Passer au contenu principal
  • il y a 3 semaines
« Cette année-là », l’émission d’Éléments sur TV Libertés, revient sur l’année 2020, l’année Covid, et le numéro alors déjà consacré à la question démographique auquel fait écho la dernière livraison du magazine des idées à l’endroit, actuellement en kiosques. Qu’est-ce qui explique la chute de la natalité française ? Les politiques étatiques natalistes sont-elles efficaces ? Face à la dénatalité, doit-on choisir entre immigration ou déclin économique ? Autant de questions abordées dans cette nouvelle émission.


Autour d’Olivier François, les analyses de Xavier Eman, rédacteur en chef d’Éléments, Daoud Boughezala, Rodolphe Cart et Anthony Marinier.

Le rendez-vous musclé et impertinent du magazine des idées.

Catégorie

📚
Éducation
Transcription
00:00Chers amis, bonjour, bienvenue dans cette année-là, l'émission de la revue d'éléments,
00:19une des émissions de la revue d'éléments que j'anime, que j'ai le plaisir d'animer en alternance
00:23désormais avec notre ami Patrick Luzincky. Nous allons évoquer aujourd'hui la démographie,
00:30la question démographique à partir d'un numéro, numéro 184 d'éléments qui date maintenant
00:35d'un peu plus de 5 ans, juin-juillet 2020, pardon, pas 25, nous sommes en 2025 mais c'était 2020.
00:44Et pour en parler, j'ai le plaisir de recevoir Anthony Marigny. Bonjour Anthony, vous êtes
00:49maintenant un habitué des colonnes d'éléments, vous êtes déjà venu dans le plus d'éléments le mois
00:53dernier, notre ami Rodolphe Card, vous venez de publier un portrait politique de Jean-Luc Mélenchon,
00:59le livre va, j'espère, apparaître à l'écran, non pas Anthony, Xavier Aymant, cher Xavier Aymant,
01:07bonjour, rédacteur en chef de notre revue, et Daoud Bourrezala pour s'accompagner. Alors je vais me
01:12tourner d'abord vers Anthony Marigny, c'est une tradition dans cette émission de rappeler un peu
01:19les faits importants de 2020, qu'est-ce qui s'est passé en 2020 ? Effectivement, cette émission s'appelle
01:24cette année-là, donc on va revenir sur l'année 2020 brièvement. 2020 c'est l'année Covid, la crise
01:30sanitaire de notre temps avec ses confinements successifs, ses restrictions de liberté, ses
01:35auto-attestations de sortie et ses plages dynamiques. Du point de vue culturel, ce fut une année assez
01:42blanche parce que tout était un peu à l'arrêt. Je vais me focaliser sur les personnes qui nous ont
01:47quitté cette année-là, on peut citer notamment l'acteur britannique, écossais Sean Connery, bien
01:53connu pour ses films, notamment ses rôles dans James Bond, Egnu Morricone, le compositeur italien
01:59qui a notamment fait la musique de quelques films de Sergio Leone, et également le footballeur
02:06argentin Diego Maradona, qui a fait gagner à l'Argentine sa Coupe du Monde en 86. Plus proche de nous, on
02:12déplore le décès d'Edouard Limonov, le dissident russe et écrivain, assez proche d'Element, qui nous a
02:20donné une interview juste peu avant son décès. Et également, encore plus proche de nous, le décès de Jean-François
02:27Gauthier, éminent membre de la rédaction d'Element. Qui animait notamment les pages philosophiques.
02:32Exactement. J'espère un jour que les chroniques de Jean-François Gauthier seront réunies dans un livre.
02:37Et notamment un des créateurs de l'Institut Iliad.
02:41Et un grand mélomane, entre autres talents, multiple.
02:45Tout à fait.
02:46Alors merci, c'était le dernier, Jean-François Gauthier, et on va rentrer dans le vif du sujet.
02:53Nous titrions en 2020 sur Population la menace, et nous titrons aujourd'hui sur l'hiver
03:01des peuples européens. Comme s'il y avait d'ailleurs une sorte d'évolution, en quelque
03:05sorte. Est-ce qu'il n'y a pas une contradiction à s'inquiéter en 2020 de la surpopulation
03:10et de regretter l'hiver des peuples européens en 2025 ? Je vous pose une question peut-être
03:17qui vous étonne, j'ai l'impression.
03:18Non, mais ça dépend de quoi on parle, en fait. La surpopulation, dans le dossier de
03:232020, était une vision plus mondiale, plus globale de la question. Et dans le numéro
03:30qui vient de sortir, ce numéro 217, on s'est focalisé sur la situation de l'Europe. Parce
03:36que la démographie, c'est en effet un thème assez central, assez important, mais qui
03:41n'est pas si souvent que ça évoqué, parce que c'est assez sensible, en fait. On touche
03:46à des choses très intimes quand on parle de la démographie, du fait de faire des enfants,
03:49etc. Mais il est évident que pour nous, Européens, c'est très important, puisque
03:55la démographie est quand même en lien avec toute une série de problématiques, et notamment
03:59une qui est un peu fondamentale à l'heure actuelle, qui est celle de l'immigration. Puisqu'on
04:03nous explique maintenant depuis des années que c'est parce que les peuples européens
04:07et notamment français ne font pas assez d'enfants qu'on a besoin de recourir à une immigration
04:12de plus en plus massive. Donc c'est une des questions que pose le dossier d'éléments
04:18de cette année, si je puis dire. Est-ce que c'est vrai, déjà ? Est-ce que c'est
04:26la seule solution ? Est-ce qu'on peut envisager d'autres scénarios aussi que cette alternative
04:31entre finalement l'immigration ou la baisse de la natalité ? Et donc voilà, ce sont
04:36des divers éléments qui sont abordés dans un dossier qui est en effet très riche, qui
04:41pose la question de... Une des questions qui me paraît assez fondamentale, c'est très
04:46bien de vouloir relancer la natalité, mais comment on fait ? Donc on a regardé, enfin
04:51les contributeurs, on regardait les différents exemples de volonté de politique nataliste.
04:58Voilà, donc c'est une question qui est... sur laquelle on revient en effet régulièrement
05:02dans l'éléments parce qu'elle est assez négligée dans le débat public.
05:05Alors vous ouvrez d'ailleurs le dossier, cher Daoud, par un entretien avec un personnage
05:10important qui est Gérard-François Dumont, je le prononce bien, Gérard-François Dumont,
05:14pardon, sur l'anatomie du déclin démographique français. Alors que nous dit ce... comment
05:21on dit, ce démographe ?
05:22Les démographes et géographes, les deux étiquettes.
05:25Sur ce déclin, sur son origine, sur l'année où ça a commencé ? Est-ce que par exemple
05:29dans l'histoire récente, il y a un moment donné où on voit la population, les gens faire moins
05:34d'enfants ?
05:35Effectivement, il y a un point de bascule puisque sur la longue durée, la France depuis
05:38des décennies, c'était plutôt singularisé par rapport à ses voisins ouest européens,
05:45par un relatif, comment dire, une démographie relativement féconde. Et en fait, cette machine
05:52a été cassée, outre tous les changements sociologiques, en 2012, lorsque François Hollande
05:58a en fait un peu... a s'abordé la politique familiale, pour le dire clairement.
06:05C'était une tentation qui avait aussi cassé des gens comme Juppé, de droite comme
06:08de gauche, mais par idéologie, en grande partie, c'est-à-dire en conditionnant les
06:15allocations familiales à des conditions de ressources et puis par tout un tas de mesures
06:18un petit peu périphériques qui compliquent certains congés de maternité. En fait, ça a eu
06:26des résultats en quelques années. Concrètement, le nombre de naissances en France s'est effondré
06:31plus de 20% depuis 2012. Et les Français souhaitent avoir moins d'enfants que par le
06:35passé. Donc finalement, la France a perdu son atout démographique. C'est pas le fruit
06:41du hasard, c'est le fruit de décisions politiques dont on paye le prix.
06:44Et d'une ambiance, alors je me tourne vers Anthony Marigny, parce que dans vos articles,
06:47vous l'évoquez, d'une ambiance aussi culturelle. Il y a vraiment en fond sonore, si je puis dire,
06:54une haine de la natalité, de l'enfance, aussi dans la culture consumériste.
06:58Mes articles prennent un peu le contre-pied de l'interview de Dumont, ce qui explique que ce sont
07:06essentiellement des décisions gouvernementales qui ont fait baisser la natalité. Mais dans un des
07:11graphiques qui est présent dans Élément, qui est fourni par Marc Vanguard, on voit qu'en 20 ans,
07:20enfin sur ces 20 dernières années, il y a 20% des vintenaires qui souhaitent, il y a 20% de moins
07:27de vintenaires qui souhaitent avoir des enfants. Donc on est passé d'une moyenne à 2,5 personnes
07:31qui souhaitent avoir des enfants à 1,8 en moyenne. Donc c'est pas que des décisions
07:35gouvernementales, économiques ou matérielles. C'est ce que j'explique dans l'article. Avant d'être une
07:42crise du nombre, c'est avant tout une crise du sens. Notamment grâce, je me base sur l'ouvrage
07:49d'Olivieret qui s'appelle Défécondité. Paru chez Gallimard dans la collection Tracte.
07:54Exactement. Et qui explique qu'on se pose la question, pourquoi avoir des enfants ? L'enfant
08:00est vu comme une contrainte, comme une nuisance même. On parle de vacances sans enfants, d'hôtels
08:05sans enfants, même de trains sans enfants. Vraiment l'enfant conçu comme une nuisance. Alors
08:11que la question qu'on devrait se poser, c'est comment vivre humainement sans eux ?
08:15D'ailleurs, je ne veux pas faire des allers-retours entre le numéro de 2020 et notre dernier
08:20numéro, mais c'était déjà noté dans je ne sais plus quel article, dans le numéro
08:24de 2020, comme quoi il y a notamment dans les franges progressistes de la politique,
08:30un véritable dogme où on se méfie de la politique nataliste. On se rappelle des mots
08:35absurdes évidemment de Sandrine Rousseau qui, à chaque fois qu'on ose parler d'un début,
08:41de commencement de politique nataliste, agite le fantôme du baréchal Pétain. Y compris,
08:48par exemple, j'avais une déclaration d'un responsable du NPA expliquant qu'au fond,
08:54les allocations familiales ne permettaient pas aux femmes de travailler, comme si d'ailleurs
08:59la valeur travail devait être une vertu révolutionnaire. C'est assez étonnant d'entendre
09:05pas quoi que d'entendre un trotskiste dire cela. Donc c'est un, oui, c'est un, comme
09:09vous le dites, il y a vraiment toujours, c'est très persistant cette N de la...
09:14Il y a un discours qu'on appelle, pardon pour le terme anglais, child free, qui a vraiment
09:19pignon sur rue dans les médias, et notamment dans les médias de service public, où très
09:22fréquemment on a des papiers qui nous expliquent que la parenté à l'été c'est nul,
09:26que ça empêche les personnes de faire des carrières, de vivre confortablement, etc.
09:29Et effectivement, on voit que, malheureusement, ces idées-là se propagent dans ma génération
09:36et même dans celle qui vient après moi, où, pour schématiser et pour un peu caricaturer,
09:42on préfère Netflix à faire des enfants.
09:45Ou les animaux de compagnie, c'est assez intéressant de voir le phénomène des petits
09:51chiens, des comptes Instagram. Et il y a d'ailleurs une autrice, enfin une auteure, excusez-moi,
09:55qui avait fait un livre récemment en expliquant sa relation avec son chien.
09:58Préfacée par Sylvain Tesson.
10:00Voilà, préfacée par Sylvain Tesson, où elle revenait sur sa relation avec son chien
10:03et une relation où elle ne se projetait absolument pas comme une mère.
10:07Et on peut même revenir, par exemple, c'était les écrits d'Elisabeth Bain d'Inter,
10:11il y avait cette volonté de repenser la féminité au-delà de la maternité.
10:15On peut aussi expliquer les opérations de vasectomie, où on a une vraie propagande aussi
10:20pour montrer que les hommes devaient aussi prendre leur part, leur responsabilité
10:25dans la contraception. Donc c'est vraiment, oui, tout un environnement, ou en tout cas
10:29une atmosphère qui, en tout cas, ne pousse absolument pas la jeune génération à la procréation,
10:35pour dire le mot un peu crûment. Et puis même, j'ai envie de dire, c'est l'angoisse écologique,
10:40c'est l'angoisse de la guerre demain avec la Russie. Donc c'est vraiment un climat anxiogène
10:45qui ne pousse absolument pas à la projection vers l'avenir et aussi à la continuation généalogique.
10:51C'était Peter Sloterdijk qui avait une formule assez heureuse, qui disait que la génération de 68
10:58était une génération antigénéalogique. C'était intéressant d'avoir vraiment cette volonté de rupture
11:04avec le précédent, mais c'est aussi une rupture avec l'après. Et là, par contre, moi, je vois peut-être
11:09un retour dans notre génération, je ne sais pas ce que tu en penses, Anthony, mais je vois qu'il y a quand même
11:13eu une appétence, un retour, c'est toujours des mouvements de flux et de reflux qu'on a à travers les générations,
11:18de continuation et de laisser un patrimoine dans les générations à venir.
11:23Alors il y a quelques exemples pris à l'étranger dans le dossier sur la démographie,
11:27notamment un article, moi, qui m'a à la fois intéressé et terrorisé sur le Japon.
11:32Je prends le titre « Le crépuscule des désirs, comment le jamin se vide sans se renier ».
11:36Alors vous êtes le lien entre la transmission, le sens de la tradition et la natalité.
11:42Le Japon est à la fois un pays qui semble garder sa tradition et en même temps qui se vide de sa population.
11:48Est-ce que vous pourriez intervenir sur ce dossier finit d'une certaine Nina Pravda ?
11:53En fait, le thème de la cohérence ethno-culturelle nous échère du différentialisme à la nouvelle droite
11:59et dans Élément tout particulièrement. Là, c'est quand même intéressant de voir des modèles de société
12:03qui sont restés homogènes culturellement et ethniquement et qui rencontrent tout de même
12:08des problèmes de fécondité et de natalité. C'est pour ça que l'argument de l'insécurité,
12:13qui est un argument qu'il ne faut pas prendre à la légère, mais qui n'est pas un argument exhaustif
12:20pour expliquer la question de la natalité. Vraiment, la question de la démographie,
12:24je pense qu'on s'en rend compte à travers ces deux dossiers, c'est que c'est vraiment une question
12:29qui n'est pas facilement explicable par une seule solution. On a la dimension matérielle,
12:37analysée par Daoud avec son entretien. On a aussi la dimension, par exemple, du nihilisme,
12:43en tout cas de la quête de sens avec l'article sur le Japon, même différents articles d'Anthony.
12:48Donc on voit vraiment que c'est une question qui est globale et qui mérite une réponse totale.
12:53Et là, peut-être, c'était le grand absent aussi d'un débat qu'on a connu dernièrement,
12:58qui était celui sur les retraites. Et le seul, ou en tout cas une des seuls députés
13:02qui avait mis le doigt sur l'importance de la question de la fécondité,
13:06qui est vraiment la question du sous-bassement de la question des retraites,
13:09c'était Laure Lavalette au Rassemblement National.
13:11Donc c'était intéressant de remettre sur le devant de la scène
13:13cette question de la démographie et de la natalité.
13:17Et d'ailleurs, elle n'avait pas manqué d'être attaquée par toutes les féministes hystériques
13:21qu'on connaît bien dans notre Parlement.
13:22– Anthony Marigny, vous avez rappelé, je crois, dans la dernière émission,
13:26où est-ce que c'était hors antenne que le Nigeria l'an dernier,
13:30où il y a quelques années, avait fait en un an plus d'enfants que l'Europe entière.
13:35– Exactement.
13:35– C'est effrayant.
13:36Et je vous le dis parce qu'il est question évidemment de l'Afrique dans notre dossier,
13:42qui inspire peut-être des fantasmes.
13:44On a l'impression que l'Afrique va tellement exploser démographiquement
13:47que ça va être un flot qui va emporter radicalement toute la civilisation européenne
13:53et plus encore, sans doute.
13:55– C'était très prégnant dans le dossier du numéro 184 sur la surpopulation.
14:00Effectivement, c'était un dossier assez malthusien,
14:02parce qu'on parlait de surpopulation mondiale
14:03et effectivement, inévitablement, de l'Afrique.
14:07Là ici, dans le dossier du numéro présent, du 217,
14:12on parle, on fait une page sur l'Afrique,
14:14où effectivement, on explique que le Nigeria fait autant d'enfants l'année dernière
14:20que toute l'Europe réunie.
14:23Et c'est un papier de loup où vous y allez.
14:26Mais qu'on avait tendance à dire qu'il n'est de richesse que d'hommes,
14:30mais que malheureusement, pour le continent africain, ça ne se vérifie pas.
14:35– Rappelons aussi aux immigrationnistes que cette surpopulation africaine,
14:39qui continue malgré tout aujourd'hui,
14:41provoque aussi famine et incapacité aussi à des pays africains
14:47à recevoir tout cet excès de population.
14:51Et d'ailleurs, il semble, je ne sais pas s'il y a des solutions
14:53qui sont données à cette démographie africaine explosive.
14:58– La hausse du niveau de vie, en général,
15:01aide beaucoup à réduire la natalité.
15:04On voit que même en Afrique, les pays qui sont le mieux gérés,
15:07qui ne sont pas totalement corrompus, où les institutions fonctionnent,
15:11ont une natalité en général un peu plus basse,
15:15et surtout à des taux d'immigration nettement inférieurs.
15:20Parce que ce n'est pas parce que vous avez une forte démographie
15:21que finalement, tout le monde va partir.
15:23c'est une des choses qui est dite dans l'entrevue.
15:29La plupart des gens dans le monde aspirent quand même à rester chez eux
15:33s'ils peuvent le faire dans de bonnes conditions.
15:35Donc en effet, il y a aussi voir comment ces pays sont capables
15:38de gérer cette démographie, mais qui n'est pas forcément un mal en soi,
15:42et qui n'entraîne pas automatiquement des migrations,
15:47si le pays est capable d'offrir à sa population
15:49des espérances correctes de vie.
15:52Et si à côté de ça, il n'y a pas des systèmes mafieux
15:55qui vendent du rêve, et qui vendent un rêve excessif
15:58d'un eldorado européen aux populations locales.
16:02Je voulais, si vous permettez, juste revenir sur le débat
16:06de tout à l'heure, sur la question de savoir en effet
16:09quels sont les différents éléments qui expliquent la démographie.
16:12Il n'y en a pas un seul, il y a le sens, il y a les questions matérielles.
16:14Il y a aussi une question de santé, une grande santé publique,
16:17c'est-à-dire l'incapacité de plus en plus grande dans les pays occidentaux
16:20à procréer pour des raisons physiques et médicales,
16:24notamment dues à la pollution, aux perturbateurs endocriniens,
16:28et ce genre de choses.
16:29Et ça fait partie aussi de l'infertilité.
16:30On a d'ailleurs déjà évoqué dans l'élément...
16:33L'infertilité, qui est aussi une véritable question.
16:36Et on voit bien que tout ça, beaucoup de choses en tout cas,
16:38sont liées à notre système économique,
16:40à notre système productivo-consumériste.
16:43Ça tombe bien d'ailleurs, puisqu'il y a un marché de l'enfant
16:45qui est en plein défendant.
16:47On va remplacer les enfants qu'on est capables de faire
16:48par la GPA en exploitant les femmes du tiers monde.
16:52À propos de cette infécondité, ce qui m'étonne quand même,
16:54c'est que les populations extra-européennes
16:56qui vivent sur le territoire français,
16:57alors qu'elles mangent en général beaucoup moins bien
17:00que les populations européennes,
17:02ont un taux de fertilité qui continue à être...
17:04Parce que déjà, ça fait moins longtemps, pour la plupart.
17:05Ça fait moins longtemps qu'elles sont empoisonnées.
17:09Je pense qu'au fil du temps,
17:11elles rencontreront forcément les mêmes problèmes.
17:14si elles fréquentent aussi assidûment le McDonald's
17:17que les bons petits Français.
17:21Et un deuxième point sur lequel je voulais en dire,
17:23c'est qu'à mon avis, face à cette ambiance en effet
17:26antinataliste et, comment dire, de vision de l'enfant
17:30comme un poids et comme quelque chose de, parfois, négatif,
17:34il y a un autre écueil,
17:36et qu'on voit, je trouve, parfois à droite,
17:39qui est la réponse, qui est de dire,
17:40ah non, mais en fait, la réponse à ça, c'est la tradwife.
17:43C'est-à-dire, il faut que la femme, elle reste à la maison,
17:46si possible à la campagne, pourquoi pas, c'est très bien,
17:49qu'elle fasse neuf enfants,
17:50et voilà, on va revenir à un modèle des années 50-60.
17:54– Largement fantasmé d'ailleurs.
17:56– Très largement fantasmé,
17:57et qui ne concerne d'ailleurs que certaines catégories sociales
18:00et pas toutes,
18:02et ce contre-modèle me paraît tout aussi absurde
18:04d'une certaine façon.
18:05Je ne dis pas que ce n'est pas souhaitable
18:07qu'il y ait des gens qui ont des très belles familles nombreuses,
18:11etc., donc il ne s'agit pas de critiquer le modèle,
18:13mais il n'est pas généralisable à l'heure actuelle,
18:15ce n'est pas un modèle politique,
18:17ça peut être un choix personnel,
18:18mais aujourd'hui, on ne peut pas proposer ça comme solution
18:20pour relancer la démographie,
18:22on ne revient pas en arrière,
18:25on ne reviendra pas à ce modèle en plus
18:26qui n'a jamais véritablement existé,
18:29il faut penser notre monde pour encourager les naissances,
18:34et par exemple, au lieu de dire
18:34« bon, les femmes doivent retourner à la maison »,
18:37ce qui est difficilement audible aujourd'hui,
18:39même si en effet, le travail des femmes pose question
18:41sur la natalité, peu pèse sur la natalité,
18:43il faut voir comment offrir des conditions
18:45aux gens qui travaillent,
18:46qui permettent d'avoir également des enfants,
18:49donc c'est évidemment toute la question des crèches,
18:50crèches en entreprise,
18:51mais crèches aussi, je dirais, à l'université,
18:53ce n'est pas choquant d'avoir des crèches à l'université
18:55pour pouvoir, que des jeunes femmes puissent...
18:58– Il faudrait que les femmes, dès 21 ans,
18:59– Voilà, amélioration du logement,
19:02en fait, la question démographique
19:05s'imbrique dans beaucoup de choses,
19:06il faut que les gens puissent pouvoir se loger dignement,
19:09donc il faut faire agir sur les loyers,
19:12comment voulez-vous avoir plus d'un enfant
19:13en vivant à Paris ?
19:14C'est complètement impossible.
19:16Donc voilà, ça c'est des vrais mécanismes,
19:18à la fois politiques,
19:19et en effet, après, il y a aussi
19:21l'environnement général, l'insécurité, etc.
19:23Tout est imbriqué,
19:24on ne peut pas jouer que sur un levier,
19:26et surtout, il faut arrêter de fantasmer
19:28des retours en arrière à des époques idylliques
19:31qui, encore une fois, n'ont jamais existé.
19:32– Merci pour ces propos,
19:33mais d'ailleurs,
19:34l'élément a toujours refusé le restaurationnisme,
19:37l'illusion restaurationniste,
19:38et en effet, on peut être tout à fait fidèle à son passé
19:41et vouloir qu'il perdure, en quelque sorte,
19:44sans le retrouver à l'identique,
19:46ce qui est de toute façon une chose vaine.
19:48Est-ce que vous voulez rajouter quelque chose
19:49sur la question démographique, cher Anthony,
19:52et sur le dossier en question ?
19:53– Parce que j'ai fait le tour.
19:54– Vous avez fait le tour.
19:55Et je vous recommande encore l'article,
19:56parce que d'ailleurs, vous avez traduit aussi,
19:58j'ai découvert vos talents de traducteur,
20:00l'article important de Dare Paul,
20:02je ne sais pas comment ça se prononce,
20:03– Darei Paul, oui.
20:04– Darei Paul,
20:05le mythe nataliste de l'immigration
20:06démenti par les faits.
20:08C'est très alléchant.
20:09– On parle de l'exemple de la République tchèque,
20:11effectivement.
20:12– Très brièvement, à la chute du mur,
20:17comme à peu près toutes les sociétés post-soviétiques,
20:20le taux de natalité s'est totalement effondré.
20:22Il est passé un tout petit peu plus au-dessus de 1,
20:24il est à 1,1.
20:26Et à partir du début des années 2000,
20:28le gouvernement tchèque, pour le coup,
20:30a mis en place vraiment des mesures incitatives
20:32qui ont fonctionné.
20:34Et en disant, le taux de natalité
20:36est passé à 1,8, voire à 1,9,
20:38qui est vraiment une énorme augmentation.
20:41Augmentation qui, aujourd'hui,
20:44avec l'arrivée massive de l'immigration
20:46venue d'Ukraine,
20:48le taux de natalité est vraiment redescendu.
20:51Et on a vu l'arrivée massive,
20:53parce qu'Aurépublie tchèque,
20:54c'est la plus grosse diaspora ukrainienne.
20:56– Combien de vous avez le chiffre ?
20:57– C'était 400 000 la première année,
20:59ce qui est colossal pour un pays
21:00qui fait 10 millions d'habitants.
21:02Et ce chiffre massif
21:04est venu faire diminuer
21:06le taux de natalité.
21:09– Et cette arrivée de la population tchèque,
21:11c'est peut-être une petite incise,
21:12est-ce qu'elle a des conséquences,
21:13de la population ukrainienne,
21:15de cette forte immigration ukrainienne,
21:16a des conséquences sécuritaires
21:18ou culturelles en Tchécoslovaquie, en Tchéquie ?
21:21– Étonnamment, non.
21:24Culturelles, non.
21:25Sécuritaires, assez peu.
21:26En tout cas,
21:27ce n'est pas ce que j'ai retrouvé
21:28dans les documents.
21:29– Ça ne m'étonne pas complètement,
21:30mais c'est...
21:31– Peut-être pour finir,
21:34le dernier aspect qu'on peut évoquer
21:35avec la démographie,
21:38c'est aussi l'aspect géopolitique.
21:40Peut-être que ce n'était pas de notre intérêt
21:41de déstabiliser aussi tout le Maghreb.
21:44Peut-être revenir là-dessus.
21:45Et on peut mentionner aussi
21:46un livre assez intéressant
21:47qui est sorti aux éditions
21:49de la Nouvelle Librairie avec l'Iliade
21:51sur Mattei,
21:53qui était donc un personnage italien
21:54vraiment intéressant,
21:56qui a quasiment mis sur pied
21:59une puissance pétrolière italienne
22:01en concurrence avec les grands monopoles
22:04de l'époque,
22:04qui étaient notamment
22:05les monopoles anglo-saxons.
22:07Et Mattei avait une relation différente
22:09à l'Afrique,
22:11disons quasi anti-impérialiste,
22:13où vraiment il y avait un côté
22:14où on discute d'égal à égal
22:16et non plus avec une supériorité
22:19ou une hiérarchie
22:19comme les grandes compagnies anglo-saxonnes.
22:22Et Mélanie, aujourd'hui,
22:23est en train de renouer
22:24un partenariat,
22:26notamment géopolitique et énergétique,
22:28avec l'Algérie.
22:29Et donc peut-être que nous,
22:31Européens, Français,
22:33il faut aussi considérer
22:33que notre première frontière
22:35est de l'autre côté
22:35de la Méditerranée,
22:36avec un espace méditerranéen stable.
22:39Et donc on voit même Mélanie,
22:41par exemple,
22:41en plus de faire
22:42des partenariats économiques
22:43et géopolitiques
22:44et géostratégiques,
22:45et en tout cas du domaine
22:46de l'énergie,
22:47aussi combattre
22:49la fuite des cerveaux africains
22:51vers le continent européen
22:52et créer des élites
22:53directement en Afrique
22:55et dans ces pays-là.
22:56Parce que aussi,
22:57la fuite des cerveaux
22:58en Afrique ne permet pas
23:00peut-être cette bascule
23:01que mentionnait Xavier.
23:04Donc voilà,
23:05peut-être qu'on a une ouverture
23:06aussi à faire
23:07de ce point de vue
23:08et faire de la vraie politique
23:10et de la géopolitique
23:10pour aussi endiguer
23:12ce phénomène
23:12de la submersion.
23:15Parce que le problème
23:16de la fécondité,
23:17il est toujours double.
23:18C'est aussi le problème
23:19de la fécondité intérieure,
23:20mais aussi des mouvements extérieurs.
23:22C'est Samuel Huntington
23:22qui retenait là-dessus.
23:23Rappelez le titre
23:24du livre sur Matéi
23:25publié par l'Institut de l'IA.
23:26Alors je sais qu'il y a Enrico Matéi
23:28et il me semble que c'est
23:29le génie de la souveraineté énergétique.
23:30Traduit par Gérard Boulanger
23:31qui a commis un article
23:33dans son numéro.
23:34Et d'ailleurs,
23:35on recommandera aussi
23:36de revoir l'affaire Matéi
23:37puisqu'il s'agit du même
23:38d'Enrico Matéi,
23:40grand patron révolutionnaire,
23:42anti-impérialiste.
23:43Qui est mort dans des conditions
23:44assez troubles
23:46et qui avait le mérite
23:46d'être...
23:47Enfin, qui avait le mérite
23:47qui était aussi bien
23:49admirée par la droite,
23:52on va dire,
23:53patriote et révolutionnaire
23:54que par les communistes.
23:56Il travaillait aussi
23:57en détroit de coopération
23:58avec le Bloc de l'Est
23:59qui était un autre tabou
24:00pour l'époque en pleine guerre.
24:01L'époque.
24:02Donc un national révolutionnaire,
24:03un patron,
24:04un national révolutionnaire
24:05à redécouvrir.
24:06Je vous remercie.
24:07Je rappelle le numéro,
24:09notre dernier numéro,
24:10Demain, une Europe sans européen.
24:12Ça va s'afficher évidemment
24:13à l'écran.
24:14Et un ancien numéro
24:15qui est de toute façon
24:16toujours disponible
24:17sur notre site,
24:19au moins en PDF,
24:20mais je crois qu'il en reste
24:20quelques exemplaires.
24:21Numéro 2020,
24:23le numéro 184,
24:24Surpopulation, la menace.
24:26Je vous dis à dans...
24:28Ben non, c'est Patrick Luzinky
24:29qui, dans deux mois,
24:32sera ici dans les studios
24:33pour vous présenter
24:34une nouvelle édition
24:36de cette année-là.
24:38Et sinon,
24:39nous vous retrouvons
24:40dans un mois exactement
24:41pour le plus d'éléments.
24:43Merci à vous.
24:44Bonsoir chez vous.
24:45Sous-titrage Société Radio-Canada
24:46Sous-titrage Société Radio-Canada
24:47Sous-titrage Société Radio-Canada
24:48Sous-titrage Société Radio-Canada
24:48Sous-titrage Société Radio-Canada
Commentaires

Recommandations