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  • il y a 3 heures
Jean De Cerval, sylviculteur et exploitant forestier dans les Landes
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##FRANCE_QUI_BOSSE_PENDANT_LES_FETES-2026-08-17##

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Transcription
00:00On va s'intéresser à la filière bois, on est avec Jean de Serval dans la France qui travaille.
00:06Il est 7h19, bonjour Jean de Serval, soyez le bienvenu.
00:09Vous êtes civiculteur et exploitant forestier pour l'entreprise La Forestière Basadaise,
00:15à Basas donc dans le massif landais, au cœur malheureusement des incendies de cet été.
00:22C'est ma première question, situation très particulière cette année.
00:25Est-ce que vous disposez d'une quantité trop importante de bois à exploiter ?
00:31Effectivement, situation très compliquée cette année.
00:33Il y a brûlé quasiment 50 000 hectares dans le massif.
00:36On estime un volume de bois d'environ au moins 4 millions de tonnes, peut-être 5 millions de tonnes
00:40de bois.
00:41Pour vous donner une idée, ça représente environ une année de récolte,
00:44un peu moins d'une année de récolte d'une année normale sur le massif landais.
00:47Est-ce que tout est vendable ?
00:50Tout est vendable parce que tout se vend.
00:52Le problème c'est qu'on ne sait pas comment est-ce que les industriels vont être capables d'absorber
00:56ce volume de bois,
00:57ce volume de bois brutalement mis sur le marché.
01:00Il faut l'exploiter assez rapidement si on ne veut pas qu'il perde de sa valeur marchande trop rapidement.
01:08On a grosso modo 6 ou 8 mois pour le faire.
01:11Après, ça sera plus compliqué puisque le bois ne tiendra plus, la fibre à l'intérieur ne tiendra plus
01:15et les débouchés deviendront moindres.
01:18Alors justement, le Premier ministre sera de passage chez vous tout à l'heure.
01:22Est-ce que ça fait partie des choses que vous pourriez lui demander
01:24ou en tous les cas que vous avez envie de formuler aujourd'hui sur l'antenne de Sud Radio
01:29en disant peut-être que ça fait partie des préoccupations pour vous
01:34que ce bois soit rapidement vendable et que les industriels se placent assez vite en ordre de bataille ?
01:42J'allais dire, les industriels, il ne faut pas se tromper de combat.
01:45Les industriels, ils ont toujours été dans le massif, dans la filière
01:48et ils sont plutôt rapidement là et efficacement là.
01:51Le problème, il faut remonter ça en amont.
01:53J'espère que le Premier ministre, et j'espère qu'on va lui dire ça,
01:56nous avons manqué de moyens, c'est certain, tout le monde le dit, c'est factuel, nous l'avons vu.
02:01Les pompiers ont fait un boulot de dingue, ils ont perdu deux hommes dans le massif
02:04et quatre en tout en France, c'est dramatique.
02:07Il a manqué de camions, il a manqué d'eau, il a manqué...
02:09On a des problèmes pour s'approvisionner en points d'eau,
02:12parce que là aussi, la police de l'eau, nous avons des contraintes administratives
02:17pour créer des points d'eau, pour créer des forages, pour recréer des lagunes ou des trous d'eau.
02:22L'accès à l'eau est un problème, les moyens aériens sont évidemment un problème.
02:26On nous dit en France qu'il y a douze canadaires.
02:28Ce n'est pas vrai, il y en a peut-être douze dans un garage,
02:30mais il n'y en a que cinq ou six qui marchent, on n'en a pas douze à temps
02:33plein.
02:33Le jour de Serval, justement, exploitant forestier à Bazaz dans les Landes au cœur de la problématique des incendies,
02:38vous réclamez précisément des canadaires à deux mœurs sur place.
02:42Est-ce que ça, ça fait partie des idées qui pourraient être exprimées ?
02:45Bien sûr, nous réclamons des canadaires sur la base de Cazot,
02:47sur la base de Mont-de-Marsan, sur la base de Mérignac, au cœur du massif.
02:52On l'a bien vu en 2022 et on le voit sur tous les feux naissants,
02:55le feu se tue lorsqu'il naît.
02:57On a deux heures pour être vraiment actif.
02:59Si ça part trop vite, si on n'a pas les moyens qui interviennent le plus rapidement possible,
03:03donc ça veut dire une masse importante de moyens humains, mais également aériens,
03:09si on le tape dans les heures qui arrivent au tout à fait départ, on le tient.
03:13Si on le laisse partir, ça devient incontrôlable. C'est trop compliqué.
03:16Jean de Serval, exploitant forestier à Bazaz, c'est ma dernière question pour la reconstruction de la forêt.
03:21Certains de vos confrères disent qu'il ne faut pas replanter de pain.
03:24Vous, au contraire, vous êtes un pro-pain maritime. Pourquoi ?
03:28J'ai entendu, juste je précise ma question, que si on choisissait le pain maritime,
03:33c'était en partie pour des raisons économiques. Est-ce que c'est vrai, ça ?
03:36Alors, il y a une raison économique, il ne faut pas la nier, mais il y a surtout une raison
03:40écologique.
03:41La seule essence qui pousse dans notre pays, dans notre pays landais, dans ce pauvre sol,
03:46c'est le pain maritime. C'est le seul qui supporte l'été à 40 degrés, dans le sable dunaire,
03:52et c'est le seul qui supporte l'hiver, les pieds dans l'eau. C'est la seule essence.
03:56Napoléon n'a rien inventé. Quand il est arrivé ici en 1850, il a repris l'essence qui était naturelle
04:02sur le cordon dunaire pour fixer la dune. Et les quelques îlots qu'il y avait dans le massif,
04:07quelle était l'essence qui poussait ? C'était le pain maritime.
04:09Le pain maritime est la meilleure essence pour exploiter et pour créer quelque chose dans les Landes.
04:16Et puis, soyons sérieux, nous n'allons pas arracher un million d'hectares.
04:20Nous n'allons pas mettre une filière à mal. Aujourd'hui, la filière bois représente plus de 300 000 emplois,
04:2810 milliards d'euros de chiffre d'affaires. Il y a une vraie filière.
04:30Peut-être que nous devons recréer des pare-feux, réfléchir peut-être sur l'organisation géographique de nos parcelles.
04:38Organiser des pare-feux plus larges autour des villages, parce qu'en fait, les pompiers passent beaucoup de temps
04:42à protéger les maisons. Et c'est normal. Mais en attendant, les maisons brûlent autant.
04:45Donc, faire respecter les OLD. Mais évidemment, ne changeons pas d'essence.
04:49Ce n'est pas raisonnable de pouvoir dire qu'on peut changer d'essence.
04:52Merci beaucoup Jean de Serval, exploitant forestier à Bazas, dans les Landes.
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