00:00Bonsoir à tous et bienvenue à vous comme tous les dimanches, c'est votre rendez-vous avec Robert Ménard et
00:04puis nos éditeurs et réalistes dont Marie Chantret vont nous rejoindre pour poursuivre le débat.
00:09Un débat placé sous le signe de la liberté, liberté d'expression, liberté des médias, liberté des opinions. Bonsoir Robert
00:16Ménard.
00:17Bonsoir Madame.
00:18On a beaucoup de sujets à évoquer ensemble et je précise d'emblée que tout ce qui concerne les médias,
00:24les attaques contre les médias, nombreuses,
00:26le tout sera abordé en deuxième partie de cette émission, c'est votre liberté et vous avez insisté pour évoquer
00:31ces points.
00:32Mais tout d'abord, et c'est ce qui concerne le premier chef, les Français, on a donc appris que
00:36le gouvernement, Robert Ménard,
00:38va accepter une revalorisation anticipée du SMIC au 1er décembre, au-delà des 1 500 euros net, le gouvernement qui
00:45tente d'éteindre l'incendie social.
00:49Évidemment, ça peut aider peut-être les plus modestes, ça peut contribuer à relancer l'économie ?
00:54– Relancer l'économie, écoutez, ça va faire 30 euros, à peu près quelque chose comme ça.
01:00D'abord, bien sûr que tu as envie que les gens qui ont le moins d'argent, Dieu sait que
01:05j'en vois tous les jours chez moi,
01:06même 30 euros, ce n'est pas rien du tout.
01:09Alors bien sûr, ça pourrait être plus, mais le problème, c'est qu'on est dans des contraintes incroyables.
01:13Et surtout, moi, j'ai rencontré plein de PME.
01:15Chez moi, il n'y a pas de grandes entreprises, il y a des PME, mais comme à l'image
01:18de la France,
01:19dès que vous sortez des grandes villes, et les gens, les propriétaires des PME,
01:23vous savez qu'ils sont dans une… quand il y a 4 personnes qui travaillent, ou 10 personnes,
01:28et eux, pareil, c'est un peu les mêmes.
01:29Ils vous disent, mais même ça, je vais avoir du mal à y faire face.
01:34Alors ils vous disent quoi ? Ils vous disent, est-ce qu'on ne peut pas, en même temps,
01:38en même temps qu'une augmentation du public, baisser les charges ?
01:42Sinon, quel est le risque ? Risque pour certains de licenciements, d'augmentation du chômage ?
01:46Mais vous avez vu, le climat, ce n'est pas de l'amorosité, c'est du désespoir chez les gens.
01:51Et pas seulement des commerçants qui, le samedi, commencent à en avoir ras-le-bol de ce qui se passe.
01:56Mais aujourd'hui, la France, elle est comme en apnée.
01:59Je veux dire, tu attends, tout le monde attend ce qui va se passer dans 6 mois.
02:03Mais en attendant, tu fais tourner ta boîte, en attendant, tu payes les gens,
02:07en attendant, tu cherches des clients, en attendant, les clients, ils n'ont pas l'argent pour t'acheter,
02:11un certain nombre de choses, tu as l'impression que tout est au ralenti.
02:13Mais même les communes, moi, je vois ma commune, mais c'est pareil partout en France,
02:17je vous le dis tout de suite, comme on a tous moins d'argent, qu'est-ce qu'on fait
02:20?
02:20On investit moins. Quand on investit moins, qui c'est qui fait les investissements ?
02:25C'est les entreprises.
02:26Mais Robert Ménard, expliquez-moi, est-ce qu'on est en train de dire la vérité aux Français
02:29sur les conséquences, y compris d'une augmentation très, très minime ?
02:33Ah non, mais attendez, on ne leur dit pas la vérité, parce que si tu leur dis,
02:37tu parais pour un petit mec qui est rabougrié, tout ça,
02:41et que, attendez, c'est tellement plus facile, moi, je pourrais vous dire,
02:44allez, quoi, ça va faire un peu plus de 1 500, pourquoi pas 1 700 ?
02:48Pourquoi pas 2 000, tant qu'on y est ?
02:50On arrête avec ces conneries, on arrête avec ces promesses.
02:53Attendez, madame, ça fait à qui peut croire qu'aujourd'hui, avec la situation qu'on a...
02:57Monsieur le maire, vous venez de dire qu'avec une telle somme,
02:59on ne peut que survivre, d'ailleurs, avec une telle somme.
03:02Oui, on ne peut que survivre.
03:03Donc, aujourd'hui, si on veut augmenter, si on veut augmenter le salaire des gens,
03:08il va falloir diminuer les charges des entreprises,
03:11mais, si vous dénimez les charges d'entreprise, ça veut dire quoi ?
03:13Ça veut dire qu'il y a moins d'argent dans les caisses de l'État.
03:16Et les caisses de l'État, ce n'est pas un truc éthérique.
03:18Donc, ma question sur l'économie, est-ce que c'est un risque d'effondrement,
03:21alors qu'on doit aider les gens les plus modestes aussi,
03:24et d'ailleurs, pas seulement les plus modestes, même au-dessus du SMIC, attention.
03:27Bien sûr, parce que sinon, tu remontes le SMIC,
03:29et pas ceux qui sont juste au-dessus.
03:30Non, ça veut dire qu'il faut commencer par se dire
03:33qu'il va falloir faire des économies dans le train de vie de l'État.
03:37Si vous ne faites pas des économies dans le train de vie de l'État,
03:40vous ne pourrez pas supprimer à l'État encore un peu plus de recettes,
03:44parce que qu'est-ce que vous faites si l'État...
03:45L'État, ce n'est pas un monstre au-dessus de nos têtes, c'est nous.
03:49Quand il y a des charges, les charges que les entreprises payent,
03:52elles le pèsent pour tous les besoins sociaux de ce pays,
03:56pour faire vivre l'État.
03:57Vous ne pouvez pas me demander à moi, par exemple, d'augmenter les salaires des gens,
04:02je vais les augmenter, parce que ça concernera aussi les gens dans les villes,
04:05et en même temps me dire, tu vas investir plus.
04:08Ça ne fonctionne pas.
04:09Il va falloir faire tous des économies, les communes comme les autres.
04:12Donc pourquoi on tient un discours hémiplégique ?
04:15Oui, on va augmenter...
04:16Parce qu'on est en période électorale, enfin, vous n'êtes pas nés les dernières plus.
04:20Non, mais alors pourquoi on parle à certains comme à des enfants ?
04:22Et on va voir, justement, parce que les enfants se font interviewer maintenant dans les rues.
04:25Vous avez vu ça ?
04:26On va en parler, oui.
04:27Non, parce qu'on prend les gens pour des imbéciles.
04:30Le plus grand mépris qu'on a pour les Français depuis des années,
04:36la gauche paraît qu'une partie de la droite du même tour,
04:39c'est de se moquer des gens en leur faisant des promesses,
04:43dont on sait pertinemment...
04:46Vous croyez que dans six mois, la situation va être mieux.
04:49Vous croyez que dans six mois, quelqu'un va arriver et va dire,
04:51tiens, alors on va passer le SMIC à 1700 euros.
04:54Mais enfin, ce n'est pas vrai.
04:56C'est un mensongeauté et c'est mépriser les gens.
04:58Au fond, c'est dire...
05:01C'est dire quoi ?
05:02C'est-à-dire, les gens, c'est des gogos.
05:03Tu peux leur raconter absolument ce que tu veux.
05:06Ils vont tous gober et ils vont dire,
05:08ah, je vais voter pour celui qui me promet le plus d'argent.
05:10Mais tu sais très bien que ce n'est pas vrai.
05:12C'est pareil pour la retraite, quoi.
05:14Attendez, maintenant, il y en a à 60 ans.
05:16Moi, je vais la proposer à la retraite à 55 ans.
05:19Parce que je crois que les gens vont croire ça.
05:21Non, non, il faut arrêter de ça.
05:24Moi, je ne méprise pas les gens et je suis sidéré du mépris qui suende de tous,
05:30y compris de ceux qui se présentent comme les plus grands défenseurs des petits gens.
05:34Certains vous diront qu'en campagne présidentielle, malheureusement, c'est la norme.
05:38Mais oui.
05:39Enfin, attendez.
05:40Non, mais d'être dans la démagogie, pas dans le mépris, évidemment.
05:42Sauf que ça reste insupportable.
05:44Vous avez envie qu'on vous raconte n'importe quoi, qu'on vous raconte des cracks.
05:48Le problème, c'est que ce que je pense, c'est qu'il faut les mettre au pied du monde
05:51et chaque fois leur dire une question toute conne, toute simple.
05:55C'est très bien.
05:57On va augmenter le SMIC, ça va coûter ça.
05:59Ou on fait les économies.
06:00On demandera ça, oui.
06:01Et sur quoi ?
06:03Et pas, je vais le faire sur ceci, parce que tous les programmes, je les ai regardés,
06:06comme vous, les programmes.
06:08En gros, on diminue ce que ça va coûter et on augmente les économies qu'on va faire.
06:14Mais ce n'est pas vrai.
06:15Neuf fois sur dix, c'est des mensonges éhontés.