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Chaque week-end, Alice Darfeuille vous accompagne de 21h à 00h dans BFM Grand Soir.
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00:00Il est 21h47, vous êtes dans BFM Grand Soir, place à notre invité et cet entretien avec Fabien Roussel, candidat
00:07communiste à la présidentielle.
00:10Quelles sont ses attentes alors que le gouvernement va tenter de répondre politiquement à la colère sociale pour les lycéens
00:17sur le pouvoir d'achat ?
00:19Que demande-t-il ? Nous l'avons aussi interrogé sur ces quatre députés communistes qui ont finalement décidé de
00:25soutenir Jean-Luc Mélenchon pour la présidentielle.
00:29C'est un entretien réalisé, enregistré un peu plus tôt dans l'après-midi avec Laura Bacca, Clément Grenonnier, Benjamin
00:37Danon et Pauline Nison.
00:39Bonjour Fabien Roussel.
00:41Bonjour Alice Darfaux.
00:42Merci de nous recevoir au siège du Parti communiste à Paris.
00:45Vous, candidat à la présidentielle, vous dites vouloir mener une campagne heureuse, je vous cite.
00:53Mais est-ce possible dans un pays franchement si fracturé et si tendu ?
00:59C'est une manière de dire que je refuse les discours déclinistes, catastrophiques, guerriers ou à tous mourir à cause
01:10du climat, des guerres et des difficultés que l'on connaît.
01:13Ce n'est pas les nier. C'est une manière de dire aussi que l'on a plein d'atouts,
01:18plein de forces, plein d'énergie, une jeunesse qui a envie d'apprendre, qui a envie de s'engager pour
01:23le climat, qui conteste la guerre.
01:26Et donc voilà. La campagne heureuse, c'est une manière de dire que l'on peut bâtir une France heureuse.
01:31Et je souhaite pouvoir porter ce message-là avec le sourire, avec l'espoir, avec l'envie de porter un
01:38message comme ça, bienveillant, constructif.
01:41Mais ça ne vous semble pas en décalage encore plus en ce moment avec ce qui se passe chaque semaine
01:48dans la rue ?
01:49Bien sûr.
01:50Est-ce que ce n'est pas un vœu pieux ?
01:51Non. Justement, c'est tout sauf un vœu pieux. C'est tout sauf un vœu pieux.
01:58On est aujourd'hui dans un pays qui, quels que soient d'ailleurs les candidats, les forces politiques, décline un
02:05discours sombre, décliniste.
02:09Chacun l'habillant de différents mots et avec des propositions différentes.
02:14Or, je pense qu'on a besoin de mobiliser toutes les énergies, toutes les forces pour montrer que nous avons
02:21les ressources en nous, dans le peuple, dans nos savoir-faire, dans nos territoires.
02:26Nous avons tout pour pouvoir nous en sortir. Et c'est pour ça que je souhaite porter ce message.
02:31Et en fait, quand vous regardez les manifestations, bien sûr, il y a les images que la télévision tourne en
02:36boucle, des violences inadmissibles et insupportables.
02:39Mais il y a aussi toutes ces manifestations joyeuses, gaies, familiales, musicales, qui, parfois même dans les cortèges parisiens, mais
02:48aussi dans des communes, des sous-préfectures, dans notre pays.
02:51Et c'est cette force-là que je souhaite pouvoir montrer aussi. Il y a de l'espoir. Moi, je
02:56souhaite le porter.
02:57– Avant de parler de l'espoir, on va évidemment le faire. Vous parlez vous-même des violences.
03:0270 000 forces de l'ordre mobilisées depuis maintenant quasiment trois semaines pour faire en sorte que les mobilisations se
03:10passent bien.
03:11C'est ça la solution. Il faut du bleu partout dans les rues en France pour que les mobilisations se
03:17tiennent à peu près calmement.
03:19– Mais il faut surtout des actes. Ce n'est pas du bleu qu'il faut. C'est des actes.
03:23Ce que l'on veut, c'est que le gouvernement produise des actes et rapidement.
03:27C'est-à-dire qu'il inscrive dans le projet de loi de finances des mesures pour l'école, pour
03:34nos lycéens, nos lycéennes, pour les étudiants.
03:36Des mesures pour le bâti, des mesures pour embaucher, former des enseignants et du personnel encadrant.
03:42On veut des actes sur les salaires, sur les retraites. On veut des actes sur la facture énergétique, sur l
03:48'essence, mais aussi l'électricité et le gaz.
03:51Vous savez que dans ma commune de Saint-Amant-les-Eaux, les gens commencent à s'inquiéter de la facture
03:56qu'ils vont avoir à payer dans les loyers, dans les HLM.
03:58Parce que les charges, elles vont exploser. Mais je l'entends partout, ça. Et donc, on veut des actes.
04:04Or, aujourd'hui, le gouvernement laisse les manifestants manifester, met beaucoup de bleu dans la rue, mais n'apporte pas
04:12de réponse.
04:12C'est pour ça qu'il y a une colère qui bouillonne et qui parfois déborde.
04:17Mais des réponses seront apportées. A priori, lundi, il y aura une conférence sociale. Vous nous direz quels actes vous
04:22attendez, vous en particulier.
04:24Mais malgré ça, nouveau samedi de mobilisation. Ces dernières heures, les syndicats de l'Éducation nationale appellent d'ores et
04:32déjà à la grève le 10 novembre,
04:34sans attendre de savoir ce qui va être dit lundi. On a le sentiment quand même que, quelle que soit
04:40la réponse politique,
04:41elle sera insuffisante, que finalement, maintenant, c'est dans la rue que ça se joue.
04:45– Alors, je me permets de vous contredire, parce que j'ai bien lu les appels des organisations syndicales.
04:52Le 10 novembre, c'est un appel des organisations de jeunesse et des syndicats de l'enseignement supérieur.
04:58Parce que ce qu'a annoncé le gouvernement jusqu'à maintenant, pour eux, est insuffisant, largement insuffisant.
05:05Et donc, ils attendent à ce que le gouvernement aille plus loin.
05:09Ouverture de place dans l'enseignement supérieur en nombre suffisant pour tous nos enfants.
05:13De l'argent immédiatement et pas des prêts sur 4 ans pour les régions, pour nos lycées.
05:19L'abrogation de Parcoursup, ce sont des choses très concrètes qu'ils attendent.
05:23Et donc, ils appellent à manifester le 10 novembre prochain et nous en serons.
05:26– Mais il y aura des rencontres lundi, M. Roussel, c'est un moyen de faire pression.
05:29– Concernant les salaires, c'est mis à l'ordre du jour d'une conférence sociale, vous avez raison, qui
05:36va se tenir lundi.
05:38Et les syndicats disent déjà que s'il ne sort rien de ces rencontres, parce qu'ils en ont l
05:45'habitude, des conférences sociales,
05:47s'il n'y a pas un ordre du jour précis, s'il n'y a pas une direction qui
05:51est donnée par le gouvernement, il n'en sortira rien.
05:53Et à ce moment-là, effectivement, il faudra continuer de se mobiliser.
05:56Et nous en serons aussi, jusqu'à ce que le gouvernement mette à l'ordre du jour une augmentation,
06:02pas seulement du SMIC, mais de l'ensemble des salaires.
06:05Vous savez que c'est ça le problème.
06:06Le SMIC est indexé sur l'inflation, mais pas l'ensemble des salaires.
06:11Ce qui fait qu'aujourd'hui, il y a une centaine de branches professionnelles,
06:13où il y a des salariés qui étaient au-dessus du SMIC il y a quelques années, ils sont en
06:17dessous aujourd'hui.
06:18Il y a les agents de la fonction publique qui ont des salaires en dessous du SMIC,
06:22et nous sommes obligés de verser une indemnité compensatrice qui ne cotise même pas la retraite.
06:27On a un vrai problème sur tous les salaires qui sont au-dessus du SMIC.
06:30Et ça, c'est une conférence sociale qui doit mettre à l'ordre du jour une augmentation généralisée des salaires.
06:37– Concrètement, qu'est-ce qui doit en ressortir de cette conférence sociale ?
06:40Augmentation, dans quelle mesure, à quel niveau ?
06:43– C'est une augmentation généralisée des salaires.
06:45Nous demandons, nous, de porter le salaire, le SMIC, à 2200 euros bruts.
06:52Bruts parce que les cotisations, ça compte pour financer la protection sociale.
06:56La CGT porte une proposition qui n'est pas loin de celle-là.
06:59La CFDT propose 150 euros pour tous les salariés.
07:03Mais la conférence sociale doit débattre de ces propositions
07:07et faire en sorte que les salaires au-dessus du SMIC,
07:10en fonction du niveau de salaire, augmentent progressivement.
07:14Et que les augmentations soient plus fortes pour les petits salaires,
07:17moins fortes pour les salaires plus élevés.
07:19Mais c'est comme ça que l'on met en musique une augmentation généralisée des salaires.
07:24Ça ne se fait pas par la loi.
07:26Il y a une loi, en revanche, qui devrait être prise rapidement.
07:31C'est le rétablissement de l'échelle mobile des salaires
07:33qui existait jusque dans les années 80.
07:36C'est-à-dire que l'ensemble des salaires augmentait automatiquement
07:40quand le SMIC augmentait.
07:42Comme cette loi a disparu,
07:44aujourd'hui, c'est une conférence sociale
07:46qui peut rétablir une augmentation généralisée des salaires.
07:50– Mais est-ce que du coup, il n'y a pas un côté quand même,
07:52bon, allez-y, syndicats, organisations patronales,
07:56maintenant, à vous de trouver la solution,
07:59là où d'autres ont échoué ?
08:00Au contraire, vous dites, non, il est sain et il est sage
08:03que les corps intermédiaires reviennent au cœur de ces négociations.
08:08– Bien sûr, et vous avez raison,
08:09parce que tout le monde le dit, ces dernières années,
08:12les corps intermédiaires, les syndicats notamment, ont été méprisés.
08:17– C'est le grand retour des corps intermédiaires.
08:18– Vous avez bien vu que pendant la réforme des retraites à 64 ans,
08:22il y avait une unité syndicale, pendant tout le long de la contestation,
08:26tout le long du débat parlementaire, ils ont été méprisés,
08:29tout comme les millions de salariés qui ont manifesté.
08:31C'est d'ailleurs une des raisons pour lesquelles il y a tant de colère aujourd'hui,
08:35parce que c'est tout ça qui ressort quelque part,
08:37on ne nous a jamais écoutés, et donc maintenant, on va aller jusqu'au bout.
08:40Voilà, ça c'est ce que j'entends en ce moment.
08:42Mais je reviens sur les corps intermédiaires.
08:44En fait, la démocratie sociale, c'est constitutif de notre démocratie.
08:50Or, cette démocratie sociale qui consiste à travailler
08:52avec les représentants des salariés notamment,
08:55mais le mouvement associatif aussi,
08:57eh bien, cette démocratie sociale, elle a été bafouée, méprisée.
09:01Il est important de l'écouter, mais il ne faudrait pas,
09:05il ne faudrait pas que le gouvernement ouvre une porte
09:08avec cette conférence sociale, sous-entendu on va vous écouter,
09:12mais que derrière, cette porte soit automatiquement fermée,
09:15en disant, c'est pas possible, on ne peut pas le faire.
09:16– Parce que c'est une possibilité, on est d'accord que c'est une possibilité.
09:20Hier, nous recevions sur BFMTV Michel Picon,
09:22qui représente les petites et moyennes entreprises,
09:26et qui disait, lui, il exprimait une grande inquiétude,
09:28et il disait, une augmentation de 100 euros du SMIC,
09:32rien que 100 euros, mettrait à terre des milliers de petites entreprises.
09:36– Mais c'est bien pour ça, c'est bien pour ça que je dis,
09:39je réaffirme que cette conférence sociale n'a de sens et de valeur
09:45que si le gouvernement met un ordre du jour précis,
09:48qui est-à-dire une augmentation généralisée des salaires,
09:51et les moyens pour accompagner les entreprises.
09:54– Quels moyens ?
09:55– Et donc, aujourd'hui, l'État, ça a été recensé par une commission d'enquête parlementaire,
10:01verse annuellement 211 milliards d'euros d'aides publiques aux entreprises,
10:07sous forme de subventions et de prêts.
10:09211 milliards d'euros versés indistinctement aux très grosses entreprises,
10:14comme aux petites, mais surtout les très grosses,
10:16sans rien leur demander en échange,
10:18y compris à des boîtes qui distribuent des centaines de milliards d'euros de dividendes.
10:21Ce n'est plus possible.
10:23Nous disons que dans le cadre d'une augmentation généralisée des salaires,
10:27il faut accompagner les petites et ne pas aider celles qui n'en ont pas besoin.
10:31Et c'est pour ça qu'une augmentation des salaires dans le secteur privé
10:35doit se faire avec un dispositif d'accompagnement des entreprises.
10:39Et par exemple, je fais une proposition.
10:41Pourquoi ne pas baisser, ça c'est un autre dispositif,
10:45la facture énergétique des entreprises ?
10:47Nous sommes nombreux au Parlement à demander la baisse de la TVA sur le gaz,
10:52sur l'électricité, sur l'essence.
10:54Ce sera tout de suite des marges de manœuvre supplémentaires
10:57pour toutes les entreprises, y compris nos PME, nos TPE.
11:01Donc, des solutions pour donner des marges de manœuvre aux entreprises,
11:05aux petites boîtes, c'est possible.
11:07Mais il faut que le gouvernement l'indique et l'écrive
11:10dans le projet de loi de finances pour pouvoir le faire.
11:13– C'est-à-dire que ce soit intégré à la feuille de roue budgétaire
11:16qui est discutée en ce moment ?
11:17– Et mis dans le panier de la discussion de la conférence sociale.
11:21C'est-à-dire, c'est possible d'augmenter les salaires
11:23et nous allons vous accompagner et on va le faire ensemble.
11:26– Mais quand bien même c'est intégré à cette feuille budgétaire,
11:29cette feuille de roue budgétaire, vous voyez bien l'équivage politique du moment,
11:32Fabien Roussel, est-ce que ça a une chance d'être adopté ?
11:35– Il y a une augmentation de salaire à mettre dans le projet de loi de finances,
11:39c'est celui des agents publics.
11:41Ça par contre, ce n'est pas la conférence sociale qui va le régler.
11:43Ça c'est l'État employeur qui doit le faire.
11:46Donc il n'y a pas que la conférence sociale, il y a aussi le budget de l'État.
11:49Et là, je renvoie au mouvement social.
11:52Chaque député a quand même des comptes à rendre à ses électeurs et ses électrices,
11:56qui sont nombreux aujourd'hui à manifester.
11:59Et ceux qui ne manifestent pas, qui n'en pensent pas moins.
12:01Mais si demain on met à l'ordre du jour une augmentation de 10 à 15%
12:06de l'ensemble des salaires, y compris des infirmières,
12:10des instituteurs, des enseignants,
12:12mais aussi des gardiens de la paix, fortement mobilisés, des douaniers,
12:18mais enfin, tout le monde va s'en satisfaire.
12:22Celui qui dira, je les entends à l'extrême droite dire,
12:25hors de question de faire ça, il faudra qu'il l'assume.
12:27Il faudra qu'il vote contre à l'Assemblée nationale.
12:29Moi je veux la vérité des prix.
12:31Voilà, nous nous sommes pour, nous c'est clair.
12:33Je sais que l'extrême droite est contre.
12:35Mais c'est comme ça qu'on verra la vérité.
12:37Et comme ça, dans 6 mois, quand il faudra voter pour les candidats à la présidentielle,
12:41eh bien on saura qui vote quoi sur les salaires.
12:44– Mais en attendant donc, du coup, sur les mesures à très court terme,
12:47vous la semaine prochaine, vous attendez des annonces sur le SMIC,
12:51sur les salaires, mais aussi sur potentiellement la TVA.
12:55D'autres sujets, qu'est-ce qui vous ferait arrêter les mobilisations ?
13:00– Un coup de pouce sur le SMIC, mais en même temps,
13:03une indexation des salaires sur le SMIC, au syndicat de trouver le mécanisme.
13:07Deux, des mesures d'accompagnement, et notamment sur la facture énergétique,
13:11pour les entreprises, mais aussi pour les ménages,
13:14ça, ce sont des mesures contre la vie chère.
13:16Le gaz augmente de 70% en un an, l'électricité de 50%,
13:20l'essence de 50%, c'est pas possible.
13:22Les salaires ne suivent pas.
13:23Donc il faut baisser la facture énergétique des Français.
13:26Ce sera du pouvoir d'achat supplémentaire pour consommer, justement.
13:30Et donc nous voulons des mesures de ce type,
13:32et bien sûr, une hausse des salaires pour les agents de la fonction publique.
13:36Et enfin, écouter ce que disent nos lycéens et nos lycéennes.
13:40Je pense que c'est la moindre des choses d'accorder aux régions
13:42les moyens qu'il faut pour faire un vrai plan de rénovation de nos lycées.
13:47Et enfin, planifier l'embauche d'enseignants et d'enseignantes
13:51sur les 5 ans qui viennent, pour pouvoir augmenter le nombre de places
13:54en études supérieures, mais aussi avoir plus de professeurs dans nos lycées.
13:59– Vous avez dit aussi tout à l'heure, abrogation de parcours sup, immédiate.
14:03– Oui, l'abrogation de parcours sup, il faut le faire.
14:06– Pas tout de suite, c'est pas réaliste.
14:09– Écoutez, on a fait 100 parcours sup avant.
14:12Et il y a un diplôme, il y a un diplôme qui donne la vérité des prix,
14:18quand on me parle de sélection, il y a un diplôme qui fait la sélection, c'est le bac.
14:23Et le bac doit redevenir le diplôme sur lequel on se base
14:27pour permettre à des jeunes d'accéder aux études supérieures.
14:30Il est anonyme, il est le même pour tous.
14:32La réforme blanquer qui a instauré le contrôle continu est très inégalitaire.
14:38Il faut la faire sauter et de cette manière, on peut abroger parcours sup.
14:43– Vous avez très bien expliqué ce que vous attendez la semaine prochaine,
14:48quelle réponse, dans quel domaine.
14:50Mais franchement, Fabien Roussel, même s'il en avait envie,
14:53parce qu'on sent quand même que le gouvernement a pris la mesure de la situation,
14:57avec tous ses rendez-vous prévus la semaine prochaine,
14:59le gouvernement a-t-il vraiment les moyens, les moyens financiers,
15:02de répondre à ces demandes, à cette crise ?
15:06– D'abord, l'augmentation des salaires et des mesures fortes contre la vie chère,
15:09et notamment les factures énergétiques, c'est indispensable.
15:12Ne pas faire ça, c'est non seulement continuer d'attiser la colère,
15:18les inquiétudes des Français, des entreprises,
15:21mais c'est aussi conduire la France à la récession.
15:24C'est pour ça que j'insiste là-dessus.
15:26C'est une mesure importante pour relancer notre économie.
15:29Dire que nous n'avons pas d'argent, c'est entretenir l'idée que la France est pauvre,
15:39que la France n'est pas la septième puissance économique au monde,
15:43que la France est aujourd'hui devenue un pays sous-développé tellement il est endetté.
15:48C'est faux.
15:49C'est faux.
15:50Je le dis, je le clame, la France, elle est riche.
15:54Elle est riche, sauf que toutes nos richesses sont captées par quelques-uns.
15:59Des familles, des grands groupes, des actionnaires.
16:03Et nous demandons tout simplement, nous, que l'argent qu'ils détiennent,
16:07le capital qu'ils détiennent, et qui nous appartient, c'est nos richesses,
16:11nous, travailleurs, que nous produisons.
16:13Eh bien que ça redescende, c'est le ruissellement à l'envers.
16:16Que ça redescende pour nous, les travailleurs, pour nos services publics,
16:20pour nos écoles, nos hôpitaux.
16:21C'est pour ça que j'ai pris cette image du président de la République,
16:24qu'on peut secouer par les pieds, et on verra les billets tombés.
16:27C'est l'image...
16:28Vous rediriez la même chose.
16:29Oui, c'est l'image du détenteur de capitaux,
16:34du patron d'un grand groupe, comme M. Pouyanné,
16:37qui ont amassé tellement d'argent qu'ils ne savent pas quoi en faire.
16:40Emmanuel Macron n'est pas Patrick Pouyanné.
16:42Non, mais il a été le serviteur zélé des plus riches et des institutions bancaires.
16:50Le serviteur zélé, parce qu'il a tellement mis en place de mesures pour favoriser les plus riches,
16:57pour favoriser les dividendes, pour favoriser les actionnaires,
17:00qu'il a appauvri le budget de l'État.
17:03Pas la France, le budget de l'État.
17:05Nous avons perdu plus de 60 milliards d'euros par an de recettes
17:10provenant des dividendes, des plus riches, des revenus financiers.
17:15Ils étaient taxés beaucoup plus avant.
17:17Le serviteur zélé.
17:19Oui, c'est le serviteur zélé des banquiers, des capitalistes, des riches.
17:25Il a été le serviteur zélé de tout cela.
17:28Il leur a fait d'immenses cadeaux.
17:30C'est moi qui, en 2017, avais dit que c'est le président des riches.
17:33Nous sommes aujourd'hui, en 2026, à la fin de son mandat.
17:37Il a été, pendant près de 10 ans, le président des riches.
17:40Et voilà où nous en sommes.
17:41Le pays est en ébullition.
17:43Et c'est dramatique.
17:45Il a aussi utilisé ces termes, Emmanuel Macron.
17:47Il ne comprend pas pourquoi le pays est dans un tel État d'ébullition
17:51à 6 mois de la présidentielle.
17:53C'est une manière... Ça vous fait rire ?
17:54Bah oui.
17:55Mais enfin, s'il ne comprend pas qu'il vienne passer une semaine, 15 jours,
18:00dans un appartement de nos communes, de nos villages, de nos villes,
18:06en banlieue comme en ruralité, qui viennent vivre ce que vit un homme et une femme
18:12qui travaillent durement, comme celle que j'ai rencontrée la semaine dernière,
18:15qui travaille dans l'automobile en poste, c'est-à-dire ou la nuit, ou le matin, ou le soir,
18:21et qui gagne 1 500 euros net par mois, postés devant une machine,
18:24à faire 8 heures par jour le même geste, et comme ça tout le temps,
18:28et qui n'arrive pas à payer ses factures, et qui s'inquiète pour l'avenir de sa fille
18:31et de ses études, qui viennent vivre cette réalité-là.
18:35– Et là, il comprendra peut-être que la politique qu'il a mise en œuvre
18:38a fait terriblement de mal à notre pays et au monde du travail.
18:42– Et juste, du coup, comment vous qualifieriez ce qui est en train de se jouer dans la rue ?
18:45C'est une révolte, c'est le début de la révolution que vous appeliez au mois de septembre dernier.
18:52Comment qualifier ce qui se joue en ce moment ?
18:55– Pour moi, c'est un mouvement social puissant, fort,
19:00qui pour la première fois depuis longtemps réunit, et des jeunes, et des salariés, et des retraités.
19:05Il symbolise beaucoup tout ce que nous subissons depuis des années,
19:09comme une colère rentrée qui exulte pour la première fois.
19:13C'est un moment de tension, je l'admets, qui peut conduire au chaos, mais comme au meilleur.
19:19Et nous, responsables politiques, et moi responsables politiques,
19:21je souhaite que ça produise le meilleur.
19:24– Mais vous appelleriez encore aujourd'hui, même après le 17 octobre,
19:27à aller sur tous les ronds-points devant l'Élysée, à Matignon ?
19:30– Mais j'aspire, comme à chaque fois, à des rassemblements pacifiques, populaires,
19:36joyeux, gays, pleins d'espoir, heureux, comme je l'ai dit au début.
19:39J'aspire à ça. Encore faut-il qu'en face, nous ayons un gouvernement,
19:45un président de la République respectueux, à l'écoute,
19:49et qui entendent qu'en bas, nous, on souffre et on n'en peut plus.
19:56Qu'ils l'entendent ça, que les gens n'en peuvent plus.
19:58Et ils ont besoin tout simplement de pouvoir vivre et respirer.
20:01C'est pour ça que j'ai pris mon slogan de campagne,
20:04j'ai pris vivre comme slogan, parce que je trouve que c'est ce qui résume le plus
20:09ce que l'on ressent en ce moment, on veut vivre.
20:11– Alors parlons de votre campagne.
20:13– Vivre ensemble, vivre en paix, voilà, c'est le minimum,
20:17c'est pas beaucoup que de demander de vivre.
20:19– Parlons de votre campagne justement, Fabien Roussel,
20:21qui quand même a été marquée par une mauvaise nouvelle cette semaine.
20:26Quatre députés communistes et cinq ultramarins ont décidé
20:30de soutenir Jean-Luc Mélenchon pour cette présidentielle,
20:35considérant donc que de fait vous n'étiez plus le candidat légitime,
20:39c'est quand même un sacré coup dur.
20:42– Non, c'est pas un coup dur, c'est pas une surprise en plus pour moi.
20:46Ils ne sont pas nombreux, ils sont quatre députés en fait,
20:49à avoir fait le choix d'avoir soutenu Jean-Luc Mélenchon.
20:52– Dont le chef de groupe.
20:53– Oui.
20:54– Et ils disent, je précise, prendre leur responsabilité
20:58pour empêcher la victoire de Marine Le Pen.
21:00Est-ce que ce sont des traîtres ?
21:01– Écoutez, c'est pas très élégant ce qu'ils ont fait.
21:05J'ai été prévenu par la FP, par une dépêche,
21:09il n'y a même pas eu un petit coup de fil.
21:10– Pas très agréable.
21:11– Non, mais je dirais qu'une seule chose,
21:15c'est que moi j'ai un principe en politique qu'ils n'ont pas.
21:18Moi j'ai un principe en politique, c'est le respect.
21:21J'ai le respect de mes concitoyens,
21:23j'ai un profond respect pour les valeurs de la République,
21:26et j'ai du respect pour la démocratie et les choix que l'on fait.
21:31La démocratie pour mon pays, la démocratie dans mon parti.
21:33Et il y a un choix qui a été fait majoritairement,
21:36démocratiquement, de présenter une candidature à l'élection présidentielle.
21:39Ce choix, il doit être respecté, même si on ne le partage pas,
21:43mais au moins être respecté.
21:44Ce qu'ils font, c'est contraire d'ailleurs à nos règles de vie.
21:51On ne peut pas être membre de deux équipes.
21:53– Et donc ?
21:54– Et donc nous leur avons demandé,
21:57par une résolution qui a été prise par notre Parlement,
22:00aujourd'hui même, nous leur demandons tout simplement d'eux-mêmes,
22:05de se mettre en dehors de nos instances.
22:07Et en tout cas, nous avons acté le fait que pendant le temps de cette campagne,
22:12ils ne pouvaient pas parler au nom du Parti communiste français,
22:15et ils ne pouvaient plus participer à notre vie du parti, à nos instances,
22:20parce qu'encore une fois, on ne peut pas soutenir un autre candidat,
22:23et en même temps participer à la campagne de notre parti.
22:26– Nous montrons les choses, ils sont exclus.
22:28– Dans tous les partis, c'est comme ça.
22:30Non, parce qu'ils restent adhérents du Parti communiste français.
22:33Vous savez, nous, on n'est pas du genre à couper les têtes,
22:35comme d'ailleurs ça se fait chez ceux qui rejoignent.
22:38– Je vous vois venir.
22:38– Mais nous, on ne coupe pas les têtes.
22:40– Comme ça se fait chez qui, par exemple ?
22:41Moi, je préfère faire pousser des têtes que d'en couper.
22:46Donc, ils sont toujours membres du Parti communiste français.
22:49Peut-être qu'ils vont se rendre compte, en regardant le programme,
22:52ou au fil de la campagne, qu'ils ont commis une erreur.
22:55Ils seront toujours les bienvenus pour revenir à la maison.
22:57En tout cas, aujourd'hui, ce qui compte pour nous,
22:59et c'est l'appel que nous lançons,
23:02c'est déployons notre campagne encore plus.
23:05– Oui, mais peut-être qu'ils voient les sondages aussi, Fabien Roussel.
23:08Ils disent qu'ils font preuve de responsabilité.
23:12Vous êtes à 2% des intentions de vote, Jean-Luc Mélenchon.
23:15Lui est, pour l'instant, le plus à même de se qualifier au second tour.
23:19– Eh bien, justement.
23:20Donc, nous sommes à 6 mois de la campagne.
23:23Rien n'est joué.
23:25Tout est à construire.
23:26Ils sont quelques-uns à faire un choix, peut-être, électoraliste,
23:30en fonction des sondages.
23:31Nous, en tout cas, nous faisons le choix des convictions, des idées.
23:35Aujourd'hui, le moment est à l'unité, je dirais.
23:37L'unité du peuple pour faire céder le gouvernement.
23:40– Mais là, on n'y est pas, quand même, au Parti communiste.
23:42– Oui, mais c'est à eux qu'il faut poser la question.
23:44– Mais donc, pour vous, ils pensent à leur carrière politique avant tout ?
23:47– Pour nous, il y a de ça, certainement, derrière.
23:50Mais je vous dis, encore une fois, il n'y a eu aucune explication,
23:52qu'un coup de fil, mais peu importe.
23:53Les choses sont faites, les choses sont dites.
23:57Et je le redis ici, c'est l'occasion pour nous
24:00de déployer encore plus notre campagne,
24:02de nous donner de la force, de me donner de la force.
24:04– Depuis, j'ai reçu des dizaines de parrainages,
24:07ça a débloqué plein de parrainages.
24:08– Vous en êtes à combien ?
24:09– Tant mieux, voilà, ça va être, on va vite atteindre les 500,
24:12ça va vite arriver.
24:13– Vous les aurez.
24:14– Ah mais, oui, c'est certain.
24:16Mais justement, c'est le signal que j'envoie
24:18à toutes celles et ceux qui ont vu le mauvais coup qui m'était fait
24:22et qui se disent, comment on peut faire pour vous aider ?
24:25Eh bien, soutenez-moi, soutenez-moi.
24:27Rejoignez les appels à voter, rejoignez notre comité de parrainage,
24:32parrainez-moi, soutenez-nous financièrement, c'est maintenant que ça se passe.
24:35– Mais que dites-vous à ceux qui seraient tentés
24:36de faire comme ces députés communistes,
24:38qui seraient tentés de se tourner vers Jean-Luc Mélenchon ?
24:41– Chacun fait ses choix, encore une fois.
24:44Mais quand on est adhérent d'une force politique,
24:47comme quand on est dans une association ou dans une entreprise,
24:51enfin, quand on est dans une famille,
24:53on ne peut pas manger dans les deux cantines en même temps.
24:57– Mais au-delà du Parti communiste.
24:59– On ne peut pas soutenir deux organisations en même temps.
25:02Et donc, il y a des choix à faire.
25:03Il y a un choix qui a été fait majoritairement chez nous,
25:06on l'assume, on se déploie et puis on est en campagne.
25:08– Mais je parle au-delà du Parti communiste,
25:10parce qu'on voit que le même problème se pose du côté des écologistes,
25:13ces électeurs de gauche qui seraient tentés de se tourner vers Jean-Luc Mélenchon
25:17plutôt que vers vous.
25:19Qu'est-ce que vous leur dites ?
25:20– Au fond, qu'est-ce qui vous différencie ?
25:22– En fait, j'ai un message simple.
25:24C'est qu'aujourd'hui, pour que la gauche puisse l'emporter,
25:27il faut qu'elle soit plus forte, parce qu'aujourd'hui, elle est trop faible.
25:32Quel que soit le candidat de gauche qui arrive au second tour,
25:34il ne fait pas plus de 30%.
25:36– Il reste la meilleure chance.
25:37– Mélenchon, le premier, il ne fait pas plus de 30%.
25:41Donc, face à Marine Le Pen, il est d'ailleurs celui donné le plus bas dans les sondages.
25:46C'est un sujet quand même, quand on veut battre l'extrême droite.
25:48Et donc, la question que je pose, moi, c'est comment nous faisons pour élargir ce socle ?
25:53Et donc, la question, ce n'est pas d'aller piquer des électeurs à droite ou à gauche.
25:57C'est pour ça que Jean-Luc Mélenchon fait un mauvais calcul en venant essayer de déstabiliser
26:01le Parti communiste français ou de nous prendre des électeurs.
26:04L'objectif, c'est d'avoir plus d'électeurs chacun, y compris moi, d'en avoir beaucoup plus.
26:10Et je pense que la gauche sera beaucoup plus forte et en capacité de l'emporter
26:14si justement, moi, demain, je suis un candidat qui arrive à faire 10, 12, 15%.
26:20Et c'est comme ça qu'on arrive à renforcer la gauche, pas en s'affaiblissant mutuellement.
26:24– Et comment vous faites pour faire plus ? Comment vous faites pour étendre, justement, pour élargir votre…
26:28– D'abord, c'est le deuxième sujet que je dis par rapport à Jean-Luc Mélenchon
26:32qui essaye de débaucher des écologistes ou des communistes.
26:37– Ça fait partie du jeu, c'est une campagne.
26:38– Oui, mais non, moi, je ne fais pas ça. Au contraire, le jeu pour l'emporter de main,
26:43c'est d'être en capacité de se rassembler, de ne pas s'insulter, de ne pas se faire de
26:48mauvais coups.
26:49C'est d'être en capacité de parler de nos programmes, des différences dans nos programmes,
26:55sans en même temps s'invectiver. Nous avons des différences dans nos programmes.
26:58Nous avons des approches différentes. De l'énergie, moi, je suis pour défendre l'énergie nucléaire.
27:02De la guerre, je ne suis pas un va-t'en-guerre. De l'Europe, je ne suis pas fédéraliste
27:07et je défends les nations européennes. Sur toutes ces questions, nous avons des différences.
27:11Eh bien, nous pouvons en débattre devant les Français.
27:13Les Français peuvent choisir le candidat de gauche dont ils se sentent le plus proche.
27:18Et c'est ça qui donnera de la force à la gauche.
27:20– Donc vous irez jusqu'au bout.
27:22– Mais la gauche n'a jamais gagné quand elle a eu un candidat unique.
27:26Au contraire, un candidat unique contribue à ce que ça désespère les électeurs
27:31parce qu'en plus, ils voient derrière ça de la tambouille et ils ont raison.
27:35– En parlant de tambouille, vous irez donc jusqu'au bout, jusqu'au premier tour.
27:38Mais pour le second tour, est-ce que vous seriez prêt à tous les compromis
27:42pour faire en sorte que la gauche soit qualifiée au second tour ?
27:46– Mais surtout…
27:47– Non, mais c'est la vraie question.
27:48– Oui, mais votre question, elle est beaucoup trop tôt.
27:51Est-ce que vous savez qui sera sur la ligne de départ ?
27:53– Parce que vous n'y avez pas pensé, peut-être.
27:55– Mais non. Mais enfin, moi, j'attends de savoir qui sera sur la ligne de départ.
28:00Est-ce que vous savez si Marine Le Pen va pouvoir se présenter
28:02alors qu'elle a une mesure de justice qui lui pend au nez ?
28:05– Vous savez comme moi que c'est plutôt bien parti.
28:08– Mais oui, mais vous êtes marrante, vous ne faites pas…
28:12– De toute façon, vous n'allez pas faire votre vie
28:13en fonction de la candidature de Marine Le Pen.
28:15Vous irez jusqu'au bout.
28:17– Mais j'attends de savoir quels seront les candidats, y compris à droite.
28:20Vous savez qui sera ? Primaire ou pas primaire ?
28:22– Non, mais là, je vous parle de la gauche.
28:24Jean-Luc Mélenchon sera candidat.
28:25Vous aussi, si j'ai bien compris.
28:27– Est-ce que vous savez qui ira jusqu'au bout à gauche ?
28:30Moi, je peux vous dire…
28:30– Vous vous irez jusqu'au bout ?
28:31– Moi, c'est clair, c'est certain.
28:33Ce qui se passe d'ailleurs en ce moment a plutôt tendance à nous souder,
28:38à nous faire redresser la tête pour y aller encore plus offensivement.
28:41Jean-Luc Mélenchon ira au bout.
28:43Le reste, après, je ne sais pas.
28:45– Mais vous diriez que vos divergences avec lui,
28:47elles sont avant tout idéologiques ou plutôt liées à sa stratégie ?
28:54– D'abord, j'ai dit que j'éviterais d'émettre des critiques
28:59contre les autres candidats de gauche
29:01parce que justement, je ne veux pas rentrer dans ce jeu-là.
29:03Mais j'invite les Français à regarder les différences que l'on a
29:06et dans notre programme, et il y en a fondamentales.
29:10J'en ai cité quelques-unes tout à l'heure.
29:12On a des différences de tempérament, de personnes.
29:14Et les Français le voient.
29:17Différent de Jean-Luc Mélenchon, ce n'est pas difficile à voir.
29:22– Qu'est-ce qui est la différence la plus singulière selon vous
29:25en termes de tempérament, puisque vous en parlez ?
29:27– Peut-être que je fais une campagne justement positive, heureuse.
29:32Je n'en veux à personne au monde.
29:33Je veux rassembler. J'aime les gens.
29:36– Mais lui, vous avez vu son slogan de campagne ?
29:39– J'aime les gens.
29:39– Liberté, égalité, solidarité.
29:41– Oui, oui.
29:41– C'est heureux ça aussi, non ?
29:43– Oui, oui, c'est très bien.
29:44– Vous n'y croyez pas ?
29:45– C'est très bien.
29:46Moi, j'invite les Français à choisir, à faire les différences entre chaque candidat
29:49et à faire en sorte que la gauche, demain, elle pèse 50% dans ce pays
29:55avec des mesures fortes, en capacité de rompre avec 10 ans de macronisme.
30:00Parce que c'est ça l'essentiel.
30:01On a besoin de donner confiance, un avenir à nos enfants, on a besoin de relever le défi climatique,
30:06on a besoin de réindustrialiser la France, l'industrie, les entreprises qui ferment, c'est ça le sujet.
30:12Donc moi, les bisbilles à gauche, ce n'est pas mon dada, ce n'est pas mon truc.
30:15Moi, je vais rester concentré sur ce programme que l'on veut défendre pour faire gagner ses idées en France,
30:21dans mon pays.
30:21– Mais vous me disiez à l'instant, ce qui se passe en ce moment nous donne encore plus de
30:25force,
30:25encore plus envie de continuer.
30:27Comment vous expliquez qu'un homme et qu'un candidat comme Raphaël Glucksmann,
30:31lorsqu'il décide de se rendre à une manifestation jeudi dernier,
30:37soit hué, chahuté à ce point ? Qu'est-ce que ça dit ?
30:41– Ça ne donne pas une belle image, justement, de celles et ceux qui l'insultent ou qui le sifflent.
30:48Parce que je pense qu'en ce moment, on a plutôt intérêt à être très nombreux dans la rue.
30:55Et plus il y aura de responsables politiques et syndicaux dans la rue à soutenir ce mouvement, mieux c'est.
31:02On peut avoir des grandes divergences avec Raphaël Glucksmann, son programme, ses déclarations.
31:08Et d'ailleurs, j'en ai. Et pour autant, moi, je me satisfais plutôt
31:12quand je vois l'ensemble des forces de gauche et l'ensemble des syndicats présents dans une manifestation.
31:17– Là, on n'y est pas. Il est comme empêché de faire campagne.
31:20– Mais vous savez, parmi les syndicats, c'est la même chose.
31:24Il y a des divergences entre eux fortes.
31:26Et pourtant, ils arrivent à signer des déclarations ensemble.
31:28Ils arrivent à défiler ensemble.
31:30C'est ça le défi que nous, nous avons.
31:32Et moi, j'y suis prêt.
31:33Moi, je veux ça, je souhaite ça.
31:35Et donc, je n'irai jamais insulter l'un ou l'autre.
31:38Nous avons des différences.
31:40Parfois même, je me fais moi-même insulter.
31:42Mais je mets ça de côté.
31:45L'intérêt du peuple, l'intérêt du monde du travail d'abord.
31:48Il n'y a que ça qui me préoccupe.
31:49– De quel autre parti que le Parti communiste vous sentez le plus proche aujourd'hui à gauche ?
31:55Ce sera ma dernière question.
31:58– Eh bien, vous savez, je suis bien incapable d'y répondre.
32:01Parce que sur certains points, je vais me sentir proche du Parti socialiste.
32:06Sur d'autres points, je vais me sentir plus proche du Parti écologiste.
32:11Sur d'autres, de la France insoumise.
32:13Et donc, ça serait difficile.
32:14Il faudrait peut-être faire bosser une IA.
32:16– Ça s'appelle-le en même temps.
32:17Peut-être.
32:19Peut-être.
32:19Mais en tout cas, je pense que, comme je le disais tout à l'heure,
32:25une élection présidentielle, c'est un programme, c'est un homme,
32:29c'est une ambition pour le pays.
32:32Et donc, c'est difficile de comparer.
32:35Il faut regarder cet ensemble-là.
32:37– Et vous, vous irez jusqu'au bout, donc.
32:38– Bien sûr, je suis déterminé.
32:40– Merci beaucoup, Fabien Roussel.
32:40Merci d'avoir été avec nous.
32:42Merci pour cet entretien.
32:43– Merci.
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