00:00 On voit dans les vacances qu'on a dans les villes moyennes, je pense à Angoulême,
00:03 qui est une zone où il y a des vacances, une mobilisation qui reste très élevée.
00:06 Je pense qu'on sera plus proche des chiffres du 19, mais c'est à vérifier, que de celles du 31.
00:11 Mais ça reste de toute façon plus fort que la plupart des mouvements sociaux de ces 30 dernières années.
00:15 Donc on a une mobilisation qui est en train de s'installer dans la durée
00:18 et qui porte encore une très forte majorité de l'opinion publique.
00:22 C'est la face visible en réalité de la grande majorité des travailleurs,
00:25 mais aussi des Français qui refusent cette réforme.
00:27 Donc on voit cette mobilisation dans la rue qui dure, et face à ça,
00:30 on a le début du texte, un examen en séance à l'Assemblée Nationale,
00:33 et donc on a une sorte d'impasse politique entre les rues qui se mobilisent et les députés qui vont.
00:38 Moi j'appelle le gouvernement, les parlementaires à la responsabilité
00:42 pour retirer ce projet d'un côté ou le côté contre de l'autre.
00:46 Parce qu'il y a une légitimité démocratique, celle de l'élection,
00:49 mais quand on représente 32-35 millions de Français qui, dans les sondages,
00:54 disent, en âge de voter, refuser cette réforme,
00:57 ça fait plus que le score cumulé des deux candidats qui ont été finalistes à la présidentielle.
01:01 Donc on a une légitimité très forte du mouvement social
01:04 qui vient se heurter à la légitimité de l'élection.
01:08 Et donc on ne peut pas avoir un gouvernement qui reste sourd
01:11 à cette dichotomie qu'il y a avec l'opinion publique.
01:14 - Qu'est-ce qui va se passer s'il n'y a pas un sort de référence ?
01:17 - On va continuer. On le voit peiner à convaincre quelques dizaines de députés à l'Assemblée.
01:21 Nous, on va continuer à porter la voix de quelques dizaines de millions de Français et de travailleurs
01:26 qui ne veulent pas de cette réforme. Donc ça continuera.
01:28 - Alors, sinon, est-ce qu'on risque quelque chose qui, démocratiquement, peut être de l'ordre du chaos ?
01:33 Comme disaient un de vos collègues.
01:35 - Je ne sais pas si ça sera le chaos. En tout cas, ça sera un déni de démocratie.
01:38 Parce que la démocratie complète dans le pays, c'est à la fois l'élection,
01:41 c'est le mouvement social, en effet la démonstration,
01:44 c'est aussi la liberté de la presse, c'est aussi les contre-pouvoirs comme celui de la justice,
01:48 l'indépendance de la justice. Donc une démocratie complète demande à ce qu'on jauge en permanence
01:53 quand on prend une décision, savoir si on met en péril ou non la cohésion sociale et la cohésion démocratique.
01:59 Et là, si le gouvernement s'en tête, il remettra en cause les deux.
02:02 - J'ai une dernière question. Il y a des sénateurs qui veulent limiter le droit de grève
02:06 au jour du départ en vacances, la fièvre dans les transports. Qu'est-ce qu'ils en pensent ?
02:10 - J'ai l'impression qu'ils n'aiment pas trop ceux qui travaillent.
02:13 Ils aiment le travail, mais souvent celui des autres. Et ils n'aiment pas le droit des travailleurs.
02:16 Le droit de grève est un droit constitutionnel, c'est comme ça.
02:19 Et on l'a pas par hasard parce que c'est un élément constitutif de notre démocratie.
02:24 On n'est pas dans une démocratie ni autoritaire ni libérale.
02:27 Donc il y a l'élection, mais il y a aussi le droit de manifester, le droit de grève.
02:31 C'est un droit absolu, il est individuel. Et donc je pense que c'est une très mauvaise idée, un très mauvais signal.
02:36 - Merci.
02:37 (Générique)
Commentaires