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00:01Europe 1, le journal permanent.
00:03Vous écoutez Europe 1, il est 19h45, le rappel des titres avec Frédéric Joncheret.
00:07Deux pompiers blessés, dont un très grièvement par balle, ils ont été pris pour cible alors qu'ils intervenaient sur
00:13un feu de véhicule,
00:14probablement déclenché par le tireur, indiqué le préfet Jacques Vitofti, un homme au profil psychiatrique,
00:20déjà connu par la justice pour des faits de violence, notamment par arme, qui a été interpellé par leur aide
00:25après négociation.
00:26La mobilisation se poursuit pour les plus jeunes, les syndicats lycéens et étudiants appellent à bloquer leurs établissements dès demain
00:33et mardi,
00:34mais aussi à rejoindre l'intersyndicale qui a appelé une grève interprofessionnelle jeudi.
00:39Augmentation du prix du gaz en ce 1er novembre, le prix repère de vente augmente de 6,6% par
00:44rapport au mois précédent,
00:45il passe de 182,88 euros à 194,90 euros par mégawatt-heure.
00:52Et au Maroc, un jeune dessinateur de 22 ans condamné à 4 ans de prison pour insulte à l'encontre
00:58du roi,
00:58il a caricaturé Mohamed VI et devrait également verser 3600 euros d'amende.
01:03Jugé en première instance à Casablanca, il a annoncé faire appel.
01:07Merci Frédéric, on vous retrouve à 20h sur Europe 1 pour votre journal.
01:11Europe 1 Soir, 18h-20h, Hélène Roué.
01:14Toujours avec mes débatteurs, Jules Torres, journaliste politique au JDDS, Sébastien Ligné, chroniqueur et journaliste politique.
01:21On va parler de Charles Aloncle, il devient porte-parole de la campagne de Marine Le Pen dans un entretien
01:26au journal du dimanche.
01:26Le député UDR, il voit la concrétisation de l'alliance nouée en 2024 entre Éric Ciotti et le Rassemblement National.
01:33Il appelle les autres droites à une certaine humilité.
01:36Il assume pourtant les divergences. L'UDR prône le report de l'âge de départ à la retraite quand Marine
01:40Le Pen promet de le maintenir à 62 ans.
01:42Mais l'union n'a jamais signifié l'uniformité absolue, dit-il.
01:47Jules Torres, un député UDR proche d'Éric Ciotti, devient porte-parole de Marine Le Pen.
01:50L'union des droites est-elle en train de devenir une réalité ?
01:53En tout cas, l'union des droites, elle existe parce qu'il y a en son sein, au sein de
01:58la grande famille de la droite nationale, des composantes.
02:00Et ça, pour le coup, c'est une chance pour Marine Le Pen de compter, de pouvoir compter sur Éric
02:05Ciotti,
02:05de pouvoir compter sur Charles Alon, de pouvoir compter sur l'UDR, de pouvoir compter là aussi sur un dauphin
02:10qui s'appelle Jordan Bardella,
02:11qui peut l'ornier sur des terres électorales que Marine Le Pen n'avait pas jusqu'ici.
02:17Et justement, c'est une bonne chose qu'il n'y ait pas une uniformité, un caractère autoritaire, si je
02:23puis dire, au Rassemblement National,
02:25qui ne tolère pas d'autres lignes.
02:26Heureusement qu'il y a d'autres lignes, dans tous les grands partis, il y a eu des lignes.
02:30Il y a eu des lignes au Parti Socialiste, il y a eu des grandes lignes au sein de l
02:33'UMP et auparavant au RPR.
02:36Il y avait quand même dans le même parti, dans le même Conseil des ministres, par exemple sous Nicolas Sarkozy,
02:41dans les réunions de la majorité, on allait de Philippe Devilliers à Jean-Louis Borloo, en passant par Alain Madeleine.
02:46Donc évidemment qu'il peut y avoir, dans une grande famille politique qui entend gouverner, des passerelles.
02:51Toute la question est de savoir, est-ce que c'est facile d'avaler des couleuvres dans un pays, dans
02:56un gouvernement,
02:57qui serait dirigé par Jordan Bardella, avec un président Marine Le Pen, par exemple sur la question économique.
03:01On sait que Charles Aloncle, même s'il est député UDR, qu'il est porte-parole de la campagne de
03:06Marine Le Pen,
03:07ça va être compliqué pour lui, je le sais, vous le savez aussi, puisque c'est vous qui avez mené
03:11l'interview, chère Hélène,
03:12que défendre la retraite à 62 ans, ça va être compliqué.
03:16Pour Charles Aloncle, défendre un certain nombre de taxations d'entreprises, ça va être compliqué.
03:20Il y a un seul parti depuis le début...
03:21Alors il a dit que c'était un soldat, donc nombreuses reprises.
03:23Mais justement, le soldat avale des couleuvres, le moine soldat, il avale des couleuvres, demandez à Sébastien Lecornu.
03:27Mais donc vous voyez qu'il s'était qualifié lui-même de moine soldat.
03:31Mais donc vous voyez que ça va être compliqué, mais il faut quand même...
03:34Et ça pour le coup, c'est plutôt les journalistes qui vont devoir accepter le fait que oui, dans des
03:38partis, il y a des passerelles.
03:40Dans des partis, il y a des écuries différentes, dans des partis, il y a des sensibilités différentes.
03:45Et ça c'est vrai qu'on voit chez nos confrères la volonté de dire
03:47« Oh là là, vous avez une petite différence avec un tel. Oh là là, vous avez une petite différence
03:51avec un tel. »
03:52C'est ce qu'ils ont essayé de faire pendant plusieurs années avec Jordan Bardella et Marine Le Pen.
03:56Et donc le principal point d'attaque que va subir Charles Aloncle dans cette campagne, c'est ça.
04:01C'est de dire « Mais vous ne pensez pas ça, pourtant vous défendez ça. »
04:04Quel élan cette nomination peut donner à la campagne de Marine Le Pen, Sébastien Ligné ?
04:08Est-ce que ça peut séduire notamment un électorat de droite classique ?
04:11On évoque également Nicolas Sarkozy dans cette interview.
04:14Est-ce que voilà, Nicolas Sarkozy qui en plus observe avec intérêt évidemment ce qui est en train de se
04:18construire dans ce camp
04:19entre l'UDR, le Rassemblement National, est-ce que ça peut donner un élan justement à cette campagne ?
04:23En tout cas, ça envoie un message. Ça envoie un message d'ouverture.
04:26Ça vient aussi d'une certaine manière tendre le bras un petit peu à cette idée,
04:30qui n'était pas complètement fausse d'ailleurs, d'un Rassemblement National qui avait un petit peu une position hégémonique
04:35et qui voulait finalement gouverner et gagner tout seul et pas forcément s'ouvrir aux autres.
04:40Je pense malgré tout que le RN a compris que maintenant qu'ils sont en posture réelle de pouvoir emporter
04:45l'Elysée,
04:46que la grande question qui s'amènera à se poser pour eux, c'est gouverner avec une majorité si possible
04:50stable
04:50et qu'aujourd'hui, malgré la posture on va dire officielle du ni droite ni gauche de Marine Le Pen,
04:56tout le monde au RN a bien compris que s'ils doivent gouverner avec un camp politique pour avoir une
05:01majorité en 2027,
05:02ce sera plutôt avec la droite. Et donc il faut créer des passerelles, il faut créer des sas.
05:06Et l'UDR ça a été aussi créé pour cela. C'est un sas pour des élus de droite qui
05:11pour plein de raisons
05:12se disent qu'ils ne peuvent pas rejoindre directement le RN et donc ils passent plutôt par l'UDR.
05:18Ça permet aussi de faire un sas, en effet, pour les électeurs. Mais d'ailleurs, on parle souvent de l
05:22'union des droites,
05:23mais en réalité l'union des droites sur le terrain, elle est déjà acquise en réalité.
05:28C'est-à-dire que Marine Le Pen n'est pas passée de 23%, c'est-à-dire son score
05:31au premier tour de 2022,
05:32à aujourd'hui 35% des attentions de vote. Par magie, ces 12 points, elle ne les a pas récupérés
05:37chez les abstentionnistes,
05:38elle ne les a pas récupérés chez les communistes, les écologistes ou les insoumis.
05:42Elle les a récupérés dans un électorat plutôt de droite bourgeoise, voire pour une partie de centre droit,
05:47voire pour une partie d'anciens électeurs d'Emmanuel Macron qui se tournent aujourd'hui vers Marine Le Pen
05:52parce qu'ils voient des évolutions. Par exemple, Marine Le Pen parle aujourd'hui ouvertement
05:57d'une ouverture à la capitalisation sur les retraites par le biais d'un fonds souverain.
06:02Pardon, mais entendre Marine Le Pen parler de capitalisation, ne serait-ce que d'ouvrir avec un fonds souverain,
06:10il y a 10 ans, c'était impensable. Donc il y a quand même des évolutions.
06:14Reprenez le programme de Marine Le Pen en 2017, regardez aujourd'hui les premières propositions pour 2027.
06:20Sur le volet économique, on est quand même sur un virage à un bon 90 degrés quand même.
06:25Alors dans l'interview, on parle évidemment d'union des droits de Charles Lalonde,
06:28demande à Bruno Retailleau, David Lissnard ou encore Sarah Knaffo l'humilité de reconnaître
06:32qu'on est bien moins bien placé, je vais y arriver, pour gagner.
06:36Est-ce que tout est une question d'égo, Jules Torres ?
06:38Oui, malheureusement, en politique, tout est une question d'égo, et particulièrement à droite.
06:42C'est-à-dire que la gauche, elle est capable de s'allier alors même qu'elle s'insulte en
06:46campagne,
06:46alors même qu'il se déteste. Et c'est vrai que, je ne pense pas qu'il se déteste moins
06:50à droite,
06:50mais je pense qu'il y a beaucoup plus d'égo, il y a une capacité à se rassembler qui
06:53est beaucoup moins forte.
06:54Et puis, encore une fois, oui, il y a des luttes de chapelle, il y a des tentations hégémoniques qui
06:58existent un petit peu partout.
07:00Et puis, ils ont toujours tendance à penser qu'ils sont le dénominateur commun,
07:04et c'est-à-dire que tout le monde réclame l'union des droites, mais à condition qu'elle se
07:07fasse derrière soi.
07:08Donc, c'est vrai que c'est un petit peu problématique quand vous entendez ça.
07:10David Lissnard veut l'union des droites, mais il veut que ce soit derrière lui.
07:12Sarah Knafow, de la même manière.
07:14Éric Zemmour, de la même manière.
07:15Marine Le Pen ne veut pas l'union des droites.
07:16Donc, c'est vrai que quand vous regardez tout ça, vous vous dites, c'est un petit peu compliqué.
07:20Il y en a un seul, en réalité, qui a fait cette union des droites, qui a franchi le rubricon,
07:24qui a eu du courage de le faire, c'est Éric Ciotti.
07:26Et il a réussi à le faire.
07:27Alors, au départ, c'est vrai qu'en 2024, il part avec des forces qui sont amoindries,
07:32mais il a réussi à créer un parti qui s'appelle l'UDR.
07:34Et en acceptant de ne pas être numéro un.
07:35En acceptant parfois, eh bien, même d'exprimer sa sensibilité,
07:41mais tout en disant, oui, j'appartiens aussi à la grande famille du Rassemblement National.
07:44Et donc, il y a des politiques publiques avec lesquelles je suis en désaccord,
07:47mais que je vais devoir défendre dans la campagne.
07:48Ça, ça existe.
07:49Et puis, dernière chose, c'est un des arguments qui étaient contre le Rassemblement National ces dernières années,
07:54c'est qu'on se demandait qui étaient les ministres.
07:56C'est quoi un gouvernement RN ?
07:59Aujourd'hui, il y a des figures qui émergent, et à ce titre-là, j'ai l'impression qu'avec
08:02l'UDR,
08:03et notamment avec Charles Aloncle, il y a des potentiels ministres, des ministrables,
08:07qui sont en train d'éclore dans le débat public.
08:10Et encore une fois, je trouve intéressant d'ailleurs que Charles Aloncle ne se réduise pas à la seule commission
08:14Aloncle,
08:15au rapport Aloncle.
08:16Ce n'est pas parce que Charles Aloncle a mené une commission d'enquête sur l'audiovisuel public
08:19qu'il sera ministre de la Culture, forcément.
08:21Alors, évoquons la primaire ou pas primaire.
08:23Je vous propose d'écouter, pour commencer, Bruno Retailleau, candidat LR à l'élection présidentielle.
08:27Il n'est pas contre une primaire à condition qu'elle soit ouverte.
08:30Il était l'invité cette semaine de Laurence Ferrari.
08:32Je n'ai jamais été opposé à la primaire.
08:34Je n'ai pas du tout peur de la compétition.
08:36Au contraire.
08:37Simplement, une primaire, simplement avec David, ça sert à quoi ?
08:40Si Edouard Philippe n'est pas dans la primaire, ça sert à quoi ?
08:43Donc, si demain, les gens se retrouvent avec cette idée de primaire,
08:47à condition qu'elle soit ouverte, pas de primaire fermée,
08:49une primaire ouverte, où il y a tout le monde.
08:52Tout le monde sait de qui ?
08:53Non, mais la droite est le centre.
08:55Éric Zemmour, non.
08:55Non, parce que, de toute façon, si Éric Zemmour, il n'y a pas Edouard Philippe.
09:00À quoi ça sert ?
09:01Edouard Philippe est à 14 ou 15% dans les sondages.
09:04S'il est écarté, ça ne sert à rien à la primaire.
09:07Si on veut se donner des chances, moi, je veux en tout cas une carité
09:10et je veux une ligne qui soit à droite.
09:12Bruno Retailleau parle d'Edouard Philippe.
09:14Ça tombe bien.
09:15Edouard Philippe sera l'invité du 20h dans quelques minutes sur TF1 ce soir.
09:18Que peut-il annoncer Bruno Retailleau ?
09:20Effectivement, si Edouard Philippe ne partit pas à la primaire, lui n'y va pas.
09:23Donc, en réalité, le projet servirait un peu à rien.
09:25Est-ce que vous pensez qu'Edouard Philippe a annoncé quelque chose ce soir ?
09:28Ou alors, comme grand habitué du macronisme, il nous fait une feinte comme Emmanuel Macron ?
09:31Plus la deuxième possibilité, selon moi.
09:33Non, mais ce qui est terrible, je vais vous dire, c'est que
09:36faire l'Union dans le seul but de sauver son poste
09:40et d'avoir une potentielle chance d'accéder au second tour, ça n'a aucun sens.
09:44L'Union, quand elle a réussi à se faire à gauche comme à droite,
09:48il y a quand même eu soit un enjeu électoral extrêmement ferme,
09:52typiquement avoir une majorité à l'Assemblée nationale dans le cadre d'une offre populaire,
09:55soit un programme commun.
09:57Le programme commun de la gauche, notamment en 1981.
10:00Mais l'idée de faire une union avec des gens qui ne s'entendent absolument pas,
10:04qui ont des divergences profondes, parce que, pardon,
10:05j'ai quand même entendu Gabriel Attal nous expliquer
10:07qu'il faudrait faire une union, voire une grande primaire,
10:10qui irait de Raphaël Glucksmann à Bruno Retailleau.
10:12L'intérêt est de reformer l'UMPS pour sauver son poste
10:15et faire en sorte que le système survive 5 ans plus.
10:18Je ne suis pas certain que ce soit ce dont les Français ont envie
10:21après 10 ans de macronisme.
10:23Je pense qu'ils ont plutôt envie de radicalité, de vision pour la France.
10:27Et aujourd'hui, il n'y a que deux visions qui s'affrontent,
10:28celle de Jean-Luc Mélenchon et celle de Marine Le Pen.
10:30Et tiens, scoop au hasard,
10:32c'est les deux visions qui sont aujourd'hui données au second tour.
10:35Un grand merci à mes débatteurs du soir,
10:37Jules Torres et Sébastien Ligné.
10:38J'en profite pour vous rappeler que Christine Kelly
10:40vous donne rendez-vous du lundi au jeudi,
10:42de 11h à 13h, pour vous donner la parole
10:44et débattre en direct avec ses chroniqueurs
10:46et invités sur tous les sujets d'actualité.
10:48Sur Europe 1, votre parole compte.
10:50Appelez Christine Kelly au 01 80 20 39 21.
10:54Christine Kelly et vous, c'est de 11h à 13h sur Europe 1,
10:57la radio libre.
10:58Tout de suite, c'est le journal de 20h de Frédéric Jonchrey.
11:01Moi, j'aurai le plaisir de vous retrouver vendredi prochain
11:02de 18h à 20h pour Europe 1 Soir.
11:05Je vous souhaite une excellente soirée sur Europe 1.
11:07Merci.

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