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Dialogue très attendu entre Marguerite Cazeneuve, directrice générale déléguée de l'Assurance Maladie (CNAM), et Nicolas Revel, directeur général de l'AP-HP, lors de la soirée des Hôpitaux 2025. Au cœur des échanges : le financement de notre système de santé et la transformation de l'hôpital public. Entre la maîtrise des dépenses et les besoins criants du terrain, ils confrontent leurs visions pour garantir un service de soins de qualité et innovant pour tous. Un débat essentiel pour comprendre les enjeux de la santé en France.

Avec Marguerite Cazeneuve, spécialiste française des affaires sociales, de la santé et des retraites. Ex-conseillère d'Emmanuel Macron et directrice générale déléguée de l'Assurance maladie et Nicolas Revel, président de l'AP-HP

#Santé #Hôpital #SantéPublique #Soin #Soiréedeshôpitaux

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Transcription
00:00On évoque une autre problématique particulièrement sensible, focalisée directement sur le thème de notre soirée. Peut-on encore sauver la sécu ? Et surtout, comment ? Voici tout de suite Marguerite Cazeneuve et Nicolas Revelle qui seront soumis à la question de nos deux journalistes.
00:18Alors c'est un autre sujet, mais c'est un peu le même aussi. On a la chance d'avoir avec nous deux acteurs centraux du sujet. C'est difficile de faire mieux en réalité. Marguerite Cazeneuve, qui est directrice déléguée de l'assurance maladie.
00:44Vous avez été conseillère sociale, je crois, d'Emmanuel Macron à l'Elysée. Vous avez été en poste à Matignon avec Jean Castex. C'est d'ailleurs ce qui vous rapproche pendant la crise du Covid.
00:58Notamment, vous êtes aujourd'hui directrice déléguée de l'ACNAM aux côtés de Thomas Tavateau. Mais vous avez écrit un rapport qui a fait un peu de bruit, qui a fait un peu de remous.
01:06Et ça, c'est bon, le remous qui s'appelle Charge et Produits 2025. Alors le nom comme ça, comment dire, ça ne vous dit pas grand chose, mais il y a des pistes d'économie pour l'assurance maladie.
01:14Ça a fait boum. Merci d'être là parmi nous. Nicolas Revelle, vous êtes directeur de l'assistance publique hôpitaux de Paris.
01:23Toute petite entité connue de certains parisiens, mais qui est quand même un géant énorme, le navire amiral des hôpitaux parisiens.
01:31Vous avez dirigé l'assurance maladie, vous avez été en poste à l'Elysée aussi, époque François Hollande, sous l'ancien régime, donc.
01:40Puis à Matignon, aux côtés de Jean Castex également, dont vous étiez le DIRCAB aussi pendant la crise du Covid.
01:48Et alors, j'essaie de résumer la situation pour que tout le monde comprenne bien.
01:53C'est vous, madame, qui payez, et c'est vous, monsieur, qui dépensez ?
01:59Je pense que c'est tous les Français qui...
02:02D'accord, non, mais c'est un peu ça, vos relations aujourd'hui, c'est le... Non ?
02:06Comment ça se passe ?
02:07Nous, déjà, on dépense aussi, puisqu'on paie directement les professionnels libéraux.
02:13Et puis, par ailleurs, on n'est pas que la caisse, on ne peut pas que payer, on est aussi l'assureur.
02:19Donc, on essaie d'avoir une vision un peu globale du système de santé.
02:22Et donc, c'est effectivement, chaque année, l'assurance maladie, elle présente un rapport au gouvernement et au Parlement
02:27pour le PLFSS, ou pour le projet de loi de finances de la Sécurité sociale de l'année d'après.
02:32Et là, cette année, on a fait un peu un rapport exceptionnel en disant, là, ça commence vraiment...
02:36Enfin, la situation nous inquiète vraiment beaucoup.
02:38Et donc, justement, essayons de nous donner un peu de visibilité.
02:41Donc, on a projeté à 2030, essayé de projeter la situation de l'assurance maladie à 2030
02:45pour proposer des solutions un peu structurelles.
02:48Et j'ajoute qu'on a fait voter, on a fait adopter, on a co-construit, on a fait adopter ce rapport
02:53par les membres du Conseil de l'assurance maladie,
02:56donc les partenaires sociaux, les représentants des patients, etc.,
02:58pour essayer d'avoir un objet aussi plus facile à utiliser pour le politique,
03:03puisque, effectivement, on est dans une période d'instabilité politique.
03:05Et donc, le fait d'avoir créé du consensus social avant autour de ce rapport a de la valeur.
03:10Vous voulez dire que vous n'avez pas employé la méthode François Bayrou
03:12qui consiste à mettre en jeu sa responsabilité ?
03:16En tout cas, on a d'abord concerté et co-construit.
03:22Etienne, juste, je vais demander à nos invités de bien coller le micro,
03:25parce qu'on vous entend pas au maximum sur le menton.
03:28Alors, on a une question pour vous deux qui est très simple.
03:32Aujourd'hui, il y a une inquiétude très violente sur les comptes publics et sur la sécu.
03:40À quel point c'est grave ?
03:42À quel point notre système est vraiment menacé aujourd'hui ?
03:46Je fais la première couche.
03:51Je pense qu'on est dans une situation qui est en effet très préoccupante,
03:57mais avec des chiffres un peu en trompe-l'oeil.
03:59Moi, j'aimerais quand même dire un certain nombre de choses.
04:01On a, objectivement, aujourd'hui, un déficit très élevé, historiquement élevé,
04:0615 milliards d'euros pour la branche maladie,
04:08qu'on n'a jamais connu, je dirais, en temps de paix,
04:10c'est-à-dire en dehors des crises économiques très ponctuelles
04:14qui, forcément, dégradent parce que les recettes s'effondrent.
04:17On pourrait y rajouter, d'ailleurs, le déficit historique des hôpitaux publics
04:21de 3 milliards d'euros alors qu'on était à 800 millions avant la crise Covid
04:26et puis on est monté progressivement à 2, 1, 8, 3 milliards en 2024.
04:31Et on pourrait se dire que tout ceci est le signe de ce qu'on dépense trop en France.
04:35C'est-à-dire qu'on entend très souvent le fait de dire qu'on a un néant problème en France
04:39et qu'on dépense trop pour la santé.
04:42Là, je souhaite quand même introduire quelques petits éléments de nuance.
04:47Parce que quand on regarde un indicateur qui est la dépense de santé sur PIB,
04:52alors oui, en effet, on est quasiment le troisième pays de l'ECDE, le plus haut.
04:58Derrière l'Allemagne et ?
04:59Etats-Unis, très au-dessus, l'Allemagne, et ensuite, nous, à 12,4%.
05:04C'est la dépense totale.
05:06Après, la dépense prise en charge par la Sécu est plutôt à 9.
05:08Enfin, on est très haut.
05:11La question, c'est de savoir si c'est un problème de numérateur,
05:13soit de dépense de santé, ou de richesse nationale.
05:16Une question, je pense, qu'il faut se poser.
05:17Parce que quand on regarde la dépense de santé,
05:19qu'on la rapporte à la population, dépense par habitant,
05:24alors là, on n'est plus le troisième pays de l'ECDE,
05:27on passe à la septième position.
05:28Et quand on regarde pas seulement la population,
05:32mais qu'on la corrige des effets de structure démographique
05:35par des personnes âgées,
05:38alors on est à la onzième position.
05:41Expliquez-moi ce critère, je n'ai pas compris, là.
05:43Le critère dépense sur habitant,
05:46et après, on essaie de standardiser la population
05:49en essayant d'intégrer, en gros, le critère d'âge,
05:52parce que plus vous êtes âgé, plus vous consommez,
05:54donc c'est des besoins de santé de votre population.
05:55Est-ce que la pyramide des âges est plus défavorable en France
05:58que dans les pays de l'ECDE ?
05:59Elle est par définition différente d'un pays à l'autre.
06:02Donc on peut juste dire que,
06:04je ne suis pas sûr qu'on puisse dire que la France
06:06soit en montant de la dépense par habitant
06:09dans une atypie.
06:12Je nuance également un autre point,
06:13et après, rassurez-vous, on a un problème à la fin,
06:16c'est sûr, c'est qu'on n'a pas explosé la dépense
06:20par rapport aux autres pays.
06:22Quand vous regardez d'ailleurs l'évolution de la dépense,
06:24de santé entre 2015 et 2019,
06:30vous la comparez avec tous les pays,
06:32en gros, au niveau des pays de l'ECDE,
06:33ça a augmenté à peu près de 2,8 % par an
06:36en valeur réelle nette de l'inflation.
06:38En France, on a été à 0,7,
06:42qui est le troisième pays où la maîtrise a été la plus forte.
06:46Depuis 2019, tout le monde a augmenté à peu près à 3 %,
06:49on est à 3 %, l'Allemagne est à 3 %,
06:51tout le monde a augmenté.
06:53Donc, juste pour relativiser,
06:54je veux dire qu'on n'a pas un problème,
06:56mais en revanche, on a un énorme problème,
06:58un énorme problème,
07:00qui est celui sur lequel, je pense,
07:02l'assurance maladie a eu raison de sonner l'alarme,
07:07c'est qu'on a, chaque année,
07:10un sujet qu'on redécouvre à chaque PLFSS,
07:12c'est que le tendanciel de dépense de la santé,
07:15les dépenses de santé,
07:17augmente deux fois plus vite
07:18que ce qu'on peut se payer
07:20avec un niveau de long d'âme raisonnable
07:22qu'on sait à peu près équilibré.
07:24C'est-à-dire que chaque année,
07:25quand vous regardez les besoins de santé,
07:27le fonctionnement du système,
07:28vous savez que vous allez avoir,
07:29si vous ne faites rien,
07:31et que vous laissez les choses aller
07:32sur leur cours naturel,
07:34la dépense de santé va augmenter de 4 à 4,5 %.
07:36Justement, Nicolas Revelle,
07:37il y a un exemple qui est frappant
07:38et qui était dans le rapport
07:39chargé de produits de Mme Cazeneuve,
07:42c'est, pour que la salle comprenne,
07:43c'est les affections longue durée.
07:45Donc, en mots simples,
07:47c'est les cancers,
07:48les maladies cardiovasculaires,
07:50le diabète.
07:51Je crois, de mémoire,
07:52ils étaient à peu près 8 % de la population
07:54il y a quelques années.
07:56Là, maintenant, on est à 17 millions.
07:58On risque d'être 17 millions en 2035.
08:00Et tout ça coûte très cher, évidemment.
08:02C'est très bien, c'est remboursé à 100 % en partie.
08:05Mais donc, forcément,
08:05ça coûte très, très cher.
08:07Donc, est-ce que vous vous préconisez,
08:09et Mme Cazeneuve,
08:10est-ce que vous préconisez
08:10que les affections longue durée,
08:12d'une certaine façon,
08:13elles soient moins bien remboursées
08:15ou que des médicaments
08:16qui ne sont pas en rapport avec l'ALD
08:17ne soient plus pris en charge ?
08:19Concrètement, s'il faut faire des économies,
08:20est-ce que ça, sur lesALD,
08:21il faut y aller ou pas ?
08:22Juste, pardon,
08:22je vais juste terminer mon propos
08:24et après, je laisse mal de répondre.
08:25Répondre sur lesALD.
08:27Juste, de dire que le sujet qu'on a,
08:29c'est qu'on a un tendance
08:30à des dépenses fortes.
08:31On va devoir revenir
08:32à des ondes âmes raisonnables,
08:34sinon, des déficits repartiront,
08:36s'aggraveront.
08:37Et la difficulté que nous avons,
08:39c'est que pendant des années,
08:40si on a été aussi rigoureux
08:41sur la maîtrise de la dépense,
08:43c'est qu'on a fait peser fondamentalement
08:45l'effort sur les prix de santé,
08:47sur le niveau de rémunération
08:49des hôpitaux,
08:50des industriels de santé.
08:53Et on va devoir, à mon avis,
08:54inventer autre chose
08:55que de serrer les prix
08:56et baisser les remboursements.
08:58Moi, je ne pense pas,
09:00je passe la parole ensuite
09:01à Marguerite,
09:02que durablement,
09:03dans les années à venir,
09:04on pourra refaire
09:05ce qu'on a fait
09:06dans les années 2010-2020,
09:09qui est de baisser
09:09les tarés des hôpitaux
09:10chaque année
09:11pour essayer de limiter
09:12l'augmentation
09:13de la dépense hospitalière,
09:14ce qui s'est passé,
09:16qu'on pourra baisser
09:16les prix des médicaments
09:17à nouveau
09:18parce qu'on voit
09:18les innovations arriver
09:19et qu'on pourra également
09:21baisser les niveaux
09:23de remboursement
09:23de manière répétée
09:25dans la durée.
09:26Marguerite Cassin.
09:26Alors, je vais enchaîner
09:27sur les ALD,
09:28mais peut-être sur le constat
09:29et pour aller dans la continuité
09:32de ce qu'a dit Nicolas Revelle.
09:33En fait, quand vous regardez,
09:34l'assurance maladie,
09:35elle n'a jamais été à l'équilibre.
09:36Donc, de ce point de vue-là...
09:37Jamais.
09:38Jamais.
09:39Jamais arrivé.
09:40Si vous voulez,
09:40ce qui est atypique,
09:42c'est qu'à chaque fois
09:43qu'il y a une crise,
09:44vous avez effectivement
09:45un pic de déficit,
09:46mais ensuite, ça remonte.
09:47On frôle le déficit,
09:48on frôle le déficit
09:49et pas de chance.
09:50C'est à ce moment-là
09:50qu'on a de nouveau une crise.
09:51Donc, en fait,
09:51on a frôlé quand même
09:53l'équilibre à plusieurs reprises.
09:55Ce qui est très inédit,
09:56c'est que pour la première fois,
09:58la courbe se retourne
10:00alors même que l'on est
10:01à moins 16 milliards de déficit.
10:03Et donc, effectivement,
10:05si on ne fait rien,
10:06c'est-à-dire si on lève le stylo
10:07pour reprendre l'expression
10:08de Nicolas Revelle,
10:10en 2030,
10:11on est à moins 40 milliards.
10:12Alors, ça ne va pas arriver,
10:14mais c'est pour montrer
10:14l'effort qu'il va falloir faire.
10:16C'est-à-dire que pour rester
10:17au déficit actuel
10:20de moins 16 milliards,
10:20ne serait-ce que pour rester
10:22au déficit actuel
10:22de moins 16 milliards,
10:24il va falloir qu'on fasse
10:2425 milliards d'économies
10:26sur les 5 prochaines années.
10:28Donc, c'est énorme.
10:28Vous voulez faire tout, justement.
10:30C'est énorme.
10:30Et donc, on a fait un rapport
10:32où on a essayé
10:32de regarder de manière
10:33un peu équilibrée
10:34la manière dont on pouvait
10:36appréhender le sujet.
10:37Quand même,
10:38avant d'aller sur les ALD,
10:40un mot qui est, je pense,
10:41notre préoccupation
10:42à Nicolas Revelle
10:44et à l'assurance maladie,
10:45c'est de dire que,
10:46de manière assez macro,
10:48si les gens continuent
10:49à être de plus en plus malades,
10:50le système de santé
10:51d'assurance maladie
10:53ne tiendra pas,
10:54ce qui est un peu trivial.
10:55Et donc, la seule manière
10:56d'empêcher que le système
10:58d'assurance maladie
11:00devienne insoutenable,
11:01c'est que la prévention
11:02nous permette à tous
11:04d'être moins nombreux
11:05à être malades
11:06et quand on est malade,
11:07à coûter aussi moins cher
11:08au système de santé.
11:09Et donc, la prévention
11:10doit être l'absolue priorité
11:12des dirigeants
11:13en matière de santé.
11:14Pour répondre sur la question
11:15des ALD,
11:16deux éléments intéressants.
11:18Il faut se dire
11:19que d'ici 2035,
11:20on aura 25%
11:21des personnes en ALD,
11:22donc en affection
11:23longue durée,
11:23qui représenteront
11:24trois quarts
11:25de la dépense
11:25d'assurance maladie.
11:27Les trois quarts.
11:28Les trois quarts.
11:29Ça, c'est un problème.
11:30Pourquoi ?
11:31Alors, évidemment,
11:32ce n'est pas de la faute
11:32des personnes
11:33qui sont malades.
11:35C'est un problème.
11:36Pourquoi ?
11:36Ça veut dire
11:36qu'on va avoir tendance,
11:38Nicolas Revelle l'a dit aussi,
11:40à compenser le fait
11:41que les personnes en ALD
11:42comme elles sont à 100%.
11:43On va avoir tendance,
11:45et c'est ce qu'on voit
11:45un peu de PLFSS en PLFSS,
11:48à augmenter le ticket modérateur.
11:49C'est-à-dire que
11:50ce que les gens
11:50doivent payer
11:52en complément
11:53ceux qui ne sont pas en ALD.
11:55Donc, on est en train
11:55de créer un système
11:56gros risque,
11:57petit risque.
11:58Et ça, c'est très dangereux
11:59puisque l'assurance maladie,
12:00elle est universelle
12:01et on a besoin
12:02d'avoir une adhésion
12:03universelle au système de santé.
12:04Alors, pour reprendre
12:05la couverture ALD,
12:07donc aujourd'hui,
12:08ces 25%,
12:08ce sera
12:09un quart d'ici
12:102035.
12:12Quand on regarde
12:13les systèmes d'ALD
12:14dans les autres pays,
12:15en fait,
12:15le système de couverture
12:16exceptionnel,
12:17on a le pays
12:19qui est le dispositif
12:20le plus large.
12:21Plus généreux.
12:23Alors, je ne sais pas
12:23si généreux,
12:24c'est le bon terme,
12:25mais en tout cas,
12:25on est le plus couvrant,
12:26c'est-à-dire que nous,
12:27avec 20% de la population,
12:30si je ne dis pas de bêtises,
12:31la Belgique est à 12%
12:32et l'Allemagne à 5%.
12:34Donc, on a un système
12:36relativement couvrant.
12:37Donc, le principal sujet,
12:38c'est d'abord d'empêcher
12:39que les personnes
12:40ne tombent malades
12:41et ça,
12:42comme on n'est pas très bon
12:43en matière de prévention
12:44et c'est aussi l'espoir
12:45de notre rapport,
12:46notre rapport,
12:47il est hyper optimiste,
12:48il dit qu'on peut le faire,
12:49on peut y arriver.
12:51Mais effectivement,
12:51ensuite,
12:52quand on regarde
12:52les affections longue durée,
12:54il y a sans doute
12:54des choses
12:55qu'on peut améliorer
12:57et notamment
12:58l'objectif,
12:59si vous voulez,
13:00ça me permet de reboucler
13:01avec l'objectif macro
13:02de départ,
13:03c'est que les dépenses
13:04de santé,
13:04elles augmentent très vite,
13:05mais par ailleurs,
13:06ces dernières années,
13:07la part du gâteau
13:08de l'assurance maladie,
13:09elle a augmenté.
13:10Aujourd'hui,
13:10elle représente 80%
13:11de la dépense de santé
13:12et en fait,
13:13plus vous avez de patients...
13:13Pourquoi ?
13:14Parce qu'en fait,
13:14plus vous avez de patients
13:15en affections longue durée
13:16qui sont remboursés à 100%,
13:17plus la part du gâteau
13:19augmente.
13:19Et donc, nous,
13:20le postulat qu'on a posé
13:21dans Charger Produits
13:22et qui a été adopté,
13:23y compris par nos partenaires
13:24de la mutualité,
13:25c'est de dire,
13:26en fait,
13:27le 80-20
13:27qui est aujourd'hui
13:28la répartition,
13:29il faut qu'on...
13:30Il faut qu'on arrête
13:31la déformation,
13:33ce qui veut dire
13:33que les complémentaires santé,
13:35elles doivent aussi
13:36entrer dans la prise en charge
13:37de ce qu'on appelle
13:38le risque lourd,
13:39à savoir les patients
13:39en affections longue durée.
13:41Mais si on prend
13:42un peu de recul,
13:42c'est une petite marotte.
13:45Ce qui se passe quand même
13:46depuis quelques années,
13:46c'est que vous dites
13:47que c'est un système
13:47d'assurance universel,
13:49c'est le principe de la sécu,
13:51qui a été rogné quand même
13:53parce qu'il y a des recettes
13:54qui ont été prises en charge
13:55par l'État
13:56et qu'on entre de plus en plus.
13:58D'ailleurs,
13:58Emmanuel Macron l'avait dit,
13:59en 2017,
14:01quand il est devenu président,
14:02il avait dit
14:02qu'on allait passer
14:04vers un système
14:04plus bevrigien,
14:05c'est-à-dire plus de prise en charge
14:08par l'État
14:08et moins d'assurance.
14:09Est-ce que ça change
14:10quelque chose
14:11à l'esprit de la sécu,
14:13ce changement quand même
14:14dans la part de financement
14:15des dépenses de santé
14:16où c'est peut-être
14:17un peu moins
14:18un système mutualiste
14:19et un peu plus
14:20un système étatiste ?
14:21Non, parce qu'en réalité,
14:22c'est la compensation
14:23de cotisations sociales
14:24quasiment à l'euro l'euro,
14:26même si c'est des clés de TVR.
14:28Mais honnêtement,
14:29le fait que l'État
14:29participe au financement
14:30ne change pas grand-chose,
14:31ça ne change pas sa gouvernance,
14:32ça ne change pas le fait
14:33que nous avons une loi
14:34de la sécurité sociale
14:36à part, etc.
14:37Donc en gouvernance,
14:38ça ne change rien.
14:38Mais en revanche,
14:39là où vous avez raison,
14:40c'est que c'est très important.
14:42La sécurité sociale,
14:43son principe,
14:43c'est l'universalité.
14:45Ça veut dire que chacun
14:46paie selon ses moyens
14:47et reçoit selon ses besoins.
14:49Et c'est ça
14:49qui doit continuer
14:51à nous guider
14:51pour les années qui viennent.
14:52Et donc le fait
14:53qu'il y ait un vieillissement
14:53de la population,
14:54une partie de la population
14:55qui va avoir
14:56un risque chronique lourd
14:58et qui va coûter très cher
14:59à l'assurance maladie,
15:00il faut faire attention
15:01à ce que l'assurance maladie
15:01ne se retire pas
15:02des soins courants,
15:05du petit risque,
15:05comme l'avait appelé
15:07M. Fillon à l'époque.
15:10Ça, ce serait très grave
15:11parce que ça veut dire
15:11que vous n'auriez plus
15:12de consentement
15:13à l'assurance maladie
15:14de l'ensemble de la population.
15:16Et donc ça,
15:16il faut vraiment
15:16qu'on arrive à le conserver.
15:18Mais alors concrètement,
15:19est-ce que c'est normal ou pas
15:21que quelqu'un qui a du diabète
15:22donc 100% pris en charge
15:24pour ses soins de diabète,
15:25tout le monde comprendra,
15:26mais que s'il va en cure thermale,
15:28il soit aussi pris en charge
15:29à 100% ou non ?
15:30C'est assez absurde
15:31et qu'il faut changer ça concrètement.
15:32Vous dites oui ou non à ça ?
15:34Je ne suis pas sûr
15:34que les cures thermales
15:35soient prises en charge
15:36à 100% en allemand.
15:38Pas en rapport avec l'ALD.
15:39En tout cas,
15:39il y a des médicaments
15:40qui prévoient la prise en charge
15:44à 100% d'une cure thermale.
15:46Mais on peut tout à fait
15:47encore discuter
15:48de certains postes de soins,
15:49les cures thermales,
15:50certains médicaments
15:51dont le service médical rendu
15:53n'est pas extraordinaire.
15:54Il y a des sujets
15:55autour de postes de dépense
15:56qui galopent très fort
15:57sur les indemnités journalières,
15:59sur les transports sanitaires.
16:01Tout ça est vrai.
16:02Il y a des choses à regarder.
16:04Mais quand on regarde
16:05la photo et la dynamique,
16:07ce qu'on a,
16:08c'est une population
16:10qui est déjà atteinte
16:12très largement
16:12de maladies chroniques.
16:14C'est les ALD.
16:15Et en fait,
16:16quand vous regardez
16:17ALD et hors ALD,
16:18c'est 25 millions
16:19de Français
16:21ou de personnes vivantes
16:22en France
16:23atteints d'une pathologie chronique.
16:25Et ce chiffre,
16:26on est en 2025,
16:27dans 10 ans,
16:28en 2035,
16:29il passera de 25
16:30à 30 millions de personnes.
16:33Donc,
16:33on a un sujet
16:34d'une dépense de santé
16:35qui va tendanciellement
16:37progresser chaque année.
16:40Et donc,
16:41on ne pourra évidemment pas
16:42être en capacité
16:43de tenir des rythmes
16:45d'augmentation
16:45de 4 à 5 %
16:46chaque année
16:47parce qu'on n'en a pas
16:48les moyens.
16:49Et donc,
16:50la question,
16:51c'est comment on arrive
16:52à assurer
16:52la soutenabilité
16:53de ce système
16:55qu'on doit garder
16:56comme un système solidaire.
16:58Et donc,
16:59c'est pour ça que je dis
16:59qu'on pourra tout à fait
17:00peut-être rediscuter
17:01de certaines prises en charge,
17:02de remboursement,
17:03mais ça ne sera jamais
17:04la solution.
17:05On ne pourra pas
17:06assurer durablement
17:07en reniant
17:08les dépenses
17:09et les remboursements
17:09chaque année.
17:10Et donc,
17:11on ne pourra pas non plus,
17:12pardon,
17:13faire peser l'effort
17:14sur les professionnels
17:16de santé
17:16parce que,
17:17j'y reviens,
17:18pendant les belles années
17:192010-2020,
17:21si on a très bien
17:21tenu en dame,
17:22c'est parce que,
17:23par exemple,
17:24quand on projetait
17:25que la dépense hospitalière
17:26allait augmenter
17:27de 3% l'année prochaine
17:28et qu'on trouvait
17:29que 3% c'était beaucoup,
17:31eh bien,
17:31on baissait les tarifs
17:32des hôpitaux
17:32de 1%.
17:33Mais on ne voit pas
17:34trop la solution alors.
17:35C'est un seuil,
17:37un maximum ?
17:37Non, non.
17:38Je crois que vous avez fait
17:38une note pour Terra Nova
17:39où vous disiez
17:40qu'il faut quand même
17:41mettre des seuils,
17:42des maximums
17:43sur la dépense
17:43pour caper la dépense.
17:44C'est ce que j'ai dit
17:44dans Terra Nova.
17:46Je pense qu'on a besoin,
17:47on ne pourra pas faire peser
17:48la pression sur les soignants
17:50parce qu'on va avoir
17:51besoin de soignants.
17:53Ce que nous demandent
17:54les Français
17:54dans les années à venir,
17:55c'est qu'on ait des médecins
17:56et des soignants
17:57pour prendre en charge
17:57des malades.
17:59Et donc,
17:59si on théorise le fait
18:00qu'il faut durcir
18:01les conditions de travail
18:02et la productivité hospitalière,
18:04on ne s'étonnera pas
18:05de ne pas avoir
18:06des soignants
18:07puisque aujourd'hui,
18:08ce que nous,
18:08nous avons vécu
18:09à l'hôpital post-Covid,
18:10c'est une énorme fuite
18:11des soignants.
18:12On est en train
18:13de remonter la pente,
18:14Arnaud Robinet l'a dit,
18:16mais je pense que
18:17c'est extrêmement fragile.
18:19Et donc,
18:19une fois qu'on dit
18:20attention aux leviers
18:22des tarifs
18:23et des conditions
18:24d'exercice dépressionnel,
18:25attention aux assurés sociaux,
18:27sans dire qu'il n'y a rien à faire,
18:28il y a sûrement
18:29des petites choses à faire,
18:30le cœur de la bataille,
18:32et Marguerite Cazeneuve
18:32l'a dit,
18:34et moi je l'ai écrit
18:34dans cette note
18:35de Terra Nova,
18:36c'est qu'on prenne le sujet
18:38par le volume des soins
18:40et qu'on prenne
18:43ces deux mots
18:44dont on parle beaucoup
18:45dans toutes nos réunions,
18:47colloques et débats
18:48que sont les mots
18:49qualité et prévention
18:50et qu'on leur mette
18:53un vrai contenu
18:54dans notre pays,
18:55ce qui n'est pas
18:55aujourd'hui le cas.
18:57Je pense que
18:57sur les questions de qualité,
18:58vous parliez de la question
18:59de mesurer la qualité,
19:01de pouvoir la comparer,
19:02de pouvoir la sanctionner,
19:04de pouvoir à un moment donné
19:05sur des prescriptions
19:05déconnantes
19:06pouvoir les arrêter,
19:08de pouvoir faire
19:09des vraies incitations
19:10à la qualité,
19:11tout ceci aujourd'hui,
19:12on en parle,
19:12on ne le fait pas.
19:13et sur la prévention,
19:16je pense qu'on a
19:17un énorme gisement
19:18d'économie
19:19qui est bien sûr
19:21la prévention primaire,
19:22essayer de moins fumer,
19:23de mieux manger,
19:25de faire du sport,
19:25tout ça est juste.
19:27Mais quand vous avez
19:2725 à 30 millions
19:30de patients chroniques
19:31dans un pays,
19:32vous vous apercevez
19:33qu'en fait,
19:34le cœur de la bataille
19:35sur ces patients chroniques,
19:36c'est de faire en sorte
19:36qu'ils dépensent
19:38le moins de dépenses
19:39de santé
19:39et qu'ils viennent
19:40le moins possible
19:41à l'hôpital.
19:43Ça s'appelle
19:43stabiliser un patient chronique.
19:45Quand vous êtes atteint
19:46d'une maladie chronique,
19:47ce qu'il faut réussir
19:47à faire,
19:48c'est de faire en sorte
19:49que ce patient,
19:49vous le suiviez
19:50et quand vous observez
19:52à un moment donné
19:53qu'il est en train
19:53de moins bien aller,
19:55vous n'attendez pas
19:56qu'il arrive à l'hôpital,
19:57qu'on l'hospitalise,
19:58qu'il y reste trois semaines
19:59pour le remettre sur pied.
20:00Vous mettez en place
20:01des organisations de soins
20:02qui font que
20:03vous réagissez tout de suite.
20:05Et ce que je vous dis là
20:06n'est pas une théorie
20:07ou une idée comme ça
20:09de science-fiction,
20:11c'est des choses
20:11qu'on a réussi
20:13enfin à expérimenter
20:15dans des organisations de soins
20:17qui portent
20:17sur l'insurance cardiaque,
20:19sur des sujets
20:20pneumo,
20:22cancer
20:22et qui apportent
20:25la démonstration
20:26que vous baissez
20:27la dépense
20:28par patient
20:29dans l'année.
20:30Et donc,
20:31il y a là,
20:32j'étais heureux
20:33de le voir
20:34dans le rapport
20:34Change des produits,
20:35il y a là,
20:36à mon sens,
20:37une vraie révolution,
20:39un champ d'engagement
20:42sur lequel
20:42nous devons collectivement
20:45bouger le système de santé
20:46dans les mois
20:48et les années à venir.
20:49Magritte Castel,
20:49on peut baisser
20:50le volume de soins ?
20:52Oui, bien sûr.
20:53C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
20:55on a des patients
20:56qui sont des patients
20:57non stabilisés,
20:58Nicolas Revelle
20:59vient de le dire,
21:00vous avez des patients
21:01qui sont réhospitalisés,
21:02réhospitalisés,
21:03réhospitalisés,
21:04réhospitalisés,
21:05qui ont des consommations
21:05de soins,
21:06de médicaments
21:07qui ne sont pas du tout
21:09adaptés.
21:10Donc,
21:10en termes de pertinence
21:11des soins,
21:12ça,
21:12c'est vraiment le mésusage
21:13et en termes
21:13de bonne prise en charge,
21:16de juste prise en charge
21:17des patients chroniques,
21:18c'est une évidence
21:19qu'on a énormément
21:20d'argent
21:22à aller chercher.
21:23Et puis,
21:23par ailleurs,
21:24comme Nicolas Revelle
21:25était mon chef,
21:25évidemment,
21:26dès qu'il fait des préconisations
21:26et qu'il écrit une note,
21:27je le remets après
21:28dans mon rapport
21:30pour qu'il soit d'accord.
21:31du coup,
21:32il a salué
21:34le rapport
21:34chargé produit.
21:37C'est bien organisé.
21:38C'est bien organisé.
21:39Vous dites qu'il ne faut pas
21:40baisser les tarifs
21:42des professionnels
21:42de santé.
21:43Dans votre rapport
21:44chargé produit,
21:45vous n'y allez pas
21:46de main morte quand même
21:46parce que vous dites
21:47attention à la rente
21:49et vous nommez
21:50dans l'imagerie,
21:52dans la radiothérapie,
21:54chez les biologistes
21:55qui ont explosé
21:56lors de leurs revenus
21:57parce qu'ils ont
21:58beaucoup d'activités.
21:58c'est quand même vous
21:59qui fixez les tarifs.
22:00Donc, à la limite,
22:01s'il y avait une nouvelle convention,
22:02peut-être que vous pourriez
22:02baisser ce volume-là.
22:04Est-ce qu'on va là-dessus ?
22:05C'est-à-dire,
22:05vous allez vous prendre
22:06des gens dans la rue,
22:08est-ce qu'on est aussi
22:08sur les professionnels
22:09de santé un peu trop payés ?
22:11Mettons les pieds dans le plat
22:12et est-ce que c'est
22:13ce que vous êtes en train de dire ?
22:14En tout cas,
22:14ça fait partie
22:15de nos propositions,
22:16ça de manière très claire.
22:18On a pour la première fois réussi,
22:19parce qu'on a récupéré
22:20des données fiscales
22:21à faire des études
22:22sur la rente
22:24des différents secteurs
22:28et vous parlez comme Macron
22:29en 2015.
22:30Il était comme ça,
22:31il y a eu de la rente.
22:32Oui, mais c'est pas,
22:35j'allais dire,
22:35c'est pas des rentes
22:36au sens où ils l'entendaient.
22:37Là, on a vraiment regardé,
22:39nous, le BE.
22:41Qu'est-ce que vous appelez
22:42une rente en santé ?
22:43En tout cas,
22:43ce qu'on a regardé,
22:44c'est le bénéfice
22:45de certains secteurs.
22:47C'est la première fois
22:47qu'on arrive à le faire
22:48et on va désormais poursuivre.
22:50Et donc, on a regardé
22:51le BE sur CA,
22:53donc le bénéfice
22:55sur le chiffre d'affaires.
22:58Et donc ça,
22:59ça vous donne
22:59la profitabilité
23:02d'un secteur.
23:03J'en sais rien,
23:04mais le secteur
23:04de l'automobile,
23:06c'est 2%, 3%,
23:07et donc la radiothérapie,
23:09c'est 27%.
23:10On peut se dire,
23:11comme tout ça,
23:12c'est financé à 100%
23:12par de l'argent public,
23:14on peut se dire,
23:14à un moment donné,
23:15il y a peut-être un sujet.
23:16Donc on a regardé,
23:17on a analysé
23:197 à 8 secteurs,
23:21des secteurs
23:21qui avaient le plus haut niveau
23:23de rentabilité
23:23et nous, on interroge,
23:24mais c'est une interrogation
23:26parce qu'évidemment,
23:27c'est une question de curseur,
23:28qu'on dit au-delà
23:28de 15% de rentabilité,
23:31de BE sur CA,
23:32est-ce qu'il est normal
23:32d'avoir,
23:35j'allais dire,
23:35un financement
23:36par l'assurance maladie
23:37qui soit aussi élevé
23:38et souvent,
23:39ça s'est lié,
23:40et vous avez raison,
23:41le péché originel,
23:43il vient toujours
23:43du régulateur,
23:45c'est que,
23:45j'en sais rien,
23:46mais en radiothérapie,
23:47évidemment,
23:47les pratiques
23:48ont changé,
23:50ce qui fait qu'aujourd'hui,
23:51il y a beaucoup plus
23:51de productivité
23:53et que ce qu'on payait,
23:55les tarifs qu'on payait avant
23:57ne sont plus adaptés
23:57à la pratique d'aujourd'hui.
23:59Sur les biologistes,
24:00il y a eu un énorme appel d'air
24:01au moment du Covid
24:02et donc,
24:03on a baissé les prix,
24:04on a baissé les tarifs
24:05et on a eu raison de le faire
24:06et je maintiens
24:06qu'on a eu raison de le faire
24:07parce qu'on avait vraiment...
24:09Eux, ils ne sont pas d'accord,
24:11ça, on s'en serait douté,
24:12mais ils contestent
24:12l'idée de rente,
24:14ils disent que vous ne calculez pas,
24:16je crois,
24:16l'investissement matériel
24:18qu'ils font,
24:18notamment pour les gens
24:19en radiothérapie,
24:20que vous êtes vraiment
24:21durs avec eux
24:22et que c'est des gens
24:22qui bossent énormément
24:23et que finalement,
24:25vous êtes sur la sécu
24:26un peu à l'ancienne.
24:28Honnêtement,
24:28je vous invite quand même
24:29à aller voir,
24:30on a rendu public
24:31les honoraires
24:32de ces professionnels,
24:33je veux dire,
24:34il y a peu de gens,
24:36y compris dans le privé,
24:37dans des secteurs
24:38qui ne soient pas
24:39dans le secteur de la santé
24:40qui gagnent autant
24:41et les radiothérapeutes
24:43sont essentiels
24:44pour la santé de tous
24:46mais honnêtement,
24:48les tarifs ne sont pas ajustés.
24:50Ce qui ne veut pas dire
24:50qu'il faut faire les choses
24:51de manière violente,
24:52de manière non discutée.
24:53Les biologistes,
24:53on a déjà baissé les tarifs
24:55donc on ne va pas leur remettre
24:56une couche cette année
24:57mais il faut qu'on fasse attention.
24:59Sur quel poste
25:00vous allez baisser les tarifs ?
25:01Sur quel métier ?
25:01On a déjà signé un protocole
25:02avec les biologistes.
25:04On est en train
25:05de travailler un protocole
25:07avec les radiologues
25:08et on a proposé,
25:11en tout cas c'est dans les tuyaux,
25:13qu'il puisse y avoir quelque chose
25:14sur la radiothérapie
25:15à compter de 2026.
25:16Et un autre point,
25:17ce n'est pas vraiment une rente
25:18mais nos amis les taxis,
25:19les taxis santé,
25:20avec qui la négo est un peu dure,
25:22ils manifestent le boulevard Raspail
25:23et ils bloquent le boulevard Raspail
25:24régulièrement.
25:25On en est où avec eux alors ?
25:27Eh bien le protocole en tout cas
25:30a été republié
25:31et pour l'instant
25:33il semblerait que
25:34le mouvement social
25:36ne reprenne pas.
25:38Mais alors le truc aussi
25:39c'est que les mouvements sociaux,
25:40comment dire,
25:41il n'y a pas de gouvernement
25:42donc on ne peut pas demander
25:44la démission
25:44d'un ministre démissionnaire.
25:46Ça nous arrange.
25:47C'est la solution pour vous
25:50de ne pas avoir de gouvernement ?
25:51Ça dure un petit peu ?
25:52En tout cas vous avez raison,
25:53c'est que les taxis
25:54ne bloquent plus les routes.
25:55Juste un mot,
25:58moi je suis...
25:59Vous aussi vous pensez
25:59qu'il y a une économie de rente,
26:00Nicolas Revelle ?
26:01Non, moi je pense
26:02qu'on a effectivement
26:03des types de champs disciplinaires,
26:08des professions,
26:09des spécialités médicales
26:11qui aujourd'hui sont
26:12sur des niveaux de valorisation
26:13de leur activité
26:14qui sont trop élevés.
26:18Est-ce que c'est...
26:20Il faut donc du coup
26:21les remettre
26:21dans un niveau de rentabilité,
26:23de profitabilité acceptable
26:25et ça je pense
26:26que c'est parfaitement sain
26:27de le faire
26:27et l'assurance-monnaie
26:28a bien raison
26:28de continuer.
26:31Après,
26:31est-ce que c'est ça
26:32qui va sauver le système
26:33de la sécurité sociale ?
26:34La réponse est non
26:35parce que par ailleurs
26:36on a aussi des spécialités
26:38qui sont aujourd'hui
26:38sous-valorisées
26:40et quand vous regardez
26:41les jeunes
26:42qui veulent faire médecine...
26:43Par exemple ?
26:44Vous prenez la psychiatrie,
26:45la gériatrie,
26:46encore une fois,
26:46il y a plein de...
26:47Même la cancérologie.
26:49Vous avez aujourd'hui
26:49dans nos hôpitaux
26:50des activités
26:51qui sont aujourd'hui
26:52qui sont déficitaires.
26:55Aujourd'hui,
26:55par exemple,
26:56à l'hôpital public,
26:57un lit de soins critiques,
26:58on a beaucoup parlé
26:59de la réanimation
27:00au moment du Covid,
27:01dans nos hôpitaux,
27:03un lit de soins critiques
27:04aujourd'hui
27:04est déficitaire.
27:06Voilà.
27:07Et recettes
27:07ne couvrent pas les charges.
27:09Donc à l'heure,
27:09c'est très bien
27:10de pouvoir rebasculer
27:11des éléments
27:12de sur-rémunération
27:14d'un côté
27:15pour pouvoir
27:15rééquilibrer les choses.
27:16C'est d'autant plus important
27:18que les jeunes,
27:20quand ils choisissent
27:20les études de médecine,
27:21ils vont évidemment regarder
27:23pour le choix
27:24de leur spécialité
27:24quelles sont
27:25les perspectives
27:26de rémunération.
27:28Et évidemment,
27:29c'est super
27:30d'avoir des disciplines
27:31qui sont extrêmement
27:32bien rémunérées.
27:34Il faut aussi veiller
27:35à ce que les signaux économiques
27:37correspondent aussi
27:38à ce que seront
27:39les besoins
27:39de santé de la population
27:41dans 10 ans,
27:4215 ans,
27:4320 ans.
27:43Et aujourd'hui,
27:43alors heureusement,
27:44les signaux
27:45ne sont pas complètement alignés.
27:47Alors,
27:47on a beaucoup parlé
27:48des dépenses
27:49de l'assurance maladie.
27:50On n'a pas forcément
27:51parlé des recettes.
27:52Alors,
27:53encore une fois,
27:53dans votre rapport,
27:54vous avez une idée
27:55un peu iconoclaste.
27:57Ça rejoint votre idée
27:58de prévention.
27:59Pour faire simple,
28:00vous voulez taxer davantage
28:01la malbouffe,
28:02les pizzas de supermarché,
28:04les bonbons,
28:05le coca.
28:06Alors,
28:06vous avez des exemples pertinents.
28:07Je n'ai pas tout en tête,
28:08mais je crois que la TVA
28:09est à 5,5%
28:10sur les burgers
28:12au cheddar,
28:12dites-vous,
28:13alors qu'elle est à 20%
28:14seulement sur les dentifrices
28:15au fluor.
28:16Alors,
28:16on peut se dire,
28:17bonne idée.
28:17En même temps,
28:18il y a déjà beaucoup de taxes
28:19en France,
28:19non ?
28:19Il n'y a pas un peu trop de taxes ?
28:20On manque de taxes en France.
28:23Alors,
28:23j'étais sûre que vous alliez
28:24venir sur ce terrain.
28:25C'est la réponse
28:26que j'allais mieux préparée.
28:27en macro pour revenir à la question
28:32de tout à l'heure.
28:33En tout cas,
28:34la position de l'assurance maladie,
28:37Nicolas Ravel l'a dit,
28:39on est à 12% du PIB.
28:40Nous,
28:40ce qu'on a proposé
28:41dans Charger Produits,
28:42c'est qu'on reste
28:43à 12% du PIB.
28:45Pour rester à 12% du PIB,
28:47il faut que les dépenses
28:48n'aillent pas plus vite
28:49que le PIB.
28:50Et donc,
28:51pour avoir un déficit,
28:52il faut que les recettes aussi
28:53aillent au même rythme.
28:54Et donc,
28:54ce nom dont on s'est rendu compte,
28:56c'est que les recettes
28:56de l'assurance maladie,
28:57elles vont moins vite
28:58que le PIB.
28:59Ce qui n'est pas intuitif.
29:01Pourquoi ?
29:02Parce qu'on a une partie
29:03de nos recettes
29:04qui sont des taxes comportementales.
29:06Et ces taxes comportementales,
29:07à mesure qu'elles font effet,
29:08comme la taxe sur le tabac,
29:09son rendement tombe.
29:11Donc,
29:11nous,
29:12ce qu'on a dit,
29:13c'est que...
29:13Il faut plus de fumeurs.
29:15Non,
29:16mais en revanche,
29:16on a...
29:17Exactement.
29:18C'est qu'on se dit,
29:19en fait,
29:19il faut maintenir
29:20le niveau des recettes.
29:21Pour expliquer
29:22qu'on va maintenir
29:23le rythme des dépenses
29:25comme le PIB.
29:26Ce qui devient
29:26de plus en plus compliqué
29:27à mesure que les prévisions
29:28du PIB baissent.
29:29Donc là,
29:30on commence à devenir...
29:31Voilà.
29:310,8% pour cette...
29:33Ça devient de plus en plus chaud.
29:36Mais bon,
29:36en tout cas,
29:37au moment où le rapport
29:38était en rédaction,
29:40on était à 2,3% en valeur.
29:41Donc,
29:42ça restait encore possible.
29:43Sur la partie recettes,
29:44il faut que ce soit la même chose.
29:45Et donc,
29:46en tout cas,
29:46sur les taxes comportementales,
29:47à mesure qu'une taxe
29:48produit son effet,
29:49on dit juste
29:50qu'il faut la remplacer
29:51par une autre.
29:51Donc,
29:51ça n'augmente pas
29:52le niveau de prélèvement
29:53obligatoire
29:54par rapport au PIB.
29:56C'est vraiment
29:56le taux de prélèvement
29:57obligatoire
29:57reste inchangé.
29:59En revanche,
29:59nous,
29:59ça nous permet
30:00de maintenir
30:01l'assurance maladie
30:02à flot
30:03en faisant par ailleurs
30:04des choses intelligentes
30:05puisque dans d'autres pays,
30:06ça a très bien fonctionné.
30:08Dans les pays,
30:08notamment d'Amérique du Sud,
30:10sur les boissons sucré,
30:11sur les produits ultra transformés,
30:12ça marche extrêmement bien.
30:14Et donc ça,
30:15on propose d'augmenter
30:15ces taxes-là
30:16à hauteur de 500 millions
30:17d'euros par an.
30:18Et par ailleurs,
30:19pour reprendre
30:19les exemples
30:20que vous avez cités,
30:21la TVA aujourd'hui,
30:23qui est une taxe
30:25extrêmement utile,
30:26mais qui n'a pas du tout
30:28été pensée
30:28avec des objectifs
30:29de santé publique
30:29et on ne lui reproche pas.
30:30Ce n'était pas son objectif.
30:31Mais c'est vrai qu'aujourd'hui,
30:32quand vous regardez la TVA,
30:34vous dites qu'il y a quand même
30:35des choses un peu étranges.
30:36Et donc,
30:37ça ne serait pas
30:38idiot
30:39de se dire
30:40que la TVA,
30:41à un moment donné,
30:41a rendement constant,
30:42donc là encore,
30:43sans augmenter
30:43les prélèvements obligatoires,
30:45mais qu'on permute
30:45certains trucs
30:46en se disant
30:47que c'est un peu absurde
30:48effectivement
30:49d'avoir du dentifrice
30:50fleuré à 20%
30:52de TVA
30:53et d'avoir
30:54un Kinder Bueno
30:55à 5,5%.
30:57Mais la taxe
30:58sur le tabac,
30:59ça baisse en rendement ?
31:00Oui, ça baisse en rendement.
31:01De beaucoup ?
31:02Je vous dis,
31:03toute taxe confondue,
31:05on baisse
31:06de 500 millions d'euros par an.
31:08D'accord.
31:08Alcool et tabac ?
31:09Oui.
31:10Est-ce que la politique
31:11de baisse des charges
31:12du gouvernement,
31:13même des gouvernements précédents
31:15qui ont été décidés,
31:16notamment sur les bas salaires,
31:18de fait,
31:19ça fait des rentrées
31:20en moins pour la Sécu,
31:21non ?
31:21Non, non.
31:21Ça, on pourrait...
31:22Ou alors expliquez-le,
31:23alors, parce que...
31:23Non, parce que chaque fois
31:24que...
31:25Il ne rentre plus
31:26ces cotisations
31:26dans le budget de la Sécu.
31:27Non, les cotisations,
31:28par définition,
31:29ne rentrent plus,
31:30mais les relations
31:31entre l'État
31:32et la Sécurité sociale
31:33sont organisées
31:34de telle sorte
31:34que quand l'État
31:35décide d'une baisse
31:37de cotisation
31:38ou d'une exonération
31:40de cotisation,
31:41il doit compenser
31:42la Sécurité sociale
31:43par une recette équivalente,
31:45s'y explique d'ailleurs
31:46pourquoi,
31:47aujourd'hui,
31:48dans les recettes
31:49de l'assurance maladie,
31:50vous retrouvez à peu près
31:51plus de 20% de TVA.
31:54La TVA a été choisie
31:56comme étant
31:57la recette
31:58de compensation.
32:00Encore une fois,
32:01c'est une politique
32:01de l'emploi,
32:02c'est une politique économique,
32:04mais qui,
32:04contrairement à parfois
32:05ce qu'on entend,
32:06n'est pas venue
32:06dégrader
32:08le déficit
32:09de l'assurance maladie.
32:11Le déficit
32:11de l'assurance maladie,
32:12il s'est dégradé,
32:13il était effectivement,
32:14comme l'a dit Marguerite,
32:14pas très loin
32:15de l'équilibre
32:16avant le Covid.
32:17Il a explosé
32:18pendant le Covid
32:19par définition
32:20parce que c'était
32:20des dépenses
32:21accidentelles,
32:22conjoncturelles,
32:23qui n'étaient pas
32:25pérennes,
32:26mais juste après le Covid.
32:28Et ça,
32:29je pense que c'est important
32:30de le poser aussi.
32:31On a eu
32:31une augmentation
32:32de dépenses
32:33très fortes
32:35liées
32:35aux revalorisations
32:36salariales
32:37dans le secteur
32:39hospitalier,
32:39qui ont été
32:40le Ségur
32:41suivi
32:41d'un certain nombre
32:43d'autres.
32:44Des revalos
32:45aussi un tout petit peu
32:45quand même
32:46dans le champ
32:46de la ville
32:47avec des revalos
32:48conventionnels
32:49de moindre ampleur,
32:50il faut le dire.
32:51Et on se retrouve là
32:52avec quelque chose
32:53qui a durablement dégradé
32:55la branche
32:56parce que
32:56quand vous mettez
32:5715 milliards
32:57de dépenses
32:58supplémentaires
32:59sur ces sujets
33:01de revalorisation
33:01salariale
33:02et que vous mettez
33:03zéro recette
33:04en face,
33:06vous êtes face
33:06à un déficit
33:07quelque part structurel.
33:09moi je le dis
33:10qu'il sera
33:10très compliqué
33:11de combler
33:12dans les années
33:13à venir
33:13si on ne met
33:15pas une recette
33:16en face
33:16de ces dépenses.
33:17Il s'agira
33:17d'éviter
33:19que le déficit
33:19se creuse
33:20mais ce 15 milliards
33:21
33:21qui est né
33:22de ce qui s'est passé
33:23entre 2022
33:24et 2025
33:25sans recette
33:26supplémentaire
33:27je pense qu'il est
33:28très compliqué.
33:28Et vous les trouvez
33:29où ces recettes
33:29supplémentaires
33:30Nicolas Revelle
33:31alors ?
33:31Très bonne question
33:32je pense que
33:32c'est un beau débat
33:33politique
33:34mais je pense
33:36qu'on ne peut pas
33:37à un moment donné
33:38décider
33:39les revalos salariales
33:40dans le secteur hospitalier
33:42on peut discuter
33:43de leur ampleur
33:44enfin à un moment donné
33:45elles ont été aussi
33:47moi je le vois comme ça
33:48l'effet décalé
33:51de 10 ans
33:53de serrage de vis
33:54dans le secteur hospitalier
33:55vous avez ça
33:57vous y mettez
33:57un élément
33:59supplémentaire
34:00qui est le Covid
34:00vous vous retrouvez
34:02avec un Ségur
34:03à 12 milliards
34:04plus une inflation
34:04très forte
34:05en 23-24
34:0615 milliards
34:07de recettes
34:08structurelles
34:08de plus
34:09je ne crois pas
34:10une seconde
34:11qu'on ramènera
34:12ce déficit
34:12de 15 à 0
34:13par des efforts
34:15d'économie
34:16il faudrait faire
34:16un non-dame
34:17à quasiment 0,5
34:18quand 2,5
34:19est déjà
34:20un non-dame
34:20très difficile
34:21à sécuriser
34:22alors nous évidemment
34:23on ne prend pas
34:24position
34:25sur cette partie là
34:26donc on dit
34:27il ne faut pas
34:27aggraver le déficit
34:28mais sur les 15-16 milliards
34:30de stocks de déficit
34:31on donne un peu
34:32les arguments pour
34:33et les arguments contre
34:34pour le politique
34:37mais c'est vrai
34:38peut-être pour prolonger
34:39ce qu'a dit Nicolas
34:41c'est qu'à un moment donné
34:42au moment du Covid
34:44on a tous applaudi
34:44les soignants
34:45on a applaudi
34:46c'est bien
34:46en fait à un moment donné
34:47c'est bien les applaudissements
34:48mais c'est bien
34:49de les payer aussi
34:50et donc la question
34:51c'est est-ce que
34:51ces applaudissements
34:52à un moment donné
34:53ils se traduisent
34:54alors j'en sais rien
34:55un point de CSG
34:57c'est 16 milliards
34:57donc c'est juste
34:58pour donner un ordre
34:59de grandeur
34:59mais est-ce que
35:00ces applaudissements là
35:01derrière les applaudissements
35:02c'est bien les applaudissements
35:03c'est bien aussi
35:04d'être rémunéré
35:05à sa juste valeur
35:05et rémunéré
35:06à sa juste valeur
35:07les soignants
35:07à ce moment là
35:08pour l'instant
35:09on a fait ces revalorisations
35:11sans recettes en face
35:12et comme on l'a vu précédemment
35:14le fait de maintenir
35:15déjà le déficit
35:16tel qu'il est aujourd'hui
35:17ça va demander des efforts
35:18considérables
35:19à hauteur de 5 milliards
35:20d'euros par an
35:20donc là ce qu'on a présenté
35:22c'est 25 milliards
35:23d'économies
35:24sur les 5 prochaines années
35:25donc c'est énorme
35:26en termes d'efforts
35:26et ça
35:27ça ne fait que nous maintenir
35:28à moins 16 milliards
35:30et donc effectivement
35:30il reste ce stock
35:31de 16 milliards
35:32ou effectivement
35:34honnêtement
35:34voilà
35:34mais justement
35:39c'est ça qui est intéressant
35:40là il va y avoir
35:41un PLF
35:42un PLFSS
35:43projet de loi de finances
35:43projet de loi de finances
35:44la sécurité sociale
35:46j'essaie de m'appliquer
35:47ma propre règle
35:48et ça va être
35:50probablement
35:52assez spectaculaire
35:53tout ça
35:53comment il disait
35:55Emmanuel Macron
35:56il disait
35:56c'est la foire à la saucisse
35:58donc ça va revenir
36:00il va y avoir un débat
36:01qui va probablement
36:01être très très violent
36:02à l'automne
36:03et très très compliqué
36:03avec des tas de gens
36:04qui vont avoir
36:04des tas d'idées
36:05très particulières
36:06vous
36:07quel est votre rôle
36:08à tous les deux
36:09dans ce débat politique
36:10est-ce que vous abstenez
36:11d'intervenir
36:11ou est-ce que vous quand même
36:12vous allez parler aux gens
36:13aux uns ou aux autres
36:14est-ce que vous allez parler
36:16aux politiques
36:16est-ce que vous allez parler
36:17aux députés
36:18est-ce que vous allez
36:19vous exprimer
36:20dans des commissions
36:21est-ce que vous les voyez
36:22alors nous on a vraiment
36:25écrit
36:26le rapport
36:26chargé produit
36:27c'est un rapport
36:27qui est publié chaque année
36:28en vue du projet de loi
36:29de financement
36:30de la sécurité sociale
36:31et celui-ci
36:31on y a porté
36:32une attention particulière
36:33parce qu'on savait
36:34à peu près
36:35que ça allait être le bazar
36:35et donc on s'est dit
36:37il faut qu'on ait quelque chose
36:38qui soit le plus travaillé possible
36:39pour le politique
36:40puisque de toute façon
36:41quelle que soit la situation
36:43alors on ne pouvait pas
36:43totalement anticiper tout
36:44mais on pouvait imaginer
36:47qu'il n'y aurait pas
36:47de majorité absolue
36:49que ce serait le bazar
36:51etc
36:51nous on a fait voter
36:52préalablement
36:53le rapport
36:54et les mesures du rapport
36:55elles ont été adoptées
36:57par les partenaires sociaux
36:58en fait on a fait
36:58un conclave maladie
36:59un conclave maladie
37:00qui a réussi
37:01donc on n'a pas
37:02on n'en a pas fait
37:03des tonnes etc
37:03mais c'est un conclave maladie
37:04qui a réussi
37:05et donc
37:06voilà
37:07le politique
37:08quel qu'il soit
37:09a la possibilité
37:10de prendre le résultat
37:12de ce conclave maladie
37:13et de l'appliquer
37:14alors même
37:15qu'il a été
37:16approuvé
37:17et par le MEDEF
37:18et par la CFDT
37:19et par les...
37:20Vous avez des retours déjà
37:21ou pas du tout ?
37:22Vous avez des pistes de retour
37:23parce que là on est en
37:23bientôt au 1er octobre
37:25où personne ne sait
37:26absolument rien sur rien
37:28Je pense que vous êtes
37:29au point mieux placé que nous
37:30pour savoir ce qui se passe
37:31dans ce pays
37:32donc voilà
37:33nous et Margaret et moi
37:34on ne sait rien
37:35et on attend
37:36comme tout le monde
37:37mais pour répondre
37:38à votre question
37:39sur un peu
37:39comment on voit
37:40notre rôle
37:41d'abord on essaie
37:42quand même de s'exprimer
37:43d'ailleurs on le fait
37:43ce soir avec vous
37:45on écrit
37:46alors c'est un très bon rapport
37:48de l'assurance maladie
37:49moi j'ai essayé
37:49de faire une modeste note
37:51chez Terra Nova
37:52qui est gratuite
37:53et en accès libre
37:54pour essayer de poser
37:55quelques repères
37:56et faire quelques propositions
37:57mais je pense que là
37:59je veux dire
38:00la pédagogie
38:02qu'il faut faire
38:03autour des sujets de santé
38:04c'est que c'est quand même
38:06d'abord un
38:07la préoccupation numéro un
38:08des français
38:08qu'on a face à nous
38:10quelque chose
38:11qui va être gigantesque
38:12en termes de pression
38:13et que c'est pas
38:14quelque chose
38:15qu'on règle
38:16une fois pour toutes
38:16il y a une grande différence
38:19entre la santé
38:20la famille
38:21et la retraite
38:21la famille
38:23c'est une branche
38:23très stable
38:24le nom de famille
38:25ne bouge pas
38:26les prestations non plus
38:27cette branche est équilibrée
38:28les retraites
38:29il y a un déficit
38:30mais les retraites
38:32c'est
38:34c'est une fois
38:35tous les dix ans
38:36on fait une loi
38:37il y a le bordel
38:38des manifs
38:40et on fait une loi
38:42et les instruments
38:44les paramètres
38:45sont connus
38:46c'est peut-être
38:48un peu de cotisation
38:48mais c'est surtout
38:49une durée de cotisation
38:51un âge légal
38:52et on voit bien
38:53que la solution
38:54elle est d'augmenter
38:55la durée de la vie active
38:56il n'y a pas de
38:57la santé
38:59comme je vous l'ai dit
39:00c'est une quadrature
39:01du cercle
39:01qui fait que
39:02non pas une fois
39:03tous les dix ans
39:03mais chaque année
39:04chaque année
39:06vous avez un tendanciel
39:06à 4,4,5
39:07vous n'avez pas
39:08les moyens de suivre
39:09et vous devez
39:09ramener le truc
39:10à 2,5
39:11et chaque année
39:12pendant des années
39:13on s'est dit
39:14on y arrive
39:15et on y arrive comment
39:16pas tellement
39:17en réussissant
39:18à modérer
39:19les volumes de soins
39:20mais en essayant
39:21de mettre la pression
39:21sur les prix
39:22et un peu
39:22les remboursements
39:24et ces deux leviers là
39:26je pense aujourd'hui
39:27sont dans une impasse
39:28et donc ce qu'il faut
39:29faire partager
39:30c'est l'absolue nécessité
39:32d'inventer
39:34d'autres moyens
39:35pour essayer
39:36de maîtriser
39:37la progression
39:37de la dépense
39:38et ces moyens
39:39malheureusement
39:40je le dis
39:40ce seront des moyens
39:41qui passeront
39:42par des trucs
39:43un peu compliqués
39:44qui ne sont pas faciles
39:45à raconter
39:46à la radio
39:47à la télé
39:47ou à la SEC
39:48qui est de rentrer
39:49dans l'organisation
39:50des soins
39:50dans les pratiques médicales
39:52dans les sujets
39:53de prévention
39:53de qualité
39:54du qui fait quoi
39:55entre hôpitaux
39:56et villes
39:57c'est des sujets
39:58sur lesquels
39:58pardon
39:58la France
39:59n'est pas très bonne
40:00et sur lesquels
40:01on n'a pas encore réussi
40:03à mettre en place
40:04une vraie politique
40:05publique
40:06un peu forte
40:07un peu prescriptive
40:09on est je pense
40:10sur ces sujets-là
40:10trop gentils en France
40:12on est trop gentils
40:13avec les professionnels
40:13de santé
40:14avec les établissements
40:15sur la manière
40:16dont ils s'organisent
40:17dont ils pratiquent
40:18la médecine
40:19parce qu'on a besoin
40:21de les faire bouger
40:21et je pense que ça va être
40:23le vrai défi
40:25le vrai levier
40:26de maîtrise
40:27si on n'y arrive pas
40:28je vous le dis
40:28on se retrouvera
40:30à dire
40:30on n'y arrive pas
40:32on sert les hôpitaux
40:34on sert les produits
40:35de santé
40:35on revalorise
40:36les professionnels
40:37de ville
40:37une fois tous les
40:38x années
40:39on joue avec les participations
40:40et franchies chaque année
40:41et je pense que le système
40:42ne tiendra pas
40:43alors moi j'ai envie
40:45de vous poser
40:45la même question
40:46qu'à Anna Robinet
40:47sur la question
40:48des données de santé
40:48est-ce qu'il ne faut pas
40:49ouvrir grand les portes
40:50et dire mais allez-y
40:51proposez
40:52regardez ce qu'il y a
40:54dans les coins
40:54faites vos analyses
40:55etc
40:56aujourd'hui
40:56même si
40:58c'est pas vrai
40:59que dans le domaine
40:59de la santé
41:00mais en général
41:00dans la vie
41:01quand on dit open data
41:02ça veut dire
41:03qu'on est en train
41:03de fermer quelque part
41:04et est-ce qu'il n'y a pas
41:06quand même
41:06comment il s'appelle
41:07cet organisme
41:08déjà le CSRES
41:10voilà
41:10vous connaissez le CSRES
41:12ouais
41:13c'est un organisme
41:14qui verrouille des trucs
41:15vous ne le connaissiez pas
41:16celui-là
41:17mais c'est bien organisé
41:18c'est un organisme
41:18du ministère de la santé
41:19qui nous avait dit non
41:20pour le palme
41:20voilà
41:20mais est-ce que
41:22c'est pas un sujet
41:23tout simplement
41:23c'est quoi comme acronyme
41:25vous avez dit
41:26que vous expliqueriez
41:26les acronyms
41:27alors le CSRES
41:28je ne sais plus
41:29honnêtement
41:29d'ailleurs personne ne s'en rappelle
41:30et je ne sais même pas
41:31si eux-mêmes le savent
41:32c'est un mystère
41:35mais on cherche encore l'adresse
41:37mais est-ce que
41:37c'est pas un des sujets
41:38ça
41:39d'ouvrir les données
41:40de laisser les portes ouvertes
41:41dire bah regardez
41:42dites-nous
41:42ce que vous en pensez
41:44vous sur la manière
41:44dont c'est organisé
41:45et que ce soit pas
41:46comment dire
41:47une espèce de
41:48c'est exagéré de dire
41:50parce qu'il y a quand même
41:51des choses qui sortent
41:52que c'est le Vatican
41:53vous avez repris
41:54le baron
41:56ouais ça nous a pris
41:56trois ans quand même
41:57c'est bon
41:57vous avez accès au PSI
41:59vous le faites
41:59non mais en général
42:00même au-delà du point
42:01mais c'est globalement
42:02ce que c'est pas un sujet
42:02je pense qu'on a en effet
42:04besoin de pouvoir
42:05mieux partager
42:06les données
42:06sur les délais
42:08sur la qualité
42:09sur les suites opératoires
42:10sur tout ce qui fait
42:11à un moment donné
42:11la qualité d'une prise en charge
42:12et que moi je vous le dis
42:14je pense que
42:14c'est très bien
42:15que le point le fasse
42:16mais ce serait très bien
42:17que des organismes publics
42:19eux-mêmes
42:19portent ce type
42:20d'opération de transparence
42:22vous en pensez quoi ?
42:23et nous par ailleurs
42:23on a
42:24alors on fait pas mal
42:25d'open data
42:25data pathologie
42:27un site que vous connaissez
42:29data professionnelle de santé
42:30non non mais je rigole
42:31mais en fait
42:32on publie beaucoup de trucs
42:33j'y vais tous les jours
42:34voilà il faut y aller
42:34mais il faut y aller
42:35parce que c'est hyper intéressant
42:36pour les élus
42:37parce que vous pouvez comparer
42:38dans votre territoire
42:38comment ça se passe
42:39par rapport à d'autres territoires
42:40en termes d'accès aux soins
42:41on vient de publier
42:42cette semaine
42:43à l'observatoire de l'accès aux soins
42:44qui est aussi public
42:45donc tout ça
42:46c'est des choses
42:46qui sont quand même rendues publiques
42:48et puis par ailleurs
42:49mais ça c'est une conviction
42:49très forte
42:50mais qui est très triviale
42:52c'est que les acteurs eux-mêmes
42:53pour pouvoir piloter leur action
42:54ils doivent avoir des données
42:56aujourd'hui
42:56un médecin libéral
42:58en fait en réalité
42:59il sait pas
42:59s'il se situe
43:0020% au-dessus
43:0120% en dessous
43:02par rapport au médecin libéral
43:05d'à côté
43:05et donc nous
43:06on va frapper à sa porte
43:07en disant
43:07bonjour monsieur
43:08vous êtes en atipie
43:10par rapport à votre voisin
43:12sur 4 patients
43:13on peut pas lui dire lesquels
43:14etc
43:14donc nous
43:15on est en train de travailler
43:16et c'est un énorme effort
43:17à restituer aux médecins
43:19en fait on va essayer de le faire
43:20pour tous les professionnels de santé
43:21un tableau de bord
43:22avec leurs propres pratiques
43:23parce qu'il y a des professionnels de santé
43:25qui n'en ont rien à faire
43:26mais la plupart des professionnels de santé
43:27ils font quand même attention
43:28etc
43:28et donc le fait de pouvoir
43:30leur donner de la visibilité
43:31sur leurs propres pratiques
43:32ils peuvent pas le savoir
43:33je veux dire
43:33quand ils enchaînent des consultations
43:34etc
43:35c'est pas très facile de savoir
43:36que en fait vous êtes très mauvais
43:37sur les antibiotiques
43:38etc
43:38donc on a besoin de nous
43:39de les outils
43:40et puis une dernière chose
43:41pour contrôler la prescription
43:43en fait nous
43:44on l'a déjà
43:45donc nous on peut déjà contrôler
43:46mais en revanche eux-mêmes
43:47ne peuvent pas s'auto-piloter
43:49ce qui est quand même
43:50un peu problématique
43:51c'est à dire que nous
43:52on arrive en disant
43:52en fait on arrive à la fin
43:53en disant là vraiment
43:54vous faites n'importe quoi
43:54sur les arrêts de travail
43:55mais peut-être que le médecin
43:57s'il avait un tableau de bord
43:58qui lui permettait de savoir
43:59à peu près comment il se situait
44:00bah il serait pas parti dans le mur
44:02donc ça je pense que c'est
44:03quelque chose d'important
44:04et puis il y a aussi quelque chose
44:05qui a longtemps été tabou
44:06qui est la question de
44:07de la transparence individuelle
44:11auprès des patients
44:12sur ce que
44:13entre guillemets
44:14l'assurance maladie investit
44:15pour les patients
44:15c'est à dire ?
44:17bah en fait pendant longtemps
44:17on a dit attention
44:18à ne pas stigmatiser
44:20le fait d'envoyer
44:21de vous envoyer à vous
44:22chaque année
44:22un courrier
44:24pour vous dire
44:24écoutez l'assurance maladie
44:26elle investit tant
44:26dans votre santé
44:27pendant longtemps
44:29c'est un sujet
44:29qui était un peu compliqué
44:30politiquement
44:30ce qu'on disait
44:31c'est de la stigmatisation
44:32et ça je trouve
44:33qu'on a passé ce cap-là
44:34et aujourd'hui
44:35il y a un vrai
44:36consensus en tout cas
44:38au sein de notre conseil
44:39mais qu'on a pu relever
44:40aussi dans des études
44:41en fait les gens
44:42seraient assez contents
44:43de savoir
44:43combien l'assurance maladie
44:44a investi pour eux
44:46et je pense que c'est aussi
44:46une manière de valoriser
44:47ce service public
44:48moi je suis très favorable
44:49à ça
44:50sans s'exagérer
44:52la portée que ça va avoir
44:53parce que je pense pas
44:53que du coup
44:54les français vont se dire
44:55ils vont se dire
44:55c'est formidable
44:56on est une sécu
44:56on est heureux de l'avoir
44:58mais je pense que ce qui est
44:59ce qui est très important aussi
45:00c'est aussi de rendre disponible
45:02pour le prescripteur
45:03ce que coûte sa prescription
45:06vous voulez dire
45:07pour résumer
45:08aujourd'hui
45:08les français ne savent pas
45:10combien il dépense sa santé
45:11aujourd'hui un français
45:12ne sait pas combien
45:13l'assurance maladie
45:14a remboursé
45:15prise en charge
45:16pour sa santé
45:16au titre de l'année
45:17écoulée
45:18je pense que c'est toujours
45:19intéressant de le savoir
45:20ça veut pas dire
45:22qu'il va dire
45:22oh là là
45:23je vais faire attention
45:23l'année prochaine
45:24il va se dire
45:25c'est bien d'avoir
45:26une assurance maladie
45:27mais je pense que
45:28ce qui est très important aussi
45:29c'est qu'un médecin
45:30de ville
45:31ou à l'hôpital
45:32ou à l'hôpital
45:33sache ce qu'il prescrit
45:35parce qu'aujourd'hui
45:36vous pouvez prescrire
45:36des médicaments
45:37sans savoir une seconde
45:38combien ça coûte
45:39ou enchaîner
45:40une liste d'analyse
45:41de biologie
45:42sans savoir
45:43combien ça coûte
45:43et je ne dis pas
45:45que là encore
45:45ça va modifier
45:47fondamentalement les pratiques
45:48mais quand même
45:49à un moment donné
45:50quand on voit
45:51qu'un examen
45:52coûte extrêmement cher
45:53on peut se poser
45:53la question
45:54d'être certain
45:55qu'on en a besoin
45:56parce que de temps en temps
45:57quand vous discutez
45:58avec les médecins
45:58eux-mêmes vous disent
45:59qu'il y a des choses
45:59sur lesquelles
46:00ils pourraient parfois
46:00y aller avec plus de modération
46:02vous êtes allé voir
46:03Sébastien Lecornu vous ?
46:05non ?
46:07vous n'êtes pas allé le voir
46:08Lecornu
46:08depuis qu'il est là ?
46:09vous posez la question
46:10à tous
46:10vous faites un sondage
46:11non parce que
46:13en fait
46:13je vois un chercheur
46:15un dirigeant
46:16tout le monde
46:16veut aller voir Sébastien Lecornu
46:17comme c'est le seul ministre
46:18tout le monde va le voir
46:20et vous
46:21vous êtes allé voir ou pas ?
46:22non
46:22figurez-vous
46:24que je lui ai posé
46:25un lapin
46:25il faisait un brief
46:26et je n'ai pas regardé
46:27mon téléphone
46:27je ne suis pas allé
46:28je suis le seul
46:29je suis trop bas dans la chaîne alimentaire
46:31pour être invitée
46:33par Sébastien Lecornu
46:33je vous remercie
46:34de m'avoir invité
46:35ce soir néanmoins
46:36merci en tout cas
46:37pour vos échanges passionnants
46:39on peut vous applaudir
46:40merci beaucoup
46:41je vais vous montrer
46:44merci en tout cas
46:47je vais vous montrer
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