50:35 - Non, non, tout à fait, vous avez raison.
00:50:37 Et je trouve que la méditation, vous en faites un peu dans ça,
00:50:40 du yoga, de la relaxation, de la cohérence cardiaque, tout ça,
00:50:44 c'est ça, ça aide.
00:50:46 Ça aide à se projeter au-delà de l'addiction.
00:50:49 - Oui, sauf que les gens qui sont dans le mal-être,
00:50:53 c'est-à-dire que moi, je parle souvent de ce vide intérieur, hein.
00:50:56 Les gens qui sont dans ce malade vide intérieur,
00:50:58 de toute façon, ils ne sont pas capables de faire de la respiration.
00:51:00 - Non, non. Et c'est pour ça qu'on leur dit toujours,
00:51:03 faites-vous aider par des professionnels.
00:51:05 C'est-à-dire qu'à un moment, vous allez avoir quelqu'un
00:51:07 qui va vous donner des petits déclics, des petits guides,
00:51:09 et après, vous allez vous les auto-appliquer.
00:51:11 - C'est ça.
00:51:13 - Tandis que vous, vous avez quand même tout ce qu'il faut pour...
00:51:15 - Oui, oui, j'ai été dans ces périodes-là, quoi.
00:51:18 Et j'ai été dans ces périodes-là où je n'étais pas capable de respirer, justement.
00:51:21 Ça m'énervait, dès qu'on me disait, "ah, il faut respirer",
00:51:24 j'avais un mynéma trinologique, personne ne me disait ça, quoi.
00:51:27 Je ne pouvais pas. Parce que j'étais dans mon vide intérieur, effectivement.
00:51:31 - Oui, enfin, vous respirez, on respire tous, sinon on meurt.
00:51:35 C'est intéressant d'ailleurs, parce que là,
00:51:37 vous ne respiriez pas comme il faut.
00:51:39 - Vous respirez et vous respirez, voilà.
00:51:41 - Oui, oui. Mais c'est intéressant d'ailleurs, de voir à quel point
00:51:43 la respiration qui est quelque chose de totalement obligatoire,
00:51:48 que notre... - C'est physiologique.
00:51:50 - On ne peut pas s'interdire de respirer très longtemps.
00:51:52 - C'est physiologique, ouais. - Et en même temps,
00:51:54 c'est par la respiration qu'on va réguler énormément de choses.
00:51:57 - Ça dévertit, bien sûr. Ça dévertit anxiolytique.
00:51:59 - Oui. - Forte !
00:52:00 - Oui, oui. Je trouve que c'est assez intéressant.
00:52:02 - C'est énorme. - C'est la seule chose qu'on ne peut pas arrêter.
00:52:06 - Ouais, c'est énorme. - Et c'est la chose qu'on peut réguler
00:52:09 et faire qu'on va mieux. - Et la cohérence cardiaque,
00:52:12 les exercices de respiration avec le cœur, c'est fabuleux.
00:52:15 - Et c'est pareil, le cœur, il ne faut pas l'arrêter.
00:52:17 - Et on peut le faire trois fois par jour,
00:52:19 ça prend quatre minutes, cinq minutes, et ça fait du bien.
00:52:21 - Moi, je recommande aux gens.
00:52:23 - Merci en tout cas, Valéry. - Merci Valéry.
00:52:25 - Et bravo, parce que visiblement, ça vous a permis d'avancer
00:52:29 et vous avez passé ce message à ceux qui nous écoutent.
00:52:33 D'abord, peut-être rappeler, d'abord une prise de conscience
00:52:37 qui peut venir de l'entourage d'ailleurs. - Oui, tout à fait.
00:52:40 - Ensuite, un vrai désir d'arrêter, parce que tant qu'il n'y a pas
00:52:42 ce vrai désir d'arrêter, de toute façon, ça ne marchera pas.
00:52:44 - Oui, il y a déjà la maturation pour essayer de changer,
00:52:48 le désir d'arrêter, l'envie de continuer et le maintien des choses.
00:52:52 - Et l'aide, évidemment, nécessaire. - Exactement.
00:52:54 - Merci Valéry. On fait une petite pause et on se retrouve dans un instant
00:52:57 sur Sud Radio avec vous, bien sûr, au 0826 300 300, à tout de suite.
00:53:02 C'est en compagnie de Laurent Carilla que nous évoquons aujourd'hui
00:53:05 les addictions et comment s'en sortir,
00:53:09 quelles sont les addictions qui sont les plus courantes aujourd'hui.
00:53:13 On l'a dit, au début d'émission, c'est toujours la cigarette.
00:53:17 L'alcool, on a beaucoup avancé quand même, avec les campagnes anti-alcool.
00:53:22 - Oui, mais ça reste quand même la deuxième cause de mort évitable dans le monde.
00:53:25 Il y a 41 000 morts en France par an quand même.
00:53:28 - Ah, quand même, oui. Déjà, ça fait beaucoup. Bonjour Pedro.
00:53:32 - Comment ça va Brigitte ? - Ça va bien, ça va bien. Merci.
00:53:36 - Bonjour à votre invité. - Laurent Carilla.
00:53:38 - Alors moi, je ne suis pas dans le déni.
00:53:41 Je fais partie des dommages collatéraux du gouvernement de la Macronie.
00:53:46 Je travaille, je suis opérateur en commande numérique,
00:53:53 mais je suis un passionné de musique et je suis auteur-compositeur.
00:53:57 J'aime pas le mot "artiste", "autiste" à l'arrière.
00:54:02 Je suis un autiste, voilà. J'ai 70 compos parce que j'ai...
00:54:07 - Mais pourquoi vous aimez pas le mot "artiste" ?
00:54:09 - Non, parce que j'aime pas ça, parce que la musique, c'est naturel.
00:54:13 Quand on marche dans la rue, on a un rythme.
00:54:16 Ce que j'aime bien, c'est quand les femmes elles marchent, elles font du bruit,
00:54:19 elles font... Elles ont un rythme.
00:54:23 C'est ça en fait, c'est le rythme de la vie en fait.
00:54:26 La musique, c'est pas un art à part. C'est un art entier en fait.
00:54:32 Quand les gens parlent, il y a une voix. Il y a une voix, c'est musical.
00:54:37 - Oui, oui, bien sûr, mais enfin, savoir écrire de la musique,
00:54:40 si on n'est pas artiste, on sait pas. Moi, j'adore la musique,
00:54:43 je suis d'accord avec vous, ça adoucit les moeurs, sans plus.
00:54:47 Mais moi, je suis incapable d'écrire... - Des chansons ?
00:54:51 - Oui, je suis incapable. - Non, mais moi, je l'écris en chanson pour vous Brigitte.
00:54:53 - Non, mais regardez... - Si vous composez, vous êtes artiste, Pedro.
00:54:58 Enfin bon, c'est pas le sujet du jour, mais...
00:55:01 - Non, et puis, moi, Pedro, parce qu'en fait, je suis passé 5 mois chez André Bercoff.
00:55:05 Ils ont le... "Je suis André Bercoff, je suis passé 5 mois".
00:55:10 Ils disent que le numéro de téléphone, c'est Pépito.
00:55:15 Mais au moins, c'est Pépito en fait, on m'a dit Pedro,
00:55:18 parce qu'en fait, ils ont vu que je suis passé 5 mois chez André.
00:55:22 - Non, mais bon, on va revenir sur le sujet peut-être,
00:55:24 parce que là, je crois qu'on s'égare un peu.
00:55:26 Mais j'aime beaucoup André Bercoff, ça me dérange pas qu'on parle de lui, mais c'est pas...
00:55:29 - Quelle est votre addiction ?
00:55:31 - Mon addiction, depuis les dommages collatéraux de la Macronie,
00:55:39 c'est en fait que j'avais plein de dates de concerts.
00:55:42 Parce que moi, je suis un peu handicapé, je suis né à Paris.
00:55:45 Je suis un Parisien, Parisien tête de chien.
00:55:48 - D'accord, donc vous aviez des dates de concerts qui ont été annulées à cause de la Covid.
00:55:52 - Voilà. - Et vous avez un peu déprimé, c'est ça ?
00:55:56 On va y arriver.
00:55:58 Limite burnout. Limite. Parce qu'en fait, moi j'avais un...
00:56:02 - D'accord. Et vous avez consommé quoi alors pour aller mieux ?
00:56:07 Enfin, pour vous sentir mieux ?
00:56:09 - 10 fois plus d'alcool. - C'est ça, d'accord.
00:56:12 - Et vous vous êtes fait aider alors quand vous vous êtes dit "j'ai un problème" ?
00:56:17 - Non, c'est que moi, chez moi, j'ai pas de médicaments.
00:56:21 J'ai pas d'aspirine, j'ai pas d'oliprane, j'ai rien.
00:56:24 Parce que les gens, quand ils viennent chez moi, des fois ils ont mal à la tête.
00:56:27 Moi je prends de la gelée royale, je prends du miel, je prends de la vitamine D, je prends de la vitamine C.
00:56:32 Et en fait, mon handicap c'est que j'ai pas de permis de conduire.
00:56:37 Mon collègue musicien qui était harmoniciste avait une camionnette.
00:56:43 - Non, mais attendez, revenons sur le sujet parce que sinon on va pas y arriver.
00:56:47 Donc vous avez consommé plus d'alcool, c'est-à-dire vous en étiez à combien de verres par jour ?
00:56:53 - Non, mais moi avant, le whisky c'était le week-end, je prenais un verre ou deux dans le bar avec les copains.
00:57:00 Et là maintenant, j'ai une consommation de whisky qui dépasse la norme.
00:57:07 - Vous connaissez les normes, d'ailleurs on peut les rappeler Brigitte, c'est les normes d'alcool,
00:57:10 c'est la santé publique de France, c'est pas plus de 2 verres par jour, pas tous les jours, avec 2 jours sans consommer,
00:57:15 et pas plus de 10 verres par semaine finalement.
00:57:18 Donc ça c'est les normes de base et au-dessus on est un peu à risque.
00:57:21 - Et le whisky étant quand même un alcool plus fort...
00:57:24 - Alors il y a des équivalences si vous voulez, c'est-à-dire si c'est un baby-whisky,
00:57:27 c'est égal à un demi de bière ou c'est égal à un verre de vin standard.
00:57:31 Le standard c'est ce qui est servi dans un bar en gros.
00:57:34 Si vous prenez un grand grand verre de whisky, bien évidemment vous multipliez les doses.
00:57:38 Et c'est là où c'est nocif pour la santé.
00:57:40 - Donc là vous en êtes à combien de verres de whisky par jour ?
00:57:42 - Ben là je suis à peu près à une bouteille de whisky tous les 3 jours.
00:57:48 Une bouteille de whisky tous les 3 jours, c'est une consommation très excessive.
00:57:52 Et je pense qu'il faut que vous alliez faire un point sur votre consommation avec un professionnel de santé.
00:57:58 Parce qu'il y a des grands risques pour la santé.
00:58:01 En plus si vous dites, vous avez dit tout à l'heure, j'ai aussi des handicaps,
00:58:04 ça peut aussi majorer ces handicaps.
00:58:06 Donc moi je vous recommande quand même de faire un point avec votre médecin traitant d'abord,
00:58:11 un point santé, avec un bilan sanguin, avec une échographie du ventre, etc.
00:58:16 Pour voir un peu l'état.
00:58:18 Et après, aller parler de cette consommation avant qu'elle ne devienne très problématique.
00:58:22 Parce que là, une bouteille de whisky tous les 3 jours,
00:58:24 une bouteille de whisky c'est en gros 32 verres.
00:58:27 32 verres d'une bouteille de whisky, standard, 2 verres de bar.
00:58:31 Donc 32 divisé par 3, ça vous fait à peu près 11 verres par jour.
00:58:35 Donc vous êtes dans la consommation ultra à risque.
00:58:38 - Voilà. Et franchement, un peu d'indulgence pour vous,
00:58:42 parce qu'on sait, Laurent Carilla, que pendant les confinements...
00:58:48 - Ah oui, il y a eu un débordement.
00:58:49 - Il y a eu un débordement, pas uniquement sur l'alcool d'ailleurs,
00:58:52 sur les jeux vidéo, sur la pornographie...
00:58:56 Absolument.
00:58:57 Donc tout ça, c'est...
00:59:00 Alors il y a des gens qui ont réussi après l'arrêt du confinement
00:59:04 à retrouver une vie à peu près normale,
00:59:06 et puis il y en a d'autres qui sont restés...
00:59:08 - Et on les voit en consultation nous en ce moment.
00:59:10 - C'est bien d'avoir pris conscience de ça, de nous avoir appelés,
00:59:13 et puis je crois qu'il faut suivre le conseil.
00:59:14 - Dans la consommation ultra excessive, il faut aller voir un spécialiste.
00:59:16 - Voilà, exactement.
00:59:17 On va continuer avec le cannabis, à nouveau avec Alexis qui est avec nous.
00:59:21 Bonjour Alexis.
00:59:22 - Bonjour Brigitte, bonjour Laurent.
00:59:25 - Bonjour Alexis.
00:59:26 - Merci d'être avec nous.
00:59:27 - Moi j'ai été...
00:59:28 Merci à vous de me recevoir.
00:59:29 J'ai été souvent amené à...
00:59:32 Voilà, très jeune à fumer.
00:59:34 - Du cannabis.
00:59:35 - Et malheureusement, j'ai eu une addiction très jeune à du cannabis.
00:59:37 Très jeune, dans mon quartier.
00:59:38 J'habite dans le 18ème arrondissement de Paris.
00:59:40 Et en fait c'est un peu une drogue à risque pour les jeunes,
00:59:44 donc on tombe là vraiment dedans au collège, avec les potos,
00:59:47 et au final ça reste une addiction,
00:59:49 vu que j'ai malheureusement continué ça tout seul chez moi,
00:59:55 que ce soit après les cours, avant les cours aussi.
00:59:58 C'est tombé vraiment très vite là-dedans.
01:00:00 Donc j'ai vraiment lâché mes cours à cause de ça, mes études.
01:00:04 J'ai parti en fac, mais au final ça n'a pas marché,
01:00:06 et vraiment là j'essaie de m'en défaire.
01:00:09 Après beaucoup d'années, vraiment beaucoup d'années de...
01:00:12 - Et comment vous faites alors pour vous en défaire ?
01:00:14 - Alors c'est vraiment des liens,
01:00:16 et j'ai perdu beaucoup de liens d'amitié avec beaucoup d'amis.
01:00:19 Donc vraiment c'est un secteur assez...
01:00:22 Je veux dire, ça commence assez en grainant.
01:00:24 Vraiment, on tombe dedans avec les amis.
01:00:26 Tout le monde est un peu dedans.
01:00:28 Donc c'est difficile de s'en défaire.
01:00:30 Moi ça m'a fait perdre vraiment des amis, mais aussi ma copine.
01:00:33 J'étais avec personne pendant très longtemps.
01:00:35 Franchement, ça me renfermait sur moi,
01:00:37 ça m'évitait de sortir, donc j'ai préféré arrêter.
01:00:40 Des fois, mais là j'ai suivi quelqu'un,
01:00:43 dans un an et demi.
01:00:45 Donc ça m'a vraiment aidé là-dessus.
01:00:48 Mais comme j'ai été fumeur pendant très longtemps, pendant 10 ans,
01:00:51 plus de 10 ans, 11 ans, 12 ans.
01:00:53 Donc c'est assez difficile, donc je recommande pas...
01:00:57 - Pour l'instant vous avez arrêté ou vous avez repris ?
01:01:01 - J'ai eu une période où j'ai arrêté,
01:01:03 où malheureusement j'ai repris.
01:01:05 - C'est fréquent ça aussi.
01:01:07 - Oui la rechute c'est fréquent.
01:01:08 - La première famille m'a fait une rechute en fait.
01:01:11 Donc c'était un peu mon seul moyen de m'évacuer,
01:01:14 enfin de m'évader.
01:01:16 - Et vous fumez moins qu'avant ou c'est toujours la même quantité ?
01:01:19 - Beaucoup moins, mais après c'était vraiment...
01:01:23 C'était vraiment...
01:01:25 J'étais dans une bulle, je ne fumais que ça de ma vie.
01:01:28 - Et vous avez un suivi ?
01:01:30 - Là, ouais, je retourne dans mon suivi.
01:01:32 Parce que j'ai repris un petit peu,
01:01:35 beaucoup moins qu'avant, mais justement je ne regretterais pas retomber
01:01:38 comme dans le cas quand j'étais plus jeune,
01:01:40 qui m'a fait un peu arrêter les études.
01:01:42 J'ai réussi à retrouver du travail malheureusement, mais...
01:01:45 - J'ai l'impression quand même Alexis,
01:01:48 mais je parle sous le regard de Laurent Camila,
01:01:53 j'ai l'impression que vous êtes assez lucide,
01:01:55 et ça c'est quand même un atout pour arriver à vous en sortir.
01:01:59 - Après, qu'il y ait des petites rechutes, on le sait,
01:02:02 c'est pas si simple. - Et vous avez quel âge ?
01:02:04 - J'ai 25 ans. - 25 ans, d'accord.
01:02:07 Mais vous avez repris le dessus, donc vous aviez un suivi,
01:02:10 vous consommez moins, et vous avez repris une vie sociale ?
01:02:13 - C'est ça, mais même avec le suivi,
01:02:15 qui m'a beaucoup aidé pendant un an et demi.
01:02:17 Heureusement, la période après, il y a eu le confinement,
01:02:20 dont je vous parlais avant, et ça, ça m'a beaucoup fait refuter
01:02:24 la perte de lien d'amitié avec des gens,
01:02:30 donc ça m'a offert, mis dans une bulle.
01:02:33 Donc vraiment, c'était une sorte de boucle un peu.
01:02:36 Donc je suis retombé dedans,
01:02:38 ce qui a anéanti mes relations sociales, je ne sais pas.
01:02:42 C'est pour ça que là, j'essaie de revoir quelqu'un,
01:02:44 mais ça reste compliqué, je prends conscience,
01:02:47 je sais totalement que c'est dans le café.
01:02:50 Ça reste une drogue assez néfaste,
01:02:52 mais qui permet d'être lucide aussi.
01:02:54 Pas comme certaines drogues, encore le crack,
01:02:57 c'est d'autant plus dur, qui ne permet pas d'avoir
01:03:01 de lucidité par rapport à ça.
01:03:03 C'est une période assez compliquée de ma vie,
01:03:07 j'essaie de m'en défaire, mais ça reste imprégné en moi.
01:03:11 - Et vous avez repris une vie sociale aussi, ou pas ?
01:03:14 - Très peu.
01:03:16 - Vous êtes très isolé ?
01:03:18 - Très peu, j'essaie de me détacher des relations que j'avais avant.
01:03:21 - Oui, non.
01:03:23 - Je pense, Alexi, on va revenir sur ce qu'on parlait tout à l'heure des racines,
01:03:27 je pense que c'est bien de vous faire suivre par rapport à votre addiction, certes,
01:03:31 mais il faut peut-être voir si la personne qui vous suit
01:03:34 peut aussi travailler sur vos racines.
01:03:37 Parce qu'au fond, il y a quelque chose peut-être de plus profond à soigner,
01:03:44 une meilleure confiance en soi, une meilleure estime de soi,
01:03:49 c'est tout ça aussi qui peut peut-être vous aider.
01:03:52 Vous êtes lucide sur vous-même, mais après,
01:03:59 ce qui nous permet d'être plus "fort",
01:04:02 parce que je ne voudrais pas non plus considérer que c'est une faiblesse
01:04:06 que de tomber dans l'addiction,
01:04:08 mais ce qui nous permet d'être plus fort par rapport à l'addiction,
01:04:11 c'est parce qu'on est plus confiant dans sa force, dans sa capacité,
01:04:15 dans son estime de soi, vous voyez ?
01:04:18 - C'est hyper important.
01:04:22 - C'est compliqué, quand on est dans la boue,
01:04:25 moi je viens d'un milieu qui est assez modeste,
01:04:31 donc franchement c'était déjà très compliqué pour moi d'aller voir quelqu'un,
01:04:35 de faire ce suivi-là, de m'en sortir par rapport à d'autres personnes que je connais,
01:04:40 qui sont plus proches que moi, que j'ai perdues, qui n'ont pas eu la chance de...
01:04:43 - Je pense que si on peut être dans un milieu très modeste,
01:04:46 et être quelqu'un de très bien, je crois qu'il ne faut pas vous dévaloriser.
01:04:50 Et puis vous avez le courage d'appeler,
01:04:53 vous avez eu le courage de prendre conscience que vous étiez dans l'addiction,
01:04:57 donc appuyez-vous sur ces choses-là,
01:05:00 et puis ne lâchez rien,
01:05:02 et je pense que vous arriverez à remonter la pente,
01:05:06 parce que justement, vous n'êtes plus dans le déni,
01:05:08 et ça, encore une fois, c'est très très important.
01:05:10 - Et vous êtes accompagné, et ça c'est important.
01:05:12 Merci en tout cas Alexis.
01:05:14 Je crois qu'on va continuer bien sûr à évoquer tout ça dans un instant,
01:05:18 et puis bien appeler, témoigner,
01:05:20 et on est là pour vous écouter,
01:05:22 et surtout, pas de jugement de valeur.
01:05:24 - Non jamais. - C'est essentiel.
01:05:27 Réagissez et participez à l'émission au 0826 300 300.
01:05:33 Brigitte Ley, Sud Radio.
01:05:35 Sud Radio, les clés d'une vie.
01:05:37 Jacques Pessis.
01:05:38 Jacques Santamaria.
01:05:40 Il a adapté 9 livres de Simnon,
01:05:42 et il raconte le romancier qui, en ce 13 février, aurait eu exactement 120 ans.
01:05:47 Un parcours évoqué à l'occasion d'une nouvelle édition de 117 romans durs devenus des classiques.
01:05:53 Santamaria évoque Georges Simnon, aujourd'hui sur Sud Radio.
01:05:57 Sud Radio, les clés d'une vie. 21h22. Jacques Pessis.
01:06:02 BMW. Faites l'expérience du plaisir de conduire 100% électrique avec la BMW X,
01:06:07 le nouveau SUV compact BMW.
01:06:09 Laissez-vous guider par son nouvel écran panoramique incurvé et sa navigation en réalité augmentée.
01:06:14 En ce moment, la BMW X Finition X-Line est disponible.