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Michel Onfray passe en revue l’actualité de la semaine dans #FaceAMichelOnfray. Présenté par Laurence Ferrari.
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00:00Bonjour à tous, bonjour à toutes, bienvenue dans Face à Michel, on ferait sur CNews et sur Europe 1.
00:04Bonjour Michel, vous êtes en forme ?
00:06Allez, on démarre avec cette gronde sociale qui prend de l'ampleur dans tout le pays,
00:10alors que les prix du carburant, vous le savez, dépassent des niveaux historiques.
00:14Bientôt le litre d'essence ou de gasoil à plus de 3 euros.
00:18Plusieurs dépôts pétroliers ont été bloqués cette semaine.
00:21Toutes ces professions sont en danger.
00:23Marins pêcheurs, agriculteurs, automobilistes, tout le monde est impacté par la vie chère
00:27et chacun demande au gouvernement de faire un geste.
00:29Est-ce que nous sommes dans un scénario semblable à celui qui a vu l'émergence du mouvement des Gilets
00:34jaunes ?
00:35Vous nous direz ce que vous en pensez Michel, on évoquera aussi la colère des policiers qui étaient dans la
00:39rue,
00:40marres d'être méprisés, marres d'être insultés, d'être agressés et mal payés, on les entendra également.
00:46Les retraités sont dans le collimateur du gouvernement.
00:49Pour boucler péniblement son budget 2027, Sébastien Lecornu envisage des économies,
00:5530 milliards d'économies à trouver peut-être en partie dans la poche des retraités.
00:59Parmi les pistes, la désindexation des pensions ou la suppression de l'abattement fiscal de 10%.
01:04On entendra à la fois les seniors qui disent on a cotisé toute notre vie,
01:09donc on refuse d'être les victimes collatérales des erreurs politiques de ceux qui nous dirigent depuis 30 ans,
01:14mais aussi les jeunes générations qui disent attention à ne pas sacrifier notre avenir.
01:18On s'intéressera aussi, mon cher Michel, à ce qui s'est passé à la fête de l'Humanité le
01:23week-end dernier,
01:23où l'on en a entendu, de la part de certains militants, tout le monde déteste le Parti Socialiste,
01:28ça c'est un aspect des choses.
01:30On écoutera Jean-Luc Mélenchon qui s'est posé un véritable maître des lieux,
01:34qui t'a éclipsé Fabien Roussel, le patron du Parti Communiste.
01:37Et puis on se posera la question de l'hégémonie de la France insoumise à gauche.
01:41Et puis on parlera du point philo, bien sûr, comme chaque semaine.
01:44Ainsi parlait Zarath Oustranich, qui propose à chacun de devenir un surhomme.
01:48Vous allez nous expliquer que, loin des raccourcis sur les lectures nazies,
01:52je mets des guillemets aux fascistes,
01:54le philosophe propose une sagesse pratique pour aujourd'hui.
01:57Le menu vous convient Michel ?
01:59Allez, on entre tout de suite dans le dur de cette gronde sociale
02:02qui commence à poindre un peu partout,
02:04avec des blocages de ci, de là, des appels à manifester le 16 octobre.
02:08Est-ce qu'on est sur l'émergence ou pas d'un mouvement gilet jaune ?
02:10On va vous entendre.
02:11On va d'abord écouter Cyril, qui est un chauffeur de camion qui soutient les marins pêcheurs.
02:16Et puis on écoutera ensuite un marin pêcheur que vous connaissez bien.
02:20Je soutiens les pêcheurs, moi.
02:22Je soutiens les pêcheurs, ils ont raison.
02:23Et depuis longtemps, il faut que ça dure, il faut que ça continue.
02:26Il faut arrêter 2,50 euros.
02:28J'ai vu le gasoil à 2,86 euros.
02:313 euros le litre.
02:32Moi, je suis bloqué dans la fil de l'attente.
02:34Je suis là depuis 1h du matin, moi.
02:36Je resterai jusqu'à minuit, si le faut, pour les soutenir.
02:39Parce que c'est des hommes qui vont en mer, qui fassent chaud, qui fassent froid, qui aient du vent,
02:43de la neige.
02:43Ils nous ramènent toujours le poisson, eux.
02:46Voilà, ça, il faut le savoir.
02:47Ce n'est pas un métier facile, ce qu'ils font.
02:48Et en plus, on ne leur permet pas de travailler.
02:51C'est une honte, eux aussi.
02:52Voilà pour cette colère que l'on entend de la part de ce chauffeur routier.
02:56On va entendre tout à l'heure le marin pêcheur.
02:58On a l'impression que ça commence vraiment à faire tâche d'huile, Michel.
03:01Oui, parce qu'il y a déjà cris qui concernent des gens aisés.
03:05Je veux dire, des gens qui ont leur salaire, quoi qu'il arrive.
03:08Des enseignants, des fonctionnaires.
03:10Je défends les fonctionnaires, toujours, entendons-nous bien.
03:12Je défends aussi des enseignants.
03:13Moi, je me suis entendu dire l'autre jour que j'agressais les enseignants.
03:15J'ai dit non, ils obéissent à des gens qui leur donnent des ordres.
03:18Ce sont les gens qui donnent des ordres aux enseignants que je stigmatisais, que je fustigais.
03:23Je fustigais, par exemple, les inspecteurs d'académie, tous les gens qui sont les directeurs des programmes.
03:27Et tout ce qui tombe du ciel et qu'on inflige aux instituteurs, aux professeurs ou aux enseignants.
03:32Là, on a affaire à des gens dont c'est la survie, à proprement parler.
03:36C'est-à-dire qu'ils s'en viennent nous dire, ben voilà, moi, je travaille tant d'heures par
03:40semaine.
03:40J'ai besoin de tant de carburant.
03:42Le carburant a augmenté de temps.
03:43Voilà, à la fin du mois, voilà ce que je gagne.
03:45Ben là, je ne gagne plus rien.
03:46Je perds même de l'argent.
03:47Et je suis dans une famille, chef de famille.
03:50Vous avez des individus qui nous disent, mais moi, je fais vivre ma famille, quoi.
03:53Et je perds ma dignité.
03:56Je perds à mon honneur.
03:57Vous avez des gens qui travaillent 12, 13, 15 heures par jour.
04:00Cet ami pêcheur que nous allons voir, il partira bientôt sur son bateau.
04:04C'est 2h du matin.
04:05Ça démarre à 2h du matin.
04:06Il rentre à 18h.
04:07Ils font ça tous les jours.
04:09Et puis, ils finissent par dire, bon, ben, on n'est pas payé.
04:11Ce n'est pas forcément très grave.
04:13Mais là, pour le coup, on a des dettes.
04:14Et donc, je suis obligé de payer, etc.
04:16Donc, ce n'est pas du tout la même colère.
04:18Vous savez, des espèces de colères cosmétiques, un peu.
04:21Là, c'est une colère qui vient du pays.
04:22C'est une colère viscérale qui vient vraiment des tripes parce que les gens disent, mais on n'en peut
04:25plus.
04:26C'est comme Jacqueline Mouraud quand elle nous avait dit, mais on ne peut pas payer l'essence, le fuel
04:30pour notre voiture.
04:31Et on a des enfants ou des petits-enfants, on ne va pas pouvoir leur...
04:33C'était en novembre, souvenez-vous.
04:34Le début des Gilets jaunes, on ne va pas pouvoir leur payer des jouets à Noël.
04:38C'est-à-dire, là, ce n'est pas de l'idéologie.
04:39Ce n'est pas de dire, on veut une augmentation de salaire.
04:41On veut toujours des gens en plus parce qu'on veut plus de ceci, plus de cela, plus de...
04:44Même s'il en faut toujours, évidemment, si on veut qu'un service public soit correctement assuré.
04:48Mais là, on voit bien la détresse.
04:50On le voit d'ailleurs dans le langage corporel du M. Kippal.
04:54On voit cette espèce d'épuisement.
04:56Et puis, il dit, eux, ils nous apportent le poisson, eux, ils nous font manger, etc.
04:59Et là, quand les gens qui font la France, je veux dire, les paysans, les marins-pêcheurs,
05:05et un certain nombre d'autres individus, ça peut être aussi les infirmières,
05:08les gens qui sont au quotidien de la France, aux cheveux d'une France...
05:11Les premiers de cordée, comme disait à l'époque le président Macron.
05:15Et qui nous savons, disent, on n'est pas là pour faire une espèce de revendication cosmétique.
05:20C'est simplement viscéral. Si ça continue, on va mourir.
05:22Vous avez des gens qui se pendent tous les jours chez les paysans, on le sait.
05:26Les marins-pêcheurs sont durs au travail, durs à la tâche, sont des gens formidables.
05:32Donc, il peut y avoir une convergence des luttes.
05:34Ce qui est peut-être le pire pour tous ceux qui sont dans la rue aujourd'hui,
05:37c'est Mélenchon, c'est la gauche, tous ces gens qui ont flingué les gilets jaunes au départ.
05:42Pas au départ, pardon.
05:44Au départ, on dit, moi je me souviens dans la salle des 4 colonnes de Coquerel,
05:47qui méprisait ça, comme ils méprisent le peuple, ces gens-là à la gauche méprisent le peuple.
05:51Il faudrait que les gens s'en aperçoivent.
05:53Et donc, après, quand ça a commencé à coaguler, ils se sont dit,
05:55bon, on va aller derrière, on court derrière.
05:57Et là, quand on entend Roussel dire, ouais, les gilets jaunes, c'est nous, on va recommencer.
06:00Il faut descendre sur les ronds-points.
06:02Il fait quoi ? Il fait un et demi pour cent.
06:03Et c'est lui qui, avec sa bande de copains, a détruit les gilets jaunes, les a fait monter à
06:07Paris,
06:08c'est-à-dire a transformé un mouvement girondin sur les giratoires, d'ailleurs,
06:12et qui, justement, était insaisissable.
06:15On ne peut pas saisir tous les gens quand vous avez un village, une préfecture, une sous-préfecture.
06:18Ce n'est pas possible.
06:19Quand vous avez ces jacobins que sont les mélanchonistes, les communistes, les socialistes, etc.,
06:24qui dit, montez à Paris, venez aux Champs-Élysées.
06:26Ils se sont fait voir.
06:27C'était une nasse.
06:28Ils se sont fait une nasse.
06:28C'était une piège.
06:29C'était un piège formidable pour le ministre de l'Intérieur,
06:32qui dit, ils sont là dans une nasse, on va pouvoir tirer dessus,
06:34envoyer les blindés, envoyer les canons à eau, etc.
06:37Il faut qu'informés par le passé, ils le sont, ils ont de la mémoire,
06:40ces vrais travailleurs, là, ils sachent un petit peu conduire leur grève.
06:44En se disant, il faut faire attention.
06:45À l'époque, c'était à Tal, bras de chemise, je m'installe sur une boîte de paille,
06:49dire aux paysans à faire ceci, à faire cela, etc.
06:51Moi, j'en avais parlé à des copains paysans, je dis, mais ne vous laissez pas avoir.
06:55Tant que nous sommes dans la configuration, vous avez reçu Dupont-Aignan il y a quelques jours,
06:58qui est le seul à dire ça, et fort justement.
07:01Tant que nous restons dans une configuration européiste, nous n'avons pas le choix.
07:05On n'a pas de marge de manoeuvre.
07:07On ne décide pas, par exemple, des filets pour le pêcheur.
07:11C'est Bruxelles qui dit, vous allez utiliser ces filets-là,
07:14la forme du filet et l'écartement du filet.
07:16Allez, justement, on parle de pêcheurs, on parle de nasse,
07:19on va écouter Fabrice Duprat, qui est un pêcheur que vous connaissez bien.
07:22Il était cette semaine sur le plateau de Pascal Praud.
07:24On en avait déjà parlé il y a quelques semaines.
07:26On avait diffusé une petite vidéo qu'on m'avait donnée, Michel,
07:29de lui poussant un coup de gueule.
07:30Écoutez ce qu'il a dit sur CNews.
07:33Moi, et ma reste, les semaines, ils ont travaillé 4 jours,
07:35ils ont fait 60 heures de travail.
07:36Quand j'ai enlevé le carburant sur la débarque de ma semaine,
07:39les gars, ils ont gagné 300 euros pour la semaine.
07:42Ils ne seront même pas au SMIC ce mois-ci.
07:45Nos salaires se sont divisés par deux.
07:46Le gasoil, quand je vous parle il y a 6 mois avant le début du conflit au Moyen-Orient,
07:50on était à 60 centimes.
07:52Entre 60 et 60 centimes, c'est ce qu'il faut pour un chalutier,
07:55pour qu'il soit à peu près pérenne.
07:57Et là, on est passé à 1,20 €.
08:00Vous imaginez quelle entreprise peut aujourd'hui amortir son chiffre
08:04avec un coût qui vous rentre à plus de 60 % dans votre chiffre ?
08:08Cette semaine, moi, j'ai eu 5600 euros de gasoil pour 4 jours de mer,
08:12pour une mise à terre de 10 000 euros.
08:15Net, quand j'ai coupé, divisé, à lever les charges sociales,
08:19les charges patronales, les mâchées, j'ai divisé, il ne reste plus rien.
08:22On ne fabrique plus de trésorerie.
08:24Il ne reste plus rien, dit Fabrice Duprat, Michel Onfray.
08:26C'est imparable, ils ne s'en sentiront pas.
08:29Absolument, c'est pourquoi d'anciennes grèves que j'ai pu soutenir en 92
08:33étaient assez cosmétiques.
08:34C'est-à-dire qu'on vous dit, de manière générale,
08:37on veut défendre le service public.
08:38C'est formidable que des trains marchent, arrivent, etc.
08:40Moi, quand j'ai pris le train cette semaine, il est encore arrivé en retard.
08:42Celui de la semaine dernière, il était arrivé aussi en retard.
08:44Je ne parle pas de ceux qui ne partent pas.
08:45Je ne parle pas de ceux qui sont annulés, etc.
08:48Donc là, très bien.
08:49Moi, je suis solidaire des cheminots et dans leur lutte.
08:51Mais simplement, plus d'emplois, plus de la grille de salaire, etc.
08:55C'est une chose.
08:56Mais on s'en remet si le pouvoir ne dit pas oui.
08:59Et d'ailleurs, il dit toujours oui.
09:00Mais on ne s'en remet pas quand c'est votre outil de travail qui est détruit.
09:04Vous ne pouvez plus travailler.
09:05Donc vous mettez tout le monde au chômage.
09:07Vous êtes vous-même au chômage.
09:07Et vous faites comment quand il va falloir vous payer le boulanger ?
09:10Parce que vous allez acheter votre baguette de pain.
09:12Vous, votre boucher.
09:13Parce que peut-être que vous allez acheter de l'avion.
09:14Vous n'allez pas pouvoir.
09:15Donc ce qui fait que parfois, les jacqueries se transforment en révolution,
09:19c'est que les gens sont à bout.
09:20Véritablement à bout.
09:21Ils ne peuvent pas faire autrement.
09:23Et s'ils descendent dans la rue, ce ne sont pas des gens à faire semblant.
09:25Ils ont autre chose à faire.
09:26Alors cet ami, Frédéric, lui, quand il n'est pas sur son bateau,
09:29il fait de la musculation pour se dépenser.
09:33Et puis voilà, il reçoit ses copains.
09:34Il fait des magnifiques plateaux de fruits de mer.
09:36Mais je veux dire qu'ils ont des vies de famille incroyables.
09:41Enfin, ils ont des vies personnelles incroyables.
09:42Tout au travail.
09:44Et il y a toutes les vertus du travail qui sont derrière ces personnes-là.
09:47Et c'est la même chose, c'est les pêcheurs.
09:48C'est-à-dire la mer, la terre, c'est la même chose.
09:50Et s'il y a effectivement une capacité à s'entendre
09:54et à ne pas tomber dans les ornières qui ont été tendues par la gauche
09:57et par Macron, c'est-à-dire par Macron, par Mélenchon,
09:59par le Parti communiste et les socialistes, etc.,
10:01qui ont d'une certaine manière transformé...
10:03J'ai écrit un livre là-dessus qui s'appelle « Les grandeurs du petit peuple ».
10:05Mais qui ont transformé cette grandeur du petit peuple
10:07en racaille qui récupérait tout ça
10:09et qui était en train de taguer l'arc de triomphe.
10:12On se dit, faites attention
10:14de ne pas vous faire récupérer
10:15par des gens qui ont intérêt à vous récupérer.
10:17Mais j'ai confiance en eux.
10:18Oui, je pense qu'ils n'ont pas encore une fois.
10:20Ils ont l'intelligence, ils ont les cultures,
10:22ils ont le cerveau,
10:23ils ont la saisie de ce qui se passe,
10:26ils ne vont pas se faire avoir.
10:27Le bon sens absolu, évidemment.
10:29On est sur CNews et sur Europe 1 d'en face à Michel Onfray.
10:32Est-ce que vous pensez que tout ça peut déboucher
10:34sur un mouvement gilet jaune ?
10:36On va d'abord écouter les policiers
10:38parce qu'eux aussi en ont le ras-le-bol
10:39d'être agressés, mal payés, insultés, méprisés.
10:43En fait, ce qui est vraiment le point commun
10:44à toutes ces professions, c'est qu'on est méprisés.
10:47On n'est pas entendus.
10:47On va écouter ce policier
10:49qui était dans les manifestations
10:50de début de semaine à Paris,
10:52interrogé par Mathieu Devez.
10:53Et puis on va voir s'il y a un point commun
10:54entre tout cela
10:55et si ça peut déboucher sur un mouvement gilet jaune ou pas.
10:58Les chiffres parlent d'eux-mêmes.
11:00Pendant la manifestation, évidemment,
11:02j'avais dans le dos ce chiffre
11:06de 17 policiers à peu près blessés par jour.
11:09Je ne vais pas vous donner, évidemment,
11:11la nature de leurs blessures,
11:12mais c'est à peu près ça.
11:13Et là, je ne vous parle pas, évidemment,
11:16des refus d'obtempérer,
11:18des rodéos et des interventions banales au départ
11:21qui se terminent souvent,
11:22non pas de manière catastrophique,
11:24mais en tout cas avec des blessures
11:26plus ou moins légères pour les forces de l'ordre.
11:27La peur, elle n'est pas vécue initialement
11:32lors d'une blessure.
11:34C'est une pensée qui vous vient a posteriori,
11:37soit dans les heures,
11:38soit dans les jours qui viennent.
11:39Et se retrouver blessé
11:41alors qu'on est censé s'occuper des gens
11:42et les défendre,
11:43c'est un peu paradoxal.
11:44Je peux comprendre que chez certains de mes collègues,
11:46il y ait ce sentiment
11:49qui soit de plus en plus prégnant.
11:51Voilà pour Philippe, ce policier interrogé à Bordeaux.
11:53Monsieur Lompre, vous voyez un point commun
11:54entre toutes ces colères, en fait ?
11:56Oui, oui, oui.
11:57D'abord, ce sont tous des gens privés de dignité.
12:00Ce sont des gens qui aiment leur travail.
12:01Ce sont des gens qui aiment pécher,
12:03qui aiment laborer,
12:04qui aiment semer,
12:04qui aiment respecter l'ordre républicain,
12:06qui font respecter l'ordre républicain.
12:08D'un côté, la gauche de LFI
12:10et puis le Parti Socialiste laisse faire.
12:12La police tue,
12:13mais globalement, c'est la police qui est blessée.
12:15Et c'est la police qui meurt.
12:17Donc, 17 blessés tous les jours.
12:19Je ne suis pas sûr qu'il y ait 17 blessés tous les jours
12:21de l'autre côté, en face,
12:22comme il est dit.
12:22On ne va pas faire des concours,
12:24mais juste des gens qui disent
12:25« Nous, on y risque notre peau,
12:26on a un petit salaire,
12:27on se fait mépriser,
12:28on est obligé de cacher notre identité,
12:30on dit à nos enfants
12:31de ne pas dire quelle est notre profession,
12:32on ne sort jamais en habit de travail,
12:34on se cache dans notre quartier
12:36parce qu'on ne veut pas que les gens sachent
12:37qui nous sommes, etc. »
12:38Nonobstant,
12:38on réussit quand même à trouver le domicile
12:40de ces gens-là.
12:41Il y a des tags, etc.
12:42Ils ne sont pas couverts par le ministère.
12:45Le ministère dit toujours
12:46« Ah, mais vous avez fait un mauvais usage de votre arme.
12:48Il aurait fallu lire les 100 pages
12:50du code pénal ou du code civil
12:52pour dire « Attention,
12:53nous allons tirer si ceci,
12:54si cela, etc. »
12:55Ils disent juste
12:56« On veut bien être mal payé,
12:58on veut bien être mal considéré. »
12:59Mais la dignité,
13:00ça existe tout de même.
13:01On va interpeller des gens,
13:02on fait ça au risque de notre santé,
13:04de notre vie,
13:04de notre intégrité physique.
13:06Et puis après,
13:06ceux qu'on aura interpellé,
13:07ils vont venir nous narguer
13:08deux jours plus tard
13:08parce que les juges
13:09les auront remis à la rue.
13:10Donc tous ces gens,
13:11ils ne veulent pas forcément
13:12une révolution française,
13:14bis.
13:14Ils veulent juste
13:15qu'on leur rende leur dignité.
13:16Ils disent « On veut travailler. »
13:17Ils ne disent pas
13:18« On veut être chômeur,
13:22servir de l'État, etc. »
13:24Ils disent « On veut servir le peuple,
13:25on veut servir les gens,
13:26on veut leur apporter du bon poisson,
13:28on veut leur apporter
13:29des bons aliments,
13:30des bonnes viandes,
13:30des bons fruits,
13:31des bons légumes.
13:32On veut leur apporter
13:33la sécurité,
13:33la sûreté
13:34qui sont des droits de l'homme.
13:35Je le rappelle à la gauche,
13:36s'ils veulent relire
13:37jour à jour
13:37la déclaration des droits de l'homme,
13:39la sûreté,
13:40la propriété
13:40font aussi partie
13:41des droits de l'homme.
13:43Et donc,
13:43on attaque
13:44tous ces droits de l'homme
13:45et ces gens
13:45se font cracher dessus
13:46et ils descendent dans la rue
13:47en disant
13:48« C'est pas possible
13:49que ça continue comme ça. »
13:50C'est pourquoi d'ailleurs
13:50il y a une désaffection
13:52généralisée
13:52de tout le monde
13:52pour la clientèle politique
13:55qui se présente
13:55aux présidentielles.
13:56Même si les Français
13:57sont un peu politiques
13:58et finiront par s'intéresser
13:59à la présidentielle.
14:00Mais vous pensez
14:01qu'il n'y a pas...
14:02Ils n'ont pas le choix.
14:03Ils n'ont pas le choix.
14:03C'est comme quand vous allez
14:05dans un étal,
14:05dans un magasin
14:06où la bouffe est assez dégueulasse,
14:08il faut manger,
14:08vous allez acheter
14:09des choses pas bonnes
14:10et puis voilà,
14:10vous allez faire
14:11le moindre mal
14:12ou vous allez voter
14:13pour machin contre bidule
14:15et pas pour un programme
14:16mais plutôt contre.
14:17C'est comme ça
14:17que les choses se passent
14:18hélas maintenant.
14:18Donc il y a quand même
14:19assez peu de chances,
14:20vous nous dites,
14:21que ça se coagule
14:22tout ça dans un mouvement
14:23qui était très spontané
14:24à l'époque des Gilets jaunes.
14:25Non, je ne dis pas ça.
14:26Parce qu'on est quand même...
14:27Moi, je pense qu'on est quand même
14:28proche d'une échéance présidentielle
14:30et là, les gens savent
14:31qu'ils pourront s'exprimer
14:32en 2027.
14:33Oui, mais vous savez,
14:34quand vous lisez les...
14:36Moi, je suis collectionneur
14:37des histoires
14:38de la Révolution française
14:38dans ma bibliothèque
14:39et que j'ai des pans entiers
14:42de bibliothèques
14:42consacrées
14:43aux Révolutions françaises.
14:44Celle de Thènes,
14:45les origines de la France contemporaine,
14:47est une histoire intéressante
14:49parce qu'elle fait la part
14:50à la généalogie
14:50de la Révolution française.
14:51Il y a plein de volumes,
14:53j'ai une édition à 10 volumes,
14:54mais il y a 2 ou 3 volumes
14:55pour expliquer
14:56comment fonctionne la France
14:57avant 1789.
14:58Et je vous assure
14:59que ça ressemble
15:01outre la dette.
15:02Nous en parlions
15:02avec mon ami
15:03Franz-Olivier Gisbert
15:04il y a quelques jours
15:04on était au téléphone
15:05sur cette question
15:06du rôle de la dette
15:06dans le déclenchement
15:07de la Révolution française.
15:10Mais tout ce qui a rendu
15:11possible,
15:11la Révolution française
15:12est en train
15:12de se présenter ici.
15:15Pas seulement la dette
15:16mais une espèce
15:16de crédit généralisé planétaire.
15:18Emmanuel Macron
15:19nous a fâchés
15:20avec pratiquement
15:20tous les pays.
15:21Il a pris le parti d'Israël
15:23et a fâché la Palestine
15:24puis de la Palestine
15:24il a fâché Israël
15:25il a pris le parti du Maroc
15:26donc il a fâché le Maroc
15:27l'Algérie
15:27il a pris le parti de l'Algérie
15:29il a fâché le Maroc
15:30etc.
15:30Il a pris le parti de Poutine
15:31puis il a fâché l'Ukraine
15:33puis après il a fâché
15:33il a pris le parti de l'Ukraine
15:34etc.
15:35et puis il a fâché l'Ukraine
15:36enfin tout le monde
15:37connaît l'histoire
15:37il suffit de la regarder
15:38depuis 10 ans
15:39et donc cette espèce
15:41d'effondrement
15:41de la personnalité morale
15:42du chef de l'État
15:43cette dette
15:44qui fait la loin
15:45ces dépenses inutiles
15:46je rappelle quand même
15:48que quand on veut faire
15:49la guerre partout
15:49sur la planète
15:50c'est chez nous
15:51que ça pose des problèmes
15:52regardez Louis XVI
15:53et si les caisses
15:54se sont effondrées
15:54c'est parce qu'il est allé
15:55s'occuper de la révolution américaine
15:56que n'a-t-il eu le souci
15:58de son propre peuple
15:59et qu'il n'ait pas
16:01dirigé, fléché
16:02comme on dit au-jeu
16:03qu'il n'ait pas fléché
16:03cet argent
16:04sur le bien-être
16:05de son peuple
16:07et bien ça a rendu possible
16:08ce que nous savons
16:10comme type de crise
16:10c'est-à-dire
16:11on ne peut pas continuer
16:11à faire la guerre des autres
16:13quand on estime
16:14qu'il n'y a pas de guerre civile
16:15en France
16:15il y a une guerre civile
16:16en France
16:16je le dis depuis des années
16:17j'étais à bas bruit
16:18j'enlève le bas bruit
16:19quand vous avez aujourd'hui
16:20des gens
16:21des Français
16:21qui tirent sur d'autres Français
16:22donc on voit bien
16:23quand même
16:26qui viendra un jour
16:27pour nous expliquer
16:28ce qui se passera
16:30avec l'après Macron
16:31prendra toutes ces choses-là
16:32en considération
16:33en disant
16:33mais ils n'ont pas vu
16:34la dette
16:34ils n'ont pas vu
16:35cette guerre civile
16:35qui montait
16:36ils n'ont pas vu
16:37cet argent
16:37qui était consacré
16:38à des guerres étrangères
16:39et pas à des guerres nationales
16:40quel est l'intérêt de la France
16:41en matière de Russie
16:43ou d'Ukraine
16:44hélas pour les Ukrainiens
16:45mais on ne peut pas non plus
16:46s'occuper du Tibet
16:47parce que les Chinois
16:48ont envahi le Tibet
16:50les guerres se font
16:51pour l'intérêt national
16:52mais pas pour des intérêts
16:54supranationaux
16:54qui seraient des intérêts européistes
16:56Le dernier aspect
16:57que je voulais qu'on aborde
16:57ce matin
16:58avec vous
16:59Michel Onfray
17:00le dernier aspect
17:01que je voulais qu'on aborde
17:02avec vous
17:02Michel Onfray
17:03c'est la question des retraités
17:04parce que c'est une question
17:05d'aller un peu
17:06taper dans la poche
17:07des retraités
17:07pour boucler un budget
17:08qui est extrêmement difficile
17:09à boucler
17:10pour Sébastien Lecornu
17:11l'idée c'est de désindexer
17:13les pensions de l'inflation
17:14supprimer l'abattement fiscal
17:15de 10%
17:16et il y a un espèce
17:17de conflit générationnel
17:18autour de cette question
17:19parce qu'à la fois
17:19les jeunes disent
17:20on ne peut pas payer
17:21nous les actifs
17:21et les jeunes
17:22tout le poids
17:23du vieillissement de la société
17:24et les retraités disent
17:25on a cotisé toute notre vie
17:26c'est un pacte
17:27entre nous et la nation
17:28on écoute juste
17:29et les seniors
17:30et les un peu moins seniors
17:32ça dépend desquels
17:33parce qu'il y a des retraités
17:34qui vraiment
17:35ne gagnent pas beaucoup
17:37donc je pense que
17:38ceux qui ont eu la chance
17:39peut-être d'avoir des retraites
17:41vraiment très confortables
17:43je pense qu'on peut
17:44effectivement
17:45les faire participer
17:46je pense que
17:47si on demande
17:48aux retraités
17:49de payer un peu plus
17:50il faut demander
17:52des efforts
17:53dans d'autres domaines
17:55à d'autres catégories
17:56de la population
17:58et peut-être
17:59à commencer par l'état
18:00lui-même
18:01voilà
18:01non non non
18:03c'est pas aux retraités
18:04à payer
18:04vous imaginez bien
18:05qu'ils ont travaillé
18:05toute leur vie
18:06c'est pas à eux
18:07à payer
18:09pour les
18:12les incapables
18:14et les incapacités
18:15de l'état
18:16donc non non
18:17certainement pas
18:18avant de vous passer
18:19la parole Michel
18:20j'aimerais juste
18:20qu'on écoute
18:21une archive
18:21d'Emmanuel Macron
18:21en 2018
18:22qui déjà disait
18:23à des retraités
18:24qu'il allait leur demander
18:25un petit effort
18:26la séquence est très courte
18:28on va le faire
18:29par tranche
18:30déjà on baissera
18:3020 tiers
18:31en fin d'année
18:31simplement
18:32ça vient pas en même temps
18:33donc c'est ça
18:34il faut un peu de patience
18:36bon après c'est vrai
18:37qu'au-dessus
18:38de 1200 euros
18:38on a augmenté
18:39la CSG
18:40d'1,7 points
18:40je l'avais dit
18:42mais là
18:42ce qu'on est là
18:43vous nous avez
18:44vraiment coupé
18:44non non non
18:45c'est pas vrai
18:46mais je vais vous expliquer
18:46les retraités
18:47dites donc
18:49on a travaillé
18:50toute notre vie
18:50je vous demande
18:51un petit effort
18:51pour m'aider
18:52à relancer
18:53l'économie
18:54et les actifs
18:55voilà je vous demande
18:56un petit effort
18:56dit-il au retraité
18:57alors qu'est-ce que
18:58vous pensez
18:58de cet affrontement
18:59un peu générationnel
19:00Michel
19:00sur la question des retraites
19:01d'abord c'est un bon inventaire
19:03comme on en trouve
19:03sur les marchés
19:04il vous explique
19:04qu'il a trouvé
19:05le médicament
19:06qui soigne
19:06toutes les maladies
19:07ça va de la prostate
19:09au cerveau
19:09en passant par
19:10les cancers
19:10et autres maladies
19:12et puis
19:12il y a cette dame
19:13qui est là
19:14qui est dans le bon sens
19:14qui dit
19:15ben non
19:15moi je suis retraité
19:16et elle parle
19:16d'expérience
19:17et nous dit
19:18non un peu de patience
19:1910 ans
19:20c'est long 10 ans
19:21et 10 ans ça suffit
19:2210 ans on a été patient
19:24et pendant 10 ans
19:25on nous dit
19:25il n'y a qu'à
19:25il faudra
19:26on va faire
19:26vous verrez
19:27etc
19:27mais pas du tout
19:27si les gens comprennent bien
19:29ils comprennent bien
19:29sa politique
19:30elle est extrêmement simple
19:31cette façon de dire
19:32comme d'autres ont dit
19:33mon problème
19:33c'est mon intelligence
19:34lui c'est exactement
19:37ne comprenez pas
19:38ce que je fais
19:38de la patience
19:39et puis vous verrez
19:40qu'avec la patience
19:41ça finira par passer
19:42moi je pense
19:42qu'une société
19:43quand elle maltraite
19:44ses enfants
19:45et quand elle maltraite
19:46ses vieillards
19:46elle dit beaucoup sur elle
19:47et quand elle maltraite
19:48même les enfants
19:49quand il s'agit
19:50d'un avortement
19:51qui peut être provoqué
19:51jusqu'à interruption
19:53médicale de grossesse
19:54j'entends bien médicale de grossesse
19:55c'est pas volontaire de grossesse
19:57mais jusqu'à 9 mois
19:58pour des raisons psychosociales
19:59là il n'y a aucun problème
20:00ce ne sont pas des électeurs
20:01et donc on peut y aller
20:03on peut légiférer
20:04allez ça ne sert à rien
20:05ces gens là ne sont pas utiles
20:06ils ne sont pas rentables
20:07ce sont des choses et des objets
20:08les personnes âgées
20:09c'est la même chose
20:10parce que jeune retraité
20:11c'est pas la même chose
20:12que vieux retraité
20:12et puis retraité
20:15ouvrier retraité
20:15ou retraité
20:17de je ne sais quelle profession
20:19qui vous a rapporté
20:20beaucoup d'argent
20:20c'est pas exactement
20:21la même chose
20:22mais c'est toujours
20:23cette façon d'aller taper
20:24les gens qui ne sont plus organisés
20:25quand vous êtes retraité
20:27vous n'allez pas
20:27dans un syndicat de retraités
20:29vous vivez tranquillement
20:30votre retraite
20:31donc vous n'êtes pas
20:32mobilisable politiquement
20:33et puis éventuellement
20:33mais vous votez
20:34les retraités ils votent
20:35c'est un vrai électorat
20:38mais ils ont aussi peur
20:39pour leur avenir
20:40et parfois
20:41ils votent
20:42en pensant à leurs enfants
20:43ou à leurs petits-enfants
20:44en expliquant qu'ils ne veulent pas
20:46laisser la planète
20:47etc
20:47on connait un peu le discours
20:48et ils restent extrêmement prudents
20:50ils finissent au bout du compte
20:52par voter Macron
20:52en disant
20:53on va voter pour le bloc central
20:55pour le national européisme
20:59sous prétexte
21:00que nous aurions en face
21:01des fascismes
21:01mais qu'Adolf Hitler
21:02pointerait son nez
21:03et que globalement
21:04bon on veut bien
21:05donner un peu de notre retraite
21:06et puis voilà
21:06c'est un petit peu
21:07l'aspect moutonnier
21:08d'un certain nombre de français
21:09qui finissent par
21:11se laisser faire
21:12c'est-à-dire ça râle beaucoup
21:13et puis au bout du compte
21:14il a été réélu
21:15monsieur Macron
21:15il a fait un mandat
21:16et les gens au bout d'un mandat
21:17auraient pu dire
21:18bon écoutez ça suffit
21:19on l'a vu
21:19il a eu 5 ans
21:20pour montrer de quoi
21:21il était capable
21:22on a vu
21:22il fait partie
21:23de ceux qui ont fait la France
21:24depuis une trentaine d'années
21:26soit on continue
21:26dans le même sens
21:27et on aura exactement
21:28les mêmes résultats
21:29soit on continue pas
21:29dans le même sens
21:30et ils ont continué
21:31dans le même sens
21:31donc on a bien vu
21:32comment tout ça bascule
21:33dans les derniers moments
21:34il suffit juste de dire
21:36attention je suis un chef de guerre
21:37l'Ukraine vous vous rendez compte
21:38etc il fait pas campagne
21:39et il est réélu
21:40il est réélu sur un programme
21:41et son programme c'est celui-là
21:42et sur la querelle
21:43entre les jeunes
21:44et les actifs
21:45et les retraités
21:46en un mot
21:48il a toujours existé ?
21:49c'est divisé pour régner
21:50c'est-à-dire que
21:50si vous montez les gens
21:51les uns contre les autres
21:52la droite contre la gauche
21:53les chrétiens contre les athées
21:54les judéo-chrétiens
21:56contre les musulmans
21:56les riches contre les pauvres
21:58les milliardaires
21:59contre les défavorisés
22:00les migrants contre les français
22:01les gens de souche
22:02etc etc
22:04vous entretenez le climat de guerre
22:06c'est d'ailleurs ça
22:06la guerre civile
22:07c'est ce qui fait
22:08qu'on commence par insulter
22:09les gens dans la rue
22:09j'y ai droit régulièrement
22:10puis on peut aussi
22:11me dire des choses gentilles
22:12mais ça commence comme ça
22:14et puis le jour où on dit
22:15ben vous pouvez donner
22:16deux ou trois coups
22:16puis après deux ou trois coups de pied
22:18puis après deux ou trois coups de poing
22:19puis après tuer deux ou trois militants
22:20ils sont fascistes
22:21on peut le faire
22:21il n'y a pas de problème
22:22et là une certaine presse dit
22:24ben oui c'est fasciste
22:24on a bien le droit de tuer
22:25ah bon si on a le droit de tuer des gens
22:26pour des délits d'opinion
22:28il faut désormais le dire
22:30donc voilà les situations
22:31dans lesquelles nous nous trouvons
22:32et la révolution
22:33c'est ce que disait un philosophe
22:34qui s'appelle Kojève
22:35il faudrait peut-être
22:35que dans un moment philo
22:36on en parle d'Alexandre Kojève
22:38mais il nous dit
22:38mai 68 ça n'a pas été important
22:40c'était rien du tout
22:41puisque le sang n'a pas coulé
22:43alors une révolution
22:44n'est pas suffisante
22:46le sang n'est pas suffisant
22:47pour dire qu'il y a eu
22:48ou qu'il n'y a pas eu révolution
22:49mais moi je pense que le sang
22:54c'est tir de fusée de mortier
22:55je me dis mais il y a si peu de morts
22:57alors tant mieux
22:58tant mieux
23:00il y a si peu de morts
23:00avec toutes ces armes qui circulent
23:02alors il y a des morts
23:03parce que c'est la bande de machins
23:04qui a abattu la bande de bidules
23:06etc bon d'accord
23:07mais après il y a des balles perdues
23:09mais globalement
23:10et le jour où d'autres disent
23:11bon ben on va rafaler
23:12et maintenant on va aller rafaler
23:13d'autres individus
23:14c'est plus verbalement qu'on va le faire
23:16c'est là qu'on passe
23:16de la jacquerie à la révolution
23:18et le premier qui fait couler le sang
23:19appelle le sang
23:20et c'est facile de faire couler le sang
23:22c'est extrêmement difficile de l'arrêter
23:24et de le faire
23:26dans la révolution française
23:27c'est pas compliqué
23:27c'est Napoléon qui a fait
23:28enfin c'est Termidor si on veut
23:30mais celui qui a dit
23:31il faut qu'à la suite de Termidor
23:33ça puisse durer
23:33c'est un homme à poigne
23:34qui s'appelait Napoléon
23:35Bonaparte
23:36c'est d'abord Bonaparte
23:37et ensuite Napoléon
23:38qui dit moi je calme tout ce monde là
23:40on va pas réécrire l'histoire
23:41parce qu'on n'a pas forcément
23:42toujours la chance
23:43d'avoir quelqu'un qui nous dit
23:44je vais sauver
23:45ce qui reste à sauver
23:47Michel on fait une toute petite pause
23:48face à Michel Onfray
23:49on se retrouve dans un instant
23:50on évoquera la présidentielle
23:522027
23:53on entendra et Marine Le Pen
23:54et Jean-Luc Mélenchon
23:55et puis on parlera aussi
23:56du service national
23:57et cette première promotion
23:58qui portera le nom d'Henri Ferté
24:00un jeune résistant de 16 ans
24:01qui a été abattu en 1943
24:02par les allemands
24:03évidemment c'est une lettre magnifique
24:05à tout de suite
24:07on se retrouve pour la seconde partie
24:08de face à Michel Onfray
24:09sur CNews et sur Europe 1
24:11la présidentielle 2027
24:12Michel
24:12écoutons d'abord Marine Le Pen
24:14qui cette semaine
24:15a évoqué la priorité nationale
24:18pour le logement
24:19elle veut en faire vraiment
24:20une priorité de son programme
24:21et elle évoque aussi
24:22l'habitat social
24:23qu'elle voudrait réserver
24:24aux français
24:25ou aux étrangers
24:26en situation régulière
24:27écoutons-la
24:29La première mesure sociale
24:30que nous prendrons
24:31sera un droit nouveau
24:33pour tous les français
24:35Nous allons garantir
24:37à tous les français
24:38comme cela se pratique
24:39dans tous les pays du monde
24:41un droit naturel et juste
24:43avec nous
24:45les français
24:46quelle que soit
24:47leur couleur de peau
24:48ou leur religion
24:49leur origine
24:50ou leur résidence
24:50quelle que soit
24:52leur région
24:52ou leur condition sociale
24:54seront prioritaires
24:55chez eux
24:59Nous reconnaîtrons
25:00à chacun de nos compatriotes
25:02un privilège
25:04de l'être
25:05Ceux qui vous font croire
25:07que cette priorité nationale
25:08serait critiquable
25:09ont inversé les valeurs
25:10Qu'est-ce que le droit de vote
25:12sinon un privilège exclusif
25:14accordé aux français
25:15par la constitution
25:16et donc la république
25:19Qui oserait affirmer
25:21que l'administration française
25:23qui pratique
25:24l'exclusivité nationale
25:25à l'embauche
25:26serait coupable
25:27de xénophobie
25:28Voilà pour Marine Le Pen
25:29priorité nationale
25:31pour le logement social
25:32Est-ce que ce sont des idées
25:34qui sont conformes
25:35encore une fois
25:36à l'idée que vous avez
25:36de notre pays
25:37Michel Onfray ?
25:38Ce que je trouve étonnant
25:39c'est qu'on s'en vient
25:41de nous dire
25:41qu'il n'y a pas de nation
25:42qu'il n'y a pas de peuple
25:44qu'il y a une espèce
25:44de grande planète
25:45et que la France
25:47est une espèce d'hôtel
25:47où tout le monde peut passer
25:48aller, venir, etc.
25:50Personne ne fait ça
25:50chez soi
25:52C'est quand même étonnant
25:53que tous ces gens
25:54qui nous disent
25:54il faut laisser venir
25:55tout le monde
25:56ils ne laissent pas venir
25:56tout le monde chez eux
25:57ils mettent l'alarme
26:00ils appellent la police
26:01si on vient les cambrioler
26:02ils ont des clés
26:03ils ont des verrous
26:04et puis ils estiment
26:04qu'il y a un domaine
26:06qui est celui du privé
26:07et puis il y a un domaine
26:08qui est l'extérieur du privé
26:09Il y a des frontières nationales
26:11et ceux qui veulent faire
26:11respecter les frontières nationales
26:13ce sont des nationalistes
26:14des nationaux
26:14et on les présente
26:15comme des nazis
26:15comme des fascistes
26:16comme des xénophobes
26:17etc.
26:18Xénophobes
26:18c'est la haine de l'étranger
26:19Marine Le Pen dit
26:20il ne s'agit pas
26:20de parler des étrangers
26:22elle dit
26:22si les étrangers
26:23veulent devenir français
26:23quelle que soit
26:24leur couleur de peau
26:25quelle que soit
26:25leur religion
26:25leur âge
26:26leur sexe
26:26etc.
26:27ils sont français
26:28et il y a une règle du jeu
26:29et la règle du jeu
26:30elle marche dans les limites
26:31de frontières
26:32mais si tous ces gens là
26:33étaient pour une espèce
26:34de cosmopolitisme sans frontières
26:35ils seraient cohérents
26:36mais pourquoi défendent-ils
26:37les frontières de Schengen
26:38si le principe de la frontière
26:40est nationaliste et xénophobe
26:41ça veut dire que
26:42quiconque défend
26:43la priorité européenne
26:44est nationaliste et xénophobe
26:46quiconque défend
26:47les frontières de Schengen
26:48est xénophobe
26:49est nationaliste
26:50et on voit bien
26:51que les européistes
26:52ne peuvent pas penser comme ça
26:53et qu'ils préservent
26:54des frontières
26:55mais qu'on fait attention
26:57d'accord pour celui-ci
26:58pas d'accord pour celui-là
26:58etc.
26:59pourquoi pas fasciste
27:00alors on pourrait dire
27:00vous êtes aussi fasciste
27:01alors vous êtes fasciste
27:02simplement vous avez changé d'état
27:04quand il s'agit de la France
27:05c'est fasciste
27:06quand il s'agit de l'Europe
27:07c'est de la protection
27:07et du protectionnisme
27:08c'est comme tous ces gens
27:09qui estiment que
27:10les paysans
27:11qui s'en viennent nous dire
27:11vous avez vu un petit peu
27:12le prix de la viande
27:13quand vous allez chercher
27:14de la viande en Amérique du Sud
27:15et que vous détruisez
27:16nos fermes etc.
27:17on dit
27:17ah leur protectionnisme
27:18tous ces gens
27:19c'est des beaufs
27:20c'est des français moyens
27:21c'est du nationalisme
27:22c'est du fascisme
27:23etc.
27:23d'accord très bien
27:23mais quand il s'agit
27:25bon les pêcheurs
27:25qui nous disent
27:26pourquoi on n'a pas parlé
27:27de l'Islande
27:27vous savez quand l'Islande
27:28a refusé l'intégration
27:29dans l'Europe
27:29c'était ça
27:30ils disposent de leur côte
27:31en disant
27:32nous pouvons pêcher
27:33comme on veut
27:33c'est notre ressource naturelle
27:35est normale
27:36et l'Europe a dit
27:36ah mais pas du tout
27:37car si des français
27:38veulent aller pêcher en Islande
27:40et bien ils iront pêcher en Islande
27:41ils auront priorité
27:42chez les islandais
27:42donc pour vous
27:43l'idée de réserver
27:44le logement social
27:45et l'habitat social
27:46à des français
27:48ou des étrangers
27:49en situation régulière
27:49c'est pas aberrant
27:50ben non c'est pas aberrant
27:52et tant qu'on n'aura pas fait
27:52une espèce de grand
27:54gouvernement planétaire
27:55auquel aspire Nathalie
27:56puisqu'il a fait un livre
27:57qui s'appelle
27:57Demain qui gouvernera le monde
27:59pour l'instant c'est aujourd'hui
28:00alors tous ces gens là
28:01ils veulent absolument
28:02faire tomber les barrières
28:02sauf chez eux
28:03je vous dis
28:03chez eux il n'y a aucun problème
28:04quand ils ont des villas
28:06des villas dans le sud
28:07il y a des caméras de surveillance
28:09il y a même parfois
28:10des gens qui sont là
28:11pour surveiller
28:12leur propriété
28:13il n'est pas question
28:13qu'on grimpe par dessus
28:14la barrière de leur propriété
28:16pour aller s'installer
28:18et nager dans leur piscine
28:19et ça me paraît normal
28:20ils ont envie de protéger
28:22leur bien
28:22la France c'est le bien
28:23des gens qui n'ont pas de bien
28:25c'est des gens qui disent
28:26mais nous on est français
28:27c'est à dire on a une culture
28:28on a un savoir
28:29on a
28:30et en même temps
28:31venez si vous voulez être français
28:32mais devenez-le
28:33ne nous dites pas
28:34vous allez devenir ce que je suis
28:35mais venez ce que nous sommes
28:37puisque vous avez fait l'effort
28:38de venir chez nous
28:39qu'est-ce qui vous fait venir chez nous
28:40sauf les intérêts
28:41que vous auriez à vous y trouver
28:42donc je trouve normal
28:43qu'on puisse aujourd'hui
28:45dire à un certain nombre de gens
28:46ben oui il y a des priorités
28:47parce qu'on ne peut pas
28:48loger tout le monde
28:49on ne peut pas nourrir tout le monde
28:50on ne peut pas soigner tout le monde
28:52c'est juste du bon sens
28:53et si vous commencez
28:54à faire un choix
28:55ou un tri
28:56ben effectivement
28:57vous allez arrêter l'appel d'air
28:59ça ne s'appelle pas de la xénophobie
29:00la xénophobie c'est la haine de l'étranger
29:02quel qu'il soit
29:02là quand on dit de l'étranger
29:04s'il veut s'intégrer
29:05il est bienvenu
29:05ça s'appelle l'assimilation
29:06c'est le vieux truc républicain
29:08depuis la révolution française
29:09je rappelle à ces gens-là
29:10que c'est la révolution française
29:11qui estimait que la citoyenneté
29:13elle pouvait être donnée
29:14même si les gens le méritaient
29:15et qu'elle n'était pas
29:18systématique
29:18cette espèce de cosmopolitisme
29:20est devenue
29:21l'utopie à la mode
29:22ces temps-ci
29:23Michel Onfray
29:23on est dans votre émission
29:24sur CNews et sur Europe 1
29:26intéressons-nous maintenant
29:27à ce qui se passe à gauche
29:28il y a eu la fête de l'humanité
29:29le week-end dernier
29:30très intéressant
29:31de voir la façon
29:32dont Jean-Luc Mélenchon
29:33a été acclamé
29:34on a entendu des slogans
29:35anti-parti socialiste
29:36on a même entendu
29:37non, Roussel n'est pas un camarade
29:39ça c'est vraiment intéressant
29:41on va écouter Jean-Luc Mélenchon
29:42qui dit qu'il veut
29:43transformer complètement la société
29:45écoutons-le
29:45et je vous passe la parole
29:47Nous voulons véritablement
29:50et décidément
29:52la transformation
29:54de fond en comble
29:55du système de la société
29:57une autre agriculture
29:59une autre industrie
30:01une autre répartition
30:02de la richesse
30:03Nous voulons la révolution citoyenne
30:07c'est-à-dire le contrôle populaire
30:10sur toutes les affaires
30:11qui le concernent directement
30:13La révolution citoyenne
30:15on y est, ça y est
30:16Je trouve très drôle
30:17c'est qu'on peut regarder
30:18le passé des gens
30:19c'est parfois un passif
30:20et le contrôle citoyen
30:21sur la France insoumise
30:23ça n'existe pas
30:24il n'y a même pas le contrôle
30:24des gens de la France insoumise
30:26sur la France insoumise
30:26C'est une oligarchie
30:28d'une dizaine de personnes
30:29et le premier qui commence
30:30à dire
30:31peut-être qu'un militant
30:32qui frappe sa femme
30:32c'est pas une bonne chose
30:33Mélenchon dit
30:34celui-ci, celui-ci a le droit
30:35de frapper sa femme
30:35et toi dehors
30:36et on a des corbières
30:38et des guéridos aujourd'hui
30:38qui ont recouvré
30:40un peu d'intelligence
30:41et un peu de cerveau
30:41simplement parce qu'on les a mis
30:42à la porte
30:43simplement ils donnaient
30:44des voix discordantes
30:45sur la question
30:46sur la question d'un militant
30:48qui avait frappé sa femme
30:49donc non
30:50il ne garantit pas la démocratie
30:52voilà quelqu'un qui nous dit
30:53que Cuba n'est pas une dictature
30:56comme Roussel d'ailleurs
30:57qui sont incapables
30:58de reconnaître
30:59que Cuba est une dictature
31:01et qui nous disent
31:01que leur modèle démocratique
31:03c'est le contrôle du peuple
31:04non c'est le contrôle
31:04sur le peuple
31:05c'est le contrôle sur le peuple
31:06et pas le contrôle du peuple
31:07ne jamais se laisser avoir
31:08par tous ces gens
31:09qui parlent au nom du peuple
31:10en disant
31:10on va vous donner ce peuple
31:12je le prends
31:12et puis je vous le rendrai
31:13non je pense que le jour
31:14où il l'aura
31:14il ne le rendra à personne
31:15et je pense que même
31:16autour de lui
31:17ceux qui pensaient pouvoir
31:18partager le gâteau avec lui
31:19ne partageront pas grand chose
31:21il suffit juste de regarder
31:22le Venezuela
31:24de regarder Cuba
31:25de regarder la Chine
31:26de regarder la Russie
31:27la Russie
31:28bolchevique
31:29dont ils ont la nostalgie
31:30il n'y a pas de contrôle du peuple
31:31il y a un contrôle sur le peuple
31:32quand les soviets disent
31:34à Kronstadt en 1921
31:35nous avons fait
31:37quand les marins de Kronstadt
31:38disent nous avons fait
31:38la révolution pour les soviets
31:39c'est à dire pour
31:40pour les associations
31:41les coopératives
31:42les mutualisations etc
31:43c'est un certain Trotsky
31:45monsieur Mélenchon
31:46était trotskiste
31:46qui a envoyé l'armée rouge
31:47armée rouge
31:48qu'il avait créée
31:49monsieur Trotsky
31:49et il a fait fusiller
31:51les marins de Kronstadt
31:52en disant
31:52bon ça va
31:53vous avez fait la révolution
31:53c'est très bien
31:54maintenant on est en place
31:55vous n'allez tout de même
31:55pas croire qu'on a fait
31:56la révolution pour vous
31:57on l'a fait pour nous
31:57on a fabriqué des apparatchiks
31:59il y a beaucoup d'apparatchiks
32:00qui voyagent en première classe
32:02dans les avions
32:03pour aller en Nouvelle-Calédonie
32:04ou qui passent leurs vacances
32:05sur des bateaux de milliardaires
32:07on a vu quelques photos récemment
32:08voire monsieur Pigasse
32:09qui peut payer
32:10500 000 euros etc
32:11donc on voit bien
32:12quels seraient les apparatchiks
32:13de demain
32:14mais non il y aura un contrôle
32:15sur le peuple
32:15et pas du tout un contrôle
32:16Michel on ferait
32:17terminons sur autre chose
32:18quand même Michel
32:19parce qu'il y a des choses
32:20positives
32:21dans notre pays
32:22un tout petit mot
32:23de cette première promotion
32:24du service national
32:26qui a été inaugurée
32:27par Emmanuel Macron
32:28et qui va porter
32:29le nom d'Henri Ferté
32:30ce jeune résistant de 16 ans
32:33fusillé en 1943
32:34par les Allemands
32:35il était élève de seconde
32:36à Besançon
32:3716 ans
32:37alors on va
32:38je vais vous lire
32:39quelques extraits de la lettre
32:40parce que nos auditeurs
32:41évidemment
32:42ne peuvent pas la lire
32:43mais moi d'abord
32:45je suis sidérée
32:45par la maîtrise de la langue
32:47par la puissance
32:49des mots
32:52de ce jeune homme
32:53qui va être exécuté
32:54il écrit cette lettre là
32:55après avoir été torturé
32:56pendant 87 jours
32:57par les Allemands
32:58il dit
32:58chers parents
32:59ma lettre va vous causer
33:00une grande peine
33:01mais je vous ai vu
33:02si plein de courage
33:03que je n'en doute pas
33:04vous voudriez encore le garder
33:06ne serait-ce que par amour
33:07pour moi
33:08c'est une lettre magnifique
33:09c'est important de la lire
33:11pour se rappeler
33:11ce que c'est
33:12l'esprit français
33:13l'héroïsme
33:15tout simplement
33:15Michel Onfray
33:17oui moi je suis très stupéfait
33:18de voir qu'Emmanuel Macron
33:20a choisi ce héros
33:22je ne connaissais pas
33:23cette lettre
33:24que j'ai probablement
33:25découverte comme beaucoup
33:26ont pu découvrir
33:26et on y fait l'éloge
33:28de toutes les vertus
33:29que détestent Macron
33:30et les siens
33:31on y fait l'éloge
33:32du travail
33:33on y fait l'éloge
33:34de la famille
33:35de la patrie
33:35de Dieu
33:36de la religion
33:37de l'affection
33:38de la filiation
33:39on y fait l'éloge
33:40de la vie après la mort
33:42enfin bon
33:42c'est une lettre
33:44très marquée politiquement
33:48je trouve étonnant
33:49qu'on puisse
33:50revendiquer
33:51ce genre de paternité
33:52pour un service civil
33:53qui n'a pas grand chose
33:54à voir avec les armes
33:55je ne sais pas trop
33:56à quoi ça ressemble
33:56ce service
33:57qui est militaire
33:58sans être militaire
33:59à la fois civil
34:00mais ils vont faire quoi
34:02très précisément
34:02c'est un pont
34:03entre les armées
34:04et la nation
34:05oui c'est ça
34:06en faisant quoi
34:06en allant
34:07après ils ont la possibilité
34:08de s'engager
34:09s'ils le souhaitent
34:09ils sont dans l'armée
34:11réelle
34:11non non
34:11ils ne sont pas dans l'armée
34:12c'est un service national
34:13c'est un service militaire
34:14c'est bien probablement
34:16mais en même temps
34:16on ne donne pas d'argent
34:17à l'armée
34:18en même temps
34:19on ne soutient pas
34:20tout ce qui est force de l'ordre
34:21tout ce qui est poliste
34:22ordre républicain
34:23et sécurité
34:23on nous dit juste
34:24bon ben vous savez
34:25il va falloir vous préparer
34:26à faire la guerre
34:26contre l'Ukraine
34:27donc les mères de famille
34:28on a le chef d'état-major
34:29qui s'en vient nous dire
34:30il va falloir que vous vous prépariez
34:32à envoyer vos enfants au front
34:33parce qu'il se pourrait très bien
34:34que les russes envahissent la France
34:37parce que nous ne sommes pas
34:38co-belligérants
34:39c'est pareil sur la question
34:40de la co-belligérance
34:40si vous avez deux personnes
34:42qui sont en train de se tabasser
34:43dans la rue
34:43que vous donnez un couteau à l'un
34:44vous donnez une batte de baseball
34:45à l'eau même
34:46que vous redonnez vous aussi
34:48un coup de pied en passant
34:48vous dites
34:49il n'est pas co-belligérant du tout
34:50on n'est pour rien dans cette affaire
34:51on les fabrique les guerres aussi
34:52donc moi je veux bien
34:54qu'on sollicite les résistants
34:56simplement
34:56je voudrais qu'on les laisse tranquilles
34:58les résistants aussi
34:59c'est à dire que
34:59les gens aujourd'hui
35:00sont restés bloqués
35:01sur cette période
35:02et c'est facile de dire
35:03j'aurais été Jean Moulin
35:04et de dire
35:05pardon
35:05il faut être bien présomptueux
35:06oui mais ils se le disent tous
35:08tous ces gens qui se présentent
35:09antifascistes
35:09j'entends bien
35:10c'est pourquoi moi je ne fais pas partie
35:11de ceux qui disent
35:12moi j'aurais été
35:13moi j'aurais fait
35:13et moi et moi et moi
35:14et vous avez un type
35:16qui dit moi j'aurais été collabo
35:17et moi j'aurais été vichiste
35:19moi j'aurais été pétiniste
35:20non
35:20même les communistes
35:21nous disent qu'il n'y a pas eu
35:22de pacte germano-soviétique
35:23donc je suis contre
35:24l'appropriation de la résistance
35:27comme enjeu de politique
35:28et politicienne
35:29je pense que cette lettre
35:30si vous voyez
35:31je fais une caricature tout à l'heure
35:32en disant
35:32si vraiment on veut
35:33on peut en faire une caricature
35:35de cette lettre là
35:35elle est écrite dans un contexte
35:37c'est une guerre
35:39avec des jeunes
35:39qui ont été éduqués
35:41à savoir lire, écrire, compter, penser
35:42à aimer la France
35:43à aimer la patrie
35:44et qui estime
35:45je meurs pour ma patrie
35:46je veux une France libre
35:47et les Français heureux dits
35:48voilà
35:48c'est à dire quelqu'un
35:49qui respecte le drapeau etc
35:50est-ce que vous pensez
35:51qu'Emmanuel Macron
35:53les dix années d'Emmanuel Macron
35:54ont été à la hauteur
35:55de cette lettre sublime
35:56peut-être l'a-t-il souhaité
35:57peut-être n'a-t-il pas réussi
35:58non je pense que ce sont des
36:00c'est le point philo
36:01oui c'est de la communication politique
36:02et j'ai toujours de la peine
36:03qu'on aille réveiller les morts
36:04y compris pour la panthéonisation
36:05ça me fatigue
36:06cette panthéonisation
36:07tous les six mois
36:08panthéoniser machin
36:09bidule, untel, tel autre
36:10ça c'est fait
36:11non le général de Gaulle
36:12il panthéonise une fois
36:13Jean Moulin
36:14parce qu'il a quelque chose à dire
36:16panthéoniser tout le temps
36:17c'est panthéoniser jamais
36:18donc respectons la mémoire
36:20de ce garçon qui est formidable
36:21faisons un film
36:22un vrai biopic
36:23faisons quelque chose
36:24qui raconte qui il était
36:25mettons des bustes etc
36:27mais qu'on ne se serve pas
36:28de ce discours là
36:30qui est susceptible
36:30d'être détruit
36:31pendant dix années
36:33par le chef de l'État
36:34qui je vois qu'il me faut
36:35il me faut me taire
36:36oui parce que c'est l'heure
36:37du point philo
36:37mon cher Michel
36:38qu'attendent nos auditeurs
36:39nos téléspectateurs
36:40c'est News Europe 1
36:41ainsi par les Aratusra
36:42vous nous sentez Nietzsche
36:44expliquez-nous Michel
36:45oui justement un peu
36:46dans le prolongement
36:47de ce que je viens de dire
36:47c'est à dire tous ces gens
36:48qui ont bloqué les compteurs
36:49à Vichy, Pétain, La Shoah
36:51etc. et qu'ils n'en sortent pas
36:53c'est quand même sidérant
36:54de ne pas avoir une pensée
36:55de cette époque là
36:55et puis de nous dire
36:56qu'il s'est passé des choses
36:57depuis et que
36:59traiter de nazi
37:00de nazillon
37:02c'est quoi un nazillon
37:04des individus
37:05qui disent juste
37:06des choses élémentaires
37:07et de bon sens
37:07du genre
37:08préservons notre police
37:09donnant de l'argent à l'armée
37:10etc.
37:11je trouve que c'est devenu problématique
37:13et en philosophie
37:13c'est la même chose
37:14parce que
37:14on me dit oui
37:15mais enfin Nietzsche
37:16nazi etc.
37:17attendez
37:18effectivement la sœur de Nietzsche
37:19était antisémite
37:20d'abord je rappelle
37:21que Nietzsche est mort
37:22le 25 août 1900
37:23et qu'il n'y a pas de nazisme
37:24à l'époque
37:24que le nazisme arrive au pouvoir
37:25le 30 janvier 1933
37:27et que donc
37:27c'est 33 années
37:28après la mort de Nietzsche
37:29et qu'il n'y a pas
37:30d'invitation
37:31à célébrer l'état total
37:33il dit de l'état
37:34qu'il est le plus froid
37:34de tous les monstres froids
37:35et puis il dit
37:36il est contre le judaïsme
37:37de Saint Paul
37:38parce qu'il est anti-chrétien
37:39Nietzsche
37:39mais il n'est pas contre
37:40les juifs
37:40en tant que tel
37:41il nous dit
37:42mais au contraire
37:42il y a deux races sublimes
37:43ce sont les juifs
37:43et les allemands
37:44il faudrait qu'ils fassent des enfants
37:45donc ce serait formidable
37:46etc.
37:47bon
37:47il y a un dernier Nietzsche
37:48parce qu'il y a plusieurs Nietzsche
37:49il y a celui de l'époque de Wagner
37:50il y a celui de l'entre-deux
37:51qui est un peu épicurien
37:54puis il y a le dernier
37:54qui est celui du surhomme
37:55et le surhomme
37:56c'est
37:56Hubermensch
37:57c'est le surhumain
37:58c'est pas tant le surhomme
37:59que
38:00la sur-femme aussi
38:01entendons-nous bien
38:02quand il parle de l'homme
38:03je l'ai compris
38:04mais il nous dit
38:06c'est quoi le surhumain
38:07il dit
38:08dans la vie
38:09il n'y a que de la volonté de puissance
38:10alors c'est un peu compliqué
38:11d'expliquer la volonté de puissance
38:12mais c'est simple de dire
38:13que tout le monde a déjà vu
38:14la volonté de puissance
38:15des fois
38:15vous avez en marchant dans une rue
38:18un trottoir qui est crevé
38:20et puis vous avez
38:21dans la faille du béton
38:22une fleur qui sort
38:23comme ça
38:23et vous dites
38:24cette fleur
38:25c'est la volonté de puissance
38:26c'est la vie qui veut la vie
38:28la volonté de puissance
38:29tout est vivant
38:31le système planétaire
38:32obéit à des règles
38:33tout comme la coccinelle
38:34etc
38:34ce qui fait l'ordre des choses
38:36ou l'ordre du monde
38:37c'est la volonté de puissance
38:37Nietzsche nous dit
38:38il n'y a que de la volonté de puissance
38:40la vie veut la vie
38:41et veut toujours plus de vie
38:42et regardez
38:43vous mettez une plante
38:44elle s'en va
38:45derrière votre fenêtre
38:46elle s'en va vers la lumière
38:49et il nous dit
38:50c'est comme ça
38:50dans l'humain
38:51l'humain n'est fait que
38:52de volonté de puissance
38:53il dit
38:54tout revient sans cesse
38:54l'éternel retour
38:55c'est à dire que
38:56ce que nous avons vécu
38:57ce que vivent
38:57ceux qui nous écoutent
38:58tout de suite
38:58et nous regardent
39:00et bien
39:00ils l'ont déjà vécu
39:01ils le revivront
39:02et le revivront sans cesse
39:03c'est l'éternel retour du monde
39:04le monde naît
39:06il explose un jour
39:07il vit sa vie
39:07puis il explose
39:08puis il revient
39:08puis etc
39:09ça c'est une idée aussi antique
39:11il dit
39:11quand vous savez
39:13qu'il y a l'éternel retour
39:14aimez-le
39:14cet éternel retour
39:15il dit en latin
39:16amor fati
39:17aime ton destin
39:17aime le destin
39:18si tu es ce que tu es
39:19tu ne peux pas être autre chose
39:21que ce que tu es
39:21puisque c'est la répétition
39:23de l'éternel retour des choses
39:25c'est l'éternel retour
39:26de la volonté de puissance
39:27qui se manifeste
39:28et qui s'incarnait
39:29etc
39:29et la solution de la sagesse
39:31il nous dit
39:31c'est quoi
39:31la sagesse que je vous propose
39:33c'est de consentir
39:35à cet ordre des choses
39:36donc quand vous aimez
39:37votre destin
39:38quand vous savez
39:38que votre destin
39:39c'est la volonté de puissance
39:40que ça va se reproduire sans cesse
39:43vous revivrez exactement
39:44la même vie
39:45alors quand vous vivez ça
39:47vous êtes dans le surhumain
39:49et le surhumain connaît la joie
39:51il connaît le bonheur
39:52c'est donc une sagesse
39:53extrêmement pratique
39:54qui n'a rien à voir
39:55avec le nazisme
39:56rien à voir avec le fascisme
39:57rien à voir encore
39:58encore plus
39:59avec l'antisémitisme
40:00Nietzsche était filosémite
40:02il n'aimait pas
40:03le judaïsme
40:04qui rend possible
40:04le christianisme
40:05qui donnera le judéo-christianisme
40:06mais ça c'est Saint Paul
40:08le juif Saül
40:09qui devient le chrétien Saint Paul
40:11c'est ça qu'il déteste
40:12dans cette civilisation
40:13qui lui déplait
40:13mais il n'est pas du tout
40:15antisémite
40:15et il propose une sagesse
40:17qui finalement
40:18est une sagesse antique
40:19tout ce que je viens de vous dire
40:20l'éternel retour
40:22la question
40:23d'aimer son destin
40:24etc
40:25c'est une sagesse stoïcienne
40:26les stoïciens
40:27ils défendent ça
40:28c'est à dire que
40:29Nietzsche ce n'est pas quelqu'un
40:30qui invite à être
40:31une espèce de brut
40:33militarisé
40:33qui tape son voisin
40:34en disant
40:34moi j'adore la volonté de puissance
40:36c'est le villeux de Sourmart
40:37c'est le vouloir vers la puissance
40:38mais la puissance
40:39c'est la puissance pour la plante
40:41d'aller vers la lumière
40:42et de croître plus encore
40:43notre puissance à nous
40:44c'est de vivre
40:44c'est ce que
40:47les épicuriens avaient déjà vu
40:49en leur temps
40:50c'est donc une sagesse
40:51très pratiquable
40:51s'ennuire à son propre voisin
40:53c'est même une sagesse
40:54qui apaise
40:54et quand on consent
40:55à son propre destin
40:56vieille leçon stoïcienne
40:58alors on connait la joie
40:58et la béatitude
40:59absolument
41:00merci beaucoup
41:00Michel Onfray
41:01passionnant de vous entendre
41:02parler de
41:02ainsi parler
41:04Zaratusra
41:05de Nietzsche
41:05on se retrouve la semaine prochaine
41:06la semaine prochaine
41:07pour de nouvelles aventures
41:08non on va recommencer
41:10parce qu'on se retrouve
41:10un seul coup
41:12merci beaucoup Michel
41:13c'était passionnant
41:14de vous entendre parler
41:14de ainsi parler
41:16Zaratusra de Nietzsche
41:17bonne journée à vous
41:17sur nos antennes
41:18on va recommencer
41:20on va recommencer
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