00:00Qu'est-ce qui vous a donné envie justement de rentrer dans cet univers
00:02et quelle a été votre envie première de communiquer à travers ces personnages
00:07et cette histoire qui n'est pas facile, Oster ?
00:10C'était en sortant de, quand je terminais mon film précédent,
00:14de « Bat Mon Cœur s'est arrêté »,
00:15je me posais la question d'un film suivant,
00:21de ce que ça serait, quel serait le processus.
00:25Et je me disais que j'avais travaillé déjà avec les acteurs.
00:29Il semblait, alors c'est très très très présomptueux,
00:31que j'avais travaillé avec les acteurs avec lesquels j'avais envie de travailler.
00:35Et que maintenant, il y avait tout simplement, il y avait une chose,
00:38il y avait qui d'autre ?
00:39Et je me suis appris que ce qui d'autre n'existait pas.
00:42Il fallait que ce soit des visages nouveaux,
00:46parallèlement à ça, un scénario qu'avait fait développer Marco Cherchi,
00:52un des coproducteurs, Chic Film.
00:54Et en fait, c'est tombé comme une réponse,
00:57à un moment donné, comme une réponse à la question que je me posais.
01:00Avec qui ? Avec des gens que je ne connais pas,
01:02ou ça, dans une prison.
01:03Les gens qui sont en prison, ne les connaissent pas.
01:05Parce qu'on ne vous attendait pas dans un tel registre.
01:07Mais moi non plus.
01:08Ah.
01:10Le film s'appelle « Un prophète ».
01:11Oui, toujours appelé « Un prophète ».
01:12Ça venait « Le prophète ».
01:14Qu'est-ce qu'amonge le prophète ?
01:16Alors, ça peut être le prophète de la prophétie,
01:18de la religion révélée, ça c'est une chose.
01:20Mais c'est aussi le prophète, celui qui est annonciateur de quelque chose.
01:23Et nous, c'était cette fonction-là, surtout.
01:25C'est surtout ce sens-là.
01:27Il y avait cette ironie-là.
01:29C'est un nouveau type de personnage, de héros, de voyou.
01:33Faire un film comme ça,
01:34est-ce que la préparation pour vous est la même ou est différente ?
01:38Ça a été très simple avec Jacques,
01:39parce qu'il nous a bloqués pendant quatre mois, tous les jours.
01:43Et en l'espace de quatre mois,
01:45je crois que moi j'ai dû recevoir sept scénarios, sept versions.
01:48C'est-à-dire que jusqu'au bout, il y avait toujours quelque chose à travailler ?
01:52Aucun de nous n'est moulé vraiment sur un type de travail, de comédien.
01:56Il n'y a pas de moulage.
01:57On n'arrive pas à mouler sur une façon de travailler.
02:01Au contraire, on a tous des façons de travailler très différentes les unes des autres.
02:05Et Jacques Audiard a pris, j'ai l'impression,
02:09un angle différent en fonction de chacun de nous.
02:11C'est comme ça qu'il fait sortir des choses des gens,
02:16ou en tout cas que c'est à la fois très cadré,
02:18en un temps plein de confiance.
02:20En fait, avec M. Audiard, il faut arriver et rien savoir.
02:23Parce que si on arrive en sachant ce qu'on va faire,
02:25c'est mort, t'avances.
02:27Donc t'arrives, t'es en pression tout le temps,
02:28et puis à la fin, t'es toujours en pression.
02:30On arrive sur une scène, on croit savoir,
02:32et en fait, on ne sait pas.
02:33Et puis, regardez, c'est ce que vous faites, c'est pas bien, c'est de la merde.
02:36Ah bon ? Bah oui, ce qu'on a fait, c'était pas bien.
02:38C'est pas drôle.
02:39Donc t'es comme ça, et puis dès que t'es comme ça,
02:41bah t'arrives, et puis comme par hasard,
02:43la scène passe, et puis il y a un truc qui se dégage.
02:45C'est-à-dire qu'il travaille sous pression.
02:47Mais c'est une façon de travailler.
02:48Donc du coup, en tant qu'acteur, on n'arrive pas,
02:50ouais, je connais mon texte, je sais ce que je vais faire.
02:52C'est surtout pas la façon qu'il faut faire, Abediac.
02:56C'est l'histoire d'un type qui arrive,
02:57qui n'a pas d'histoire et qui va s'en écrire une.
02:59Je trouve que c'est assez juste.
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