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00:00Nous misons là, Europe 1, le journal permanent.
00:03Europe 1, il est 19h31, le journal permanent, c'est avec Frédéric Joncherey.
00:06Rebonsoir Frédéric.
00:07Rebonsoir Hélène, bonsoir à tous.
00:09Dispersion sous haute surveillance après la manifestation parisienne de l'acte 4 des lycéens étudiants en syndicat gilet jaune.
00:16Les tensions ont éclaté dès 17h.
00:18Le désormais traditionnel jeu du chat et de la souris a repris place de la nation,
00:21là où s'arrêtait le cortège officiel.
00:23200 individus défient depuis les forces de l'ordre.
00:26Une mobilisation en net recul.
00:281,146 000 manifestants ont déambulé dans le pays.
00:31Selon le ministère de l'Intérieur, 232 interpellations ont été réalisées.
00:35L'intersyndicale de la jeunesse parle, elle, de 250 manifestants, dont 75 000 dans Paris.
00:41Quant à la préfecture de Paris, elle estime à 46 000 le nombre de manifestants dans la capitale
00:45et elle précise que 5 813 contrôles ont été menés et 15 interpellations réalisées.
00:51A notre tour de changer l'histoire,
00:53Jean-Luc Mélenchon tenait un meeting de campagne au parc des expositions du Bourget en Seine-Saint-Denis.
00:58Le candidat Alephi a proclamé durant son discours qu'il visait à présenter son programme de mille mesures
01:03qu'en France, nous vivons l'agonie macroniste.
01:06Et il a déclaré au nom des insoumis, on aime la France comme elle est.
01:09Et il a proposé une sixième république.
01:12Ce n'est pas un projet pour redresser le pays, mais un projet de démantèlement de la France.
01:16Ce sont les mots de Marine Le Pen qui perçoit le programme de Jean-Luc Mélenchon.
01:20Ainsi, pour la candidate du Rassemblement National, ce projet pousse jusqu'à son terme la logique de déconstruction
01:26engagée par Emmanuel Macron depuis son arrivée au pouvoir.
01:29Et en sport, en rugby, la France reçoit les Fijis à Lyon à 21h10 lors de la quatrième journée du
01:34championnat des nations.
01:35Merci Frédéric, on vous retrouve à 19h45 pour le rappel des titres.
01:43Toujours avec mes débatteurs Sabrina Medjeber et Jean-Michel Salvatore.
01:47La question qu'on va essayer de se poser, c'est combien de temps on va tenir ?
01:52Aujourd'hui, la situation était globalement calme dans l'agglomération parisienne.
01:565813 contrôles réalisés, 15 personnes interpellées.
01:59On parle de 46 000 manifestants à Paris, on parle de 146 000 manifestants dans toute la France.
02:04Donc, on a quand même le sentiment que la manifestation est en net recul, ça c'est sûr, sur le
02:10nombre de personnes.
02:11Mais les dates continuent d'affluer, c'est-à-dire que vous avez déjà le 10 novembre qui est prévu.
02:15Et puis surtout, il faut voir le dispositif.
02:17Ça fait maintenant trois fois, quatre fois qu'on met 70 000 forces de l'ordre sur le terrain.
02:23Qu'il y a des paires d'ailes policiers qui ne sont pas forcément en formation.
02:27Il y a des policiers qu'on rappelle de congés.
02:29Il y a des policiers dont on mobilise absolument des forces considérables.
02:34Ça coûte évidemment un argent de dingue quand vous voyez que vous mobilisez même les unités d'élite, etc.
02:39Sabrina Medjeber, combien de temps on peut tenir comme ça ?
02:43C'est toute la question et c'est toute la difficulté.
02:45En même temps, Hélène, c'est-à-dire que nous avons tous intériorisé précisément le fait que ces émeutes, ces
02:53revendications...
02:54Je ne parle pas des contestations légitimes, des cortèges que l'on voit plutôt dites bon enfant.
02:58Je parle des violences qui s'en suivent.
03:01D'ailleurs, nous sommes habitués à une sorte de temporalité, c'est-à-dire la journée, ça se passe plutôt
03:06bien et les hostilités...
03:07Et la nuit en panique.
03:08Exactement.
03:09Donc la question est de savoir jusqu'à quand.
03:12Selon moi, selon ce que j'analyse, selon mon caléidoscope, il me semble que ça peut durer jusqu'à l
03:19'après-élection présidentielle.
03:21Parce qu'on ne reconnaît pas déjà de ligne directrice dans les mouvements, il n'y a pas de contestation
03:26portée comme un drapeau.
03:28C'est une sorte de conglomérat de toutes les rages, une sorte de convergence de toutes les lignes et de
03:34toutes les luttes avec des fibres comme ça mobilisatrices
03:38qui expriment à la fois un ras-le-bol concernant le pouvoir d'achat de nos concitoyens et à la
03:44fois aussi une volonté d'en découdre avec l'État et les institutions qu'elles représentent.
03:49Donc il y a une sorte de mouvement un peu gazeux, un peu fumeux, qui est là, qui est présent,
03:55qui est plus protéiforme, je vais dire,
03:59et qui est capable du jour au lendemain d'être très éruptif, comme il est capable, comme l'on l
04:04'a vu aujourd'hui, d'être en être recul, de s'abaisser dans un ordre de grandeur de violence.
04:08Donc les Français aujourd'hui ont conscience de ce mouvement, de cette continuité, mais ils restent, je pense communément, tous
04:16en apnée,
04:17en se demandant finalement, mais quand est-ce que ça va s'arrêter ? Et alors évidemment, dans le contexte,
04:22on pense à nos forces de l'ordre qui sont éreintées.
04:24Je rappelle quand même que les mêmes qui réclament plus de pouvoir d'achat, plus de sécurité, etc.,
04:29n'ont absolument pas conscience que les policiers sont également des prolétaires, puisque le pouvoir d'achat aussi les frappe
04:35directement,
04:35sur la question des retraites, sur la question de l'essence, sur la question du logement, etc.
04:39Les forces de l'ordre sont également des prolétaires dans notre pays, et d'un autre côté, je me dis,
04:47finalement,
04:49que va-t-il se passer le jour où les policiers décideront de ne plus pouvoir assurer le contrat social,
04:55le contrat qu'ils ont signé avec l'État, puisqu'ils sont là, au demeurant, et singulièrement épuisés.
05:00Jean-Michel Salvatore, je vais vous poser la même question, combien de temps on peut tenir ?
05:03Et puis surtout, c'est vrai, on ne sait pas un jour, avec la mauvaise story Snapchat, un jour avec
05:09la mauvaise story TikTok,
05:11et en fait, là, les renseignements peuvent aussi louper ce genre d'informations,
05:16parce qu'avec la viralité et l'ère du numérique, ça devient beaucoup plus compliqué.
05:20Mais donc, ça peut survenir à tout moment, en fait, avec un jour où vous n'aurez pas 70 000
05:24forces de l'ordre sur le terrain.
05:25C'est très difficile pour la police de baisser la garde, parce que quand on regarde ce qui se passe,
05:32c'est vrai qu'il y a beaucoup moins de monde, aujourd'hui, il y avait trois ou quatre fois
05:35moins de monde que les semaines précédentes,
05:37mais il n'empêche que les manifestations, même si elles se déroulent à peu près normalement, dégénèrent à la fin.
05:43Et on le voit, par exemple, Place de la Nation.
05:45Ce qui veut dire que, et on le voyait aussi avec notre interlocuteur tout à l'heure,
05:52qu'il y avait aussi des violences dans des villes très calmes, comme La Rochelle, comme Angers, etc.
05:57Donc, ça veut dire qu'en fait, on ne peut pas baisser la garde, parce que le risque, il est
06:02absolument permanent.
06:03Et donc, ça, c'est quand même incroyablement inquiétant.
06:06Bien sûr, pour les forces de l'ordre, Sabrina l'a dit, mais évidemment aussi pour le commerce,
06:11parce que, d'une certaine façon, c'est un petit peu l'art de vivre à la française qui est
06:15menacé.
06:15Si on a de plus en plus de magasins qui sont dans la difficulté,
06:19si les chiffres d'affaires baissent de 20, 30, 40%,
06:22évidemment que vous allez avoir énormément de fermetures.
06:26On parlait tout à l'heure de casse sociale, mais c'est véritablement ça.
06:29Et ça veut dire aussi que les nouvelles formes de commerce
06:33qui ne sont pas franchement très conviviales, comme le e-commerce,
06:37va continuer à augmenter.
06:39Le e-commerce, en France, ça augmente à peu près de 10% par an par temps calme.
06:43Mais avec les événements qu'on vit aujourd'hui,
06:46évidemment que vous avez forcément beaucoup de Français qui se disent
06:49« Moi, j'ai peur d'aller en centre-ville »
06:51ou « J'ai peur d'envoyer mes enfants faire des achats, on va les faire à la maison ».
06:54Et donc là, c'est vraiment le cœur des villes,
06:58c'est le visage de nos centres-villes qui est vraiment menacé,
07:02au-delà des pillages et des cassages.
07:04Mais parce qu'évidemment que, déjà, si vous voulez,
07:06quand vous regardez à Paris, il y a à peu près 15% des commerces qui sont fermés aujourd'hui.
07:11À peu près, vous allez même sur des artères hyper commerçantes,
07:14comme le boulevard Saint-Michel, par exemple,
07:16comme la rue Tronchet,
07:18vous avez énormément de magasins qui sont fermés.
07:21Mais là, avec ce qui se passe,
07:23les rues vont être totalement défigurées,
07:25il n'y aura plus que des magasins fermés.
07:27Donc là, ce qui se joue, c'est aussi le visage de nos villes
07:31et, moi je dirais, l'art de vivre à la française.
07:34Et l'image de la France, également à l'étranger.
07:36Évidemment.
07:36C'est quand même assez déplorable.
07:38Je voulais qu'on fasse un focus aussi sur les forces de l'ordre.
07:41Les images sont extrêmement choquantes.
07:43Hier matin à Lyon, un commandant de police a été plaqué au sol.
07:46Il a été frappé en marge du blocage du lycée Lumière,
07:49visé par des tirs de mortier.
07:50Il était seul face à un suspect qu'il tentait d'interpeller.
07:53Il a été pris à partie par plusieurs individus,
07:55sous les rires et les téléphones d'un attroupement.
07:58Il souffre d'une entorse cervicale et de nombreuses équimauses.
08:01Le suspect a été placé en garde à vue et le syndicat Allianz dénonce une autorité défiée.
08:06Sabrina Medjeber, sur la vidéo, plusieurs dizaines de personnes assistent à la scène.
08:09Vous en avez qui hurlent, vous en avez qui rient, vous en avez beaucoup qui filment.
08:13Personne, évidemment, ne vient en aide au commandant de police.
08:16Qu'est-ce que ça dit, cette indifférence, voire cette jubilation de la jeunesse
08:20qui s'attaque à l'État par justement l'attaque à un policier ?
08:24Ça dit ce que Jérôme Fourquet a écrit dans son livre homo-occidentaliste,
08:27c'est-à-dire le débordement pulsionnel, le plaisir orgiaque de la destruction,
08:32singulièrement ce qui représente l'État.
08:34La police, en effet, vous l'avez expliqué, les jeunes sont autour, ils filment,
08:39parce que les réseaux sociaux sont des arts informationnels.
08:42C'est-à-dire que c'est à travers les réseaux sociaux qu'on expose aujourd'hui
08:45une sorte de sacrificiel glorieux.
08:47On l'a souvent vu dans les histoires que nous, malheureusement, nous aigrénons
08:51concernant les différentes agressions.
08:53On dégaine le téléphone portable et, je parle un peu comme eux,
08:56on montre la dinguerie.
08:57C'est comme ça qu'ils communiquent entre eux.
09:00Donc ça dit quoi ?
09:01Ça dit la société, la fameuse société d'individus,
09:05la jeunesse qui fait sa loi.
09:07C'est-à-dire qu'il n'y a plus d'État de droit,
09:10mais il y a un État des droits.
09:12C'est vraiment la génération, j'ai le droit.
09:14C'est-à-dire que là, ça n'est plus la loi commune qui s'applique
09:18et le respect de l'institution,
09:20c'est le narcissisme du moi grandiose
09:22qui décide de faire sa loi
09:24et d'appliquer sa loi
09:26en défiant précisément tout ce qui constitue justement
09:29une société civilisée
09:31où on ne parle pas et on ne passe pas par la violence,
09:34on passe par le discours, la négociation
09:37et la discussion dans un sens plus large.
09:41Ce que l'on voit là aujourd'hui,
09:42ce sont des policiers lynchés
09:43pour des ressorts et des raisons
09:45qui peuvent être différentes.
09:46Le plaisir de détruire, le plaisir d'attaquer,
09:48la haine de la France aussi,
09:50parce que le policier, c'est aussi
09:51la représentation de l'État français.
09:53Et le fait de les voir comme ça,
09:56arriver en meute,
09:58le frapper,
09:59essayer de lui retirer sa matraque souple
10:01et prendre le dessus,
10:03c'est plus symboliquement la volonté d'humilier,
10:06c'est physiquement la volonté de détruire.
10:09C'est ça que ça veut dire.
10:10Et donc, ça signe une société de l'individu
10:14plus que décadent, plus que violent.
10:16Ça signe une société anomique.
10:18Là, il n'y a plus de règles.
10:18Jean-Michel Salvatore,
10:20c'est vrai qu'une fois qu'on fait le constat
10:21de cette violence-là,
10:22moi, ce qui m'intéresse aussi,
10:23c'est la réponse pénale qui suit.
10:24Et en fait, on voit quand même,
10:25depuis le début,
10:26avec ces centaines de forces de l'ordre
10:28qui sont blessées depuis maintenant
10:29quelques semaines,
10:30voire des milliers,
10:31il y a un mois à Paris,
10:32vous vous souvenez de cette policière
10:33qui a été frappée au sol
10:34devant le lycée Voltaire
10:35au cri de « tu es là ».
10:36Les trois mineurs mis en cause
10:38sont aujourd'hui libres.
10:39Donc, en fait, vous avez aussi
10:40une réponse pénale
10:41qui ne suit pas
10:42dès lors que vous,
10:43vous en prenez un policier.
10:44Oui, bien sûr.
10:45Et ça, c'est vraiment absolument tragique
10:47parce que là,
10:48l'État devrait pouvoir faire quelque chose.
10:50L'État devrait pouvoir se défendre.
10:51Or, l'État ne le veut pas.
10:53Et on a vraiment l'impression
10:55que de la part de toutes ces racailles
10:57qui s'attaquent à la police,
10:59ils ont véritablement
11:00un sentiment d'impunité
11:01parce qu'ils savent que finalement,
11:03il ne leur arrivera pas grand-chose.
11:04Ok, ils seront peut-être arrêtés,
11:07ils passeront deux ou trois jours au poste,
11:09mais ils savent très bien
11:10qu'ils ne risquent pas grand-chose
11:12parce que finalement,
11:14aujourd'hui,
11:15dans la société d'aujourd'hui,
11:16s'attaquer à un policier
11:18n'est plus une transgression.
11:21C'est une banalité.
11:22Et c'est vrai que l'histoire
11:23de la policière parisienne
11:24est absolument stupéfiante
11:26parce que finalement,
11:27on a bien vu les images.
11:29Zéro conséquence.
11:30Ça, on a vu.
11:30On a vu les images.
11:31Elle était coursée.
11:32Elle était injuriée.
11:33Elle a fini par tomber par terre.
11:36C'était une agression caractérisée.
11:38Là, on ne peut pas dire
11:38qu'il n'y avait pas de preuves, etc.
11:40Vraiment, là,
11:40les images parlent d'elles-mêmes.
11:42Eh bien,
11:43ceux qui ont été arrêtés,
11:44alors il faut d'abord se dire
11:46que la police s'est débrouillée
11:47pour arrêter les fautifs.
11:48Donc ça, c'est quand même
11:49un travail qui est difficile à faire
11:51et qu'ils ont fait.
11:52Et finalement,
11:53le résultat de tout ça,
11:53c'est que tout le monde
11:54rentre chez soi.
11:55Évidemment qu'avec une société
11:57qui punit aussi peu
12:00les agresseurs de policiers,
12:01évidemment qu'il ne faut pas
12:02s'étonner
12:03que ce soit
12:04la loi de la jungle
12:06dans les rues.
12:07C'est absolument incroyable
12:09que ces délinquants
12:12n'aient pas
12:13un seul
12:14qui dorme en prison.
12:15Vraiment,
12:15c'est confondant.
12:15Il est 19h43
12:17sur Europe 1
12:18avant le journal
12:19de Frédéric Jean Schrein.
12:20On évoquera un sondage
12:21sur l'emprisonnement
12:22des OQTF.
12:23On évoquera également
12:24aussi la censure
12:25des médias.
12:26Vous entendrez
12:26ce que dit un streamer
12:28pro-Mélenchon,
12:28notamment de locaux
12:29de grandes rédactions françaises.
12:31A tout de suite
12:31sur Europe 1.
12:32Europe 1.

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