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Michel Onfray passe en revue l’actualité de la semaine dans #FaceAMichelOnfray. Présenté par Laurence Ferrari.
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00:00Bonjour à tous, bonjour à toutes, bienvenue dans Face à Michel Onfray sur CNews et sur Europe 1.
00:03Bonjour Michel.
00:04Bonjour Laurence.
00:04J'espère que vous allez bien malgré la canicule.
00:07On va en parler un tout petit peu dans cette émission parce que cet épisode caniculaire que subit la France
00:11provoque de nombreux déblats, notamment sur le réchauffement climatique,
00:15sur la façon de lutter contre la chaleur et pour ou contre la climatisation.
00:20Évidemment, tout cela a pris une tournure politique.
00:22Les écologistes prônent la rénovation thermique des bâtiments,
00:25mais ils ont toutefois convenu que la climatisation était parfois indispensable.
00:30Vous allez nous donner votre point de vue, non pas sur la climatisation,
00:33mais sur le fait qu'on n'invite pas assez d'astrophysiciens sur nos plateaux
00:36et un peu trop de météorologues.
00:38Vous nous expliquerez pourquoi.
00:39Cette semaine, Michel a été marqué également par le rapport d'inspection
00:42sur les dysfonctionnements de la justice et la gendarmerie
00:45dans le cadre de la mort de la petite Liana.
00:47Le système de protection a failli, a affirmé le Premier ministre Sébastien Lecornu.
00:52On se posera la question de la notion de responsabilité.
00:55Qui est vraiment responsable aujourd'hui ?
00:56On a l'impression que plus personne ne prend ses responsabilités.
00:59Et puis l'affronte des magistrats aussi.
01:01Il s'insurge contre les sanctions prises par le ministre de la justice,
01:05Gérald Darmanin, nous y reviendrons.
01:07Les députés ont approuvé cette semaine une réforme constitutionnelle
01:11visant à accorder la Corse à la Corse des pouvoirs dérogatoires.
01:14Au nom de ces spécificités, le texte doit être examiné maintenant au Sénat.
01:18Mais que pensez-vous de cette réforme ?
01:20Est-ce que c'est pour vous une menace pour l'unité nationale ?
01:23Ou c'est le début d'une régionalisation ?
01:25C'est la fin du jacobinisme ? On vous entendra là aussi, Michel.
01:29Le Brexit, dix ans plus tard, les Britanniques semblent regretter cette décision qui les a fait sortir de l'Union
01:34européenne.
01:35Retrouver sa souveraineté pour faire la même politique,
01:38selon vous, c'est une impasse qu'il n'est pas possible d'impliquer et d'imputer au Brexit lui
01:43-même,
01:43mais aux dirigeants politiques qui se sont succédés à une cadence effrénée en Grande-Bretagne.
01:49Le peuple iranien, grand oublié de l'accord passé entre les Etats-Unis et l'Iran,
01:53l'artiste iranienne Parasto Amadi a été condamnée à 74 coups de fouet pour avoir chanté sans voile.
02:00Vous voulez que l'on pense à ce peuple iranien ?
02:02Enfin, le point philo, Michel.
02:04Aujourd'hui, vous nous recommandez un livre de François Châtelet.
02:07C'est un éloge du XXe siècle, écrasé par les vedettes de la déconstruction.
02:11Platon, il avait une façon simple et claire de penser sans Platon.
02:16Ce sera notre rendez-vous philo à la fin de l'émission.
02:18Vous êtes prêts ?
02:19On commence par la chaleur qui nous accable tous,
02:21une température exceptionnelle, tous les départements concernés,
02:24toute la carte de France est rouge juif.
02:26La climatisation n'est pas la seule solution,
02:29mais quand même, on voit que c'est assez inégalitaire en fonction de vos moyens, de vos revenus.
02:34Les verts ont un tout petit peu changé de position politique là-dessus.
02:37Je vous propose juste d'écouter d'abord la ministre de la Transition écologique,
02:41qui s'appelle Madame Barbu,
02:43qui estime qu'il y a devant nous un mur d'investissement pour mettre notre pays aux normes.
02:46Écoutons-la.
02:48L'État, on ne peut pas dire qu'il n'a rien fait.
02:51Les plans nationaux d'adaptation aux changements climatiques qui ont été mis en œuvre,
02:57on en est à la version numéro 3,
03:01puisque les deux premiers ont été terminés.
03:04Le troisième est en cours d'application.
03:06Je rappelle que 185 mesures de ce plan ont déjà été exécutées,
03:13doit nous amener aussi à réfléchir à la question des moyens.
03:17C'est un mur d'investissement qu'il va falloir que nous acceptions de regarder collectivement.
03:24Ce mur d'investissement, il est tant pour l'État que pour les collectivités et les individus.
03:31Pour la ministre de la Transition écologique.
03:33Sur ce sujet, Michel, on parlera après des astrophysiciens,
03:36mais est-ce que vous pensez qu'on est à la hauteur,
03:38que notre pays n'est pas un peu arriéré en matière de gestion de la chaleur,
03:42alors que d'autres pays européens le font beaucoup plus facilement ?
03:44D'abord, en France, tout est idéologique.
03:46Donc, vous avez les Jeux Olympiques, c'est idéologique.
03:48Le climat, c'est idéologique.
03:50Il tombe de la neige, c'est idéologique.
03:51Enfin, tout est idéologique.
03:53Donc, le mur d'investissement, le mur d'investissement, le mur d'investissement.
03:56On ne peut pas mieux dire, l'a dit plusieurs fois, cette dame, en si peu de temps,
03:59que l'écologie, c'est un business.
04:01C'est un business de business, c'est-à-dire pour faire de l'argent,
04:04pour faire des chantiers et récupérer de l'argent.
04:07Mais c'est aussi un business politique.
04:08Ces gens qui ne pèsent pas grand-chose,
04:10ils pèsent beaucoup dans une élection présidentielle,
04:12où vous avez besoin de 2, de 3 % et que tout pourcent supplémentaire est bienvenu.
04:17Et on a vu comment Lionel Jospin, avec sa majorité plurielle,
04:20était obligé de dire, venez, laissez venir à moi les petits-enfants
04:23et je vais faire quelques concessions.
04:25Vous ne pouvez pas dire, donnez-moi vos voix et puis je ne vous donne rien.
04:27Donc, on donne des choses.
04:28Et on donne l'énergie, on donne la suppression du nucléaire,
04:32on donne l'éolien, etc.
04:33Personne ne dit que, par exemple, les capteurs solaires font le bonheur de la Chine
04:38et le malheur des Français.
04:39Personne ne le dit.
04:40Il n'y a pas un seul écologiste.
04:42Enfin, si, ça commence à se dire.
04:43Moi, je l'ai dit depuis très longtemps.
04:44Mais maintenant, je suis injuste, il y a une littérature là-dessus.
04:47Mais peu de gens ont dit de bonheur.
04:51Ce que ça représentait, une semelle de béton pour une seule éolienne.
04:55La pollution, la destruction des sols.
04:58C'est-à-dire qu'on peut être contre la construction d'une autoroute.
05:01Mais quand vous voyez la bétonisation que ça a supposé sur la France entière,
05:05avec la destruction que ça suppose pour les animaux, pour le sol, etc.
05:09Enfin, rien n'est dit sur ce terrain-là.
05:11Donc, on a fait du climat un enjeu de politique politicienne.
05:15Et le philosophe que j'essaie d'être s'est dit,
05:17mais le climat, ça se pense philosophiquement.
05:19Et pas seulement sur le terrain de la petite politique politicienne
05:23où il s'agit de faire des appels du pied.
05:25On est en disant, donc, prochaine présidentielle,
05:26il faudra vous souvenir de moi quand tu auras perdu au premier tour
05:29et que tu seras au second tour.
05:30Enfin, que je serai au second tour.
05:31Il faudra que tu m'apportes tes voix.
05:32Donc, moi, je te donnerai ceci.
05:34Tu auras, évidemment, ça prend la forme de sonnantes et trébuchantes
05:36de secrétariat d'État, de ministères, de voitures, d'avantages divers.
05:41Et puis, souvenez-vous, jadis, on parlait du pot catalytique.
05:44Plus personne ne parle du pot catalytique.
05:46Jadis, on parlait du trou dans la couche d'ozone.
05:47Plus personne ne parle de la couche d'ozone.
05:49Il s'est reconstitué.
05:50Oui, c'est ça.
05:50Il s'est reconstitué.
05:51On nous a pourri la vie avec le trou.
05:53Puis, d'un seul coup, le trou, il se réserve tout seul.
05:55Et puis, un jour, on dit, non, ce n'est plus le sujet.
05:56Donc, on voit bien qu'il y a un enjeu idéologique à l'écologie.
05:59Et moi, ça me fatigue de prendre, qu'on prenne les gens pour des imbéciles.
06:04Jadis, vous allez dans les vieilles maisons paysannes ou même en Martinique,
06:08où vous avez des températures incroyables.
06:09La construction est différente, avec les gros murs épais en pierre.
06:12Non, pas seulement.
06:13Je vous assure que les constructions en bois en Martinique,
06:16avec simplement une espèce de petite logique,
06:19de petits trous percés pour faire de la ventilation,
06:21je vous assure qu'il y a du génie, par exemple, dans le peuple antillais,
06:24dans la fabrication de choses extrêmement simples.
06:27On n'a pas besoin de savoir...
06:29Donc, avec du bon sens.
06:30De la tradition.
06:31Et de la tradition.
06:32De la tradition.
06:32Oui, c'est vrai, vous avez raison.
06:34Jadis, on avait...
06:34Ma mère, elle habite toujours dans une maison
06:36et les murs font 1,50 m d'épaisseur.
06:38C'est une très vieille maison.
06:40Et bien donc, il fait 25 dans sa maison, alors qu'il fait 42 dehors.
06:43Donc, oui, il y avait des stratégies de construction.
06:45Jadis, avec les anciens, il y avait des matériaux,
06:47avec la terre, avec le bois, avec la paille, etc.
06:49Donc, il y avait, oui, des logiques de construction anciennes.
06:53Aujourd'hui, il est de bon ton, quand on est architecte,
06:55de travailler le verre.
06:57Ça, c'est formidable.
06:57Et le métal.
06:58Et le métal, c'est formidable.
06:59Tout ça accumule les chaleurs.
07:01Et là, vous dites, il est beau, mon bâtiment ?
07:03Oui, mais il est invivable.
07:04Il est juste invivable.
07:04Et vous avez des écoles invivables,
07:06vous avez des tribunaux invivables,
07:07vous avez des hôpitaux invivables.
07:08Les hôpitaux.
07:09Juste, on dit, on a fait un geste, comme disent les architectes.
07:11Ah, ils en ont fait, des gestes.
07:13Simplement, jadis, l'architecte était au service de l'habitant.
07:16Il fallait faire une maison pour qu'on puisse avoir chaud l'hiver et froid l'été.
07:21Et il y avait un génie populaire qui fonctionnait comme ça.
07:23Alors, aujourd'hui, on fonctionne avec de la 3D,
07:26avec de l'intelligence artificielle, avec des ordinateurs.
07:28Et on fabrique des bâtiments impossibles à habiter.
07:30Donc, évidemment, il y a du business.
07:32C'est le deal, Adam.
07:32Le mur des investissements.
07:34Il y a plein de gens qui se disent,
07:36continuons à raconter cette histoire du réchauffement.
07:38Je rappelle qu'Emmanuel Le Rouen-Ladurie,
07:41qui est un historien sérieux et pas complotiste,
07:43avait écrit un livre formidable qui s'appelait
07:45« L'histoire du climat » depuis l'an 1000.
07:47Parce qu'il avait retrouvé des archives chez les viticulteurs
07:50qui, eux, papiers, crayons,
07:51mettaient tous les jours ce qui se passait en termes de météo.
07:54Levé du soleil, couché du soleil,
07:57hygrométrie, la température, tout ça.
07:59Donc, il y a des archives.
08:00On les connaît.
08:01Et lui, il nous explique qu'effectivement,
08:03il a eu peur sur la fin de son existence.
08:05Emmanuel Le Rouen-Ladurie, il a fini par faire un livre d'entretien
08:07pour dire qu'il ne voudrait surtout pas être le complice des complotistes, etc.
08:11Mais parce qu'il disait quoi ?
08:12Mais lui, il nous disait qu'il y a simplement des cycles de refroidissement,
08:14des cycles de réchauffement.
08:15Et vous avez des cycles, par exemple, au moment de Louis XIV,
08:18un cycle de refroidissement où les gens font du patin sur la glisse,
08:22sur la Seine, avec plusieurs centimètres d'épaisseur de glace.
08:27Donc, c'est le mouvement des astres.
08:30Alors, je ne nie pas l'implication des hommes,
08:32disons-le pour être très précis,
08:34c'est-à-dire ce qu'on appelle la part anthropique.
08:36Anthropos, l'homme.
08:37Oui, il y a une part anthropique,
08:38et de fait, notre comportement n'est pas terrible pour la planète.
08:40Mais on est très anthropocentré.
08:44On est très fiers de nous-mêmes, dans la détestation de nous-mêmes.
08:46On a tout fait dans le pire.
08:48Et donc, si le comportement de la planète est celui-ci,
08:51c'est de notre faute.
08:52Et ce n'est pas bien.
08:53Moi, je rappelle que quand même,
08:54la planète, elle est dans une configuration d'univers
08:56qui, eux-mêmes, sont dans des configurations de plurivers
08:58ou de multivers,
08:59et qu'il y a des interactions qu'on ne connaît pas.
09:01Un peu de modestie,
09:02plutôt que de se battre la coupe en permanence,
09:05en disant que c'est de notre faute.
09:06À l'époque, il n'y avait ni mobilette, ni avion, ni train.
09:09Il y avait une démographie minimale.
09:10Il n'y avait pas grand-chose.
09:11Il y avait des périodes de réchauffement de la planète.
09:14Et je rappelle que l'étymologie de canicule,
09:16ça renvoie au chien, au petit chien,
09:18qui n'est pas le petit chien qui aboie,
09:20mais qui est le chien des constellations.
09:21Parce que les Grecs et les Romains avaient compris
09:24que cette espèce de puissance du Soleil
09:26était en relation avec l'interaction des astres.
09:30Donc, c'est pour ça que vous voulez des astrophysiciens
09:32sur notre tête, sur les plateaux ?
09:33Astrophysiciens, pas seulement des météorologues
09:34qui sont devenus des curés de la météo aujourd'hui.
09:36Parce que si vous commencez à émettre vaguement un août,
09:39vous vous faites virer du service public
09:41quand vous êtes un présentateur de météo.
09:43Et j'ai vu à la météo des jeunes filles,
09:44toujours très à corte,
09:45qui sont en train de nous faire des grandes théories.
09:47Et qui sont des théories,
09:49on sent bien que derrière, on a peur
09:51de ne pas dire les choses qu'il faudrait dire.
09:53Pensons la question du climat.
09:55Plutôt que de dire que c'est de notre faute,
09:56on n'aurait pas dû et on devrait.
09:58Et alors, Mme Osso,
10:01qui vient de nous expliquer qu'il faut mettre des torchons.
10:03On crampait sur des ventilateurs pour passer de 40 à 37.
10:06Et on se dit, mais c'est pitoyable.
10:08Dans tous les endroits du monde
10:09où il y a des températures caniculaires, pour le coup,
10:12ou des températures terribles,
10:13on a de la climatisation.
10:18Donc, climatisons, point à la ligne.
10:19Et climatisons dans des endroits où il y a des malades,
10:21où il y a des personnes âgées,
10:22où il y a des enfants,
10:22enfin, les gens les plus fragiles.
10:24Et puis, rendons possible la climatisation.
10:26Aujourd'hui, quand vous avez un vague studio
10:28dans un arrondissement de Paris,
10:30il faut absolument solliciter l'architecte des bâtiments historiques
10:32pour savoir si,
10:33même si vous êtes à 10 kilomètres à vol d'oiseau
10:35de Notre-Dame de Paris,
10:36ça ne va pas faire un trou dans le paysage
10:37parce que vous aurez une prise d'air
10:39qui fera 20 centimètres de diamètre.
10:41Tout est compliqué, effectivement.
10:42La France.
10:43C'est la France.
10:44Bureaucratie, administration,
10:45et puis les interdictions.
10:48En poignard.
10:48Le bout d'interdictions.
10:49On adore interdire en France.
10:50On est face à Michel Onfray sur CNUS et sur Europe 1.
10:52Autre grand sujet de l'actualité, Michel,
10:54les dysfonctionnements de la justice.
10:55On en a déjà parlé,
10:57mais il y a eu ce rapport de l'inspection,
10:59à la fois demandé pour la justice et la gendarmerie.
11:01Il a montré des défaillances.
11:03Le système de protection a failli,
11:05a dit le Premier ministre Sébastien Lecornu.
11:07On va se poser la question de la responsabilité.
11:09Qui est responsable au fond ?
11:10On a l'impression que personne ne l'est.
11:11Il y a la fronte des magistrats
11:13qui n'ont pas supporté que Gérald Darmanin
11:14prenne des sanctions contre un substitut du procureur.
11:18On va d'abord écouter le ministre de la Justice
11:21qui était l'invité de notre antenne cette semaine.
11:23Il maintient qu'il a le droit de prendre des sanctions
11:26contre les magistrats du parquet.
11:28En ce qui concerne les magistrats du parquet,
11:31parce qu'il s'agit bien des magistrats du parquet,
11:32c'est-à-dire qu'ils sont sous l'autorité hiérarchique
11:35des procureurs généraux, donc du ministre de la Justice.
11:37C'est la Constitution et la loi organique.
11:39Nous respectons l'état de droit.
11:40Oui, j'ai le droit de proposer des sanctions au CSM.
11:44Il me donne un avis.
11:45Et je suis ou je ne suis pas l'avis du conseiller de la magistrature.
11:48Voilà, donc il a pris ses sanctions et ça a provoqué
11:54une révolte des magistrats, de certains magistrats,
11:57qui proposent des manifestations,
11:58qui proposent une journée justice morte.
12:01C'est bien pour faire...
12:03Non, parce que quand même, il travaille.
12:05Mais vraiment, alors qu'il y a tant d'urgence,
12:07quand on est qu'à 60 000 dossiers...
12:08Non, mais la justice est morte, c'est pour ça que j'ai dit.
12:09Ah, est morte, c'est cru.
12:10Oui, mais c'est vrai, vous avez raison.
12:12On va juste écouter la magistrate Béatrice Bourger-Hercel
12:15qui n'est pas d'accord pour ce mouvement de fronde.
12:16Et puis, je vous passe la parole, Michèle Onfray.
12:19Moi, je ne me reconnais pas dans cette démarche
12:22puisque je n'y participe pas.
12:25Et cette démarche me surprend un peu.
12:28En tout cas, elle n'est pas dans ma façon de voir les choses.
12:32Dans la mesure où je pense qu'elle n'est pas totalement adaptée
12:36à la situation aujourd'hui.
12:38Qu'on puisse réagir, c'est tout à fait normal.
12:41Ça fait partie d'ailleurs du débat public.
12:44Après, c'est la manière dont on le fait qui peut interroger.
12:48Moi, ce qui est sûr, ce que je peux dire,
12:49c'est qu'aujourd'hui, vous avez des milliers de magistrats
12:52qui sont à pied d'œuvre pour travailler,
12:55notamment pour rendre justice.
12:57Et que ça ne représente pas nécessairement
13:01l'état d'esprit de tous les magistrats.
13:03Voilà, pour le constat, il y a ce rapport,
13:05il y a ces sanctions et il y a la fronte des magistrats.
13:08Par quoi est-ce que vous voulez commencer, Michel ?
13:10L'état de la justice.
13:11Oui, c'est la même chose.
13:12Tout est lié, évidemment.
13:14Moi, j'ai beaucoup cité, et je cite encore,
13:15et je citerai encore La Fontaine, le XVIIe siècle.
13:19Selon que vous serez puissant ou misérable,
13:20les jugements de cour vous rendront blanc ou noir.
13:22C'est une façon de dire, si vous êtes puissant,
13:24si vous êtes du côté du clergé, la noblesse, etc.,
13:29eh bien, vous savez bien que les juges vont rendre
13:30un certain type de justice.
13:32Et puis, si vous êtes misérable,
13:33si vous êtes un petit paysan,
13:34si vous êtes un petit travailleur,
13:36si vous êtes quelqu'un de modeste,
13:37eh bien, vous allez vous en prendre plein la figure.
13:39C'est toujours le cas.
13:41Si La Fontaine le disait,
13:42c'est qu'effectivement, il y avait toujours une idéologie
13:44derrière la justice.
13:45Oui, mais elle était aussi aux ordres du pouvoir.
13:48Là, on s'aperçoit qu'elle s'est autonomisée.
13:49Non, non, non.
13:50Et désormais, elle n'obéit qu'à elle-même.
13:52Non, elle est aux ordres du pouvoir idéologique
13:54de notre civilisation.
13:55C'est-à-dire, vous savez aujourd'hui que
13:58les puissants et les misérables ne sont plus les mêmes.
14:00C'est-à-dire que, paradoxalement,
14:01il y a des catégories sociales,
14:03il y a des catégories ethniques,
14:04il y a des catégories culturelles
14:05qui peuvent passer pour misérables dans notre société,
14:08mais qui sont puissantes
14:09dans le logiciel idéologique français.
14:12Vous savez, c'est quand il y a eu cette harangue de Baudot
14:15qui est une harangue que ce monsieur fait
14:17dans l'esprit de mai 68,
14:19qui est un magistrat.
14:20Et il l'a fait à l'école de la magistrature
14:21en nous expliquant que la justice doit être injuste
14:24et qu'elle doit prendre le parti de ceci, de cela, etc.
14:27Il nous fait une liste.
14:28Donc, prendre le parti de la femme sur l'homme.
14:32Et si la femme a commis un crime,
14:34ça veut dire qu'il faut prendre le parti du crime.
14:37Et il dit exactement la même chose,
14:38le parti du migrant contre le blanc,
14:40de l'ouvrier contre le patron.
14:43Ça veut dire qu'on ne prend plus le parti de la justice.
14:45La justice, elle est inégalement répartie.
14:47Vous avez des gens qui font des choses bien,
14:49des gens qui font des choses pas bien,
14:50et des gens qui font des choses pas bien.
14:52Ils ne sont pas que blancs.
14:53Ils ne sont pas que hommes.
14:55Ils ne sont pas que, etc.
14:56Donc, cette façon de dire
14:57« Soyez injustes parce qu'aujourd'hui,
14:59la justice doit être politique »,
15:00c'était clairement dit.
15:01Et Béatrice Bugère, dont j'aime beaucoup le travail,
15:03dit, et elle a raison,
15:05elle me modère d'une certaine manière
15:06en disant ce qu'elle dit,
15:07c'est-à-dire en disant « Il y a des gens très bien »,
15:09et c'est vrai.
15:09Mais simplement, c'est toujours mon père,
15:11il suffit d'une pomme pour rire la totalité du compotier.
15:14Et vous avez des gens qui,
15:16à l'école de la magistrature à Bordeaux,
15:18par exemple,
15:19fabriquent des cerveaux
15:20de jeunes garçons et de jeunes filles
15:21qui arrivent à 20 ans,
15:23et à qui déjà on a mis des doses de palestinisme,
15:25de haine du patron,
15:26de détestation du capital, etc.
15:28Et à qui on dit « Maintenant, vous allez avoir du pouvoir,
15:30mettez ce pouvoir au service de cette idéologie ».
15:32Et c'est ça le problème.
15:33Je rappelle que la justice n'est pas au service
15:36de l'idéologie, voire de l'idéologie d'État,
15:39ça reste quand même l'idéologie d'Emmanuel Macron,
15:41qui était l'idéologie des précédents.
15:43Quelques-uns ont touché,
15:44bien mal leur en a pris.
15:46Je rappelle que Nicolas Sarkozy,
15:47ayant dit ce qu'il a dit,
15:49sur la question des magistrats,
15:50il a payé cher,
15:51il paye cher encore,
15:51et il risque de le payer cher aujourd'hui.
15:53On ne touche pas à la justice.
15:54Mais si, je rappelle que la justice,
15:56elle émane du peuple,
15:57c'est au nom du peuple français
15:58que la justice est rendue.
16:00Et donc, il faudrait retrouver
16:01le contrat social avec le peuple.
16:03Comment ?
16:03Est-ce qu'il y a des solutions
16:04à ce qu'il faut faire élire les procureurs ?
16:07Oui, moi je le pense très précisément.
16:09On doit pouvoir,
16:09plutôt que de dire,
16:10moi je rends la justice,
16:11et puis on dit,
16:12vous avez la justice,
16:13les yeux bandés,
16:14vous tenez la balance,
16:15et les plateaux de la balance
16:16sont équilibrés, etc.
16:17On oeille,
16:18c'est-à-dire qu'on enlève le bandeau,
16:19on regarde à qui on a affaire,
16:20on dit celui-là,
16:22puissant,
16:22celui-là,
16:23misérable,
16:23celui-là,
16:23il est riche,
16:24allez hop,
16:24il va payer.
16:25Celui-là,
16:25il a été puissant,
16:26il était président de l'Union,
16:27il va payer.
16:28Celui-là, etc.
16:29Et donc,
16:29il faut retrouver un contrat social
16:31avec le peuple,
16:32il faut que le peuple puisse dire,
16:33nous voulons ce genre de juge,
16:34point à la ligne,
16:35c'est pas compliqué.
16:36Donc oui,
16:36comme aux Etats-Unis,
16:37c'est très compliqué.
16:38Quand vous avez lu
16:39de la démocratie en Amérique,
16:40vous voyez que c'est une machine
16:41très complexe,
16:42la démocratie américaine.
16:43Et encore aujourd'hui,
16:44et encore,
16:44c'est un Etat fédéral
16:45dans lequel,
16:46dans tel Etat,
16:47ou dans tel autre Etat,
16:47ou dans tel Etat,
16:48vous n'avez pas forcément
16:48le même fonctionnement.
16:49Mais notre République nous dit
16:51que c'est le peuple
16:52qui est souverain.
16:53Ça devrait l'être.
16:54Et le peuple souverain
16:55devrait l'être en matière de justice.
16:57Et on sait bien
16:57quand on interroge le peuple
16:58sur ces questions-là
16:59ce qu'il veut,
16:59ce qu'il souhaite.
17:00Alors il y a les extrémistes
17:01qui disent
17:02revenons à la peine de mort.
17:03Et puis d'autres qui disent
17:04mais si nous en revenions
17:06simplement à une justice juste.
17:08Aujourd'hui,
17:09c'est même plus un pléonasme
17:09parce qu'il y a une justice injuste.
17:11Et je pense que si on pouvait
17:13effectivement faire de telle sorte
17:14que l'école de la magistrature
17:15ne produise pas que
17:17ces individus formatés
17:18qui eux-mêmes,
17:19de bonne foi,
17:20je me souviens qui j'étais
17:21quand j'avais 25 ou 30 ans.
17:23On est quand même perméable
17:23aux bêtises de l'époque,
17:24aux bêtises du moment,
17:25aux bêtises des enseignants,
17:27aux bêtises du milieu,
17:28aux bêtises, etc.
17:29Et il faut un certain temps
17:30pour devenir un homme libre,
17:31une personne libre.
17:33Et je n'en veux pas
17:33à ces gamins
17:34qui sortent de l'école de la magistrature
17:36et qui ont une vision des choses.
17:37Puis un jour,
17:38on leur amène 10 dossiers,
17:39ils ne peuvent en traiter que 2
17:40et la machine s'emballe pour eux.
17:42Alors après,
17:43j'entends ce que dit la gauche
17:45en disant que nous manquons
17:46d'un personnel
17:47qui puisse faire correctement
17:48le travail,
17:48les greffiers,
17:49enfin plein de gens.
17:49J'entends ça.
17:50Et j'entends notamment
17:51sur les plateaux de CNews
17:53qu'effectivement,
17:54la France ne s'illustre pas
17:57dans la meilleure des hypothèses
17:59sur le nombre de magistrats
18:00que nous avons.
18:00Nous avons trop peu.
18:01C'est pas terrible.
18:02Et il y a la question
18:03de la responsabilité aussi.
18:04On a l'impression
18:05que plus personne n'est responsable.
18:07Ça a un sens.
18:08Le mot responsabilité.
18:09Oui.
18:09Et là,
18:10les magistrats ne sont pas responsables.
18:11Les politiques ne sont pas responsables.
18:13Oui.
18:14Limite,
18:14les coupables ne sont pas responsables.
18:16Ce sont les victimes
18:16qui sont les responsables.
18:18Oui.
18:18Mais c'est là
18:19qu'il faut prendre les choses
18:21d'un peu plus haut
18:21en se disant que
18:22dans les 1000 ans,
18:231500 ans,
18:24ou disons 2 millénaires
18:26pour aller vite,
18:26mais 1 millénaire et demi,
18:28il y a eu une idéologie d'État
18:30qui était issue du christianisme.
18:31Nous avons le choix.
18:32Dieu nous a créés libres
18:33et nous avions la possibilité
18:35de goûter ou de ne pas goûter
18:35du fruit de l'arbre de la connaissance.
18:37Ève a dit « vas-y »,
18:38parce que le serpent lui avait dit
18:39« Ève et Adam ont commis
18:41le péché originel ».
18:42Et il y avait effectivement
18:43cette faute.
18:43Nous sommes libres,
18:44nous avons le choix,
18:45nous sommes coupables,
18:46nous sommes responsables,
18:47donc on est susceptibles
18:47d'être punis
18:48ou on est susceptibles
18:49d'être récompensés.
18:50Susceptibles d'être punis,
18:51l'enfer,
18:51susceptibles d'être récompensés,
18:52le paradis.
18:53S'il y a un truc entre deux,
18:54il y a le purgatoire,
18:55peut-être qu'on peut encore prier
18:56pour faire de telle sorte
18:56que ça bascule, etc.
18:58On a fonctionné très longtemps là-dessus.
19:00Jusqu'à ce qu'on appelle
19:07Jean-Jacques,
19:08on a commencé cette idéologie
19:09de la faute à l'autre,
19:11la faute de l'autre,
19:12c'est toujours l'autre.
19:13Et puis on a deux personnages terribles
19:15qui sont Freud et Marx.
19:16Freud nous dit
19:17« il n'y a pas de liberté,
19:18il n'y a qu'un inconscient,
19:19donc on n'est pas coupable.
19:20Si vous êtes pédophile,
19:21c'est que finalement,
19:22il y a un papa, un maman,
19:23l'enfance, la libido,
19:24tout ça,
19:25vous êtes devenu un genre.
19:25Donc vous n'avez pas le choix,
19:27vous êtes déterminé.
19:28Il y a un déterminisme libidinal,
19:30il y a un déterminisme de l'inconscient.
19:31Et puis Marx qui de son côté dit
19:33« mais il y a un déterminisme économique ».
19:35Et donc si vous êtes prolétaire,
19:37si vous êtes bourgeois,
19:38ce n'est pas exactement la même chose.
19:39Et le prolétaire est déterminé
19:41à être ce qu'il est,
19:41le bourgeois est déterminé
19:42à être ce qu'il est.
19:43Et puis vous avez en mai 68
19:45un freudomarxisme.
19:45Alors là pour le coup,
19:46on ajoute et Freud et Marx.
19:48Et on dit
19:48« ah mais il n'y a pas de liberté,
19:50il n'y a pas d'autonomie,
19:50il n'y a pas d'indépendance,
19:51tout est déterminé,
19:52tout est politique ».
19:53On entend ça avec Manon Aubry
19:56qui nous dit
19:56« tout est politique,
19:57la fête de la musique est politique ».
19:58Et avec Marx,
20:03ou alors si vous cherchez
20:04une responsabilité,
20:05c'est la société.
20:06La société est coupable.
20:08Donc les gens qui...
20:09Et plus personne n'est responsable.
20:10Et plus personne n'est responsable.
20:11Et surtout pas le coupable.
20:13C'est-à-dire celui qui arrive
20:15et à qui on dit
20:16« il a violé des petites filles,
20:18ce type-là... »
20:21Comment s'appelle-t-il ?
20:22J'oublie son nom et son prénom.
20:23Jérôme Barrella.
20:24Oui, voilà.
20:25Qui est suspecté dans l'affaire Diana.
20:27Les États-Unis savaient
20:28que c'était un pédophile.
20:30Moi je ne dis pas pédocriminel,
20:31c'est une façon,
20:32je vous l'ai dit déjà l'autre jour.
20:33C'est une façon de dire
20:34que pédophile ça passe,
20:35pédocriminel c'est pas bien.
20:36Non, un pédophile est un pédocriminel.
20:38Et donc les États-Unis, eux, savent.
20:40Nous on ne sait pas.
20:41Et les États-Unis,
20:42sachant, ils nous le disent.
20:43Et nous n'en faisons rien.
20:44C'est pour ça que quand j'entends
20:45parler de dysfonctionnement,
20:46je dis « il n'y a pas de dysfonctionnement ».
20:47C'est le fonctionnement de la justice.
20:49On est effectivement très tolérant
20:51pour la pédophilie.
20:54Et on le sait
20:55parce que nombre d'intellectuels
20:57sont passés au travers des mailles du filet.
20:58Il y en a encore aujourd'hui.
20:59Ils existent.
21:00Ils ont pignon sur eux.
21:00Ce n'est pas mon boulot de donner leur nom.
21:02Mais je vous assure
21:03que si les gens mettaient un peu leur nez
21:04dans ce qui s'est dit dans les années 70,
21:06il y en a aujourd'hui
21:07qui ont presque 80 ans,
21:08je vous assure
21:09qu'ils sont bardés de diplômes,
21:10de décorations, etc.
21:12Personne n'estime
21:13qu'on aurait des comptes
21:13à leur demander.
21:14Maznev, par exemple,
21:16ce n'est pas lui
21:16qui a des diplômes, etc.
21:18Mais il est toujours
21:18dans les cocktails mondains.
21:19Il a écrit un livre
21:20qui s'appelait
21:20« Les moins de 16 ans »
21:21pour expliquer effectivement
21:22qu'il n'y a aucun problème.
21:23Donc non, non,
21:24il n'y a pas de dysfonctionnement
21:25de la justice,
21:26il y a un fonctionnement politique
21:27de la justice.
21:29Et Marx disait
21:30qu'il y avait
21:30des infrastructures économiques
21:31qui produisaient
21:32des superstructures idéologiques.
21:33L'infrastructure économique,
21:34c'est le mode de production,
21:35le capital, le capitalisme.
21:37Et la superstructure idéologique,
21:38c'est la pensée.
21:39L'art, la musique,
21:40la réflexion,
21:41la philosophie,
21:42la justice, etc.
21:43Et donc,
21:44si l'infrastructure conditionne
21:45la superstructure,
21:46changeons de société,
21:47plus de capitalisme
21:48et on n'aura plus de violeurs,
21:49on n'aura plus de pédophiles, etc.
21:50C'est une pensée extrêmement simple,
21:51extrêmement courte
21:52et pourtant,
21:53elle fait la loi
21:53à l'école de la magistrature.
21:54Pas chuter chez tous les magistrats,
21:56merci Beatrice Roger.
21:57Mais c'est une espèce de,
21:59c'est ce que Jean-Pierre Le Goff
22:00a appelé un gauchisme culturel
22:01qui est l'idéologie d'État.
22:03Écoutez,
22:04on va faire une petite pause,
22:04Michel Onfray,
22:05c'était passionnant
22:05cette partie sur la justice.
22:07On va se retrouver
22:08dans un instant
22:09sur CNews et sur Europe 1.
22:10On évoquera la question
22:11de la liberté d'expression,
22:12très importante,
22:13pilier de notre démocratie.
22:14Le Brexit aussi.
22:16Et puis,
22:16notre point philo,
22:16on va redécouvrir un platon,
22:18mais à la lumière
22:19d'un auteur qui s'appelle
22:20François Châtelet.
22:21A tout de suite.
22:21On se retrouve
22:22pour la seconde partie
22:23de Face à Michel Onfray
22:24sur CNews et sur Europe 1.
22:25Michel,
22:25la liberté d'expression,
22:27on va l'évoquer.
22:28Maxime Saada,
22:29le patron de Canal+,
22:30notre patron,
22:30donc,
22:31dénonce dans une tribune
22:32publiée cette semaine
22:33dans le Figaro
22:33une décision rendue
22:35par l'ARCOM,
22:36qui est l'autorité
22:36de régulation des médias.
22:39L'ARCOM qui s'inquiète
22:40d'un soi-disant manque
22:40de pluralisme
22:41sur nos antennes
22:43et qui émet une mise
22:44en donneur
22:45contre la chaîne CNews,
22:46notamment, écoutez bien,
22:48parce qu'il s'y émet
22:49des critiques répétées
22:50de l'action de l'exécutif.
22:53Ainsi donc,
22:53une autorité dite indépendante
22:55range la critique du pouvoir
22:57au rang des manquements.
22:59Est-ce que c'est normal
23:00pour vous,
23:00Michel Onfray ?
23:01Dans un régime dictatorial,
23:02oui.
23:03Dans un régime dictatorial,
23:04il y a une télévision d'État,
23:05il y a des médias d'État
23:06et on estime que toute critique
23:08du pouvoir d'État
23:09mérite une punition.
23:11Alors, jadis,
23:12c'était le goulag,
23:13ça a pu être aussi
23:13l'exécution d'une balle
23:14dans la tête,
23:15ça c'était les régimes
23:16franchement totalitaires.
23:17Et puis aujourd'hui,
23:18vous avez la possibilité
23:19de faire travailler
23:20des hackers d'État,
23:23je dirais,
23:24des gens qui, sur le net,
23:25vous pourrissent la vie
23:25en disant que vous êtes un fasciste,
23:26que vous êtes un nazi,
23:27que vous êtes d'extrême droite,
23:28etc.
23:29Et donc,
23:30ça fonctionne aujourd'hui comme ça.
23:31Mais là, pour le coup,
23:32on ne fait pas mieux
23:33en matière de télévision d'État,
23:34de télévision autocratique.
23:36On dit,
23:36vous n'avez pas le droit
23:37de critiquer le pouvoir.
23:39Alors, peut-être que dans ces cas-là,
23:40on va fermer aussi
23:40le canard enchaîné,
23:41puis Charlie Hebdo.
23:42Moi, je trouverais ça
23:43tout à fait normal
23:43qu'on puisse,
23:44dans la lignée,
23:44quand je dis...
23:45Ou d'autres antennes aussi.
23:47Oui, dans la lignée
23:47de ces gens-là,
23:49de dire,
23:49mais on ne touche pas
23:50au chef de l'État.
23:50Mais qu'est-ce que c'est que ça ?
23:51Qu'est-ce que c'est que ça ?
23:52Même le général de Gaulle
23:53a accepté qu'on puisse
23:54le caricaturer
23:55dans le canard enchaîné.
23:57Et ça s'appelle
23:57la liberté d'expression.
23:58Moi, je pense que les Américains
24:01sont excellents sur ce sujet-là.
24:02Ils nous disent
24:02liberté totale,
24:03y compris dans le pire.
24:05Par exemple,
24:05une loi Guesso
24:06ne serait pas possible
24:07aux États-Unis.
24:13Donc, quand vous commencez
24:14à dire,
24:14oui, on a le droit
24:15de dire tout,
24:15sauf pas ceci,
24:16pas cela, etc.
24:17Et vous voyez
24:17comment on juridicise.
24:19C'est-à-dire,
24:19comme aujourd'hui,
24:19il y a plein de choses
24:20que vous ne pouvez plus dire
24:21sur un certain nombre
24:22de sujets.
24:22Vous vous retrouvez
24:23au tribunal,
24:23simplement parce qu'il y a
24:25ce qu'il faut dire
24:26et ce qu'il ne faut pas dire.
24:27Si vous voulez faire
24:28votre travail de philosophe,
24:29ça devient difficile.
24:30C'est vrai.
24:30Vous dites,
24:30mon problème,
24:31c'est la vérité, moi.
24:32Ce n'est pas de savoir
24:32si elle est de droite
24:33ou si elle est de gauche.
24:33C'est vrai ou ce n'est pas vrai ?
24:34C'est juste ou ce n'est pas juste ?
24:35Peut-on le dire ?
24:36Oui, etc.
24:37Et là, on lui dit,
24:37ah mais pas du tout.
24:38Il faut dire qu'en gros,
24:40Emmanuel Macron est formidable,
24:41que tout ce qu'il fait est formidable,
24:42que son gouvernement est formidable.
24:44Si on ne le fait pas,
24:45c'est qu'on est fasciste.
24:45Si on est fasciste,
24:46il faut chercher,
24:46faire fermer cette chaîne.
24:48D'abord des procès.
24:49C'est ce que dit Maxime Sada.
24:50Il dit,
24:50il y a la mise en demeure,
24:51il y aura sans doute
24:52des sanctions financières
24:53et le but,
24:54c'est la fermeture de la chaîne,
24:55C News,
24:55comme ça a été le fait
24:56pour C8.
24:57Mais il a raison.
24:59C'est-à-dire que le problème,
24:59ce n'est même pas le futur,
25:01c'est déjà le passé.
25:02Ça a déjà été fermé,
25:03C8.
25:04Et je rappelle
25:05qu'ils ont fait de même
25:06avec Russian Today
25:07et puis Spoutnik,
25:10qui étaient deux radios.
25:11Oui, franchement,
25:11russe, pro-russe.
25:12Oui, et alors ?
25:13Les gens sont assez intelligents
25:14pour regarder une émission
25:16de télévision
25:16et se faire un avis,
25:17se faire un jugement.
25:18C'est-à-dire,
25:19ils exagèrent,
25:19ce n'est pas vrai,
25:20c'est faux, etc.
25:21Je rappelle qu'Algezira
25:23est toujours disponible
25:24et qu'on peut,
25:25moi, je prends
25:27ma télécommande
25:28et je peux accéder
25:28à Algezira
25:29et personne n'estime
25:31que des chaînes
25:32sur lesquelles on fait
25:32l'éloge,
25:33du Hezbollah,
25:33du Hamas, etc.,
25:34ça devrait être fermé.
25:35Et je ne suis pas
25:36pour le fait
25:36qu'on ferme cette chaîne-là.
25:37Pas plus que je n'étais
25:38pour le fait
25:38qu'on ferme Russian Today,
25:39pas plus que je n'étais
25:40pour C8.
25:41Laissez faire les gens.
25:43Je veux dire,
25:43d'abord,
25:44cette chaîne,
25:44elle appartient
25:45à un homme privé.
25:47Et c'est que de l'argent privé,
25:49donc ça ne coûte rien
25:50au contribuable.
25:54une chaîne privée
25:54qui a effectivement
25:55des options.
25:56Mais je veux dire,
25:56il y a des options.
25:57Et qui respecte,
25:58je tiens à dire,
25:59à la seconde près,
26:00l'équilibre des temps de parole.
26:01À la seconde près.
26:02Ce qui n'est pas le cas
26:03du service public,
26:04où moi, je le rappelle,
26:05interdiction depuis 10 ans,
26:06et puis parfois,
26:07on fait même de telle sorte
26:08qu'on me consacre une émission
26:09pour me vomir dessus
26:10pendant une heure
26:11sur le service public
26:12et sans que j'ai
26:13la possibilité moi-même
26:14de pouvoir dire
26:15quoi que ce soit
26:16sur ce sujet.
26:16Là, je parle
26:16des temps de parole
26:17politiques, en fait.
26:18La chaîne est obligée
26:20de respecter
26:20à la seconde près
26:21les équilibres
26:21entre la gauche,
26:22la droite,
26:23le gouvernement.
26:24C'est prendre les gens
26:25pour des imbéciles.
26:26Ce n'est pas parce que
26:27Jordan Bardella
26:27aura parlé 4 secondes
26:28de plus que Jean-Luc Mélenchon
26:30qu'une élection va se faire.
26:32C'est prendre les gens
26:32pour des imbéciles.
26:33Moi, j'ai confiance
26:35dans le bon sens populaire.
26:37Les gens, ils écoutent,
26:38ils regardent, ils jugent.
26:39Si on ferme une chaîne,
26:41regardez, c'est lui,
26:42il n'y a pas eu de manifestation ?
26:43Bien sûr.
26:43Mais de toute façon,
26:44dès que vous n'êtes pas d'accord
26:45dans un régime totalitaire,
26:46vous sortez dans la rue
26:47pour le dire,
26:47on vous arrache un oeil,
26:48on vous arrache une main.
26:50Vous avez bien vu
26:50que quand les gilets jaunes
26:51sont descendus dans la rue,
26:53eux, il n'y avait aucun problème
26:54pour leur arracher
26:54l'oeil et la main.
26:55Ça a été exactement
26:56la même chose
26:56avec les paysans,
26:57ça a été exactement
26:58la même chose
26:58avec les marins pêcheurs.
26:59Ce n'est pas la même chose
27:00quand il y a les racailles
27:01de la victoire du PSG.
27:05Là, il y a des gens,
27:06selon que vous serez
27:07puissants ou misérables.
27:08Souvenez-vous,
27:09on avait démarré là-dessus.
27:10Donc, les paysans,
27:12les pêcheurs,
27:13les gilets jaunes,
27:14ceux-là,
27:14on peut leur en mettre
27:15plein la figure.
27:16Mais en revanche,
27:17les autres, au contraire,
27:18allez-y, détruisez.
27:19Ça s'appelle une fête.
27:20Ce que dit effectivement
27:21M. Leclerc.
27:21Et tout s'est bien passé.
27:22Tout s'est globalement
27:23bien passé, on vous le dit.
27:24C'est l'écriture post-violence
27:27après la victoire du PSG.
27:29Ça, c'est la décision de l'ARCOM,
27:30mais il ne faut pas oublier
27:31qu'elle procède
27:32d'une décision du Conseil d'État.
27:34L'origine de cette mise en demeure,
27:37c'est le Conseil d'État.
27:38Donc là aussi, il y a un sujet.
27:39Oui.
27:40Il y a tellement de sujets
27:41que moi, je pense qu'il y a
27:41un tas de choses à détruire
27:42aujourd'hui,
27:43qui sont des choses
27:43qui sont installées
27:44pour contrôler le pouvoir du peuple.
27:47C'est-à-dire,
27:47vous avez un pouvoir du peuple,
27:48ça fait des années de toute façon
27:49que la totalité des chefs de l'État
27:50depuis Maastricht
27:51font de telle sorte
27:51que le pouvoir du peuple
27:52soit mis à la poubelle.
27:53Et au fur et à mesure,
27:54on a dit,
27:55le pouvoir du peuple
27:56n'est pas au Sénat,
27:56le pouvoir du peuple
27:57n'est pas à l'Assemblée nationale,
27:58le pouvoir du peuple
27:59n'est pas dans les élections présidentielles,
28:01le pouvoir du peuple
28:01n'est pas dans les élections législatives,
28:03le pouvoir du peuple
28:05il est dans des endroits
28:07où les chefs,
28:08les chefs maastrichtiens,
28:09une fois c'est la gauche,
28:10une fois c'est la droite,
28:10ont nommé machin biduleintel.
28:12Vous avez des Juppé,
28:14vous avez des Fabius,
28:15c'est même plus
28:15lequel est de droite,
28:16lequel est de gauche,
28:17qui sont là et qui disent
28:18le peuple n'est pas très intelligent,
28:20le peuple se trompe beaucoup,
28:22le trompe est,
28:22le peuple erre.
28:24Et puis on a toujours cet argument
28:25du, c'est d'ailleurs le peuple
28:26qui a mis Adolf Hitler au pouvoir,
28:28ça c'est le truc
28:28qu'on entend permettre,
28:29ce qui est faux.
28:29Je rappelle que ce sont les partis
28:30qui ont mis Adolf Hitler au pouvoir
28:31parce qu'ils n'ont pas été capables
28:32de s'entendre.
28:33Et que Ndenburg a nommé quelqu'un
28:36en fonction des enjeux,
28:37des jeux de partis
28:38et pas du tout le peuple.
28:40Laissez le peuple tranquille.
28:41Laissez le peuple tranquille.
28:42Laissez-le choisir,
28:44décider et vouloir.
28:45S'il veut regarder CNews,
28:46il regarde.
28:47S'il ne veut pas,
28:47il ne regarde pas.
28:48Et si ces gens ne veulent pas
28:49regarder CNews,
28:50ils n'ont qu'à regarder
28:50les chaînes publiques
28:51et c'est avec l'argent de l'État.
28:53Moi je trouve absolument immoral
28:55qu'on puisse faire la leçon
28:56à des gens qui disent
28:56nous avons de l'argent,
28:57nous créons une chaîne
28:58et nous avons un média libre
29:00et puis en face on dit
29:01alors que c'est une entreprise privée
29:04alors qu'en face
29:04on a de l'argent public.
29:06Que France Inter
29:07devienne totalement privée
29:08et qu'il puisse continuer
29:09à vomir sur les mêmes
29:10et à encenser les mêmes,
29:11il n'y aurait aucun problème.
29:12Mais moi je le dis,
29:13j'ai écrit un livre
29:13qui s'appelle
29:13Théorie de la dictature
29:14pour montrer comment
29:15ce que Orwell a annoncé
29:17était déjà réalisé
29:18et pas seulement
29:19dans la presse,
29:20dans les médias.
29:20C'est la même chose
29:21à l'université.
29:22On a aujourd'hui
29:23M. Boucheron,
29:24une espèce de pitié
29:26de la gauche
29:27qui est professeur
29:28au Collège de France
29:29et qui semble-t-il
29:29l'autre jour
29:30sur France Inter
29:30n'a pas voulu
29:31du tout qualifier
29:32la question
29:33de la résurgence
29:34de l'antisémitisme.
29:35Quand on a aujourd'hui
29:36de l'antisémitisme,
29:37il est bien sûr
29:37de Marine Le Pen
29:38puisque son arrière-grand-père
29:39était Waffen-SS.
29:41Mais voilà
29:41l'affaire Marc Bloch
29:43dont nous allons parler.
29:44C'est exactement la même chose.
29:45C'est-à-dire,
29:45on nous dit
29:46mais pas de Marine Le Pen
29:48à cette panthéonisation.
29:50En revanche,
29:51M. Mélenchon,
29:53il le peut lui.
29:54Parce qu'effectivement...
29:55Il y avait des élus
29:56et des filles
29:56qui ont été pris en photo
29:57avec la petite-fille
29:58de Marcel Le Pen.
29:59Mélenchon himself,
30:00il était là.
30:00Donc on se dit
30:01qu'il n'y a aucun problème
30:02avec l'antisémitisme
30:03quand l'antisémitisme
30:04est porté par des gens de gauche.
30:05Il y a d'ailleurs eu,
30:06je crois,
30:06dans Le Monde,
30:07un article signé
30:08par deux personnes
30:09dont j'ai hélas oublié le nom
30:10mais qui nous faisait savoir
30:11qu'il y avait un bon antisémitisme,
30:13celui qui était de gauche
30:14et un mauvais antisémitisme
30:15qui était celui
30:15qui était de droite.
30:16Si vous ne pouvez pas
30:17sur un plateau
30:18comme ce de CNews
30:19car on peut dire
30:20ces choses-là ici
30:21et pas ailleurs,
30:23et bien si on ne le dit pas
30:25l'antisémitisme peut continuer
30:26et il n'y a aucun problème.
30:28Il y aura des pogroms,
30:29il y aura effectivement
30:30on pourra laisser Mélenchon
30:32continuer à avoir du crif partout,
30:33avoir des juifs partout
30:34et sans que ce monsieur
30:35aille au tribunal
30:36et sans que ce monsieur
30:37on lui cherche
30:37quelque noix
30:38ce que ce soit.
30:39Je ne sache pas
30:39qu'il soit retrouvé
30:41dans un tribunal
30:42pour avoir tenu des propos
30:43en permanence
30:46prétendument antisionistes
30:46donc pas antisémites
30:47et on a bien compris
30:48que c'était le cache-sexe
30:50aujourd'hui
30:50l'antisionisme
30:51et le cache-sexe
30:52L'étrange défaite
30:53de Marc Bloch
30:54Oui, nous y sommes
30:55On nous y sommes
30:56Oui
30:56Nous y sommes exactement
30:58Michel Onfray
30:58on va évoquer le Brexit
31:00vous vouliez parler
31:00des 10 ans du Brexit
31:0210 ans plus tard
31:03il semblerait que
31:03les Britanniques regrettent
31:05ce choix
31:05de sortir de l'Union Européenne
31:07en même temps
31:07vous nous dites
31:08oui mais ok
31:08mais c'est la politique
31:10qu'on mène en réalité
31:10Brexit ou pas Brexit
31:11et là on continue
31:12sur la même politique
31:14en réalité ?
31:15Et puis qui le dit
31:15c'est Libération
31:17qui dit ça
31:17moi j'ai lu un papier
31:19là encore
31:19j'aurais dû
31:20hélas honorer ce monsieur
31:21parce que j'ai lu un papier
31:22dans le Figaro
31:23qui était très bien
31:23et ce monsieur disait
31:24mais c'est pas la catastrophe
31:25qu'on nous annonce
31:26et il donnait des chiffres
31:27moi j'ai pas la mémoire
31:28des chiffres
31:28mais il disait
31:28mais économiquement
31:29il y a ceci
31:29il y a cela
31:30il y a ceci
31:30il y a cela
31:30etc.
31:31Moi je dis depuis très longtemps
31:32que évidemment
31:33il y a tous les anti-souverainistes
31:34qui estiment que
31:35pouvoir faire
31:36la politique du peuple
31:37ça c'est être fasciste
31:39quand on a créé
31:40le Front Populaire
31:41on était fasciste
31:41parce que justement
31:42on en appelait au souverainisme
31:43tous ces gens qui disent
31:45écartons le peuple
31:45évitons le peuple
31:46et fabriquons
31:47des conseils d'Etat
31:48des conseils de ceci
31:49des conseils de cela
31:49qui vont décider
31:50à la place du peuple
31:51donc on n'est plus
31:52dans une démocratie
31:53au sens étymologique
31:54démos le peuple
31:55cratègne le pouvoir
31:56le pouvoir du peuple
31:57res publica
31:58la chose publique
31:59nous ne sommes plus
31:59en démocratie
32:00nous ne sommes plus
32:00en république
32:01on est dans une espèce
32:03de régime illibéral
32:05d'aristocratie
32:07donc je pense qu'aujourd'hui
32:08on devrait pouvoir
32:09mettre des gens dans la rue
32:10sur une question
32:11comme celle-ci
32:12en disant
32:12mais vos libertés
32:13sont tellement en péril
32:14que ça suffit
32:15alors les gens se disent
32:16bon on va voter contre
32:17et puis tout est fait
32:19pour que de toute façon
32:19leur vote contre
32:20aille à la poubelle
32:21je rappelle que quand
32:22Hollande était au pouvoir
32:23et qu'Emmanuel Valls
32:24c'était son premier ministre
32:25ils avaient travaillé
32:26à l'hypothèse
32:26d'une élection de Marine Le Pen
32:27pour la rendre impossible
32:29pour la rendre illégale
32:31c'est quand un chef de l'Etat
32:32et son premier ministre
32:32disent
32:33si elle arrive au pouvoir
32:34avec le peuple
32:35qui porte légalement
32:37cette femme au pouvoir
32:37il faudra qu'on fasse
32:39de telle sorte
32:39que ce résultat d'élection
32:41ne soit pas validé
32:42ils sont toujours
32:43sur ce logiciel là
32:44donc évidemment
32:44il faut détruire des télévisions
32:46qui ne font pas leur jeu
32:47leur jeu consiste à dire
32:48tout se passe bien
32:49il n'y a pas de délinquance
32:50il n'y a pas de misère
32:50il n'y a pas de pauvreté
32:51il n'y a pas de chômage
32:52il n'y a pas de problème
32:53avec l'immigration
32:54tout ça est inventé
32:55c'est le fameux
32:56sentiment d'insécurité
32:58là avec CNews
33:00on dit
33:00c'est pas un sentiment
33:01c'est une réalité
33:01c'est la réalité de l'insécurité
33:03c'est pas le sentiment d'insécurité
33:04ces gens ne veulent pas du réel
33:05ils savent que le réel
33:07vote contre eux
33:08on est donc face à Michel Onfray
33:09sur CNews et sur Europe 1
33:10Michel Lacorse
33:11les députés ont approuvé
33:13cette semaine
33:13une réforme constitutionnelle
33:15qui vise à accorder
33:16à l'île des pouvoirs dérogatoires
33:17au nom de ses spécificités
33:18le texte doit aller
33:19devant le Sénat
33:20et vous voulez nous parler
33:22évidemment de ça
33:22de ce statut d'autonomie partielle
33:24et aussi de l'attitude
33:26et du rassemblement national
33:27et de la France insoumise
33:28sur ce sujet
33:29on va juste écouter
33:29un court extrait
33:30de ce que disait Marine Le Pen
33:31il y a quelques semaines
33:32sur ça
33:33et puis vous nous expliquerez
33:34votre point de vue
33:36le mot autonomie
33:37ne nous fait pas peur
33:38il correspond non seulement
33:40à une demande démocratique
33:41mais aussi à la nécessité
33:42technique et politique
33:43de prendre en compte
33:45la singularité insulaire
33:47les problèmes spécifiques
33:49mais aussi l'âme corse
33:51que des siècles d'histoire
33:52l'attachement à la terre
33:54des valeurs
33:54et une identité propre
33:56ont façonné
33:56si l'autonomie
33:58c'est au nom
33:59d'un nationalisme
34:00tiers mondiste
34:00des années 70
34:01le sésame
34:02pour ouvrir la Corse
34:03à la submersion extra-européenne
34:05c'est non
34:06si c'est pour abandonner
34:07nos compatriotes corse
34:09à des logiques féodales
34:10ou mafieuses
34:10c'est non
34:12si c'est un cadeau d'adieu
34:13d'un régime aux abois
34:14à la division antinationale
34:16ce sera encore non
34:18alors Michel
34:19on vient en disant
34:19de Marine Le Pen
34:20qu'est-ce que vous pensez
34:21de ce statut
34:22d'autonomie
34:22et puis de l'attitude
34:23de Marine Le Pen
34:24et de la France insoumise
34:25d'abord une première chose
34:26sur Marine Le Pen
34:27tous ces gens qui nous disent
34:28Marine Le Pen
34:28c'est son père
34:29et son père c'est la FNSS
34:30je rappelle que son père
34:31était très jacobin
34:32très opposé
34:33à l'autonomie
34:34de la Corse
34:35et qu'elle sur ce sujet
34:36comme sur la question des juifs
34:37comme sur la question
34:38des homosexuels
34:39comme sur la question
34:39c'est pas du tout
34:40le même logiciel
34:41ça c'est donc la première chose
34:42et on découvre
34:42deuxième chose
34:43une Marine Le Pen
34:44qui est très girondine
34:45et moi je suis girondin
34:46donc si c'est porté par elle
34:48c'est très bien
34:48si c'est porté par Mélenchon
34:49c'est bien aussi
34:50et si c'est porté par d'autres
34:51c'est très bien aussi
34:52je trouve simplement
34:53que chez Macron
34:54c'est toujours
34:56il y a toujours une arrière-pensée
34:57de politique politicienne
34:58il me reste 10 mois
34:59il faut que
35:00je laisse une trace
35:01dans l'histoire
35:01et j'utilise
35:02cette chose là
35:03tant mieux pour les Corses
35:04mais tant pis pour les autres
35:06et moi j'aurais aimé
35:07qu'on puisse
35:09faire l'occasion
35:10d'un vrai
35:10alors ça peut être aussi
35:11un vrai programme
35:12de chef de l'État
35:12il reste 10 mois
35:14à ces gens-là
35:14les uns les autres
35:15pour peaufiner
35:16en disant
35:16passons à ce que
35:17le général de Gaulle voulait
35:18c'est-à-dire une vraie régionalisation
35:20et cette véritable régionalisation
35:23régionalisation
35:23elle suppose qu'on retourne
35:24à la Révolution française
35:25c'est-à-dire que
35:26quand les Jacobins disent
35:27le pouvoir c'est Paris
35:28et c'est nous
35:28et nous c'est-à-dire
35:29un comité avec 10 personnes
35:31comme ça se passe actuellement
35:32en France déjà
35:32avec des petits comités
35:34qui font la politique française
35:35et eux disaient
35:37élément de langage
35:37contre les Girondins
35:38les Girondins
35:39il y avait 83 départements
35:41à l'époque
35:41ils disaient
35:41Paris doit peser
35:421,83ème
35:43de la représentation nationale
35:44formidable
35:45et donc
35:46je suis toujours
35:48Girondin
35:49en disant
35:49mais faisons de telle sorte
35:50que les régions
35:51toutes les régions
35:51toutes les provinces
35:52parce qu'il n'y a pas
35:52que l'âme corse
35:53il n'y a pas que le peuple corse
35:54il n'y a pas que etc
35:54oui d'accord
35:55mais il y en a plein d'autres
35:57des âmes régionales
35:58il y a des âmes bretonnes
35:59il y a des âmes alzaciennes
36:02Normandes, Occitane
36:03et quelques autres
36:03et il y avait la possibilité
36:05d'aller contre Robespierre
36:06qui nous disait
36:07tous ceux qui sont pour les régions
36:08sont contre la nation
36:09c'est pas vrai
36:10c'est une autre modalité
36:11de la nation
36:12la nation jacobine
36:13c'en est une
36:13c'est le pouvoir
36:14d'un seul à Paris
36:15pour tout le monde
36:16quel que soit le tout le monde
36:17c'est la Nouvelle-Calédonie
36:19la Martinique
36:20la banlieue de Paris
36:20ou le fin fond
36:21d'un village de Creuse
36:23et il y avait là
36:24matière à faire
36:24vraiment une colonne vertébrale
36:26pour refaire
36:27un contrat social
36:27avec les français
36:28mais comme de toute façon
36:29on est tellement jacobins
36:30que c'est Maastricht
36:31qui dirige
36:31que c'est Mme Ursula von der Leyen
36:33qui fait la loi en France
36:34donc laissez croire aux Corses
36:36qu'ils vont décider
36:37non on leur laisse
36:38deux ou trois miels
36:38mais c'est toujours l'Europe
36:40qui va faire la loi
36:40Michel Boulier aussi
36:42ne pas terminer cette émission
36:43sans parler du peuple iranien
36:45qui continue à souffrir
36:46malgré un accord fragile
36:48entre les Etats-Unis et l'Iran
36:50vous avez noté le fait
36:52qu'une artiste iranienne
36:53qui s'appelle Parasto Hamadi
36:54a été condamnée
36:55à 74 coups de fouet
36:56pour avoir chanté sans voix
36:58c'est-à-dire la répression
36:59du peuple iranien
36:59se poursuit
37:00et le régime
37:01est toujours en place
37:02oui
37:03ça ne gêne pas Mélenchon
37:04les Mélenchonistes
37:05les Mélenchoniens
37:06je ne sache pas
37:07que lors de leur fête
37:08de la musique
37:09il y a eu une minute
37:10de silence pour cette femme
37:11c'était l'occasion
37:12de célébrer effectivement
37:14la cause des femmes
37:15la cause de la liberté
37:16et la cause du peuple iranien
37:18à mener
37:18il n'y a plus personne
37:20dans cette gauche-là
37:21c'est pourquoi je souhaitais
37:22qu'on parle de cette femme
37:23qui a eu un courage extraordinaire
37:24ils ont un courage extraordinaire
37:26les Iraniens
37:26le peuple iranien
37:27nous on descend dans la rue
37:29on ne craint rien du tout
37:31quand on nous dit
37:31cette manifestation est interdite
37:34les gens descendent
37:35il ne se passe rien du tout
37:35vous allez avoir une amende
37:37et si l'amende
37:38vous ne la payez pas
37:38ça se passera sans problème
37:40regardez ce qui se passe
37:41avec les rêves partis
37:42ou ce genre de choses
37:43là
37:43les Iraniens
37:44quand ils descendent dans la rue
37:45ils savent que le soir
37:46ils ne peuvent pas rentrer chez eux
37:47et qu'ils peuvent
37:48dans l'heure qui suit
37:49être dans un linceul
37:51dans un cercueil
37:53et je trouve que
37:53il mérite la haute cour
37:55l'équivalent d'une haute cour
37:56Trump quand il a dit
37:57tenez bon
37:57nous arrivons
37:58le peuple iranien
37:59a dû se dire
38:00quel bonheur
38:00nous allons recouvrer
38:01la liberté perdue
38:02depuis tant d'années
38:03et après il dit
38:04bon j'arrive
38:05et puis il continue à entretenir
38:06et puis après il dit
38:07j'ai rien à faire de tout ça
38:08moi je fais du business
38:09avec ma famille
38:10et si je peux faire du business
38:11avec l'Iran
38:12il n'y aura aucun problème
38:13et si le peuple iranien
38:14doit mourir
38:14doit périr
38:15il périra
38:16je trouve ça terrible
38:17il a fait exactement
38:18la même chose
38:18avec le peuple israélien
38:19cette façon de dire
38:20bon maintenant
38:21c'est plus votre problème
38:22c'est le mien
38:22et le mien
38:23c'est de faire du business
38:24je rappelle quand même
38:25que quand les gens
38:26cherchent un fil d'Ariane
38:27dans le labyrinthe
38:28qui est le cerveau
38:28de monsieur Trump
38:30on trouve les intérêts personnels
38:31on trouve le lucre
38:33le goût de l'argent
38:34la passion pour l'argent
38:35pour avoir
38:36pour accumuler
38:36avec une espèce
38:37de fantasme
38:38de toute puissance
38:39des arcs de triomphe
38:40des choses comme ça
38:41allez hommage
38:42à cette artiste iranienne
38:43le point philo Michel
38:44un livre de François Châtelet
38:46et c'est un philosophe
38:48du 20ème siècle
38:49c'est ça
38:49et qui parle de Platon
38:51dans cette édition
38:52au folio
38:53et c'est racontez-nous
38:53un petit peu
38:53ce que dit ce livre
38:55d'abord
38:56qui est François Châtelet
38:57parce qu'il est oublié
38:58c'est-à-dire
38:59il y a des espèces
38:59de monstres là
39:00qui sont Deleuze
39:01qui sont Foucault
39:01qui sont Guattari
39:02Barthes etc
39:03tous les philosophes
39:04du structuralisme
39:05et puis il y a ce monsieur
39:05Modeste
39:06il est né en 1925
39:07et il est mort en 85
39:08donc 60 ans
39:09il n'a pas eu le temps
39:10de faire vraiment son oeuvre
39:11et moi je l'ai découvert
39:12comme un coup de foudre
39:13chez Bernard Pivot
39:14dans une émission
39:14où il présentait
39:15Chroniques des Adéperdus
39:16et qui était son
39:17un genre de journal
39:18il avait ses demi-lunes
39:19il était chauve
39:20mais il a eu les cheveux blancs
39:21très joli
39:21un très bel homme
39:22qui était marié
39:24avec Noël Châtelet
39:25une philosophe
39:26extrêmement intéressante aussi
39:27qui avait écrit
39:27un très beau livre
39:28qui s'appelle
39:28Corps à Corps Culinaire
39:29qui était la sœur
39:30enfin je dis y était
39:31parce qu'il est là
39:31s'il est décédé
39:32mais la sœur de Lionel Jospin
39:33et il a fait
39:34François Châtelet
39:35des petits livres
39:36d'intervention
39:37pour expliquer
39:37qui était Platon
39:38qui était Hegel par exemple
39:40et moi je l'enseignais
39:42toujours à mes élèves
39:43en disant
39:43lisez ça
39:44parce que c'est compliqué
39:44Platon d'aller directement
39:45au texte
39:46et lui a une synthèse
39:47de professeurs formidables
39:48pas de verbiage
39:50pas de jargon
39:50rien de tout ça
39:51y compris avec Hegel
39:52qui est un philosophe
39:53pas facile à lire
39:53et il faisait des livres
39:55d'initiation
39:56et en même temps
39:57il réussissait
39:58à philosopher
39:58avec l'histoire
39:59de la philosophie
40:00c'est ça qui est extrêmement intéressant
40:01l'histoire de la philo
40:02c'est bien
40:02de dire machin a dit que
40:04bidule a dit que
40:04il y a ça dans la critique
40:05de la raison pure
40:06bon très bien
40:06mais l'intérêt c'est de dire
40:08qu'est-ce que ça peut
40:09produire comme effet
40:10dans votre propre quotidien
40:12Platon
40:12la question du désir
40:13la question des idées
40:15la question du pouvoir
40:15la question de la sagesse
40:18et il raconte tout ça
40:19très bien
40:19et je trouve que
40:21bon d'abord
40:22il a été fauché
40:23évidemment beaucoup trop tôt
40:25mais qu'il y a
40:26chez lui
40:26un philosophe
40:27à redécouvrir
40:28et pour les gens
40:29qui ne savent pas
40:30comment rentrer
40:30dans la forteresse Platon
40:31ou dans la forteresse Hegel
40:33il y a ces deux petits livres
40:33et puis il y a un très beau
40:34petit livre aussi
40:35qui s'appelle
40:35la philosophie des professeurs
40:37et moi qui
40:38évidemment emballé
40:39quand j'étais jeune prof
40:39où il expliquait que
40:40le prof de philo
40:42il est pris
40:43dans les textes administratifs
40:44et en gros
40:44il faut qu'il reproduise
40:45une espèce d'idéologie d'état
40:47et que
40:47évidemment
40:48enseigner Platon
40:49c'est pas exactement
40:49la même chose
40:50qu'enseigner Diogène
40:50de Sinop
40:51philosophe cynique
40:52enseigner
40:54Descartes par exemple
40:55c'est pas enseigner
40:56Gassendi
40:56qui est un curé
40:57matérialiste
40:58épicurien
40:58etc
40:59et que choisir un philosophe
41:00pour l'enseigner
41:01c'est dire beaucoup de choses
41:02et tout ce travail
41:03il le faisait modestement
41:04discrètement
41:05gentiment
41:06avec un vocabulaire
41:07très très très choisi
41:09très lisible
41:10très pédagogue
41:11et on souffre
41:14de ces vedettes
41:15qu'ont été
41:15je le disais tout à l'heure
41:16les philosophes
41:17de la déconstruction
41:18il y avait chez lui
41:19une pensée critique
41:21très lisible
41:22avec un vrai goût
41:23des gens simples
41:24et des gens modestes
41:25et on oublie un peu ça
41:26effectivement
41:27ces gens simples
41:27et ces gens modestes
41:29au profit des superstars
41:30de la philosophie
41:31en réalité Michel
41:32oui et je pense
41:33que des livres
41:33comme Mille Plateau
41:34l'Antiédip
41:35de Leuze et Guattari
41:36sont des livres
41:37que d'ailleurs
41:38peu de gens ont lus
41:38puisqu'ils étaient
41:39difficiles à comprendre
41:40et qu'aujourd'hui
41:41encore moins de gens
41:43lisent
41:43alors que
41:45la pensée
41:46modeste
41:47et claire
41:47et lumineuse
41:48de François Châtelet
41:49mériterait d'être remise
41:50au goût du jour
41:51en disant
41:51lisez cet homme
41:52et voyez
41:54tout ce qu'il a pu dire
41:55parce qu'on peut conseiller ça
41:56à n'importe qui
41:57et pour moi
41:57c'est une qualité
41:59que de dire
41:59on n'est pas obligé
42:00de faire le singe
42:00en répétant
42:01dix mots que personne ne comprend
42:02pour laisser croire
42:03que vous êtes philosophe
42:04sujet vers un complément
42:05etc
42:05sujet vers un complément
42:06un paragraphe
42:07Vous aimez bien
42:08quand ça est sujet
42:08vers un complément
42:10l'écriture synthétique
42:11On n'a pas le droit
42:12d'emmerder son lecteur
42:13disait mon vieux maître
42:14Roger Fagnon
42:15Donc il faut enlever
42:16toutes les scories
42:17dans le texte
42:17C'était sans mot
42:18C'était pas les scories
42:19mais c'est juste de dire
42:19arrêtez de faire le malin
42:21C'est une leçon de mon père
42:22si on dit un truc
42:24incompréhensible
42:24il jouait pas le truc
42:25en disant
42:26oui je suis impressionné
42:27il dit c'est pas clair
42:28tout tu dis
42:29dans ces cas là
42:30vous vous débrouillez
42:30pour être clair
42:31et donc la clarté
42:32n'est pas quelque chose
42:34enfin on n'a pas
42:35beaucoup de temps
42:35mais je veux dire
42:36la clarté française
42:37dans la philosophie
42:37ça a été longtemps
42:38la ligne directrice
42:39chez Montaigne
42:40chez Descartes
42:40ils sont tous lisibles
42:4118e siècle
42:42tous lisibles
42:43vous pouvez lire
42:43Diderot
42:45Voltaire
42:45d'Alembert
42:46ils sont tous très clairs
42:47Et ça se complique après ?
42:48Ça se complique en 1943
42:49avec la passion
42:50d'ailleurs j'en parle
42:51dans le dernier numéro
42:52de Front Populaire
42:52mais la passion
42:53qu'ont les français
42:53pour l'Allemagne
42:55et la passion
42:56qu'a un certain
42:56Jean-Paul Sartre
42:57pour Heidegger
42:58qui était nazi
42:59et cette espèce
43:00de langue allemande
43:00totalement incompréhensible
43:01sauf pour les allemands
43:02c'est à dire
43:03si vous faites une traduction
43:04parfois vous avez
43:04une langue agglutinative
43:05vous avez trois mots
43:06dans un même mot allemand
43:07et nous pour traduire ça
43:08on a des êtres
43:09là avec des traits d'union
43:10entre eux
43:11là vous pouvez faire le malin
43:12et puis il n'y a aucun problème
43:13Bergson écrivait très bien
43:14et la parenthèse
43:16c'est même pas qu'elle est fermée
43:17c'est à dire
43:17elle est évitée
43:18par François Châtelet
43:19qui lui a porté haut
43:20la clarté
43:21de la philosophie française
43:22et de la langue française
43:23en philosophie
43:24Donc ce qui se pense clairement
43:25c'est non ce clairement
43:26c'est quoi la formule Michel ?
43:27Ce qu'on soit bien
43:27c'est non ce clairement
43:28et les mots pour le dire
43:29arrivent aisément
43:30c'est dans l'art politique
43:31de Boileau
43:31Magnifique
43:32Merci beaucoup
43:32c'était passionnant
43:33de nous entendre
43:34sur cette émission
43:34Michel Onfray
43:35Bonne journée à vous
43:35sur CNews Europe
43:36Bonne journée à vous
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