00:00Quand je suis dans une salle à 400 personnes que je ne connais pas
00:02et que nous vivons tous à un même moment la même émotion,
00:05je trouve ça puissant.
00:07Un cinéma c'est un truc populaire, c'est populaire.
00:10On est nombreux à regarder une histoire ensemble.
00:12C'est ça qui m'intéresse et moi je passe mon temps à imaginer
00:15comment dans la salle les gens vont réagir à ce que j'écris ou je filme.
00:19J'avais trouvé un acteur russe fort Milan,
00:21dénommé Sergei Makometsky, une star là-bas et justifiée.
00:26L'ambassadeur russe en poste à Paris,
00:28l'appelle sur son portail et elle lui dit
00:31« Mais le peuple russe justement, il ne comprendra jamais.
00:35Pourquoi vous avez accepté de jouer le rôle d'un salaud,
00:38un traître, une ordure ? »
00:41Réfléchissez.
00:43C'est vite vu la réflexion.
00:45Il m'appelle lundi, il me dit « Stop ! »
00:49C'est-à-dire qu'en Russie, à partir du moment où vous avez à dos
00:52quelqu'un du pouvoir, c'est gênant.
00:55D'autant plus que cet ambassadeur,
00:57aujourd'hui, maintenant, il est ministre de la Culture.
00:59Poutine, à l'époque de l'affaire Farwell,
01:01il est patron du KGB de Leningrad,
01:04Saint-Bethlisbourg.
01:06Et l'affaire Farwell, il la connaît, c'est évident,
01:09ça ne peut pas être autrement.
01:10C'est l'affaire la plus dramatique pour le KGB.
01:13Parce que je trouve que nous, dans notre cinéma français,
01:15on a peur ou on a un espèce de complexe
01:18à filmer le personnel politique.
01:20Et c'était la première fois qu'il y avait un tournage de cinéma à l'Elysée.
01:23Donc on a tourné dans la Grande Cour d'honneur,
01:25on a tourné dans le Palais de la Salle des Fêtes,
01:29et à l'hôtel de Marigny, qui est juste à côté de l'Elysée,
01:31qui est la réplique un petit peu du Palais de l'Elysée.
01:34Il est arrivé Philippe Pagnan,
01:364 heures de maquillage,
01:37il venait à 5 heures du matin pour être prêt à tourner à 9 heures.
01:39Dans les costumes,
01:42il arrive dans le bureau,
01:44et il s'assoit au bureau qu'on avait retrouvé,
01:46le bureau de François Mitterrand,
01:47qu'on avait ressorti.
01:48Il s'assoit et il se tourne à moi et il dit « je suis prêt ».
01:51Et là, les collaborateurs de Sarkozy qui étaient là avec nous,
01:54ils l'ont regardé, ils ont fait « coup ».
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