- il y a 11 minutes
Les débats de l'été avec Sarah El Haïry, haute-commissaire à l’Enfance
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NewsTranscription
00:00Sud Radio, les débats de l'été, 10h-13h, Anthony Martin Smith.
00:05D'entour sur l'antenne de Sud Radio, bon appétit si vous nous écoutez et que vous êtes en train
00:09de prendre votre déjeuner.
00:11Merci de nous écouter si vous êtes en voiture ou même sur la plage, soyons fous, au bord de la
00:17piscine.
00:18Clément Barguin, en tout cas, lui, il revient le week-end, il est frais et il est avec nous sur
00:23l'antenne de Sud Radio.
00:24Clément Barguin, notre face à face qui arrive dans moins de 10 minutes.
00:26Dans moins de 10 minutes, on reçoit Sarah Elahiri, la haute commissaire à l'enfance,
00:30qui va revenir bien évidemment sur cette décision du Conseil constitutionnel qui censure l'interdiction des réseaux sociaux.
00:37Au moins de 15 ans, ça fait beaucoup réagir.
00:40Au 0826 300 300, en tout cas, vous nous appelez comme Alain, mais comme l'a fait aussi Christophe,
00:47qui est toujours avec nous normalement, et puis Olivier de Bordeaux, qu'on va prendre aussi.
00:52Bonjour Olivier.
00:56Christophe, alors Christophe, vous êtes de Arès en Gironde.
01:00Oui, mais je ne sais pas, c'est avec Olivier ou avec Christophe ?
01:03Non, non, non, alors Christophe.
01:06Vous disiez Christophe, on attend maintenant des mesures concrètes, des actes concrets.
01:10Oui, c'est des actes, parce qu'en fait, jusqu'à présent, les discours, tout ça, ce sont des effets
01:17d'annonce,
01:18et ça, ils sont champions du monde pour faire des effets d'annonce.
01:20Mais par contre, après, dans les actes, il y a moins d'élan.
01:24Les promesses, ils savent les donner.
01:26Il y a eu des tas de promesses qui ont été faites déjà depuis pas mal de choses sur différentes
01:29situations,
01:30et on a très bien vu qu'après, quand les médias ou l'actualité change un petit peu de secteur,
01:36eh bien, les promesses, elles n'aboutissent pas.
01:39Donc voilà, et je pense que ça va être encore de la même acabit,
01:43parce qu'ils n'ont pas de solution, de toute manière.
01:45Ce qu'il faut, c'est vraiment prendre de véritables mesures et de la prévention.
01:51Il y avait moyen de prévenir aussi beaucoup tout ça.
01:53Il y a eu des alertes depuis des années.
01:55Les exploitants forestiers, les professionnels ont fait des alertes par rapport au pare-feu, par rapport à tout ça.
02:01Il y avait des demandes qui n'ont pas été exploitées.
02:04Il y avait de grandes promesses par rapport au Canadair, par rapport à tout ça.
02:07Et on a vu quoi ?
02:08Eh bien, rien du tout.
02:09En fait, ils ont même abandonné les commandes.
02:12Enfin, voilà.
02:13Donc, il ne faut pas s'étonner que les gens ne s'intéressent plus à la politique et ne croient
02:16plus en leur leader.
02:18Voilà.
02:18Il n'y a plus de leader politique qui ne pense que vraiment à leur poste aujourd'hui.
02:26Et donc, moi, je n'ai pas de colère, mais je n'attends plus rien de personne.
02:29Je crois qu'aujourd'hui, il y a une solidarité qui est sur le terrain.
02:32Par rapport, on a vu, un élan de solidarité exceptionnel.
02:36Et c'est toujours en train de se faire, de s'organiser.
02:41Et je crois que les gens en tireront eux-mêmes les conclusions.
02:46Voilà.
02:46Et puis, il ne faut rien attendre.
02:49Mais prendre des décisions à un moment donné.
02:52Et surtout, ne plus se laisser avoir par de beaux parleurs.
02:55Alors, il y en a un autre qui, visiblement, n'attend plus rien.
02:57Et cette fois, il est bien là, Olivier de Bordeaux.
02:59Bonjour, Olivier.
03:00Oui, bonjour à tous. Merci.
03:02Merci à vous de nous appeler aux heures 826 300 300.
03:05Vous, vous n'attendez plus rien depuis longtemps.
03:08Puisque, apparemment, vous êtes sinistré de 2022.
03:12Et vous n'avez toujours pas été indemnisé.
03:15Tous les sinistrés de 2022 n'ont pas été indemnisés.
03:18De toute façon, c'est des effets de com.
03:21Là, le cornu, il vient.
03:23Il dit, je n'ai rien à cacher.
03:24J'ai vu qu'il dénonçait des dérives un peu complotistes.
03:28Donc, au lieu de venir avec des annonces concrètes.
03:30De toute façon, c'est compliqué pour eux de faire des annonces concrètes.
03:32Parce qu'ils sont mauvais du début à la façade.
03:34Depuis 2010, il y a une commission qui prévoit le réchauffement.
03:38Qui dit qu'on risque des feux.
03:40Depuis 2010, ils savent que les pompiers sont en difficulté.
03:44Qu'il n'y a pas assez d'effectifs.
03:45Ils leur tapaient sur la gueule en janvier dernier.
03:49Si mon mémoire est bonne, ils étaient en train de taper littéralement sur les pompiers
03:53qui demandaient des moyens d'effectifs.
03:55Là, j'ai vu la dernière fois, ils expliquaient à les pompiers qu'ils n'avaient même pas des cagoules.
04:00Même pas des bonnes cagoules.
04:02Enfin, c'est un truc de fou.
04:03C'est-à-dire que la maintenance, les avions.
04:08Honnêtement, ils sont nuls.
04:10Ils ont fait des coupes de tous les côtés.
04:11À côté de ça, on a les entreprises du CAC 40 qui sont en train de flamber en termes de
04:17dividendes.
04:19Ces gens ne sont pas à notre service.
04:20Ils ne sont pas au service des citoyens.
04:22Ils sont à leur service.
04:25Et ils le font avec notre argent.
04:27Mais gouverner, c'est prévoir.
04:29Mais prévoir, c'est aussi parfois choisir.
04:31Et choisir, c'est renoncer, Olivier.
04:33À force, c'est de constater qu'ils n'ont jamais rien prévu.
04:36Parce qu'ils savaient depuis 2010 qu'ils n'ont pas prévu pour les pompiers.
04:39qu'ils ont laissé planter aussi du pain résineux.
04:42J'entendais ce matin, c'est comme si on avait planté des forêts d'alumettes.
04:48Il n'y a aucune planification écologique.
04:50Moi, je connais la région un peu.
04:51Je me fais juste avocat du diable.
04:54Ou en tout cas, d'apporter un peu de contradictions.
04:59Vous imaginez bien que déjà, Sébastien Lecornu, en 2022, il n'était pas Premier ministre.
05:04Donc, aujourd'hui, on lui prête peut-être des intentions qui ne sont pas les siennes.
05:08Non, je ne suis pas d'accord avec vous.
05:10Alors, c'est bien de faire l'avocat du diable, mais Sébastien Lecornu, il est dans un gouvernement qui était
05:17là en 2022.
05:18On est d'accord.
05:19Oui, mais il n'était pas Premier ministre à l'époque.
05:22Non, mais bon, il y en avait d'autres.
05:24La question, ce n'est pas la pause directement du Premier ministre.
05:26Le Premier ministre, il représente un gouvernement, une politique, un gouvernement dans lequel il s'est inscrit.
05:32Il a été très content de devenir Premier ministre.
05:35D'ailleurs, ça lui assurera une très, très bonne retraite.
05:37Il faut assumer les responsabilités qui vont avec.
05:40C'est un gouvernement qui, depuis 2017, n'a rien fait, si ce n'est coupé.
05:45Voilà.
05:46Donc, après, il faut choisir où on coupe.
05:48Moi, le prévoir, en effet, vous avez raison.
05:50Tout gouverner, c'est prévoir.
05:51Ces gens n'ont rien prévu alors qu'ils avaient les apports.
05:53Oui, et prévoir, je vous disais aussi, c'est choisir.
05:56Il y a des chantiers sur lesquels il faut choisir et choisir, c'est renoncer.
05:59Donc, il y a forcément des choses sur lesquelles on renonce.
06:02Je suis d'accord.
06:02On aurait pu renoncer, par exemple, à exonérer des patrons du CAC 40 qui ont assez d'argent comme ça
06:07pour investir dans les moyens des pompiers.
06:10Vous voyez, ça, c'est un choix citoyen.
06:11Eux, ils n'ont pas fait ce choix-là.
06:13Ou le fond vert qui est passé de 2,5 milliards en 2024 à 837 millions en 2026.
06:18C'est le choix des copains.
06:19Ce n'est pas le choix des citoyens.
06:21Voilà, donc, renoncer.
06:23Ils ont renoncé aux citoyens pour privilégier les plus riches.
06:28Il suffit de regarder qui s'enrichit aujourd'hui en France.
06:31On comprend très bien pourquoi nous, on est dans la misère.
06:33Je veux vous remercier, en tout cas, Olivier de Bordeaux.
06:35Je le rappelle, vous, vous êtes un des sinistrés de 2022.
06:38Vous dites que les sinistrés de 2022 n'ont toujours pas été indemnisés.
06:42On est en 2026.
06:43Cela fait donc 4 ans.
06:44Merci d'être venu témoigner sur l'antenne de Sud Radio.
06:47Je vous embrasse.
06:48Vous nous rappelez quand vous voulez.
06:50Pareil pour Christophe.
06:51Vous aussi, je vous embrasse.
06:53Et puis, faites bien attention à vous, respectivement, messieurs.
06:56Merci à Alain qui nous a appelés.
06:58À Olivier aussi de Assurélande.
07:00Clément Barguin, dans un instant, notre invité du face-à-face.
07:03Dans quelques secondes, on reçoit Sarah Elahiri, la haute commissaire à l'enfance, pour revenir sur cette décision du Conseil
07:09constitutionnel qui censure l'interdiction des réseaux sociaux au moins de 15 ans.
07:13Et qui va nous détailler les mesures de son plan qu'elle envisage de porter jusqu'à l'ONU.
07:18A tout de suite sur Sud Radio.
07:20Sud Radio.
07:22Deux retours sur l'antenne de Sud Radio avec Clément Barguin pour ce 12-13 et ce rendez-vous, ce
07:27face-à-face avec notre invité Sarah Elahiri, haute commissaire à l'enfance de la République française.
07:34Bonjour.
07:36Bonjour.
07:36Merci d'avoir pris le temps, bien aujourd'hui, de venir nous parler sur Sud Radio.
07:41Première question, le Conseil constitutionnel, vendredi, censure la loi, en tout cas pas dans son intégralité, mais du moins sur
07:52l'article principal qui concerne l'interdiction des réseaux sociaux pour les mineurs de moins de 15 ans.
07:57C'est un échec ?
08:00Objectivement, c'est, oui, un échec pour la protection des mineurs.
08:04Après, il y a des éléments dans cette décision qui sont intéressants à lire.
08:08Je pense, bien sûr, le fait de reconnaître que les réseaux sociaux peuvent porter, effectivement, un certain nombre de dangers.
08:13Je vois le fait d'avoir retenu, quand même, l'interdiction du téléphone portable pour le co-lycée.
08:17Mais soyons très clairs, il ne faut pas tourner autour du pot.
08:20Oui, c'est un échec parce que c'est une protection qui est nécessaire et ce n'est pas une
08:24sorte d'obsession ou quoi que ce soit.
08:27Il suffit de discuter avec, finalement, ces adolescents qui, aujourd'hui, disent, oui, je sais que ça me fait du
08:32mal,
08:32mais en même temps, si je m'en exclue seule, je suis stigmatisée, je me retrouve isolée.
08:39Discuter avec les parents qui ont vu leurs enfants, franchement, aspirés dans un gouffre d'algorithmes
08:45et se retrouver un jour en ouvrant la chambre, finalement, avec des traces de scarification sur le bras
08:50ou à consulter parce qu'il y a une installation, malheureusement, de troubles et de la santé mentale.
08:56Donc, en fait, tout ça nous amène à être très conscients.
08:59On a longtemps essayé de discuter, de combattre, en fait, une partie du contenu de ces réseaux sociaux.
09:05On se rend bien compte que, franchement, ça ne fonctionne pas.
09:08Alors, la chose à faire, en tout cas, ce qui me paraissait l'essentiel,
09:11c'était de trouver le chemin pour protéger d'abord les plus vulnérables, les enfants.
09:16Et donc, c'était dans ce sens.
09:18Maintenant, j'ai envie de vous dire, il y a des combats qu'il faut mener
09:22parce qu'ils sont durs, ils sont techniquement compliqués.
09:26Ça, je l'entends.
09:27La Commission, la Constitution, le fait que les plateformes sont des plateformes internationales.
09:32Mais il ne faut pas lâcher.
09:33Il ne faut pas lâcher pour les enfants, en fait.
09:34Et pour les parents, au passage.
09:36Sarah et Laéry, les sages ne contestent pas, en effet, l'objectif de protéger les enfants.
09:41Mais ils considèrent que le dispositif porte une atteinte disproportionnée aux libertés.
09:46Est-ce que le texte était mal calibré ?
09:48Et c'est, oui, qu'est-ce qu'il faut changer aujourd'hui ?
09:54Sarah et Laéry.
09:56Débilement, on vous a perdu, Sarah et Laéry.
10:00Est-ce que c'est bon ou pas encore ?
10:04Alors, dans un instant, on va essayer déjà de vous récupérer, Sarah et Laéry.
10:10Mais je voudrais aussi qu'on lui fasse écouter la réaction de Rodrigo Arenas
10:15qui, de son point de vue, qui est député de la France insoumise,
10:19dit que, finalement, cette loi, elle ne sert à rien,
10:23puisqu'il faut davantage, Clément Barguin, s'en remettre à l'Union européenne et à sa réglementation.
10:29Et puis, qu'il faut surtout légiférer autour des plateformes.
10:33Et que c'est à la charge des plateformes que de...
10:37Oui, c'est ce que beaucoup disent aujourd'hui.
10:39C'est vrai qu'il faut reporter la faute sur les plateformes
10:42et qu'on ne pourra pas porter le combat seul à l'échelle uniquement de la France.
10:48Donc, tout est là.
10:49C'est là l'enjeu qu'est-ce qu'on fait aujourd'hui.
10:52Oui, peut-être qu'on peut...
10:56Visiblement, elle revient.
10:58Sarah El Haïry, vous nous entendez ?
11:01Alors, on va essayer de la rejoindre.
11:05C'est pas bon ?
11:05Sarah El Haïry ?
11:06Non.
11:07Bon.
11:08Alors, moi, je pense que, si vous voulez, cette question,
11:13quand Rodrigo Arenas la traite du point de vue de la France insoumise
11:17et qu'il s'en remet aux plateformes en disant que c'est aux plateformes
11:22de légif...
11:24En tout cas, de contrôler ce qui se passe sur l'activité des mineurs,
11:29ça va...
11:30Ah, ben ça y est, elle est de retour avec nous.
11:32Sarah El Haïry, est-ce que vous avez entendu ce que nous disions
11:35par rapport aux députés de la France insoumise,
11:39Rodrigo Arenas, qui était notre invité tout à l'heure ?
11:44Non, toujours pas.
11:45Ah si, ça y est.
11:46Pour le coup, non.
11:47Non.
11:47Alors, je vous propose...
11:48Je n'ai malheureusement pas entendu la...
11:50Je vous propose d'écouter ce que disait, justement,
11:52le député de la France insoumise tout à l'heure,
11:54Rodrigo Arenas,
11:55sur, justement, cette loi
11:58qui a été retoquée par le Conseil constitutionnel.
12:03Ce texte ne passerait pas le Conseil constitutionnel
12:05parce qu'il n'était pas en accord avec les réglementations européennes,
12:08notamment, sur les questions de liberté individuelle.
12:11C'est malheureusement confirmé
12:12parce que ce sont les enfants qui sont victimes
12:14et qu'il faut, aujourd'hui, mettre le point d'honneur
12:17sur ce que, moi, j'appelle des dealers de données.
12:20Ce sont les plateformes qui, aujourd'hui,
12:21organisent l'addiction des enfants et aussi des adultes
12:23et qui les mettent dans une situation
12:25de faire en sorte que les réseaux sociaux
12:27sont devenus toxiques pour les jeunes.
12:29Alors, les réseaux sociaux sont devenus toxiques pour les jeunes.
12:32On a encore perdu Sarah El Haïry.
12:34Visiblement, la connexion est vraiment très mauvaise.
12:37Ce midi, Clément Barguin,
12:39les réseaux sociaux sont-ils vraiment toxiques pour les jeunes ?
12:42Là, je pense que, globalement,
12:44qu'on soit de gauche ou de droite,
12:46même du centre,
12:47tout le monde s'entend à dire que...
12:48Bien sûr.
12:49Quand on voit, d'ailleurs, les réactions politiques,
12:51que ce soit à gauche, à droite,
12:53du côté de la France insoumise
12:55ou du Rassemblement national,
12:56tout le monde s'accorde à dire
12:57qu'aujourd'hui, les réseaux sociaux
12:58sont un véritable problème.
12:59Après, toute la question, c'est comment on régule ça ?
13:02Justement, est-ce qu'il faut une interdiction
13:04au moins de 15 ans,
13:05comme c'était proposé par le gouvernement ?
13:09Certains ont dit que ce texte était mal calibré,
13:12que ça portait, en effet, atteinte aux libertés.
13:16Il y a cette question des données.
13:17Qui va, aujourd'hui, être en capacité de vérifier l'âge ?
13:20Comment on fait pour interdire, très concrètement,
13:23les réseaux sociaux au moins de 15 ans ?
13:25C'est toutes ces questions-là
13:27qui, aujourd'hui, sont posées
13:29avec des réactions multiples,
13:32et notamment Gabriel Attal
13:34pour en revenir à nous.
13:35Alors, Gabriel Attal qui lui propose un référendum.
13:38Bon, ça semble être davantage
13:39une mesure de communication politicienne
13:41parce que même le calendrier politique
13:43ne le permettrait probablement pas.
13:45Vous l'organisez quand ?
13:47D'ici aux élections présidentielles.
13:49Vibli, on a encore du mal
13:50à voir Sarah El Haïri.
13:53Assis, vous êtes là, ça y est ?
13:56Oui, j'ai changé de lieu.
13:57Bon, écoutez, tant mieux.
13:59On vous retrouve.
14:01Rodrigo Arenas, député de la France Insoumise,
14:03tout à l'heure, disait à mon micro
14:05qu'il, de son point de vue,
14:08trouvait que cette loi n'avait pas vraiment de sens
14:10puisque, déjà, on n'aurait pas les moyens
14:12de la faire appliquer,
14:13mais que, surtout, il fallait davantage
14:15s'en remettre à ce que l'Union Européenne
14:18fait de son côté
14:19et qu'il fallait davantage encadrer
14:22les plateformes
14:23et que les réseaux sociaux sont toxiques
14:24pour nos jeunes.
14:26Vous rejoignez quand même ?
14:27Parce qu'ils sont toxiques.
14:28Bien sûr, mais parce qu'ils sont toxiques.
14:30Alors, il faut évidemment protéger
14:32les plus fragiles et les plus vulnérables,
14:34c'est-à-dire, dans un premier temps,
14:35par notre droit national.
14:37Enfin, on est souverains sur ça, bon sang.
14:39Et puis, le temps de la régulation européenne,
14:42il arrive et il arrivera.
14:44Mais il est lent.
14:45Il est trop lent.
14:46Moi, je n'ai pas envie de me retrouver
14:47en face de parents et de leur dire
14:49on savait et on n'a rien fait.
14:50Vous voyez ce que je veux dire ?
14:52Je trouve que c'est une manière
14:53de se défausser sur quelqu'un d'autre.
14:56Moi, je comprends pour le coup.
14:58OK, on prend acte de la décision
14:59du Conseil constitutionnel,
15:00mais il y a deux réactions à voir
15:01ou deux manières à voir.
15:03C'est déjà, qu'est-ce qu'on peut faire
15:04maintenant tous, collectivement ?
15:05C'est-à-dire, les investisseurs
15:07prendre leurs responsabilités.
15:09Il y a plus de 3000 procès en cours.
15:10Et je crois que c'est plus simple,
15:12aujourd'hui, de protéger, finalement,
15:14les enfants face à des dangers physiques.
15:16Regardez, quand on interdit,
15:18aujourd'hui, la cigarette pour les enfants,
15:20quand on les protège en leur disant
15:21« Oui, il faut mettre une scinture de sécurité »,
15:23on ne se pose pas de 10 000 questions.
15:24Mais la santé mentale,
15:26la santé mentale, d'un coup,
15:28on commence à poser un peu plus de sujets.
15:30On ne peut pas dire qu'on protège mieux
15:32nos enfants sur des enjeux physiques.
15:35Vous avez quand même 85 000 plaintes
15:37qui touchent des mineurs
15:39sur des violences sexuelles.
15:41On a eu le cas de Liana
15:43avec neuf mois de non-instruction judiciaire
15:46sur son cas,
15:47qui a émeu, d'ailleurs, la France entière.
15:49Et puis, on découvre,
15:52ici et là,
15:53au détour de nos actualités,
15:55des enfants qui sont
15:59les proies de prédateurs sexuels
16:01dans les écoles,
16:02dans les colonies de vacances.
16:03J'ai même vu que vous,
16:06là-dessus, avez posté un tweet
16:08sur une colonie de vacances en Corse,
16:10je crois, que vous avez visité,
16:12où vous dites « Nos enfants,
16:13plus que jamais,
16:14doivent être mis à l'abri ».
16:15Donc, on ne peut pas dire
16:16qu'on les protège mieux
16:17sur le plan physique
16:18que sur le plan virtuel.
16:20Non, ce que je dis,
16:21c'est que sur les violences sexuelles,
16:22il y a un tabou
16:23qui commence à être brisé.
16:25Et oui, il y a des dangers partout.
16:26Et que la meilleure manière
16:27de lutter contre ces dangers,
16:28c'est de donner,
16:29faire de la prévention,
16:30c'est de contrôler les antécédents,
16:32c'est d'être intraitable
16:33sur les décisions de justice.
16:34Parce que oui,
16:34c'est des prédateurs,
16:36que malheureusement,
16:3780% de ces violences,
16:38elles sont quand même à la maison.
16:39C'est des gens qu'on connaît.
16:40C'est un parent,
16:41c'est le copain de la famille,
16:43c'est un grand-on.
16:44Enfin, c'est des gens
16:44qui sont invités
16:45à être à la maison
16:46dans 80% des cas.
16:48Et pour ça,
16:48il faut une transformation globale.
16:50C'est le sens du rapport
16:50que j'ai remis.
16:51Mais quand je dis
16:52la loi protège mieux
16:53les violences physiques,
16:55c'est malheureusement,
16:56aujourd'hui,
16:57personne questionne
16:57l'obligation de porter
16:58une ceinture de sécurité
16:59dans une voiture
17:00pour un enfant
17:00ou de poser un siège auto.
17:01C'est ça que je dis.
17:02Et je dis juste,
17:03moi, je n'ai pas envie
17:04de déléguer aux autres
17:04la capacité que nous avons
17:05aujourd'hui
17:06à protéger les enfants.
17:07Et donc, il faut plutôt
17:08trouver le chemin,
17:09même si c'est dur techniquement,
17:10mais garder l'objectif.
17:11L'objectif, aujourd'hui,
17:12c'est qu'on sait
17:13que les réseaux sociaux
17:14ne sont pas faits
17:15pour les enfants.
17:16Et d'ailleurs,
17:16tous les jours,
17:17on voit des drames.
17:17Et donc, comment on fait
17:18pour écrire le bon texte
17:19sans attendre demain
17:21que quelqu'un,
17:22une autre instance
17:22ou une autre institution
17:24finalement décide de le faire ?
17:25Moi, je crois que
17:25c'est notre responsabilité collective.
17:28Et donc, il faut se remettre
17:29d'une certaine manière
17:30au travail
17:31et qu'en attendant,
17:32on fait du scoring,
17:35les investisseurs assument,
17:36qu'on soit aux côtés des parents
17:38en interdisant
17:38le téléphone portable au lycée.
17:39On ne peut pas laisser
17:40les parents et les ados seuls
17:41face, pour le coup,
17:42à ces géants.
17:44Franchement,
17:44ça serait d'une injustice folle.
17:47Clément Barguin,
17:47justement, le rapport.
17:49Oui, vous avez plusieurs propositions
17:52dans ce qui concerne
17:53les réseaux sociaux,
17:55notamment celle d'une espèce,
17:57si on peut dire,
17:58de nutricore,
17:59pardon,
18:00pour les réseaux sociaux.
18:01Est-ce que vous pouvez
18:01nous en dire un peu plus ?
18:02Là aussi, il s'agit
18:03de sensibiliser parents et enfants.
18:06Alors, de quoi il s'agit ?
18:08Vous savez,
18:09moi, je suis quelqu'un
18:10qui ne fait jamais la morale
18:11et jamais je suis
18:12dans un discours moralisateur.
18:14Par contre,
18:15ce que je vois,
18:16c'est que la preuve,
18:17la régulation,
18:17elle est lente,
18:18elle est longue.
18:19Regardez,
18:20la loi a été votée
18:21par l'Assemblée et le Sénat.
18:22Résultat des courses,
18:23elle est censurée.
18:23Il faut retravailler dessus.
18:24Mais en attendant,
18:25l'idée d'un nutricore,
18:26c'est quoi ?
18:26C'est de dire qu'il y a,
18:27bah oui,
18:28des sites qui sont plus ou moins,
18:30finalement,
18:31protecteurs
18:32ou favorables aux enfants.
18:33Et donc,
18:33un peu comme on s'est habitué
18:34à acheter son paquet de chips,
18:37son paquet de pètes
18:37ou son jus.
18:38Bon, on sait.
18:38Si on a envie de manger
18:39du A, du B ou du C ou du D,
18:41on le sait.
18:42Personne ne vient de faire la morale,
18:44mais tu as cette information.
18:45Et ces sites,
18:46en particulier sur la partie numérique,
18:48donc l'exposition
18:49des enfants numériques,
18:50bah où on n'a aucune info.
18:51C'est pas comme
18:52quand tu vas au cinéma
18:53et tu sais que c'est interdit
18:54au moins de 16 ou pas,
18:56ou au moins de 13,
18:56où c'est tout public.
18:57Et là, l'idée,
18:58c'est d'avoir
18:59ce qu'on appelle
19:00quelques topics
19:02en termes numériques,
19:02c'est-à-dire quelques items,
19:04quelques éléments
19:05qui permettent de savoir
19:06si le site,
19:07il a à protéger,
19:09il a à penser aux enfants
19:09ou pas du tout.
19:11Et donc,
19:11on pourrait avoir
19:13des lettres
19:14ou un chiffre
19:15permettant de dire aux parents
19:16franchement,
19:17soyez vigilants,
19:17ce n'est pas du tout fait
19:18pour un enfant
19:19même accompagné
19:20de 10 ans ou 12 ans
19:22parce qu'il y a des images,
19:23parce qu'il y a du scrolling infini,
19:24parce qu'il y a ce qu'on appelle
19:26en termes,
19:27pour le coup,
19:28tech,
19:28des dark patterns,
19:29c'est-à-dire des outils
19:30pour les rendre addicts,
19:31sur lesquels déjà nous,
19:32on se bagarre,
19:33il suffit de commencer
19:34à scroller le soir
19:34et puis on se rend compte
19:35que le temps,
19:35il passe plus vite
19:36que d'habitude.
19:37Et donc finalement,
19:37dire bon,
19:38écoutez,
19:38là,
19:38ce n'est pas top
19:39ou au contraire,
19:40et du coup,
19:40ça va favoriser aussi
19:41une économie du numérique
19:43qui prend acte
19:44ou qui prend en compte
19:45en tout cas
19:46les besoins des enfants
19:48et donc leur santé
19:48pour le coup mentale
19:49et physique.
19:50Et cette information,
19:51elle permettrait déjà,
19:52je trouve,
19:52de faire une sorte
19:53de filtre ou de tri.
19:55Mais c'est une étape.
19:56Moi,
19:56je ne suis pas naïve
19:57quand je vois
19:57que le Conseil constite
19:59censure l'article 1
20:00que le temps
20:01que ça nous a pris
20:01pour faire le DSA
20:02et il y a acte
20:03au niveau européen.
20:04Je veux dire,
20:05ce n'est pas demain
20:05qu'on va avoir
20:06ces interdictions
20:09ou ces régulations européennes.
20:11Donc en attendant,
20:12je préfère qu'on avance.
20:13Quand on voit
20:14le blocage,
20:15justement,
20:16administratif
20:17qu'il y a aujourd'hui,
20:17est-ce qu'il n'y a pas
20:18une responsabilité
20:19à mettre aussi
20:19sur les gérants
20:20de ces plateformes ?
20:21Vous parliez de ce Nutri-Score.
20:23Est-ce qu'on ne se dit pas
20:23aussi aujourd'hui
20:24qu'il faudrait
20:24des réseaux sociaux
20:26conçus différemment
20:27peut-être pour les mineurs ?
20:28Est-ce que là aussi,
20:29plutôt que de passer
20:30par un texte législatif...
20:31Je suis mille fois d'accord.
20:33Ah non,
20:33c'est complémentaire.
20:34En fait,
20:35moi je considère
20:36que le texte législatif
20:37c'est la responsabilité
20:38pour le coup
20:39de la puissance publique
20:40du législateur.
20:41Ça c'est clair.
20:42Parce que ce qui est dangereux,
20:43il n'y a pas de raison
20:44de laisser des enfants
20:45exposer à des chances dangereuses
20:46juste parce qu'on n'arrive pas
20:47bien à l'interdire
20:49à le réguler.
20:49Du coup,
20:50chacun son job.
20:51Mais le fait
20:52de penser autrement
20:53la conception des sites,
20:55moi je crois que
20:56c'est sur ça
20:56qu'il faut aller.
20:57Et du coup,
20:58ça veut dire quoi ?
20:59Penser des sites
20:59qui sont plus protecteurs,
21:01qui sont moins addictifs.
21:03En ce moment,
21:03au moment où je vous parle,
21:05il y a plus de 3000 procès
21:07aux Etats-Unis
21:07sur les conséquences
21:09de sites
21:09pour le coup
21:10qui ont amené
21:10jusqu'à malheureusement
21:11des suicides.
21:12Mais il y a des choses
21:13comme du cyberharcèlement,
21:14le fait de tomber
21:15dans des troubles
21:16de l'anorexie,
21:18je le disais malheureusement
21:19tout à l'heure
21:19des scarifications.
21:20Enfin,
21:20il y a énormément de dangers.
21:22Et donc,
21:22face à ce que c'est,
21:24moi je crois qu'il y a la place
21:25pour une autre économie,
21:26alors moi j'appelle ça
21:27le safe child by design,
21:28c'est un mot,
21:29c'est vrai,
21:29désolé pour l'anglicisme,
21:30mais c'est simplement
21:31le fait de le concevoir
21:32de manière plus protectrice
21:35au lieu de réparer
21:36à chaque fois
21:37et de courir derrière
21:37les dangers
21:38et finalement essayer
21:39de limiter les traumatismes,
21:41dire écoutez,
21:42on peut le penser autrement
21:43et penser avec plus
21:44de sécurité à la base.
21:45Parmi les mesures
21:46protectrices
21:47que vous envisagez
21:48dans votre plan
21:49que vous avez remis
21:50je crois le 15 juillet
21:522026
21:52à Sébastien Lecornu,
21:53il y a celle
21:55de la mise en place
21:56et là on n'est plus
21:56sur quelque chose
21:57de virtuel,
21:58on revient au réel
22:00et au physique,
22:01la création
22:02d'un service unique
22:03de vérification
22:05des antécédents
22:06judiciaires
22:06et administratifs
22:07des personnes
22:08exerçant au contact
22:09des mineurs,
22:10donc on entend par là
22:11les professionnels
22:12type animateur,
22:14éducateur,
22:15etc.
22:15et les bénévoles.
22:17là-dessus,
22:18moi je suis surpris,
22:19j'ai été animateur
22:20en colonie de vacances,
22:22j'ai enseigné même
22:25des disciplines particulières,
22:27on a vérifié
22:28mon casier judiciaire,
22:29on ne le fait plus ça
22:30en 2021.
22:30c'est une magnifique école,
22:32alors on ne le fait pas
22:33totalement et automatiquement,
22:34on vérifie le casier judiciaire,
22:36ça c'est très vrai,
22:36le bulletin,
22:37mais le casier judiciaire
22:38aujourd'hui,
22:39on n'y inscrit
22:40que les condamnations
22:41définitives
22:42et comme on connaît
22:43le temps de la justice,
22:44l'idée c'est de se dire,
22:45en tout cas,
22:46proposons-nous,
22:47c'est de se dire,
22:48par exemple,
22:49quand vous avez
22:50une décision administrative,
22:53mais quand vous avez
22:54une décision administrative
22:55et que vous avez été viré,
22:57par exemple,
22:57du monde de la culture
22:58ou pour le coup
22:59de l'éducation nationale
23:00parce que vous avez eu
23:01des comportements
23:02et donc c'est une décision
23:03administrative
23:03ou une procédure en cours,
23:05c'est-à-dire que la décision
23:05de justice définitive
23:06n'est pas faite,
23:08mais il y a déjà
23:09une première condamnation
23:10en première instance
23:10et que vous êtes en appel,
23:12je suis désolée,
23:13et bien,
23:13principe de précaution,
23:15moi je ne veux pas
23:15que cette personne,
23:16elle se retrouve
23:16auprès de mes enfants
23:17pour une raison toute simple,
23:18les enfants,
23:19ce n'est pas une population
23:19comme les autres
23:20et aujourd'hui,
23:22des fichiers qui sont
23:22effectivement ceux
23:23de l'éducation populaire
23:25et c'est une superbe école
23:26et la majorité des gens
23:28qui sont dans l'éducation populaire,
23:30en fait,
23:30ils veulent qu'on renforce
23:32et qu'on leur donne accès
23:33à l'ensemble des informations
23:35en même temps renforcées
23:36parce qu'on a appris
23:36dans le monde du sport,
23:38ce qu'on a appris aujourd'hui
23:39avec le fameux fichier
23:40des cadres interdits
23:42dans l'éducation nationale,
23:43mais dans tous les secteurs,
23:44il n'y a pas de raison,
23:45les prédateurs,
23:45vous savez,
23:46ils se déplacent,
23:47ils passent d'un territoire
23:48à l'autre
23:48et d'un secteur à l'autre
23:49et donc ce qu'on faisait hier,
23:51c'est une bonne chose,
23:52on continue à le faire,
23:53mais je pense qu'il faut
23:54aller plus loin,
23:55c'est-à-dire les procédures en cours
23:56et les fichiers administratifs.
23:58Merci beaucoup,
23:59Sarah El Haïry,
24:00Mala Navré,
24:00avec ces problèmes de connexion.
24:02Je suis vraiment désolée,
24:03oui,
24:03je suis très confusée.
24:04Je le rappelle,
24:05vous êtes haute commissaire
24:06à l'enfance
24:07de la République française,
24:09ex-ministre également
24:10en charge de ces questions,
24:11vous développez ce plan
24:12que vous voulez porter
24:13jusqu'à l'ONU.
24:14Merci Clément Barguin
24:16pour ce rendez-vous
24:19du 12-13
24:20et puis moi je vous dis
24:21à demain sur Sud Radio
24:22de 10h à 13h
24:23pour les débats de l'été
24:24qui continuent
24:25et puis bonne écoute
24:26sur Sud Radio,
24:27les déclarations
24:28de Sébastien Lecornu,
24:30Premier ministre,
24:31à venir à 13h
24:32qui seront largement débattues
24:34ce soir dans les vraies voix
24:35de Frédéric Brindel.
24:37de Sébastien Lecornu
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