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  • il y a 3 mois
"Cette année-là", l’émission d’Éléments sur TVLibertés, revisite 1981 : une date charnière, non seulement celle de l’élection de Mitterrand, mais aussi celle d’un grand colloque de la Nouvelle Droite, tenu le 17 mai. À l’ordre du jour : la cause des peuples. Plus de quarante ans plus tard, ce thème est plus que jamais d’actualité. De l’insurrection des drapeaux aux soulèvements populistes, c’est bien le retour des peuples qui marque notre époque. Pourquoi cette colère ? D’où vient-elle ? Jusqu’où ira-t-elle ?

Autour de Patrick Lusinchi, directeur artistique d’Éléments, François Bousquet, directeur de la rédaction, Daoud Boughezala et Christophe A. Maxime décryptent les ressorts de cette révolte.

Le rendez-vous musclé et impertinent du magazine des idées.
Pour commander Éléments : https://www.revue-elements.com/

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Éducation
Transcription
00:00Bonjour à tous, bienvenue dans ce nouveau numéro de Cette année-là.
00:20C'est une année importante, c'est l'année 1981.
00:25Et pour présenter cette année-là, j'ai le plaisir d'avoir François Bousquet avec moi.
00:32Bonjour messieurs.
00:32Bonjour François.
00:33Christophe, vous allez nous en parler là, l'année 80 ?
00:35Oui, bien sûr, bonjour à tous.
00:36Et Daoud Borghozala.
00:38Bonjour.
00:38Bonjour Daoud.
00:40On vient en 1981, alors là on ne va pas parler d'un numéro d'éléments,
00:45mais en fait d'un acte de colloque qui était le système contre les peuples.
00:49Le système contre les peuples.
00:51Et c'était un acte de colloque prestigieux.
00:55Il y avait Alain de Benoît, Pierre Vial, Guillaume Fay, toute la clique.
00:58Et c'était en 1981, c'était juste avant les élections, je crois.
01:03Alors, vous avez raison, c'est précisément ce colloque.
01:05Est-ce qu'ils sont disponibles sur le site, ces actes de colloque ?
01:07Alors, ils sont disponibles, mais en PDF.
01:10Très bien, oui, bien sûr.
01:12Alors, précisément, c'est le 17 mai des 81, ce colloque, donc sur la cause des peuples, en gros.
01:16Voilà, la cause des peuples, exactement.
01:17Voilà, effectivement, on a l'habitude dans cette année-là de prendre plutôt le prétexte, si je peux dire, d'un numéro.
01:21Alors, ce n'est pas un numéro, c'est ça, que de colloque qu'on peut consulter.
01:26Alors, c'est juste après le deuxième tour des...
01:29C'est juste après, oui.
01:30Oui, parce que, alors, je vous fais un petit panorama, on va commencer par un panorama politique.
01:34Mitterrand est élu le 10 mai, c'est juste avant.
01:38Donc, qu'est-ce qui se passe, effectivement, c'est l'élection de Mitterrand ?
01:39Aux Etats-Unis, nous avons l'investiture de Reagan.
01:43L'actualité internationale, elle est assez chargée, elle nous rappelle un peu notre période actuelle.
01:48Donc, beaucoup de désordres au Moyen-Orient.
01:50Il y a l'assassinat du président égyptien Sadat, personnage étonnant, étrange, un peu complexe,
01:56qui avait été pris Nobel de la paix un peu avant, en 1978.
01:59Alors, je continue avec le Proche-Orient, parce que, en fait, les problèmes perdurent.
02:04Il y a toujours l'éternelle guerre au Liban, avec des interventions d'Israël au sud-Liban,
02:13tandis que la Syrie est en conflit avec, en fait, les armées de Gemaïel.
02:19Nous sommes également toujours en plein conflit Iran-Irak.
02:21Je reviens en Israël, si je puis dire, puisque c'est l'élection, je crois, de Begin,
02:26qui, lui aussi, fout un peu le désordre au Liban, etc.
02:33Mais on est toujours dans des ordres qui nous parlent à l'heure actuelle.
02:37Je reviens en Europe.
02:38En Europe, c'est les problèmes de Pologne.
02:40Nous avons eu le tas de sièges en Pologne, suite au mouvement de Solidarnosc.
02:44Donc, c'est Jaruzelski qui, finalement, ont porté des petits badges.
02:48Absolument.
02:48C'est en fin d'année, ça.
02:50Qu'est-ce qu'on peut dire d'autre ?
02:51En Europe, nous avons, notamment, le 5 mai, qui est l'anniversaire, peu importe,
02:55c'est la mort du militant Bobby Sands, en Irlande du Nord, avec énormément d'émeutes.
02:59D'une façon plus légère, vous avez, chez leur colomb, si je puis dire,
03:04le mariage de Lady Di avec le prince Charles.
03:06Important, aussi.
03:07Voilà.
03:07Donc, le contexte politique assez chargé, symboliquement.
03:10Et puis, de façon plus légère, qu'est-ce qui se passait en 1980 ?
03:15C'est le début de 1980.
03:16En musique, on pouvait écouter quoi ?
03:17Alors, on pouvait écouter Kim Carnes et Kim Wilde.
03:20On écoutait Bachung.
03:21On écoutait Chanfort.
03:22Herb et Léonard.
03:23Sardou était en plein boom.
03:26Pour les nostalgiques un peu plus New Wave, on avait OMD.
03:31Les Sparks, Visage, Phil Collins, Police.
03:34Donc, voilà.
03:34C'était la musique de l'époque.
03:36En matière de cinéma, alors, quelques films pour se souvenir.
03:39On avait le très beau choix des armes de Corneau.
03:42Nous avons eu Garde à vue de Claude Miller.
03:47Je crois que La Palme d'Or, on en revient à la Pologne.
03:50C'est le film de Vajda, qui est l'homme de fer, qui parle de ces événements-là.
03:53Qui a disparu.
03:54Enfin, je veux dire, je ne sais pas.
03:55Vous l'avez vu ?
03:56Ouais.
03:57Non.
03:58Depuis son catine, mais qui doit ses vieux de dix ans, je pense, le catine.
04:01Qui est génial.
04:02Oui, oui.
04:02Comme le Danton, il est phénoménal.
04:04Oui, absolument.
04:05Enfin, le Danton, vous savez que c'est une commande française.
04:08Ouais, mais néanmoins, c'est tiré d'une pièce polonaise.
04:11Ouais, ouais.
04:11Et c'est un des grands classiques du théâtre polonais.
04:15Ouais, voilà.
04:16Et puis, dans un contexte plus franco-français de cinéma, vous avez Bebel et Delon qui jouent
04:22au producteur, au réalisateur, qui s'affrontent l'un dans Le Professionnel, Le Lautner, qui
04:25est un film assez rigolo.
04:27Et puis, pour la peau d'un flic.
04:28C'est très bien.
04:29Ouais.
04:30C'est l'un de ces derniers...
04:31Quelques livres pour Clore, cette année 80.
04:35Le Goncourt, en fait, est attribué à Lucien Baudard pour Anne-Marie.
04:39Ça fera plaisir à notre amie animateur Olivier François.
04:41C'est bien.
04:42Qui est un grand spécialiste de Baudard.
04:43C'est un très beau livre, Anne-Marie, sur son enfance...
04:45Indochinoise.
04:46Indochinoise, absolument.
04:48Voilà.
04:48Et puis, quelques titres.
04:49Raspail, en 80, sort, Mont-Antoine de Tounins.
04:52Oui.
04:53Tounins, roi de Patagonie.
04:54Vous avez quelqu'un que j'aime beaucoup, qui s'appelle Jean-Luc Curtis, qui fait
04:57Le Battement de Coeur.
04:58Et puis, on va le citer, parce que c'est un très bon livre, le livre sur Béconne
05:04de Deleuze.
05:06D'accord.
05:06Je collo avec ça.
05:07Bon, ben voilà.
05:08Très bien.
05:09Donc, ce colloque qui était sur les systèmes contre les peuples, dans son introduction,
05:15c'est Guillaume Fay qui disait « Le grand conflit des temps à venir ne posera plus le
05:19capitalisme au socialisme, mais l'ensemble des forces nationales, culturelles et ethniques
05:23à la machine occidentale qui substitue au territoire, ses zones, aux souverainetés,
05:29ses régulations économiques ». François, quand on voit les manifestations anglaises,
05:37quand on voit dans un autre genre, on en parlera des révoltes en France, on dit « mais
05:43c'est ça en fait, c'est le système en face de lui des peuples qui sont en train de
05:50se révolter ».
05:51Oui, la nouvelle droite, en général, et Guillaume Fay, là pour le coup, en particulier,
05:55ont vu assez juste, c'est assez prémunitoire.
05:57Alors, on fera valoir que cette révolte des peuples est ancienne, qu'elle traverse l'histoire
06:01au long cours.
06:03Rappelez-vous, 1830, le printemps des peuples, là on a plutôt le sentiment que c'est le
06:07crépuscule des peuples européens, plutôt que ce printemps.
06:11Moi, j'ai en tête quelqu'un qui est proche de notre courant de pensée, c'est la révolte
06:14des peuples jeunes de Moller-Bandenbrück, contrairement à ce qu'on croit, c'est tout
06:18sauf un nazi, mais c'est le mentor de la révolution conservatrice.
06:21Il semblerait que ce soit plutôt la révolte des boomers, des Nicolas Kippé, des peuples...
06:27Mais néanmoins, il y a une révolte, donc on a vu juste, et en effet, le curseur s'est
06:31déplacé, la polarisation s'est déplacée.
06:33On est sortis du schéma socialisme, collectivisme, contre-capitalisme, enfin le capitalisme
06:37est toujours là, cela étant dit.
06:39Mais cette polarisation, on la retrouve les peuples partout, les peuples occidentaux, c'est-à-dire
06:43la fois européens et nord-américains, se révoltent contre leurs élites, contre le
06:48gouvernement mondial, contre la machine de l'organisation mondiale de commerce.
06:54Simplement, ces peuples, en tout cas en France, n'arrivent pas à triompher du système.
07:01J'ai même le sentiment qu'en Europe, exception faite de l'Italie, de Mélonie et de l'Europe
07:05de l'Est, mais l'Europe de l'Est a un cas à part, très précisément, parce que c'est
07:08un continent qui a été dans le glacis soviétique pendant un demi-siècle.
07:13Donc je parle de l'Europe de l'Ouest, exception faite de l'Italie et de l'Amérique, des
07:17Etats-Unis.
07:17J'ai l'impression que cette révolte des peuples contre le système ou les systèmes,
07:21mais appelons-le le système avec un S majuscule, j'ai tendance à définir le système
07:25comme expression plurivoque d'une pensée univoque, ce qu'on appelle nous à Nouvelle
07:28Droite la pensée unique.
07:29Donc on vient de sortir du reste un hors-série sur la pensée unique, un concept qui a
07:32été porté par Alain de Benoît.
07:33Et j'ai le sentiment que les peuples échouent à renverser ce système.
07:40Vous évoquiez le cas anglais.
07:41Le cas anglais, moi, m'attriste plus lourdement que le cas français et continental, pour tout
07:47vous dire, pour ne rien vous cacher.
07:49Je n'ai pas un amour fou de l'Union de Jacques, de ce drapeau, mais quand même néanmoins
07:53le fait que l'an dernier, après les émeutes raciales, c'est le seul pays en Europe
07:58où il y a des émeutes vraiment autant et moins raciales, à 20 ans d'intervalle, c'est
08:02l'Angleterre.
08:02Donc ça constitue un cas à part avec les Américains.
08:04Il n'y a pas d'émeutes raciales, on va en parler en tout cas de blancs contre les
08:08Noirs ou contre les extra-européens.
08:11Il y a ça en Angleterre.
08:12Et j'ai souvenir que les malheureux, les malheureux prolos, la working class blanche
08:17ouvrière britannique qui brandissait l'Union de Jacques, qui est le drapeau le plus
08:21fameux au monde.
08:22Ça peut me désoler, je préférais que ce soit le drapeau français ou un drapeau
08:27continental.
08:28Vous avez remarqué qu'il y avait l'Union de Jacques, mais il y avait aussi le drapeau
08:30anglais, c'est-à-dire la croix de Saint-Georges.
08:34Néanmoins, les deux drapeaux étaient interdits, si vous vous rappelez.
08:37Il y a même les policemen ramassés, c'est-à-dire arrêtés, les Anglais qui brandissaient.
08:45John Bull, il faut rappeler, c'est John le bœuf.
08:48L'Angleterre a été... C'est John le bœuf pour moi, l'Angleterre.
08:52Ce ne sont pas des blagues, c'est qu'on a castré l'Angleterre comme aucun pays en Europe
08:56n'a été castré.
08:57Donc le cas anglais est vraiment dramatique.
08:59Cette révolte est désespérée, je pense.
09:03Elle est vouée à l'échec.
09:04Je suis désolé d'avoir à le dire.
09:06Londres est grand remplacé dans des ordres de grandeur que nous ne connaissons pas en
09:10France.
09:11Et c'est la protestation.
09:12Alors on va voir ce que fait Farage, ce que fait Tommy Robinson.
09:16J'espère qu'on l'aura dans l'élément un jour.
09:17On y travaille.
09:18Je parle de Tommy Robinson.
09:20Sa manifestation est une première.
09:23Il faut savoir qu'en Angleterre, il n'y a pas d'équivalent politique.
09:26Certes, il y a Réformucca de Farage, mais électoralement, c'est quand même...
09:30Qui était plutôt hostile à cette manifestation.
09:32Oui, mais même, il était hostile au départ à Tommy Robinson.
09:36Donc on pense que c'est une personne qui était trop clivante parce qu'elle vient
09:38de l'English Defense League, parce qu'il est passé par la case prison.
09:41Mais néanmoins, les cordons de la bourse sont tenus par Elon Musk.
09:44Et Musk financera Réformucca s'il y a Tommy Robinson.
09:48S'il n'y a pas Tommy Robinson, l'argent de Musk va assécher le...
09:51C'est pour évoquer le cas anglais.
09:53C'est que l'Angleterre n'a pas de représentant politique.
09:56Alors certes, vous ferez valoir que la France en a un, l'ERN, mais qu'il est condamné
10:00à l'impuissance.
10:01Et qu'il n'a pas de perspective de pouvoir, en tout cas, jusqu'au jour d'aujourd'hui.
10:04Peut-être qu'en 2027, il aura enfin une perspective de pouvoir.
10:06Mais au moins, les classes populaires, les classes périphériques, les classes moyennes
10:10françaises ont un représentant politique.
10:13En Angleterre, elles sont orphelines.
10:14Elles sont orphelines à telle enseigne qu'un scandale pour moi aussi absolu que les
10:20viols de masse. J'ai pris l'habitude de rappeler des chiffres.
10:23On n'ose pas dire les chiffres.
10:24Moi, quand je travaille pour éléments sur le sujet, je ne blague pas.
10:27J'ai l'impression que je suis submergé par le nombre de viols que je découvre.
10:31Je n'ose pas dire dans le papier d'éléments qu'il y en a 100 000.
10:34Or, depuis, j'ai découvert qu'une députée travailliste, Sarah Champion, en 2015,
10:38elle disait qu'il y avait un million de filles violées.
10:40Un million.
10:41Donc, l'Angleterre est totalement sinistrée.
10:43De première puissance mondiale, elle s'est effondrée sur elle-même.
10:45Comme nous-mêmes, je veux dire.
10:47Simplement, nous, on a un débouché politique.
10:49Certes, sans verser du pouvoir, mais au moins, on a un débouché politique qui tient
10:52lieu d'exutoire.
10:53En Angleterre, il n'y a pas cet exutoire-là.
10:55Cela étant dit, après, j'en ai fini, moi, je reviens à l'idée de révolte des
10:59peuples jeunes.
11:01Ou de printemps des peuples.
11:02Nous, c'est l'automne des peuples.
11:04Je crois qu'on a la conscience.
11:06Tous les peuples européens et américains ont un sentiment de déclassement
11:08qui n'est pas seulement un sentiment de déclassement économique.
11:11Moi, j'insiste, pour nous, Nouvelle-Droite, c'est que, n'oublions pas, nous, on a une
11:14lecture très sociale des conflits.
11:18Les gueux, etc.
11:19Mais c'est un déclassement symbolique.
11:21Les Européens subissent un déclassement symbolique.
11:24C'est ça, d'abord.
11:25C'est un déclassement statutaire qui nous rogne et dévore de l'intérieur.
11:30Donc, c'est une révolte pour sa survie.
11:33C'est une révolte parce qu'il y a un sentiment de submersion.
11:36Finalement, Christophe évoquait la partie patagonienne des romans de Jean Rasmail.
11:43Mais il y a une autre partie, c'est celle des Piekendorf, qui est l'aristocratie européenne,
11:47qui sont les grandes dynasties européennes.
11:48Il y a un sentiment chez nous d'arriver à, comme dirait Mathieu Kazovitz,
11:53j'en suis presque confus d'avoir à le citer,
11:55mais on a le sentiment inconsciemment qu'on arrive au bout de course.
12:00Lui, il parle de fin de race, donc je n'oserais pas assumer ce terme-là.
12:02Mais simplement, c'est une révolte désespérée, me semble-t-il.
12:06Je ne sais pas ce que vous en pensez, messieurs.
12:08Il y a eu cette idée au 10 septembre qui était, je trouve, une bonne idée,
12:13qui allait vraiment dans cette révolte qui était le bloquons-tout,
12:16mais qui était un côté très symbolique.
12:18Au départ, c'était bloquer l'économie française, dire on ne fait rien,
12:22on ne consomme plus, etc., pour montrer qu'on existe.
12:25Et la gauche s'est retrouvée à récupérer...
12:29C'est un grand classique, parce que bloquons-tout,
12:31fondamentalement, bloquons-tout, ça n'a pas fonctionné.
12:33Moi, j'ai des images en tête.
12:34Non, ça n'a pas fonctionné, mais parce que ça a été récupéré par une partie de la gauche.
12:37Parce que tout est vampirisé par la gauche, gilet jaune inclus.
12:40Alors, gilet jaune avec un temps de retard assez important de trois mois,
12:44rappelez-vous, Martinez, la CGT, etc., était au départ très hostile.
12:48Alors que là, le 17 octobre, ils l'ont récupéré tout de suite.
12:51Immédiatement.
12:51Simplement, rappelez-vous, j'ai eu pas mal de vidéos sur X,
12:54de gens exaspérés, classe moyenne, pour le coup, citadines,
12:58exaspérés par les blocages de rue,
13:00voire même des populations immigrées,
13:02ou peut-être françaises, de papiers,
13:04techniquement peut-être françaises, mais en tout cas d'origine immigrée,
13:06qui étaient exaspérés par ce blocage.
13:09Moi, je pense qu'il y a aujourd'hui une usurpation de la révolte
13:11par une gauche pseudo-révolutionnaire.
13:14J'ai tendance à parler d'usurpation d'identité, de leur part.
13:17C'est qu'il se joue la comité de la révolution.
13:19J'entends avec impatience.
13:20Alors, malheureusement, il n'y a pas eu de comparution...
13:22Enfin, si, il y a eu des comparutions immédiates.
13:24Après le 10 septembre, pour les gens qui étaient placés en garde à vue,
13:26mais on n'a pas pu...
13:27Le procès aura lieu, a été repoussé de plusieurs mois.
13:30Donc, ils ne seront pas condamnés.
13:31Mais on n'a pas pu avoir accès à leur état civil et à leur sociologie.
13:34Mais rappelez-vous, moi, j'ai toujours été frappé,
13:36le 1er mai 2018, par la sociologie des manifestants et des black blocs.
13:39C'était une sociologie progressiste.
13:43Fils de patron du CNRS.
13:45Une nana qui est arrêtée, son père est directeur de banque.
13:48Donc, franchement, les gens qui connaissent bien les black blocs
13:51me disent que ce n'est pas tout à fait le cas.
13:53Il y a énormément de punk à chien, il y a énormément de cassos.
13:55Il y a beaucoup d'immigrés, désormais, parmi les antifas.
13:58Pour autant, les gens qui sont les plus mobiles, les plus efficaces,
14:01c'est néanmoins une sociologie CSP+.
14:02Donc, j'insiste là-dessus.
14:04C'est une comédie de la révolution.
14:05Daoud, la gauche, c'est un peu l'idiot-utile du capitalisme.
14:10En fait, ça les arrange d'avoir des gauchistes dans la rue ?
14:14Oui, et en même temps, c'est une de nos marottes.
14:17Et en même temps, il y a aussi un parti de l'ordre.
14:19Enfin, dans ce que dit François, j'ai l'impression qu'on est toujours dans le théâtre.
14:22Enfin, 1848, où il y a même Retailleau, ou 1870,
14:26où on peut, face à la contestation sociale légitime,
14:31que ce soit une révolte contre l'immigration
14:33ou contre le déclassement des classes moyennes,
14:36qui, en fait, forment un tout,
14:37on peut toujours aussi avoir une réponse strictement sécuritaire.
14:41Et finalement, oui, c'est un jeu à somme nulle
14:43entre le black bloc et, de l'autre,
14:46une répression telle qu'on l'a vue pendant les Gilets jaunes,
14:49très brutale.
14:51Et finalement, oui, ça ne fait pas avancer le schmilblick.
14:53Et on est face à un continent, on le dit souvent,
14:56en dormition,
14:58ou totalement en déclin objectif,
15:01qui, comme dirait Poutine,
15:03devient la colonie de ses ex-colonies.
15:06Là, il pense à la France,
15:08mais c'est encore plus vrai de l'Angleterre.
15:10Et Bernard Lugan.
15:12Oui.
15:12Comment la France est devenue la colonie de ses colonies ?
15:14Oui.
15:15Il a un écho moins...
15:18Oui, oui, oui.
15:19On en parle moins souvent sur LCI.
15:20Et donc, pour revenir au système à tuer les peuples,
15:23qui est une expression à Foy du Grèce et de Guillaume Fay,
15:25en fait, en 1981,
15:28finalement, il y a un côté avant-gardiste,
15:29puisque, entre-temps, le mur de Berlin est tombé.
15:33Finalement, l'occidentalisme s'est retourné contre l'Occident,
15:36où il n'y a plus de frontières.
15:38Et par rapport à ce que disait François
15:40sur l'absence de débouchés politiques,
15:43il y a un auteur bulgare que j'étudie un peu en ce moment,
15:45qui est Ivan Krastev,
15:46où il explique que ce qu'on voit tous en Europe,
15:49c'est-à-dire que les citoyens ont le sentiment
15:52qu'ils peuvent changer les gouvernants, leurs politiques,
15:56mais finalement, les politiques de fond ne changent pas,
15:58que ce soit sur les migrants, l'économie,
16:00même l'exemple de Mélonie que vous donniez
16:03est plus que discutable,
16:05y compris sur l'immigration.
16:06Jusqu'à un certain point.
16:07Jusqu'à un certain point, oui.
16:08Voilà, on a l'impression que même
16:09ce qu'on appelait les droites radicales,
16:11en fait, exerce une pure fonction tribunicienne
16:14et que, finalement, il n'y a pas vraiment d'alternance.
16:16Alors, il y a le cas Trump.
16:19Les sondages aux Etats-Unis montrent
16:21que la question migratoire n'est plus centrale,
16:23parce que, depuis quelques mois,
16:24Trump a asséché les flux.
16:25Là, pour le coup, il y a une réelle efficacité.
16:27C'est-à-dire qu'il y a un effondrement,
16:28en tout cas, il y a un assèchement
16:29d'arrivées de migrants aux Etats-Unis.
16:32Et le mouvement est tellement fort
16:34que les sondages le traduisent déjà.
16:36Je veux dire, c'est la préoccupation centrale
16:37des Américains, des électeurs de Trump,
16:39qui par le passé,
16:41sur la question de l'Occident,
16:44moi, j'introduis une toute petite nuance.
16:45C'est l'Europe.
16:46Ce n'est pas l'Occident.
16:47Je veux dire, l'Occident,
16:49avec les pays de l'OCDE, si vous voulez,
16:51certes, s'écroule,
16:52parce que l'Europe s'écroule.
16:53Mais moi, je n'ai pas le sentiment,
16:55dans des plaises à Emmanuel Todd,
16:57et à beaucoup de collaborateurs
16:58et contributeurs d'éléments,
16:59que l'Amérique est en train de s'effondrer.
17:01Je n'ai pas ce sentiment-là.
17:02Alors, certes, quand je vois les images...
17:03Mais on pourrait dire aussi
17:04que l'Amérique s'est retournée
17:05contre l'américanisation du monde.
17:06C'est une lecture du Trumpiste, aussi.
17:08Évidemment, évidemment.
17:08Il est des isolationistes.
17:09Le monde qu'on a créé post-45,
17:12finalement, a créé une société
17:14totalement désolée,
17:16y compris en notre sens.
17:17Les classes moyennes sont paupérisées.
17:19On devient des victimes
17:19de la mondialisation.
17:21Les frontières sont grandes ouvertes.
17:22Et Trump, en quelque sorte,
17:24est une sorte de révolte américaine
17:26contre l'américanisme.
17:26Simplement, permettez.
17:28Cette révolte, elle est ancienne
17:29aux États-Unis.
17:30Parce que le wilsonisme, en réalité,
17:31cette puissance,
17:32l'évangile américain,
17:34l'idée que l'Amérique,
17:36un projet messianique pour le monde,
17:37traverse le récit
17:39de l'histoire américaine
17:39au long cours.
17:40Et l'Amérique est traversée
17:42par une alternance
17:42de présidents jacksoniens,
17:44plutôt Trump, en réalité.
17:46C'est déjà Jackson,
17:47c'est déjà Trump,
17:48donc replié sur soi, etc.
17:51Mais oui, oui,
17:52c'est l'Amérique
17:54des plus porteuses,
17:54étonnamment, aujourd'hui,
17:55d'un messianisme américain
17:57qui a pu être celui
17:58au XXe siècle
17:59et contre lequel, nous,
18:00nouvelle droite,
18:00nous nous sommes élevés
18:01et battus.
18:01En fait, on a l'impression
18:02que c'est l'Europe
18:03qui essaye de porter
18:05les derniers germes
18:06d'un internationalisme,
18:07d'un américanisme
18:10sans Amérique,
18:11y compris étant plus
18:12atlantiste que le roi
18:13sur des pays comme l'Ukraine.
18:16Et en se suicidant.
18:17Parce que l'Europe,
18:19vraiment,
18:20l'homme malade,
18:21aujourd'hui,
18:21ce n'est plus
18:22l'Empire ottoman
18:22d'il y a 150 ans
18:24ou 200 ans,
18:25l'homme malade,
18:26c'est notre continent.
18:27C'est la partie
18:28ouest européenne
18:29de notre continent.
18:30C'est nous
18:30qui sommes malades.
18:31Parce que nous avons théorisé,
18:32moi, je reviens
18:32à quelqu'un
18:34que nous avons interviewé
18:35dans le numéro
18:35en cours, là,
18:37qui est en kiosque,
18:38qui est Peter Slaughterjik,
18:40qui montre
18:40comment l'Europe
18:41se suicide géopolitiquement
18:43parce qu'elle est portée par...
18:44Elle pense que sa culpabilité
18:45est une vertu.
18:47Donc, elle n'assume plus
18:47des politiques de puissance.
18:48Elle est en train
18:49de théoriser en permanence
18:50son impuissance.
18:50Donc, c'est le décrochage.
18:51Peut-être que les peuples
18:52européens
18:54se révoltent aussi
18:55contre ça.
18:56Contre ce sentiment
18:57de déclassement,
18:58là, pour le coup,
18:59géopolitique.
18:59Et non plus seulement
19:00national.
19:02Il y a aussi
19:03une question sous-jacente
19:04à ce que vous disiez.
19:05Lorsque vous voyez,
19:06des peuples jeunes,
19:07c'est presque...
19:08On le sent, j'ailleurs,
19:09c'est la question démographique.
19:10Ce n'est pas une notion
19:11que l'Europe soit un...
19:12On est vieux.
19:13Un pays de vieux,
19:14y compris l'Europe de l'Est
19:15qui se dépeupe.
19:16Oui, oui.
19:17Et d'autres pays...
19:18La France n'est pas seulement
19:19un vieux pays.
19:21C'est un pays de vieux.
19:22L'Europe n'est pas seulement
19:23un vieux continent.
19:24C'est un continent de vieux.
19:25Et c'est un fait
19:26que ça joue.
19:26Cela étant dit,
19:27on est rattrapé...
19:27C'est un continent incontinent,
19:29tu veux dire ?
19:29Oui.
19:30Frappé d'incontinence
19:31qu'on nous pardonne.
19:33Mais on n'est pas les seuls,
19:34cela étant dit.
19:37Le grand vieillissement,
19:38pour reprendre le titre
19:39d'un livre récent
19:40qui fait écho
19:42au grand emplacement,
19:43est un phénomène
19:44assez globalisé
19:44qui affecte la Chine,
19:46le Japon,
19:46d'autres pays
19:47que cette question européenne.
19:50Pour revenir à cette idée
19:51de révolte des peuples,
19:53elle est partout.
19:53C'est un fait
19:54qu'elle est partout.
19:55Je ne veux pas envoyer
19:56des signaux trop négatifs.
19:58Mais exception faite
19:58de l'Italie,
20:00la révolte,
20:01les minoritaires en Espagne,
20:02au Portugal,
20:04le cas allemand
20:04est fascinant
20:05parce que c'est tué
20:07dans l'œuf,
20:07pour des raisons constitutionnelles.
20:09Oui, ils sont en train...
20:10Rappelez-vous,
20:11Pégida,
20:12ça a débouché sur rien.
20:13Les plus grosses manifs
20:14en Allemagne,
20:15les plus grosses manifs,
20:16c'est les manifs anti-AFD.
20:19L'Allemagne pose un cas particulier
20:21au sein de l'ensemble européen.
20:24C'est que, oui,
20:25il y a une révolte des peuples,
20:26plutôt à l'Est qu'à l'Ouest.
20:29Mais cette révolte des peuples
20:30produit, en quelque sorte,
20:33son antidote,
20:34si je puis dire.
20:35C'est une révolte
20:36contre l'AFD.
20:37Le nombre,
20:38la centaine de milliers d'Allemands
20:39qui ont défilé
20:40à plusieurs reprises
20:41pour faire interdire à l'AFD.
20:42C'est des centaines de milliers.
20:44Ce n'est pas sur YouTube,
20:45ce n'est pas sur Twitter
20:46ou sur X,
20:46c'est dans les rues.
20:50En fait,
20:50le paradoxe,
20:51c'est que l'Angleterre,
20:52qui n'a pas de représentants
20:53et de partis puissants
20:55qui le représentent,
20:56sont capables...
20:58Parce que,
20:58sincèrement,
20:59le nombre de gens
21:00ont dit
21:00que ce n'était pas grand-chose,
21:02mais en Angleterre...
21:02C'est colossal.
21:03C'est colossal
21:04de se réunir à Londres
21:06comme ça,
21:06sur un mot d'ordre
21:07d'un jeune...
21:08De Tommy Robinson.
21:09De Tommy Robinson.
21:11C'est marrant
21:12qu'en France
21:13ou en Allemagne,
21:13les partis
21:14font des scores
21:16et sont incapables
21:17d'amener les gens
21:18dans l'heure.
21:18En Allemagne,
21:19il y a eu Pegida.
21:20Tous les soirs,
21:21pendant ces vieux de 10 ans,
21:22je ne sais plus,
21:23ou ça doit être après le 2015.
21:25C'était l'époque
21:25où il n'y avait pas de parti...
21:26Il n'y avait peut-être pas l'AFD.
21:28Je ne sais plus si ça concerne.
21:29Quasiment pas.
21:30Oui, ok.
21:30Et en France,
21:32non, il n'y a pas...
21:32En France,
21:33on l'a eu pour les gilets jaunes.
21:35La rue est monopolisée
21:36par la gauche.
21:37Ce qui a manifesté
21:38au moment des gilets jaunes,
21:39c'est la route.
21:40Ce n'est pas la rue.
21:41C'est deux choses différentes.
21:42C'est les gens manifestés
21:43en voiture,
21:43au rond-point.
21:44C'est la route,
21:45pas la rue.
21:45Et le week-end.
21:47Et le week-end.
21:48Il travaille en semaine.
21:50C'est pour ça
21:50qu'on a une impression,
21:52on a une vision,
21:54il y a une distorsion,
21:56une vision distordue
21:58de la révolte populaire
22:00en France.
22:00C'est qu'elle n'est pas populaire.
22:03Alors si,
22:04on me dira que sociologiquement,
22:05c'est populaire.
22:06C'est les syndicalistes cheminots
22:08ou des gens à Sud
22:09ou à CGT.
22:10Ils ne gagnent pas des millions,
22:11je ne vais pas rêver,
22:12ils ne gagnent pas des milliards.
22:13Ce n'est pas des riches.
22:15Mais cela étant dit,
22:15c'est quand même des gens
22:16qui sont statutairement protégés.
22:17Des professionnels de la contestation.
22:19Voilà, oui.
22:19Pour beaucoup d'entre eux,
22:20des premiers à la contestation,
22:21en tout cas à Sud
22:22et chez les délégués syndicaux
22:23qui vivent de ça.
22:25Pas le...
22:25Pas le contrôleur moyen.
22:29Je veux dire,
22:29pas le...
22:30Marine Le Pen
22:33fait à Paris même
22:35où elle fait un score
22:36résiduel,
22:38dérisoire,
22:38c'est Epsilon.
22:40Fait après,
22:41rappelez-vous,
22:41l'exécution provisoire
22:43de son légibilité,
22:44une manif qui ne réunit personne.
22:45Parce que la France périphérique
22:46n'a pas l'habitude
22:47de manifester.
22:48Elle ne manifeste pas.
22:49Ce sont des puceaux
22:50de la manifestation.
22:51On avait vu
22:52avec les gilets jaunes.
22:53C'était fascinant les gilets jaunes.
22:54Pour une première fois,
22:55ils osaient salariés du privé.
22:57Le week-end,
22:57que le week-end,
22:58bloquaient l'accès
22:59au centre commercial.
23:01Bon, écoutez,
23:03je pense qu'on va...
23:04On va terminer là-dessus.
23:07Alain de Bedouin,
23:08dans un de ses textes,
23:09parlait d'un...
23:11On parle des droits de l'homme,
23:12il parlait d'un droit des peuples.
23:15C'est peut-être là...
23:16Aujourd'hui,
23:17ce qu'il faut sauver,
23:18c'est les peuples.
23:18C'est les peuples.
23:19De toute façon,
23:19on retombe sur le même sujet.
23:20C'est la question
23:21du libéralisme
23:22et de l'illibéralisme,
23:24du jeu et du nous,
23:25des droits de l'homme
23:26ou les droits des peuples.
23:28On retombe sur des querelles
23:29du XIXe siècle.
23:30Si vous regardez attentivement,
23:32Printemps des peuples en 1830,
23:34l'Entre-de-Règne à Varsovie,
23:36mais je pense que c'est en 48.
23:37À vérifier, je veux dire.
23:40Qu'est-ce que c'est 1830 ?
23:41C'est pour ça que c'est
23:42le Printemps des peuples.
23:43C'est la naissance
23:43du mouvement des nationalités.
23:44C'est les peuples
23:45qui se révoltent
23:46contre les empires centraux,
23:48l'empire austro-hongrois,
23:49l'empire ottoman
23:49et l'empire russe.
23:52Je crains qu'on n'en soit pas là.
23:54Pour autant, néanmoins,
23:55c'est en tout cas
23:57la voie qui est portée
23:58en France par le populisme,
23:59en France et en Europe,
24:00ou les conservateurs,
24:01mais surtout les populistes.
24:02C'est un cri de révolte
24:03des peuples.
24:04C'est un cri de révolte
24:05du nous contre le jeu.
24:06C'est le jury populaire
24:07qui aspire à reprendre le pouvoir
24:09contre la magistrature,
24:11contre les juges,
24:13contre le gouvernement des élites.
24:15Donc, il faut souhaiter
24:16que ces mouvements débouchent
24:17concrètement sur des actions politiques,
24:19programmatiques,
24:20porteuses d'avenir et d'espoir.
24:21On n'en est pas encore là.
24:22En tout cas, en France,
24:23on n'en est pas là.
24:24Et je crains que ce soit
24:24la même chose en Espagne,
24:26en Allemagne et en Angleterre.
24:28Encore que les élections
24:29en Angleterre
24:29vont montrer si Starmer,
24:32si la réforme du cas,
24:33est capable de se substituer
24:35à l'échec des conservateurs.
24:36Rappelez-vous,
24:37ils ont échoué en 2024.
24:39Ils ont été battus
24:40par les travaillistes.
24:40Est-ce que les populistes anglais,
24:44les frexiteurs
24:45sont capables
24:45de prendre le pouvoir
24:46et d'ouvrir et d'inaugurer
24:48un nouveau printemps des peuples
24:50qui ne soit pas
24:51un automne des peuples ?
24:52Voilà, on termine là-dessus.
24:54Et puis,
24:55si vous voulez en savoir plus,
24:56vous pouvez retrouver
24:57ce numéro de ce colloque
24:59en PDF sur le site.
25:00Autrement,
25:01vous pouvez retrouver
25:02notre numéro
25:03qui est en ciosque
25:04maintenant depuis
25:04facilement un mois
25:05et qui a un franc succès
25:07et qui a fait
25:08un petit scandale
25:08même avec cette couverture.
25:11Voilà.
25:12Je vous laisse.
25:13Bonjour chez vous.
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